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Table-ronde 5. Repenser l’approche de la frontière   
Discussions

Table-ronde 5. Repenser l’approche de la frontière   
Discussions

présidées par

Sur l’observation

Géraldine Bachoué Pedrouzo

Ma question s’adresse à Marc Trinqué et Xabier Velasco Echeverria. De formation, vous êtes plutôt géographes ou urbanistes. Je me demandais en quoi les autres disciplines pouvaient vous venir en aide dans votre travail d’observation transfrontalière.

Marc Trinqué

Le territoire est le réceptacle de toutes les politiques publiques. Toute approche, quelle qu’elle soit, sur le développement, la vie du territoire, jusqu’à la culture, vient questionner le territoire, ne serait-ce que dans la distribution de l’offre, l’organisation des équipements, leur accessibilité, leur fréquentation. De très nombreux domaines de réflexion viennent donc nourrir les réflexions de développement et d’aménagement du territoire. Je pense qu’il n’y a pas de barrière. La seule limite est, finalement, la question que l’on se pose.

Jean Peyrony

Pour compléter, les différents projets de Data pass montrent bien à quel point toutes les disciplines sont mobilisées. Effectivement, pour appréhender le paysage, se posent des questions de sociologie, de droit, d’anthropologie. La directive Paysage par exemple est très large et elle est sujette à de nombreuses interprétations qui supposent un travail d’acculturation mêlant différentes disciplines. Voilà typiquement un exemple où la transdisciplinarité est nécessaire pour pouvoir appréhender ces questions d’observation.

Xabier Velasco Echeverria

Los equipos multidisciplinares son fundamentales. Se necesitan geógrafos, urbanistas, economistas, ingenieros, cartógrafos, etc. Son equipos muy diversos, porque si no, sería imposible abordar proyectos y temas como el paisaje. Se necesita un equipo con una visión muy amplia, porque si no es imposible trabajar en temas transversales como el cambio climático o el paisaje. En Navarra llevamos muchos años trabajando en temas de paisaje. Contamos con un cuerpo técnico de normas sobre cartografía, análisis del paisaje, efectos del cambio climático en el paisaje, etc., que nos permite abordar los pases de datos. Pasar datos sobre vivienda, por ejemplo, nos llevó menos de un año e implicó a equipos técnicos de distintas regiones. Esto fue posible porque todos partíamos de un conocimiento previo del tema y porque ya estábamos familiarizados con las fuentes de datos. Sería imposible hacer lo mismo con una pasada de datos sobre el paisaje, ya que habría que trabajar en profundidad sobre los temas.

Sur la formation

Jean-Louis Valls

Ma première question s’adresse aux étudiants présents dans la salle. J’aimerais leur demander quelles sont leurs motivations pour intégrer ce type de master. Pour ma part, en tant que praticien, je suis confronté à une difficulté : chaque fois qu’un poste est ouvert, aucun candidat ne se présente, aucun candidat français en tout cas. Je me demande pourquoi…
Ma deuxième question concerne les enseignants. Pourquoi ne pas insérer l’initiative INTERREG Volunteer Youth directement dans les maquettes de formation des masters ? Je pense que si, à l’entrée d’un master, un étudiant postulait à ce programme pour faire un stage, cela pourrait devenir une pratique très intéressante.

Une étudiante en deuxième année de master Coopération transfrontalière et interterritoriale (CTI)

J’ai une formation de juriste comparatiste et j’ai intégré ce master surtout pour me spécialiser. Ce master est très professionnalisant et il m’a paru intéressant pour trouver un stage à un niveau local. Par ailleurs, j’avais bien vu les propositions de volontariat, mais elles ne sont pas forcément reconnues comme équivalant à un stage.

Une étudiante en deuxième année de master CTI

Je viens d’Alsace, j’ai grandi à la frontière alsacienne. C’est une région où la coopération transfrontalière est très développée, et je l’ai expérimenté très rapidement, avec l’Allemagne, mais aussi la Suisse. Ce master m’a intéressée car il permet d’appréhender les enjeux qui se jouent autour des frontières et surtout de connaître les outils juridiques qui charpentent la coopération. De ce point de vue, suivre cette formation aura été très enrichissant. Évidemment, j’ai également intégré ce master en raison de motivations personnelles, telles ma culture et ma connaissance du territoire. J’ai voulu enrichir ce que j’avais vu et pu connaître en pratique, comme faire mes courses de l’autre côté de la frontière, ou aller au parc d’attractions juste à côté. Ce quotidien m’a questionnée sur les origines et les questions transfrontalières. Mes ambitions sont encore un peu floues, elles sont en cours de définition.

