Comment naissent et se transforment les coups de poings jusqu’à devenir ceux usités dans les matchs de boxe moderne ? Cette question d’apparence anodine est d’une redoutable complexité lorsqu’on considère la pratique pugilistique anglaise et non les quelconques échauffourées duelles ou collectives. En effet, il s’agit, d’une part, de cerner le champ dans lequel sont développés des coups spécifiques et, d’autre part, de s’intéresser à leurs transformations historiques, épistémiques et anthropologiques. Les notions de TC et de TC s’imposent alors pour explorer ce champ des pratiques physiques non-productives ainsi que les processus de transformation y présidant. Est alors engagée de concert une épistémologie des connaissances et des sciences. À ce titre, de Marcel Mauss à Georges Vigarello en passant par Martin Heidegger, Jean-Paul Vernant, Paul Veyne, Bertrand Gille et bien d’autres auteurs, ou bien des Grecs anciens aux athlètes modernes, ces notions sont discutées dans une première partie, afin de pouvoir en faire l’étude des TC offensives de la BA à partir de sources multiples dans une deuxième partie. Leur modélisation depuis leurs « origines » adaptatives jusqu’à celles de TS se dessine ainsi à partir de la notion « d’objet » proposée par Pierre Arnaud.
techniques du corps; techniques sportives; modélisation; boxe; Marcel Mauss
How do punches originate and evolve to become the punches used in modern boxing matches? This seemingly innocuous question is extremely complex when we consider the practice of English pugilism and not just any kind of dual or collective skirmishes. It is a question, firstly, of identifying the field in which specific blows are developed and, secondly, of looking at their historical, epistemic and anthropological transformations. The notions of Bodily techniques and Sporting techniques are therefore essential for exploring this field of non-productive physical practices and the processes of transformation that preside over it. An epistemology of knowledge and science is then engaged in concert. From Marcel Mauss to Georges Vigarello, via Martin Heidegger, Jean-Paul Vernant, Paul Veyne, Bertrand Gille and many other authors, or from the ancient Greeks to modern athletes, these notions are discussed in the first part, in order to be able to study the BA’s offensive bodily techniques in multiple sources in the second part. Their modelisation, from their adaptive ‘origins’ to those of Sporting techniques, is thus outlined using the“object” concept proposed by Pierre Arnaud.
Bodily techniques; Sporting techniques; Modelisation; Boxing; Marcel Mauss
¿Cómo se originan y evolucionan los puñetazos hasta convertirse en los golpes utilizados en los combates de boxeo modernos? Esta pregunta aparentemente inocua resulta extremadamente compleja cuando consideramos la práctica del pugilismo inglés y no cualquier tipo de refriega dual o colectiva. Se trata, en primer lugar, de identificar el ámbito en el que se desarrollan jugadas específicas y, en segundo lugar, de examinar sus transformaciones históricas, epistémicas y antropológicas. Las nociones de Técnicas corporales y Técnicas deportivas son, por tanto, esenciales para explorar este campo de prácticas físicas no productivas y los procesos de transformación que lo presiden. Una epistemología del conocimiento y de la ciencia se compromete entonces en concierto. De Marcel Mauss a Georges Vigarello, pasando por Martin Heidegger, Jean-Paul Vernant, Paul Veyne, Bertrand Gille y muchos otros autores, o de los antiguos griegos a los atletas modernos, estas nociones se abordan en la primera parte, para poder estudiar la Técnicas corporales ofensiva del boxeo a partir de múltiples fuentes en la segunda parte. Su modelización, desde sus «orígenes» adaptativos hasta los del Técnicas deportivas, se esboza así a partir del concepto de «objeto» propuesto por Pierre Arnaud.
técnicas corporales; técnicas deportivas; modelización; boxeo; Marcel Mauss
Introduction
Étudier les Techniques du Corps (TC) offensives en boxe anglaise (BA) d’un point de vue historique revient à analyser la création des frappes à coups de poing et leur devenir, depuis le début des combats à poings nus régulés au XVIIIe siècle jusqu’à leur reconnaissance en tant qu’actions réglementées et répertoriées par des fédérations internationales après la Seconde Guerre mondiale. Certes, elles peuvent varier un peu dans la manière de les exécuter, certaines peuvent même disparaître en raison de l’évolution de ce sport, mais, d’une manière générale, elles s’établissent autour de trois coups ; le direct, l’uppercut et le crochet.
Toutefois, repérer la transformation de ces TC jusqu’à leurs destinées sportives n’est pas chose aisée car elles subissent de nombreuses influences que ne retranscrit pas le résultat final. Il est donc nécessaire de passer par une modélisation, au sens de Pierre Arnaud1, c’est-à-dire, de déterminer des critères pouvant établir des relations entre eux de façon à pouvoir caractériser des étapes dans lesquelles ces TC offensives de boxe anglaise (BA) trouvent une cohérence. Dès lors, un certain niveau d’abstraction est requis, mais qu’il faut cependant justifier d’un point de vue historique dans leur élaboration anthropologique et épistémique.
Le texte présenté ne prétend donc pas faire une étude exhaustive de l’histoire de toutes les TC offensives, ni même de leur variation en BA, mais d’en déterminer de grandes lignes évolutives à travers des transformations spécifiques répondant à leur utilisation sportive.
Technique du corps et techniques sportives
Comment faire une modélisation de l’évolution historique des TC offensives en boxe qui puisse répondre à des transformations à la fois sur le plan anthropologique mais aussi des connaissances ? Il convient de dépasser la seule description presque mécanique des coups de poing en tentant d’en discerner une certaine logique constructiviste, c’est-à-dire de repérer des étapes déterminées par un certain contexte historique et social. Dès lors, il s’agit de dépasser la pensée paradoxale de Marcel Mauss2 qui, bien souvent, produit un obstacle épistémologique majeur pour leurs études. Ainsi, lorsque l’auteur se propose d’analyser « l’homme total »3 en articulant le domaine « mécanique et physiologique » avec celui du « psychologique et (du) sociologique », il évoque un programme d’étude consistant à décrire les TC d’une manière qui, même si l’on se doute qu’elle est faussement naïve, n’en demeure pas moins extrêmement ambigüe en raison d’un manque de réflexion poussée sur les catégories l’organisant. Marcel Mauss réintroduit alors cette rupture qu’il voulait pourtant dépasser au départ. D’ailleurs, le fait que son projet n’ait pas trouvé d’héritiers, comme l’évoque Claude Levi-Strauss4, prouve combien son ambition théorique est une impasse. Plus récemment, et dans le domaine des sciences sociales du sport, Georges Vigarello a dessiné une piste à partir d’une double démarche. Il reprend tout d’abord celle que les Annales5 « appelaient une histoire technique de la technique : histoire (…) qui recense les détails d’une opération technique elle-même pour en désigner chaque changement, chaque inflexion »6 et qui s’inscrit dans la lignée de l’école méthodique de Gabriel Monod. Puis, il envisage une deuxième revendiquant une attitude « plus globale », « plus synthétique »7 qui « réintègre cette histoire des techniques dans un ensemble historique lui-même déjà très ouvert sur l’économie, la démographie, l’histoire des sciences ou des idées »8 : elle est plus liée à l’étude des valeurs et des conditions de l’existence d’une technique et se rapproche de la dimension psychologique et sociologique envisagée par Marcel Mauss. Or, bien que le programme de Georges Vigarello soit séduisant, il n’en demeure pas moins que, tout comme le neveu d’Émile Durkheim, il n’a pas été vraiment suivi d’effets, du moins en France. Il est fort probable que la difficulté de proposer des définitions claires de ces notions a limité ce travail et que seule une réflexion d’ordre épistémologique global, c’est-à-dire s’occupant des sciences et des connaissances dans laquelle nous nous situons, peut engager un tel chantier. En premier lieu, il importe donc de réfléchir à la notion de technique.
La notion de technique
Réfléchir à la notion de TC suppose de s’arrêter un instant sur celle de technique9 à partir de son étymologie. Elle renvoie à deux sens principaux selon Cornelius Castoriadis10 dans ce mouvement de transition qui va de Homère (VIIIe s. av. J.-C.) à la Grèce Classique (Ve s. av. J.-C.). Un premier devient « le savoir-faire en général, donc la méthode, manière, façon de faire efficace »11, c’est le sens de technè. Un deuxième évoque le « pouvoir de produire, par un mode d’action approprié et à partir d’éléments déjà existants, de façon conforme à… »12, et peut être qualifié de poesis. Savoir-faire et pouvoir de faire13 sont donc les deux éléments constitutifs de la technique. Mais alors qu’ils sont séparés à l’époque de la Grèce classique, pour Martin Heidegger, « ces deux manières de caractériser la technique sont solidaires l’une de l’autre. Car poser des fins, constituer et utiliser des moyens, sont des actes de l’homme »14. Mais ces fins et ces moyens sont envisagés différemment selon les civilisations, les cultures et leur degré de développement. Pour le philosophe allemand, non seulement les techniques représentent les « moyen(s) de certaines fins »15, mais elles doivent être englobées dans un ensemble plus large16 que l’on oublie très souvent de notifier17 lorsqu’on s’adresse à l’étude des TC dans le domaine des sciences du sport. Une telle éventualité fait dire à Jacques Ellul que la technique possède alors l’illusion de la neutralité et de la « pure instrumentalité »18 dans notre monde moderne alors qu’elle est, en quelque sorte, déjà déterminée dès sa naissance par ses conditions d’existence.
