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17• La conquête de la Transalpine et la guerre des Gaules (IIe-Ier siècle av. J.-C.)

“La conquête de la Transalpine et la Guerre des Gaules (IIe-Ier av. J.-C.) /
The conquest of Gallia Transalpina and the Gallic Wars (2nd-1st century BCE)”,
in : J. Guilaine, D. Garcia (dir.), La protohistoire de la France, Paris, 2018, p. 511-524.

S’il n’y avait les sources textuelles, que saurait-on de cette histoire complexe qui conduisit progressivement les sociétés gauloises de l’âge du Fer à s’intégrer dans l’orbite romaine avant de passer définitivement sous la domination de l’Urbs, après une série de conquêtes que l’archéologie seule perçoit en vérité assez mal car leurs traces matérielles n’en sont pas très nombreuses ni toujours très claires ? La question, on va le voir, continue de comporter d’assez nombreuses zones d’ombre malgré les recherches récentes. 

Le cadre géographique, historique et politique de la conquête

Les notions géographiques des Anciens sont parfois floues et fluctuantes. Le mot latin “Transalpine” désigne ainsi toute la Gaule au-delà des Alpes, vues depuis Rome, c’est-à-dire à l’ouest de celles-ci, par opposition à la “Cisalpine”, l’Italie du Nord, elle aussi peuplée de Gaulois. En grec, la Keltikè désigne en revanche l’espace plus vaste de l’Europe tempérée celtique, à l’ouest et au nord des Alpes. Mais d’autres vocables apparaissent, comme celui de Bracata, “la Gaule qui porte les braies”, autrement dit la Cisalpine, avant qu’elle ne reçoive de César le droit de cité ; après quoi on l’appelle généralement Togata, “celle qui porte la toge”, par opposition à la Comata, la “Gaule chevelue”, un terme qui se substitue progressivement à celui de Transalpine. César en délimite en quelque sorte l’espace en déclarant, dès le début du livre I, que la Gaule finit au Rhin, au-delà duquel habitent les Germains, ce qui est pure invention de sa part et ne correspond à aucune réalité ethnique (BG, 1.1). C’est lui aussi qui, dans ce même passage, indique que la Gaule tout entière est divisée en trois parties, l’Aquitaine, la Celtique, la Belgique. Celles-ci deviendront les “Trois Gaules”, séparées administrativement de l’ancienne provincia, conquise à la fin du IIe siècle av. J.-C. et rendue au Sénat par Auguste en 22 av. J.-C. sous le nom de Gallia Narbonensis, la Narbonnaise.

Les sources historiques nous apprennent que les légions circulaient fréquemment entre l’Italie et l’Espagne, depuis le IIIe siècle, grâce à l’alliance de Rome avec Marseille, puissance dominante de la région. Il est même probable que, dès la deuxième moitié du IIesiècle, le Sénat ait noué des relations d’amicitia, d’alliance, avec les Éduens du Morvan, beaucoup plus au nord. La pénétration romaine en Gaule fut donc progressive, diplomatique d’abord mais aussi économique et culturelle, alors que la pauvreté des textes, pour la fin du IIe siècle av. J.-C., ne permet de reconstituer que des bribes événementielles d’une conquête militaire dont nous savons à vrai dire peu de choses : la Periocha (“abrégé”) du livre LX de Tite-Live situe en 125 un premier événement qui indique l’envoi de M. Fulvius Flaccus au secours de Marseille contre les Ligures, les Voconces et les Salluviens. Cette action fut insuffisante puisque le consul C. Sextius Calvinus dut intervenir de nouveau dès l’année suivante, fondant au passage Aquae Sextiae (Aix), d’après Strabon (4.1.5). En 122 encore, il fallut envoyer de nouveau un proconsul, Cn. Domitius Ahenobarbus, bientôt rejoint par le consul Q. Fabius Maximus, alors que la guerre s’étendait à toute la région, avec l’intervention des Allobroges et des Arvernes, emmenés par leur roi Bituit (Appien, Celtica, 12 ; Tite-Live, Periocha, 61). Les forces romaines taillèrent en pièces cette coalition, probablement vers le confluent de l’Isère et du Rhône. Resté en Gaule, Cn. Domitius Ahenobarbus fonda en 118 la première colonie romaine (Narbo Martius), traçant la via Domitiaqui permettait de relier le Midi à l’Espagne, ce dont témoigne le plus ancien milliaire de Gaule, découvert à Treilles (Aude). Il mentionne le nom du vainqueur, salué ici du titre d’imperator, à 20 milles au sud de la nouvelle fondation (CIL XVII, II, 294). Une garnison fut installée à Toulouse. 

À peine créée, et sans doute encore peu organisée, la nouvelle province fut, comme le reste de la Gaule, victime de l’invasion des Cimbres, des Teutons et des Tigurins. Celle-ci entraîna une première série de lourdes défaites romaines dès 114, avant que l’armée du consul Cn. Mallius Maximus et du proconsul Q. Servilius Caepio ne fût anéantie près d’Orange, en 105. La situation ne fut rétablie qu’en 102 par Marius qui écrasa les Teutons à la bataille d’Aix-en-Provence. Le creusement du canal qui porte le nom de “fosses Mariennes”, date de cette époque. Ces événements ont pu provoquer, au sein de cette région encore mal pacifiée, des rébellions internes contre la toute récente autorité romaine, comme celle des Volques Tectosages, punis par le pillage de leur ville et de leurs sanctuaires (l’”or de Toulouse”). Mais d’autres rébellions sont connues, notamment celle des Salluvii en 90, qui conduisit à la destruction d’Entremont. Pendant les guerres de Sertorius en Espagne, différents peuples transalpins (Allobroges, Volques, Helviens) se soulevèrent contre Rome avant que la Gaule ne fût “récupérée” par Pompée en 77. Les Allobroges se révoltèrent de nouveau en 66, puis en 62/61, trois ans seulement avant le début de la conquête césarienne1.

