Chapitre 2• Analyses typologiques et chronologiques

par

Avant même de développer une analyse du corpus, il convient tout d’abord de contextualiser les informations à disposition et d’exprimer un bref état des lieux de la distribution spatiale et quantitative des parures inventoriées.

En premier lieu, si l’on s’intéresse à la distribution des types de sites les mieux représentés, on observe que ceux à caractère funéraire fournissent la grande majorité des parures connues. Représentant 86 % de la documentation, cette distribution se retrouve en part quasiment égale en France (87 %) et en Espagne (85 %). Nettement en retrait, les sites d’habitats ne livrent que 467 pièces de parures, soit 10 %, avec un contingent légèrement plus important en Espagne (14 %). Enfin, les autres types de gisements comme les dépôts, les occupations en grotte, les enclos fossoyés ou les sites indéterminés ne comptabilisent que 4 % du catalogue. Sur le plan géographique, la disparité de la documentation est également perceptible (fig. 14-A).

Ensuite, sur le plan géographique, la disparité de la documentation est également perceptible. La carte de chaleur de la répartition générale des parures révèle de fortes concentrations autour de quelques sites clés (fig. 14-B). Cette carte dessine quatre zones : l’est de la France, des bordures du Massif Central au Lot et au Tarn, le piémont pyrénéen à cheval sur les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne, la moyenne vallée de l’Èbre au sud de la Navarre et enfin la frontière du système Ibérique et de la Meseta au nord de la province de Guadalajara. Ces points de chaleur forment les contours de sites majeurs qui polarisent à eux seuls une part importante des données disponibles (fig. 14-C). Il s’agit de gisements ayant livré plus de 100 pièces parmi lesquels on retrouve les trois nécropoles de la région de Castres (n° 298, 299 et 305) ou celles de Flaujac-Poujols (n° 207) et de Cazals (n° 326) pour la zone est. Les nécropoles de Garin et d’Avezac-Prat-Lahitte (n° 148 et 277) forment les concentrations pyrénéennes. Moins nombreux, les gisements espagnols ayant livré un grand nombre de parures sont les nécropoles navarraises d’Arguedas et de Cortes (n° 34 et 39) et celle d’Herrería à Guadalajara. Bien qu’au nombre de 9, c’est-à-dire représentant moins de 3 % du total de sites référencés, ces gisements renferment à eux seuls près de la moitié (47 %) du catalogue de la zone d’étude.

Distribution des parures de la zone d’étude selon les types de site (A), selon les sites (B et C) et d’après les catégories (D).
Fig. 14. Distribution des parures de la zone d’étude selon les types de site (A), selon les sites (B et C) et d’après les catégories (D).

Les sites comprenant entre 100 et 20 parures sont un peu plus répandus sur le territoire avec 32 occurrences. Ils se trouvent en périphérie des nécropoles précédemment citées mais complètent également des zones géographiques moins fournies comme la Gironde, l’Ariège, Soria ou l’Alava. S’ils ne représentent que 10 % des sites connus, ils regroupent un peu plus d’un quart du catalogue (27 %).

Le dernier quart se distribue dans les 276 sites restants. Livrant moins de 20 parures, ces gisements constituent pourtant 87 % des sites inventoriés. Ils se répartissent pour beaucoup dans la partie septentrionale de la zone d’étude, mais aussi en moyenne vallée de la Garonne, ou le long du système ibérique.

Ainsi, cet inventaire repose en majorité sur un petit nombre de sites majeurs à caractère funéraire qui pèse fortement dans la documentation. À l’exception de celle d’Avezac-Pratt-Lahitte, et dans une moindre mesure celle de Cortes, ces nécropoles sont importantes tant pour le nombre d’objets qu’elles ont livré que par la qualité de traitement de terrain et de publication dont elles font preuve. Ces observations auront nécessairement une conséquence sur les analyses qu’il sera possible de réaliser par la suite puisque ces dernières se focaliseront inévitablement sur les principaux sites.

À propos de la distribution des catégories de parures, leur répartition est très variable (fig. 14-D)1. Bien qu’imparfaitement représentatif, il ressort du comptage général que le corpus est très nettement dominé par les bracelets et les fibules, avec un peu moins de 1 000 individus recensés pour chacune de ces deux catégories2. Viennent ensuite les anneaux, les perles, les épingles, les agrafes ou boucles de ceinture, les torques et les boutons dont le contingent dépasse la centaine d’individus. Les autres catégories de parures se trouvent en plus faible proportion, comme les parures pectorales, les boucles d’oreilles, les bagues et les “cônes launaciens”. Enfin, mentionnons que sur les 4 843 objets recensés, 3 730 (77 %) sont représentés par une illustration.

L’étude typochronologique de ce corpus s’articulera selon les trois grandes catégories de parures définies précédemment, à savoir : les parures vestimentaires, les parures ornementales et enfin les pièces potentiellement rattachables aux parures3.

Pour faciliter la lecture, un préfixe sera employé pour identifier la catégorie de parure à laquelle il se rapporte : Fi = fibule ; Ep = épingle ; Ag = agrafe de ceinture ; Bl = boucle de ceinture ; Bt = boutons ou appliques ; Br = bracelets / brassards / Anneaux de jambe ; To = torque ; An = anneau ; Per = perles ; Ba = Bagues ; Bo = Boucles d’oreilles ; Pen = pendeloques ; Pec = parures pectorales ; Cl = Cônes launaciens.

La parure vestimentaire

Les fibules

Les fibules sont des épingles de sûreté dont la principale fonction est de fixer ou de fermer un vêtement en tissu ou en fourrure de la moitié supérieure du corps, usage qu’elles partagent avec les épingles dont elles peuvent constituer une forme d’évolution technologique. De ce fait, elle remplace le maintien du vêtement par un simple enfilage en y ajoutant une fixation par la pression induite par la tension du ressort et sa retenue par le porte-ardillon. Si la fonction primaire des fibules n’a pas évolué au cours de l’âge du Fer, les artisans ont grandement fait varier leurs formes dans une démarche purement stylistique4. La richesse décorative dont elles font preuve les rattache de ce fait à la catégorie des objets de parure. Cette dimension esthétique a fortement influencé leur morphologie au cours du temps.

Les éléments descriptifs qui constituent une fibule ont été établis par J. Déchelette, puis repris et augmentés par la suite5. Suivant cette terminologie, les deux grands éléments constituant une fibule sont la tête, où se trouve le ressort, et le pied qui ferme l’objet. L’ensemble est relié par l’arc et l’ardillon (fig. 15).

Terminologie des éléments constitutifs d’une fibule d’après J.-P. Mohen, revue et augmentée : Mohen 1980, fig. 26, 69.
Fig. 15. Terminologie des éléments constitutifs d’une fibule d’après J.-P. Mohen, revue et augmentée : Mohen 1980, fig. 26, 69.

De manière formelle, il existe deux types de ressort : les ressorts unilatéraux, c’est-à-dire situés d’un seul côté par rapport à l’arc, et les ressorts bilatéraux, disposés des deux côtés de l’arc. Seuls ces derniers disposent d’une corde qui relie les deux côtés du ressort. On dit que cette corde est interne lorsqu’elle passe à l’intérieur de l’arc, vers le pied, ou externe lorsqu’elle passe de l’autre côté de l’arc, vers la tête. Dans le prolongement du ressort, l’ardillon vient se maintenir sur le porte-ardillon. Tous ces éléments fonctionnels et indispensables d’une fibule peuvent être formés d’une seule et même pièce de métal, ou être formés de trois pièces au moins. Dans ce cas, la fibule comprend une première pièce rassemblant le pied et l’arc, une seconde pour le ressort et l’ardillon et enfin une troisième pour l’axe. L’axe, qui se présente comme une simple tige métallique, sert d’élément de maintien du ressort à l’arc. Ainsi, l’arc est tenu à l’axe, soit par enroulement, soit par la présence d’un œillet dans lequel est enfilé l’axe. Le ressort est quant à lui tordu autour de l’axe, formant des spirales. Cette méthode de fabrication nécessitant un axe concerne exclusivement les fibules à ressorts bilatéraux. Parmi ces ressorts, qu’ils soient montés sur un axe ou non, se distinguent ceux dont les spirales s’enroulent dans un seul sens de torsion de chaque côté de l’arc, de ceux imprimant deux sens de torsion. Enfin, tout au long de l’analyse typologique, on considérera qu’un ressort court ne dépassera pas 2×2 spires alors qu’un ressort long débutera à partir de 2×6 spires, un ressort de taille moyenne se trouvant entre ces deux valeurs.

Le profil de l’arc, dans les limites de la zone étudiée et suivant les propositions faites par J.-P. Mohen, peut être divisé en trois grandes catégories : rectiligne, curviligne-multicurviligne et cintré. On parle d’arc rectiligne lorsque ce dernier est parallèle à l’ardillon. Cette dénomination recouvre les arcs simples dits “en archet de violon” mais aussi des fibules discoïdes et zoomorphes. Les profils d’arcs curvilignes ou multicurvilignes comprennent tous ceux exprimant une forme sinusoïdale et irrégulière comme les fibules serpentiformes, à double ressort, à boucle ou à pivot. Enfin les profils cintrés renvoient aux arcs imprimant une trajectoire régulière plus ou moins semi-circulaire ou coudée. Dans ce dernier cas, on peut différencier les arcs coudés dessinant un simple segment, à la manière d’un véritable cintre, de ceux marqués par deux segments, c’est-à-dire possédant deux zones coudées rapprochées.

Dans le prolongement de l’arc se trouve le pied et son porte-ardillon. Plusieurs morphologies peuvent être observées. Le pied est considéré comme droit lorsqu’il est composé d’un simple porte-ardillon directement situé dans l’alignement de l’extrémité de l’arc – on parle alors de pied court – ou lorsqu’il s’étire en suivant l’alignement de l’ardillon, il s’agit d’un pied long. Lorsque le pied, à la suite du porte-ardillon, forme un angle droit, il est coudé. Dans ce cas, il est souvent terminé par un bouton. Plus rarement, ce pied coudé peut être attaché à l’arc. Si l’angle imprimé par le pied est supérieur à 90° et qu’il se rabat vers l’arc, on parle de pied courbé comme c’est notamment le cas pour les fibules à timbale. Enfin, les fibules annulaires hispaniques se distinguent par la présence d’un pied composé d’un anneau reliant les deux extrémités de l’arc tout en jouant le rôle de support du ressort à la manière d’un axe.

D’autres éléments peuvent être distingués. La section de l’arc se divise en deux catégories : les arcs épais et les arcs plats. L’épaisseur réelle de cette section n’a pas d’importance dans la mesure où cette distinction sert principalement à séparer les arcs constitués d’une tige métallique plate de tous les autres qui peuvent être circulaire, semi-circulaire ou encore quadrangulaire. L’appendice terminal que l’on retrouve au sommet du pied, le bouton, peut emprunter diverses morphologies allant de la simple sphère au disque et présente divers degrés de complexité décorative.

Tous ces éléments morphologiques ou décoratifs combinés, auxquels on peut ajouter les matériaux de fabrication, constituent la base sur laquelle repose la mise en place d’une typologie des fibules.

1. Présentation de la typologie

La création d’un outil typologique doit répondre à plusieurs impératifs. Tout d’abord, il doit bien évidemment permettre de classer la totalité des individus inventoriés. Pour ce faire, l’ordonnancement doit dégager des caractéristiques facilement reconnaissables afin de conserver dans l’analyse les nombreux fragments et fibules incomplètes mis au jour. De plus, cette typologie doit autoriser des passerelles avec les typologies antérieures afin de faciliter les comparaisons. De nombreux types ont été reconnus par plusieurs générations de chercheurs. Ces types sont largement employés par la communauté scientifique. Il ne s’agit donc pas de tout remettre à plat, mais plutôt de partir de ces grands types et de voir ce qui peut être amélioré ou subdivisé.

