Partant des sources iconographiques et des descriptions existantes depuis le XIXe siècle, ainsi que des manuels d’instructions du XXe siècle, ce texte essaye de problématiser les changements des techniques corporelles survenues dans la capoeira, art martial afro-brésilien. Le matériel historique disponible depuis les années 1820 jusqu’à la modernisation de la capoeira des années 1940-1970 permet d’analyser la ginga, ce mouvement de base à partir duquel s’exécutent toutes les autres techniques. Les représentations iconographiques doivent être placées dans le contexte de leur production et tenir compte du regard des artistes. L’objectif est de comprendre les persistances et les ruptures dans les techniques du corps de la capoeira et remettre en question certains essentialismes qui circulent massivement parmi beaucoup de groupes de capoeira et sur les réseaux sociaux. Ainsi, il faudra peut-être distinguer plusieurs gingas historiques et établir plus précisément la gamme de variation possible entre les individus pratiquants.
capoeira; Brésil; histoire; techniques du corps; Afrique
Based on iconographic sources and descriptions from the nineteenth century, as well as twentieth-century instruction manuals, this text attempts to problematise the changes in bodily techniques that have occurred in capoeira, the Afro-Brazilian martial art. The historical material available from the 1820s to the modernisation of capoeira during the 1940-1970s, allows to analyse the ginga, the basic movement from which all the other capoeira techniques are derived. Iconographic representations must be placed in the context of their production and take account of the artists’ perspective. The aim is to understand the persistence and ruptures in capoeira bodily techniques and to question certain essentialisms that circulate massively among capoeira groups and on social networks. We may need to distinguish between several historical gingas and establish more precisely the range of variation possible between individual practitioners.
capoeira; history; Brazil; body techniques; Africa
Basándose en fuentes iconográficas y descripciones que se remontan al siglo XIX, así como en manuales de instrucción del siglo XX, este texto intenta problematizar los cambios en las técnicas corporales que se han producido en la capoeira, el arte marcial afrobrasileño. El material histórico disponible desde la década de 1820 hasta la modernización de la capoeira en las décadas de 1940 a 1970 se utiliza para analizar la ginga, el movimiento básico del que derivan todas las demás técnicas. Las representaciones iconográficas deben situarse en el contexto de su producción y tener en cuenta la perspectiva de los artistas. El objetivo es comprender la persistencia y las rupturas de las técnicas corporales de la capoeira y cuestionar ciertos esencialismos que circulan masivamente entre muchos grupos de capoeira y en las redes sociales. Tal vez sea necesario distinguir entre varias gingas históricas y establecer con mayor precisión el espectro de variación posible entre los practicantes individuales.
capoeira; historia; brasil; técnicas corporales; Africa
Introduction
Plusieurs méta-discours (master narratives) établissent la manière comment l’histoire de la capoeira est racontée depuis le XXe siècle1. Deux récits principaux dominent dans l’actuelle « guerre culturelle » à l’intérieur de l’univers de la capoeira. Un discours nationaliste insiste sur les origines brésiliennes de l’art alors qu’un discours afrocentré souligne le caractère intrinsèquement africain de la capoeira. Appliqués aux techniques corporelles, cela revient à se demander si l’on peut identifier une grammaire corporelle plus proche des cultures d’Afrique, des cultures indigènes ou plutôt de celles d’Europe ou des arts martiaux orientaux.
Plusieurs chercheurs ont déjà contribué à réfléchir à ce sujet. Dans une récente publication, Elton Silva et Eduardo Corrêa soulignent l’impact considérable des arts martiaux asiatiques et européens et essaient d’établir des liens et des influences réciproques.2 Ils affirment ainsi le caractère « syncrétique » de l’art, que la capoeira aurait surtout acquise dans le Sud-est brésilien, s’ajoutant à la narration régionaliste contre l’hégémonie baianaise des discours d’origine.
De l’autre côté, toute une série d’auteurs se sont penchés sur le caractère africain des techniques corporelles de la capoeira, notamment Júlio Tavares, Cristina Rosa et Livia Pasqua. Júlio Tavares, auteur du premier mémoire de master sur la capoeira, écrit :
En reprenant la classification eurocentrée du corps comme un signe qui combine trois parties dans sa composition – la tête, le torse et les membres – nous obtenons en fait le même effet platonicien : une trinité basée sur la logique du triangle : […]3
Il contraste cette composition du corps avec l’héritage du corps noir :
Si nous considérons le corps noir, ainsi que son héritage, en lui et dans ses descendants, en plus des trois éléments, nous avons les hanches comme une partie de plus grande importance et porteuse d’autonomie de mouvement. Dans cette logique, nous avons : la tête, le torse, les hanches et les membres selon la logique de la spirale [ou « spiralité »].4
De fait, beaucoup d’observateurs européens ou blancs brésiliens avaient déjà remarqué la plus grande liberté des mouvements de hanches des Africains réduits en esclavage au Brésil, la jugeant presque toujours comme expression de lascivité et de promiscuité.
Cristina Rosa a analysé les mouvements de corps du capoeiriste (ou « décodé l’esthétique de la ginga ») comme étant à la fois « polycentré » et « polyrythmique »5.