Pour Martin Heidegger, appréhender la notion de technique nécessite une réflexion complexe. L’auteur part de la distinction grecque pour décliner quatre « causa » qui constituent les éléments de la technique. Ce sont : l’efficacité (causa efficiens), la finalité (causa finalis), les moyens (causa materialis) et le but (causa formalis). Cette réflexion un peu absconse se retrouve avec d’autres termes chez Alfred Espinas ou Marcel Mauss19, mais il se propose de dépasser leur aspect trop statique aux accents structuralistes en dégageant une « essence » de la technique à partir de l’intentionnalité produite par la causa efficiens. Trop souvent réduite à l’opposition entre dieu et l’essence humaine, Martin Heidegger, suivant une sorte de filiation nietzschéenne, va au-delà. Il est bien question de spécifier qui, dans cette réalisation tendant à mettre en adéquation fins et moyens, sont les acteurs de cette intentionnalité au-delà de toute essentialisation20. Bref, son analyse tente, en quelque sorte, d’associer le savoir et le pouvoir à partir de ces différents éléments qui s’interpénètrent donc les uns avec les autres tout en essayant d’en identifier l’origine des transformations d’ordre technique. Mais il souligne que si elles ne sont donc pas forcément humaines, elles n’en sont pas pour autant d’origine divine. Toutefois, il est bien sûr difficile d’identifier dans chaque acte ces différentes causes car la technique peut être suscitée de manière très différente selon l’individu et, bien sûr, selon les contextes. Dès lors, en fonction des niveaux de pratique, mais aussi des milieux sociaux et des civilisations, des modèles techniques ne pourraient-ils pas être caractérisés en fonction de l’organisation de ces éléments ? Les travaux de Bertrand Gille contribuent à expliquer pourquoi certaines civilisations ont eu des difficultés à se transformer dans l’histoire comme la Chine du XVe et du XVIe siècles, la civilisation précolombienne ou le monde musulman, en proposant une réflexion plus centrée sur les TC.
Ainsi, Jean-Pierre Vernant, étudiant le blocage de la pensée technique dans la Grèce de Périclès21, montre l’absence d’une forme de pensée technologique moderne alors que cette civilisation avait tous les outils intellectuels pour l’atteindre. La difficulté pour évoluer technologiquement serait donc liée, entre autres, à des formes de représentations spécifiques de cette civilisation à l’égard de la notion de progrès. Les Grecs suivaient un ordre de la nature qu’ils avaient institué et auquel ils devaient souscrire. Ainsi, les représentations corporelles suivaient des modèles, tel le Kanon grec du Doryphore22, selon des règles élaborées a priori qui ne correspondaient pas aux hommes et femmes dans la réalité. Dès lors, toutes les transformations étaient soumises à cette finalité à laquelle les modifications techniques devaient répondre. Dans la Grèce classique, l’artisan applique des recettes pour obtenir un résultat immédiat et n’entre pas dans un processus de transformation à long terme de la société sauf pour évoquer et convoquer un monde mythologique sacré. Dans ce cas, et bien qu’il fût capable de prouesses techniques permettant de dépasser le cadre de la production de la force humaine (par exemple les marionnettes), soit il les rejetait ou soit il les mettait de côté. Leur civilisation prônait un monde clos avec une conception du temps circulaire dans laquelle toute tentative de progression et d’amélioration technique visant à renverser l’ordre de ces valeurs ne pouvait émerger sous peine d’engendrer une remise en cause existentielle.
Ainsi, alors que les Grecs antiques se demandaient quels Dieux habitaient l’action humaine23, la réflexion moderne (la causa efficiens de Heidegger) envisage plutôt de questionner le degré de conscience que l’homme possède dans l’action humaine, comme l’a évoqué Lewis Mumford24. Cette interrogation assez classique que nous proposait donc de dépasser Friedrich Nietzche et Martin Heidegger trouve néanmoins beaucoup de réticence à s’imposer dans ces études. Elle a reposé pendant très longtemps, et encore maintenant, sur une opposition entre les tenants d’un tout naturel, dont Jared Diamond25 serait peut-être le représentant le plus emblématique, à ceux qui pensent les transformations comme un fait culturel. Mais, pour nombre d’anthropologues et d’ethnologues26, une interaction constante opère entre culture et nature subissant parfois des phases critiques27. Ces modifications par « paliers » sous-tendraient l’idée d’une évolution des techniques en termes de degré mais aussi de nature. Pour André-Georges Haudricourt, « il n’y a pas de création ex nihilo, de saut brusque. Toute invention n’est que la combinaison nouvelle d’éléments préexistant empruntés au milieu ambiant, aux techniques déjà connues » 28. Plus encore, Jean-François Dortier nous assure que, « selon A.S. Brooks et S. McBrearty, il n’y a pas eu à proprement parler « de révolution culturelle », mais une évolution graduelle, réalisée en plusieurs étapes »29. Qu’en est-il dans le domaine des TC ?
Origine et nature des TC
Même si, sur un plan intellectuel, cette interaction constante entre culture et nature, voire fusion, semble être acceptée depuis quelques décennies avec des chercheurs comme Philippe Descola ou Bruno Latour, il est difficile de considérer le problème de l’origine de la TC de cette manière lors de sa mise en œuvre sur le terrain. Comment identifier l’apparition d’une TC, puis suivre sa diffusion de façon à ce qu’on puisse historiquement en caractériser des modèles repérables et analysables ? Dans cette perspective, l’analyse du blocage de la pensée « technique » de la civilisation hellène offre quelques perspectives intéressantes.
TC adaptatives
En effet, la pensée technique grecque est dite « adaptative » selon Jean-Pierre Vernant dans la mesure où elle n’est pas orientée vers l’amélioration et le progrès technologique. Son blocage est donc tout autant culturel que social ou politique et se traduit, dans le domaine des pratiques physiques, de manière très concrète. Nulle volonté, selon Paul Veyne30, de produire de la part des pugilistes antiques des uppercuts ou des crochets requérant des tactiques et des stratégies élaborées. Pourtant, les poings, plus tard sertis de cestes, sont les moyens spécifiques requis dans les combats de pugilat antique afin d’avoir une certaine efficacité. Ne peut-on pas alors parler de TC ? En réalité, ces actions donnent à voir des TC particulières qui mettent l’accent sur la force et l’endurance physiques car ce sont ces valeurs qui sont valorisées dans la civilisation grecque. Dès lors, les gestes sont « spontanés » et peu répertoriés, suivant ainsi l’ordre de la poïesis. Nulle possibilité, si l’on suit Jean-Paul Vernant, de voir émerger un boxeur comme Mohammed Ali développant un style de boxe « dansé » car il serait alors discrédité par une civilisation grecque qui ne peut accepter cette sorte de refus du combat lors de la mise en pratique de ce jeu d’esquives31, même dangereuses. Inventer des TC sophistiquées, c’est forcer la nature et ce n’est pas seulement défier les dieux, mais c’est surtout les renier. Ces TC peuvent alors recevoir le nom de TC adaptatives. Mais quand et comment ce stade peut-il être dépassé ?
TC instrumentés
Lorsque Georges Vigarello définit les TC comme « les moyens corporels explicitement transmissibles mis en place pour atteindre le mieux possible un but donné »32, il s’adresse bien à un niveau supérieur des TC. En effet, la transmission « explicite » suppose, contrairement au stade précédent, que les TC doivent être verbalisables ou du moins peuvent être décrites de manière « formelle » (livres, dessins organisés, etc..). Les TC sont alors repérables assez aisément et en général parce qu’elles reçoivent des noms (fosbury-flop, sutémi en judo…). Or, non seulement il n’y a rien de tel dans le pugilat grec, mais la notion « d’efficacité » des coups est différente33. Au contraire, dans la définition donnée par Georges Vigarello, elle relève d’un but immédiat (ou de tâche) tel que toucher le foie ou le menton, alors que dans la Grèce de Périclès il s’agit de mettre l’adversaire hors combat par épuisement ou abandon. D’ailleurs, ni match-nul, ni repos scandent ces rencontres. Il n’existe pas non plus de juges qui comptent les touches et enregistrent les points, mais des arbitres (Hellanodice) qui s’assurent uniquement de la régularité des combats. Il s’agit en effet de valoriser la force et non pas des performances techniques permettant de comparer la prestation des boxeurs comme ce sera le cas dans l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle34. Ainsi, ces TC dont parle Georges Vigarello sont plutôt celles d’un ordre supérieur à laquelle nous avons donné le nom de TC instrumentée.