Afin de répondre à ces prérequis, le choix s’est porté sur une identification des types en deux étapes. Dans le but de dégager des morphologies générales à un degré suffisant de précision pour autoriser le remploi a posteriori de cet outil. La seconde étape, plus détaillée, permet de mesurer l’évolution de certaines caractéristiques dans le temps mais aussi afin de rendre compte de possibles transferts technologiques ou de solutions stylistiques entre plusieurs faciès culturels.

La première étape se focalise donc sur la reconnaissance des grands types tels qu’ils ont pu être établis par les études antérieures (fig. 16). Fortement inspirée par l’analyse typologique de J.-P. Mohen, cette étape permet de replacer chaque type canonique selon des critères morphologiques très généraux en trois ou quatre niveaux. D’un point de vue formel, l’identification d’un type se fait par le biais d’une arborescence dont l’accès à un second niveau descriptif peut condamner l’accès de l’ensemble des possibilités morphologiques lors du niveau suivant. À quelques exceptions près, la hiérarchisation des éléments de formes de l’objet suit également celle proposée par J.-P. Mohen. Dans un premier niveau, les fibules sont divisées par l’absence total de ressort ou lorsque ce dernier est unilatéral ou bilatéral6. Ainsi, contrairement aux autres typologies régionales, le ressort, ou son absence, est réintroduit comme élément fondamental de la fibule. C’est ensuite, le profil de l’arc (rectiligne, curviligne/multicurviligne ou cintré) qui intervient comme élément discriminant. À la différence du ressort dont la forme est conditionnée par des impératifs fonctionnels et technologiques, l’arc est souvent le support d’une grande variété de décors. Le dernier niveau descriptif renvoie à la forme du pied (droit, coudé ou courbé). Une exception apparaît toutefois à ce niveau pour les fibules à double ressort qui, en raison de leur morphologie particulière ont été classées par la présence de ce double ressort sur l’arc et non par la forme de pied7. Enfin, un niveau intermédiaire a été ajouté exclusivement pour les fibules à ressort bilatéral, arc cintré et pied coudé. Pour ces individus, a été réintroduit le sens de torsion de ressort afin de distinguer les fibules de la famille Golfe du Lion de toutes les autres à pied coudé.

Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grands types de fibules connus (inspirée de la typologie de J.-P. Mohen).
Fig. 16. Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grands types de fibules connus (inspirée de la typologie de J.-P. Mohen).

Afin de faciliter la lecture et l’attribution d’un numéro à chacun des types, la nomenclature ne retient pas de numérotation traduisant l’ensemble des chemins descriptifs empruntés par l’arborescence mais donne uniquement un numéro lors du dernier niveau.

À l’issue de cette première étape, on obtient 21 types pour lesquels les différences morphologiques sont bien marquées. Chacun de ces types appartient pour la plupart à une grande famille de fibules qui a déjà été reconnue par les protohistoriens régionaux. Ainsi, on retrouve bien séparées les fibules serpentiformes (Fi.4), les fibules à double ressort (Fi.5), les fibules Golfe du Lion ou Acebuchal (Fi.13), les fibules navarro-aquitaines (Fi.14) ou encore les fibules à timbale (Fi.20) entre autres. À ce stade, une mise en garde s’impose pour évoquer le fait que l’on conservera les noms de type usuellement employés par les chercheurs, comme “Golfe du Lion”, “navarro-aquitain” ou encore “La Tène”, dans la mesure où ils facilitent la compréhension du propos. Toutefois, ces termes ne renvoient à aucun apriori culturel ou géographique. Les types de fibules ne proviennent pas nécessairement de la région dont ils portent le nom8. Un tableau de correspondance entre les différentes typologies connues dans la région étudiée facilite les comparaisons (fig. 17).

Tableau de correspondance typologique des fibules.
Fig. 17. Tableau de correspondance typologique des fibules.

Si les découvertes connues jusqu’aux années 1980 n’avait pas permis à J.-P. Mohen d’aller plus loin dans la reconnaissance des types, les 972 fibules disponibles à ce jour et réparties sur un espace plus vaste permettent de dépasser la simple identification des grandes familles lors d’une seconde étape plus détaillée. Cette étape consiste à proposer des sous-types en s’adaptant aux modifications opérées au sein d’une même grande famille. Cette méthode reconnaît que chaque type évolue dans une direction qui lui est propre et évite la mise en place d’un cadre inopérant dans lequel un élément discriminant d’un type donné ne trouve pas son pendant pour un autre type.

On reconnaît alors qu’une distinction à partir de la longueur ou la forme du ressort peut être pertinent pour classer les fibules de type Golfe du Lion par exemple mais qu’elle n’offre que peu d’intérêt pour les fibules de types serpentiformes ou à double ressort. L’absence de systématisation des critères discriminants peut paraître déroutante de prime abord, elle permet cependant de rassembler efficacement les traits morphologiques les plus partagés entre les individus d’un même sous-type. De plus, si des critères morphologiques et décoratifs évidents ont pu déterminer la création d’un sous-type, il a également été pris en considération les données chronologiques déjà connues qui permettent de pressentir, en amont, le lien entretenu avec les modifications des morphologies9. Ainsi, toujours selon le principe d’une arborescence, chaque famille est subdivisée par des critères spécifiques dont le premier niveau de subdivision est marqué par un code alphabétique. Il donne accès à l’ultime identification, signifiée par un chiffre, qui regroupe les fibules selon des éléments discriminants plus spécifiques, comme la forme du bouton, la section de l’arc, la taille du ressort, etc. Ces sous-groupes on été créés également en évitant le plus possible qu’un sous-type ne soit identifié que par un seul individu. La présentation des sous-types de la seconde étape et des choix discriminants retenus seront exposés au cours de l’analyse typologique de chacune des grandes familles. Ainsi, sur les 972 individus fiables recensés, 799 peuvent être rattachés à un type, le plus souvent jusqu’à la seconde étape de caractérisation (fig. 18). Les 173 fibules restantes souffrent d’une documentation ou d’un état de conservation insuffisants pour une identification typologique. Enfin, il faut noter qu’au total des 972 fibules, s’ajoutent 48 fragments qui pourraient s’apparenter à des fibules, mais que l’on définira comme “indéterminé” par prudence.

Pour celles dont le type est reconnu, plusieurs grandes familles se détachent proportionnellement du reste du contingent. C’est le cas des fibules navarro-aquitaines (Fi.14), des fibules à double ressort (Fi.5), de celles de type Golfe du Lion (Fi.13) et dans une moindre mesure des exemplaire à ressort “laténien” (Fi.18), qui totalisent 607 individus (76 %) sur les 799 fibules identifiables.

Répartition quantitative des types identifiables des fibules inventoriées (total : 799).
Fig. 18. Répartition quantitative des types identifiables des fibules inventoriées (total : 799).

2. Type Fi.1 – Fibules “simples”
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 1.1)

La dénomination de fibule “simple” renvoie ici à un unique individu fabriqué à l’aide d’une seule pièce de métal, ici en alliage cuivreux (fig. 19). L’absence de ressort est compensée par un simple angle droit imprimé par le prolongement de l’arc au niveau de la tête de l’objet, donnant naissance à l’ardillon. L’arc est rectiligne en “archet de violon” et filiforme de section quadrangulaire. Le pied est droit et court, dans la continuité axiale de l’arc. L’absence de ressort est la caractéristique la plus énigmatique de cette fibule. Elle pourrait laisser penser qu’il s’agisse d’une simple pointe, par exemple d’une épingle, qui aurait été tordue afin d’être employée comme fibule.

L’aspect atypique de cette fibule, le manque d’informations taphonomiques fiables et l’absence de comparaisons satisfaisantes en rendent la datation difficile10. Dès lors, on conservera la proposition faite par J.-L. Argente Oliver, la situant entre la fin du VIIe et le VIe s. a.C., ce qui peut correspondre au reste du mobilier découvert dans la nécropole dont elle est issue11.

Fibules de types Fi.1, Fi.2, Fi.3 et Fi.4.
Fig. 19. Fibules de types Fi.1, Fi.2, Fi.3 et Fi.4.

3. Type Fi.2 – Fibules à pivot

Ces fibules substituent l’emploi du ressort comme moyen de pression de l’ardillon par un système dit “à pivot” (fig. 19). La terminaison de l’arc du côté de la tête prend la forme d’une tige amincie venant s’encastrer dans un réceptacle disposé sur l’ardillon. Ce réceptacle recouvre la zone amincie de l’arc. L’arc curviligne possède deux zones coudées à ces deux extrémités donnant une silhouette rectangulaire ou trapézoïdale à ces fibules. Le pied est droit et forme une gouttière plus ou moins repliée sur l’ardillon. Les extrémités anguleuses peuvent recevoir divers appendices décoratifs prolongés par des excroissances bouletées, parfois aplaties en “trompettes”, ou ajourées. Des décors d’incisions ou d’ailettes rectangulaires peuvent également prendre place sur le reste de la tige de l’arc.

Ce système de fixation à pivot semble trouver son origine en Méditerranée orientale comme en témoigne sa présence sur des fibules chypriotes datées entre le Xe et le IXe s. a.C.12[12]. Ces découvertes orientales ont permis de formuler des hypothèses relatives à l’origine et à la datation des nombreux modèles mis au jour en Italie, en Sicile et sur la façade orientale de l’Espagne13. Toutefois les modèles hispaniques se détachent des fibules orientales et italiques par leur système de fixation à encastrement dans un réceptacle et non traversant totalement l’ardillon, par la forme de l’arc fortement coudé ne dessinant pas de ressort et par leur pied droit simple à gouttière. Ces observations conduiraient à proposer une chronologie différente des fibules orientales. Les fibules inventoriées dans la région sont du même type que celles provenant du Languedoc et nord-est de l’Espagne dont les contextes sont datés entre le début du VIIe et le début ou la première moitié du VIe s. a.C.14. Concernant la zone étudiée, le mobilier associé à l’unique exemplaire mis au jour dans une sépulture ne permet pas de préciser cette proposition chronologique.

4. Type Fi.3 – Fibules “simples” avec ressort
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 1.3)

Cette dénomination de fibules “simples” à ressort renvoie à seulement deux individus en fer quelque peu différents (fig. 19).

Le premier se compose d’une simple tige filiforme de section circulaire. L’arc est rectiligne en “archet de violon” et parallèle à l’ardillon. Le ressort unilatéral n’est que d’une seule spire large atteignant la hauteur de l’arc. L’ardillon est long et dépasse largement le porte-ardillon qui est un simple crochet.

Cette morphologie rappelle les fibules mycéniennes “en archet” présentes en Grèce et datées du XIe-Xe s. a.C.15. Toutefois l’exemplaire inventorié dans la région se démarque des fibules grecques par l’emploi du fer plutôt que de l’alliage cuivreux ce qui laisse penser qu’il s’agirait d’une imitation locale16. Découvert en dehors de contexte fiable, il demeure difficile de proposer une datation pour cet individu.

La seconde fibule rattachée au type Fi.3 provient de la nécropole de Gourjade (n° 298, Castres, Tarn). Il s’agit d’une fibule en fer, à arc rectiligne, ressort unilatéral court de trois spires. L’ardillon est pourvu d’un fil d’alliage cuivreux enroulé, probablement à des fins décoratives. L’arc est de section circulaire et d’une épaisseur supérieure à la fibule précédente. Malheureusement, le pied n’est pas conservé. Les vases à coupe hémisphérique à fond ombiliqué et le couteau en fer à languette et pointe incurvée qui l’accompagnent sont associés à la phase IV des nécropoles castraises, soit entre le premier quart du VIIe et le premier quart du VIes. a.C.17.

5. Type Fi.4 – Fibules serpentiformes
Nombre d’individus : 34
(Annexes 2 : Carte n° 2) (Annexes 3 : Liste 1.4)

Les fibules serpentiformes doivent leur nom à la forme de l’arc multicurviligne serpentant (fig. 19). En alliage cuivreux ou en fer, ce modèle dispose toujours d’une simple boucle à l’avant du pied et de deux boucles à l’arrière du ressort. Entre ces deux circonvolutions, l’arc dessine un profil cintré. Le ressort unilatéral est composé d’une simple spire peu marquée. Le pied est coudé et propose un porte-ardillon de taille moyenne. Il est terminé par un bouton biconique moulé pour les exemplaires en alliage cuivreux.

