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38• Entre Héduens et Lingons : Alésia gallo-romaine

“Entre Héduens et Lingons : Alésia gallo-romaine”, in :
J.-P. Bost, J.-M. Roddaz, F. Tassaux (éd.), Itinéraire de Saintes
à Dougga. Mélanges offerts à Louis Maurin, Ausonius Mémoires 9,
Bordeaux, 2003, p. 61-70.

Les dizaines de milliers de touristes qui, chaque année, se rendent à Alise-Sainte-Reine à la recherche des traces de César et de Vercingétorix, en reviennent le plus souvent fort déçus : en lieu et place d’un champ de bataille célèbre, fondateur de l’histoire de France, ils doivent se contenter de visiter les ruines très arasées d’une petite bourgade gallo-romaine, en apparence assez banale, et cette lacune de l’aménagement n’a pas peu contribué au doute qui s’est peu à peu emparé de certains esprits sur la localisation réelle de ce site réputé historique. Il est vrai que les vestiges du siège, provisoires et construits en matériaux périssables, ont depuis longtemps disparu, tandis que les restes en pierre de l’habitat gallo-romain ont été mieux préservés sous la surface des champs qui occupent aujourd’hui le plateau du Mont-Auxois.

La ville impériale ne surgit pourtant pas du néant, comme l’ont montré diverses recherches récentes : l’occupation humaine sur le site, au sens large, est en effet continue depuis l’âge du Bronze au moins, et ses traces ont été reconnues tant dans les plaines alluviales que sur les plateaux alentour ou sur l’oppidum lui-même1. Pour la période de la conquête, on connaît désormais une fortification de type murus gallicus aux deux extrémités du Mont-Auxois2 ; surtout, sous le centre public d’époque impériale, des sondages menés par J. Bénard ont révélé des niveaux protohistoriques dont la stratigraphie remonte au moins aux années 60 avant notre ère, peut-être même à La Tène D1, avec une organisation spatiale qui laisse penser qu’existait déjà, sous le forum ultérieur, une sorte de place publique3. Le nom de cette ville est clairement ALISIIA, comme l’atteste une inscription en langue gauloise découverte, en 1839, dans le sanctuaire d’Ucuetis (CIL XIII, 2880)4. Ses habitants, mentionnés dans des tessères de plomb d’époque impériale, sont appelés Ali(sienses) ou Alisiens(es)5.

Le peuple auquel appartenaient ces premiers Alisiens disparaît pourtant des sources après la conquête. Mentionnés par César en 52 (BG, 7.68), les Mandubii sont encore cités par Strabon (4.2.3, ou C 191), mais il est clair, dans ce dernier cas, qu’il s’agit là, pour le géographe d’Amasée, d’une réminiscence historique. Ni Pline ni Ptolémée ne les connaissent plus, bien que Pline fasse état des artisans bronziers d’Alésia (HN, 34.162-163). Sans doute ont-ils été “attribués” à l’une des grandes cités voisines, après la défaite de Vercingétorix ou, plus probablement à notre sens, lors de l’organisation augustéenne de la Gaule, mais aucune source n’évoque cette opération au demeurant classique. Leur devenir a suscité d’autant plus d’hypothèses que les ruines gallo-romaines, où l’on reconnaît non seulement un théâtre, mais surtout un centre monumental, avec un forum, une basilique, et peut-être même une curie font de cette ville une quasi cité, dont l’apparat monumental étonne dans ce qu’il est convenu d’appeler une “agglomération secondaire”, dont les organes politiques ne justifient a priori pas de telles installations. C’est ce dossier, souvent traité, que nous voudrions ici rouvrir, à la lumière de quelques recherches récentes.

Dans l’Antiquité tardive, Alise, chef-lieu du pagus al(i)s(i)ensis, qui deviendra l’Auxois, dépendait de l’évêché d’Autun, ce qui laisse généralement supposer que la ville et son territoire étaient auparavant rattachés à la cité héduenne6. L’examen des cartes anciennes du diocèse d’Autun montre d’ailleurs une curieuse excroissance au sein de celui de Langres, qui correspond à l’Auxois. Cette appartenance remonterait à une haute antiquité, si l’on en croit les pages que C. Jullian a consacrées aux quatre nations centrales de la Gaule indépendante, puisque celui-ci considère les Mandubiens comme clients des Héduens7. Cette subordination a pourtant été contestée, d’abord par M. Chaume8, puis de nouveau par J.-B. Colbert de Beaulieu dans ses études sur le monnayage Lingon9. Pour ce savant, en effet, qui suivait en cela une opinion constante depuis H. de La Tour, les monnaies celtiques ne pouvaient avoir été émises que dans ces centres de pouvoir politique qu’étaient les cités gauloises indépendantes. L’absence de monnayage Mandubien identifié, mais la présence majoritaire sur le site d’Alise de pièces d’argent à la légende de KAΛETEΔΥ, attribuées aux Lingons, faisait des Mandubiens, ipso facto, des clients de leur grand voisin du nord. Cette opinion a, depuis lors, été largement reprise, au point de passer désormais pour une vérité démontrée et incontestable10.