Toutefois, si la définition de l’historien des techniques organise et précise le concept de TC, elle le limite dans son appréhension évolutive. En effet, elle met de côté toute la catégorie des TC adaptatives. Or, avant d’atteindre le stade des TC instrumentés, ne faut-il pas passer par ce premier stade ? Et comment cette transition se réalise-t-elle ? Il faut donc considérer l’existence de paliers et les processus qui autorisent son dépassement. De même, ne peut-on pas postuler des TC d’ordre supérieur à celui du stade des TC instrumentés grâce, notamment, au développement des sports modernes ? Toutefois, ce phénomène est complexe. Afin de le cerner un tant soit peu, il importe donc de circonscrire les champs, organisant ces « finalités » heidegerriennes ou filières gilliennes dans lesquels prennent place ces TC et ces techniques sportives (TS).
Des TC aux TS : d’une définition large à son utilisation restreinte
Tenter de définir la notion de TS nécessite de s’interroger sur leur nature afin de pouvoir les différencier dans leur transformation et évolution historique. Appartiennent-elles au domaine sportif dès le départ ? Sont-elles de simples TC et se transforment-elles en TS plus tard ? Il importe alors d’identifier leur champ, c’est-à-dire ce qui les organise selon la finalité retenue pour reprendre un terme heidegerrien. Ainsi, à la différence de TC utilisées par un chirurgien ou un laboureur donnant lieu à quelque chose de tangible (extraire une dent, cultiver du blé…), un premier domaine de TC propre à celui du sport peut se discerner par ce côté non-productif. On peut ainsi distinguer les gymnastiques, l’éducation physique, les cultures physiques ou les sports. Mais à l’intérieur de cette catégorie, une autre partition peut se discerner. D’une part, les activités physiques de type utilitaire ont vocation à atteindre un but propre à l’individu par l’amélioration corporelle : elles peuvent servir à renforcer des idéaux de type patriotique avec, par exemple, les bataillons scolaires en France ou les Hitler Jugend, mais elles peuvent aussi être assignées à des finalités hygiéniques plus ou moins individuelles telles les pratiques édictées selon des préceptes d’ordre physiologique ou bio-mécanique proposées par Philippe Tissié ou Georges Demenÿ35. D’autre part, si les sports modernes, fin XIXe siècle, ont pour but initial de permettre le dépassement de soi par le dépassement des autres, leur professionnalisation tend souvent à mélanger ces catégories. Le profit individuel, mais aussi l’aspect nationaliste ou collectif peut contribuer à ces évolutions.
Dès lors, les TC sont difficiles à identifier selon les champs car, bien souvent, elles peuvent appartenir à l’une ou l’autre selon les athlètes qui les sollicitent ; elles peuvent participer à une pratique de loisir, d’entretien ou de compétition au gré du déroulement des carrières. Repérer leur évolution et transformation au sein de champs définis, notamment au regard du phénomène de sportivisation36, est donc un travail essentiel à leur analyse.
Ainsi, dans le domaine de la boxe, les auteurs n’ayant pas réfléchi à ces distinctions parlent indifféremment de combats, de rixes, de pugilats, de boxe professionnelle ou de boxe amateur. Alexis Philonenko, dans son commentaire romancé du récit de Virgile détaillant le combat du jeune Darès contre le vieil Entelle, compare cet affrontement à ceux que Mohammed Ali a eu contre Georges Foreman et Ken Norton37 sans absolument aucune analyse technique poussée, ni analyse épistémologique38, ce qui est étonnant de la part d’un philosophe. De même, le journaliste Michel Chemin39 se réfère aux affrontements collectifs de « gondoliers » aux « alentours de l’an mil » pour affirmer le renouveau de la boxe alors que rien n’est plus différent que de s’affronter dans le cadre d’un combat pugilistique nécessitant la régulation d’un arbitre ou faisant fonction d’arbitre. Si ces affrontements évoqués par Michel Chemin, souvent à coups de pied et de poing, collectifs ou non, existent à toutes les époques et dans toutes les civilisations, tous n’ont pas donné lieu à cette forme de pugilat à poings nus qui émerge au XVIIe-XVIIIe siècles outre-Manche et, encore moins, a donné lieu à ce qui deviendra l’un des sports les plus populaires au XXe siècle dans le monde. Cette réflexion offre d’ailleurs un angle d’étude original puisqu’il s’agit, d’une part, de s’interroger sur les raisons qui ont favorisé la transition d’une forme de pugilat à poings nus vers une autre régie par les règles dites du marquis de Queensberry à la fin XIXe siècle, et, d’autre part, de questionner la nature des TS de combat offensives qui semble être pratiquement identique. Il importe alors de s’interroger au préalable sur l’origine de ces bareknuckles (combats à coups de poings nus) dans un pays qui ne les connaissait pas auparavant et donc de comparer leur apparition avec d’autres comme le pugilat dans la Grèce antique.
Toutefois, bien que très souvent évoquée dans le domaine des STAPS, rares sont les auteurs qui précisent ce qu’ils entendent par TS. Selon Georges Vigarello, elles se distingueraient par leur « caractère géométrisé et abstrait »40. Autrement dit, leur mise en œuvre est de moins en moins liée à une réalisation concrète du monde quotidien. La course de haie se transforme en suivant l’évolution de l’obstacle qui, naturel au départ, devient de plus en plus standardisé. L’historien des techniques corporelles développe alors l’idée qu’on puisse repérer leur évolution à travers des lois de filiations « restreintes », « totales » ou en « rupture ». L’analyse, quoique déjà usitée par ailleurs41, est intéressante car ces variations opèrent selon l’orientation des finalités acquises au cours du temps et de l’amélioration matérielle (finalité non-productive et gratuite du sport, utilitaires etc.).
Dans cette optique, il est nécessaire d’aller un peu plus loin dans l’analyse des conditions de production de ces TC en fonction de leur filière, mais aussi selon leur nature et leur degré. Non seulement leur organisation (finalités, buts, objectifs, moyens) va varier, mais aussi leur condition de transmission. Autrement dit, il faut s’interroger sur les relations enseignants-enseignés qui nourrissent ce domaine des TC non-productives, qu’elles soient utiles (Self-défenses), gratuites et/ou utilitaires, car c’est ce champ qui interpelle à la fois la culture et la nature, le savoir et le pouvoir de chaque TC, leur donnant la possibilité, au sein de chaque filière, d’évoluer ou non vers des TS. L’analyse des formes de transmission peut donc révéler les conditions d’application et les impossibilités ou non d’évoluer. La technique est une action en cours ; ses finalités, sa forme mais aussi la manière d’arriver au but doivent être prises en compte autant que les processus de transmission qui y contribuent. À ce titre, il faut souligner, après Georges Vigarello42, l’extrême importance de l’aspect matériel dans l’évolution des configurations de ces TS. Dick Fosbury a pu franchir une barre en hauteur en se réceptionnant sur le dos, en 1968, car il existait des fosses en mousse. De même, les directs en boxe se formalisent, à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, parce que les rings sont fermés avec des cordes et obligent à occuper l’espace différemment43.
Dès lors, il convient d’engager une véritable réflexion d’ordre épistémologique (des sciences et des connaissances), mais aussi épistémique (quel type de savoir) ainsi qu’anthropologique (dans quelle société) impliquant non seulement les TC et les TS du point de vue de leur nature et leur degré de réalisation, mais aussi selon leur condition de mise en œuvre. Dans cette optique nous utilisons, pour analyser les TC offensives de BA depuis le XVIIIe siècle jusqu’à la moitié du XXe siècle, le travail de Pierre Arnaud. En effet, il englobe à la fois les techniques du corps, que nous précisons grâce à la réflexion heideggerienne, mais aussi les savoirs (techné), les pouvoirs (poeisis) ainsi que les formes de transmissions ; une modélisation peut alors être proposée depuis leurs « origines » jusqu’aux TS.
