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Margaris
Esclave romaine, fin du Ier siècle a.C.

par

Illustratrice : Marguerite Holstein

L’unique trace de la vie de l’esclave Margaris se trouve sur une urne funéraire en marbre de Rome datant de la fin du Ier siècle de notre ère. Son épitaphe est conventionnelle : invocation aux dieux Mânes, nom de la défunte et du dédicant, Marcus Allius Herma, puis la formule usuelle : “qui l’a bien mérité”. Margaris porte un nom grec répandu dans les milieux serviles, tandis que le surnom grec Herma suggère que son maître est un affranchi.

Dans la scène figurée sous l’inscription, Margaris joue à un jeu de plateau avec celui qui doit être Marcus Allius Herma. Elle est vêtue comme une matrone et tourne la tête, dont les traits ont disparu, vers le spectateur, en tenant dignement un pan du voile qui couvre sa tête. Son bras droit, brisé, devait être étendu en direction du plateau. Son partenaire, vêtu d’une tunique et d’un manteau à capuche, s’apprête à déplacer un pion. Le plateau, partiellement conservé, porte la grille du ludus latrunculorum, un jeu de stratégie sans dé : la victoire revient au plus habile.

Les représentations de jeu entre hommes et femmes sont très rares dans l’art romain. La scène évoque le jeu amoureux des sens métaphoriques du verbe ludere, mêlant séduction et compétition, ruse et contrôle de soi, comme Ovide l’explique dans L’Art d’aimer. Le relief met ainsi en scène une esclave avec son maître, sans doute aussi son amant, dans une relation sous le signe de l’entente et d’une forme d’égalité qui contraste avec le statut servile de Margaris.

Un détail renforce cette lecture : le plateau repose sur un panier à laine renversé, détourné de son rôle traditionnel d’attribut de l’épouse laborieuse pour devenir support de jeu. Les deux personnages ne se touchent pas, mais leurs pieds effleurent le panier, comme un lien discret. Sur un monument funéraire, cette partie interrompue symbolise peut-être une union qui se prolonge au-delà de la mort, abolissant la distance entre la défunte et le vivant.



Vue par Marguerite Holstein

✦ Sur les traces de Margaris

▤ Une histoire à découvrir
Dasen, V., & Mathieu, N. (2021). “Margaris ou l’amour en jeu”, dans V. Dasen (éd.), Dossier : Éros en jeu. Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales. Lire en ligne ↗

◉ Retrouver Margaris
Urne funéraire de Margaris ↗
H. 23 cm, L. 39,2 cm, l. 26,5 cm. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, médailles et antiques, inv. 54-LAT.49.

✎ Ce que dit son inscription
CIL VI, 22168
D(is) M(anibus) | Margaridi ser(uae) | M(arcus) Allius Herma | b(ene) m(erenti) fec(it).

Aux dieux Mânes. À Margaris, esclave, Marcus Allius Herma, à qui l’a bien mérité, a fait.

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Chapitre de livre
EAN html : 9782356136961
ISBN html : 978-2-35613-696-1
ISBN pdf : 978-2-35613-697-8
Volume : 4
ISSN : 2827-1963
Posté le 30/09/2026
2 p.
Code CLIL : 3385; 3077;
licence CC by SA
Licence ouverte Etalab

Comment citer

Dasen, Véronique, et Holstein, Marguerite (illustrateurice), “Margaris”, in : Collectif (2026) : Hall of femmes. Galerie de figures antiques, Actualités des études anciennes, le carnet scientifique de la Revue des Études Anciennes / Ausonius éditions, 6-7, [URL] https://una-editions.fr/hall-of-femmes-margaris
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