L’attribution stricte aux Lingons de ces KAΛETEΔΥ, particulièrement de celles qui portent aussi le nom de SVLLA, a toutefois été remise en cause, notamment par K. Gruel, pour qui la chronologie traditionnelle des premières émissions, fondée sur le nom du dictateur romain, doit sensiblement être remontée : il s’agirait en effet d’un grand oncle du célèbre Sylla, magistrat monétaire vers 15111, et c’est la première alliance entre les Héduens et les Romains qui serait ainsi commémorée. Ces pièces calquées sur le denier, qui circulent dans tout le Centre-Est et font entrer cette partie de la Gaule dans l’orbite économique romaine, ne seraient sans doute pas des émissions civiques, frappées par une cité particulière, ce qui expliquerait leur très large diffusion, bien au-delà des frontières lingonnes ; les séries tardives pourraient être liées à la présence militaire romaine pendant la guerre des Gaules, puisqu’on en trouve notamment dans tout le Grand Est, même si un atelier à Langres même a pu exister avant la conquête12. Si cette opinion se confirmait, c’est l’hypothèse des relations de clientélisme entre les Mandubiens et leur voisin du nord qui perdrait une grande partie de sa force. D’ailleurs, même en tenant compte des attributions “traditionnelles” entre peuples, et à supposer que celles-ci soient confirmées dans l’avenir par de nouvelles études, les monnaies découvertes dans les niveaux précoces du “Centre public d’Alésia” ne permettent pas, à notre sens, de trancher vraiment, en raison de la faiblesse statistique de l’échantillon, limité, pour l’horizon 1, antérieur à la conquête, à 33 monnaies, dont 14 sont “lingonnes”, 9 “séquanes” et 6 “héduennes”, même si 5 de celles-ci appartiennent à la phase précoce de cette occupation13. Il manque en outre une publication précise des monnaies des horizons suivants pour évaluer numériquement l’augmentation des monnaies “lingonnes”14. Il nous paraît donc que l’argument monétaire a été surexploité et surtout a donné lieu à des interprétations historiques un peu forcées si on considère les conclusions politiques qu’on en tire. La même réserve s’impose vis-à-vis de la thèse soutenue récemment par J. Bénard, et au vu du même échantillon numismatique : pour cet auteur, en effet, la numismatique montrerait une influence héduenne prépondérante au début du Ier siècle avant notre ère, avant un changement autour de la guerre des Gaules, en faveur des Lingons15. Il apparaît au demeurant que les potins “à la grosse tête” LT 5368, diffusées concurremment par les Héduens et les Lingons, dépassent désormais en nombre les espèces proprement “lingonnes” sur le site16. De son côté, P. Barral a montré que le facies céramique bien caractéristique du “pays mandubien”, avant l’arrivée de César en Gaule, semble tout-à-fait particulier et autonome, et que ceci plaide plutôt pour une véritable indépendance des Mandubiens à cette époque ; à l’inverse, l’analyse des productions postérieures à la conquête rapproche le matériel alisien, au sens large, du monde lingon, ce qui plaide sinon strictement pour des relations de dépendance politique, du moins pour des échanges culturels et économiques accrus17. Au vu de ces informations, souvent imprécises et contradictoires, on se gardera de toute conclusion définitive sur l’appartenance des Mandubiens à la mouvance politique de telle ou telle grande cité voisine, avant l’arrivée de César comme immédiatement après l’épisode du siège. L’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’une véritable autonomie politique, avec un facies matériel original, notamment pour la céramique, ce qui traduit sans doute l’existence d’un isolat avant que le brassage des hommes et des économies, aux lendemains de la conquête, ne vienne modifier cette situation.

Pour l’époque impériale, le dossier épigraphique d’Alésia, fort mince, ne permet pas non plus d’avancer une opinion assurée, quoi qu’on en ait dit récemment18, et une révision sur place des différents fragments conservés nous a convaincu qu’il était vain de vouloir en attendre des révélations importantes. La seule inscription complète est celle du célèbre Ti. Claudius Professus Niger, qui, après une carrière bien remplie chez les Héduens et les Lingons a dédié un portique au dieu Moritasgus19. Nous sommes évidemment en face d’un notable qui possédait des intérêts variés dans plusieurs cités de la région et non pas exclusivement à Langres. La présence de LING[ONES]20 dans une autre inscription très mutilée (CIL XIII, 2878) mais de la même main, apparemment, que CIL XIII, 2877d, où figure un ORDO[—] / CIVITA[—] / ET OMNES [—] / OMNIBVS AP[VD — n’entraînera pas non plus la conviction définitive qu’Alésia appartient à la mouvance lingonne21. Les institutions civiques mentionnées dans l’épigraphie alisienne ne sont d’aucun secours dans cette question : l’ordo évoqué dans l’inscription précédente peut être aussi bien Lingon qu’Héduen, comme le flamen de CIL XIII, 2877a, les décurions de CIL XIII, 2883, ou enfin le s]acerdos Romae et Aug(usti) de CIL XIII, 11252 puisque, dans tous les cas de figure, ces magistrats n’appartiennent pas à un corps civique autonome mais proviennent d’une cité voisine à laquelle sont évidemment rattachés les Alisienses22. En somme, rien n’interdit de penser qu’Alésia gallo-romaine ressortit à la mouvance lingonne, mais rien non plus n’y contraint, et la preuve décisive reste à faire.