Les exemplaires en fer diffèrent très nettement. Ils disposent d’un bouton sphérique ou biconique large, creux, dont les deux hémisphères sont soudés par une brasure au cuivre puis fixés à l’aide d’une perforation sur l’extrémité du pied18. Le sommet du bouton atteint généralement la hauteur de l’arc mais il arrive qu’il le dépasse, surtout pour les modèles en fer.

Pour les 34 individus rencontrés dans la zone étudiée, il a été possible de reconnaître au moins deux sous-types que l’on séparera en fonction de la section de l’arc.

Sous-type à arc plat Fi.4.A :

Ces fibules ont pour particularité de posséder un arc de section aplatie sur la zone cintrée située entre les boucles ; le reste de l’objet est de section circulaire. Cet espace foliacé permet la réalisation d’un programme décoratif obtenu par incision. De plus, ce sous-type est exclusivement en alliage cuivreux et le pied se termine par un bouton uniquement biconique.

Sous type à arc épais Fi.4.B :

Ces modèles de fibules serpentiformes ont un arc de section circulaire. De fait, on ne retrouve aucun décor incisé sur leur tige. On peut reconnaître plusieurs variantes à l’intérieur de ce sous-type, notamment les fibules en fer (B.1) et en alliage cuivreux (B.2). Enfin, certains exemplaires en fer ou en alliage cuivreux proposent un fil enroulé, comme un faux ressort, sur la partie médiane de l’arc (B.3). Cet élément peut jouer un rôle décoratif mais également fonctionnel en renforçant la résistance à la tension19.

Si ces fibules serpentiformes sont principalement réparties en Languedoc, entre l’Aude et l’Hérault, certains archéologues ont voulu lier leur apparition à des influences venues d’Italie20. Le profil serpentiforme de l’arc est perçu comme un dérivé des fibules “ad arco serpeggiante” du nord-est de l’Italie ou des fibules “Schlangenfibeln” répandues dans les zones alpines d’Allemagne et d’Autriche21. Cette proposition ne résiste pas à un examen détaillé. En effet, bien que les fibules serpentiformes transalpines disposent effectivement d’une à deux boucles sur l’arc, elles divergent morphologiquement des modèles languedociens par plusieurs points : présence d’un disque d’arrêt peu avant le ressort, un ou deux plies sur l’arc avant l’enroulement en une ou deux boucles successives et enfin pas un pied droit bouleté. Un lien de filiation a également été proposé avec les fibules italiennes de type “Cassibile”, dont quelques exemplaires sont attestés en France notamment dans le dépôt de Vénat (Charente), en raison de leurs spires disposées de part et d’autre de l’arc et par l’aspect pincé général22. Cependant, ces dernières possèdent un pied droit. Enfin, on pourrait comparer ce pied coudé surmonté d’un bouton biconique à celui des fibules de type Golfe du Lion (Fi.13). Cette parenté devient plus marquée lorsque quelques fibules serpentiformes semblent abandonner la boucle située à l’avant du pied comme c’est le cas pour un exemplaire (fibule n° 1205)23.

De manière générale, dans les ensembles languedociens ou catalans, les fibules serpentiformes peuvent être datées entre le premier quart du VIIe et le tout début du VIe s. a.C.24. Cependant il est possible de proposer quelques précisions chronologiques pour les différents types identifiés. Dans le groupe des nécropoles de Castrais, il semblerait que les exemplaires en fer précèdent ceux en alliage cuivreux, se répartissant soit dans la première moitié de la phase IV (675-625 a.C.) pour ceux en fer soit dans la seconde (625-575 a.C.) pour ceux en alliage cuivreux. Cependant, certains exemplaires en fer ont pu perdurer jusqu’au début du VIe s. a.C. comme l’attestent les quelques modèles de type 4.B.1 des nécropoles castraises25. Enfin, la présence d’un fil spiralé autour de l’arc pourrait être perçu comme un marqueur chronologique de la fin du VIIe et du tout début du VIe s. a.C. En effet, cet élément rapporté apparaît notamment sur des fibules du type du Golfe du Lion de la nécropole de Mas de Mussols (Tortosa, Tarragone) et de l’habitat de Corent (Puy-de-Dôme), toutes datées autour de 600 a.C.26.

6. Type Fi.5 – Fibules à double ressort
Nombre d’individus : 155
(Annexes 2 : Carte n° 3) (Annexes 3 : Liste 1.5)

Les fibules à double ressort comptent parmi les types les plus répandus dans la zone d’étude puisqu’ils représentent 19 % de l’ensemble des fibules inventoriées. Leur nom évoque la présence de deux ressorts unilatéraux situés de part et d’autre de l’arc, à la même hauteur et perpendiculaire à ce dernier (fig. 20). Ces ressorts comprennent entre 3 et 5 spires. Le nombre de spires est identique de chaque côté. Fabriquées à partir d’une seule pièce de métal, ces fibules sont quasi exclusivement en alliage cuivreux, à l’exception d’un seul individu en fer mis au jour dans la sépulture 2 du Tumulus J à Ibos, Bois des Hès (n° 282, Hautes-Pyrénées). Plus rarement, des axes sur lesquels s’enroulent les ressorts peuvent être rencontrés. La partie médiane de l’arc, entre les deux ressorts, est rectiligne mais imprime le plus souvent une légère courbure vers l’ardillon, probablement en raison de la tension de l’objet. Enfin, si la majorité de ces fibules possèdent un pied droit en gouttière simple et relativement long, quelques exemplaires emploient des pieds droits larges ou des pieds coudés terminés par un bouton. Toutefois, malgré ces quelques variables, c’est la morphologie de l’arc qui semble être le caractère le plus évident pour la reconnaissance de sous-types27.

Fibules de types Fi.5 et Fi.6.
Fig. 20. Fibules de types Fi.5 et Fi.6.

Sous-type à arc épais Fi.5.A :

Ces fibules à double ressort présentent un arc de section épaisse, généralement circulaire, plus rarement quadrangulaire avec des arêtes plus ou moins marquées. Si leur pied est toujours droit et en gouttière, deux variantes semblent se distinguer selon que le ressort est libre (A.1) ou monté sur un axe peu débordant (A.2). La présence de cet axe pourrait servir à soutenir la tension exercée sur l’arc.

Sous-type à arc plat étroit Fi.5.B :

Ce modèle possède un arc de section aplatie prenant la forme d’une languette droite légèrement amincie à proximité des ressorts. Cette face élargie de l’arc permet la réalisation de divers décors incisés ou moulés sur ce dernier. Pour ce sous-type, on peut remarquer plusieurs variantes en fonction de caractéristiques secondaires. Les fibules dont les ressorts sont libres et le pied est droit en gouttière (B.1), celles aux ressorts libres mais dont le pied droit est large, évasé et dont l’extrémité est légèrement rabattue vers l’ardillon (B.2), et enfin celles dont les ressorts sont montés sur un axe (B.3).

Sous-type à arc plat large Fi.5.C :

Ces fibules se distinguent par un arc de section plate mais pourvu d’un renflement plus ou moins losangique sur les côtés. On peut reconnaitre les exemplaires dont l’arc est proche du sous-type précédent mais légèrement élargi (C.1) et ceux dont l’arc prend plus fortement la forme d’un losange. Dans ce dernier cas, on peut distinguer les fibules ayant un pied droit (C.2) de celles à pied coudé surmonté d’un petit bouton ne dépassant pas la moitié de la hauteur de la fibule (C.3). Toujours dans cette catégorie, l’arc renflé peut prendre également la forme plus arrondie d’un médaillon sur des fibules à pied droit (C.4) ou à pied coudé (C.5). L’élargissement de l’arc donne toujours la possibilité de proposer un décor incisé ou moulé. A contrario, on remarquera que les spires des ressorts de ce sous-type sont plus volumineuses que celles des précédents sous-types et que leur section souvent losangique laisse apparaître une arête saillante.

Sous-type à arc en croix Fi.5.D :

Peu nombreuses, ces fibules à double ressort se détachent des précédentes par l’étirement maximal du centre de l’arc qui dessine deux appendices latéraux lui donnant la forme d’une croix. De section plate, cet arc en croix peut recevoir diverses ornementations. Les ressorts sont également de section losangique et peuvent être libres ou montés sur axe. Cependant, en raison du trop faible nombre d’individus, ce critère n’a pas entraîné de variante.

Toutes ces fibules à double ressort sont majoritairement réparties en péninsule Ibérique bien que quelques exemplaires soient connus en France. Leur chronologie établie jusqu’à maintenant couvre l’entièreté du Premier âge du Fer, voire au-delà28. La morphologie de l’arc semble être un marqueur chronologique déterminant. Les premières à apparaître sont celles à arc épais (5.A) dont les attestations anciennes remontent au milieu ou à la fin du VIIIe siècle a.C. comme en témoigne un individu mis au jour dans la tombe 34 de nécropole de Moulin à Mailhac29. Cette proposition est en accord avec les fibules découvertes dans les nécropoles du Castrais, présentes dans les phases II et III (800/775 – 675 a.C.)30. On retrouve ces fibules au moins jusqu’à la fin du VIe s. a.C. d’après les contextes espagnols les mieux datés31. Les sous-types suivants sont surtout connus en Espagne. Malheureusement, le peu d’ensembles clos fiables dont on dispose ne permettent pas de préciser les datations proposées jusqu’à présent. Suivant ces résultats, les fibules à arc plat étroit (5.B) seraient comprises entre 550 et 425 a.C., tandis que celles à arc en croix (5.D) constituent l’ultime attestation de ces fibules entre 425 et le milieu du IVe s. a.C.32. Concernant les fibules à arc plat large (5.C), si leur datation était jusqu’alors centrée entre 520 et 400 a.C., il est possible que leur apparition puisse être quelque peu vieillie. En effet, il est intéressant de relever que leur arc losangique est similaire à ceux des fibules Agullana ou à ceux des fibules à arc à boucle (Fi.9.B de la typologie). Tous ces types (Fi.5.C, Fi.9.B et Agullana) composent le dépôt métallique découvert dans l’épave de Rochelongue (Agde, Hérault), daté de la toute fin du VIIe s. a.C. et de la première moitié du VIe s. a.C.33. Dès lors, ces quelques éléments de comparaisons invitent à proposer l’hypothèse que l’arc losangique, orné ou inorné, est un marqueur stylistique qui apparait dès la fin du VIIe s. a.C. On manque cependant d’éléments chronologiques fiables pour déterminer si ces modèles à arc plat large (5.C) se développent encore après le milieu du VIe s. a.C.

7. Type Fi.6 – Fibules à arc renflé
Nombre d’individus : 7
(Annexes 2 : Carte n° 1) (Annexes 3 : Liste 1.6)

Les fibules dites “à arc renflé” ont toutes un ressort unilatéral d’une ou de deux spires, un arc cintré et un pied droit très court, voire seulement composé d’un simple porte-ardillon (fig. 20). La totalité des exemplaires rassemblés sont en alliage cuivreux et fabriqués à partir d’une seule pièce de métal. Bien que très peu nombreuses sur le territoire étudié, elles présentent une grande variété morphologique obligeant à les séparer en trois sous-types à partir de la section et du profil de l’arc.

Sous-type à arc peu renflé épais Fi.6.A :

Ce modèle ne concerne qu’une unique fibule qui se distingue par son arc cintré en demi-cercle élevé, de section circulaire constante. Le ressort, à une spire, présente une épaisseur plus faible. Le pied se compose d’un simple porte-ardillon court obtenu par martelage de l’extrémité de l’arc et faiblement replié. Les 2/3 du profil de l’arc sont décorés de chevrons couvrant toute la circonférence.