Quelques mots sur l’organisation du territoire sont encore nécessaires. On ne saurait, pour cette époque troublée, invoquer la mise en place de structures administratives stables : la province était en effet considérée essentiellement comme une “marche” défensive de l’Italie, généralement gouvernée par le proconsul en charge de la Cisalpine. Seules font exception les années 74-72, pendant lesquelles le pays fut confié à un magistrat de rang prétorien, le fameux Fonteius, puis de 65 à 69.

La conquête de la Gaule méridionale et les témoignages archéologiques

Ce récit liminaire, quoique volontairement succinct et fondé sur les sources écrites, était nécessaire pour comprendre ce que la recherche de terrain nous apprend ou non. À dire la vérité, il ne s’agit là aussi que de bribes d’une autre sorte.

Commençons par les événements militaires eux-mêmes. Pendant très longtemps n’ont été connus que des militaria, notamment des traits d’artillerie, sur les pentes de différents oppida du Midi, notamment à Buffe-Arnaud, Entremont, Saint-Blaise, Baou de Saint-Marcel, Ollioules, mais il est souvent difficile de dater de manière très précise les contextes archéologiques auxquels appartiennent ces objets et de les relier à des événements historiques précis. Tout récemment, pourtant, la recherche a effectué deux percées décisives, encore très largement inédites, l’une entre Orange et Avignon, sur la colline du Lampourdier, au bord du Rhône, l’autre à la périphérie sud de Valence, sur l’éminence de Lautagne.

La région du Lampourdier livre depuis longtemps un nombre considérable d’artefacts (monnaies et militaria) que A. Deyber a mis en relation avec la bataille de 105, au vu du facies numismatique. Les fouilles récentes menées en 2016 ont permis de mettre au jour ce qu’il faut de toute évidence considérer comme les vestiges d’une position militaire romaine où les armes étaient encore abondantes, avec des tas de boulets soigneusement alignés le long du rempart. Il faut bien entendu attendre les premiers comptes rendus d’opération pour en savoir davantage.

La colline de Lautagne a révélé de son côté les vestiges de plusieurs camps militaires romains superposés qui ont d’abord fait l’objet de sondages préventifs multiples2, avant que des fouilles de plus grande ampleur n’en explorent une partie de manière approfondie mais encore inédite. Bien qu’une chronologie précise à l’intérieur du Ier siècle av. J.-C. semble difficile à établir, faute d’un matériel daté abondant, on peut considérer comme raisonnable l’hypothèse de bases temporaires servant de point de départ aux nombreux conflits qui ont opposé Romains et peuples Gaulois de cette région, notamment les Allobroges.  

Venons-en à l’occupation du sol, une question extraordinairement embrouillée par la recherche sur les cadastres antiques qui, dans le Midi de la Gaule, a donné lieu à une littérature considérable, impossible à citer dans le cadre de cet ouvrage. Essayons donc de revenir à quelques éléments fondamentaux, sans entrer dans le détail trop complexe des différentes centuriations, réelles ou supposées, qu’on a cru reconnaître dans cette région.

Il est raisonnable de penser que la déduction de la colonie de Narbonne, la seule qui soit attestée avant la refondation césarienne, a donné lieu à une attribution de terres aux colons, selon un processus bien connu. On a vu en outre que la découverte du milliaire de Treilles attestait la mise en œuvre très précoce d’une organisation du territoire mais on n’a pas su, pendant longtemps, associer le tracé de la via Domitia à un réseau centurié. Il fut ensuite proposé d’identifier celui-ci avec un nouveau cadastre appelé “Narbonne A”3, qu’A. Perez a voulu à son tour dater de l’époque précoloniale, affirmant que la centuriation associée à la déduction était en fait le “Narbonne B”4, une solution qui n’a pas emporté la conviction générale5… L’incertitude demeure. Pour les mêmes raisons, on se gardera d’affronter ici la question complexe d’autres centuriations (Béziers B ; Orange B) considérées comme antérieures aux déductions coloniales de la vague suivante, à l’époque triumvirale. 

On est heureusement sur un terrain plus ferme avec l’archéologie de terrain. On peut par exemple observer l’existence d’un fort développement de l’habitat dispersé à la période tardo-républicaine entre Narbonne et le seuil de Naurouze, qui peut être lié à des fermes indigènes dont l’existence se prolonge, ici comme dans d’autres régions, bien au-delà de la mainmise romaine sur la région ; certaines se sont développées ultérieurement en villa6. Cette observation peut être étendue à la cité des Volques Arécomiques7, mais on manque cruellement d’une synthèse générale sur l’ensemble de la romanisation de la provincia à cette époque, malgré la mise en œuvre de grands programmes comme celui d’Archaeomedes8. Il n’est en revanche pas exclu que certaines de ces petites exploitations rurales soient aussi le fait d’occupants d’origine italienne dans le cadre d’attributions de terres individuelles, dites “viritanes”, hors centuriation du sol. Nous connaissons cette présence à la fois par deux discours de Cicéron, le pro Quinctio et le pro Fonteio, mais aussi par une série d’inscriptions qui traduisent l’activité de ces colons9. Le premier discours révèle l’existence de lucratives sociétés italiennes possédant de vastes propriétés, vendant leurs produits mais aussi trafiquant de tout ce qui pouvait amener de l’argent. Le plaidoyer de Cicéron en faveur de ce gouverneur concussionnaire qu’était Fonteius – un autre Verrès – rappelle bien les conditions de la conquête. “La Gaule est remplie de trafiquants et de citoyens romains, plaide l’avocat. Aucun Gaulois ne fait d’affaires que par l’intermédiaire d’un citoyen romain” (Pro Fonteio, 5.11) ! La situation était identique juste avant l’arrivée de César, provoquant une ambassade à Rome des Allobroges, puis leur révolte armée. Une inscription de Murviel-les-Montpellier nous fait toucher du doigt cette réalité sociale de la conquête (CIL XII, 4190). Elle nomme deux Italiens, S(extus) Vetto et C(aius) Pedo, devenus “édiles” de l’agglomération et accomplissant leur devoir d’évergètes sur décret des “décurions” : on est là, sans doute dans le troisième quart du Ier siècle avant notre ère, et ces notables locaux agissent déjà dans le cadre d’institutions municipales romaines. Une autre inscription de Sextantio, toujours chez les Arécomiques (CIL XII, 4180), associe à la fois les incolae (les indigènes) et les coloni italiens. M. Christol a par ailleurs souligné la fréquence du gentilice Marius dans cette région, signe certain de la promotion civique, dès la fin du IIe siècle, de Gaulois qui s’étaient rangés dans la clientèle du vainqueur des Cimbres10