L’appartenance provinciale des Mandubiens n’est pas, dans ces conditions, des plus assurées, au point que M. Dondin-Payre et M.-T. Rapsaet-Charlier considèrent le corpus épigraphique d’Alise tantôt dans le cadre des institutions des Trois Gaules et tantôt dans celui des Germanies23. E.M. Wightman avait autrefois proposé de considérer que les Lingons auraient d’abord été rattachés à la Lyonnaise, avant d’être, dès le règne d’Auguste, placés en Belgique, puis, sans doute sous les Flaviens, en Germanie24. Mais le passage de Strabon (4.3.1) sur lequel elle s’appuie pour supposer que le territoire de Langres avait d’abord été rattaché à la Lyonnaise est moins explicite qu’elle ne le disait25 : Ταύτης δὲ τῆς χώρας τὰ ὲν ἄνω μέρη τὰ πρὸς ταῖς πηγαῖς τῶν ποταμῶν τοῦ τε Ῥήνου καὶ τοῦ Ῥοδανοῦ, μέχρι μεσῶν σχεδόν τι τῶν πεδίων ὑπὸ τῷ Λουγούνῳ τέτακται, τὰ δὲ λοιπὰ και παρωκεανιτικὰ ὑπ᾽ἄλλῃ τέτακται μερίδι, ἣν ἰδίως Βέλγαις προσνέμουσιν, ce qui ne permet pas du tout de décider si les Lingons, et encore moins les Mandubiens, appartenaient à la Lyonnaise ou à la Belgique au tout début de l’Empire, car les notions topographiques employées par Strabon sont trop vagues pour être décisives, à notre sens. Quant à la liste plinienne (4.106), qui ne mentionne pas les Mandubiens, on ne sait trop, comme le dit elle-même E. M. Wightman, si elle remonte à une source augustéenne, avec une correction ultérieure possible pour les Trévires (liberi antea), ou à une mise à jour flavienne. L’impression prévaut toutefois qu’elle reflète un état assez ancien, antérieur aux événements de 69-70.

Ces années-là ont peut-être entraîné d’importantes modifications dans la géographie administrative du Centre-Est de la Gaule. Les Lingons notamment furent privés d’une partie de leurs territoires par Galba (Tacite, Hist., 1.53), alors que d’autres peuples comme les Séquanes et les Héduens se voyaient gratifier de la civitas romana (1.8 et 1.53-54). La rivalité entre les Lingons et leurs proches voisins semble alors exacerbée (Tacite, Hist., 1.64) au point que les premiers offrent des troupes à l’armée de Vitellius (1.57), détruisent les antiques monuments de l’alliance avec Rome et entrent en guerre contre les Séquanes (4.67), malgré l’octroi par Othon de la citoyenneté romaine (1.78), trop tardif pour enrayer la révolte. On sait que Frontin dut combattre plusieurs milliers de Lingons en armes, même si le chiffre de 60 000 paraît exagéré (Strat., 4.3.14) et que la rébellion dura jusqu’à la fin des années 70 (Dion Cassius 65.3), ce qui justifia l’implantation d’un camp légionnaire au sud du territoire Lingon, à Mirebeau26. M. Chaume puis E. M. Wightman ont supposé que c’est à cette occasion que les Lingons furent punis (par Galba, puis peut-être par Vespasien), et amputés au sud des Mandubii et au nord des Catuvellauni. Strabon 4.3.4 place en effet à l’ouest des Leuques un canton des Lingons, qui correspond au territoire de ce petit peuple, et ceci pourrait expliquer que Lucain (Pharsale, 1.305) situait les Lingons jusqu’aux Vosges, à l’époque augustéenne. Les Catuvellauni auraient pu alors être attribués aux Rèmes et les Mandubii aux Héduens pour punir la cité rebelle, à supposer naturellement que les Mandubiens aient alors été dans la mouvance lingonne, ce qui, on l’a vu, paraît moins assuré qu’on ne l’a dit quelquefois27.

On considère donc généralement que les Mandubiens constituent un pagus, au vu essentiellement de CIL XIII, 11252, fragment d’inscription sur lequel on lit seulement – – -]II V[IR ou IRI] / [- – -] PAG I[- – -, cette dernière lettre, surlignée, étant à notre sens un chiffre, plutôt que le début de MANDVBIORVM28. Cette hypothèse est probablement la meilleure, dans l’état actuel de notre documentation, très lacunaire, mais on voit sur quelle base étroite elle repose. Elle ne suffit toutefois pas vraiment à expliquer la parure monumentale d’Alésia, car on ne connaît guère, à l’heure actuelle, d’agglomération “secondaire” aussi bien doté de monuments publics, que ce soit en Gaule, dans les Germanies, en Bretagne ou dans le reste de l’Occident romain29. Il existe en effet une véritable contradiction entre le statut probable de pagus, qui, au terme de la Lex Iulia municipalis, ne comprend pas d’ordo municipal, et la présence d’une curie supposée à Alésia. On rappellera au demeurant que les sources épigraphiques n’ont livré pour l’instant aucun ordo decurionum dans un vicus ou un pagus, et qu’il n’y a pas de raison d’imaginer que la Gaule ait pu faire exception à cette règle30. Imaginer le contraire supposerait qu’on prouve de manière décisive que l’ordo mentionné dans les fragments épigraphiques d’Alésia est autonome et ne constitue point l’assemblée de la civitas tout entière – quelle qu’elle soit – à laquelle est rattachée Alésia, probablement par adtributio31. Or l’état extrêmement lacunaire du corpus épigraphique alisien ne permet certainement pas une telle affirmation.

