Absent des travaux pionniers de Henry Jenkins et longtemps mis de côté au sein des fan studies, les films réalisés par les fans sont devenus l’une des créations de fans les plus populaires sur internet depuis les années 1990. Dans Homemade Hollywood: Fans Behind the Camera, Clive Young définit un fan film comme étant un « film amateur ou semi-professionnel, basé sur des personnages ou des situations issus de la culture populaire, créé pour un visionnage non commercial ». À travers l’étude d’un corpus de 206 films réalisés par des fans de Star Wars, ce chapitre vise à discuter des approches méthodologiques permettant d’analyser pleinement ce type de création fanique. Nous démontrons d’abord que les fan films peuvent être considérés comme une forme d’art et devraient de fait être analysés sous trois angles principaux : l’esthétique, la représentation et la technologie. Deuxièmement, nous affirmons que les études autour des fan films peuvent se concentrer sur les créateur·rices, en explorant les relations entretenues avec leurs franchises favorites à travers ce que nous nommons des « fanographies ». Enfin, nous soulignons que l’étude des contextes de production reste essentielle pour comprendre la pratique du fan film dans sa globalité. Ce chapitre traite de la façon dont a été négligé le fan filmmaking par la communauté universitaire et soutient que cette pratique ne constitue pas une simple fan fiction filmée, mais bien une création qui mérite d’être reconnue et étudiée pour sa singularité.
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Absent from Henry Jenkins’s pioneering work and long overlooked within fan studies, fan-made movies became one of the most popular fan creations on the internet since the 1990s. In Homemade Hollywood: Fans Behind the Camera, Clive Young defines a fan film as “an unauthorized amateur or semi-pro film, based on pop culture characters or situations, created for noncommercial viewing”. Through an analysis of a corpus of 206 Star Wars fan films, this chapter aims to discuss methodological approaches to fully analyze this type of fan creation. We begin by demonstrating that fan films can be considered an art form and should therefore be analyzed from a threefold perspective, taking into account aesthetics, representation and technology. Secondly, we argue that fan film studies can focus on the creators themselves, exploring their relationships with their favorite franchises in what we name “fanographies”. Finally, we emphasize that studying production contexts remains essential to thoroughly understand fan filmmaking. This chapter addresses how fan filmmaking has been neglected in the academic world, and argues that this practice is not a mere filmed fan fiction, but a creation worth recognition and study of singularity.
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Introduction. Le fan film et la recherche
La question des méthodologies en fan studies est un des enjeux majeurs récents de la discipline. Constituant pourtant un domaine « multi-inter-para-disciplinaire1 », les fan studies sont restées longtemps floues quant aux méthodologies utilisées2. L’étude des fans et de leurs comportements nécessite toutefois de parler davantage des méthodologies utilisées au sein même des recherches. Il n’existe pas une seule et unique méthodologie de mise pour étudier les fans, et de nombreux·ses chercheur·es provenant de nombreuses disciplines (sociologie, anthropologie, esthétique, droit, sciences de l’information et de la communication…) les analysent avec diverses méthodes. Or, des questionnements méthodologiques au sein des fan studies émergent maintenant depuis plusieurs années, comme en témoigne le numéro de Transformative Works and Culture de 2020 dirigé par Largent, Popova et Vist. Le numéro est très complet et témoigne des nombreuses problématiques liées aux enjeux méthodologiques des fan studies. Cependant, il ne préconise pas comment étudier certaines activités de fans. Le fan film3 n’est par exemple jamais mentionné au sein des articles qui le composent, alors que cette même activité de fans est de plus en plus populaire et que l’on voit fleurir de plus en plus d’articles de presse sur la pratique. L’étude du fan film et de la pratique du fan filmmaking4 est donc au cœur de ce chapitre.
Le fan film, également parfois appelé fan movie ou fanfilm, est défini par le journaliste américain Clive Young comme étant « un film non autorisé amateur ou semi-professionnel, basé sur des personnages et des situations issus de la pop-culture, créé pour un visionnage non commercial5 ». Absent des travaux pionniers d’Henry Jenkins6 et souvent oublié au sein des fan studies, le fan film est pourtant devenu dès la fin des années 1990 l’une des activités faniques les plus populaires sur internet. Avec la démocratisation du web ainsi que des nouveaux outils de communication (plateformes de streaming vidéo, forums, réseaux socio-numériques…) et de création filmique (caméscopes et logiciels de montage numériques, tutoriels vidéos, smartphones…), le fan film s’est métamorphosé. En effet, le fan film est une activité de fans soumise, dès sa conception, aux contextes de production et de diffusion. De fait, tout comme le cinéma, la pratique du fan film a évolué avec les avancées technologiques. À titre d’exemple, un fan film de 1920 tel que décrit par Young dans Homemade Hollywood n’a rien à voir avec un fan film produit en 2020. Les pellicules ont peu à peu laissé place aux appareils numériques puis aux smartphones, tout comme les salles de cinéma et les salons se sont vues remplacées par YouTube et d’autres plateformes de streaming vidéo privilégiées par les fans cinéastes. Aujourd’hui, le fan film évolue dans un contexte numérique connecté, où créer un film et le diffuser est à la portée de tou·te·s. Réciproquement, le fan film a contribué à transformer la culture internet, puisque la pratique est intimement liée à de nombreuses transformations technologiques7.