Sous-type à arc renflé épais Fi.6.B :

Ces fibules sont identifiables par la forme de leur arc cintré, très fortement renflé au centre puis s’amincissant progressivement à ses deux extrémités. Deux variantes peuvent être distinguées : les fibules de taille relativement importante à arc creux et à pied droit court se résumant à un simple porte-ardillon (B.1), et celles de plus petit gabarit, à arc plein et à pied long en gouttière (B.2)34. Concernant la dernière variante, l’état de conservation ne permet pas de déterminer la présence ou l’absence d’un bouton à l’extrémité du pied. Enfin, on retrouve un décor de chevrons, d’ocelles ou de lignes transversales sur l’arc.

Sous-type à arc renflé plat Fi.6.C :

Cette catégorie rassemble les fibules dont l’arc renflé est ouvert sur sa face interne, dessinant un U renversé, élargi au centre et peut être prolongé de petits appendices latéraux. Cette partie peut recevoir un décor strié ou de gouttières longitudinales directement réalisées sur le moule.

Si toutes ces fibules trouvent leur origine en Italie et que plusieurs exemplaires sont connus par ailleurs sur les sites languedociens ou catalans, leur présence dans la zone d’étude n’implique pas nécessairement qu’elles ont été importées35. À l’exception de la fibule de Lugasson (Roquefort, Gironde) (n° 166) découverte en prospection, tous les autres individus ont été signalés au XIXe ou au début du XXe siècle et sont issus de contextes inconnus. On ne peut donc exclure la possibilité de l’implication de faussaires ou d’attributions régionales erronées lors de l’acquisition de ces pièces par les musées. Ces falsifications, que l’on a déjà eu l’occasion mentionner plus haut, ont particulièrement touché ce type de fibule36.

La fibule à arc peu renflé épais de Lugasson (6.A), est difficilement rattachable au Premier âge du Fer tant ce type renvoie à des fibules connues en Italie centrale, comme celles découvertes à Capoue (Caserte) ou dans la nécropole de Monte Saraceno (Mattinata, Foggia), et bien datées du IXe ou du début du VIIIe s. a.C.37. On devrait donc plutôt la rattacher au Bronze final IIIb. Pour les sous-types suivants, (6.B-C), la chronologie généralement admise s’étend de 700 a.C. jusqu’à la fin du VIIe s. a.C. puisque, dans le nord de l’Italie, ils sont surtout représentatifs des phases 1C et 2A de la culture de Golasecca38.

8. Type Fi.7 – Fibules zoomorphes
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 1.7)

Le nom de fibules zoomorphes désigne naturellement celles dont la morphologie générale imite, de façon plus ou moins stylisée, celle d’un animal. Pour les deux seuls exemplaires rencontrés, c’est le profil du cheval qui est choisi comme référence (fig. 21). La conception de ces deux fibules en alliage cuivreux est similaire. L’arc et le pied constituent une seule pièce de métal reproduisant la silhouette de l’animal avec les pattes situées aux deux extrémités de l’arc. La partie de l’arc à l’avant du pied est prolongée d’une excroissance dessinant la tête du cheval. Le pied comprend un porte-ardillon en gouttière, suivi d’une terminaison coudée de faible hauteur. Au niveau des pattes arrière de l’animal, l’arc est perforé afin de recevoir un axe enfilé sur lequel sont enroulés le ressort bilatéral et son ardillon.

Les deux fibules zoomorphes se distinguent l’une de l’autre par la représentation stylistique du cheval. Celle mise au jour à Chalucet (Saint-Jean-de-Ligoure, Haute-Vienne, n° 337) (pl.218) se différencie par sa partie médiane de l’arc décorée d’incision et disposant de deux encoches servant probablement à l’ajout d’une pièce décorative, on peut penser à un cavalier, malheureusement non conservée. La seconde, découverte sur l’habitat du Sablonat à Pineuilh (Gironde, n° 169) (pl.95), présente un arc lisse, non décoré, aux faces droites et arêtes saillantes. La tête de l’animal est également mieux conservée et dessine une longue encolure incurvée suivie d’une tête stylisée.

Ces fibules zoomorphes diffèrent très nettement des individus connus en Espagne, apparentées au type 8B1 de J.-L. Argente Oliver et datées La Tène Moyenne et final39. En revanche, les bracelets en lignite (Br.24.B) associés à l’exemplaire de Chalucet évoqueraient plutôt une chronologie débutant au milieu du VIe s. a.C., tandis que la fosse dont est issue la fibule de Pineuilh appartiendrait aux horizons 7b-8 (510-425 a.C.) d’A. Dumas d’après le mobilier céramique qui l’accompagnait40.

Fibules de types Fi.7, Fi.8 et Fi.9.
Fig. 21. Fibules de types Fi.7, Fi.8 et Fi.9.

9. Type Fi.8 – Fibules discoïdes
Nombre d’individus : 14
(Annexes 2 : Carte n° 4) (Annexes 3 : Liste 1.8)

Ce modèle de fibule se caractérise par la présence d’un ou de plusieurs disques en lieu et place de l’arc (fig. 21). Ce disque, fait d’une tôle de métal, recouvre la totalité de l’objet, masquant en partie le ressort et entièrement le porte-ardillon. Bien que peu nombreuses, elles font l’objet d’une grande variété de solutions de fabrication et de décorations autorisant leur subdivision en sous-types.

Sous-type avec ressort Fi.8.A :

Ces fibules se distinguent par l’emploi d’un ressort monté sur un axe. Pour les variantes en alliage cuivreux ou bimétalliques (A.1), l’arc discoïde dispose de deux tenons, l’un ajouré afin de recevoir un axe en fer sur lequel est monté un ressort court à corde interne en fer, l’autre martelé pour jouer le rôle de porte-ardillon en gouttière. La face externe de l’arc est décorée d’ocelles et de stries circulaires. L’unique exemplaire en fer, bien que mal conservé, paraît quelque peu différent (A.2). L’arc discoïde est attaché à un axe sur lequel est enroulé un ressort de taille moyenne et qui n’est pas recouvert par le disque. Le système d’attache entre le disque et l’axe n’est pas identifiable. Sur la face interne et au niveau de la zone médiane de l’arc, un réceptacle devait maintenir une autre pièce en alliage cuivreux servant de porte-ardillon et qui a disparu. Enfin, des éléments décoratifs en alliage cuivreux pris dans la corrosion sont présents sur l’axe ou le ressort.

Sous-type sans ressort Fi.8.B :

Ces exemplaires s’individualisent des précédents par l’absence de ressort. Si ces fibules sont toutes en alliage cuivreux, deux morphologies s’observent, impliquant des modes de fabrication différents. La première variante, qui n’est représentée que par une seule fibule, présente un large disque orné d’incisions ou de cupules sous lequel est ajouté et maintenu à l’aide de rivets une seconde pièce comprenant le système d’attache de la fibule, à savoir un porte-ardillon droit en gouttière, un arc plat aminci et coudé pour former l’ardillon (B.1). La seconde variante est fabriquée d’une seule et même pièce en alliage cuivreux et possède un arc discoïde polylobé, c’est-à-dire comprenant plusieurs petits disques encerclant une plaque plus grande (B.2). Le pied et le départ de l’ardillon situés de part et d’autre de cette plaque principale ne sont pas nécessairement recouverts par cette dernière.

On ne dispose que de peu d’éléments nouveaux pour dater ces fibules discoïdales. Celle en fer avec ressort (8.A.2) provenant de la nécropole de Pujaut (Mios, Gironde) (n° 167) pourrait être considérée comme la plus ancienne dans la mesure où le mobilier qui l’accompagne la situe entre le dernier quart du VIe et le premier quart du Ve s. a.C. Pour celles en alliage cuivreux (8.A.1), les contextes pyrénéens dont elles proviennent sont plutôt caractéristiques de la seconde moitié du Ve s. a.C.41. Les sous-types sans ressort (8.B), sont exclusivement attestés en péninsule Ibérique et hors de tout contexte fiable pour la zone étudiée. On conservera donc la proposition de J.-L. Argente Oliver qui les ferait apparaître timidement au cours de la seconde moitié du VIe, bien qu’elles soient surtout représentatives des IVe et IIIe siècles a.C.42.

10. Type Fi.9 – Fibules à arc à boucle
Nombre d’individus : 33
(Annexes 2 : Carte n° 4) (Annexes 3 : Liste 1.9)

Les fibules en alliage cuivreux rassemblées dans cette catégorie se singularisent par une boucle d’une spire imprimée par l’arc en amont du pied (fig. 21). La seconde particularité de ces fibules est que le départ de l’ardillon se fait à l’extrémité du ressort et non dans l’axe de l’arc et du pied. Le ressort est bilatéral à corde interne, de taille moyenne ou long et est monté sur un axe. L’arc est le plus souvent de section plate et pourvu de renflements latéraux lui donnant une forme losangique plus ou moins marquée. Cet espace disponible permet la réalisation d’ornementations d’incisions circulaires ou striées. Enfin, le pied est droit et très long, pouvant dépasser la longueur du reste de l’objet. La variété des terminaisons ménagées à l’extrémité de ce pied permet la reconnaissance d’au moins trois sous-types.

Sous-types à pied simple Fi.9.A :

Comme leur nom l’indique, ces modèles se distinguent par un pied droit constitué d’un porte-ardillon en gouttière sans bouton.

Sous-type à pied large Fi.9.B :

Cette catégorie de fibules présente un très long pied en gouttière qui s’évase largement en forme de “T”. Cette zone élargie est enroulée sur elle-même pour fermer l’extrémité du porte-ardillon, formant alors une tige dépassant la largeur du pied. Il est également possible que cette terminaison ne soit pas nécessairement enroulée lors d’une reprise de l’objet après la coulée mais qu’elle ait été directement imprimée dans le moule. Enfin, des petits boutons coniques peuvent venir orner les extrémités de cette terminaison.

Sous-type à pied “en ancre” Fi.9.C :

Ici, le pied droit prend la forme d’une large plaque grossièrement quadrangulaire à section plate disposant au centre d’un long et fin sillon afin de recevoir l’ardillon. L’extrémité de ce pied est une tige moulée de section circulaire similaire à celle du sous-type précédent, si ce n’est que les extrémités amincies sont recourbées vers l’intérieur de la fibule, rappelant la forme d’une ancre. Le large espace disponible sur le pied rend possible la réalisation d’une riche ornementation d’ocelles et d’incisions variées.

Du fait de leur morphologie singulière de nombreux travaux les ont rapprochés des modèles italiens de type “oria” datés entre 900 et 800 a.C. et du type “ad occhio”, dont l’apparition en péninsule Ibérique se situerait vers 750 a.C.43. Toutefois, ces fibules hispaniques se distinguent des types italiens par la technologie de leur ressort et la forme de leur pied. Elles sont probablement plus proches des fibules à double ressort (Fi.5) et plus précisément de leur sous-types 5.C, en raison de leur arc losangique qui peut être décoré. De même, on doit rapprocher leur arc losangique en boucle de ceux des fibules du type Agullana, qui se place entre la fin du VIIe s. et la première moitié du VIe s. a.C., comme en témoigne l’exemplaire découvert dans l’épave de Rochelongue (Agde, Hérault)44. Ensuite, la présence d’un pied large évasé en forme de “T” semble être un marqueur stylistique qui apparait sur plusieurs types de fibules entre la seconde moitié du VIIe s. et la première moitié du VIe s. a.C.45. Dès lors, la datation de individus à pied simple (9.A) et à pied large en “T” (9.B) doit être comprise entre la fin du VIIe s. et la première moitié du VIe s. a.C. En revanche, il est possible que les modèles à pied “en ancre” (9.C) soient plutôt centrés sur le seul VIe s. a.C. C’est ce que semble indiquer les deux ensembles fiables dont proviennent les exemplaires de la nécropole d’El Castejón à Arguedas (n° 34) et qui explique pourquoi ce type de pied se rencontre sur des pièces à arc cintré (Fi.10.B.5) datées de la fin du VIe et le Ve s. a.C.

11. Type Fi.10 – Fibules à pied droit
Nombre d’individus : 25
(Annexes 2 : Carte n° 5) (Annexes 3 : Liste 1.10)

Comme son nom l’indique, les fibules regroupées dans cette catégorie possèdent toutes un pied droit de longueur et de forme variable (fig. 22). Le ressort bilatéral et un arc cintré dont le profil peut être coudé ou en demi-cercle, permet de les séparer en sous-types46.