L’évolution architecturale du centre public de l’Alésia gallo-romaine doit toutefois être considérée avec quelque attention si l’on ne veut surinterpréter sa signification historique. La documentation dont nous disposons, pour ce faire, reste toutefois fragmentaire, en l’absence d’une publication globale qui reprendrait l’ensemble des fouilles anciennes et les sondages plus récents, avec les stratigraphies et le matériel associé. Le complexe a en effet été largement fouillé au début de ce siècle par V. Pernet et J. Toutain (1906-1910) puis par H. Pernet et J. Toutain dans les années 30, et enfin par J. Bénard à partir de 1976 ; il faut se contenter actuellement de la synthèse générale qu’en a donnée ce dernier, sans que nous puissions évaluer les contextes archéologiques32.

Si l’on suit bien l’auteur et le schéma d’évolution chronologique qu’il a proposé (fig. 1), l’emplacement du futur forum est d’abord occupé par une place, dès le milieu du Ier siècle avant J.-C. au moins33. Cette place constitue de fait un espace libre devant le temple, et est bordé d’ateliers de métallurgistes. La voirie ne constitue pas alors un réseau organisé de distribution de l’espace urbain, et l’expression de “proto-forum”, parfois utilisée pour qualifier l’esplanade devant le temple, paraît dans ces conditions bien hardie. Après un réaménagement important du sanctuaire autour de l’époque augustéenne, la bordure sud de la place semble régularisée sous Tibère, avec notamment la construction d’un portique de façade, qui continue toutefois, apparemment, d’ouvrir sur des boutiques, et qui peut n’être que le fruit d’une succession de colonnades privées. C’est aussi dans le premier tiers du Ier siècle de notre ère que l’on voit se construire un nouveau murus gallicus qui chevauche une nécropole gallo-romaine, vers la pointe orientale de l’oppidum34. On trouverait un exemple comparable à Vertault, dont le rempart, non précisément daté, est toutefois postérieur à la conquête35. Cette opération édilitaire importante montre à la fois la prospérité d’Alésia, le maintien d’un certain rang dans la hiérarchie des agglomérations du Centre Est de la Gaule, mais aussi une tenace tradition celtique, à l’opposé de ce qu’on constate dans les chefs lieux de cité à la même époque, et cette appréciation n’est pas contredite par le facies matériel de la bourgade, tel que M. Mangin a pu le mettre en évidence dans les fouilles du quartier d’artisans situé à l’est du futur forum36.

  L’évolution supposée du centre public monumental d’Alésia, 
d’après J. Bénard, M. Mangin, R. Goguey, L. Roussel, 
Les agglomérations antiques de Côte-d’Or, ALUB, 522, 1994.
Fig. 1-2. L’évolution supposée du centre public monumental d’Alésia, d’après J. Bénard, M. Mangin, R. Goguey, L. Roussel, Les agglomérations antiques de Côte-d’Or, ALUB, 522, 1994.

À l’époque flavienne, une série d’opérations édilitaires étalées dans le temps permettent d’entourer le temple d’une galerie sur trois côtés, et de border la partie nord de la place d’un portique, sans fermer pourtant celle-ci vers l’est. Un macellum est alors édifié à l’angle sud-est du “forum”. C’est aussi à partir de cette période qu’est construit le théâtre37. Jusque là, on se trouve devant le cas, somme toute assez courant, d’une petite bourgade indigène qui se romanise progressivement, mais qui ne possède pas de centre civique, au sens romain du terme, ce qui est d’ailleurs conforme à son statut supposé. Tout au plus observe-t-on la présence d’une place bordée de boutiques, ce que d’autres agglomérations secondaires, notamment Vertault dans la même région, possèdent aussi : “forum-marché” si l’on veut, et non point centre politique, même s’il n’est point interdit aux notables de s’y réunir et d’entretenir un début de vie “municipale”, au sens moderne du terme.

La première construction basilicale n’intervient pas, aux dires des fouilleurs, avant le début du IIe siècle. Cette chronologie ne s’appuie toutefois pas sur des observations stratigraphiques nombreuses, précises et bien datées, car les premiers archéologues d’Alésia ont largement dégagé jusqu’aux fondations tous les niveaux du bâtiment et l’on trouve à plusieurs reprises, dans les rapports de fouilles récents, l’observation que seuls les niveaux profonds, antérieurs à la basilique étaient conservés au moment des recherches effectuées vers la fin des années 70 ; au demeurant, ces fondations basilicales ont été à plusieurs reprises restaurées, de sorte que l’observation des liaisons architecturales est devenue très difficile avec le temps38. C’est souvent par association avec des niveaux extérieurs au monument lui-même, ceux des ailes du forum ou du portique du temple, que les chronologies d’ensemble de ce complexe ont été avancées, ce qui supposerait qu’il fût homogène du point de vue de sa construction, hypothèse qu’il convient d’exclure. La liaison stratigraphique entre ces différents niveaux est toutefois extrêmement peu claire, au dire des fouilleurs eux-mêmes, et certains niveaux d’effondrement du portique nord du temple semblent avoir servi assez longtemps de sols, à une époque que l’on peut situer entre le milieu du IIIe siècle et le milieu du second, au vu des découvertes numismatiques. On ne sait trop, dans ces conditions, ce qui est datable, encore moins ce qui est vraiment daté. 