Livia Pasqua a identifié le « floreio » (fioriture, ornement) comme une caractéristique centrale des techniques corporelles non seulement de la capoeira contemporaine mais plus généralement des arts de la diaspora africaine6.
Prenant ces analyses comme point de départ, l’objectif de ce texte est d’examiner les sources de la capoeira dès le début du XIXe jusqu’à sa modernisation au milieu du XXe siècle. Que nous disent-elles sur ces techniques ? Et, questions, plus polémique, quelles interprétations peuvent être construites à partir de ces sources ?
Je pars du postulat que la ginga, attitude de garde en capoeira où les protagonistes sont toujours en mouvement dans un balancement de gauche à droite, est au cœur des techniques corporelles de cette discipline afro-brésilienne. D’abord, toutes les attaques et défenses s’opèrent à partir de la ginga. Ensuite, il me semble qu’il a toujours été relativement facile d’incorporer des mouvements nouveaux – attaques ou défenses – à la ginga, sans pour autant nécessairement changer la configuration d’ensemble de cet art de combat.
En d’autres termes, je me propose d’examiner les différentes manifestations de la ginga dans les sources historiques à notre disposition pour mieux comprendre la « récupération avec invention » (recuperation-cum-invention) dont nous parle Cristina Rosa dans son travail sur l’esthétique de la ginga.
L’iconographie du temps de l’Empire
Les premières représentations de la ginga nous parviennent d’artistes européens. Les deux images iconiques de Augustus Earle (1793–1838) et de Johann Moritz Rugendas (1802-1858) sont très connues des capoeiristes, même si elles sont parfois mal interprétées et quelquefois même manipulées pour « l’adapter » aux postulats et préjugés modernes.
Ces images nous révèlent l’existence d’une ginga historique, même si la combinaison du mouvement des bras et des jambes dans la gravure du livre de Johann Moritz Rugendas (1835) est symétrique et non asymétrique comme dans la ginga actuelle. En d’autres termes, aujourd’hui le bras gauche avance quand la jambe gauche recule, alors que dans la gravure bras et jambe du même côté avancent ou reculent en même temps. Ceci peut être dû à une erreur d’observation de Johann Moritz Rugendas ou une altération du lithographe français Isidore Laurent Deroy (1797-1886) qui a travaillé avec les dessins originaux de Johann Moritz Rugendas (qui datent des années 1820). Difficile de trancher étant donné que le ou les dessins originaux ne sont plus disponibles. Mais notons que Johann Moritz Rugendas a accompagné de près l’élaboration des planches. Le fait que l’aquarelle de Augustus Earle reproduise la même symétrie entre le mouvement du bras et de la jambe semble indiquer qu’il ne s’agit pas simplement d’une erreur de représentation.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur chacune de ses représentations si riches en détails et informations7. Pour notre propos, il suffira de remarquer que tous les deux montrent une capoeira ludique, ou du moins amicale, avec une audience de semblables intéressés et sympathisants. La différence étant que Augustus Earle a aussi inclus un policier, qui a peut-être du mal à franchir la clôture, mais représente néanmoins la menace de la répression d’un agent de l’État8.
D’autres images du temps de l’Empire ainsi que des descriptions de voyageurs confirment l’utilisation de la ginga ou de techniques corporelles qui reposent sur les principes que Julio Tavares et puis Cristina Rosa ont déjà étudiée avec acribie : un centre de gravité bas, une apparente déconnection ou liberté entre les mouvements des membres supérieurs et inférieurs, en bref, des mouvements que renvoient au polycentrisme, et sont associé à la polyrythmie (même si nous ne disposons pas d’enregistrements audio pour cette époque).
Les meilleurs exemples me semblent être deux images, à savoir une autre gravure de Johann Moritz Rugendas – cette fois-ci indiquant la localisation à Salvador – et un dessin de Paul Harro Harring (1798-1870). Les mouvements exécutés par des personnages masculins (trois dans le cas de Johann Moritz Rugendas et deux dans le dessin de Paul Harring) suggèrent un lien avec un jeu de combat, entre autres parce que seuls des hommes sont représentés en interaction. Mais nous ne pouvons pas en être sûr car il y a des liens étroits entre jeux de combats et les danses des Africains et Créoles de l’époque coloniale ou impériale, que les agents de l’État appelaient de façon générique de batuque. Leurs techniques corporelles semblent confirmer – même si nous ne pouvons pas écouter la musique – la polyrythmie et le polycentrisme.

Ces images ne nous permettent pas de tirer beaucoup de leçons sur la signification de ce qui est représenté, puisqu’elles ne sont pas accompagnées de légende plus explicite ou de commentaires. Elles attestent néanmoins la fréquence, au Brésil, de danses ou jeux de combat entre hommes africains ou créoles, réduits en esclavage ou affranchis. Elles nous confirment de nouveau le caractère ludique de ce que Carlos Eugênio Líbano Soares a appelé la période de la « capoeira esclave »9. Il semble aussi que, à cette époque les caractéristiques de la capoeira étaient moins clairement délimitées du fait de la grande diversité culturelle des hommes africains arrêtés à cause de la pratique de la capoeira ; ce point est démontré par la grande variété des ethnicités des capoeiras (dénomination de l’époque pour les pratiquants) arrêtés par les forces de l’ordre10.