César entre en scène

Au terme d’un pacte politique (le “premier triumvirat”) passé entre Pompée, Crassus et César, ce dernier devait, en sortant de son consulat (59 av. J.-C.), obtenir pour cinq ans le gouvernorat de la Cisalpine et de l’Illyrie (Dalmatie), avec trois légions, stationnées à Aquilée, au fond de l’Adriatique. Il n’est donc pas du tout évident que la conquête de la Gaule du Nord ait alors été programmée par le Sénat ni par César lui-même. Mais, au dernier moment, on ajouta à ce mandat la Transalpine déjà conquise ; César était encore à Rome quand il apprit le projet des Helvètes de migrer vers l’ouest et son objectif initial en fut complétement modifié. Le prétexte d’une entreprise militaire glorieuse et lucrative venait d’être fourni par les Gaulois eux-mêmes.

Sur cette conquête, qui allait durer jusqu’à l’hiver 50-49, nous sommes principalement renseignés par le proconsul lui-même qui narre les événements, décrivant au passage le pays et ses habitants. Mais ce récit – un monument littéraire qui témoigne de l’immense talent de l’écrivain – doit être lu en considérant sa toile de fond politique romaine : la guerre en Gaule s’effectue en effet dans le cadre du conflit politique exacerbé entre César et ses adversaires, notamment Caton, qui tentent de retirer à César son commandement, source de son pouvoir, de sa gloire, de sa richesse et de ses ambitions futures. Le Bellum Gallicum est donc en permanence un plaidoyer et une mise en scène de l’auteur par et pour lui-même, avec le peuple romain pour seul juge. Ce texte célèbre répond en même temps aux règles du genre historique de son temps, se présentant comme un mélange d’informations obsolètes, puisées chez des auteurs antérieurs, comme le géographe Posidonius, qui n’avait pas visité lui-même la Gaule du Nord ; de renseignements obtenus des marchands italiens qui, déjà, trafiquaient en Comata ; enfin d’observations personnelles, parfois remodelées a posteriori jusque sous Tibère, notamment quand il s’agit des peuples rhénans. Enfin on ne saurait oublier que les Commentaires décrivent, pour des lecteurs latins, la réalité “exotique” d’un pays encore largement inconnu et fabuleux, habillant pour les besoins de la cause les réalités locales sous un vocabulaire conceptuel latin. Il en va ainsi, par exemple, de la description du panthéon gaulois (BG, 6.16-18), mais aussi du fameux passage dans lequel César décrit les formes d’habitat en trois mots soigneusement hiérarchisés : oppida, vici, aedificia (BG, 1.5). En latin, oppidum désigne simplement une agglomération de bonne taille, un terme qui s’applique même à des colonies romaines, pas nécessairement à des sites indigènes fortifiés. Le mot vicus, appliqué à ces réalités indigènes, n’a évidemment pas le sens juridique ordinaire qu’il revêt en Italie ; il désigne simplement un habitat aggloméré de taille intermédiaire ; enfin les aedificia ne sont pas nécessairement des fermes isolées, dispersées dans la campagne. L’archéologie nous montre en revanche l’existence de nombreuses formes d’occupation du sol qui n’entrent pas toujours bien dans ces cadres conceptuels latins. À bien des égards le texte césarien doit donc être lu avec un œil critique et à l’aune d’une bonne connaissance des réalités archéologiques de ce temps. 

 Celles-ci, toutefois, ne sauraient se substituer au récit de la conquête que, sans les Commentaires, nous n’apercevrions peut-être même pas, tant ses traces matérielles sont évanescentes, sauf en quelques moments forts. Un tableau comparé des sources historiques et archéologiques permet de s’en convaincre aisément. Le récit des événements étant largement connu, il servira en même temps de memento sur le déroulement de la guerre.

tableau récapitulatif sur les vestiges archéologiques.