Une modélisation des TC offensives de BA ; de leur naissance à leur transformation en TS
Comment naît une TC offensive pugilistique et comment se transforme-t-elle en TS ? La question impose d’étudier, à partir de diverses sources, leur évolution selon une finalité non productive lors de processus d’interactions combatives régulés par un tiers donnant lieu à des affrontements sportifs encadrés par des organismes démocratiques à dimension nationale, voire internationale qui sont les garants de l’observation de règles unanimement admises. Le travail présenté tente donc de comprendre comment, à travers l’étude de sources les plus étendues et significatives possibles, ces TC se sont construites et transformées à travers les différents éléments mis à jour précédemment (moyens, buts, objectifs, finalités, transmission). Par ailleurs, comme on a pu le souligner, des stades seraient identifiables dans l’évolution des techniques pugilistiques permettant ainsi d’envisager une modélisation de leur trajectoire à partir de l’analyse des différents contextes sociaux, culturels voire politiques.
Enfin, il faut aussi noter combien tous ces éléments essentiels à la naissance et à la transformation de ces TC de combat offensives sont absolument fondamentaux à prendre en compte du point de vue de l’analyse historique. En effet, cette évolution vers les TS ne s’inscrit pas dans une histoire déterministe : le choix et l’orientation de ces différents éléments ainsi mis en évidence montre combien ils peuvent ou auraient pu changer la destinée des coups et donc de ces pratiques physiques en fonction de leur existence ou de leur absence44. Dans cette optique, notre réflexion s’appuie en grande partie sur le cadre proposé par Pierre Arnaud à propos de différents « objets » qu’il identifie dans cette histoire des techniques. Notamment, les TC peuvent être analysées par rapport à ce cadre comprenant les TC et aussi la nature de la transmission.
Les Techniques du Corps Adaptatives en boxe
Le premier stade correspond à « l’objet culturel » que Pierre Arnaud définit45 comme les « formes sociales de la pratique, à ce titre, elles sont intégrées à des modes de vie (manière d’être, d’agir, de penser, système de valeurs propres à un groupe social »)46. Par emprunt à Jean-Pierre Vernant, les TC offensives de boxe anglaise relevant d’une forme adaptative y appartiennent lors de l’apparition de ce genre d’affrontement pugilistique à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècles. Les sources sont éparses et rares car, en effet, il n’existe pas de descriptions fines ouvrant sur une formalisation de TC offensives. Des conditions sociales, politiques et culturelles favorables ainsi qu’un passé historique spécifique donnent lieu à des affrontements à poings nus arbitrés par un tiers dont l’objet est de gagner de l’argent grâce à des paris. En témoigne la première source relatée dans le Protestant mercury de janvier 1681 où le duc d’Albermale organise une rencontre entre son majordome et un boucher, ce dernier remportant l’épreuve comme beaucoup d’autres fois auparavant. La force physique et le courage corporel sont largement valorisés dans un contexte de « pacification » des mœurs des élites47. Puis, ces bruisers (cogneurs) se spécialisent au cours de cette première moitié du XVIIIe siècle. Progressivement, ils se différencient des athlètes de foire qu’étaient James Fig ou de James Taylor. Même si l’objectif consiste toujours à sortir victorieux d’un affrontement à coups de poings organisé par des patrons pour gagner de l’argent, le premier code de 174348 donne à voir un aspect de la rencontre assez fruste. Le combat se clôt lorsqu’il y a un knock-out ou lorsqu’un des deux boxeurs décide d’arrêter. Mais elle est entrecoupée par des arrêts plus ou moins fréquents lors des knock-down. En effet, le boxeur à terre dispose de trente secondes pour reprendre l’affrontement à partir du « scratch » (centre du ring), pour lequel il est parfois littéralement porté par les bottle-holders (porteurs de bouteille). Les combats peuvent durer quelques secondes ou parfois des heures. Tout est bon pour arriver à ses fins : crocs-en-jambes, projections, étranglements ou coups vicieux ! Les descriptions techniques sont rares, néanmoins quelques témoignages directs ou indirects nous permettent de préciser les TC utilisées à ce premier stade. En particulier, la brochure du Capitaine John Godfrey, publiée en 174749, offre un bon aperçu des TC offensives employées à l’époque. Nulle organisation corporelle n’est envisagée qui conduirait à la mise en place d’une configuration gestuelle élaborée identifiable. En conséquence, aucun enseignement précis concernant les coups à apprendre n’est proposé. Les consignes restent générales et portent sur l’attitude et la posture qu’il faut maintenir pour être un bon boxeur. Ainsi, il faut avoir du fond et du courage (« bottom ») et le dos doit être arc-bouté comme une « poutre soutenant un vieux mur »50. La description des coups de poings se résume à évoquer plus ou moins directs sur le corps (appelé « English-blow ») et le visage. Néanmoins, l’efficacité des coups (but de tâche) est précisée. Elle consiste à atteindre l’estomac, le dessous des oreilles ou entre les deux yeux afin de provoquer des ecchymoses suffisamment importantes pour que la chair congestionnée par le sang ne permette plus au boxeur de voir son opposant comme lors du combat qui s’est déroulé entre Jack Slack et Jack Broughton en 175051. Mais les manières techniques et tactiques d’y parvenir ne sont pas évoquées. En réalité, Jack Broughton a livré dix combats durant toute sa carrière et son apprentissage a surtout consisté à s’entraîner hors des combats52. Dans ce but, il a d’ailleurs développé l’utilisation de « mufflers » (gants) pour donner des cours aux sportsmen de manière plus sécurisée53 dans son academy. Cette transmission est peu élaborée et elle se fait donc essentiellement par « évocation descriptive » (utilisation de métaphores). Le stade des TC offensives adaptatives de cet art pugilistique relève donc d’une forme de transmission particulière dans laquelle la techné dominerait sur la poeisis54 alors que les rencontres sollicitent plutôt une expression inverse.
Toutefois, le nombre de combats diminue sur une vingtaine d’années et limite le développement de cette Fancy ainsi que l’appelle les Anglais par dérision55. Il faut attendre la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour que les bareknuckles reprennent de plus belle et que les TC offensives de BA commencent à recevoir des dénominations plus précises.
Les Techniques du Corps Instrumentées pugilistiques (TCI)
Une deuxième catégorie de TC offensives se discerne dans l’évolution historique de cette activité pugilistique. Elle prend place dans la phase appelée objet-technique évoquée par Pierre Arnaud. Pour l’auteur, ce sont « les manières de faire, les savoirs faire légitimes qui définissent concrètement les contenus de la pratique »56. Cette phase semble tout à fait correspondre au stade des TC définies par Georges Vigarello car elles sont formalisées et possèdent des noms qui les rendent immédiatement identifiables et donc aisément transmissibles. De plus, elles existent véritablement en dehors de tout rapport de force et peuvent donc être apprises pour elles-mêmes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’à ce stade, elles reçoivent la dénomination de TC Instrumentale. Les ouvrages de boxe de la deuxième moitié du XVIIIe et du début du XIXe siècles57 évoquent ainsi différentes TC comme le « chop-blow »58 ou « le round-blow »59. Les objectifs de la boxe se développent et participent aux renouveaux de cette pratique. Effectivement, cette recherche d’efficacité dans les combats va conduire à privilégier une première forme de boxe de mouvement, et donc diversifier ces TC offensives, avec E. Hunt et S. « Death » Oliver60. Puis, elle est accentuée et promue, entre autres, par James Belcher, Bill Richmond et Tom Cribb au début du siècle suivant61. Les buts d’action (tâche) deviennent de plus en plus précis, impliquant des trajectoires plus définies. Il est question de frapper sur « une ligne directe » car le temps est plus court que pour un « coup large »62 des cibles comme le menton ou la jugulaire. Mais s’il faut toucher son adversaire de manière efficace pour le mettre hors-combat, il est aussi nécessaire de ne pas se faire atteindre afin de pouvoir soutenir l’effort sur le long terme. Les TC de défense se développent alors qu’elles n’étaient pratiquement pas évoquées.
Mais, en se formalisant, ces TC offensives de BA modifient aussi les formes de transmission. À la charnière du XVIIIe et du XIXe siècles, les auteurs décrivent des leçons à suivre de manière explicite. Daniel Mendoza, boxeur notoire de l’époque, conseille de s’entraîner devant une glace ou bien de suivre les mouvements de son ombre projetée par l’effet d’une bougie disposée entre soi et le mur63. L’imitation s’avère être un procédé fondamental de la transmission et relève donc de savoir-faire (Techné). Mais, s’ajoute, de plus, des apprentissages par essais-erreurs (poeisis) s’apparentant donc à des pouvoirs spécifiques du fait de la multiplication des sparring au début du XIXe. Véritables compétitions données lors de spectacles payants64, il importe alors de montrer ses habiletés acquises à l’entraînement.