De la ginga des gangs à la capoeira de la Première République
Avec la formation des maltas, ou gangs, et l’élargissement de la pratique, la capoeira a beaucoup changé au long du dix-neuvième siècle, mais il est difficile de cerner l’évolution des techniques corporelles, étant donné la limitation des sources disponibles. En fait, les descriptions les plus détaillées datent de la fin de l’Empire et du début de la Première République – en particulier le texte de Plácido de Abreu (1857-94), et les dessins de Calixto Cordeiro (1877-1957) et Raul Pederneiras (1874-1953).
Calixto Cordeiro, un dessinateur d’un talent extraordinaire, nous a laissé une série de dessins fameux de la capoeira. Celui intitulé « peneiração » (l’action de tamiser ou « tamisage ») montre deux capoeiras avec des bâtons en évolution. Raul Peneiração désignait une forme de ginga, un terme utilisé comme synonyme à l’époque, mais qui met l’accent sur les feintes pour tromper l’adversaire. Comme l’expliqua Raul Pederneiras : « tamiser (peneirar), c’est-à-dire le fait de faire des pas déguisés, des menaces trompeuses, de façon à ce que le partenaire ne découvre pas le mouvement, […]11 »
Le texte qui accompagne l’image donne plus de détails sur les caractéristiques du mouvement : « J’ai vite vu un mec “tamiser” [peneirar] devant moi, j’ai dansé comme un vieux, le gars était bon ! Il a fait de la samba et s’est lancé dans le caterêté avec moi […]12 ».
En d’autres mots, L.C., l’auteur anonyme du texte de l’article, souligne que la ginga de la capoeira des maltas est apparentée aux danses afro-brésiliennes de Rio de Janeiro13. Cette association, en particulier avec la danse afro-brésilienne à la mode à l’époque, le maxixe, se retrouve souvent dans la presse. Ainsi, un article du Careta nous parle « des contorsions du maxixe et des mouvements rampants de la capoeira » (« requebros da maxixe e movimentos rasteiros da capoeiragem »)14.
Mouvements qui sont donc, étant donné leur proximité avec le maxixe, polyrythmiques et sont accompagnés de feintes pour dépister l’adversaire. Ces feintes impliquent aussi une technique polycentrée puisque les membres en mouvement non synchronisés et indépendant du centre sont utilisés pour tromper l’adversaire. En même temps, l’apparente non-fonctionnalité des mouvements des membres renvoie aux « fioritures » (« floreio ») caractéristique des arts de la Diaspora africaine dont nous parle Pasqua.
Raul Pederneiras était un multi-talents, peintre et caricaturiste, journaliste, écrivain et professeur à l’École des Beaux-Arts et à la faculté de Droit. Il publiait ses textes et caricatures dans les journaux et revues dès le début du XXe siècle. Une de ses spécialités furent ses images en formes de silhouettes ou « sombres » qui retraitaient des figures considérées typiques de la ville. En 1926, il publia une page entière de silhouettes exécutant des mouvements de la capoeira, intitulé « Notre jeu [de la capoeira] ».15 Cependant, tous les mouvements retraitaient des attaques, à l’exception de la première, sous-titré « Garde la distance avec le pied en arrière »16. On pourrait interpréter cette posture comme le début de la ginga, mais ce n’est pas très clair car il n’y a pas d’indication visible de mouvement, il semble plutôt que Raul Perderneiras veuille indiquer qu’on doit toujours avoir un pied en arrière pour commencer la ginga dès que nécessaire.
Mais une autre image, publiée en 1924, reproduit bien comment Raul Pederneiras imaginait la ginga du temps des gangs ou maltas, fédérées en deux groupes (Nagoa et Guaiamu) tout au long des dernières décennies de l’Empire du Brésil17. Ici on peut constater les mouvements libres de bras, ainsi que l’asymétrie entre bras et jambes caractéristique de la ginga jusqu’à aujourd’hui.
Comme les dessins et les descriptions de Calixto Cordeiro et de Raul Pederneiras ont été publiés au début du XXe siècle, une ou plusieurs décennies après le démantèlement effectif des grandes fédérations des maltas, leurs apports sont évidemment moins directs que le témoignage de Plácido de Abreu. Ils ont néanmoins vécu les dernières années du Second Empire (1840-89) et, en plus, ont connu et se sont même entraînés avec des survivants des maltas. Comme plusieurs auteurs l’ont déjà remarqué, Calixto Cordeiro et Raul Pederneiras peuvent être considérés comme les dépositaires de la mémoire des techniques de corps des Nagoas et Guaiamus, et de la capoeiragem carioca du XIXe siècle.
La conservation des techniques corporelles de la capoeira carioca de l’Empire est d’autre part attestée par les interventions et les participations de capoeiras dans les combats de lutte libre organisés dans la ville sous la République.