Un étudiant en doctorat

Je suis doctorant à l’université de Perpignan mais aussi à l’université de Strasbourg et je suis également salarié de l’Institut méditerranéen d’études et de recherche en informatique et robotique à Perpignan. Je vous livre plus un témoignage qu’une question. J’ai suivi le master de Madame Camiade à l’université de Perpignan, à la suite de quoi j’ai été recruté dans cette école d’informatique et robotique pour travailler au recrutement d’étudiants et mettre en place des projets européens transfrontaliers. Dans ce cadre, nous avons participé à un projet financé par le POCTEFA qui s’est terminé il y a 2 ans, intitulé « quatre/quart », en collaboration avec l’université de Perpignan, l’université de Barcelone, l’université de Lérida et les archives départementales. Ce métier me permet de poursuivre ma passion pour le transfrontalier. Par exemple, depuis trois ans, l’école organise le « Girls in ICT », un projet transfrontalier avec l’université de Gérone qui a pour vocation de faire découvrir les métiers du numérique, de l’informatique et de la robotique aux filles. Ce projet se déroule une année à Perpignan et l’année suivante à Gironne. Par ce témoignage, je veux dire que même, après votre diplôme, nombreux sont les métiers qui permettent de rester dans le domaine du transfrontalier.

Un étudiant en première année de master CTI

Je suis en première année de master Coopération transfrontalière. L’an dernier, j’ai obtenu une Licence d’Histoire. J’ai été très surpris quand ma candidature a été acceptée. À présent que je mesure la dimension pluridisciplinaire de la coopération transfrontalière, je comprends mieux les raisons de cette acceptation. Je suis particulièrement intéressé par la culture et, dans ce master, j’apprécie les réflexions autour de la question de l’identité.

Un étudiant en deuxième année de master CTI

Je viens de la République du Congo, de Brazzaville, et je suis de formation juriste. J’ai intégré ce master parce que je voulais étudier les enjeux de la coopération transfrontalière et interterritoriale. Dans la région du Congo Brazaville, la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale existe. En théorie, la coopération existe, mais en pratique la coopération ne fonctionne pas. Ce constat m’a poussé à vouloir apprendre et approfondir mes connaissances sur la coopération. D’ailleurs, j’ai, en 2021, pu bénéficier d’une formation avec l’Union africaine. À cette occasion, j’ai été nommé jeune ambassadeur de l’Union africaine et cette opportunité m’a motivé à pousser mes études sur cette coopération. La promotion de la coopération a aussi été un facteur de motivation. D’ici 2030, un programme dans le cadre de la zone de libre-échange africaine devait être mise en place, mais il a été reporté à 2060. Bref, toutes ces raisons ont motivé cette passion pour venir étudier la coopération transfrontalière et interrégionale. D’ailleurs, après la formation je voudrais avoir une expérience de coopération en Europe, pour ensuite l’exporter en République du Congo, notamment au ministère de la coopération des partenaires publics privés, qui vient d’être créé.

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Chapitre de livre
Pau, Pessac
EAN html : 9782353112050
ISBN html : 978-2-35311-205-0
ISBN pdf : 978-2-35311-206-7
Volume : 6
ISSN : 3040-2956
Posté le 28/06/2026
5 p.
Code CLIL : 3405
licence CC by SA

Comment citer

Peyrony, Jean, présidées par, “Table-ronde 5. Repenser l’approche de la frontière. Discussions”, in : Bachoué Pedrouzo, Géraldine, dir., Céline Teyssier et Maïténa Poelemans, coord., Construire l’Europe. Benchmarking des pratiques transfrontalières, Pessac-Pau, Presses universitaires de Pau et des pays de l’Adour, collection V@demecum 6, 2026, 191-196, [URL] https://una-editions.fr/discussions-table-ronde5
Illustration de couverture • Designed by Freepik.
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