La série numismatique de l’horizon qui correspond à la construction de la basilique civile, étudiée par L. Popovitch, contient un lot homogène de 7 monnaies augustéennes, quatre moyens bronzes antonins et même deux monnaies d’Elagabal et de Postume, mais on ignore d’où proviennent exactement ces monnaies39. Encore faut-il préciser qu’au dire même des fouilleurs, toutes n’étaient pas en place car elles ont été découvertes dans les déblais des fouilles anciennes et parfois “réattribuées” à posteriori40. On est en outre surpris de voir circuler en même temps des monnaies augustéennes et des antoniniani. Une datation au début du IIe siècle paraît, dans ces conditions, difficile à accepter sans argumentation complémentaire, et notamment sans publication des ensembles céramiques associés et des stratigraphies.En réalité, cette datation semble reposer exclusivement sur l’analyse du plan et le terminus qu’offre la comparaison avec la basilique du forum de Trajan. Cette chronologie, due initialement à J. Toutain, a été reprise par P. Varène et a depuis lors subsisté41. De fait, la présence de deux absides, au nord et au sud, dans le grand d’axe de l’édifice, donne une apparence de cohérence à cette démonstration. Pour P. Varène, toutefois, la construction de l’abside centrale et de l’abside nord serait un ajout tardif à une construction primitive qui possédait initialement une abside au sud. Or cette affirmation, antérieure aux fouilles des années 70, semble totalement contredite par le schéma d’évolution architecturale qui prévaut aujourd’hui, et qui fait des absides nord et sud des ajouts tardifs du IIIe siècle42. Il y a donc une évidente contradiction entre la datation, qui repose sur l’idée d’une imitation provinciale de la basilique ulpienne, et l’observation postérieure selon laquelle les absides ont été ajoutées bien après le début du IIe siècle. La chronologie traditionnelle d’une fondation sous Trajan a malgré tout été maintenue, alors que l’argument sur lequel elle reposait était devenu caduc et qu’aucune démonstration stratigraphique n’était venue la remplacer

La première basilique, supposée construite au début du IIe siècle, comprend, à l’ouest, une abside sur son grand côté, où l’on a voulu reconnaître une curie, en raison notamment de la présence de décurions dans l’épigraphie alisienne43, ce qui constitue en soi un raisonnement circulaire, mais aussi par analogie avec d’autres basiliques de même type, notamment celle d’Augst44. Cette assimilation doit toutefois, à notre sens, être prise avec prudence, au moins tant que la date de construction de la basilique civile d’Alésia n’aura pas été déterminée avec une plus grande précision : il en effet très probable que les décurions mentionnés épigraphiquement à Alise soient ceux d’un ordo extérieur, probablement Héduen à cette époque, et très improbable qu’il ait pu y avoir une curie à Alésia avant au moins la constitution antoninienne, si ce n’est bien au-delà, et même au IVe siècle. L’ultime transformation du bâtiment, datée par J. Bénard et M. Mangin du début du IIIe siècle, pourrait bien être encore plus tardive, si l’on en croit la présence d’antoniniens du milieu du IIIe siècle dans les couches jugées contemporaines de cette reconstruction45. Au demeurant, est-on bien certain que l’abside centrale de la basilique d’Alésia abritait une curie ? La comparaison avec les monuments comparables de Boutae(“Les Fins d’Annecy”) et de Corinthe (“South Basilica”), effectuée par J. Balty, est de ce point de vue intéressante, car il s’agit là d’exèdres, mais il est vrai que celle d’Alésia est sensiblement plus vaste46.

Non liquet. Si nous ne sommes pas en mesure de proposer une reconstitution nouvelle de l’histoire d’Alésia gallo-romaine, faute de sources claires et précises, il convient d’être très prudent sur l’interprétation des faits que nous venons d’analyser et sans doute être plus prudent que ne l’est l’actuel “Guide d’Alésia”47. Il est clair que l’occupation humaine est très ancienne sur le site d’Alésia et que l’épisode césarien n’a nullement rompu cette continuité ; l’oppidum lui-même semble occupé plusieurs décennies avant la guerre des Gaules, à en juger par les lambeaux stratigraphiques aujourd’hui connus ; il n’est pas en revanche indispensable de considérer la place qui précède l’espace public impérial comme une sorte de “forum” avant la lettre, avec l’ensemble des fonctions politiques attachées à ce terme dans le monde méditerranéen. Les villes protohistoriques – on le sait notamment depuis la découverte du bassin de Bibracte – n’étaient pas nécessairement dépourvues d’espaces publics, ce qui ne signifie point qu’on puisse comparer ces places à celles des cités du monde classique. À Alésia, cette place de facto subsista très longtemps sans subir une véritable régularisation urbanistique et sans qu’y fussent associées des fonctions politiques municipales. Ce n’est au fond qu’au terme d’un très long processus que la parure monumentale propre aux cités de plein exercice vient régulariser et compléter la vieille place. Les sources historiques manquent ici pour juger des raisons qui ont provoqué cette transformation civique, qui ne serait pas étonnante à une date très tardive. Jusque là, il n’y a pas de raison pour considérer Alésia autrement que comme une agglomération “secondaire”, sans statut dérogatoire au droit municipal ordinaire, malgré la réputation de ses sanctuaires et de ses artisans, malgré aussi le souvenir de César et de Vercingétorix. Sans doute attribuée sous Auguste, en raison de l’étroitesse de son corps civique, à l’une des deux grandes cités voisines, sans que nous puissions avec certitude identifier celle-ci, elle appartient probablement au monde Héduen au moins depuis les guerres civiles de 69-70. On ne saurait aller bien au-delà de ces affirmations, dans l’état actuel de nos connaissances.