Fibules de types Fi.10, Fi.11 et Fi.12.
Fig. 22. Fibules de types Fi.10, Fi.11 et Fi.12.

Sous-type à arc coudé Fi.10.A :

Ces fibules ont en commun un arc coudé à un segment sur la partie médiane. De plus, le départ de l’ardillon se fait à l’extrémité du ressort comme les fibules du type précédent Fi.9. En revanche, les trois exemplaires inventoriés divergent sur plusieurs caractères morphologiques permettant de reconnaitre des variantes. On classera d’un côté l’unique fibule de grande taille dont la section de l’arc est circulaire et le pied en simple gouttière (A.1), et de l’autre les deux individus de plus petit format, dont l’arc est de section plate et le pied est terminé par un évasement replié en forme de “T” (A.2).

Sous-type à arc en demi-cercle Fi.10.B :

Cette sous-catégorie, rassemblant 22 individus disposant d’un arc cintré en demi-cercle, offre une variété, tant du point de vue des matériaux employés que de la terminaison du pied. Une première variante possède un pied long fait d’un porte-ardillon sans bouton (B.1). Si l’arc et le pied sont en alliage cuivreux, d’une seule pièce obtenue à la fonte, le ressort court et de taille moyenne est en fer et monté sur un axe en alliage cuivreux. L’arc peut également être élargi pour recevoir un décor. La variante suivante concerne des fibules au pied toujours sans bouton mais de longueur plus modeste. Entièrement en alliage cuivreux, le ressort est court à corde externe et à un sens de torsion. Il est monté sur un arc et suivi d’un faux ressort long pouvant être terminé par de petits appendices sphériques (B.2). Plus nombreuses, les fibules à bouton sphérique ou biconique situé à l’extrémité du pied sont en alliage cuivreux ou bimétallique avec le ressort en fer (B.3) ou intégralement en fer (B.4). Leur ressort, court ou de taille moyenne, peut être libre ou enroulé sur un axe et terminé par des sphères. Enfin la dernière variante présente un pied “en ancre”, similaire à celui du type précédent Fi.9.C, et est fabriquée en alliage cuivreux (B.5) ou en fer (B.6) avec un ressort de taille moyenne sur axe.

Bien que proches morphologiquement, les différents sous-types et variantes de fibules à pied droit ont une chronologie relativement étendue.

Pour les modèles à arc coudé (A), l’exemplaire de grande taille mis au jour à Saint-Vincent-de-Tyrosse (n° 186) se situe au VIIe, voire plus précisément dans la seconde moitié de ce siècle en raison du bracelet en fer (Br.19.B) qui l’accompagne. Les deux autres exemplaires de plus petite taille proviennent en revanche de contexte espagnols peu fiables et pour lesquels on ne peut assurer la datation. Cependant, on a déjà eu l’occasion de remarquer que le pied large en “T” semble être un marqueur de la seconde moitié du VIIe et de la première moitié du VIe s. a.C.

Dans le groupe des types à arc en demi-cercle, ce sont les fibules en fer avec bouton (B.4) qui apparaissent en premier comme en témoignent les exemplaires du Lot-et-Garonne, dans la sépulture 2 des Riberotes (n° 251) ou la sépulture 21 de Lesparre (252), datées de l’horizon 4 d’A. Dumas, soit entre 625 et 575 a.C.47. Elles sont suivies dans la première moitié du VIe s. a.C. par celles en alliage cuivreux ou bimétallique, avec ou sans bouton (B.1 et B.3), dont les contextes fiables ne s’étendent pas au-delà de 550 a.C.48. Pour la fibule à faux ressort (B.2), un exemplaire similaire provenant de la sépulture 27 de la nécropole de Las Peyros à Couffoulens (Aude) daterait du milieu du VIe s. a.C.49. Enfin, les deux derniers sous-types pourvus d’un bouton “en ancre” sont datables du Ve et de la première moitié du IVes. a.C. sans qu’il soit possible de constater de différences chronologiques en fonction des variantes50.

12. Type Fi.11 – Fibules à plaque rhomboïde
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 1.11)

Seuls deux exemplaires de ce type sont connus et proviennent de la nécropole de Navafría à Clares (Guadalajara) (n° 16). Ces fibules se singularisent par un arc cintré et coudé à un segment prenant la forme d’une très grande tôle d’alliage cuivreux losangique aux côtés très longs, atteignant plus de 20 cm et dépassants nettement la longueur totale de l’objet (fig. 22). Cet arc présente deux arêtes saillantes perpendiculaires, similaires à celle d’une feuille pliée en quatre. L’arc de la seconde fibule, moins bien conservée, suit plutôt la forme d’un rectangle. Dans les deux cas, cette zone reçoit une ornementation faite d’une multitude de stries incisées. Les deux extrémités de l’arc s’amincissent fortement pour donner naissance au pied droit d’un côté et à long ressort bilatéral de l’autre. L’ardillon de ces modèles de fibules est aussi original puisqu’il ne s’agit pas d’une aiguille fine de section circulaire mais plutôt d’une pointe large à section plate et décorée d’incisions sur sa face externe. Cette morphologie interroge naturellement sur l’utilisation de ces fibules dans la mesure où un tel ardillon demeure peu pratique lorsqu’il s’agit de traverser un tissu (à l’exception d’un vêtement à larges mailles). Cette interrogation a déjà été soulevée précédemment par E. Cabré-Morán et J.-A. Morán-Cabré qui proposaient un emploi comme maintien de cheveux à la manière d’une barrette moderne51[51]. On soulignera que l’absence de pression continue entre l’ardillon et l’arc coudé se prête mal à cet usage.

Dans tous les cas, en l’absence de contextes fiables et dans la mesure où aucun élément nouveau n’a été découvert ces dernières années, on conservera les propositions chronologiques déjà émises qui les situent entre la seconde moitié du VIe et le début du IVe s. a.C.52.

13. Type Fi.12 – Fibules à spirales
Nombre d’individus : 6
(Annexes 3 : Liste 1.12)

Sur les six exemplaires en alliage cuivreux associés à ce type, seuls trois peuvent être identifiés avec certitude. Ce modèle se caractérise par la présence d’un ressort composé de plusieurs tiges, jouant le rôle d’axe, dont les extrémités forment des spirales (fig. 22). Ces tiges sont maintenues entre elles par un long ressort bilatéral. À ce ressort sont attachés par enroulement l’arc cintré et son pied droit en longue gouttière. Souvent fragmentées et mal documentées, ces fibules semblent adopter des morphologies variables. L’arc peut être de section épaisse quadrangulaire et relativement étroite ou de section plate et foliacé. Le point commun entre tous ces individus est un ressort à spirales à vocation tant fonctionnelle que décorative : ce type de ressort/décor est d’ailleurs employé également sur des parures pectorales, attaché à une simple aiguille53.

Toutes les fibules inventoriées et rattachées à ce type souffrent d’un déficit de contextes fiables pouvant permettre de discuter leur datation. On fera simplement remarquer que les lots de mobilier dont elles sont issues semblent surtout compris entre 550 et 350 a.C.54.

14. Type Fi.13 – Fibules Golfe du Lion ou Acebuchal
Nombre d’individus : 134
(Annexes 2 : Cartes n° 6 à 8) (Annexes 3 : Liste 1.13)

Les fibules dites du Golfe du Lion et Acebuchal sont parmi les modèles plus répandus dans la zone d’étude puisqu’elles représentent 17 % de la totalité du corpus de fibules identifiées (fig. 18). C’est à E. Cuadrado que l’on doit le nom de “Golfo de León” qu’il leur donna en raison de leur distribution préférentielle dans une région comprise en l’Hérault et la Catalogne55[55]. Morphologiquement, elles se caractérisent par un ressort bilatéral à un sens de torsion et un arc cintré. Le porte-ardillon est de taille moyenne ou allongé, prolongé d’un pied coudé de faible hauteur (ne dépassant pas la moitié de la hauteur de l’objet). Ce pied est terminé par un petit bouton conique ou biconique caractéristique de ce type, ou plus rarement sphérique ou simplement mouluré (fig. 23). Ce bouton et la morphologie générale donnent à ces fibules une silhouette relativement fine, les rendant aisément différentiables des autres fibules à pied coudé. Toutefois, on observe une grande variabilité dans les solutions techniques et stylistiques retenues par les artisans, qui jouent sur les matériaux, la taille du ressort, la forme de l’arc ou les ajouts décoratifs, autorisant ainsi l’identification d’un grand nombre de sous-types. Parmi tous ces critères, on a retenu la présence ou l’absence d’axe sur lequel est monté le ressort comme un critère majeur dans la mesure où ce facteur implique la quantité de pièces de métal employée dont découle naturellement les gestes de l’artisan lors de la réalisation des fibules. Cette caractéristique semble également engendrer des conséquences sur la taille du ressort ou sur l’ornementation de ce dernier par l’ajout d’un faux ressort et/ou d’appendices à ses extrémités. C’est donc grâce à ce critère que l’on a divisé en sous-types les individus du corpus.

Fibules de type Fi.13.
Fig. 23. Fibules de type Fi.13.

Sous-type avec ressort sur axe Fi.13.A :

À l’intérieur de la classe de fibules dont le ressort est monté sur un axe, on peut proposer plusieurs variantes en raison du nombre d’exemplaires. Ces variantes sont reconnaissables à partir des critères qui n’ont pas été retenus jusqu’à présent dans la typologie tels que principalement le profil et la section de l’arc, la taille du ressort et les métaux employés. La première de ces variantes comprend les fibules en alliage cuivreux possédant un ressort moyen ou long, un arc cintré en demi-cercle ou légèrement coudé de section plate et de forme étroite ou foliacée pouvant être pourvu d’un renflement longitudinal (A.1). La particularité de ces fibules est que le pied, l’arc, le ressort et l’ardillon sont fabriqués d’une seule et même pièce de métal. De plus, leur pied coudé est terminé par un bouton légèrement aplati sur sa face supérieure. On reconnait ici les fibules que E. Cuadrado nomme “Acebuchal”56. Si l’on peut conserver cette appellation, on ne retiendra pas en revanche la distinction qu’il proposait en fonction de la corde et une légère variation de l’enroulement du ressort et par lequel il identifiait un autre type extrêmement proche désigné “Bencarrón”57. Les variantes suivantes se définissent par un arc cintré en demi-cercle de section épaisse circulaire ou légèrement aplati, avec ressort court ou moyen. Elles peuvent être entièrement en alliage cuivreux ou bimétalliques avec un ressort en fer (A.2) ou en fer (A.3). D’autres modèles voient leur ressort s’allonger ou, du moins, présenter un premier vrai ressort court, prolongé par un faux ressort purement décoratif et non fonctionnel. Ce faux ressort est alors souvent terminé par des appendices perlés. Ces fibules à arc épais circulaire peuvent être en alliage cuivreux (A.4) ou en fer (A.5). Lorsque la section de l’arc s’aplatit, les fibules en alliage cuivreux présentent dans de nombreux cas un riche programme décoratif moulé ou incisé sur le sommet de l’arc ; le bouton peut être simple et mouluré. De plus, les perles situées à l’extrémité du faux ressort peuvent être remplacées par des disques plats ou biconiques séparés par des manchons (A.6)58. Enfin quelques-unes des fibules avec axe ont un arc cintré coudé à un ou deux segments. On reconnait deux variantes dans ce cas : les fibules en alliage cuivreux dont le ressort est monté sur un axe en fer et qui ont la particularité d’avoir au sommet de l’arc une timbale percée, un fil spiralé sur l’arc et une partie du pied et un ajourage ménagé sur le pied peu avant le bouton (A.7), et celles exclusivement en fer ne disposent que d’un discret élargissement du sommet de l’arc (A.8).

