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Se nommer devant l’autre. L’adaptation des noms ibériques à la formule onomastique romaine

1. Introduction 1

Dans une inscription funéraire mise au jour à Obarra, dans la province de Huesca, et datant de l’époque d’Auguste, un personnage nommé P(ublius) Aurelius Tempestivos honorait la mémoire de ses parents défunts, Aurelius Tannepaeser et Asterdumar :

P(ublius) · Aurelius / Tempestivos / Aurelio · Tanne / paeseri · patri / et · Asterdumari · matri / her(es) · d(e) · s(ua) · p(ecunia) · f(aciendum) · c(uravit) (CIL, II, 5840)2

Les noms des trois personnages mentionnés dans le texte illustrent la façon dont l’onomastique ibérique a pu se perdre en une génération : alors que le cognomen du père (Tannepaeser) et l’idionyme de la mère (Asterdumar) sont des noms ibériques, le fils porte déjà les tria nomina tous latins3.

L’évolution de l’onomastique chez les Ibères trahit un changement socioculturel profond lié au processus de romanisation, qui a conduit, entre autres mutations majeures, à l’abandon des langues et des écritures vernaculaires et à la latinisation de la population autochtone. Comme nous le verrons, l’adoption d’un nom latin est très souvent liée à l’accession des élites locales à la citoyenneté, qui abandonnèrent leur onomastique traditionnelle lorsqu’on leur accorda un nomen gentilicium ; la promotion juridique, le changement de nom et la latinisation linguistique doivent donc être considérés comme étroitement liés, et le corpus de noms ibériques attestés dans l’épigraphie latine analysé dans cette étude fournit à ce sujet des éléments de réflexion intéressants4.

La culture écrite ibérique et le changement onomastique

Pendant plus de cinq siècles, entre le Ve s. a.C. et le Ier s. p.C., les peuples ibériques habitant la façade méditerranéenne de la péninsule Ibérique, du Languedoc à l’Andalousie orientale, ont développé leur propre tradition écrite pour des usages divers : gestion de l’activité commerciale, organisation de la vie civique et communautaire, expression d’une dévotion religieuse ou encore affirmation du pouvoir des élites5. La culture ibérique, qui s’était ouverte aux influences du monde méditerranéen dès le premier contact avec les Phéniciens, a subi une profonde transformation au contact de l’expansion romaine. Depuis le débarquement des Scipions sur les plages d’Empúries en 218 a.C., la conquête romaine a en effet eu, on le sait, un grand impact sur la culture et la société locales ; parmi ces changements substantiels se trouve la transformation de la relation des Ibères avec leur propre langue et écriture.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire a priori, les deux premiers siècles de romanisation ont entraîné une nette expansion de la culture écrite ibérique, en continuité plutôt qu’en rupture avec la période précédente : les documents se multiplient durant cette période et de nouveaux types épigraphiques apparaissent6. À cette époque, les Ibères développent par exemple pour la première fois une épigraphie monétaire, dans laquelle le latin se combine parfois avec les langues locales, ainsi qu’une épigraphie monumentale, avec là encore quelques exemples bilingues. Par ailleurs, des recherches récentes sur les instruments d’écriture ont révélé l’existence d’une accumulation notable de stili, d’encriers et de boîtes à sceaux pour sceller les documents non seulement dans les campements romains du nord-est de la péninsule mais aussi dans les oppida indigènes7. Tout indique donc qu’au cours des premiers siècles qui ont suivi la conquête romaine, c’est-à-dire, en gros, de la fin du IIIs. a.C. à l’époque augustéenne, l’usage écrit de la langue ibérique s’est fortement développé, probablement pour répondre aux nouveaux besoins commerciaux et administratifs découlant de la transformation du territoire en province romaine. Mais pourquoi, alors, les Ibères ont-ils fini par abandonner leur langue et leur écriture au profit du latin sous le Haut Empire ? Voici une question complexe, pour laquelle l’examen des sources onomastiques s’avère particulièrement pertinent8.

Les anthroponymes ibériques et l’évolution de la formule onomastique

Bien que l’ibère soit considéré comme une langue indéchiffrée, son système anthroponymique et ses pratiques onomastiques sont désormais bien connus9. Le document le plus important à cet égard est sans aucun doute l’inscription connue sous le nom de “bronze d’Ascoli” (CIL, I2, 709 ; AE, 1909, 30 = 1911, 126)10, une inscription latine trouvée à Rome par laquelle Pompée Strabon accorde la citoyenneté romaine aux membres d’un escadron de cavalerie hispaniques, la turma Salluitana, essentiellement composée d’Ibères, en récompense de leur collaboration avec la République pendant les Guerres Sociales. Dans la liste, les cavaliers sont organisés par ethnie (BagarensisIlerdensesSegienses etc.), et sont généralement désignés par un simple idionyme ibérique, suivi d’un patronyme, lui aussi ibérique (table 1).

Table 1. Noms ibériques de la Turma Salluitana (Bronze d’Ascoli, CIL, I2, 709).
Table 1. Noms ibériques de la Turma Salluitana (Bronze d’Ascoli, CIL, I2, 709).