Comme on le voit, les vestiges archéologiques du conflit sont rares et concentrés surtout sur la fin de celui-ci. Plusieurs sont incertains. Au demeurant, c’est bien le récit qui permet de les interpréter et de les attribuer à la guerre des Gaules, non l’inverse, car le seul matériel archéologique ne suffirait sans doute pas à les dater avec une précision très grande, à l’année près. Le chercheur est donc obligé de jongler en permanence entre les différents types de sources dont il dispose. Mais, pour tout ce qui concerne l’aspect non militaire de cette période, il faut en revenir aux méthodes classiques de l’établissement de la chronologie et on sait, par exemple, combien il est difficile de distinguer, au vu des seuls artefacts découverts en fouille, une ferme de La Tène D2a d’un établissement similaire de La Tène D2b. Du point de vue de la culture matérielle la conquête césarienne ne se traduit pas, en effet, par une rupture de civilisation et on observe au contraire une grande continuité entre l’avant et l’après-guerre. Dans ce débat sur la datation des artefacts, c’est Alésia qui constitue le site clef parce que fouillé de la manière la plus extensive. Mais le matériel est constitué essentiellement de militaria romains et gaulois ainsi que de monnaies, très peu de céramique. La référence qu’il offre est donc sélective. Il serait en outre très abusif de considérer qu’une monnaie qui ne se trouve pas dans les vestiges du siège est nécessairement postérieure à 52, comme on l’a cru très longtemps, en considérant que la collection numismatique du siège reflétait la circulation monétaire de ce temps. Il faut se méfier ici des raisonnements tout faits et trop faciles. 

Les vestiges militaires de la guerre des Gaules

On ne saurait, dans le cadre limité de cette brève analyse, étudier dans le détail tous les ouvrages militaires césariens recensés. On se contentera donc de quelques aperçus, renvoyant le lecteur à la bibliographie publiée.

On doit, pour commencer, se souvenir du rôle éminent joué par Napoléon III dans cette première grande enquête nationale, publiée de manière anonyme par l’Empereur. L’entreprise, menée de facto par les savants les plus réputés de l’époque, fut systématique et toucha tous les épisodes du conflit, texte des Commentaires en main. La recherche ne fut malheureusement pas toujours fructueuse mais on est aujourd’hui assuré de la réalité archéologique des sites majeurs, après les recherches franco-allemandes d’Alésia11, celles de Gergovie, qui viennent de faire l’objet d’une bonne synthèse12, ou encore celles d’Uxellodunum13. Ces différentes fouilles ont en outre permis de discriminer ce qu’il fallait conserver ou rejeter du vieux dossier napoléonien.

Alésia

Les recherches autour du Mont-Auxois, menées par une équipe franco-allemande entre 1991 et 1997, ont permis à la fois de revisiter les principaux éléments du siège décisif de l’oppidum, occupé par Vercingétorix, validant tout d’abord la localisation traditionnelle qui remonte aux débuts du Moyen Âge (fig. 1). Celle-ci fut contestée peu de temps avant les recherches du second Empire, puis, de nouveau, à partir des années 1960, ce qui en fait une querelle toujours actuelle, plus médiatique que scientifique (n°32 ; 35). Les techniques de fouille par tranchées du XIXe siècle avaient permis de mettre en évidence les fossés servant à bloquer l’armée gauloise enfermée dans l’oppidum du Mont-Auxois (“contrevallation”) et ceux servant aux légions à se protéger contre les troupes gauloises envoyées au secours des assiégés (“circonvallation”), ainsi qu’un certain nombre de structures fermées considérées comme les camps de César. L’amélioration considérable des méthodes archéologiques, lors des fouilles récentes, a donné l’occasion de mettre au jour les “petites” structures que n’avaient pu observer les hommes du second Empire : tours de bois, systèmes de pièges installés devant les fossés (fig. 2a), vestiges de rempart, tantôt en bois et en terre, tantôt en pierre, selon le substrat géologique dans lequel ces structures étaient implantées. Deux types d’installations défensives typiquement romaines, le titulum et la clavicula, destinées à barrer les portes, ont pu être mises en évidence (n°30). Les camps épousent la forme du terrain, conformément à une pratique normale qu’on observe déjà à Numance, lors du siège de 133 avant J.-C., et dont César s’est manifestement inspiré. L’un d’eux a livré au passage deux balles de fronde au nom de Labienus, le principal lieutenant de César (fig. 2b) et la reprise de l’étude complète du matériel archéologique, ancien et récent, a confirmé sans ambiguïté – et de manière autonome – une datation au milieu du Ier siècle av. J.-C. qui correspond parfaitement à la chronologie du siège d’Alésia, telle que la donne le récit césarien (n°31). Un ensemble considérable de photographies aériennes, dues à R. Goguey, permet de compléter nombre d’observations de terrain, là où les archéologues n’ont pu pénétrer. Il faut en effet convenir que, malgré ces recherches, un certain nombre de fouilles complémentaires seraient utiles, notamment dans les secteurs boisés ou en prairie, pour continuer une enquête qui n’est pas encore achevée (n°34).

   Vue aérienne du site d’Alésia (photo R. Goguey).
Fig. 1. Vue aérienne du site d’Alésia (photo R. Goguey).
  Une pointe de lance prise dans un piège (“trou de loup”) 
dans la plaine au pied du Mont Réa (photo P. Barral).
Fig. 2a. Une pointe de lance prise dans un piège (“trou de loup”) dans la plaine au pied du Mont Réa (photo P. Barral).
  Balle de fronde de T. LABI(enus) sur le camp C (photo R. Collot).
Fig. 2b. Balle de fronde de T. LABI(enus) sur le camp C (photo R. Collot).

Du côté de l’oppidum, que sa superficie de 98 ha range parmi les plus grands de Gaule intérieure, la mise au jour d’un murus gallicus antérieur au siège est venu conforter l’identification proposée, alors que des fouilles antérieures sous le futur forum romain avaient déjà permis d’observer la présence d’artisans métallurgistes dès les années 80-60. Celles qui ont été menées depuis lors sous le temple gallo-romain d’Apollon Moritasgus confirment l’existence d’un lieu de culte gaulois à cet endroit14. Est-il besoin, pour finir, de rappeler l’existence, au centre de l’oppidum, du sanctuaire d’Ucuetis, mentionné de surcroît dans une longue inscription en langue gauloise qui indique le nom du site gaulois, ALISIIA (CIL XIII, 2880), tandis que des tessères en plomb (jetons) font état des habitants de ce lieu, les ALI(sienses) ? Peu de sites gaulois sont, en vérité, aussi sûrement identifiés par autant de documents ….