Dès lors, si les combats du début XVIIIe siècle valorisaient en priorité les prouesses physiques dans des pastimes avec enjeux payants (paris), ceux produits un siècle plus tard ont pour objectif de développer la race à travers la notion de champion d’Angleterre. Ils mobilisent d’ailleurs de plus en plus d’Anglais65 ainsi que le prouve la nature des paris ; ils ne sont plus si élevés que dans le cas du match Broughton/Slack, mais ils se sont démultipliés grâce au nombre considérable de petits parieurs. Dès lors, il faut faire durer et surtout régulariser les combats de façon plus stricte afin de contenter ces parieurs. Ainsi, plusieurs réglementations appelées London Prize Ring Rules sont publiées à partir de 1838 (contenant plus de quarante règles). Des clubs apparaissent aussi afin de garantir leur application (Pugilistic club, Daffy club en 1814 : Fair play club en 1828).
Ces nouveaux savoir-faire pugilistiques sont-ils spécifiques à la discipline ou sont-ils redevables d’une mutation de l’ordre épistémique correspondant à celle proposée par Michel Foucault66 entre le XVIIIe et le XIXe siècles ? La question mérite d’être posée. En effet, cela suppose que ces savoirs techniques engageraient aussi la production de TC d’autres pratiques physiques non productives. Néanmoins, s’il est vrai que la gymnastique « moderne » (Jahn, Duvivier, Amoros…) répond à cette hypothèse, l’escrime, l’équitation, la danse ou la natation présentent des TC de niveau instrumental bien avant et méritent donc une réflexion plus élaborée que nous engagerons dans un autre travail.
Quoiqu’il en soit, le déclin des barenuckles et le développement de sparring plus régulés à travers les règles du marquis de Queensberry à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle entraînent une transformation de ces TC offensives non productives en BA à un niveau supérieur.
La phase « didactique » ; de la formalisation pugilistique des TC offensives à celles de TS
Au-delà des TC offensives utilitaires, une notion nouvelle : les TS génératives
Une dernière phase correspond au troisième stade que Pierre Arnaud appelle « objet-didactique » dans laquelle prend place la « formalisation pédagogique et didactique de l’apprentissage de la technique ». Pour l’auteur, le phénomène de transmission serait essentiel à cette phase notamment par la production de manuels qui représenterait une « rupture toujours plus accentuée entre la pratique et la théorie, le savoir-faire et la technique, l’expérience vécue et la norme culturelle »67. Elle est sans doute la moins convaincante du point de vue de l’analyse des TC car Pierre Arnaud ne donne pas d’exemples concrets concernant ces TC. Existent-elles concernant les TC offensives de BA et comment les identifier ?
Dans le contexte de la deuxième moitié du XIXe siècle, de nombreux livres sont publiés tant en Angleterre qu’aux États-Unis sur cette nouvelle boxe avec gants. Elle est alors considérée comme amateur par différenciation avec les Prize fights qui sont les combats se déroulant à poings nus, du moins jusqu’à la date symbolique de 1892 où John L. Sullivan perd son titre à la vingt et unième reprise contre James Corbett en suivant les règles dites du Marquis de Queensberry. Destiné à transmettre un contenu didactique, le manuel de Ned Donnelly publié en 187968 est une référence. Non seulement il est plagié et diffusé outre-Atlantique, mais l’auteur a joué un rôle clef dans le développement des règles du Marquis de Queenberry en tant que professeur de boxe au célèbre London Athletic Club alors qu’elles sont traditionnellement attribuées au sportsman Graham Chambers. Il décrit toutes les techniques pugilistiques de la boxe ; le direct aussi appelé « lead-off » et le crochet nommé « right-hand counter » sont ainsi minutieusement décrits. Quant à « l’upper-cut »69, il semble avoir trouvé une place nouvelle même s’il existait déjà auparavant selon John Ford70 qui crédite Dutch Sam de l’avoir inventé au début du siècle71. Mais c’est la première fois que cette TC apparaît dans un livre à notre connaissance en tant que geste caractéristique d’une phase de combat. D’ailleurs, Ned Donnelly la décrit comme un contre (Counter). De même, les TC offensives de BA deviennent non seulement plus formalisées, mais, surtout, elles sont appréhendées dans le cadre d’une interaction qui suppose la prise en compte d’une relation à l’autre spécifique où s’impose la maîtrise de déplacements (distance, déplacements tactiques…). Leur élaboration les rend donc utilisable de manière privilégiée dans ce cadre pugilistique, même si le titre du livre de Ned Donnelly montre que la rupture avec l’usage de la boxe comme moyen de défense dans la vie quotidienne n’est pas encore totalement assumée. Quoiqu’il en soit, les TC deviennent TS dans leur combinaison à d’autres nécessités spécifiquement pugilistiques.
D’une certaine manière, Pierre Arnaud rejoint Georges Vigarello lorsqu’il insiste sur le caractère « gratuit » de l’acte sportif. Pour l’auteur, les techniques sportives72 visent avant tout « l’excellence ». « On peut donc dissocier la technique (en général) et la technique sportive (en particulier) de sa signification et de sa valeur d’usage »73. En réalité, la notion d’utilitarisme tend à disparaitre lorsque l’action dans et pour le ring s’impose74, ce qui dépend bien évidemment de l’époque, mais aussi du niveau d’échange. À ce titre, il y a donc des TC offensives utilisées dans les sports combat de percussion permettant cette possibilité de transformation dans l’interaction combative sportive au niveau surtout des déplacements. Le livre de Ned Donnelly évoque le « side-step » (pas de côté) ou le in-fighting (combat rapproché). Ces TC peuvent prendre le nom de « génératives » dans la mesure où elles peuvent être accolées à plusieurs TC offensives, mais aussi défensives. Toutefois, leur portée sportive ne semble pas totalement aboutie.
Style et personnalisation de TS offensives pugilistiques
Ainsi, il faut attendre le début du siècle suivant pour que ces TC soit travaillées pour elles-mêmes. Par exemple, le « clinch » (corps-à-corps) est alors considéré comme une phase tactique de combat pugilistique75. Plus encore, chaque boxeur peut désormais adapter sa boxe puisque toutes les TS offensives sont désormais connues et répertoriées et que des possibilités de les faire varier par les TC génératives, entre autres, peuvent exister. Elles peuvent alors aussi bien produire des actions combinées offensives comme des pas glissés amenant à un coup de poing (en général un direct) ou bien à une action défensive consistant à un retrait ou à une esquive en changeant d’axe. En d’autres termes, la notion de « style » qui apparaît en ce début du XXe siècle dans ce domaine est non seulement nouvelle, mais montre combien les TS offensives pugilistiques sont totalement intégrées au combat76. Différentes façons de frapper avec ces mêmes TS font l’objet de formes individualisées. William Lewis enseigne un loop-the-loop (phase de corps à corps), Kid Mac Coy « invente » le cork-screw (sorte de coup de poings en tire-bouchon destiné à brûler la peau) ou bien Bob Fitzimmons pratique le shift-punch (coup délivré au plexus solaire du poing avant)77.
Cette personnalisation des TS réside dans la nécessité d’exploiter l’affrontement dans toutes ses possibilités, mais consiste aussi à promouvoir les auteurs de ces « nouveautés ». Aussi, les explications sont-elles de plus en plus théorisées afin de discerner ces différentes utilisations techniques. Leurs représentations, au début du XXe siècle, tentent de traduire au plus près les TS offensives pugilistiques. Elles sont, en tous les cas pour les livres français, le plus souvent décrites par des photos prises à l’arrêt dans le but de les mimer lors d’une phase d’action donnée du combat78. La formalisation pédagogique occupe donc une place centrale dans cette troisième phase de l’objet-didactique. Progressivement, ces TS sont intégrées à un plan général de préparation permettant de prendre un certain recul, c’est-à-dire de développer une pensée d’ordre tactique, voire stratégique.
Ainsi, l’exigence du résultat conduit à développer des techniques de plus en plus dépendantes des différentes phases du match. Les TS offensives pugilistiques ne sont pas des éléments isolés, mais font partie de tout un ensemble de combinaisons « techniques » où tous les détails comptent. Chaque phase du combat doit pouvoir se traduire en phase défensive et vice et versa. Dès lors, il est recherché pour l’athlète une organisation maximale des segments corporels suivant en cela la loi d’intégration mise en évidence par Georges Vigarello. Cette évolution se met en place entre les deux guerres pour la boxe anglaise. Si, pour Jacques Auger79, la description du direct du gauche est encore assez vague, dans les années 30, la consigne est claire : « la main droite protégera le visage pendant que de son côté, le coude couvrira le creux de l’estomac de façon parfaite »80.
