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Type de document : Chapitre de livre

Affirmer que « nous naviguons sur un terrain qui tangue et qui change à la mesure même de nos efforts pour le traverser » n’est pas une métaphore. L’échéance de juin 2020 devait réunir une équipe de six chercheurs et professionnels pour concrétiser la mission « Argentine » du programme « Fabcom, la fabrique du commun.
Pour Fabbri, les monuments sont des « signes zéro », des symboles dont l’équivalence a été à peu près oubliée. Ces symboles vides, affranchis de l’événement qui a motivé leur érection, peuvent être « remplis » à travers des opérations de monumentalisation et, plus fréquemment, de démonumentalisation, comme l’a montré l’actualité récente
Dans le cadre du colloque international « Créer le présent, imaginer le futur… » qui s’est tenu à l’Université de Pau du 28 février au 3 mars 2022, nous avons eu l’honneur de recevoir l’écrivain (journaliste, cronista et essayiste) argentin Martín Caparrós pour une rencontre exceptionnelle.
Bien que la pensée apocalyptique ait toujours été associée à l’affirmation d’une fin ultime et absolue de tout ce qui existe, paradoxalement, son annonce a toujours été l’un des discours les plus répétés au cours de l’histoire de l’Occident.
Depuis plusieurs décennies, dans le sillage du développement des technologies de communication, nous assistons à l’explosion des catégories spatio-temporelles grâce auxquelles nous structurions la réalité, nos expériences et les événements de notre vie.
Interventionnistes, belliqueux, visionnaires, utopiques, les écrits réédités en 2021 constituent un ensemble à la fois disparate au niveau de la forme (où des manifestes proprement dits côtoient d’autres formes telles que la lettre ou l’adresse) et cohérent sur le plan de la problématique abordée (l’avenir des Antilles et de la société mondiale).
Selon Antoine Compagnon, « il y a théorie quand les prémisses du discours ordinaire sur la littérature ne sont plus acceptées comme allant de soi, quand elles sont questionnées, exposées comme des constructions historiques, comme des conventions ».
Qui observe l’actualité éditoriale de ces dix dernières années en France, n’aura pas manqué de remarquer un phénomène indissociablement littéraire, critique et théorique.
Au cours des dernières décennies, notre imaginaire concernant l’avenir est devenu terriblement apocalyptique.
C’est à Mies van der Rohe, l’architecte d’origine allemande qui fut l’un des plus grands représentants du modernisme architectural, que l’on attribue le célèbre apophtegme Less is more.
Une conception un peu fruste du matérialisme historique veut que les change-ments culturels et idéologiques ne soient considérés que comme des épiphénomènes des procès technologiques et économiques qui les sous-tendent.
S’il faut prendre acte du fait que « nous ne vivons pas simplement dans une éco-nomie capitaliste mais dans une société capitaliste », c’est parce qu’il est bien difficile, tout particulièrement depuis le prisme de la philosophie politique, de pouvoir même imaginer un autre horizon possible.
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