Cette longue liste a permis d’identifier les mécanismes de formation des noms personnels ibériques11 : ce sont, comme dans le cas de l’onomastique celtique ou grecque, des noms composés, généralement sous forme binaire (p. ex. Sani-belser, Adin-gibas, Ilur-tibas, Bilus-tibas, etc.). Ces composés sont formés à partir d’un ensemble de lexèmes qui étaient sans doute à l’origine des mots tirés de la langue commune, mais du fait de notre mauvaise connaissance de la langue ibérique, leur signification ou leur catégorie grammaticale nous échappent complètement.

Grâce aux conclusions que l’on peut tirer de l’étude de l’anthroponymie du bronze d’Ascoli, il est possible de reconnaître l’onomastique ibérique dans les inscriptions latines d’Hispanie mais aussi dans les textes en langue et écriture vernaculaires. La fig. 1 reproduit par exemple une feuille de plomb portant une inscription ibérique de nature comptable, qui présente deux noms ibériques, sakalaku et siketaneś, suivis d’une expression numérique (MLH, III, G.1.6).12

Lamelle en plomb en langue et écriture ibériques (MLH, III, G.1.6) avec les anthroponymes sakalaku et siketaneś suivis d’unités de mesure et de quantités (crédit photo : Museu Arqueològic Municipal Camil Visedo Moltó).
Fig. 1. Lamelle en plomb en langue et écriture ibériques (MLH, III, G.1.6) avec les anthroponymes sakalaku et siketaneś suivis d’unités de mesure et de quantités (crédit photo : Museu Arqueològic Municipal Camil Visedo Moltó).

En ce qui concerne la formule onomastique utilisée à l’origine par les Ibères, dans la documentation préromaine, la désignation des personnes s’effectue de la manière la plus simple, c’est-à-dire avec un nom unique sans patronyme (voir, par exemple, à nouveau, la fig. 1). Cependant, il faut garder à l’esprit le fait que la plupart des textes préromains sont des documents privés, ce qui pourrait aussi expliquer la simplicité de ces formules : aujourd’hui encore, nous utilisons un nom simple dans un environnement socialement restreint, mais un nom complet dans des documents destinés à un public plus large ou dans les documents à caractère officiel.

Avec la conquête romaine, on l’a dit, les Ibères ont développé une épigraphie publique, et notamment une épigraphie lapidaire13. Dans les inscriptions funéraires ibériques, la formule onomastique est un peu plus complexe, semblable à celle que l’on trouve dans le bronze d’Ascoli : les noms y apparaissent ainsi accompagnés du patronyme et même, dans certains cas, de l’origo. Dans deux stèles ibériques trouvées dans la ville romaine de Baetulo, l’ancienne Badalona, nous pouvons observer cette évolution de la formule onomastique (fig. 2 ; BDH B.41.2 et B.41.3) : la stèle de gauche porte le texte ḿlbebiuŕ-ar-ḿi, qui a été interprété comme « J’appartiens à Nalbebiur », Nalbebiur étant le nom du défunt ; à droite, en revanche, la formule est plus complexe : bantuinḿi ḿlbebiuŕ ebanen, qui peut être interprété comme « J’appartiens à Bantui, fils de Nalbebiur »14. Il s’agit probablement des stèles d’un père et de son fils.

Stèles funéraires ibériques de Baetulo, Badalona avec deux formules onomastiques différentes : à gauche (BDH B.41.02) ḿlbebiuŕarḿi ; à droite (BDH B.41.03), bantuinḿi ḿlbebiur ebanen. Crédits photos : Albert Cartagena.
Fig. 2. Stèles funéraires ibériques de Baetulo, Badalona avec deux formules onomastiques différentes : à gauche (BDH B.41.02) ḿlbebiuŕarḿi ; à droite (BDH B.41.03), bantuinḿi ḿlbebiur ebanen. Crédits photos : Albert Cartagena.

Stèles funéraires ibériques de Baetulo, Badalona avec deux formules onomastiques différentes : à gauche (BDH B.41.02) ḿlbebiuŕarḿi ; à droite (BDH B.41.03), bantuinḿi ḿlbebiur ebanen. Crédits photos : Albert Cartagena.