Mais il faut attendre l’après-guerre pour que cette technique organise de manière précise les segments corporels n’entrant pas directement en jeu dans l’action : « En ramassant le menton sans contraction derrière la rondeur du deltoïde, ou encore derrière la main droite, il n’y a de découvert que le flanc gauche… »81 Une évolution déterminante apparaît dans cette description. Elle ne se préoccupe plus seulement des segments corporels participant directement à la technique ; s’est ajoutée à la protection du foie et de l’estomac, celle offerte par l’épaule du bras qui frappe et le menton rentré. La TS est non seulement associée à la réalisation d’une technique pugilistique offensive, mais elle concerne aussi l’organisation des segments corporels orientés vers différents buts de tâche (protection du corps, de la tête…) dans le cadre d’actions combatives. Elle offre une nouvelle forme d’efficacité en l’intégrant à une dimension stratégique de plus en plus présente. Par exemple, chez André Raphaël, une nouvelle manière d’esquiver par retrait82 est évoquée. Elle consiste à sortir de la ligne adverse tout en donnant un coup : l’esquive est le début de la technique fondamentale du pivot qui sera répertoriée un peu plus tard dans le livre de Georges Blanchet.83 Or, celui-ci s’intègre dans des phases différentes d’attaque et de riposte qui ne prennent sens que dans une stratégie de combat portant sur l’ensemble des reprises ; il est donc nécessaire de connaître l’adversaire, de l’étudier, afin d’inclure la préparation dans une planification à long terme. Et, en effet, il manque encore toute une réflexion de type stratégique visant à faire du ring un espace spécifique que l’athlète doit intégrer dans l’affrontement (les cordes, les coins, le centre…) de manière à le différencier de l’espace quotidien. Dès lors, la place de l’assaut est fondamentale dans le processus d’apprentissage des techniques84. Il commence à être intégré, après la Seconde Guerre mondiale en tant que but d’un apprentissage bien mené. L’expérience du ring s’impose pour développer l’esprit patriotique, l’hygiène sociale ou l’éducation. Dans cette optique, le souci de l’intégrité physique devient essentiel afin de pouvoir durer plusieurs matchs. Par conséquent, les formes entraînement se diversifient. Si les pays de l’Est sont les précurseurs de cette nouvelle orientation85 après la Seconde Guerre mondiale, il faudra néanmoins attendre les années 1970 pour que, en France, cette prise de conscience se répande, notamment dans le cadre d’analyses théoriques destinées à nourrir ces orientations d’ordre didactique. Des situations problèmes (SP) et des situations de résolution de problème (SRP) sont alors envisagées. Mais la théorisation de plus en plus distancée avec la pratique pédagogique dont parle Pierre Arnaud a lieu, parfois avec certains excès dont témoigne, par exemple, le développement fédéral de la boxe éducative dans les années 197086. L’assaut ou le combat, désormais considéré comme des éléments pédagogiques, doivent encore trouver leur place entre pratique fédérale et pratique scolaire.
Conclusion
Au terme de cet article, il est nécessaire de préciser qu’il fait partie d’un travail plus large portant sur les sports de combats ainsi que sur les activités physiques. Certes, un certain nombre de réflexions et d’idées avancées ici demandent à être précisées, notamment au regard des travaux et des références évoqués tout au long de ce texte. Néanmoins, nous avons pu montrer en quoi, à partir de l’exemple des TC offensives de BA, la notion de TC était largement plus complexe qu’on ne le pense d’habitude et que l’appréhender de manière à la modéliser nécessitait tout un appareillage théorique dont nous avons dessiner les grandes lignes ici selon des analyses historiques et épistémologiques.
Déjà, la nature des TC dépend la « filière » (Bertrand Gille) dont laquelle elles s’inscrivent, c’est-à-dire de toute une chaîne organisée impliquant finalités, buts, objectifs et moyens (Martin Heidegger). Déterminées par leur qualité non productive, les TC offensives de BA se différencient de celles du dentiste ou de l’artisan. Plus encore, le cadre d’une opposition duelle à coups de poing médiée par un tiers selon des règlements qui vont tendre à devenir l’apanage d’institutions démocratiques internationales permet d’en distinguer plusieurs types. Utilitaire, dans le cas où ces TC sont destinées à renforcer les qualités de l’individu en fonction de contraintes sociales et culturelles ; gratuit si elles n’ont d’autres buts qu’elles-mêmes, partageant alors le caractère souvent autotélique du jeu ; enfin utile avec la dimension de self-défense.
Les TC offensives de BA sont parfois difficiles à distinguer selon la trajectoire de l’athlète et l’histoire de l’activité physique considérée. Non seulement, les sources sont parfois rares, mais leur élaboration peut puiser dans ces différentes orientations au gré de leur trajectoire. Toutefois, il a été montré que certaines TC offensives de BA peuvent se transformer alors que d’autres stagnent. Ainsi, sous la Grèce ancienne ou même chez les Romains, les pugilats disparaissent avec leur civilisation alors que la Fancy du XVIIIe siècle s’est étendue dans le monde occidental pour devenir le sport que l’on connaît à la suite. La pratique un peu rustre se transforme en discipline sportive sollicitant des moyens techniques toujours plus élaborés basés sur des formes d’apprentissage et d’enseignement plus recherchées. Dès lors, non seulement, les différents éléments de la technique (finalité, buts, objectifs, moyens) participant à la construction des TC offensives sont essentiels à repérer dans l’analyse historico-épistémique, mais la notion de transmission s’avère incontournable à prendre en compte pour modéliser cette évolution. Qualifier « d’objet », en référence au travail de Pierre Arnaud, un tableau à plusieurs entrées a ainsi pu être proposé.
Le premier stade qualifié d’objet-culturel englobe des TC appelées adaptatives et une forme de transmission basée prioritairement sur l’imitation pour la Fancy alors que le pugilat grec valoriserait plutôt l’essai-erreur. Mais seule la discipline anglaise a évolué vers le stade d’objet-technique offrant des TC appelées instrumentales dont la transmission requiert des procédés plus précis et plus formalisés combinant poeisis et techné. Ces TC offensives prennent des noms particuliers dans les livres publiés au tournant du XVIIIe et du XIXe siècles, et leur réalisation est conditionnée par des consignes bien précises répondant à la définition des TC donnée par Georges Vigarello. Chercher l’efficacité sur le ring s’avère primordial afin de devenir le champion d’une ville, d’un comté, puis d’un pays, et nécessite de s’entraîner désormais de manière plus rationnelle. Un autre environnement organisationnel offert par les clubs et les compétitions de sparring (avec gants) se met en place au début du XIXe siècle. À la suite, de nouvelles règles sont requises.
Le dernier stade, sans doute le plus complexe à appréhender, est qualifié d’objet-didactique. Il s’actualise à partir de cette deuxième moitié du XIXe siècle qui donne naissance à cette boxe avec gant organisées selon les règles dites du marquis de Queensberry. Toutefois, de subtiles transformations peuvent être distinguées durant ce stade qui comporte des évolutions de TC plus ou moins labiles. Ainsi, les détails accompagnant la réalisation des TS offensives sont de plus en plus fins et précis. Ils s’ancrent dans des phases combatives relevant de tactiques déterminées quoique certains aspects utilitaires (santé) et utiles (self-défense) peuvent encore exister. Ces techniques sportives offensives de boxe anglaise sont d’ailleurs envisagées en fonction de l’action adverse. Plus encore, l’efficacité sur le ring nécessite son exploitation et des techniques sportives particulières que l’on a pu appeler génératives se développent ; elles permettent une richesse d’exploitation des techniques sportives, mais aussi des actions tactiques contextualisées (pas de côté). Cette évolution permet donc une certaine personnalisation des techniques sportives offensives afin de surprendre l’adversaire et deviennent pleinement des TS offensives de boxe anglaise. Elles peuvent d’ailleurs se combiner avec des TS défensives en fonction des différentes phases du combat. Ces nouvelles TS offensives de BA nécessitent alors des formes transmissives de plus en plus conceptualisées prenant en compte toutes les réalités de l’affrontement pugilistique elles-mêmes. Les formes d’entraînement évoluent et deviennent très spécifiques à partir de la Seconde Guerre mondiale.
Mais quelle est l’origine du fonctionnement des TC offensives pugilistique, cette causa efficiens heidegerrienne, permettant ou non de se transformer et d’évoluer ? Il est clair que le contexte socio-anthropologique dans lesquelles elles s’ancrent est fondamental. Autant le blocage de la pensée technique grecque limite leur évolution, autant l’Angleterre du XVIIe et XVIIIe siècles donne à ces affrontements une signification particulière permettant à ces TC offensives d’évoluer ; faire de ces combattants soit des demi-dieux, soit des héros humains n’engage pas les mêmes processus, notamment de transmission. Si, traditionnellement, le progrès économique et social lié au contexte industriel et religieux (protestantisme) est convoqué pour expliquer cette rupture, il apparaît que le phénomène est nettement plus complexe, ce que cette histoire technique a commencé à pointer. Autrement dit, bien que les manières d’intervenir sur l’autre87 par le biais de coups de poing peuvent être assez équivalentes entre ces pratiques, seul le cadre anthropologique, social, culturel et politique des barenuckles anglais peut les amener à se transformer vers une configuration particulière.