Étudier les fan films au sein d’un contexte où la vidéo est devenu l’un des principaux canaux d’expression numérique semble primordial. Par conséquent, si les fan fictions ne peuvent pas être considérées comme des œuvres restreintes à leur texte uniquement8, les fan films sont, eux aussi, à étudier dans leur globalité, de l’écriture du scénario aux commentaires laissés par les spectateur·rices en passant par les relations qu’entretiennent les créateur·rices avec leurs œuvres préférées et le choix des plateformes de diffusion. Or, comment et pourquoi étudier les fan films en contexte numérique ? Nous tenterons de nous interroger sur les différentes méthodologies utiles à l’étude du médium fan film. Il ne s’agira pas ici de passer en revue l’ensemble des méthodes et des disciplines mobilisées au sein des fan studies, mais bien de suggérer certains angles méthodologiques utiles à l’étude des films de fans et de se questionner sur lesdites méthodes. Pour ce faire : nous mobiliserons un corpus composé de 206 fan films de la franchise de space-fantasy Star Wars.
Dans un premier temps, nous verrons que l’analyse des objets filmiques de fans peut prendre diverses formes. Nous observerons pourquoi une analyse esthétique, culturelle et technique est impérative pour les appréhender au mieux. En effet, l’étude des motifs esthétiques (plans, couleurs, scénarios, montages…) et représentationnels (présences de personnages féminins, racisés, LGBTI+…) permet de saisir davantage ce qui se joue dans la création contemporaine des fan films. Nous expliquerons dans un second temps en quoi les fan filmmakers eux·elles-mêmes et leurs rapports à leurs œuvres préférées et à leurs créations doivent être discutés. Enfin, dans un troisième et dernier temps, nous démontrerons que la considération du contexte dans lequel les fan films ont évolué est essentielle. Elle permet notamment de saisir les évolutions politiques, économiques et juridiques du médium en lien avec une société s’ancrant de plus en plus dans le numérique et dans laquelle les médias vidéo sont devenus omniprésents.
Des objets filmiques
En plus d’être des créations de fans, les fan films, ou « web-movies9 » comme nommés initialement par Henry Jenkins10, sont des œuvres qui possèdent une esthétique, un scénario, un montage, des dynamiques représentationnelles et même des effets visuels particuliers, multipliant manifestement les méthodes à employer pour les étudier.
Études esthétiques et culturelles
Les fan films sont des objets filmiques qui possèdent une esthétique et des représentations diverses. Les fan fictions et leur contenu sont par exemple souvent étudiés au sein des fan studies11. De fait, les fan films peuvent et doivent être analysés sous un prisme esthétique. Les motifs de réalisations, comme les plans de caméra, les montages ou les couleurs, peuvent par exemple renseigner sur les préférences esthétiques des fans et mettre en lumière les tendances et les courants qui traversent le cinéma. L’esthétique des fan films a notamment été étudiée par Laurent Jullier12, mais les analyses restent brèves. Les choix scénaristiques, tels que les personnages présents ou les lieux de l’action, sont également à prendre en compte dans l’étude des fan films. Leur analyse permet de mieux saisir l’importance de certains éléments issus de la culture populaire et leur influence sur les fans. Les fan films nécessitent également d’être examinés sous un prisme culturel. Par conséquent, le monde académique gagnerait à s’interroger sur les représentations en jeu dans les fan films ou sur l’intertextualité présente dans certains métrages. Les représentations présentes dans les fan films constituent un bon indicateur des transformations sociétales et sociales, puisqu’elles ne sont pas filtrées par les studios de cinéma du circuit classique. Ainsi, il est par exemple possible d’observer comment les personnages féminins sont dépeints dans une pratique artistique en marge de l’industrie cinématographique. L’étude de toutes ces données permet de comprendre comment, dans quel but et par quels moyens les fans créent, et comment reprennent-ils les éléments de leur(s) univers préféré(s). À titre d’exemples, dans le corpus des métrages de Star Wars que nous mobilisons ici, l’étude de la présence des bandeaux déroulants au début des fan films relève de l’analyse des motifs de réalisation, l’étude de la présence des personnages de la trilogie originale de Star Wars relève de l’analyse des éléments scénaristiques, et l’étude de la représentation des femmes ou les références à d’autres univers de fiction relève de l’analyse de la composante culturelle. De fait, il apparaît comme nécessaire d’analyser les films selon les différents points esthétiques, scénaristiques et culturels afin de saisir de la façon la plus complète les messages présents dans ces créations.
Les manières d’étudier les aspects des fan films cités ci-dessus sont multiples, et il n’existe pas de méthodologie stricte à suivre. Ainsi, une méthodologie d’analyse filmique propre aux études cinématographiques peut s’envisager pour observer les métrages de fans, de la même façon qu’une analyse culturelle de films peut être utilisée. Le corpus que nous mobilisons, par exemple, a été analysé à l’aide d’un tableur dans lequel nous y avons inscrit plus d’une cinquantaine d’items esthétiques et représentationnels. En revanche, ce type d’étude quantitative, s’inscrivant dans les sciences de l’information et de la communication, ne doit pas primer sur d’autres méthodologies d’analyse qualitatives de films. L’élaboration de grilles de lectures spécifiques aux métrages étudiés est une des nombreuses possibles méthodologies pour analyser des fan films. Au final, des méthodes impliquant le rapprochement de plusieurs disciplines (sciences de l’information et de la communication, sémiotique, analyse filmique…) peuvent amener à une compréhension plus exhaustive de ces objets filmiques, et dans la continuité des travaux en fan studies sur la méthodologie : nous préconisons des approches pluri-inter-disciplinaires.
Il y a beaucoup à apprendre sur les fans et la société en étudiant les réalisations filmiques des fans. Leur analyse permet par ailleurs de voir à quel point les univers de l’imaginaire, mais aussi la pop-culture de manière générale, motivent, guident et influencent tant la création que l’imagination. Tous ces éléments esthétiques et représentationnels dont nous prônons l’analyse permettent donc de saisir davantage ce que retiennent les fans de leurs œuvres favorites, et simultanément la relation qu’ils entreprennent avec ces dernières.