Ce texte a été écritavant la construction du Muséoparc d’Alésia.

On ajoutera désormais A. Colin, “Un murus gallicus du Ier siècle ap. J.-C. à Alésia, La Croix-Saint-Charles (Alise Sainte-Reine, Côte-d’Or)”, in : S. Fichtl (éd.), Murus Celticus. Architecture et fonctions des remparts de l’âge du Fer. Table ronde internationale, 11-12 octobre 2006, Bibracte 19, Glux-en-Glenne, 2010, p. 123-133 ; F. Creuzenet, “Architecture et chronologie du rempart d’En Curiot à Alésia (Alise-Sainte-Reine, Côte-d’Or)”, ibid., p. 92-122.

Voir maintenant l’article de Colin 2010 (note additionnelle).

F. Creuzenet, A. Olivier, “La basilique civile d’Alésia (Alise-Sainte-Reine, Côte-d’Or) : nouvelles observations sur la façade”, RAE, 56, 2007, p. 337-347, ont repris cette question avec un argumentaire nouveau et maintenu la datation traditionnelle.

Notes

  1. C. Mordant, “Les vestiges de l’âge du Bronze”, in : M. Reddé, S. von Schnurbein (éd.), Alésia. Recherches franco-allemandes autour du Mont-Auxois (1991-1997), Paris, MAIBL, 2001, p. 105-122. P. Barral, M. Joly, “L’occupation à l’âge du Fer et à l’époque romaine autour du Mont-Auxois”, ibid., p. 123-163.
  2. F. Creuzenet, “Les Gaulois à Alésia (Alise-Sainte-Reine) nouveaux éléments”, RAE, 44, 1993, p. 211-220 ; F. Creuzenet, “Habitat gaulois et urbanisme gallo-romain : la fouille d’En Curiot à Alésia”, Bull. de la Soc. des Sciences Hist. et Nat. de Semur en Auxois, t. VII, fasc. 1, 1994, p. 2-13 ; Ead., “Fortification et habitat gaulois sur le site d’ ‘En Curiot’ à Alésia”, Bull. de la Soc. des Sciences Hist. et Nat. de Semur en Auxois, t. X, fasc. 1, 1997, p. 3-14. E. Espérandieu, “Fouilles de La Croix-Saint-Charles au mont Auxois (Alésia) : rapport sur les fouilles de 1911”, Bull. Arch. du Com. des Trav. Hist., 1912, p. 189-209 ; E. Espérandieu, “Fouilles de La Croix-Saint-Charles au mont Auxois (Alésia) : rapport sur les fouilles de 1912”, Bull. Arch. du Com. des Trav. Hist., 1914, p. 812-816 ; G. Fourier, “Rapport sur les fouilles au nord-ouest de La Croix-Saint-Charles”, Mém. Com. Antiq. de la Côte-d’Or, 18, 1921-26, p. 49-54
  3. J. Bénard, Les niveaux précoces du centre public d’Alésia, Thèse de IIIe cycle, Université de Bourgogne, Dijon, 1989 ; id., “L’agglomération de l’oppidumd’Alésia à La Tène D2 : un exemple de proto-urbanisation en Gaule”, RAE, 48, 1997, p. 119-165.
  4.  C. Maillard de Chambure, “Rapport sur les fouilles faites à Alise en 1839”, Mém. CACO 1838-1841, n.s. 1, p. XL et 101-127. L’inscription a été republiée et commentée par M. Lejeune, “La dédicace de Martialis à Alise”, REA, 81, 1979, pp. 251-260 ; id., Recueil des inscriptions gauloises, II, 1. Textes gallo-étrusques. Textes gallo-latins sur pierre, Gallia Suppl. 14, CNRS, 1988, p. 147-155. 
  5. J. Le Gall, “Tessère en plomb trouvée à Alésia”, BSNAF, 1974, p. 45-53.
  6. M. Chaume, Les origines du duché de Bourgogne, II, Géographie historique, Dijon, 1931 pp. 781 et 858-866 ; J. Marilier, in : J. Le Gall, E. de Saint-Denis, R. Weil, Alésia. Textes littéraires antiques, textes médiévaux par Mr. L’abbé J. Marilier, Paris, Les Belles Lettres, 1973, p. 173.
  7. C. Jullian, Histoire de la Gaule, Paris, 1920-1926, I, p. 421. Sur les frontières des cités dans cette région, on verra Chaume 1931 (note 6) et le point plus récent de la question dans C. Goudineau, C. Peyre, Bibracte et les HéduensÀ la découverte d’un peuple gaulois, Paris, 1993, p. 143-169.
  8. Chaume 1931 (note 6), p. 104-107, a soutenu que le territoire originel des Mandubiens était beaucoup plus vaste que l’Auxois et qu’il avait été donné aux Lingons par César, en récompense de leur fidélité pendant la guerre des Gaules, avant d’être partagé lors de leur punition en 69. Mais il ne s’agit là que d’une hypothèse parmi bien d’autres. Nous ne mentionnons ici que pour mémoire la thèse de J. Carcopino, qui voyait dans les Mandubiens des clients des Séquanes, mais dont la démonstration n’a généralement pas convaincu (Alésia et les ruses de César, Paris, 1958).