Ciriaco da Silva et la ginga du port de Rio de Janeiro
Après la victoire du Japon contre la Russie en 1905, les arts martiaux japonais, surtout le jiu-jitsu, connurent un succès extraordinaire dans le monde occidental et aussi au Brésil. Il était courant que des jujitsuka défient les combattants locaux. Ceux qui le souhaitaient pouvaient se battre avec eux, en style libre, lors des matchs ou les jujitsuka défiaient les spectateurs. Une compétition célèbre s’est déroulée à Rio de Janeiro en 1909, entre Sada Miako et Ciríaco da Silva (?-1912), un docker afro-brésilien de Campos qui avait relevé le défi. Le combat s’est déroulé devant un large public dans un pavillon construit spécialement pour l’événement sur l’Avenida Central. Ciríaco a vaincu le maître de jiu-jitsu. Il y a quelques divergences sur comment et par quel mouvement il réussit à frapper son adversaire à la tête (un rabo de arraia (queue de raie), selon certains, et une pantana, d’après Pederneiras18). Ces techniques sont donc identifiables puisque nommées. Peu importe, après sa victoire, Ciríaco a été porté en triomphe par un groupe d’étudiants sur l’Avenida Central et ensuite il a fait une démonstration de capoeira à la Faculté de Médecine, ou une série de photos ont été prises19.
L’une d’elle montre Ciríaco en train d’exécuter la ginga. On peut constater qu’elle est très basse. Est-ce qu’il s’agit d’une technique de corps d’origine africaine qu’il a pu maintenir ? C’est fort possible, étant donné qu’au début du XXe siècle il y avait encore des vieux Africains en vie, ainsi que des vieux capoeiras brésiliens, dans les quartiers historiques du Centre ou la proche banlieue, qui avaient survécu à la purge républicaine de 1890 et à la répression qui s’en est suivie. C’est justement parce que la capoeira disparaît des rues de Rio qu’il est difficile d’établir exactement quelles pratiques continuent alors d’exister à l’abri des yeux de la police.
La ginga des modernisateurs, années 1920-1960
Raphael Lotus, Mário Aleixo, Anibal Burlamaqui et la Gymnastique Nationale
Les années 1920-30 constituent une époque charnière entre la capoeira esclave ou celles des maltas et la capoeira moderne. Cette modernisation n’est pas homogène mais compte plusieurs courants concurrents.
En réalité, dès la fin du XIXe siècle quelques intellectuels considéraient déjà la capoeira comme la véritable « défense » nationale ou art martial brésilien, qui, dissociée du milieu criminel des maltas, devrait être encouragée par les pouvoirs publics. L’auteur anonyme qui signa son ouvrage Guia dov Capoeira Gymnastica Brazileira, publié en 1885, avec les initiales O.D.C., fut un précurseur important, même si nous ne disposons pas d’accès au contenu original, ni de cette édition, ni de celle de 190720. Nous ne sommes donc pas en mesure d’utiliser les dessins qui probablement figuraient dans ce manuel d’instruction.
Mais à partir du début du XXe siècle les appels se font plus insistants. Toute une série d’auteurs nationalistes revendiquaient alors que la capoeira soit adoptée comme méthode d’entraînement dans les forces armées, au lieu de luttes « étrangères » comme le jiu-jitsu. La presse, plus généralement, ne condamnait plus de façon absolue et unanime la capoeira comme pratique criminelle, mais commença à s’intéresser à sa valeur comme technique de combat21.
Mais les appels insistants pour la rédemption de la capoeira ne furent pas toujours suivis d’effets pratiques. Les premiers à officiellement enseigner la capoeira, non pas dans la rue ou sur la plage, mais dans un nouvel espace consacré (le ring) par une école d’éducation physique ou d’arts martiaux, furent apparemment Mário Aleixo (1887-1947) et Raphael Pereira da Silva (1882-1917), plus connu sous le nom de Raphel Lothus. Ce dernier était un jeune professeur de gymnastique dans un lycée à Niterói qui avait appris la vieille capoeiragem carioca (de Rio). Mário Aleixo, non seulement entraînait des équipes de football dans la ville mais était aussi un spécialiste d’arts martiaux connu dans le milieu du sport. Il enseignait le jiu-jitsu à la police civile (Guarda Civil) de Rio22. En 1916, les deux fondèrent une « École de Gymnastique Nationale » dans le centre de Rio23. Pour disséminer leur méthode ils firent des démonstrations publiques et donnaient des interviews dans les journaux. C’est dans un de ses articles que Raphael Lothus démontre la ginga telle qu’ils devaient l’enseigner aux néophytes.
Le texte qui accompagne la photo l’explique en détail :
La première position dans la capoeiragem est la garde. La garde est caractéristique, essentielle, indispensable dans toute son intégrité à l’exercice d’une gymnastique aussi poursuivie et utile, nous dit le professeur Raphaël Lotus.
C’est à partir de cette attitude guerrière que commence l’apprentissage de la capoeiragem.