Des techniques en évolution
Les fan films existaient bien avant notre société contemporaine numérique. En effet, les fans, dès les années 1920, ont commencé à réaliser des métrages, plus ou moins ambitieux, en s’inspirant de leurs œuvres préférées13. Avec l’arrivée des caméras transportables et des formats en 8mm et 16mm, les fan films ont pris un autre tournant et ont commencé à se multiplier14. Enfin, le numérique a bouleversé à jamais le médium, puisqu’il a permis aux fans de créer et monter leurs productions avec une facilité inédite et un coût relativement moindre15. Les caméras numériques ont été accompagnées d’internet et d’autres outils qui ont été essentiels dans la transformation du fan filmmaking, comme les logiciels de montages et de créations d’effets spéciaux, mais aussi les banques d’effets sonores et visuels pré-faits16. Ces outils sont de même à prendre en compte au sein des recherches à propos des fan films, puisqu’ils permettent de constater des évolutions technologiques et sociétales et de saisir les usages de la technologie de la part des fans. Avec le développement des nouvelles technologies liées à la création vidéo et surtout à la distribution vidéo17, les fans sont devenus à leur tour ce que nomme Patrice Flichy des « pro-amateurs18 ». Les pro-amateurs sont des individus qui entreprennent et développent des activités amateurs « selon des standards professionnels19 ». Les nouvelles technologies vidéos, arrivées progressivement ces trente dernières années, ont donc facilité la création de fan films et amélioré la qualité des effets spéciaux vidéos et sonores qui sont contenus dans ces derniers20. De fait, il existe aujourd’hui sur internet un grand nombre de ressources pour aider à la création de fan films, comme des banques d’effets et de sons, qui permettent aux fans de « répliquer les lumières des sabres laser ou de reproduire les pépiements et carillons de R2D221 ». Pour cause, à partir de la publication en ligne du fan film Troops en 199822, les fans de Star Wars ont été parmi les premiers à pleinement adopter les nouvelles technologies vidéo et à produire des fan films toujours de plus en plus ambitieux en produisant et partageant alors des effets se rapprochant de ceux de Lucasfilm23. De fait, les aspects techniques et visuels des fan films doivent être analysés, puisqu’ils constituent une part importante de la pratique et de la création de fans. Certains fan films sont par exemple très courts et ne montrent quasiment que des effets visuels, sans forcément une narration poussée. Ces films permettent aux fans de s’entraîner et de développer des capacités artistiques et techniques et aident à la professionnalisation des fans24. C’est-à-dire que les fans, en produisant des fan films, agissent souvent de la même manière que des professionnels25.
Les aspects techniques des fan films peuvent être étudiés de différentes manières. Tout d’abord, des questionnaires et des entretiens passés auprès des créateur·rices des fan films permettraient de répertorier les matériels utilisés dans la confection des films. De plus, il n’est pas rare de voir dans les descriptions de fan films postés sur la plateforme YouTube des détails quant aux dispositifs de création. Ainsi, des créateur·rices détaillent parfois d’où proviennent certains effets et modèles 3D qu’ils ont utilisés, d’où proviennent les musiques ou encore quels extraits vidéos ont été mobilisés. Là non plus, il n’existe pas de méthodologie stricte pour analyser les aspects techniques et technologiques des fan films. Dans notre corpus, nous avons par exemple répertorié les formats vidéos des métrages (8 mm, 16 mm, numérique, Flash…) quand ceux-ci sont explicitement indiqués. En conclusion, les aspects techniques présents derrière la création de fan films ne doivent pas être négligés, ils constituent un sujet important qu’il serait judicieux d’interroger davantage au sein des fan studies. En effet, ils permettent d’accéder à une meilleure compréhension de la pratique, et de fait, leur étude permet de mieux saisir quelles ont été les évolutions technologiques majeures relatives à la vidéo et à la publication de contenus.
Des créateur·rices
Les fans qui s’engagent dans la création de fan films présentent des profils parfois très différents. Là aussi, les méthodologies pour étudier au mieux ces fans et leurs communautés sont nombreuses.
Des groupes de « fan filmmakers » ?
Le fait de s’immiscer dans les communautés de fans pour les étudier de l’intérieur est chose commune dans la recherche en fan studies. Henry Jenkins faisait par exemple partie de certains fandoms dont il parle dans Textual Poachers, et il pratiquait même certaines activités qu’il a analysé au sein de son ouvrage. De fait, les chercheur·es en fan studies pratiquent bien souvent une forme d’ethnographie et d’ethnographie digitale26 voire d’autoethnographie. Pour l’étude des communautés en ligne, Robert Kozinets parle de « netnography27 », tandis que Mélanie Bourdaa propose le terme d’« ethno-fan » pour parler des chercheur·es qui, au sein d’une communauté, étudient les comportements de ses membres de l’intérieur28. Evans et Stasi préconisent une méthodologie de digital autoethnography, c’est-à-dire qu’il est nécessaire, selon elles, de s’inclure explicitement en tant que chercheur·es au sein des recherches. Pour l’étude des fan films, cette méthodologie semble s’appliquer un peu différemment. S’il existe dans les années 1990 et 2000 une véritable communauté autour des fan films de Star Wars qui s’organise sur les forums du fan site TFN (TheForce.net), ces derniers sont aujourd’hui désertés. Les raisons de cette désertion et les mouvances qui existent au sein des communautés en ligne de créateur·rices et d’adorateur·rices de fan films restent à être étudiées. À l’heure actuelle, par exemple, il n’existe pas de communauté similaire à celle présente sur TFN au début des années 2000. Il paraît donc difficile d’intégrer une communauté de fan filmmakers. Toutefois, d’autres éléments communautaires peuvent être étudiés. Tout d’abord, en mobilisant une méthodologie d’analyse des commentaires, les commentaires sous les vidéos, qui sont des éléments qui n’existaient pas à l’époque de l’apogée des forums TFN, mériteraient d’être étudiés. La composition des équipes créatrices des fan films constituent également des éléments qu’il est nécessaire d’examiner. En effet, l’observation des génériques des films et des informations présentes dans les descriptions des vidéos permettrait une meilleure compréhension des fan films et de leurs créations. Ainsi, pour notre corpus, nous avons répertorié le nombre de personnes présentes dans les génériques des films, les différents rôles crédités et les identités (réelles ou pseudonymes) des instigateur·rices des projets. La communication faite par les équipes des films constitue également une composante importante qu’il est nécessaire d’étudier davantage au sein des fan studies. Ainsi, une compréhension plus complète de la pratique passe par l’étude des publications en rapport avec les fan films sur les réseaux socio-numériques, mais aussi par l’analyse des commentaires sous ces publications.