  9. J.-B. Colbert de Beaulieu, “La monnaie de Caletedu et les zones du statère et du denier en Gaule”, RAC, 1966, p. 101-129 ; “Le statut politique des Mandubii et le témoignage de la numismatique”, Hommages à Marcel Renard IIICollection Latomus, 103, 1969, p. 146-153.
  10. Voir par exemple J. Bénard, M. Mangin, R. Goguey, L. Roussel, Les agglomérations antiques de Côte-d’Or, ALUB, 522, 1994, p. 33. M. Mangin, P. Fluzin, J.-L. Courtadon, M.-J. Fontaine, Forgerons et paysans des campagnes d’Alésia (Haut-Auxois, Côte-d’Or). Ier siècle avant VIIIe siècle après J.-C., Paris, 2000. 
  11. M. H. Crawford, Roman Republican Coinage, Cambridge, 1974, 255/1 (= RRC 386).
  12. K. Gruel, “Les prototypes des monnaies gauloises, les raisons de leur choix”, in : De la Méditerranée vers l’Atlantique : aspects des relations entre la Méditerranée et la Gaule centrale et occidentale (VIIIe-IIsiècle av. J.-C.), Rennes, 2006, p. 67-74 ; K. GruelJ.-N. Barrandon, “Les deniers gaulois du Centre-est”in : B. Kluge, B. Weisser (éd.), XII. Numismatischer Kongress, Berlin 1997, Berlin, 2000, p. 402-408. Voir aussi déjà D. F. Allen, “The coins found at La Tene”, Études celtiques, 13, 1972, p. 477-521.
  13. Bénard 1997 (note 3), p. 161-162.
  14. B. Fischer, “Les potins d’Alésia”, Gallia, 52, 1995, p. 37-42 a donné un certain nombre d’indications générales, mais où figurent à la fois les monnaies du siège, celles des fouilles anciennes d’Alise et celles du centre public monumental, ce qui ne facilite pas la statistique.
  15. Bénard 1997 (note 1) ; P. Barral remarque au demeurant une prédominance des quinaires d’argent, espèce essentiellement interrégionale, dans cet échantillon (cf. P. Barral, J.-P. Guillaumet, P. Nouvel, “Les territoires de la fin de l’âge du Fer entre Loire et Saône : les Éduens et leurs voisins. Problématiques et éléments de réponse”, in : D. Garcia, F. Verdin (éd.), Territoires celtiques. Espaces ethniques et territoires des agglomérations protohistoriques d’Europe occidentale, XXIVe Colloque de L’AFEAF, Martigues, 2002, p. 271-296). 
  16. Fischer 1995 (note 12) ; Barral 2002 (note 15).
  17. Barral, Joly 2001 (note 1). 
  18. Bénard et al. 1994 (note 10), p. 58. 
  19. CIL XIII, 2873 : Ti(berius) Cl(audius) Professus Niger omnibus / honoribus apud Aeduos et / Lingonas functus deo Moritasgo / porticum testamento poni / iussit suo nomine et Iuliae / Virgulinae uxoris et filiarum / Cl(audiae) Professae et Iuliae Virgulae.
  20. Le titre de quaestor n’est pas mentionné dans cette inscription contrairement à la supposition, formulée d’ailleurs très prudemment, de M. Dondin-Payre, “Magistratures et administration municipale dans les trois Gaules”, in : M. Dondin-Payre, M.-T. Rapsaet-Charlier, Cités, municipes, colonies. Les processus de municipalisation en Gaule et en Germanie sous le Haut-Empire romain, Paris, 1999, p. 156.
  21. Revu au musée d’Alésia, grâce à l’obligeance d’E. Rabeisen. En revanche il faut sans doute séparer CIL XIII, 2877b et d, dont la graphie est différente.
  22.  Il va de soi – mais c’était déjà l’opinion de J. Le Gall, Alésia, archéologie et histoire, Paris, 1963, p. 133-134 – que la découverte d’un fragment d’inscription I.O.[M] (CIL XIII, 11244) ou la mention d’une liberalitatem statuam Iovis (CIL XIII, 11245) n’impliquent pas la présence d’un Capitole.
  23. Dondin-Payre, Raepsaet-Charlier 1999 (note 20).
  24. E. M. Wightman, “The Lingones: Lugdunensis, Belgica or Germania Superior?”, Studien zu den Militärgrenzen Roms II, Vorträge des X. Limeskongresses in der Germania Inferior, Cologne-Bonn 1977, p. 207-217.
  25.  “Sa partie supérieure, à savoir la région du Rhin et du Rhône à peu près jusqu’au milieu des plaines, a été subordonnée à Lugdunum et le reste, y compris le littoral océanique, à une autre division territoriale, qu’on a attribuée nommément aux Belges” (trad. F. Lasserre, CUF, 1966).