Sous-type avec ressort sans axe Fi.13.B :

Moins nombreuses que celles avec axe, quelques fibules de type Golfe du Lion sont réalisées en une seule pièce de métal et ont un ressort libre, sans axe. Cette caractéristique induit un ressort court ou de taille de moyenne. On distingue à l’intérieur de ce groupe celles en alliage cuivreux et pourvues d’un arc en demi-cercle et d’un bouton simple et mouluré (B.1) et celles en fer (B.2). Les exemplaires en alliage cuivreux, lorsque la section de l’arc est plate, présentent un décor moulé ou incisé. Enfin, une dernière variante, peu fréquente, possède un arc coudé à un segment et semble n’exister qu’en fer (B.3).

Les fibules type “Golfe du Lion” et Acebuchal sont généralement connues comme marqueurs chronologiques du VIe, avec un prolongement aux Ve et IVe s. a.C.59. Il est toutefois possible de préciser cette datation au regard des différences morphologiques observées.

Les fibules Acebuchal ou Bencarrón (A.1) essentiellement diffusées dans la moitié nord de l’Espagne, proviennent de nécropoles mal documentées mais que l’on peut tout de même situer entre la seconde moitié du VIe et le dernier quart du Ve s. a.C.60.

La variante A.2 des fibules “Golfe du Lion” au ressort monté sur axe, est représentative de la phase V de la nécropole du Causse (Labruguière, Tarn) (n° 305) fouillée en 2010 et dont la chronologie est calée entre le milieu du VIe et le début du Ve s. a.C.61. Ces résultats sont en adéquation avec les datations proposées pour les exemplaires similaires mis au jour dans le Midi de la France où les premières attestations apparaissent à partir de 550 a.C.62. Il est possible de proposer une chronologique équivalente pour les fibules en fer (A.3), dont cependant certains exemplaires peuvent être situés dans la première moitié du VIe s. a.C., vers 575 a.C. comme le suggère la fibule découverte dans le tumulus 7 de nécropole nord de Flaujac-Poujols (Lot) (n° 207)63. Les variantes suivantes disposant d’un long ressort, en alliage cuivreux ou en fer (A.4 et A.5) sont des modèles connus au cours de la phase V de la nécropole du Causse64. Les individus à arc plat souvent décoré (A.6) sont également datés de cette phase dans le Castrais ; toutefois, l’exemplaire déposé dans la tombe 136 de la nécropole des Plaines (Cayrac, Tarn-et-Garonne) (n° 325), associée à une épée à antenne, et les modèles attestés dans le Midi de la France, notamment dans la sépulture 79 de Las Peyros à Couffoulens (Aude) permettent de resserrer cette datation du milieu du VIe au tout début du Ve s. a.C.65. Les fibules à arc coudé et spiralé (A.7) de la nécropole du Frau (n° 326) peuvent être rapprochées d’une fibule provenant de l’habitat de Corent (Puy-de-Dôme) ou de celles du site Sainte-Blaise à Saint-Mitre-les-Remparts (Bouches-du-Rhône) et datées entre 625 et 575 a.C.66. Cette datation correspond au torque (To.3.A.1) qui les accompagne et qui daterait l’ensemble entre 625 et 575 a.C. Enfin, la morphologie des fibules en fer et à arc coudé (A.8), les situe plutôt dans le tiers central du VIe s. a.C.67.

Il est difficile de proposer une chronologie précise pour les fibules “Golfe du Lion” au ressort sans axe tant ces individus semblent être fabriqués pendant une longue période s’échelonnant du premier quart du VIe au tout début du Ve s. a.C. Celles en alliage cuivreux de variante B.1, celles bien attestées durant toute la période V des nécropoles du Castrais, soit entre 575 et 475 a.C.68. Cette identification est également valable pour les variantes suivantes en fer à arc demi-circulaire (B.2) ou à arc coudé (B.3).

15. Type Fi.14 – Fibules navarro-aquitaines
Nombre d’individus : 239
(Annexes 2 : Cartes n° 9 à 11) (Annexes 3 : Liste 1.14)

Ce modèle de fibule est très nettement majoritaire dans le corpus, représentant 30  % de la totalité des fibules typologiquement identifiables. Leur dénomination a été proposée par J. Maluquer des Motes afin de rendre compte de leur répartition de part et d’autre des Pyrénées69. Si le nombre élevé d’exemplaires autorise naturellement la reconnaissance de plusieurs variantes, toutes partagent un ensemble de caractéristiques morphologiques qui les singularisent au sein des grandes familles (fig. 24). Les fibules navarro-aquitaines possèdent un ressort bilatéral à deux sens de torsion à corde interne exclusivement. Ce ressort est toujours monté sur un axe sur lequel vient s’attacher l’arc par enroulement ou par un œillet. L’arc cintré est souvent large. Il est prolongé par un porte-ardillon très court et un pied coudé terminé par un bouton sphérique plus ou moins caréné et mouluré ou par disque. Le bouton est élevé et peut atteindre la hauteur de l’arc, voir même la dépasser. Prises dans leur ensemble, ces caractéristiques confèrent à ces fibules un aspect massif qui est adouci par la présence régulière d’ornementations sur le sommet de l’arc, sous la forme de bandes d’alliage cuivreux damasquinées, de sillons, ou d’incisions, figurant aussi parfois sur le bouton.

Globalement, on peut rapidement définir des sous-types selon le type de matériau employé lors de la fabrication du pied et de l’arc, du ressort et de l’axe70. Les critères secondaires tels que le profil et la section de l’arc, la longueur du ressort, de l’axe et des appendices décoratifs, permettent de dégager des variantes à l’intérieur des sous-types.

Fibules de type Fi.14.
Fig. 24. Fibules de type Fi.14.

Sous-type en fer Fi.14.A :

Parmi les individus en fer, on peut tout d’abord distinguer ceux dont l’axe (sur lequel est enroulé le ressort) n’est pas débordant, ou très peu, ce qui dans ce dernier cas permet l’ajout d’un simple et unique appendice comme un disque biconique ou une sphère. Ces fibules peuvent présenter une section d’arc épaisse circulaire ou quadrangulaire et un profil en demi-cercle avec ressort de taille moyenne (A.1) ou court (A.2). Lorsque l’arc est coudé à un ou deux segments, sa section peut s’aplatir sensiblement (A.3). Pour ces trois premières variantes, le bouton terminal est à disque, sphérique, cubique, mouluré ou conique large. Les modèles suivants ont un axe débordant nettement du ressort et permettant une profusion d’ornementations enfilées sur toute sa longueur ou situées seulement à ses extrémités, comme : des petites perles biconiques en alliage cuivreux ou en fer (parfois disposées en alternance) jusqu’au bout de l’axe (A.4), des disques plats ou biconiques larges (A.5), d’une perle biconique, puis des fils enroulés ou des faux ressorts suivis de petits disques plats ou biconiques séparés par des manchons (A.6), et enfin de simples sphères placées à la fin de l’axe.

Sous-type bimétallique Fi.14.B :

Lorsque les fibules navarro-aquitaines combinent l’alliage cuivreux et le fer, le premier est réservé au corps de l’objet alors que le second concerne exclusivement le ressort et l’axe. En l’état de la documentation, et en raison de la variété des morphologies rencontrées, seul le type de bouton permet de proposer une distinction en deux groupes71. Le premier rassemble les fibules qui ont un bouton sphérique (B.1). Ces individus présentent un arc de section épaisse circulaire peu ou pas ornée. Dans le cas des deux fibules de la nécropole d’A Grand Jean à Aiguillon (Lot-et-Garonne) (n° 247)72, l’un des côtés du ressort bilatéral débute à proximité de l’arc et non aux deux extrémités de l’axe. Ces éléments sont inconnus pour le groupe des fibules qui ont un bouton à disque ou mouluré (B.2). Ces dernières se singularisent par un arc au profil en demi-cercle ou légèrement coudé et dont la section peut être plate. De plus, l’arc, plus large que dans le groupe précédent, peut recevoir divers décors moulés ou incisés et les boutons à disques peuvent porter des ocelles ou comme dans un seul cas, des incrustations de corail.

Sous-type en alliage cuivreux Fi.14.C :

Enfin, le dernier sous-type concerne les fibules fabriquées entièrement en alliage cuivreux. Dans cet ensemble, il est possible de séparer celles dont le pied coudé est libre de celle dont le bouton est attaché à l’arc par un pont obtenu lors de la fonte du corps (pied et arc). Parmi celles à pied libre, on distingue les fibules à arc de section épaisse circulaire ou quadrangulaire (C.1), celles avec une section plate (C.2) et celles de même section mais munie d’un second axe (ou d’un cache ressort) joignant les deux appendices terminaux du ressort (C.3). La première variante dispose d’un bouton à disque, cubique ou sphérique plus ou moins mouluré, alors que les deux variantes suivantes semblent ne connaître que des boutons à disques ornés sur leur sommet. Enfin, les fibules à pied attaché possèdent un bouton de forme variée pouvant être à disque, conique mouluré ou sphérique (C.4).

Prises dans leur globalité, les fibules “navarro-aquitaines” sont des marqueurs de la fin du Premier âge du Fer dans le sud-ouest de la France et ont grandement participé à l’identification de la phase IV (550-400 a.C.) de J.-P. Mohen73. Toutefois, les différents sous-types et variantes identifiés permettent de préciser cet ancrage chronologique.

Pour les exemplaires en fer, ceux à arc en demi-cercle et ressort court ou de taille moyenne (A.1 et A.2) sont surtout connus dans des sépultures pyrénéennes que J.-M. Escudé-Quillet situe dans sa phase Ibos IIb, soit entre le dernier quart du VIe et la fin du Ve s. a.C.74. En revanche, l’arc coudé (A.3) est une caractéristique plus largement représentée tout au long du VIe et Ve s. a.C. Bien que l’on compte une majorité d’individus entre 525 et 425 a.C., comme dans la sépulture 8 du tumulus X de Ger (n° 264), il est possible que les premières fibules de ce type apparaissent au milieu du VIe, voire même dans le second quart de ce siècle en raison de l’exemplaire de la sépulture 14 d’Ibos, rattachée à la période Ibos Ib (575-550 a.C.)75. Les fibules en fer qui adoptent un ressort long monté sur un axe débordant (A.4, A.5, A.6 et A.7) doivent quant à elles se situer plutôt entre la seconde moitié du VIe et le Ve s. a.C. Dans le détail, la variante à axe perlé (A.4) pourrait apparaître dès 550 a.C. d’après la sépulture des Graves à Saint-Pey-de-Castets (n° 171) attribuée aux horizons 6-7a d’A Dumas, tandis qu’une perduration jusqu’au milieu du Ves. a.C. est à envisager si l’on en juge par l’individu provenant du tumulus 36 de la nécropole nord de Flaujac-Poujols (n° 207)76. Les ensembles fiables permettant d’assurer la datation des variantes à axe décoré de disques ou de sphères (A.5, A.6 et A.7) sont peu nombreux. Les premières attestations semblent plus récentes que pour les sous-types précédents mais leur utilisation perdure au moins jusqu’au second quart du Ve comme en témoignent les exemplaires mis au jour dans le tumulus T des Gaillards à Biganos (n° 158) ou dans la sépulture 1 de Fourques-sur-Garonne (n° 255) qui étaient accompagnés de fibules à ressort de schéma laténien (Fi.18), bon marqueur chronologique du Ve s. a.C.77.

Les fibules bimétalliques à bouton sphérique (B.1) de la nécropole de Grand Jean à Aiguillon (n° 247) sont représentatives de l’horizon 6 de la moyenne vallée de la Garonne, soit entre 550 et 525 a.C.78. Celles à bouton mouluré ou à disque (B.2) apparaissent probablement à la fin du VIe s. et sont principalement représentatives du Ve s. a.C. comme dans la couche 3a de la grotte du Quéroy à Chazelle (n° 101) ou dans la sépulture 1 du tumulus L.10 d’Ossun (n° 287).

Enfin, quelques ensembles fiables permettent de situer les exemplaires uniquement en alliage cuivreux (C), vers le milieu du Ve s. a.C.79. On notera toutefois que les fibules à tablette sur ressort (C.3) ou à pied attaché à l’arc (C.4) appartiennent à la phase Ibos III de J.-M. Escudé-Quillet et doivent être plutôt datées de la toute fin du Ve et du IVe s. a.C.80.