Par ailleurs, et même si nous ne pouvons que l’esquisser ici88, il convient néanmoins de signaler que la transmission au niveau de l’objet-technique relève d’une catégorie tout à faire particulière des savoirs. Elle a été évoquée à travers la rupture de l’Epistémé foucaldien de la fin du XVIIIe siècle, ce qui permet de les penser et de les présenter autrement par rapport à la phase précédente. En effet, il s’agit de renforcer les pouvoirs du boxeur en le soumettant à des conditions de plus en plus rationalisées d’entraînement. Ces TC instrumentales se diversifient et se formalisent donc. Toutefois, la dernière phase de l’objet-didactique prend place dans une transformation sociétale commune à l’Europe où il s’agit alors d’améliorer le capital humain pour renforcer la défense patriotique. La boxe avec gants, selon les règles dites du marquis de Queensberry, s’inscrit tout à fait dans cette transformation concernant les savoirs, de même que la sollicitation spécifique du corps dans ce qu’il a de plus profond. Cette dernière transformation permet la création de nouvelles formes technicisées de TS se combinant avec des TS génératives. De nouvelles formes de transmission participent alors à ces évolutions (Situation problème et situation de résolution de problèmes).
Cependant, si la réflexion portant sur l’émergence de savoir-techniques communs à la pensée occidentale au XIXe et XXe siècle peut se concevoir, il a été signalé que cette analyse de type épistémique est beaucoup plus difficile à appliquer sur les autres pratiques physiques non productives antérieures au XVIIIe siècle. Une réflexion plus poussée doit être menée lors d’études ultérieures.
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Notes
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- Lévi-Strauss Claude, Introduction à l’œuvre de Marcel Mauss. Sociologie et anthropologie, PUF, 2013, [URL] https://shs.cairn.info/sociologie-et-anthropologie–9782130608806-page-IX?lang=fr.D’une manière générale, nous sommes vraiment surpris de voir le peu d’analyse critique portée à cette notion, notamment dans le champ des STAPS. Tout se passe comme si, une fois évoquée Marcel Mauss et la notion de TC, tout était dit. Il y a une sorte de « sacralisation » de l’auteur qui empêche encore aujourd’hui d’envisager réellement l’étude des TC du point de vue des sciences sociales et historiques, laissant le champ aux sciences de l’intervention, voire aux sciences des analyses métriques. D’ailleurs, seule dans ce livre l’analyse de Matthias Asunçao, sur la ginga, aborde véritablement cet aspect.
- On sait combien les techniques (Marcel Mauss), l’histoire économique (François Simiand) et la sociologie (Émile Durkheim) ont joué un rôle important dans le récit porté par les Annales créées par Marc Bloc et Lucien Febvre en 1929.
- Vigarello Georges, Techniques d’hier et d’aujourd’hui. Une histoire culturelle du sport, Paris, Revue EPS, R. Laffont, Paris, 1988, p. 9.
- Ibid., p. 10.
- Ibid.
- Pour une analyse plus détaillée : Loudcher Jean-François, « Les techniques corporelles de 1789 à nos jours en EPS », Projet Demeny, [URL] http://projet-demeny.univ-fcomte.fr/index.php?page=techniques
- Castoriadis Cornélius, « La technique », Encyclopédie Universalis, 1998.
- Ibid.
- Ibid.
- Il est nécessaire de signaler que dans le champ des STAPS et de l’EPS, on mélange souvent ces différents sens. Or, le savoir-faire relève bien de l’ordre du savoir car la notion précise certaines règles d’action dont leur respect peut ouvrir vers la réussite alors que le « pouvoir » est de l’ordre de la réalisation dont on ne connaît, finalement, que le résultat.
- Heidegger Martin, « La question de la technique », Essais et conférences (1954), Paris, NRF Gallimard, 1958, p. 10.
- Heidegger Martin, ibid.
- C’est le sens même de son texte qui est fondamental.
- On peut parler avec Bertrand Gille de « filière technique ». Gille Bertrand (dir.), Histoire des techniques : Technique et civilisations, technique et sciences, Gallimard, collection La Pleïade, 1978.
- Ellul Jacques, La Technique et l’enjeu du siècle, Paris, A. Colin, 1954.
- Loudcher Jean-François, op. cit., 2011.
- Cf. Loudcher Jean-François, projet Demenÿ.
- Vernant Jean-Pierre, Mythe et pensée chez les grecs, TII, petite collection Maspéro, Paris, 1965.
- Comar Pierre, Les images du corps, Paris, Éditions Découvertes Gallimard, 1993, p. 22.
- Dans la Grèce antique, l’homme n’a pas d’individualité. D’ailleurs, les concepts de personne et de corps n’existent pas dans cette civilisation. Cf. Zur Lippe Rudolph, « Une unité problématique : éléments pour une histoire des conceptions du corps », Le corps et ses fictions, Paris, Minuit, 1983, p. 29-41.
- Mumford Lewis, Le mythe de la machine, Paris, Fayard, 1973.
- Diamond Jared, De l’inégalité parmi les sociétés, Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire. Gallimard, NRF, 2001.
- Descola Philippe, « La nature vue d’ailleurs : Rencontre avec Philippe Descola », Sciences Humaines, 121, 2001, p. 40-43.
- Cavalli-Sforza Luca Qui sommes-nous ?, Paris, Flammarion, 1997.
- Haudricourt André-Georges, La technologie culturelle, essai de méthodologie, dans Poirier Jean (dir.), Ethnologie générale. La Pléiade, Gallimard Haudricourt 1979, p. 731-823.
- Dortier Jean-François, « Quand est apparue la pensée symbolique ? », Sciences humaines, 126, 2002, p. 32-35.
- Veyne, op. cit.
- Une controverse s’est engagée avec le spécialiste de la boxe antique Jean-Manuel Roubineau (A poings fermés, une histoire de la boxe antique, Paris, PUF, 2022) que nous avons rencontré en 2024. Pour l’auteur, il existe, à l’époque de la Grèce classique une boxe très semblable à la pratique moderne : il insiste, tout comme Alexis Philonenko (Histoire de la boxe, Paris, Critérion, 1991), sur la manière de se déplacer sur les pointes de pied. Toutefois, non seulement ces références sont très parcellaires, mais la notion même de « pointes de pied » est discutable. À part les danseurs étoiles, les boxeurs se déplacent plutôt sur leur « balle » de pied ; et il y a une différence fondamentale entre se déplacer à la manière d’un Jack Johnson, d’un Sugar Ray Robinson, d’un Mohammed Ali ou d’un Vasyl Lomachenko et simplement effectuer des déplacements ponctuels, latéraux ou longitudinaux, plus ou moins à bon escient. Quoiqu’il en soit, il nous paraît difficile d’admettre le rôle essentiel des dieux dans la mise en œuvre de ces pratiques corporelles antiques (Jean-Manuel Roubineau y souscrit d’ailleurs), sans accepter toute la réflexion « technique » sur la civilisation grecque développée par Paul Veyne et Jean-Pierre Vernant.
- Vigarello Georges, op. cit. 1986.
- De nombreux autres exemples du refus de développer des TC élaborées existent dans la Grèce classique ; l’absence de rotations en lancer de disque ou d’élan en lancer de javelot au profit d’une corde enroulée appelée ankylée montrent le souci de vouloir utiliser que la force plutôt que des procédés de transformations techniques corporelles très douteux aux yeux de la civilisation hellène.
- Dans un livre de 1789, il est ainsi proposé de classer 17 boxeurs selon cinq critères : Weight (poids), Strength (force), Activity (capacité offensive), Skill (habiletés), Bottom (fonds) (The Art of Manual Defence ; Or, System of boxing Perspicuously explained IN A SERIES OF LESSONS And illustrated By plates By a pupil both of Humphreys and Mendoza, London, 1789, p. 110). Ce classement sera repris maintes fois par la suite.
- L’assistant d’Étienne-Jules Marey dépose d’ailleurs le brevet d’une méthode d’éducation physique basée sur le mouvement complet-continu-arrondi en 1912 qui n’est pas si éloignée des formes chinoises de taï-chi-chuan.