  26. R. Goguey, M. Reddé (éd.), Le camp légionnaire de Mirebeau, RGZM, Mayence, 1995.
  27. Wightman 1977 (note 24) et déjà Chaume 1931 (note 6).
  28. CIL XIII, 2877a est en revanche douteux.
  29. Voir J.-P. Petit, M. Mangin (éd.), Les agglomérations secondaires. La Gaule Belgique, les Germanies et l’Occident romain, Paris, 1994 ; B.C. Burnham, J. Wacher, The “small towns” of Roman Britain, Londres, 1990.
  30. Contrairement à ce que suppose R. Chevallier, “Problèmes de l’occupation du sol dans la Gaule romaine”, in : I Diritti locali nelle provincie romane, Rome, 1974, p. 312 ; on trouvera le point sur toutes ces questions dans la thèse de J. C. Balty, Curia ordinis. Recherches d’architecture et d’urbanisme antiques sur les curies provinciales du monde romain, Mémoires de la classe des Beaux-Arts, 2e série, XV, 2, Bruxelles, 1991 ; les sources sont commodément rassemblées dans Dondin-Payre, Raepsaet-Charlier 1999 (note 20).
  31. Rappelons ici la phrase d’Isidore de Séville (Et., 15.2.11) : vici et castella et pagi hi sunt qui nulla dignitate civitatis ornantur, sed vulgari hominum conventu incoluntur, et propter parvitatem sui majoribus civitatibus adtribuuntur.
  32. Bénard 1997 (note 3) p. 34-42 ; des rapports sommaires de fouilles ont toutefois été publiés dans La Tour de l’Orle d’Or, publication de la société des Sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, de 1976 à 1984. Pour les fouilles anciennes, on se reportera à la bibliographie citée dans P. Varène, “Petit édifice d’Alésia à décor en spirales”, Gallia, 22, 1964, p. 63-85, sc. p. 82.
  33. Bénard 1997 (note 3).
  34. Le murus “Fourier” : fouilles d’A. Colin, inédites, dans le cadre du programme de recherches sur les travaux de César.
  35. M. et J.-M. Mangin, “Le murus gallicus de Vertault – Sondages et reconstitution partielle”, Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Châtillonnais, 5e série, 1988, n°1, p. 23-26. 
  36. M. Mangin, Un quartier de commerçants et d’artisans d’Alésia, contribution à l’histoire de l’habitat urbain en Gaule, Paris, Les Belles Lettres, 1981.
  37. S. Sindonino, Théâtre antique 2001. Fouille d’évaluation, DFS, Dijon, 2002.
  38. TOO 1977 p. 8 ; 1978, p. 4. 
  39. L. Popovitch, Les monnaies romaines du siège et de la ville d’Alésia. Chronologie et circulation monétaire, thèse de lettres, Dijon, 1996, I, p. 76.
  40. TOO 1977, p. 10.
  41. Voir l’article de Varène 1964 (note 32).
  42. Bénard 1997 (note 1), p. 37-39.
  43. Bénard, Mangin 1994 (note 10), p. 37-39 ; sur les décurions, supra.
  44. Voir notamment J.-C. Balty, Curia Ordinis. Recherches d’architecture et d’urbanisme antiques sur les curies provinciales du monde romain, Bruxelles, 1991 ; P. Gros, L’architecture romaine, I, Les monuments publics, Paris, 1996, p. 255-259.
  45. Popovitch 1996 (note 38).
  46.  Balty 1991(note 43), p. 413.
  47. J. Le Gall, Alésia. Le siège de la forteresse gauloise par César. La ville gallo-romaine. Le culte de sainte Reine, Paris, 1985.
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EAN html : 9782356134899
ISBN html : 978-2-35613-489-9
ISBN pdf : 978-2-35613-490-5
ISSN : 2827-1912
Posté le 23/12/2022
11 p.
Code CLIL : 4117; 3385
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Licence ouverte Etalab

Comment citer

Reddé, Michel, “38. Entre Héduens et Lingons : Alésia gallo-romaine”, in : Reddé, Michel, Legiones, provincias, classes… Morceaux choisis, Pessac, Ausonius éditions, collection B@sic 3, 2022, 547-558, [en ligne] https://una-editions.fr/38-alesia-gallo-romaine [consulté le 29/12/2022].
doi.org/10.46608/basic3.9782356134899.44
Illustration de couverture • Première• La porte nord du camp C d'Alésia, sur la montagne de Bussy en 1994 (fouille Ph. Barral / J. Bénard) (cliché R. Goguey) ;
Quatrième• Le site de Douch, dans l'oasis de Khargeh (Égypte) (cliché M. Reddé, 2012)
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