Préparez-vous ! Attention ! En garde ! Le corps est amené de front, dans une posture naturelle, dans une attitude noble et droite, en octave vers la droite ou vers la gauche. Retirer la jambe à l’arrière. Une fois la ligne maintenue, les genoux sont fléchis, mais la jambe avant reste d’aplomb, et le torse est solidement fixé à l’arrière, reposant de tout son poids sur la jambe arrière. La poitrine, large devant l’adversaire, comme pour le repousser en arrière. Les doigts, en lignes brisées et séparés les uns des autres. Les dents serrées. La tête reposant fermement sur les épaules. Les yeux fixés, toujours fixés sur ceux de l’adversaire. Puis, lever les talons au moment de l’action, en supportant le poids du corps sur la pointe [la balle] des pieds. C’est la garde. Dans l’ensemble, c’est la première, noble et loyale position de la reine de la gymnastique nationale, avec laquelle, armée et défendue par une conscience pure et bonne, on peut terrasser les démons.24
La comparaison avec la ginga de Ciríaco da Silva révèle un mouvement de base similaire, mais dont l’exécution diffère notablement. Il semble que Raphael Lothus et Mário Aleixo ont adapté la technique de base de l’ancienne capoeira aux exigences du ring. L’introduction du terme « la garde » est significative, puisqu’elle reflète la direction de l’évolution préconisée pour la ginga, et plus généralement, de la capoeira. Il faut ajouter que Raphael Lothus et Mário Aleixo introduisirent des techniques de jiu-jitsu dans leur méthode en « combinant les principaux mouvements du combat national avec quelques coups du combat japonais, de sorte que l’exercice a acquis un avantage sportif et méritait d’être adopté par les garçons d’aujourd’hui25 ».
Parmi le groupe d’artistes martiaux que voulaient réformer la capoeira dans les premières décennies du XXe siècle à Rio de Janeiro, il convient de considérer aussi Anibal Burlamaqui, notamment parce que, d’une part, il accompagna la création d’une capoeira plus « utilitaire » (selon l’expression de André Luis Lacé Lopes) à partir des années 1920 et que, d’autre part, à cause de l’influence qu’il a eue sur d’autres écoles modernisatrices comme l’académie de Anibal Bimba. Anibal Burlamaqui était, d’après sa propre définition, un « sportsman », mais affichait aussi le titre de Maître Zuma dans la capoeira.
Dans son manuel de Gymnastique Nationale ou capoeiragem, Anibal Burlamaqui dresse un inventaire détaillé de toutes les attaques et défenses de la capoeiragem historique, avec des dessins accompagnés de descriptions, ainsi qu’une nomenclature qui constitue une source précieuse de la capoeiragem historique de Rio de Janeiro, différent à bien des égards de la vadiação de Bahia. Comme l’ont souligné plusieurs auteurs, à Anibal Burlamaqui revient le mérite d’avoir non seulement documenté de manière systématique les mouvements de la capoeira de son temps, mais aussi d’avoir développé le modèle d’une « gymnastique nationale » dans un contexte politique requérant cette identité.
D’un autre côté, il est important de souligner que Anibal Burlamaqui a essayé d’hygiéniser un art noir ou afro-brésilien, en supprimant tout ce qui pourrait rappeler les cultures africaines d’origine qui y ont contribué avec leurs techniques de corps, leurs musiques et rythmes ainsi que leur culture orale et leur spiritualité26. En plus, comme l’ont montré Elton Silva et Eduardo Corrêa, il a copié presque mot-à-mot des larges sections des explications de Mário Aleixo27. Dans cette approche occidentalisante, le corps et son vêtement doivent évidemment changer. En ce qui concerne la ginga, en particulier, l’autonomie des hanches dont nous parle Júlio Tavares est supprimée, la posture reformée. La ginga devient la garde, (« guarda »), qui s’exécute « avec une attitude noble et droite »28.
Anibal Burlamaqui pensait ainsi sauver la capoeira de l’extinction certaine et était persuadé que pour cela il fallait la purifier des éléments culturels africains pour la rendre plus acceptable aux élites obsédées par les modèles de civilisation occidentaux imbibés de théories racistes, qu’il partageait en grande partie.
Maître Bimba : Cours de Capoeira Regionale (1962)
Manuel dos Reis Machado (1900-1974) ou Maître Bimba est certainement le plus fameux des modernisateurs du XXe siècle, car il a eu le plus d’impact avec la création d’un nouveau style, d’abord appelé « lutte régionale de Bahia » qui est devenu par la suite, « capoeira Régionale ».