Gergovie

Napoléon III avait proposé d’identifier ce site de Gergovie, capitale des Arvernes et de Vercingétorix, avec le plateau volcanique de Merdogne (70 ha), au sud de Clermont-Ferrand, et les fouilles du XIXe siècle avaient mis au jour un grand camp de 35 ha à l’est de l’oppidum, et un petit camp, d’environ 5,5 ha, au sud de celui-ci, sur la colline de “La Roche blanche”. Entre les deux ont été reconnues les traces d’une fortification linéaire de jonction. Ce dossier a pourtant longtemps été contesté, comme tous les autres travaux du second Empire, et il est vrai que le plateau de Merdogne n’était pas habité à la fin de l’âge du Fer. La confusion a été récemment accentuée par la mise en évidence d’une occupation protohistorique très dense sur deux oppida très proches, Gondole, immédiatement à l’est du plateau de Merdogne, et Corent, à quelques kilomètres au sud de Gondole. Si le premier est pourvu d’un rempart, le second ne l’est pas, du moins en l’état actuel des connaissances, mais ces deux sites sont bien habités au moment de la guerre des Gaules, même si Corent perd de son importance après la conquête15. L’un de ces deux pôles de peuplement ne pourrait-il être la capitale arverne, de préférence au plateau de Merdogne ? Des fouilles très récentes ont toutefois montré de manière indubitable que le rempart de Merdogne, remontant au Hallstatt final, avait bien subi une importante reconstruction, avec un rempart en pierres sèches édifié vers le milieu du Ier siècle av. J.-C., au moment de la guerre des Gaules16. Les nombreuses recherches récentes menées dans toute cette zone peuvent se résumer de la manière suivante (fig. 3) :

  • L’existence du “grand camp”, de forme proche du carré, a été confirmée par les fouilles. L’ensemble paraît bien attribuable au milieu du Ier siècle, au vu du matériel exhumé.
  • l’existence du “petit camp” a elle aussi été confirmée par une série de sondages qui ont suivi son tracé sur environ 250 m. Diverses panses d’amphore Dr. 1, deux traits de catapulte en fer et trois boulets taillés dans du basalte attestent l’usage des lieux par des militaires romains.
  • la trace de la fortification intermédiaire a aussi été revérifiée et précisée en quatre endroits. Le fossé – unique – souvent tronqué par l’érosion, montre un remplissage dissymétrique qui suggère la présence d’un rempart sur son flanc sud. On ignore comment l’ouvrage se raccordait avec les deux camps.
  Comparaison des plans de Gergovie et d’Alésia (Y. Deberge et al., op. cit.).
Fig. 3. Comparaison des plans de Gergovie et d’Alésia (Y. Deberge et al., op. cit.).

Divers autres ouvrages fossoyés, inconnus des fouilles du second Empire, ont été mis au jour récemment dans la plaine et au pied de cet oppidum. Il s’agit, au nord du grand camp, d’un fossé associé à une palissade de bois. Un tel dispositif est très semblable à celui qui a été mis au jour dans les travaux romains d’Alésia au pied du mont Réa. Un autre segment identique a été mis en évidence face à l’oppidum de Gondole sur une longueur de 220 m. Enfin, un dernier ouvrage linéaire a été identifié face à la sortie de cet oppidum où il barre les chemins d’accès à la fortification. On ajoutera, pour finir, la présence, sur tout le site, d’une série de militaria absolument conformes, d’un point de vue typologique, à ceux d’Alésia. On doit noter, en particulier, une pointe de scorpio (catapulte) fichée dans le rempart sud-ouest de Merdogne.

Peut-on, à partir de cet ensemble de faits anciens et nouveaux, conclure à une identification définitive ? On constatera tout d’abord que les travaux du second Empire sont bel et bien confirmés. La localisation du petit camp à La Roche Blanche constitue un excellent argument en faveur de la localisation de la place-forte gauloise à Merdogne plutôt qu’à Gondole. Quant à Corent, non fortifié, il ne figure pas sur les rangs, non plus, évidemment, que d’autres sites fantaisistes avancés ces dernières années. Il est clair que Merdogne offre de toute manière un positionnement défensif nettement plus redoutable, surtout, on l’a dit, que son rempart avait alors été reconstruit. La position du grand camp en plaine, au centre du dispositif entre les deux points hauts, sa protection avancée par des fossés bordés de palissades, au nord et à l’est, constituent de bons arguments pour voir dans cet ensemble une protection efficace de l’armée romaine contre une attaque de revers. 