- En référence à Norbert Elias. Cf. Loudcher Jean-François, « Procès de civilisation et transformations sociales ; une discussion de la théorie de Norbert Elias dans le domaine du sport », Loisir et Société / Society and Leisure, vol. 19, n° 2, 2020, [URL] https://doi.org/10.1080/07053436.2020.18491h58. Cf. Arnaud Pierre, « Objet culturel, objet technique, objet didactique », STAPS, vol. 7, n° 13, mai 1986, p. 43-55.
- Philonenko Alexis, op. cit., p. 44-47. Le livre est plutôt une façon de considérer la boxe qu’un livre historique où de nombreuses erreurs peuvent être relevées.
- Peut-on dire qu’avoir un menton haut ou que se déplacer sur la « pointe des pieds » relève de l’ordre des TC tel que nous l’avons précisé ?
- Chemin Michel, La loi du ring, Paris, Découverte Gallimard, 1992, p. 18.
- Vigarello Georges, op. cit., 1988, p. 11.
- Sa nomenclature s’inspire fortement de celle proposée par Bertrand Gille. Vigarello Georges, « Les techniques corporelles et les transformations de leurs configurations », Revue STAPS, 13, 1986, p. 30-42.
- Vigarello Georges, Techniques d’hier et d’aujourd’hui, op. cit.
- Loudcher Jean-François, « Naissance de la boxe anglaise moderne (XVIIIe-XIXe siècles) : un exemple de changement et de continuité dans l’histoire du sport à partir du cadre théorique de Michel Foucault », dans Krüger Arnd, Continuité et rupture dans l’histoire du sport, CESH, Göttingen, Septembre, 2001, Verlag, 2002, p. 46-67.
- Le cas est souvent évoqué en sciences sociales du sport. Il a même pu donner naissance à un courant pédagogique où il était question de passer par les différents stades de la technique jusqu’à sa formalisation sportive, ce qui, d’un point de vue épistémologique, est une aberration. Goirand Paul et Metzler Jacques, Techniques sportives et culture scolaire : Une histoire culturelle du sport, Paris, Revue EPS, 1996.
- Arnaud Pierre, art. cit.
- Ibid., p. 48.
- Loudcher Jean-François, « Procès de civilisation et transformations sociales ; une discussion de la théorie de Norbert Elias dans le domaine du sport », Loisir et Société/Society and Leisure, Vol. 19, n° 2, 2020, p. 372-392, [URL] https://doi.org/10.1080/07053436.2020.1849158
- La première réglementation réalisée par Jack Broughton n’évoque que sept règles minimalistes.
- Godfrey John, A TREATISE Upon the Useful Science of Defence, 1747.
- Loudcher Jean-François, « Les débuts de la boxe anglaise : étude du premier traité pugilistique écrit par John Godfrey, A TREATISE Upon the Useful Science of Defence (1747) », Recherches en Sports de Combat et Arts Martiaux, JORRESCAM, Amiens 2000, CD-Rom, Toulon, 2002.
- Loudcher Jean-François, « Naissance de la boxe anglaise moderne… », op. cit.
- Loudcher Jean-François, « Histoire de l’entraînement en boxe en France (XIXe-XXIe) » dans Claverie Eric, Loudcher Jean François et Vaucelle Serge, Histoire de l’entraînement sportif, Paris, INSEP, 2024, p. 43-68.
- Broughton Jack, Proposals For Erecting an Amphithéâtre For the Manly Exercice of BOXING, 1742.
- Une comparaison avec le premier stade d’élaboration de la savate, au début du XIXe siècle, serait à effectuer. Elle montrerait que ses TC adaptatives se mettent en place de manière presque opposée à celles de la boxe anglaise, c’est-à-dire plus basée sur la poeisis que sur la techné. Loudcher Jean-François, Histoire de la savate, du chausson et de la boxe française ; d’une pratique de rue à un sport de compétition, Paris, L’Harmattan, 2000.
- Traditionnellement, cet arrêt est attribué au retrait du soutien financier et royal du Duc de Cumberland à l’issue du match Slack-Broughton, en 1750, qui a vu la défaite du dernier. En effet, le Duc qui était le backer (souteneur, patron) de Jack Broughton a perdu une forte somme d’argent (50 000 livres sterling). Cependant, pour Dennis Brailsford, les raisons de ce ralentissement sont surtout à chercher dans les difficultés économiques et politiques que connaît l’Angleterre et qui touchent tous les Pastimes (en particulier les coureurs à pied).
- Arnaud Pierre, op. cit.
- Les trois livres paraissant entre 1788 et 1789 sont les plus célèbres et seront, par la suite, amplement copiés. The complete art of boxing According to the Modern méthod, By an amateur of Eminence, London, 1788. The Art of Manual Defence; Or, System of boxing, By a pupil both of Humphreys and Mendoza, London, 1789. Mendoza Daniel, The complete art of boxing, Printed and sold for Danie Mendoza, 1789.
- Le « back-hand knuckles », le « chop », le « chopper », le « chopping-blow », ou le « Mendoza blow », sont des coups donnés avec le dessus des phalanges ou avec le dessous du poing en forme de marteau. Il correspond au coup de poing retournée de Joseph Charlemont (1899) ou à l’uraken du karaté. Cf. Mendoza Daniel, op. cit.
- Cf. Loudcher Jean-François, « Les débuts de la boxe anglaise : étude du premier traité pugilistique écrit par John Godfrey… », op. cit.
- Brailsford Dennis, Bareknuckles, A social History of Prize-Fighting, Lutterworth Press Cambridge, 1988, p. 25. Ford John, Prizefighting, the Age of Regency Boximania, Newton Abbot, London, 1971, p. 120.
- Ford John, op. cit., p. 121-122.
- « Then throw out yours arms in a direct line… », The art and practice of boxing, London, 1815, p. 19.
- Mendoza Daniel, op. cit., p. 16.
- Cf. Brailsford Dennis, op. cit. Ford John, op. cit.
- Brailsford Dennis, op. cit.
- En référence à Michel Foucault (Les mots et les choses, Gallimard, 1966) dont la pensée, trop complexe pour être développée ici, a été abordée dans plusieurs de nos publications (Loudcher Jean-François, « Représentations et images du corps dans l’émergence du sport moderne (XIXe–XXe siècles) », Apparence(s), 10, 2021).
- Arnaud Pierre, « Objet culturel, objet technique, objet didactique » op. cit., p. 48.
- Donnelly Ned, Self-defence, Or the art of boxing. With illustrations, London, Welon et Co., 1879, p. 87.
- Ibid., p. 91.
- Op. cit., p. 122.
- L’« uppercut » est évoqué dans un livre de self-défense allemand du XVIIe siècle. Mais il n’est pas vraiment répertorié comme une TC pouvant être transmise, c’est plutôt une opportunité de self-défense et décrite comme telle.
- Arnaud Pierre, « L’histoire revisitée de l’E.P. : les rapports de l’E.P. aux techniques corporelles », dans Goirand Paul et Metzler Jacques (dir.), Techniques sportives et culture scolaire, Éd. E.P., 1996.
- Ibid., p. 26.
- À savoir, lors de compétition ou lors d’entraînement.
- Edgeworth Johnston W., Boxing, London, Gale and Polden LTD, 1904.
- Schira Georges, De la boxe, Paris, Tous les sports, 1943, p. 126. Blanchet, Boxe et sports de combat en éducation physique, Paris, Éd. Chiron, 1947, p. 106.
- Cf. Mortane Jacques et Linville André, La boxe, traité pratique et complet. Paris, Lafitte, 1908.
- Mortane Jacques et Linville André, op. cit. La boxe anglaise et française par les champions du ring, etc., Paris, Lafitte, 1911. Leclerc Jacques, Boxe anglaise et française, Paris, Éd. Nilsson, 1912.
- Auger Jacques, La boxe anglaise, Paris, Garnier, 1923.
- Raphaël André, op. cit., 1931, p. 24.
- Blanchet Georges, Boxe et sports de combat en éducation physique, Paris, Éd. Chiron, 1947, p. 67.
- Raphaël André, La boxe, Paris, Nilsson, 1930.
- Lerda Léon et Casteyre Jean-Claude, Sachons boxer, Paris, Vigot, 1947.
- Loudcher Jean-François, « Analyse des démarches pédagogiques développées en savate-boxe française et boxe anglaise en EPS (1880-2012) », dans Terret Cédric (dir.), Les sports de combat en milieu scolaire, AFRAPS, sous presse.
- Loudcher Jean-François, « Histoire de l’entraînement en boxe en France (XIXe-XXIe) », op. cit.
- Ibid.
- On pense à la boxe hawaiienne qui n’autorise l’utilisation d’un seul poing, ou bien la boxe birmane qui permet aux deux boxeurs de pratiquer les coups de coudes et de genoux, et cela au XVIIIe siècle.
- Un livre doit paraître dans la même édition traitant de ce sujet.