L’anthroponymie ibérique est donc documentée à la fois par l’épigraphie vernaculaire, mais aussi par la documentation grecque et latine, entre le Ve s. a.C. et le IIe siècle p.C. La diversité de ces attestations permet d’identifier clairement le processus par lequel les noms ibériques ont été progressivement adaptés aux formules onomastiques romaines. Ainsi, dans la fig. 3, on peut observer la façon dont le nom toloko, attesté dans le premier cas par ungraffite rupestre d’Err (Pyrénées Orientales, BDH PYO.5.5), datable du IIIe s. a.C. d’après la paléographie, réapparaît trois siècles plus tard, au Ier s. p.C., dans le cognomen d’un citoyen romain à Carthago Nova : Cn(aeus) Atellius Toloco (CIL, II, 3450).

a href= »https://ressources.una-editions.fr/s/9wqG2FtLkC39ppp »>Deux inscriptions montrant l’adaptation des noms ibériques à la formule onomastique romaine. En haut, inscription ibérique d’Err (Pyrénées Orientales) avec le nom toloko (IIIe s. a.C.) ; en bas, inscription funéraire latine de Carthagène (CIL, II, 3450) avec le cognomen Toloco (Ier s. p.C.). (crédits photo : Joan Ferrer i Jané et Museo Arqueológico Municipal de Cartagena).
Fig. 3. Deux inscriptions montrant l’adaptation des noms ibériques à la formule onomastique romaine. En haut, inscription ibérique d’Err (Pyrénées Orientales) avec le nom toloko (IIIe s. a.C.) ; en bas, inscription funéraire latine de Carthagène (CIL, II, 3450) avec le cognomen Toloco (Ier s. p.C.). (crédits photo : Joan Ferrer i Jané et Museo Arqueológico Municipal de Cartagena).

Le degré de latinisation de ces noms ibériques n’est pas toujours le même : ainsi dans les inscriptions les plus anciennes, comme le bronze d’Ascoli (CIL, I2, 709) ou la Tabula Contrebiensis (AE 1979, 377), les noms ne sont pas adaptés à la déclinaison latine. C’est par exemple le cas de Sanibelser Adingibas f. dans le bronze d’Ascoli, où le nom du père n’est pas adapté au génitif. On trouve le même phénomène dans une inscription rupestre des Pyrénées récemment identifiée (Ferrer et al. 2018, cf. infra). Cette inscription porte en effet les noms suivants : Bella Gaisco filius, Bella Bastobles filius, Adinildir Betepeles filius et Corneli Erdoildir filius. Comme on peut le constater, les patronymes ibériques ne sont, là encore, pas adaptés au génitif latin. Le manque de flexion pourrait être dû, dans ce cas particulier, à une maîtrise encore peu avancée de la langue latine.

Dans l’épigraphie funéraire latine d’époque impériale, en revanche, les noms ibériques sont systématiquement déclinés (table 2). Ainsi, le nom Toloco que nous venons de voir, lorsqu’il apparaît dans un cas oblique, est converti en thème nasal et fléchi selon la troisième déclinaison latine : C(ai) Manli Cn(aei) f(ilii) Ser(gia) Toloconi(CIL, II, 1389). Lorsqu’on le compare à l’inscription rupestre mentionnée plus haut, ce phénomène semble indiquer un stade de latinisation plus avancé ; il est vraisemblable que ces personnages – dont la plupart, comme nous le verrons, portaient les duo ou les tria nomina et étaient probablement des citoyens romains – étaient déjà des locuteurs réguliers de la langue latine15.

La flexion des noms ibères en latin dans les inscriptions d’époque impériale.
Table 2. La flexion des noms ibères en latin
dans les inscriptions d’époque impériale.

Les inscriptions latines portant des noms ibériques

À la fin de l’époque républicaine, nous commençons donc à trouver des noms ibériques dans les inscriptions latines des provinces d’Hispania, un phénomène qui s’intensifie au cours du Ier s. p.C., avec quelques exemples isolés qui pourraient dater du IIe s.16.

Au total, il existe à ce jour une soixantaine d’inscriptions latines portant des anthroponymes ibériques (voir catalogue en annexe) ; la plupart d’entre elles sont des inscriptions lapidaires, principalement funéraires, bien qu’il existe également quelques textes légaux sur plaques de bronze, comme le bronze d’Ascoli déjà cité ou la Tabula Contrebiensis, l’un des bronzes de Botorrita17 ; les inscriptions sur instrumentum sont, en revanche, très rares. Enfin, une inscription unique et très intéressante, mentionnée plus haut, a été publiée récemment : il s’agit d’une inscription rupestre trouvée à Osséja, dans les Pyrénées, dans laquelle des quattuorviri portant des noms ibériques sont mentionnés ; ces personnages étaient très probablement les premiers magistraux de la ville voisine de Iulia Lybica, l’actuelle Llívia18 :

Bella · Gaisco · f(ilius) / Bella · Bastobles · f(ilius) / Adinildir · Betepe[- · f(ilius)] / Corneli · Erdoild[ir · f(ilius)]/ scriptum · est · IIII · viratum

Comme on l’a vu plus haut, les noms sont mentionnés ici selon une structure similaire à celle du bronze d’Ascoli ; trois d’entre eux portent un nom et un patronyme ibériques, tandis que le quatrième porte un nomen latin et un patronyme ibérique. Il s’agit là d’un document exceptionnel, d’abord pour des raisons typologiques (un graffite rupestre dont les lettres mesurent entre 0,75 cm et 2 cm) mais aussi parce qu’il est inhabituel que des individus portant un nom ibérique soient décrits comme magistrats d’un municipe romain. Il ne s’agit pourtant pas du seul cas connu puisque l’on trouve un exemple analogue dans cette inscription funéraire d’Arjonilla, Jaén (ca. 30 a.C. – 30 p.C.)19 :