La création du fan film en elle-même nécessiterait d’être davantage étudiée. En effet, s’il parait difficile pour un·e chercheur·e d’analyser une fan fiction en train de se faire, il n’en est pas la même chose des fan films. Ces derniers peuvent tout à fait accueillir un·e chercheur·e sur les temps d’écriture du scénario, du tournage et de la post-production. Les chercheur·es en question rendraient alors compte de la création des films en prenant, pourquoi pas, part à ces derniers. Jusqu’alors, personne n’a produit de travail d’ethnographie de tournage de fan film. La création des fan films n’a été étudiée qu’en différé, alors qu’il serait tout à fait possible de la documenter scientifiquement en direct. Cette non-existence de recherche ethnographique autour d’un tournage de fan film témoigne une nouvelle fois de la non-popularité de la pratique au sein des fan studies.
Des études sociologiques des fan filmmakers sont également possibles. Qui sont les créateur·rices de fan films ? Dans quelles classes sociales évoluent-ils ou évoluent-elles ? Sont-ils davantage des femmes ou des hommes ? Il est primordial pour les chercheur·es en fan studies de prendre en compte de nombreux facteurs sociaux et socio-économiques, comme les couleurs de peaux différentes au sein des groupes de fans par exemple29. Étudier comment sont composées les équipes de fans qui réalisent les fan films permettrait de mieux saisir ce qui se joue dans la production vidéo amateure, mais également de comprendre les dynamiques sociales en œuvre dans les milieux faniques. Cikovic se questionne en 2023 sur les démographies des équipes de fan films, en constatant que dans son échantillon de dix créateur·rices interrogé·es ayant réalisé des fan films de Star Trek, Star Wars, Supernatural, Transformers, Batman et The Secret of Monkey Island, neuf sont des hommes30. Comme le nuance Cikovic, les démographies des équipes de fan filmmakers sont dépendantes des fandoms dont les fan films en question sont tirés31, mais il y a un fort manque de données dans la littérature scientifique à propos des créateur·rices de fan films. Comprendre qui sont-ils·elles et dresser leurs portraits socio-économiques permettrait en outre de saisir quelles populations sont les plus susceptibles de participer à cette activité et renseignerait plus généralement sur la pratique du cinéma amateur et la place de la création de contenus vidéo dans la société.
Les rapports aux œuvres
Les relations qu’entretiennent les fan filmmakers avec les franchises dont ils·elles s’inspirent sont diverses32, et elles témoignent des enjeux de la création filmique. De fait, nous proposons pour les études de fan films ce que nous appelons une « fanographie » des créateur·rices, qu’il est possible d’établir suite à des entretiens ou des passations de questionnaires avec une série de questions qualitatives et quantitatives. La « fanographie » permettrait de saisir quels sont les œuvres et leurs éléments préférés des fan filmmakers. En retour, cela permettrait de comprendre en quoi et par quoi ils·elles ont pu être influencé·es dans la création de leurs films. À titre d’exemple, il peut être intéressant de savoir si un·e fan filmmaker de Star Wars a préféré la première trilogie à la dernière, ou s’il ou elle est familier·e avec les univers étendus de la franchise. Nous avons ainsi, à travers des échelles allant de 1 à 5, demandé aux créateur·rices des fan films de notre corpus de noter leurs appréciations des différentes trilogies Star Wars. Nous leur avons également demandé quels étaient leurs personnages préférés, comment ont-ils découvert la franchise ou encore comment se sentent-ils ou se sentent-elles fans. Ce questionnaire est composé de diverses questions ouvertes et fermées, permettant d’obtenir des résultats tant qualitatifs que quantitatifs. Cette « fanographie » découlant des réponses au questionnaire permet de comprendre si, comment et en quoi ces cinéastes sont fans. L’élaboration de « fanographies » peut également amener à s’interroger sur les spécificités de la pratique du fan film. À titre d’exemple, une étude comparative composées des « fanographies » de fans créateur·rices de fan films et de fans du même fandom non-créateur·rices permettrait de mettre en lumière ces particularités. En définitive, les fan filmmakers sont-ils des fans fondamentalement différent·es ? Appréhendent-ils·elles leurs œuvres favorites de la même façon que le reste du fandom ?