Sans être totalement éclairci, le dossier militaire de Gergovie a donc connu ces dernières années d’importantes avancées. L’identité physique de la capitale arverne et de l’habitat reste en revanche un problème non résolu de manière définitive. Il ne saurait s’agir de Merdogne, qui peut n’avoir été qu’un point fortifié remis en défense au moment de la guerre des Gaules, en prévision des menaces à venir. M. Poux a plaidé pour une Gergovie “multipolaire” (Corent + Gondole + Merdogne) installée tout autour d’une plaine fertile, une hypothèse brillante et séduisante, tant les lieux sont proches, mais inédite et non encore véritablement démontrée à l’heure actuelle17

Uxellodunum

Uxellodunum fut la dernière place-forte tenue par les Gaulois, en 50 av. J.-C. Rappelons les faits : après Alésia, le proconsul a dû livrer bataille dans tout le pays pour réduire les soulèvements. L’un des derniers épisodes notables se situe chez les Cadurques (région de Cahors) ; il met aux prises les légats de César, d’une part ; d’autre part les chefs Gaulois Drappes et Lucterios qui se sont réfugiés dans un oppidum fort bien défendu naturellement, Uxellodunum. Le légat C. Caninius commence par installer trois camps sur les hauteurs qui environnent le site, ainsi qu’un ouvrage d’investissement : on est là dans un schéma classique, déjà observé à Alésia. César vient lui-même, dans un second temps, diriger les opérations qui se concentrent autour d’une source située en contrebas de la place-forte gauloise, et qui sert au ravitaillement des assiégés. César décide alors d’en interdire l’accès grâce à une tour roulante portant des pièces d’artillerie, et il pulvérise les assiégés sous une pluie de traits de catapulte lorsqu’ils sortent pour faire de l’eau. Dans le même temps il creuse des mines pour détourner le griffon de la source, une technique de guerre déjà pratiquée à cette époque. 

Fondée essentiellement sur le récit de cet épisode essentiel, monté en épingle comme un stratagème dont le récit pouvait nourrir la littérature militaire du temps, l’identification archéologique d’Uxellodunum fut d’abord hasardeuse et les fouilleurs de Napoléon III s’engagèrent d’abord vers d’autres sites que le Puy d’Issolud, où la recherche finit par s’orienter. Ni les camps ni l’ouvrage d’investissement ne sont d’ailleurs connus à ce jour. Les fouilles du second Empire se sont concentrées autour de la Fontaine de Loulié, où les premières fouilles de J.-B. Cessac, en 1865, avaient mis au jour une source, des galeries menant vers le griffon, des traits de catapulte au pied de l’oppidum ainsi que des niveaux brûlés. Ces recherches ont été reprises dans les années 1990 par J.-P. Giraud. Le principal intérêt de ces dernières campagnes est d’avoir donné crédit à cette localisation du XIXe siècle en mettant au jour tout un complexe de sapes, dont le plan n’est pas toujours clair, associées à un lot considérable de militaria romains semblables à ceux d’Alésia, essentiellement des pointes de flèches et de catapultes mises au jour dans tout ce secteur. Ajoutons-y des éléments de casques, des fers de lance, des pila, des outils, des clous de chaussure, des orles de bouclier, des monnaies, de la céramique, qui concordent aussi parfaitement avec la chronologie des contextes archéologiques du milieu du Ier siècle av. J.-C.

Les lendemains de la conquête

Une fois de plus, sans les sources écrites, qui se font pourtant de plus en plus rares sur les affaires gauloises, on aurait quelque peine à dessiner l’évolution de ce pays nouvellement conquis, tant il semble, sur le court terme, immobile et figé après la guerre. L’évolution de son facies matériel ne se mesure en effet que par périodes d’au moins 25 ans, et on n’en perçoit guère les effets, sauf exception, avant le début des années 20, soit une génération environ après la fin du conflit. En somme, la Gaule continue comme avant, sauf qu’elle a perdu son indépendance. Mais il faut avouer que cette observation pourrait s’appliquer à bon nombre d’autres pays conquis par Rome. On aurait donc tort d’imaginer une floraison immédiate de villes, de thermes, de voies empierrées, de villae rurales, de changements des mœurs ou de langue, tous clichés bons pour les Aventures d’Astérix, d’autant que ces neuf années de présence césarienne, ponctuées de quelques massacres qui avaient choqué même les vieux Romains, pourtant peu sensibles, ont dû peser assez lourd sur la société et l’économie du pays. Mais on est à peu près incapable d’évaluer sérieusement cet impact, notamment sur le plan démographique. On estime généralement à 9/12 millions d’habitants la population des Gaules et des Germanies vers 165 après J.-C., des chiffres à peu près cohérents avec notre estimation des autres parties du monde romain et de l’évolution démographique naturelle en Europe jusqu’à la veille de la révolution industrielle. Dans une société où la population double, en moyenne, tous les 4,5 siècles, une évaluation de la population de la seule Comata à 5/7 millions d’habitants au moment du conflit césarien reste donc raisonnable. Elle est par conséquent absolument incompatible avec le chiffre d’un million de morts et autant de prisonniers qu’on propose quelquefois à la suite de Plutarque (Vie de César, 15). Une telle saignée, aussi brutale, bien supérieure en proportion à celle de la première guerre mondiale, aurait cassé pour des siècles l’expansion économique du pays, alors qu’elle apparaît brillante sous l’Empire. Ce n’est qu’hyperbole rhétorique d’un “romancier” de l’histoire.

La guerre, au demeurant, était-elle finie avec le départ de César pour l’aventure du Rubicon et la conquête du pouvoir absolu ? Les sources annalistiques se font l’écho de soulèvements réguliers, notamment chez les Belges et aux marches germaniques, en 46, en 44-43, en 30, en 29, mais aussi en Aquitaine (39-37 puis 28), preuve que le pays n’était pas complétement soumis. Il est vrai que, si César avait laissé huit légions en Gaule avant de repartir pour l’Italie, celles-ci avaient très vite été appelées vers d’autres théâtres d’opérations, constituant ainsi le fer de lance des nouvelles aventures de l’Imperator. Celles-ci le conduisirent au passage à soumettre Marseille, la vieille alliée de Rome, et à lui ôter le peu d’influence qui lui restait. Peu après sa mort, en 44, L. Munatius Plancus, qui gouvernait tout le pays, la vieille province comme la nouvelle, levait en revanche une véritable armée en Gaule, dans la perspective des nouveaux conflits qui allaient mettre aux prises les héritiers de César. 