M(arcus) Horatius M(arci) f(ilius) / Gal(eria) Bodonilur / IIvir Lucretia L(uci) f(ilia) / Sergieton uxor (CIL,  II, 2114)

Pour en revenir à l’analyse générale du corpus, cette soixantaine d’inscriptions latines documente au total quelque 130 noms ibériques. Il s’agit donc d’un corpus relativement restreint : d’une part, nous devons garder à l’esprit le fait que ces noms ne représentent qu’une petite partie du répertoire onomastique ibérique qui s’élève à près d’un millier d’anthroponymes20. D’autre part, le nombre d’attestations est également réduit si on le compare avec ce qui se passe dans les zones de substrat linguistique indo-européen de la péninsule, dans l’hinterland et sur les côtes cantabrique et atlantique, qui ne possédaient pas de culture écrite avant l’arrivée des Romains, à l’exception des Celtibères. Dans ces régions intérieures, le corpus des noms indigènes documentés par l’épigraphie latine est beaucoup plus riche : d’après la dernière compilation pour la base de données Hesperia (Vallejo 2016), il est possible de reconnaître environ 5 000 formes onomastiques indigènes dans l’épigraphie latine de ces régions, en comptant les noms de divinité. Dans le même sens, il est également significatif qu’il n’y ait pratiquement aucune mention des divinités indigènes dans les inscriptions latines de la zone ibérique, alors qu’il s’agit d’un phénomène courant dans la partie occidentale de la péninsule.

Nous devons donc conclure que l’attestation de l’onomastique ibérique en latin est un phénomène réduit, à la fois dans son intensité (nous avons peu de documents) et dans sa chronologie (la majorité des cas se concentrent au Ier s. p.C.). Nous sommes en fait ici face à un phénomène de transition culturelle, entre l’abandon de l’écriture ibérique à l’époque d’Auguste et une progression de la romanisation et de la latinisation déjà bien avancée à la fin du Ier s. p.C. Le changement onomastique chez les Ibères est donc un pas de plus vers son adaptation au modèle romain, immédiatement après l’abandon de leur culture écrite. Le faible nombre d’occurrences de noms ibériques en épigraphie latine s’expliquerait ainsi par le fait que, dans les premiers siècles de présence romaine, les Ibères ont continué à s’exprimer à l’écrit dans leur propre langue et que la disparition de l’onomastique traditionnelle s’est produit peu de temps après l’abandon de l’écriture locale et l’adoption du latin.

Quant à la zone d’attestation de ces inscriptions en Hispania, elle correspond globalement à l’extension territoriale de la langue ibérique, mais on peut tout de même faire quelques observations21 :

  • tout d’abord, l’absence de documents est frappante dans la partie méridionale de la Narbonnaise, où les textes épigraphiques ibériques sont pourtant abondants. Il faut se rappeler que, contrairement à ce qui se passe plus au sud, il n’y a pratiquement pas non plus d’épigraphie lapidaire en langue ibérique dans cette région, ce qui semble indiquer une réaction différente des peuples autochtones dans le processus d’acceptation des pratiques épigraphiques latines ;
  • dans la région de l’actuelle Catalogne, nous trouvons quelques témoignages mais ils sont peu nombreux. Les cas deviennent cependant plus fréquents plus au sud, dans la région de Saguntum, et en Andalousie, autour de Castulo ;
  • il est également intéressant de noter certains phénomènes de contact dans les zones de frontières linguistiques ou lorsque ces inscriptions se trouvent en dehors du territoire ibérique, dans les zones linguistiques adjacentes, telles que les zones aquitaine, celtique ou turdétane. En témoigne par exemple une inscription trouvée à Illescas (Tolède, HEp 4, 889)22, qui présente une formule hybride : le patronyme du défunt est en effet ibérique, Benilti, mais il est accompagné d’un nom de famille celtique, Aeturiqum, exprimé au pluriel génitif en –qum, conformément à la déclinaison indigène23 ;
  • enfin, les témoignages d’époque républicaine se concentrent principalement en Hispanie Ultérieure. Les noms ibériques documentés pour cette époque en Citérieure ne le sont en effet que par l’épigraphie ibérique. Cela suggère un comportement linguistique différent dans les deux provinces à cette époque : alors qu’en Ultérieure les élites indigènes utilisaient le latin depuis les premiers siècles de la romanisation, en Citérieure, les élites ont continué à écrire principalement en ibère jusqu’à l’époque d’Auguste.