La capoeira dite « Régionale » introduit des changements importants dans les techniques corporelles, ainsi que dans les méthodes d’enseignement à partir des années 1930, tout en gardant les fondements rythmiques, harmonieux et lyriques de la capoeira. D’où vient l’inspiration pour ces innovations ? C’est un thème très controversé. À l’époque, Maître Bimba proclamait avoir introduit des coups provenant des arts martiaux asiatiques dans sa Régionale, mais par la suite certains de ses élèves ont précisé que la source des innovations serait le batuque (un autre jeu de combat de Bahia que Maître Bimba connaissait). Il est néanmoins établi que certains de ses étudiants, comme José Cisnando Lima et Ângelo Augusto Decânio Filho, ont eu une influence décisive sur beaucoup d’aspects de la Régionale, notamment dans le rituel du baptême ou la salutation fascistoïde « Salve ! »
Mais venons-en à la ginga. Le manuel du cours de 1962 de Maître Bimba précise : « Gingado – Le gingado est la partie la plus importante de la capoeira, le point de départ de tous les apprentissages futurs. C’est la position “fondamentale” du capoeiriste, au sens figuré du terme, la clef de son agilité et de son déplacement. […] »
Ce qui est étonnant ici, c’est que la ginga se réalise à partir d’une position de nouveau plus haute ; mêmes les bras sont levés à la hauteur du visage – une protection plus proche de la boxe. En plus, le croquis qui illustre la brochure du LP montre deux axes verticaux pour la ginga (A-C e B-D). Chaque jambe opère un retrait en ligne droite si le dessin est correctement interprété.
Mestre Sapo (Anselmo Barnabé Rodrigues), mon premier maître de capoeira, (qui ne se disait ni Angola ni Régionale), et d’autres professeurs depuis, m’ont, par contre, appris que la ginga s’exécutait à partir d’un triangle équilatéral qui :
- accentue le changement de poids d’un coté à l’autre ;
- résulte dans une ginga plus « croisée » (d’où d’ailleurs les avertissements de ne pas « trop croiser » la ginga)
En conclusion, il semble donc que la ginga du cours de Maître Bimba représente aussi une version occidentalisée de la ginga originale, en fort contraste avec la ginga d’un Ciríaco da Silva, par exemple. Mais il convient de distinguer la manière d’exécuter la ginga par Maître Bimba, de la description qu’il donne dans son pamphlet du LP, puisque ces élèves, étudiants universitaires, ont eu un rôle important dans la production de ce texte et ses images.
La ginga de Maître Pastinha
Maître Pastinha fait partie d’une génération de maîtres qui refusaient les innovations de la Régionale dès les années 1930. Après avoir accepté le rôle dirigeant du groupe, en 1941, Vicente Pastinha (1889-1981) crée le Centre Sportif de Capoeira Angola (CECA), qui devient, dans les années 1950, la principale et presque unique « académie » de capoeira Angola, et son expression traditionnaliste, aussi connu comme « lignage pastinien ». Un rare film de Vicente Pastinha des années 1960, avant qu’il ne devienne aveugle, montre le maître septuagénaire en démonstration pour une équipe de télévision française.
Le Maître exécute une ginga croisée, semblable aux mouvements documentés par l’iconographie du XIXe siècle analysée plus haut. Mais d’un autre côté sa ginga est très particulière : Maître Pastinha sautille chaque fois sur la jambe pliée de devant. Maître Bola-Sete affirme dans un commentaire sur youtube, que c’est la ginga de Maître Benedito29. Il ne fournit pourtant aucune preuve ou information complémentaire. On peut néanmoins constater que la ginga du maître est ancrée dans la polyrythmie et a recours au floreio. En même temps, comme l’explique Maître Fantasma, le poids sur la jambe du devant qui saute révèle une capacité d’attaque immédiate, plus que lorsque le poids du corps repose sur la jambe arrière, telle que la pratiquent beaucoup de capoeiristas d’aujourd’hui 30.
Cependant, ce qui est aussi clair, c’est que la ginga de Pastinha est très différente de celle de la capoeira Angola actuelle, au point que beaucoup d’élèves ne la reconnaissent pas comme authentique ou s’étonnent quand ils voient ce vidéoclip31 ! D’ailleurs, les gingas contemporaines sont plus stylisées, peu importe l’école. La ginga est justement devenue un des marqueurs ou labels d’un groupe ou d’un style, par exemple, accentuant une posture considérée plus martiale ou, au contraire, un langage que se réclame de la mandinga.
Ceci semble indiquer que la ginga a connu des fortes variations individuelles qui remettent en cause la notion de styles homogènes clairement séparés dans le passé. Ainsi, beaucoup de vieux angoleiros, par exemple Maître Canjiquinha et ses élèves, jouaient aussi une capoeira plus haute sur les appuis pédestres, comme celle de Maître Bimba.
Conclusions
Malgré les nombreux doutes que nous pouvons avoir pour interpréter correctement les images historiques de la ginga, et malgré les problèmes posés par la comparaison de sources aussi disparates en intention comme en format, que ce soit des textes ou de l’iconographie – dessins, aquarelles, lithographies, carricatures, photos, clips vidéo –, on peut néanmoins affirmer que la ginga historique du XIXe et XXe siècles possédait des caractéristiques qui s’ancrent, en général, dans les notions de polycentrisme, de polyrythmie et de fioriture des approches théoriques résumées dans l’introduction, élaborées surtout à partir de l’analyse des expressions de la ginga contemporaine.
Néanmoins, il devient tout aussi clair que la ginga a évolué de façon significative au long des deux siècles d’histoire sur le sol brésilien. Mais dans quelle direction ? Ici il convient de se questionner sur la nature de la ginga puisqu’on observe des grandes différences entre les formes historiques seulement esquissées de façon superficielle. Dans quelle mesure sont-elles significatives de variations de style ou des dissemblances entre individus qui l’exécutent ? Peut-être sont-elles le simple reflet des dons d’observation divergents ou des regards différents des artistes européens ?