On voit en effet, dès le début de la guerre des Gaules, une foule de jeunes nobles Gaulois venir courtiser le proconsul et s’enrôler avec leurs hommes sous sa bannière. Ils suivront le vainqueur dans sa conquête du monde, tandis que d’autres s’enrôleront chez Pompée, fidèles en cela aux traditions de mercenariat de leurs ancêtres. Ils y gagnèrent souvent la citoyenneté romaine, qui se traduit dans l’onomastique gallo-romaine par un nombre impressionnant de nouveaux Iulii, dont le nom dit assez l’origine. Les plus connus sont ceux que l’on rencontre à Glanum, où le fameux mausolée porte leur nom et les représente au combat. Mais la survie des noms Gaulois, comme celui d’Eporedirix sur une inscription du musée Rolin, à Autun, a permis à A. Hostein de retracer l’histoire de cette famille, déjà mentionnée par César18. Le rôle de ces aristocrates fut en effet essentiel dans l’intégration du pays dans l’Empire et dans la gestion des nouvelles cités19

Pour l’heure, celles-ci n’étaient pas organisées et la Gaule conservait ses cadres ethniques traditionnels. Ce n’est pas en effet avant 27 qu’Auguste organisa le premier recensement de la province, commençant sans doute par le Midi, qui ne fut séparé du reste de la Gaule qu’en 22, avec des institutions distinctes. L’archéologie perçoit alors fort nettement l’évolution culturelle différentielle entre la nouvelle Narbonnaise et la Comata malgré l’interprétation, sans doute excessive, que l’on donne de la (pseudo ?) basilique de Bibracte, datée des années 40-30. La Gaule du nord, dans son ensemble, et à l’exception possible des Héduens, et bien sûr de Lyon, colonie romaine fondée par Plancus, ne commencera à voir véritablement les nouvelles créations urbaines gallo-romaines que vers le tournant de l’ère20. Quant aux campagnes, il fallut attendre au moins le milieu du Ier siècle ap. J.-C. (soit un siècle après la conquête !) pour percevoir les premiers signes d’une véritable mutation, sans pour autant que les formes protohistoriques de l’habitat rural disparaissent brutalement. 

On verra désormais A. Deyber, Y. Zaaraoui, L. Buffat, “Le Lampourdier. Un camp romain républicain témoin de la bataille d’Orange (6 octobre 105 av. n.è)”, in : M. Reddé (dir.), Les armées romaines en Gaule à l’époque républicaine. Nouveaux témoignages archéologiques, Bibracte 28, 2018, p. 19-43 ; M. Kielb Zaaraoui, C. Ronco, M. Gagnol, M. Feugère, L. Buffat, “Les camps militaires tardo-républicains de Lautagne (Valence, Drôme)”, ibid. p. 45-72.

La question de l’identification de l’oppidum de Thuin avec celui des Atuatuques fait débat. Elle a été proposée par S. Scheers, G. Creemers, N. Roymans, L. Van Impe, “Three gold hoards from Thuin”, in : N. Roymans, G. Creemers, S. Scheers (éd), Late Iron Age gold hoards from the Low Countries and the Caesarian conquest of Northern Gaul, Amsterdam Archaeological Studies 18, 2012, p. 71-108 ; les fouilles récentes dirigées par N. Paridaens ont mis en évidence la présence d’un lot de balles de fronde en plomb, mais n’apportent pas de certitude sur l’identification du site. Cf. N. Paridaens, “L’oppidum du ‘Bois du Grand Bon Dieu’ à Thuin : résultats des recherches 2018-2019”, Lunula, Archaeologia protohistorica, 28, 2020, p. 145-148 ; N. Paridaens, K. Salesse, R. Müller, S. Klein, C. Snoeck, N. Mattelli, “Les balles de fronde en plomb découvertes sur l’oppidum de Thuin : caractérisation, origine et interprétation”, Signa, 9, 2020, p. 111-123.

Les traces du débarquement de César sont désormais identifiées à Ebbsfleet ; cf. A.P. Fitzpatrick, “L’enceinte d’Ebsfleet sur l’île de Thanet (Kent). Un camp césarien en Angleterre”, in :Reddé 2018 (note *), p. 273-284.

Ces fouilles viennent d’être publiées : S. Schade-Lindig (éd.), Archäologie am Greifenberg bei Limburg a.d. Lahn. Spuren von der Jungsteinzeit bis zur römischen Republik, Hessen Archäologie, Sonderband 4, 2020.

S. Hornung, “Le camp militaire de Hermeskeil. Une nouvelle perspective sur la conquête césarienne et ses conséquences à l’est de la Gaule Belgique”, in :Reddé 2018 (note *), p. 113-134.

La publication finale est désormais disponible : voir Y. Deberge, T. Pertlwieser (dir.), Les fortifications de l’oppidum de Gergovie. Bilan historiographique & nouvelles recherches : VIe et Ve s. av. J.-C., Ier s. av. J.-C. et Ier s. ap. J.-C., Collection Terra Mater, Clermont-Ferrand, 2019.

Y. Deberge, S. Foucras, J.-F. Pasty, G. Hulin, P. Jud, D. Leguet, M. Millet, F.-X. Simon, “Présences militaires romaines dans le bassin clermontois”, in : Reddé 2018 (note *), p. 73-111.