Les dernières porteurs de noms ibériques

Un autre aspect à prendre en compte est celui de l’identité de ces porteurs de noms ibériques : quelle place occupaient ces personnes dans la société ? Tout d’abord, il est évident que, dans le monde romain, le nom n’est pas seulement un élément désignatif mais aussi une indication du statut juridique de la personne24. Ainsi, de manière générale, on a tendance à considérer que les citoyens romains sont porteurs de duo ou tria nomina, c’est-à-dire d’une structure onomastique dont le noyau fondamental est le nomen gentilium, tandis que les pérégrins sont désignés par un nom unique, éventuellement suivi d’un patronyme. Dans notre corpus, les noms ibériques apparaissent sous la forme de cognomina dans le premier cas, et comme idionymes ou nomina unica dans le second. Dans la pratique, cependant, cette association directe entre le gentilice et le statut social peut être problématique principalement parce qu’il faut reconnaître qu’il est difficile de savoir dans quelle mesure la pratique d’usurpation ou d’usage abusif du nomen a pu exister, surtout dans les provinces les plus éloignées de Rome ; cependant, étant donné que l’usage officiel du nom était réglementépar les autorités romaines, il est généralement admis que ces irrégularités devaient être assez rares25.

En tenant compte de ces limites méthodologiques, il est possible de diviser notre corpus en deux groupes : d’une part, les individus qui sont mentionnés par un nom unique, et que l’on peut considérer comme des pérégrins ou des esclaves, et de l’autre, les individus qui portent un nomen, et que l’on peut considérer comme citoyens.

Si l’on laisse de côté le bronze d’Ascoli et que l’on se concentre sur les inscriptions d’Hispanie, une part relativement faible des personnes attestées peut être considérée comme des pérégrins ou des esclaves (environ 30 % du total) ; dans ce groupe, les esclaves sont très peu représentés, avec seulement deux cas. Les peregrini peuvent être mentionnés soit par leur nom simple (par exemple Asterdumar) soit avec un patronyme (qui est toujours ibérique) et parfois avec la mention de leur origo (par exemple Vrcestar Tascaseceris f(ilius) Ilurconensis).

La mention du patronyme est utile, car elle nous permet de prendre en compte les effets de génération. Il est intéressant de constater que ces changements onomastiques ont toujours eu lieu dans la direction attendue : on ne connaît pas de cas de personnes portant un nom ibérique dont les parents portaient un nom latin. Mais d’un point de vue sociolinguistique, il est aussi pertinent de souligner la façon dont certains pérégrins portent un nom latin alors même qu’ils n’ont pas obtenu la citoyenneté romaine : par exemple, Seranus Tannegiscerris f(ilius). Ces cas où la latinisation est indépendante de la romanisation juridique illustrent la façon dont l’onomastique latine est devenue un signe de prestige social et de distinction, quel que soit le statut juridique de la personne, du fait précisément de son association directe avec un statut social privilégié, celui de la citoyenneté romaine.

Parmi les individus portant un nomen, qui forment donc le groupe majoritaire, on trouve des affranchis, comme par exemple Baebia Cn(aei) l(iberta) Tavaccalaur ; quelques duo nomina, parmi lesquels bon nombre de femmes : par exemple Aelia Belesiar ; et, finalement, de nombreux tria nomina, parfois accompagnés de la tribu : M(arcus) Horatius M(arci) f(ilius) Gal(eria) Bodonilur. Comme on l’a dit plus haut, il est inhabituel que ces porteurs de noms ibériques soient des magistrats locaux.

La relativement faible proportion de pérégrins documentés par le corpus n’est pas surprenante si l’on met ces chiffres en rapport avec le pourcentage de non-citoyens attestés dans l’ensemble des inscriptions d’Hispania : J. M. Abascal, dans son étude sur les noms de personnes dans les inscriptions latines de la péninsule, compte en effet 38 % des individus documentés ne portant pas de nomen26. Les inscriptions de notre corpus suivent donc la même tendance que le reste des inscriptions latines d’Hispanie, mais d’une manière plus prononcée : l’élite y est beaucoup mieux représentée que les classes inférieures. Ce fait n’a d’ailleurs rien d’étonnant, compte tenu des caractéristiques intrinsèques à ces inscriptions, pour la plupart lapidaires : la possibilité de graver son nom sur une inscription affichée publiquement et de choisir la langue latine pour le faire sont en soi des preuves du processus de romanisation, dont le point culminant est l’acquisition de la citoyenneté.

Conclusions 

Pour conclure, on soulignera quelques-uns des principaux points d’intérêt de cette documentation.

1. D’abord, ce corpus présente l’avantage de permettre l’identification de ces noms comme étant clairement locaux, contrairement à ce que l’on constate dans les corpora d’autres régions, comme par exemple en Britannia, où il n’est pas possible de déterminer avec certitude si les porteurs de noms celtiques sont des locaux ou des personnes venant du continent27. D’un point de vue linguistique, cette documentation constitue ainsi une preuve directe de l’utilisation du latin par les indigènes et est donc pertinente pour comprendre le processus de latinisation et de substitution linguistique à l’œuvre dans la péninsule. Cela montre, en fait, comment l’introduction du latin en Hispania s’est faite par deux voies complémentaires : d’une part, le latin était la principale langue d’expression des Italiens (soldats, colons, marchands) établis en péninsule Ibérique ; d’autre part, c’était aussi la langue adoptée progressivement par les élites indigènes. Certaines inscriptions du corpus documentent, en effet, un processus de latinisation avancé, comme par exemple la stèle de Cornelia Sirasteiun, trouvée à Alcañiz (aujourd’hui province de Teruel), qui présente un carmen epigraphicumd’une certaine complexité, démontrant ainsi une maîtrise avancée du latin et ses conventions littéraires en contexte indigène au Ier s. p.C.28 ; d’autres, en revanche, montrent un usage encore hésitant du latin, comme on peut le constater dans l’inscription rupestre d’Osséja (Ferrer et al. 2018, 177).

