Marie-Christine Budischovsky, “Dieux et cultes d’origine égyptienne dans l’espace adriatique”, dans C. Delplace & F. Tassaux (éds), Les cultes polythéistes dans l’Adriatique romaine, Bordeaux, 2000, 239-261.

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Cet article tente une synthèse de la documentation isiaque dans l’espace adriatique. Les divinités isiaques y sont attestées essentiellement du Ier au IIIe siècle p.C., avec des témoignages qui s’échelonnent, le long de la côte occidentale, de Lecce à Ancône. Particulièrement denses au Nord, dans la plaine du Pô, le long de la via Emilia et de la via Postumia ainsi que dans l’arc adriatique, de Padoue à Aquilée, et même jusqu’en Istrie, ils sont moins présents le long de la côte dalmate, à l’exception de Salone1.

Les inscriptions, une cinquantaine dont la moitié sans épithètes, mettent en relief l’importance d’Isis ; une dizaine d’entre elles vénèrent Isis Augusta, d’autres Isis regina et Isis domina, principalement dans l’arc nord italien (tableau 1), enfin Isis victrix/invicta. En dehors de quelques représentations monumentales (Sarsina, Nin, Salone), la déesse est surtout présente grâce à la petite statuaire, qui insiste sur ses aspects familiers et protecteurs : Isis lactans, Isis-Fortuna.

Sarapis a dans ces régions une personnalité moins affirmée : il apparaît dans une douzaine d’épigraphes, accompagné de son épouse dans la moitié des cas, sans épithète dans un tiers des cas (tableau 5). Son iconographie est complètement gréco-romaine, figurant le dieu en maître des Enfers (Sarsina) et de l’abondance (Vérone). Plusieurs bronzes d’Osiris témoignent de son succès comme talisman funéraire2.

Deux autres dieux sont aussi connus dans cette zone : Anubis est mentionné dans deux (voire trois) dédicaces, à Aquilée et à Bari (?), ce qui est remarquable pour l’Occident romain (tableau 4) ; quant à Harpocrate, il est surtout connu par la petite statuaire (tableau 3).

Les fidèles sont des deux sexes et de tous les milieux, avec une prépondérance des personnes d’origine gréco-orientale, des affranchis et des commerçants séjournant dans les ports et les villes (tableau 8). Une carte (p. 254) suggère les axes de diffusion : ports ouverts au matériel égyptien, cabotage le long des côtes, parfois échange entre les deux rives (Pescara-Salone), influence de Rome par les voies de commerce et de circulation, en particulier la plaine du Pô. L’importance d’Aquilée pour la diffusion vers les provinces septentrionales est soulignée en conclusion3.



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  1. Cf. A. Bugarski-Mesdjian, “Les ‘cultes orientaux’ en Dalmatie romaine”, VAHD, 96, 2004, 563-717.
  2. Cf. G. Capriotti Vittozzi, Oggetti, idee, culti egizi nelle Marche, dalle tombe picene al tempio di Treia, Tivoli, 1999, 131-145 et 216-227, qui analyse les fonctions de ces statuettes, parfois confondues avec des oushebtis ; M. Malaise, “Isis en Occident : thèmes, questions et perspectives d’un colloque”, dans L. Bricault (éd.), Isis en Occident, Leyde-Boston, 2004, 479-490.
  3. Pour de nouveaux documents sur ce site, cf. Maurizio Buora & Werner Jobst (éds), Catalogue de l’exposition Roma sul Danubio. Da Aquileia a Carnuntum lungo la via dell’ambra, Udine octobre 2002-mars 2003, Udine, 2002.
Bugarski-Mesdjian, Anemari, Bricault, Laurent (2008) : “Marie-Christine Budischovsky, ‘Dieux et cultes d’origine égyptienne dans l’espace adriatique’, dans Chr. Delplace & Fr. Tassaux (éds), Les cultes polythéistes dans l’Adriatique romaine, Bordeaux, 2000, 239-261”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/budischovsky-2000/ [consulté le 15 août 2021].

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