Par ailleurs, il est possible de croiser les « fanographies » avec les motifs observés au sein des fan films en question. En outre, elles peuvent renseigner sur les œuvres préférées des fan filmmakers. En effet, parfois, ce ne sont pas les œuvres dont le fan film est tiré qui constituent les sources d’inspiration majeures des créateur·rices. En ce sens, notre entretien et la « fanographie » qui en a été tirée avec le réalisateur d’un fan film français en septembre 2020, nous a permis de nous rendre compte que le cinéaste a été davantage inspiré, esthétiquement parlant, par d’autres œuvres que Star Wars, comme The Matrix ou des films d’arts martiaux par exemple33. La « fanographie » est un outil supplémentaire qui aide dans la compréhension de la pratique du fan film, et elle peut être comparée et mise en parallèle avec les fan films des créateur·rices interrogé·es. En guise d’exemple, nous avons comparé les films préférés de nos fan filmmakers aux personnages présents dans leurs métrages. Suite à l’élaboration de statistiques comparatives, nous en avons conclu que les créateur·rices de fan films tendent à privilégier l’utilisation des personnages issus de leurs films préférés dans leurs fan films. Au final, les fanographies peuvent permettre d’accéder à une meilleure compréhension de la pratique, tant à propos des créateur·rices et leur appréciation globale des œuvres que de leurs créations filmiques.
Les motivations des fan filmmakers commencent tout juste à être étudiées dans la littérature scientifique34. Les fan filmmakers ne disposent pas tou·te·s du même budget, des mêmes ambitions, ni des mêmes motivations. Dans certains cas, les fan filmmakers veulent simplement recréer un combat de sabre laser, tandis que dans d’autres, leur volonté est d’étendre leur univers préféré35. De fait, analyser les rapports qu’entretiennent les fans avec leurs métrages à travers des questionnaires et des entretiens permet de comprendre davantage la pluralité des enjeux de la création d’un fan film. Il est également intéressant d’étudier les relations qu’entretiennent les fan filmmakers avec l’ensemble du paysage fan cinématographique. Cela permet notamment de comprendre comment certains métrages de fans ont pu en influencer d’autres et ainsi devenir des piliers de la pratique. Au final, un fan film n’est jamais seul, et les fan filmmakers entretiennent une relation avec les milliers d’autres films de fans qui sont postés sur le web chaque semaine.
Par ailleurs, les liens entre les créateur·rices de fan films et les ayants droits des œuvres desquelles ils et elles sont fans restent à étudier. En effet, au sein des fan studies, la pratique est loin d’être la plus observée comparée à la fan fiction ou à la fan video36, qui elles, sont historiquement davantage analysées. Toutefois, certains aspects des fan films semblent plus pris en compte que d’autres, et plusieurs chercheur·es ont ainsi parlé des déboires juridiques et économiques qui en découlent. Par exemple, John Walliss témoigne de l’interdiction d’un fan film de Warhammer 40.00037. Games Wotkshop, les propriétaires des franchises Warhammer, contraignent l’allemand Huan Vu à ne pas sortir son film Damnatus, pourtant terminé, faisant, dans la seconde moitié des années 2000, réagir les fans de la licence à travers des montages et des pétitions. Le cas Damnatus est le premier exemple de fan film interdit observé en détail au sein des fan studies. Depuis, plusieurs fan filmmakers ont connu ou connaissent des soucis judiciaires avec les ayants droits des œuvres, comme Axanar, le projet ambitieux de Star Trek qui s’est vu être interdit en l’état par Paramount et CBS suite à une plainte des studios en 2017. L’étude du droit d’auteur et du copyright est également à prendre en compte dans l’analyse des films de fans. En effet, les frontières techniques entre les films amateurs et les productions hollywoodiennes s’effacent peu à peu, notamment grâce aux nouveaux moyens de créations filmiques accessibles au plus grand nombre. Certains ayants droit voient alors les productions de fans d’un mauvais œil, et imposent des règles, comme celles qui dictent les fan films de Star Trek depuis 201738. Des problèmes juridiques entre les fan filmmakers et les détenteurs des droits existent, et c’est un aspect qui tend à modifier les films. En effet, les réalisateur·rices et scénaristes qui souhaitent réaliser des fan films autour de franchises spécifiques doivent s’assurer si les ayants droits ont laissé des indications, et si oui, adapter leurs créations afin d’éviter les poursuites39.
Si l’étude des objets fan films est importante, une analyse de leurs créateur·rices l’est tout autant. Par ailleurs, ces deux composantes doivent être croisées afin d’accéder à une compréhension plus globale du médium. Toutefois, il ne faut pas oublier que les fan films sont, à l’heure actuelle, façonnés dans un contexte numérique et connecté qui ne cesse de les influencer.
Un contexte numérique
Les fan films, comme toute œuvre culturelle, évoluent dans un environnement. De fait, il paraît important de ne pas négliger l’étude de ce contexte, qui peut révéler des facteurs utiles à la compréhension de cette activité fanique.