2. En second lieu, l’étude onomastique prenant en compte chaque zone linguistique apporte des informations pertinentes pour la compréhension du processus de romanisation des différentes zones culturelles de la péninsule Ibérique : il est ainsi possible de distinguer le phénomène d’évolution onomastique des Ibères de celui des Celtibères, des Vasco-Aquitains, des Lusitaniens etc. Cela permet d’observer différentes formes et différents rythmes d’adaptation, étant entendu que ces communautés linguistiques n’étaient elles-mêmes homogènes et qu’il pouvait y avoir des différences notables de comportement entre les différentes tribus. Comme on le sait, tous les peuples ibériques n’ont pas réagi de la même manière à la domination de Rome : certains d’entre eux ont été plus philo-romains que d’autres. Notre corpus permet ainsi d’observer des différences significatives entre l’Ultérieure, où la latinisation des noms est plus précoce, et la Citérieure, où les élites ont abondamment continué à utiliser l’ibère jusqu’à une date plus avancée. L’étude séparée des différentes zones linguistiques est également utile pour détecter les phénomènes d’hybridation entre les différents substrats préromains. Ces phénomènes semblent dessiner un monde dans lequel les zones linguistiques préromaines sont en cours de dissolution, probablement à cause d’une plus grande mobilité et de la propagation de la langue latine comme lingua franca parmi les différents peuples péninsulaires.

3. La survie de l’onomastique indigène après la conquête romaine permet également d’identifier deux espaces en péninsule Ibérique : un espace méditerranéen d’une part, et un espace intérieur et atlantique de l’autre. Dans le premier, où la culture écrite indigène était bien établie depuis longtemps, la conquête romaine a stimulé dans un premier temps cette dernière ; dans cet espace, le développement de l’épigraphie romaine au détriment de l’épigraphie indigène au Haut Empire entraîne la disparition presque immédiate de la culture locale. Cela expliquerait pourquoi les inscriptions latines mises au jour dans ces régions présentent très peu d’éléments culturels indigènes : les anthroponymes ibériques y sont rares et la mention des divinités locales est très anecdotique. Dans l’espace intérieur et atlantique, en revanche, où la culture écrite locale n’existait pas avant la conquête et dont les cultures indigènes se sont exprimées rapidement à travers l’épigraphie latine, l’adoption des pratiques épigraphiques latines n’a pas signifié la fin de la culture locale : on y constate ainsi la survivance de multiples éléments indigènes, en particulier l’onomastique, dans l’épigraphie latine de ces zones.

4. Enfin, d’un point de vue sociolinguistique, il est intéressant d’étudier ce que l’on peut déduire de l’identité de ces porteurs de noms ibériques afin d’identifier les moteurs du changement onomastique et linguistique. Sachant que la grande majorité d’entre eux sont des citoyens romains, c’est-à-dire des individus portant des duo ou tria nomina, où l’élément indigène apparaît sous forme de cognomen, la promotion sociale des élites indigènes semble avoir été l’un des facteurs clé de la latinisation linguistique et de la pleine adaptation aux coutumes romaines. En ce qui concerne le facteur de changement générationnel et le comportement linguistique, il convient de noter que l’orientation du changement du nom est toujours la même : les générations les plus anciennes portent des noms ibériques, tandis que les plus jeunes sont passées au latin (par exemple : le fils de Marcus Porcius Escerior est Marcus Porcius Nigrinus ; le fils de Calpurina Vrchatetel est Lucius Aemilius Seranus ; la petite-fille de Iunia Tannegadinia est Atilia Potita, et ainsi de suite). En fait, pas un seul cas dans le corpus ne contrevient à cette tendance. Cependant, la vitesse du changement onomastique n’est pas la même partout, ce qui permet d’entrevoir différentes attitudes à l’égard de l’abandon de l’onomastique indigène : ainsi, parfois, le nom a été latinisé avant même l’octroi de la citoyenneté latine ou romaine : Nigrinus Belsunis filius ; parfois, le nom ibérique a été abandonné lorsqu’on est devenu citoyen : L(ucio) Aemilio Montano Bacasitano Lacerilis f(ilio) ; parfois, enfin, le nom ibérique a été transmis pendant au moins une génération après l’adoption de la citoyenneté romaine : Q(uinto) Iunio Q(uinti) f(ilio) Gal(eria tribu) Aenibelì.