16. Type Fi.15 – Autres fibules à pied coudé
Nombre d’individus : 30
(Annexes 2 : Carte n° 12) (Annexes 3 : Liste 1.15)

Cette dénomination renvoie à une grande famille typologique mal reconnue par les travaux antérieurs. Elle rassemble les quelques fibules qui empruntent des caractéristiques aux fibules de type Golfe du Lion et aux fibules navarro-aquitaines sans toutefois trouver pleinement une place à l’intérieur de ces familles. De manière générale, on peut dire qu’elles partagent avec le type Golfe du Lion un arc relativement peu épais, un porte-ardillon long et un pied coudé terminé par un bouton de faible volume pouvant être conique, mouluré ou sphérique. Cependant, le sommet du bouton atteignant ou dépassant la hauteur de l’arc et le ressort bilatéral à deux sens de torsion monté sur un axe plus ou moins débordant pouvant recevoir des appendices décoratifs aux extrémités qui rappellent les fibules navarro-aquitaines (fig. 25). C’est notamment par la longueur de cet axe que l’on peut diviser ces fibules en deux groupes.

Fibules de types Fi.15, Fi.16 et Fi.17.
Fig. 25. Fibules de types Fi.15, Fi.16 et Fi.17.

Sous-type avec un axe peu ou pas débordant Fi.15.A :

Ce modèle de fibule possède un ressort moyen ou long monté sur axe qui ne dépasse pas sauf lorsqu’il présente une seule perle ou un unique petit cabochon sur chaque terminaison. Si elles présentent toutes un profil d’arc en demi-cercle, on peut distinguer celles fabriquées entièrement en alliage cuivreux (A.1) de celles en fer ou bimétallique (A.2)81. Par leurs morphologies fines et graciles, ces fibules sont proches de celles de type Golfe du Lion.

Sous-type avec axe débordant Fi.15.B :

Cette catégorie de fibules dispose d’un ressort plus ou moins long monté sur un axe largement débordant permettant l’ajout d’ornementation comme des perles biconiques, des disques biconiques ou un faux ressort. On peut séparer les exemplaires à arc en demi-cercle en alliage cuivreux (B.1) ou en fer (B.2) de celles avec un arc coudé à un segment dont les deux seuls individus connus sont en fer (B.3).

Parmi les fibules à axe peu ou pas débordant, celles en alliage cuivreux (A.1) sont surtout connues dans la nécropole de Flaujac Poujols (n° 207) et sont datées de la première moitié ou du tiers central du Ve s. a.C.82. On peut proposer la même fourchette chronologique pour celles en fer (A.2) avec toutefois un prolongement possible jusqu’à la fin du Ve en raison du fragment provenant du tumulus 28 de Flaujac-Poujols83.

On ne dispose pas de contextes suffisamment fiables pour dater avec précision les fibules en alliage cuivreux (B.1). Seul l’exemplaire provenant de la sépulture 9 de la nécropole de Sigüenza (Guadalajara) (n° 25) permet de situer ce sous-type au Ve s. a.C.84. Pour celles en fer (B.2), en l’absence d’éléments contextuels datant, on se bornera à réemployer la chronologie établie pour les fibules “navarro-aquitaines”, soit une datation comprise entre 550 et 425 a.C. dans la mesure où les fibules à pied coudé en fer partagent avec ces dernières un grand nombre de traits morphologiques tels qu’un pied bouleté, un long ressort et un axe débordant pouvant être décoré. Enfin, parmi les deux fibules à arc coudé en fer (B.3), celle mise au jour dans le tumulus 16 de Flaujac-Poujols (n° 207) est datée de la seconde moitié du VIe par le mobilier qui l’accompagne85.

17. Type Fi.16 – Fibules arcachonnaises
Nombre d’individus : 2
(Annexes 2 : Carte n° 13) (Annexes 3 : Liste 1.16)

Ces fibules en alliage cuivreux sont dites de type arcachonnais en raison de leur répartition en périphérie du bassin d’Arcachon. Bien que seulement représenté par deux exemplaires, dont un partiellement conservé, ce type est bien identifiable par sa morphologie originale. Les fibules possèdent un arc cintré de section plate et large de forme foliacée, décoré de points obtenus au repoussé placés longitudinalement au centre et de petits renflements sur les bordures de l’arc. Le pied conserve quasiment la largeur de l’arc et comprend un long porte-ardillon plat dans lequel un simple sillon est ménagé afin de recevoir l’ardillon. Il est terminé par trois branches situées aux deux extrémités et au centre, qui impriment un angle droit et supportent chacune un bouton discoïdal épais (fig. 25). Cette morphologie singulière de l’arc et du pied est complétée par un ressort plus classique. L’identification du ressort et de sa possible ornementation peut toutefois être sujet à caution en raison de l’état de conservation actuel de ces pièces. Formellement, l’arc est replié sur le ressort. Le ressort bilatéral est en fer, à corde interne, probablement à deux sens de torsion, et monté sur un axe en fer. À chacune des extrémités est disposé au moins un disque biconique. Lors de la découverte de l’exemplaire le mieux conservé par le Dr. Peyneau au début du XXe s., ce dernier écrit : 

Le ressort, très long, est en fer et est orné, de chaque côté, de trois anneaux discoïdes, également en fer, dont celui du milieu, plus grand que les autres, à 25 millimètres de diamètre, et est formé de deux plaques bombées, réunies par leur faces plates86

Lors de la reprise de l’étude du mobilier des nécropoles arcachonnaises au début des années 1970, J.-P. Mohen et A. Coffyn avaient jugé la description de B. Peyneau exagérée et n’ont pas retenu la présence de disques sur le ressort87. Cependant, le second exemplaire découvert dans les années 1980 dans le tumulus T de nécropole des Gaillards à Biganos (Gironde) (n° 158) semble corroborer l’illustration faite soixante ans plus tôt puisqu’il a été mis au jour avec trois disques biconiques88.

La datation de ces fibules ne pose pas de problème majeur. Elles sont associées à des fibules de type “navarro-aquitaine” (Fi.14) et/ou des fibules à ressort “laténien” (Fi.18) permettant de les situer entre 525 et 450 a.C.

18. Type Fi.17 – Fibules à fausse corde à bouclettes
Nombre d’individus : 2
(Annexes 2 : Carte n° 13) (Annexes 3 : Liste 1.17)

Le corpus compte une fibule en alliage cuivreux à fausse corde à bouclettes entièrement conservée et un probable fragment d’une seconde. Ce type de fibule bien identifié par R. Joffroy dans les années 1950 se caractérise par l’ornementation du ressort89. Ce dernier, long, bilatéral et à corde interne, est monté sur un axe suffisamment débordant pour que vienne s’enrouler à ses extrémités une seconde corde externe. Celle-ci dessine de nombreuses petites boucles et joue donc un rôle purement décoratif en amont de la tête de la fibule. Le reste de l’objet est plus classique. Il s’agit d’un arc en demi-cercle de section épaisse circulaire et décoré sur son sommet de stries longitudinales. Le pied coudé possède un porte-ardillon simple en gouttière relativement long surmonté d’une perle en ambre enfilée sur l’extrémité du pied. Quant au second individu, il n’est conservé que par un ressort et les départs de la fausse corde à bouclettes, le tout monté sur un axe en fer (fig. 25).

La fausse corde à bouclette, élément fréquent des fibules de France centrale ou orientale de l’aire culturelle hallstattienne, est datée du Ha D3 ou de LT A1. On trouve ce type de décor notamment sur des fibules à simple ou double timbale dans l’habitat et la tombe princière de Vix (Côte-d’Or)90. On connait cependant quelques rares exemples plus anciens, datés du début du Ha D, pourvus de bouclettes plus espacées91. Ces points de comparaisons et le mobilier qui accompagnait la fibule de l’inhumation du Camp de Monseigne (n° 235), situeraient volontiers ce type entre le milieu du VIe et le tout début du Ve s. a.C.

19. Type Fi.18 – Fibules à ressort “laténien”
Nombre d’individus : 79
(Annexes 2 : Cartes n° 14 et 15) (Annexes 3 : Liste 1.18)

On parle de ressort “laténien” lorsque ce dernier est court, généralement de 2×2 spires, à deux sens de torsion, sans axe et à corde externe. Il est nommé ainsi car il est caractéristique des premières fibules datées du début de la période laténienne selon J. Déchelette92. Pour toutes les fibules partageant ce type de ressort, on peut également ajouter qu’il s’agit toujours d’objets fabriqués à partir d’une unique pièce de métal, que la corde externe est basse, dans l’axe de l’ardillon, ou relevée à mi-hauteur des larges spires du ressort. Après l’arc cintré, le pied coudé est terminé par un bouton atteignant au moins la moitié de la hauteur de l’objet, voire la dépassant (fig. 26). Parmi les nombreux exemplaires inventoriés, il est possible d’opérer une distinction principale entre celles en fer et celles en alliage cuivreux.

Fibules de types Fi.18, Fi.19, Fi.20 et Fi.21.
Fig. 26. Fibules de types Fi.18, Fi.19, Fi.20 et Fi.21.

Sous-type en fer Fi.18.A :

Parmi les individus en fer, la taille du bouton terminal du pied et le profil de l’arc permettent de distinguer au moins trois variantes. Le choix du bouton comme critère de distinction s’explique par le fait que sa taille semble être directement corrélé à la morphologie générale de l’objet. Ainsi, un bouton peu volumineux conique ou mouluré, parfois surmonté d’un disque, ne dépasse jamais la hauteur de l’arc. Que le profil de l’arc soit en demi-cercle (A.1) ou coudé à un segment (A.2), toutes ces fibules présentent une apparence relativement fine et gracile. En revanche, le petit groupe d’individus en fer qui dispose d’un bouton plus volumineux cubique ou sphérique plus ou moins mouluré, partagent également un pied élevé dépassant la hauteur du reste de l’objet, un porte-ardillon court et un arc large et épais pouvant recevoir des bandes d’alliage cuivreux damasquinées et incisées. Le ressort peut dénombrer une spire de plus (A.3). À bien des égards, si l’on ne tient pas compte du ressort, ces fibules sont très proches des fibules navarro-aquitaines en fer (Fi.14.A).

Sous-type en alliage cuivreux Fi.18.B :

Lorsque ce type de ressort est adapté sur des fibules en alliage cuivreux, ces dernières sont de taille plus petite. On peut distinguer celles avec un arc de section épaisse et circulaire (B.1) de celles avec une section plate pourvues d’un décor incisé sur le sommet de l’arc (B.2).

Longtemps perçu comme s’inspirant de modèle de fibules hallstattiens, le ressort de schéma laténien est vraisemblablement plutôt lié à l’évolution des fibules Golfe du Lion (Fi.13)93. De fait, les premières attestations dans l’arc atlantique sont plus précoces que dans le reste de l’aire hallstattienne. Elles peuvent être datées à partir du second quart du Ve s. a.C. et perdurent jusqu’à la fin de ce siècle94.

20. Type Fi.19 – Fibules annulaires
Nombre d’individus : 17
(Annexes 3 : Liste 1.19) (Annexes 2 : Carte n° 13)

La particularité de ces fibules est d’être composées d’un anneau fermé sur lequel est fixée la fibule par le ressort d’un côté et le porte-ardillon de l’autre (fig. 26). Surtout présente en Espagne, ce type intéresse particulièrement les chercheurs régionaux qui lui ont attribué ce nom95. Si les travaux d’E. Cuadrado ont abouti à l’identification d’au moins 14 types différents couvrant la période chronologique de la fin du VIe s. au milieu du Ier s. a.C., seuls deux sous-types sont effectivement répandus au Premier âge du Fer pour la zone étudiée.

Sous-type à simple ardillon Fi.19.A :

Plus que d’une fibule, on pourrait parler d’une boucle pour décrire cette unique fibule en alliage cuivreux qui se compose simplement d’un ardillon enroulé sur l’anneau, sans porte-ardillon ou système de maintien de l’ardillon par pression.