Plateformes et déboires
Si pendant plus de 70 ans, les fan films n’étaient destinés qu’à être vus par un nombre relativement faible de personnes, notamment via des projections familiales ou dans des conventions, ils sont aujourd’hui facilement visionnables sur internet. L’étude des fan films nécessite donc d’étudier leurs moyens de diffusion ainsi que les plateformes utilisées par les fans créateur·rices40. À titre d’exemple, qu’en est-il des différents canaux utilisés pour la diffusion de ces métrages ? Les fan films diffusés sur YouTube sont-ils différents de ceux diffusés sur Vimeo ? Comment les sites de streaming vidéo ont-ils influencés le médium ? Ou encore, comment TikTok est-il utilisé par les fans pour faire la promotion de leurs métrages ? Certains des fan films de Star Wars que nous avons étudiés sont liés à des événements importants d’internet. Troops a par exemple profondément marqué l’histoire du téléchargement de vidéos41, tandis que Revenge of the Kids est le premier fan film de l’histoire de YouTube à avoir atteint les 300 millions de vues. Ainsi, les plateformes et les canaux de communication utilisés pour la diffusion des fan films constituent des composantes importantes pour l’étude de ces derniers car étudier un fan film revient toujours à étudier sa ou ses plateforme(s) de diffusions. Ces dernières n’ont que rarement été considérées dans les quelques recherches portant sur les fan films. Des forums de discussion du début des année 2000 à YouTube, le fan film numérique a connu de nombreux canaux de diffusion. Nous pensons par ailleurs qu’il conviendrait d’étudier autant les plateformes utilisées et les éléments qui les composent que les moments de visionnage (projections dans des salles, visionnages solitaires…). Certains événements autour de la pratique mériteraient par exemple que la recherche s’y intéresse. De 2002 à 2018 s’est tenue annuellement une cérémonie officielle autour des fan film de Star Wars : The Official Star Wars Fan Film Awards. D’abord organisée en physique lors de conventions, le concours a depuis migré en ligne. La dernière édition en date s’est déroulée en 2018 sur internet en différée et non en direct, où les fan films gagnants ont été diffusés sur le site officiel de la franchise, et non sur YouTube. Tous les ans se tient également le festival des Los Angeles Fan Film Awards, qui récompense des créateur·rices de fan films à travers le monde et organise des projections. Les événements comme The Official Star Wars Fan Film Awards et Los Angeles Fan Film Awards restent à être étudiés dans l’analyse de la pratique, au même titre que les plateformes de diffusion sur lesquelles sont publiés les métrages. Leur analyse permettrait de comprendre quelles sont les habitudes de visionnage des spectateur·rices de fan films, mais également de saisir comment évolue la pratique du fan film et les usages des canaux vidéos.
Avec les millions de vues cumulées sur les centaines de fan films qui sortent sur internet chaque semaine, le fan film est probablement l’une des pratiques faniques les plus populaires pour le grand public. On constate néanmoins un manque de données autour de cette popularité et de son évolution depuis les débuts de la pratique. Il paraît difficile de quantifier l’attrait pour le fan film, mais certaines données comme les commentaires d’une vidéo YouTube, les nombres de vues et de partages sont autant d’éléments qu’il serait possible de quantifier. Plusieurs fan films de notre corpus dépassent le million de vues, et malgré la popularité indéniable de ce type de métrage, il n’existe aucun article ou ouvrage qui s’interroge sur cette popularité en détail. Kagen Despain explique notamment que c’est l’aspect vidéo qui contribue à rendre les fan films plus accessibles et compréhensibles pour un grand nombre de personnes42. Le fait qu’ils soient publiés aujourd’hui majoritairement sur YouTube favorise leur popularité. De fait, cette même popularité est à prendre en compte dans l’étude de l’activité. Par conséquent, le fan film est une pratique de fans qui peut provoquer un engouement au sein des fandoms, mais aussi de la part de la presse grand public, qui relaie volontiers les fan films lorsque ces derniers sont innovants, techniquement réussis ou polémiques. Le 18 février 2025, le média en ligne jeuxvideo.com publie l’article « Ce film Star Wars a été réalisé intégralement avec une IA : il est bien meilleur que ceux produits par Disney43 ». Faisant l’apologie d’un fan film de Star Wars entièrement réalisé à partir d’images générées par des outils d’intelligence artificielle générative, l’article au titre plus que provocateur témoigne d’un nouvel aspect de plus en plus présent sur les réseaux socio-numériques et vidéos : l’IAG. Par conséquent, les plateformes sur lesquelles sont publiés les fan films, mais également la réception des métrages, tant journalistique que populaire, mériteraient d’être examinées au sein des fan studies.
Anonymisation des créateur·rices
Étudier les fan films amène un certain nombre de questionnements déontologiques. S’il est simple, courant et d’ailleurs recommandé de demander la permission aux fans de parler de leurs fictions dans les recherches44, ces questions doivent se posent également quant aux études de fan films. Or, contrairement à une fan fiction où même à un cosplay, un fan film n’est que très rarement le produit du labeur d’un·e seul·e fan ou d’un petit nombre de personnes. Il y a dans notre corpus certains courts-métrages de Star Wars qui ont été faits par des équipes de plusieurs dizaines de fans, et qui mettent en scène des dizaines de personnages interprétés par des acteur·rices de tout âge. Demander la permission à chacun et chacune des intervenants des films de fans de notre corpus prendrait du temps et demanderait une organisation rigoureuse et difficile à appliquer. Certains de ces fan films étant vieux de plusieurs décennies, ils sont parfois réalisés ou écrits par des personnes dont la présence en ligne est aujourd’hui inexistante, ce qui rend la mise en contact plus complexe. De plus, la paternité des fan films peut être trouble, et il n’est pas rare de ne voir aucune mention des identités des auteur·rices dans les génériques ou les descriptions des métrages. Cette paternité floue complexifie le contact potentiel que l’on pourrait établir, en tant que chercheur·e, avec les créateur·rices de fan films. C’est là la première contrainte méthodologique et éthique auquel se confronte tout·e chercheur·e travaillant sur les fan films.