En réalité, la ginga semble avoir toujours été une expression assez individuelle de la capoeira historique puis du capoeiriste moderne. Ainsi, l’idée d’une ginga « africaine » sur laquelle on aurait greffé des coups de pied d’art martiaux orientaux est questionnable. Si la ginga est, en grande partie, une expression individuelle, elle reflète peut-être beaucoup plus l’idiosyncrasie du capoeiriste, même si la grammaire structurante obéit toujours, en général, aux principes afrocentrés énoncés plus haut. En même temps, il est indéniable que la ginga subit les interférences des modes contemporaines dans les techniques corporelles comme le breakdance ou le funk, par exemple. En fait, même si les jeunes adultes d’aujourd’hui essayent d’imiter la ginga historique des Africains réduits en esclavage, il est clair que leur façon de bouger reflètera aussi et toujours leur provenance sociale, culturelle, ou de genre.
Films
Bibliographie
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Revista da Semana, 7 mai, 1921, Raul Pederneiras, « A Defesa Nacional ».
Revista da Semana, 7 mai, 1921, Pederneiras Raul, « A Defesa Nacional ».
Revista da Semana, XXII, 19, 7 mai, 1921, Pederneiras Raul, « A Defesa Nacional ».
Revista Kosmos, « A Capoeira », 3 mars, 1906.
Riqueldi Straub Lise, Moraes e Silva Marcelo, Loudcher Jean-François, Mendes Capraro André, « From maltas to regulated practice: capoeira in the newspapers of the city of Rio de Janeiro (1901-1919) », Sport in History, 43, n° 4, 2024, p. 387-409, [URL] https://doi.org/10.1080/17460263.2023.2171102
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Sarah Thomas, « Augustus Earle’s Negroes fighting, Brazils », Publié le 17 Juin 2024.
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Silva Elton, Corrêa, Eduardo, Muito antes do MMA. O legado dos precursores do Vale-Tudo no Brasil e no mundo, 1845-1934, Édition Kindle, SL, 2020.
Soares Carlos Eugênio Líbano, A capoeira escrava e outras tradições rebeldes no Rio de Janeiro, 1808-1850. Campinas: Editora da Unicamp, 2001.
Tavares Júlio César, Dança de guerra: Arquivo e arma. Elementos para uma teoria da capoeiragem e da comunicação corporal afro-brasileira, Belo Horizonte: Nandyala, 2013 (à l’origine une maîtrise, UNB, 1985).
Notes
- Pour les master narratives dans la capoeira, voir Assunção Matthias R., Capoeira. The History of an African Martial Art, London, Routledge, 2005, chapitre 1.
- Silva Elton, Corrêa Eduardo, Muito antes do MMA. O legado dos precursores do Vale-Tudo no Brasil e no mundo, 1845-1934, Édition Kindle, SL, 2020.
- Tavares Júlio César, Dança de guerra: Arquivo e arma. Elementos para uma teoria da capoeiragem e da comunicação corporal afro-brasileira, Belo Horizonte, Nandyala, 2013 (à l’origine une maîtrise, UNB, 1985), p. 106.
- Tavares Júlio, Dança de guerra, p. 106.
- Rosa Christina F., Brazilian Bodies and Their Choreographies of Identification, Swing Nation, New York, Palgrave MacMillan, 2015, p. 39.
- Pasqua Lívia, Capoeira e Diaspora, PhD UNICAMP, Campinas, 2020, p. 87.
- Cf. Assunção Matthias Röhrig, Capoeira. The History of an African Martial Art, London, Routledge, 2005.
- Sarah Thomas, « Augustus Earle’s Negroes fighting, Brazils », [URL] https://capoeirahistory.com/general/augustus-earles-negroes-fighting-brazils/
- Soares Carlos Eugênio Líbano, A capoeira escrava e outras tradições rebeldes no Rio de Janeiro, 1808-1850. Campinas: Editora da Unicamp, 2001.
- Soares Carlos Eugênio Líbano, A capoeira escrava e outras tradições rebeldes no Rio de Janeiro, 1808-1850, Campinas, Editora da Unicamp, 2001. Pour l’ethnicité des prisonniers capoeiras, voir p. 601.
- Pederneiras Raul, « A Defesa Nacional », Revista da Semana, 7 mai, 1921.
- « Com pouco vi um cabra peneirando na minha frente, dansei de velho, o typo era bom! sambou e entrou no caterêté commigo […] ». LC, « A Capoeira », Revista Kosmos, 3 mars, 1906.
- Jair Moura a identifié l’écrivain Lima Campos comme l’auteur de l’article, interprétation qui n’a pas convaincu tous les chercheurs. Lussac Ricardo Martins Porto, « A capoeiragem pela genialidade de Calixto: contribuições de um caricaturista fluminense para o jogo-luta da capoeira », Revista Brasileira de História da Educação, 23, n° 3, 2023, p. 13, [URL] http://doi.org/10.4025/rbhe.v23.2023.e262
- Juan Carlos, « Almanach das Glórias », Careta, 8 octobre, 1910.
