Kathy Sas & Hugo Thoen (éds), Schone Schijn. Romeinse juweelkunst in West-Europa (Brillance et prestige. La joaillerie romaine en Europe occidentale), Leuven, 2002.

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Plusieurs isiaca sont présentés dans cet ouvrage. P. 91, la fig. 53 illustre une gemme trouvée à Douvres et conservée à Oxford, un jaspe rouge figurant une déesse poliade tenant dans sa paume droite le buste de Sarapis. Un autre jaspe rouge, trouvée à Vindolanda dans le Northumberland, également conservé à Oxford, montre le buste juvénile d’un Sarapis panthée, radié et paré des cornes de bélier, tandis qu’un trident avec un serpent est placé face à lui (p. 91 fig. 54). P. 114, la fig. 69 représente Isis tenant sistre et situle sur le nicolo d’une bague en fer, trouvaille locale conservée au Musée archéologique de Namur.

Dans le catalogue, on remarque deux pendentifs d’Harpocrate en or (n° 213 p. 235-236) et en argent (n° 214 p. 236)1, ce dernier trouvé près d’un pont romain sur la Moselle, aux environs de Trèves. Le n° 271 (p. 259-260) présente une enseigne en métaux divers (or, bronze, cuivre et laiton), découverte en 1978 dans un puits à Flobecq, non loin de la voie romaine Bavay‑Gand-Brugge sur l’Escaut. Cet objet exceptionnel est composé d’une forte tige de laiton doré, emmanché d’une douille destinée à la maintenir sur une hampe de bois. De chaque côté de la tige figurent, découpées partiellement dans une lame de laiton, deux alvéoles circulaires cernées d’un ruban de laiton. Sur cette lame, quatre perforations permettent l’insertion de médaillons de bronze doré présentant des masques de lions, dont deux ont disparu. D’autre part, un décor de dauphins et de peltas avait été obtenu par découpage de la plaque de laiton ; aux quatre angles de celle‑ci étaient fixées quatre panthères de bronze doré ; ces animaux, dont deux ont disparu, constituent une allusion à Dionysos. Le sommet de la tige de laiton est terminé par un chapiteau composite et par une représentation de Sarapis debout, fixée par deux cavaliers de laiton. L’enseigne serait à dater des Ier-IIe siècles p.C., la statuette de Sarapis et les panthères pouvant dater de la fin du IIe ou du IIIe siècle. Cette enseigne a pu être celle d’un collegium juvenum, confrérie formée de jeunes gens des plus hautes familles et destinée, à l’origine du moins, à exalter le culte de l’Empereur2. Enfin, le n° 317 (p. 281) est particulièrement instructif, montrant le grand intérêt des graveurs modernes pour les types isiaques. Il s’agit d’une bague en argent doré avec une intaille en cornaline portant le buste de Sarapis vu de face, du XVIIIe siècle, réalisée à partir du traité de Lorenz Natter qui, en 1754, avait choisi une gemme de ce type pour expliquer à ses contemporains la méthode de gravure sur les pierres précieuses3.



noeud d'isis pour séparateur


  1. Cf. R. A. Lunsingh Scheurleer, “From Statue to Pendant. Roman Harpocrates Pendants in Gold, Silver and Bronze”, dans A. Calinescu (éd.), Ancient Jewelry and Archaeology, Bloomington-Indianapolis, 1996, 152-171.
  2. G. Faider Feytmans, “Une enseigne romaine découverte à Flobecq (Hainaut)”, BSNAF, 1980-1981, 54-58 ; ead., “Enseigne romaine découverte à Flobecq (Hainaut)”, Helinium, XX , 1980, 3-43.
  3. L. Natter, Traité de la Méthode antique de Graver en Pierres Fines comparée avec la Méthode Moderne, 1754, pl. 2.
Bricault, Laurent (2008) : “Kathy Sas & Hugo Thoen (éds), Schone Schijn. Romeinse juweelkunst in West-Europa (Brillance et prestige. La joaillerie romaine en Europe occidentale), Leuven, 2002”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/sas-thoen-2002/ [consulté le 15 août 2021].

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