Le format audiovisuel fait que, contrairement aux fan fictions, les chercheur·es parlant de fan films mettent forcément en avant des voix, des visages et des corps. Ces chercheur·es exposent alors ces éléments à une audience, aussi limitée soit-elle, qui n’est pas la cible originelle45. De fait, si un acteur jouant dans un fan film diffusé sur YouTube accepte de prêter son visage pour ce cadre, il n’a pas forcément donné son accord pour apparaître en image ou en mention dans une recherche scientifique. Bien que leur utilisation permettrait d’illustrer les recherches, nous préconisons donc de ne pas mobiliser de captures d’écran des films, à moins d’avoir récolté le consentement éclairé de l’ensemble des acteur·rices présent·es dans les plans analysés. De plus, dans notre corpus de fan films figurent plusieurs métrages qui n’apparaissent plus sur des plateformes publiques ou qui ont été supprimés de leur endroit de diffusion originel. Il n’est pas rare que les fan films soient retirés, volontairement ou non, de YouTube. Étudier les fan films, c’est donc étudier un environnement numérique mouvant et éphémère. Les métrages qui ont été supprimés des plateformes peuvent être étudiés, mais à moins d’avoir l’accord de ses créateur·rices, il est préférable d’anonymiser les films, et de plutôt mentionner uniquement l’univers fictionnel (ou les univers fictionnels) autour duquel ils gravitent, ainsi que l’année de publication. Un autre problème éthique et méthodologique dans l’étude des fan films est à soulever : celui des noms. En effet, si les auteur·rices de fan fictions ont tendance à signer leurs histoires de pseudonymes, les créateur·rices de fan films n’hésitent que peu à signer leurs productions de leurs véritables noms. Les chercheur·es en fan studies travaillant sur les fan fictions mobilisent les pseudonymes des créateur·rices pour parler des œuvres dans les recherches, or les chercheur·es travaillant sur les fan films font face à de réelles identités. Il convient donc de se questionner sur la mobilisation des vrais noms au sein des recherches. La conduite à adopter dans ces cas est encore trouble. Matt Cicovic choisit par exemple d’anonymiser les réalisateur·rices qu’il interroge et l’ensemble de leurs films dans le cadre de sa thèse46. Certaines informations, notamment la forme des films étudiés et les univers dont ils s’inspirent, tendent toutefois à révéler, malgré les précautions prises par le chercheur, les identités des fan filmmakers interrogés. Henry Jenkins, quant à lui, nomme explicitement le réalisateur Evan Mather dans un chapitre d’ouvrage collectif47, de même que les chercheurs Marc Joly-Corcoran et Sarah Ludlow48. Au final, il n’y a, dans la littérature scientifique, aucun consensus quant à la gestion des identités des fan filmmakers, et ce sujet mériterait ainsi une discussion plus approfondie.
Conclusion
Plus qu’une véritable recette méthodologique à suivre pour étudier les fan films, ce chapitre propose plutôt des interrogations et des propositions. L’étude des fan films n’en est encore qu’à ses balbutiements, et compte tenu de l’espace qu’ont pris progressivement les médias vidéos dans le paysage numérique contemporain, il apparaît nécessaire que le monde académique s’intéresse au film de fans dans sa globalité. En effet, nous l’avons démontré tout au long de cette recherche, pléthore d’éléments qui composent la création fan filmique restent à être discutés et analysés. Les fan films sont premièrement des objets filmiques et doivent être considérés comme tels par le biais d’études esthétiques, culturelles et représentationnelles. Par conséquent, les techniques et les technologies mobilisées par les créateur·rices méritent également d’être observées, car ces dernières peuvent permettre de mieux saisir comment les fans s’approprient les nouveaux moyens de création et de communication. De plus, ces mêmes créateur·rices constituent une partie importante de la pratique sur laquelle il conviendrait de se pencher davantage. Qui sont-ils·elles ? Quelles sont leurs motivations et leurs attentes ? Comment appréhendent-ils·elles leurs univers fictionnels préférés ? Les contextes de création méritent eux aussi une considération pleine de la part du monde scientifique. Si le fan film n’a longtemps été considéré que par son aspect juridique, la recherche doit désormais s’emparer de l’étude des différents milieux, économique, social, culturel, technologique, dans lesquels évolue la pratique.
Ce chapitre est une première proposition dans la considération globale du fan film, qui est, nous l’avons vu, une activité de fans dont bien des aspects mériteraient une plus grande attention. Bien plus que la contrepartie vidéo de la fan fiction, le fan film est une activité protéiforme soumise aux contextes numériques et sociaux qui l’entourent. Les fan studies auraient tout à gagner à s’interroger plus en détail sur la création fan filmique et à questionner les créateur·rices des métrages à travers les approches multi-inter-para-disciplinaires si chères aux fan studies.
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Notes
- Largent, Julia E., Popova, Milena, Vist Elise, « Toward some fanons of fan studies », Transformative Works and Cultures, 33, 2020.
- Evans, Adrienne, Stasi, Mafalda, « Desperately seeking methodology: New directions in fan studies research », Participations: Journal of Audience and Reception Studies, 11, n° 2, 2014, p. 4‑23.
- Bien qu’étant un terme à l’origine anglophone, « fan film » ne sera pas écrit en italique dans ce texte en raison de son usage courant dans la langue française.
- De la même manière que nous utilisons le terme « fan film », nous utilisons également les termes « fan filmmaking » pour désigner l’activité et « fan filmmaker » pour désigner ceux·celles qui la pratiquent.
- « an unauthorized amateur or semi-pro film, based on pop culture characters or situations, created for noncommercial viewing ». Traduction personnelle. Young, Clive, Homemade Hollywood: Fans Behind the Camera, New York, Continuum, 2008.
- Jenkins, Henry, Textual Poachers: Television Fans & Participatory Culture, New-York, Routledge, 1992.
- Young, Clive, Homemade Hollywood: Fans Behind the Camera, New York, Continuum, 2008, p. 93.
