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À l’origine de cet ouvrage, un congrès, celui que la Société Française d’Histoire Urbaine organise chaque année, habituellement dans la seconde quinzaine du mois de janvier sur un thème défini en liaison avec les recherches de l’université ou du laboratoire qui l’accueille. La SFHU n’est pas une société d’histoire des villes, mais d’histoire urbaine c’est-à-dire d’une histoire qui prend la ville comme “objet” et “sujet”. Elle a pour vocation de rassembler tous ceux qui abordent le fait urbain dans son historicité. Elle se définit par conséquent moins par un ancrage disciplinaire que par des pratiques scientifiques communes. Elle a pour objectif de favoriser les échanges et les débats entre chercheurs et de promouvoir la connaissance et la diffusion de l’histoire urbaine.

Ses congrès traitent de thèmes fort divers car il lui semble important d’apporter la diversité des regards historiques sur les nombreux problèmes générés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale par l’urbanisation galopante qui se traduit par une croissance souvent non maîtrisée des villes, depuis les modestes bourgades jusqu’aux mégapoles et qui bouleverse profondément notre civilisation jusqu’alors majoritairement rurale : problèmes d’organisation et d’aménagement de l’espace, d’administration et de gestion municipales, de logement avec les grands ensembles, de mobilité sociale, d’environnement, de pollutions, de rénovations, réhabilitations, réaménagements… Elle s’est intéressée aussi aux hommes qui ont fait la ville, architectes, urbanistes et commanditaires, aux archives de villes, au patrimoine urbain, aux villes nouvelles, aux quartiers.

La Société avait organisé un congrès à Aix-en-Provence, en 2006 sur “La cartographie en histoire urbaine”, un autre à Marne-la-Vallée, en 2009 sur “Villes en cartes”. Elle souhaitait revenir sur ces questions et les approfondir en s’intéressant aux atlas des villes, à vocation essentiellement historique, topographique ou urbanistique, qui se sont multipliés depuis la seconde moitié du XXe siècle dans de nombreux pays et dont la cartographie a été profondément renouvelée grâce à l’outil informatique et notamment à l’utilisation des systèmes d’information géographique.

La société s’est tournée tout naturellement vers les collègues et amis bordelais du laboratoire Ausonius, Institut de recherche sur l’Antiquité et le Moyen Âge, Unité Mixte de Recherche 5607, pour préciser la thématique et organiser cette rencontre scientifique. Bordeaux est en effet devenue une référence internationale dans le champ de la cartographie historique depuis que Charles Higounet, formé à la géohistoire, créa il y a plus d’un demi-siècle le premier laboratoire de cartographie historique, puis avec Philippe Wolff en 1973, et sous l’impulsion de la Commission Internationale pour l’Histoire des Villes, la collection de l’Atlas historiques des villes de France qui n’a cessé depuis de se développer et de réaliser de nouveaux volumes.

Sandrine Lavaud et Burghart Schmidt avaient récemment réuni dans un ouvrage remarquable Représenter la ville, une importante série de textes, d’une part sur la construction des images urbaines à travers les portraits et représentations des villes-ports et, d’autre part, sur la cartographie de la fabrique de la ville à travers les productions actuelles en cartographie historique. Dans le prolongement de cette enquête, il a été proposé de centrer le sujet du congrès sur “Mettre la ville en atlas : ambitions, productions et pratiques de l’Antiquité à nos jours”, c’est-à-dire sur la pratique de la mise de la ville en atlas dans la longue durée, des humanistes aux humanités digitales.

Les orientations de la SFHU et d’Ausonius coïncidant, le congrès s’est voulu interdisciplinaire et a fait intervenir et dialoguer sur ce thème des historiens, des archéologues, des historiens de l’art, des urbanistes, des architectes, des géographes, car la ville est un tout qu’il faut aborder dans sa globalité pour comprendre son fonctionnement et son évolution. Le décloisonnement des périodes académiques a permis la circulation des analyses urbaines sur le temps long. Le caractère international a nourri des échanges fructueux entre chercheurs français, espagnols, japonais, débutants ou chevronnés travaillant sur des atlas.

Le congrès s’est tenu à Bordeaux les 16 et 17 janvier 2020 juste avant que la pandémie nous oblige à reporter ce type de rencontre scientifique ou à l’organiser par visio-conférence. Il a réuni, à la Maison de l’Archéologie, puis à la Cité municipale de Bordeaux, 18 communications qui nous ont permis d’envisager à la fois la fabrique et l’étude des atlas urbains, de l’Antiquité au monde très contemporain, dans plusieurs villes françaises et européennes ainsi que dans celles du monde musulman. Les visites du chantier de la place Gambetta et de la crypte et du cimetière de Saint-Seurin ont été l’occasion de mieux comprendre les choix et les enjeux d’une rénovation urbaine actuelle et de découvrir les dernières avancées de la recherche historique et archéologique autour de la cathédrale.

Cet ouvrage contient donc les actes de cette rencontre, mais une partie seulement. Qu’Ézéchiel Jean-Courret, Sandrine Lavaud et Sylvain Schoonbaert soient vivement remerciés pour la qualité de l’élaboration scientifique et de l’organisation pratique de cette rencontre financée par l’UMR Ausonius, l’Université Bordeaux-Montaigne, le CNRS, Bordeaux Métropole, la Ville de Bordeaux, la Région Nouvelle-Aquitaine, et pour la parution rapide de ce bel ouvrage.

ISBN html : 978-2-35613-410-3
PRIMALUNA_13
Posté le 25/01/2021
EAN html : 9782356134103
ISBN html : 978-2-35613-410-3
Publié le 25/01/2021
ISBN livre papier : 978-2-35613-412-7
ISBN pdf : 978-2-35613-411-0
ISSN : 2741-1818
2 p.
Code CLIL : 3909 ; 3076
DOI : 10.46608/primaluna13.9782356134103.1
licence CC by SA

Comment citer

Menjot, Denis, “Avant-propos”, in : Jean-Courret, Ezéchiel, Lavaud, Sandrine, Schoonbaert, Sylvain, dir., Mettre la ville en atlas, des productions humanistes aux humanités digitales, Pessac, Ausonius éditions, collection PrimaLun@ 13, 2021, 9-10, [en ligne] https://una-editions.fr/avant-propos-mettre-la-ville-en-atlas/ [consulté le 25 janvier 2022].

Au téléchargement

Contenu(s) additionnel(s) :

Illustration de couverture • Joan Blaeu, Atlas maior, Amsterdam, 1665, vignette extraite du frontispice du Ier livre du vol. X consacré à l'Asie et à la Chine (Bibliothèque national d'Autriche, ÖNB/Kar 389-038-F.K). DOI
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