Notes

  1. C. Goudineau, Regard sur la Gaule, Paris, 1998.
  2. P. Conjard Réthoré, E. Ferber, “Les camps romains du plateau de Lautagne à Valence (26) : état de la question”, RAN, 46, 2014, p. 201-220.
  3. G. Chouquer, M. Clavel-Lévêque, M. Dodinet, F. Favory, J.-L. Fiches, “Cadastres et voie domitienne. Structures et articulations morpho-historiques”, DHA, 9, 1983, p. 87-111.
  4. A. Perez, Les cadastres antiques en Narbonnaise occidentale. Essai sur la politique coloniale romaine en Gaule du Sud (IIe s. av. J.-C-IIe s. ap. J.-C.), RAN Suppl. 29, 1995. 
  5. G. Chouquer, F. Favory, Les arpenteurs romains : théorie et pratique, Paris, 1992.
  6.  S. Mauné, “La question des premières installations rurales italiennes en Gaule transalpine (fin du IIe s.-milieu du Ier s. avant J.-C.)”, Gallia, 57, 2000, p. 231-260 ; M. Passelac, “L’habitat rural dispersé à la période gallo-romaine”, in : P. Ournac, M. Passelac, G. Rancoule, L’Aude, CAG 11/2, Paris, 2009, p. 96-99.
  7. L. Buffat, L’économie domaniale en Gaule Narbonnaise, Lattes, Monographies d’archéologie méditerranéenne 29, 2011.
  8. F. Favory, J.-L. Fiches, Les campagnes de la France méditerranéenne dans l’Antiquité et le haut Moyen âge : études microrégionales, Paris, 1994 ; F. Favory, S. Van der Leeuw, “Archaeomedes. La dynamique spatio-temporelle de l’habitat antique dans la vallée du Rhône : bilans et perspectives”, RAN, 31, 1998, p. 257-298 ; S. Van der Leeuw, F. Favory, J.-L. Fiches, Archéologie et systèmes socio-environnementaux : études multiscalaires sur la vallée du Rhône dans le programme ARCHAEOMEDES, Paris, 2003.
  9. M. Christol, Une histoire provinciale. La Gaule Narbonnaise de la fin du IIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle ap. J.-C., Paris, 2010, p. 57-66.
  10. Christol 2010 (note 9), p. 87-99.
  11. M. Reddé, S. von Schnurbein, AlésiaFouilles et recherches franco-allemandes sur les travaux militaires romains autour du Mont-Auxois (1991-1997), MAIBL 22, 2001.
  12. Y. Deberge, F. Baucheron, U. Cabezuelo, P. Caillat, E. Gatto, C. Landry, D. Leguet, J.-F Pasty, T. Pertlweiser, C. Vermeulen, G. Vernet, “Témoignages de la Guerre des Gaules dans le bassin clermontois, nouveaux apports”, Revue archéologique du Centre de la France, 53, 2014 (http://racf.revues.org/2071).
  13. J.-P. Giraud, La fontaine de Loulié au Puy d’Issolud. Le dossier archéologique du siège d’Uxellodunum, Bibracte 23, 2013.
  14. O. de Cazanove, J. Vidal, M. Dabas, G. Caraire, “Alésia, forme urbaine et topographie religieuse. L’apport des prospections et des fouilles récentes”, Gallia, 69-2, p. 127-149.
  15. M. Poux, M. Demierre, M. Garcia, R. Laurenson, Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne) : vestiges et rituels, Gallia Suppl. 62, 2015, p. 505-530.
  16. T. Pertlwieser, Y. Deberge, I. Ott, “Das südliche Befestigungswerk des Oppidums von Gergovia (Puy-de-Dôme)”, in : S. Fichtl, Murus celticus : architecture et fonctions des remparts de l’âge du Fer, Table ronde internationale, 11-12 octobre 2006, Glux-en-Glenne, Bibracte 19, 2010, p. 281-296.
  17. M. Poux, Corent : voyage au cœur d’une ville gauloise, Paris, 2011.
  18. A. Hostein, “D’Eporedirix à Iulius Calenus, du chef éduen au chevalier romain (Ier s. av. J.-C.-Ier s. ap. J.-C.)”, in : F. Chausson, Occidents romains. Sénateurs, chevaliers, militaires, notables dans les provinces d’Occident. Espagnes, Gaules, Germanies, Bretagne, Paris, 2009, p. 49-80.
  19. M. Reddé, “L’armée romaine et les aristocrates Gaulois”, in : Honesta missione. Festschrift für Barbara Pferdehirt, Monographien RGZM 100, Mayence, 2014, p. 219-238 (n°19).
  20. M. Reddé, W. Van Andringa, “La naissance des capitales de cités en Gaule chevelue”, Dossier Gallia 72-1, 2015. 
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EAN html : 9782356134899
ISBN html : 978-2-35613-489-9
ISBN pdf : 978-2-35613-490-5
ISSN : 2827-1912
Posté le 23/12/2022
115 p.
Code CLIL : 4117; 3385
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Comment citer

Reddé, Michel, “17. La conquête de la Transalpine et la guerre des Gaules (IIe-Ier siècle av. J.-C.)”, in : Reddé, Michel, Legiones, provincias, classes… Morceaux choisis, Pessac, Ausonius éditions, collection B@sic 3, 2022, 241-256, [en ligne] https://una-editions.fr/17-la-conquete-de-la-transalpine-et-la-guerre-des-gaules [consulté le 29/12/2022].
doi.org/10.46608/basic3.9782356134899.20
Illustration de couverture • Première• La porte nord du camp C d'Alésia, sur la montagne de Bussy en 1994 (fouille Ph. Barral / J. Bénard) (cliché R. Goguey) ;
Quatrième• Le site de Douch, dans l'oasis de Khargeh (Égypte) (cliché M. Reddé, 2012)
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