- Kosnick Abigail De, Rogue Archives: Digital Cultural Memory and Media Fandom, Cambridge, MIT Press, 2016.
- Le terme « web-movie » est l’une des nombreuses dénominations de la pratique. La relative absence de son appellation la plus courante dans la littérature scientifique témoigne une nouvelle fois de l’importance de s’interroger sur la place du médium au sein des fan studies.
- Jenkins, Henry, Fans, Bloggers, and Gamers: Exploring Participatory Culture, New York, New York University Press, 2006.
- Fathallah, Judith, Fanfiction and the Author: How Fanfic Changes Popular Cultural Texts, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2017.
- Jullier, Laurent, Star Wars : Anatomie d’une saga, 3e édition, Paris, Armand Colin, 2015.
- Young, Clive, Homemade Hollywood: Fans Behind the Camera, op. cit.
- Ibid.
- Barton, Kristin M., « Can’t Stop the Sequel: How the Serenity-Inspired Browncoats: Redemption Is Changing the Future of Fan Films », dans Barton, Kristin M., Lampley, Jonathan Malcolm, dir., Fan CULTure: Essays on Participatory Fandom in the 21st Century, op. cit., p. 23.
- Ibid.
- Cikovic, Matt, « “I think it’s a way of just making us feel like a part of the thing that we love”: The Evolving Relationship Between Fan Filmmakers and Media Owners », op. cit., p. 104.
- Flichy, Patrice, Le Sacre de l’amateur. Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique : Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique, coll. La république des idées, Paris, Éditions du Seuil, 2010.
- Ibid., p. 190.
- Jones, Sara Gwenllian, « Web wars: resistance, online fandom and studio censorship », dans Jankovich, Mark, Lyons, James, dir., Quality Popular Television: Cult TV, the Industry and Fans, Londres, BFI Publishing, 2003, p. 163‑177.
- « novice auteurs can replicate the glow of a lightsaber or reproduce R2-D2’s chirps and chimes ». Traduction personnelle. Barton, Kristin M., « Can’t Stop the Sequel: How the Serenity-Inspired Browncoats: Redemption Is Changing the Future of Fan Films », dans Barton Kristin M., Lampley Jonathan Malcolm, dir., Fan CULTure: Essays on Participatory Fandom in the 21st Century, Jefferson, McFarland, 2013, p. 26.
- Ibid., p. 22
- Jenkins, Henry, Fans, Bloggers, and Gamers: Exploring Participatory Culture, op. cit.
- Ibid.
- Cikovic Matt, op. cit., p. 51.
- Evans, Adrienne, Stasi, Mafalda, « Desperately seeking methodology: New directions infan studies research ». Art. cit.
- Kozinets, Robert V., « Netnography », dans Mansell, Robin, Ang Peng, Hwa, The International Encyclopedia of Digital Communication and Society, Chichester, John Wiley & Sons, 2015.
- Bourdaa, Mélanie, « Les fans, ces publics si spécifiques. Définition et méthodologie pour le chercheur », Belphégor. Littérature populaire et culture médiatique, 17, 2019.
- Pande, Rukmini, « How (not) to talk about race: A critique of methodological practices in fan studies », Transformative Works and Cultures, 33, 2020.
- Cikovic, Matt, « “I think it’s a way of just making us feel like a part of the thing that we love”: The Evolving Relationship Between Fan Filmmakers and Media Owners », Thèse en communications de masse, The Pennsylvania State University, 2023, p. 30
- Ibid., p. 168.
- Débart, Adrien, « Le fan film de Star Wars de 1997 à 2006. Pratique, création, communauté », Mémoire en études cinématographiques, Université Caen Normandie, 2021.
- Ibid.
- Cikovic, Matt, op. cit.
- Jolly-Corcoran, Marc, Ludlow, Sarah, « Fans, Fics & Films… “Thank the Maker(s)!” », dans Elovaara, Mika, dir., Fan Phenomena: Star Wars, Bristol – Chicago, Intellect Ltd, 2013, p. 32.
- Une fan video est un clip musical dans lequel sont montées des scènes préexistantes, contrairement au fan film où la majorité du métrage est constitué d’images inédites.
- Waliss, John, « Fan filmmaking and copyright in a global world: “Warhammer 40,000” fan films and the case of “Damnatus” », Transformative Works and Cultures, 5, 2010.
- [URL] https://www.startrek.com/en-un/fan-films
- Cikovic, Matt, op. cit.
- Alberto, Maria, « Fan users and platform studies », Transformative Works and Cultures, 33, 2020.
- Young Clive, op. cit.
- Despain, Kagen, « Fan Films and Fanworks in the Age of Social Media: How Copyright Owners Are Relying on Private Ordering to Avoid Angering Fans », BYU Law Review, 2020, nᵒ 2, p. 333‑380, 2020.
- [URL] https://www.jeuxvideo.com/news/1970790/ce-film-star-wars-a-ete-realise-integralement-avec-une-ia-il-est-bien-meilleure-que-ceux-produits-par-disney.htm
- Popova, Milena, « Fan studies, citation practices, and fannish knowledge production », Transformative Works and Cultures, 33, 2020.
- Dym, Brianna, Fiesfler, Casey, « Ethical and privacy considerations for research using online fandom data », Transformative Works and Cultures, 33, 2020.
- Cikovic, Matt, op. cit.
- Jenkins, Henry, « The poachers and the stormtroopers: cultural convergence in the digital age », dans Le Guern, Philippe, dir., Les cultes médiatiques : Culture fan et œuvres cultes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 343‑378, [URL] https://books.openedition.org/pur/24185
- Joly-Corcoran, Marc, Ludlow, Sarah, op. cit.