Malgré ces légères différences de rythme, il apparaît clairement que les noms ibériques ont été définitivement abandonnés entre la fin du Ier s. et le début du IIe s. p.C. Le changement des pratiques onomastique chez les Ibères doit ainsi être considéré comme la preuve directe d’une transformation culturelle et linguistique profonde, celle de l’abandon de la culture locale au profit des modèles romains, qui s’est intensifiée à l’époque d’Auguste et qui semble être pratiquement achevée au début du IIe s. p.C.

Annexe
Catalogue des noms ibériques attestés
en l’épigraphie latine d’Hispania29

1. Individus portant un idionyme péregrin d’origine ibérique

2. Individus portant les tria ou duo nomina
dont le cognomen ou le patronyme sont d’origine ibérique

Abréviations

AE : Année Épigraphique.
BDH : Hesperia. Banco de Datos de Lenguas Paleohispánicas, http://hesperia.ucm.es.
CIL : Corpus Inscriptionum Latinarum.
CILA : González Román C. et J. Mangas Manjarrés, éd. (2002) : Corpus de Inscripciones Latinas de Andalucia. III : Jaén, Séville
EE : Ephemeris Epigraphica.
ELRH : Díaz Ariño, B. (2008) : Epigrafía latina republicana de Hispania, Barcelone.
HEp : Hispania Epigraphica, Madrid 1989-.
HEpOl : Hispania Epigraphica Online.
IRC : Inscriptions romaines de Catalogne, Paris 1984-2002.
MLH : Untermann, J. (1975-1997) : Monumenta Linguarum Hispanicarum, Wiesbaden.