- Pederneiras Raul, « O Nosso Jogo », Revista da Semana, 27 février, 1926, p. 34.
- Pour plus de détails, voir Araujo Paulo Coêlho, Jaqueira Ana Rosa, « A história social da Capoeira através das imagens. As ‘silhuetas’ de Raul Pederneiras », Revista de Artes Marciales Asiáticas, 12, n° 2, juillet-décembre, 2017, p. 66-81, [URL] 10.18002/rama.v12i2.4417
- Pederneiras Raul, Scenas da vida carioca – Album 1. Rio de Janeiro : Jornal do Brasil, 1924, p. 33.
- Pederneiras Raul, « A Defesa Nacional », Revista da Semana, XXII, 19, 7 mai, 1921.
- Rego Waldeloir Capoeira Angola. Ensaio sócio-etnográfico, Salvador Itapuã, 1968, p. 263. Moura Jair, “Evolução, apogeu e declínio da capoeiragem no Rio de Janeiro », Cadernos Rioarte, 1, n° 3, 1985, p. 9). Moura Jair, A projeção do negro Ciríaco no âmbito da capoeiragem, Revista Capoeira II, 11, p. 46-49. Cairus José, The Gracie Clan and the Making of Brazilian Jiu-Jitsu: National Identity, Culture and Performance, 1905 – 2003, thèse de doctorat, York University, 2012, p. 25-29.
- L’édition de 1907 a disparu de la Bibliothèque Nationale de Rio. Anibal Burlamaqui avait copié le texte à main et peut-être aussi les dessins. Ses notes ont été publiées par l’Association de Capoeira Barravento vers 2007, comme l’ont déjà signalé Höfling Ana Paula (Staging Brazil. Choreographies of Capoeira, Middletown, CT, Wesleyand University Press, 2019, p. 13) et Olivier Malo (La capoeira et les arts de combat noirs : Histoire effacée, techniques invisibles, 1905-1984, Thèse de doctorat, Université des Antilles, 2020, p. 64). C’est cette édition peu fiable que tous les autres chercheurs utilisent, sans mentionner qu’ils n’ont pas eu accès à l’édition originale de 1907, toujours citée. L’édition des années 2000 incorpore aussi, sans aucune explication, des dessins d’un livre ultérieur, suggérant ainsi qu’il s’agit des dessins de O.D.C.
- Downey Greg, « Domesticating an Urban Menace: Reforming Capoeira as a Brazilian National Sport », The International Journal of the History of Sport, 19, n°4, 2002, p. 1-32, [URL] https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/714001792 ; Assunção Matthias Röhrig, « Da “destreza do mestiço” à “ginástica nacional”. Narrativas nacionalistas sobre a capoeira », Antropolítica. Revista Contemporânea de Antropologia e Ciência Política. Universidade Federal Fluminense, Niterói, n° 24, 2008, p. 19-40. Riqueldi Straub Lise, Moraes e Silva Marcelo, Loudcher Jean-François, Mendes Capraro André, « From maltas to regulated practice: capoeira in the newspapers of the city of Rio de Janeiro (1901-1919) », Sport in History, 43, n° 4, 2024, p. 387-409, [URL] https://doi.org/10.1080/17460263.2023.2171102
- Pour plus de détails biographiques, voir Silva Elton et Corrêa Eduardo, MMA I, op. cit.
- Silva Elton, Corrêa Eduardo, MMA I, ibid., p. 207.
- « O que é capoeiragem? », A Noite, 31 janvier, 1916. Traduction du portugais en français par l’auteur.
- Raul Pederneiras, « A Defesa Nacional », Revista da Semana, 7.5.1921.
- Sur ce point, je suis en désaccord avec Ana Paula Höfling (Staging Brazil, p. 24-35) et Olivier Malo (La capoeira et les arts de combat noirs, p. 90-107) qui semblent n’attacher que peu d’importance au fait que son projet d’hygiénisation tente d’éliminer tous les aspects culturels afro-brésiliens de la capoeira.
- Silva Elton, Corrêa Eduardo, Muitos antes do MMA, I, op. cit., p. 211-212.
- Burlamaqui Anibal, Ginástica Nacional (Capoeiragem), Metodizada e regrada, Rio de Janeiro, sans éditeur, 1928.
- https://www.youtube.com/shorts/I7yt9Z9AkJg « A GINGA do MAÎTRE PASTINHA por Maître Bola Sete », Museu da capoeira.
- Conversation lors du « Urban Ritual » du 23 juin 2024 à Londres.
- Voir « Vídeo inédito do Maître Pastinha jogando com seus alunos na década de 50 na Bahia », Minutes 0:47 – 1:22https://www.youtube.com/watch?v=WmlivXc2eAQ (Accès 1 Juin 2024). Aussi : https://www.youtube.com/watch?v=5Ccxix-Fokc (Accès 3 Juin 2024).