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Notes

  1. Université de Barcelone, programme de recherche Ramón y Cajal 2017. Cet article s’inscrit dans le cadre des projets “Hesperia: Lenguas, Epigrafía y Onomástica Paleohispánicas” (FFI2015-63981-C3-1-P) et LatinNow (ERC projects, grant agreement n°715626). Il a également compté avec le soutien d’une bourse Leonardo 2017 pour les chercheurs et les créateurs culturels, Fondation BBVA. Je remercie le laboratoire Ausonius et notamment Coline Ruiz Darasse de m’avoir aimablement invité à participer à cette journée d’étude.
  2. Pour la lecture adoptée, voir Orduña & Velaza 2012.
  3. Pour une interprétation du cognomen Tempestivus comme un Decknamen ou « nom de traduction », voir Simón 2017b. Un autre cas possible de ce phénomène pourrait être identifié dans la formule Nigrinus Belsunis filius (AE 2013, 912 ; Faria 2014, 169-170), car la racine ibérique bels peut être rapprochée de l’aquitain belex / belset du basque ancien beltz, avec le sens de “noir”. Le nom du fils, Belsun, pourrait être donc la traduction latine du nom du père, Nigrinus.
  4. Pour l’intégration des noms autochtones dans la formule onomastique romaine, voir Mayer 2002 ; Estarán 2009 ; Dondin-Payre 2012.
  5. Pour une introduction à la langue, l’écriture et l’épigraphie ibériques, voir récemment Moncunill & Velaza 2017.
  6. Moncunill & Velaza 2017b, 33-37.
  7. Je remercie O. Olesti de m’avoir fourni des informations pertinentes sur cette question. Pour les instrumenta scriptoria, voir Derks & Roymans 2002 ; Božič & Feugère 2004 ; Andrews 2012 ; Eckardt 2018. Concernant l’Hispania et les territoires ibériques, Alonso et al. 2012 et Alonso 2013 ; Rébé 2016 ; Simón 2016. Ce sujet est aussi abordé dans les chapitres dédiés à la péninsule Ibérique dans Coltelloni-Trannoy & Moncunill sous presse.
  8. Pour les implications identitaires et culturelles du changement onomastique, voir par exemple Adams 2003, 369-75 ; Dondin-Payre 2012 ; Mullen 2007, 36-38 ; Mullen 2013, 122-124.
  9. Les noms de personne ibères se trouvent compilés dans Monumenta Linguarum Hispanicarum de J. Untermann (vol. III.1) ; dans Rodríguez Ramos 2014, qui met à jour et synthétise les travaux antérieurs de l’auteur, et dans la série “Crónica de onomástica paleo-hispânica” d’A. Marques de Faria, avec différents numéros publiés depuis 2000, généralement dans Revista Portuguesa de Arqueologia. Voir aussi Moncunill 2010 et 2016 et les sections dédiées à l’onomastique indigène de la base de données Hesperia (http://hesperia.ucm.es/onomastica.php). Sur cette base de données, Vallejo 2016 et Moncunill & Velaza 2017a.
  10. Voir Gatti 1908 ; 1910 ; Criniti 1970. 
  11. Voir MLH, III.1, 195-196 avec la bibliographie antérieure.
  12. Les corpus de référence pour l’étude des langues paléohispaniques sont les Monumenta Linguarum Hispanicarum de J. Untermann et la Base de données Hesperia (http://hesperia.ucm.es). Dans ce travail, les inscriptions paléohispaniques sont cité d’après ces deux corpora (sous les sigles MLH ou BDH).
  13. Voir Mayer & Velaza 1993 ; Simón 2013, 21-294.
  14. Pour l’interprétation du terme ibérique eban comme équivalent au latin filius, voir Velaza 1994 et 2004 ; en revanche, Untermann 1984 et Rodríguez Ramos 2001, interprètent eban comme la traduction de coeurauit et soutiennent que la filiation est exprimée en ibérique juste par la juxtaposition de deux noms, le fils et le père, sans aucun appellatif.
  15. Sur la relation entre citoyenneté romaine et maîtrise de la langue latine, voir Adams 2003b.
  16. L’étude de l’onomastique indigène d’Hispanie documentée par l’épigraphie latine remonte aux travaux de Palomar 1957, Albertos 1966 et Untermann 1965 ; cependant, il n’existe pas encore d’étude spécifique des noms ibériques en épigraphie latine. Certains de ces noms sont compilés dans les recueils généraux d’anthroponymie ibérique (cf. note 9) ; voir aussi Moncunill 2018, Simón 2015a, 2015b, 2018a, 2018b.
  17. CIL, I2, 709 et AE 1979, 377 respectivement.
  18. Ferrer et al. 2018.
  19. Un autre cas possible est : [- S]ulpicio L(uci) f(ilio) Gal(eria) Ennagael[i La]cetano(?) / [ex] opp[ido Iessone(?)] qui [s]ub Do[m]itiano / [e]merit[us est – – -] con/[f]ectis o[mnibus(?) – – -] qui/esc[it(?) – – -] suis / [- – -] Sulpi[cio Ennagael(?) II]vi[r(o) f]lami[n]i / [Se]ve[- – – fl]amin[i]/[ca(?) – – -]VM / [- – – coniu]gi et / [sibi – – – f]ecit / [- – – an(norum)] LVIII (HEp, 18, 452).
  20. La principale source documentaire pour l’anthroponyme ibérique reste, de loin, l’épigraphie ibérique elle-même. Cf. Moncunill 2016.
  21. Les inscriptions latines documentant une onomastique ibérique trouvées hors de la péninsule Ibérique sont très rares ; les seuls documents identifiés jusqu’à présent sont le bronze d’Ascoli et une inscription de Tocolosida, au Maroc (AE 1992, 1940), qui pourrait porter le nom Esdop[eles (voir Faria 2009, 161-2 et Bernard & Christol 2009, 195-196).
  22. Ammisa · Benil/tì · Aeturiq(um)· f(ilia) · / Clouti · Maure/icum · ux(or) · / h(ic) · s(ita) · e(st).
  23. Voir Simón 2015a.
  24. Sur la relation entre les noms de personnes et le statut juridique dans le monde romain, voir Alföldy 1966 ; Dondin-Payre & Raepsaet-Charlier 2001, ii-iv ; Raepsaet-Charlier 2009 ; Dondin-Payre 2011, 14-17.
  25. Alföldy 1966, 38 ; Dondin-Payre & Raepsaet-Charlier 2001, ii ; Raepsaet-Charlier 2009, 259-360.
  26. Abascal 1994, 27.
  27. Pour ce corpus, voir Mullen 2007.
  28. Simón 2017a ; Díaz Ariño sous presse.
  29. Notons qu’il existe également d’autres noms, dont la lecture est cependant fragmentaire ou douteuse : Acirsenio et Curtaanbasis (HEp, 3, 268) ; ]aurc(i)d(i)r (Faria 2016, 166) ; Belestice et Iscaniuse (CILA, III 1, 216) ; Caribelo (AE 1984, 597) ; Coniagellietar (IRC, II, 12) ; Irurciradin ou Turciradin (CIL, II, 2976) ; ]nnadisc[-]r (HEp14, 138) ; ]resunin (HEp, 12, 492) ; Sosinaibole (HEp, 12, 447) ; Sosumilus (EE, 9 358, cf. pour la lecture corrigée HEpOl, 18426) ; Vrchail (ELRH U28).
ISBN html : 978-2-38149-000-7
Posté le 02/03/2020
EAN html : 9782381490007
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Publié le 02/03/2020
ISBN livre papier : 978-2-38149-002-1
ISBN pdf : 978-2-38149-001-4
ISSN : 2741-1818
16 p.
Code CLIL : 3147
http://dx.doi.org/10.46608/UNA1.9782381490007.13
Identifiant auteur : https://orcid.org/0000-0002-5568-3377
licence CC by SA

Comment citer

Moncunill, Noemí, “Se nommer devant l’autre. L’adaptation des noms ibériques à la formule onomastique romaine”, in : Ruiz Darasse, Coline, Comment s’écrit l’autre ? Sources épigraphiques et papyrologues dans le monde méditerranéen antiques, Pessac, Ausonius éditions, collection PrimaLun@ 1, 2020, 173-189, [En ligne] https://una-editions.fr/se-nommer-devant-lautre-ladaptation-des-noms-iberiques-a-la-formule-onomastique-romaine [consulté le 15 juin 2020].

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