Sous-type à fibule complète Fi.19.B :

Dans cette catégorie mieux représentée, le ressort, l’arc et le porte-ardillon sont fabriqués d’une seule pièce de métal, souvent en alliage cuivreux et plus rarement en fer. Le ressort bilatéral moyen ou long à corde interne, et semble-t-il à un sens de torsion, est enroulé sur l’anneau. L’arc cintré en demi-cercle de section plate donne naissance au porte-ardillon court maintenu à l’anneau par son extrémité rabattue. Un fil enroulé sur l’anneau peut être ajouté, souvent de part et d’autre du porte-ardillon, afin de fixer l’orientation de ce dernier. Ce fil enroulé est de longueur variable et peut recouvrir la totalité de l’anneau.

En l’absence d’éléments de datation nouveaux, on conservera pour ce type de fibule les propositions chronologiques émises par J.-L. Argente Oliver pour lequel les fibules annulaires à simple ardillon (A) se situeraient entre le début du VIe et la fin du Ve, tandis que celles plus complètes (B) n’apparaîtraient qu’au début du Ve s. a.C. pour perdurer jusqu’au Ier s. p.C.96.

21. Type Fi.20 – Fibules à timbale
Nombre d’individus : 10
(Annexes 2 : Carte n° 16) (Annexes 3 : Liste 1.20)

Les quelques fibules en alliage cuivreux ou en fer de ce type mises au jour dans la zone d’étude se singularisent par la présence d’une timbale rabattue vers l’arc à l’extrémité du pied, raison pour laquelle on détermine son pied comme courbé et non coudé. À l’exception de ce pied, la morphologie de ces fibules ne diffère pas de celles à pied coudé (Fi.15). Leur ressort bilatéral de taille moyenne est enroulé sur un axe et leur arc est cintré (fig. 26). On peut opérer une séparation en deux sous-types à partir du profil de l’arc.

Sous-type à arc en demi-cercle Fi.20.A :

Les modèles avec un arc en demi-cercle représentent le contingent le plus nombreux. Celles à timbales hémisphériques creuses peuvent être fabriquées en alliage cuivreux (A.1) ou en fer (A.2). Cependant, un exemplaire en fer se distingue par le remplacement de la timbale par une timbale plate, c’est-à-dire un disque martelé dans la continuité du pied et rabattu vers l’arc (A.3).

Sous-type à arc coudé Fi.20.B :

Bien qu’il s’agisse d’un unique exemplaire, un individu en fer peut être distingué des autres par son arc coudé à un segment mais également par la présence d’une perle enfilé à chaque extrémité de l’axe.

Ces fibules à timbale sont principalement connues dans l’aire hallstattienne sous le nom de “Fusspaukenfibel”97. Plus proche de la zone d’étude, les nombreuses attestations dans le centre et le midi de la France étaient initialement rattachées à une fourchette chronologique comprise entre la toute fin du VIe et la fin du Ve s. a.C.98. Cependant, les travaux sur les exemplaires mis au jour sur l’habitat proto-urbain d’Avaricum (Bourges, Cher) sont venus redéfinir ce cadre chronologique. Ils tendent à placer les modèles inventoriés ici à La Tène A1, soit dans les trois derniers quarts du Ve s. a.C.99.

22. Type Fi.21 – Fibules dites de “La Tène”
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 1.21)

Seules deux fibules en alliage cuivreux sont associables à ce dernier type. Fabriquées à partir d’une unique pièce de métal, elles ont en commun leur pied courbé terminé par une excroissance ou une timbale plate rabattue vers l’arc, un arc cintré en demi-cercle de section épaisse circulaire et un ressort bilatéral, sans axe, court à 2 x 2 spires et à corde externe basse (fig. 26). Un décor moulé ou incisé peut venir orner le sommet de l’arc ou l’extrémité du pied. Par ces caractéristiques on reconnaît les fibules dites de “La Tène” telles que définies par J. Déchelette100.

Leurs larges spires et leur arc en “anse de panier” invitent à rapprocher ces deux fibules des celles du type dit de Marzabotto101. Ces fibules connaissent une très large distribution géographique, s’étendant des Carpates à la périphérie méridionale de l’arc alpin, au nord jusqu’au Pays de Galles102. Elles sont datées de l’horizon LT A2 et du début LT B, plaçant les individus rencontrés dans la zone d’étude à la fin du Ve ou au début du IVe s. a.C.103.

Les épingles

Les épingles sont des tiges de métal à l’extrémité appointée et fabriquées d’une seule pièce, coulée pour celles en alliage cuivreux ou obtenue par martelage pour celles en fer. De morphologie simple, elles se composent de trois parties : la pointe, la tige et la tête (fig. 27). La zone finale de la tige au contact de la tête est appelée col et s’individualise lorsqu’elle est décorée ou adopte un dessin divergeant des parties entre lesquelles elle se situe.

Terminologie des éléments constitutifs d’une épingle (d’ap. Audouze & Gaucher 1981, fig. 1, 12).
Fig. 27. Terminologie des éléments constitutifs d’une épingle (d’ap. Audouze & Gaucher 1981, fig. 1, 12).

Employées pour traverser un tissu, les épingles servent à maintenir un vêtement du haut du corps puisqu’on les retrouve quasi exclusivement, en contexte funéraire d’inhumation, à hauteur du thorax ou des épaules104. Le système de fixation par enfilage pouvait être sécurisé par la présence d’un lien en matière périssable et d’une perle, annonçant en quelque sorte l’utilisation des fibules. Ce dispositif pouvait également être employé en remplaçant la perle par un simple anneau, comme la découverte répétée d’épingles traversant un anneau, notamment dans la nécropole de Moulin à Mailhac (Aude), le laisse supposer105. Cependant, l’usage d’une épingle seule, sans anneau ni perle, peut suffire à son utilisation.

Si la fonction vestimentaire paraît évidente, il faut noter que l’utilisation d’épingles pouvant atteindre plus de 20 cm de long (jusqu’à 28 cm pour celle entièrement conservée de la tombe 228 de la nécropole du Causse à Labruguière (Tarn) (n° 305) (pl.178, n° 1473)), pose question quant à un usage quotidien dans la mesure où elles entravent le mouvement. On peut donc supposer que, dans le cas d’une attache de vêtement, ces objets, ou du moins certains types, devaient être réservés à un costume occasionnel, voire rituel, ou être attribués à des personnes incarnant des fonctions sociales impliquant une mobilité réduite. Il a également été proposé que les épingles ne servent en réalité qu’à fermer un suaire, raison pour laquelle on les retrouve en milieu funéraire à mi-hauteur du défunt, lorsque le tissu entourant le mort vient à disparaître106. Si cet emploi rituel peut être jugé comme plausible, il n’exclut nullement l’usage quotidien des épingles, notamment pour celles de taille plus réduite, comme l’attestent les exemplaires découverts en contextes non funéraires107. De plus, certains types ont pu servir comme attache de trousseau d’outils de toilette puisque, lorsqu’elles sont munies d’un anneau attaché à la tête, d’autres pièces peuvent venir se rattacher à celui-ci, comme des scalptoriums108. Enfin, il a été évoqué à plusieurs reprise dans la bibliographie la possibilité d’utiliser les épingles pour maintenir la chevelure. Cette proposition a notamment été faite par B. Dedet pour des épingles découvertes à hauteur du crâne des défuntes du tumulus de Dignas (Saint-Énimie, Lozère) ou du tumulus de Vayssas 1 (Séverac-le-Château, Aveyron)109. Dans tous les cas, en l’absence d’indices précis sur la situation de l’objet dans une sépulture, ce qui, de fait, concerne toutes les sépultures à incinération, il demeure difficile de déterminer l’usage des épingles. Il faut donc se cantonner à leur reconnaître des fonctions multiples, tant vestimentaires que corporelles.

1. Présentation de la typologie

En matière d’étude des épingles, les travaux de F. Adouze réalisés entre les années 1970 et 1980 restent, encore aujourd’hui, indispensables110. Toutefois, bien qu’incontournables, seul un petit nombre de types identifiés intéressent réellement le corpus.

En revanche, dans la mesure où les épingles issues des nécropoles du Castrais couvrent un large spectre des morphologies rencontrées sur l’ensemble de la zone d’étude, il est possible de s’appuyer sur la typologie proposée dans leur publication. On a donc repris les 17 types identifiés par les auteurs, auquel on a ajouté 6 nouveaux types. On obtient alors 23 types d’épingles singularisés par la forme de la tête et qui, selon les cas, peuvent comprendre une subdivision en sous-type appliquée selon le matériau de confection (annoté par une lettre) (fig. 28).

Sur les 444 épingles répertoriées, 329 sont typologiquement identifiables. Les 115 restantes sont de type indéterminé en raison de leur état de conservation (le plus souvent la tête est manquante) ou de leur documentation trop approximative.

Malgré un nombre de type important, on constate que la répartition du nombre d’exemplaires au sein du classement est nettement inégale puisque que quatre types concernent à eux seuls 70 % du corpus total : épingles à tête enroulée simple (Ep.1), à tête enroulée avec anneau (Ep.2), à tête en crosse (Ep.6) et à tête serpentiforme (Ep.7).

Terminologie des éléments constitutifs d’une épingle (d’ap. AudouRésumé des différents types d’épingles rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 28. Résumé des différents types d’épingles rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Ep.1 – Épingles à tête enroulée simple
Nombre d’individus : 112
(Annexes 2 : Carte n° 17) (Annexes 3 : Liste 2.1)

Ce type d’épingle est de loin celui qui est le plus représenté dans la zone étudiée. Elles se composent d’une tige pouvant atteindre 20 cm de long. La section est le plus souvent circulaire mais elle peut être quadrangulaire dans de plus rares cas. La tête est en revanche aplatie par martelage et enroulée en une ou deux fois. Si on les retrouve majoritairement en alliage cuivreux (A), on dénombre 11 exemplaires en fer (B).

Ce type d’épingle est attesté dans le nord de la France dès l’âge du Bronze Moyen mais ne se développe dans la moitié sud qu’à partir du Bronze final II et III111. Si ces épingles sont très nombreuses à la fin de l’âge du Bronze et au début de l’âge du Fer, au moins jusqu’à la phase IVb (575 a.C.) des nécropoles du Castrais112, il est possible que quelques rares exemplaires aient perduré jusqu’au milieu du Ve s. a.C. comme c’est le cas dans le midi de la France113. Bien qu’une fourchette large, comprise entre 900 et 450 a.C. doit être proposée pour les épingles en alliage cuivreux, les quelques exemples connus d’épingles à tête enroulée en fer (B) semblent plutôt se concentrer aux environs de la phase IV du Castrais, avec une apparition timide dès la phase III, soit attribution chronologique comprise entre 725 et 575 a.C.

3. Type Ep.2 – Épingles à tête enroulée avec anneau
Nombre d’individus : 38
(Annexes 2 : Carte n° 18) (Annexes 3 : Liste 2.2)

Ces exemplaires, moins représentés que le type précédent, sont pourtant en tout point similaires si ce n’est qu’ils disposent d’un ou de plusieurs anneaux passant dans l’enroulement de la tête. Si la distinction entre ce type et le précédent peut être faite en l’état de la documentation, il faut garder à l’esprit le lien typologique qui les unit est fort : les épingles du type précédent ont pu perdre leur anneau lors du passage du défunt sur le bûcher.

Là encore, on peut proposer de distinguer les 14 individus en alliage cuivreux (A) des 28 en fer (B). Enfin, il faut noter que le matériau de l’anneau est toujours identique à celui de l’épingle à laquelle il est attaché.

Par leur proximité morphologique avec les épingles du type précédent et leur identification principalement liée à des contraintes de conservation, on proposera une fourchette chronologique pour les épingles à tête enroulée avec anneau similaires à celle des épingles sans anneau. Concernant les individus en fer (B), les exemplaires découverts dans les tumulus IV et V de nécropole de Glandon à Moissac (Haute-Vienne) (n° 331) sont associés à des fibules à ressort de schéma laténien (Fi.18)114, supposant donc un usage prolongé de ces épingles jusqu’au milieu du Ve s. a.C. au moins.

4. Type Ep.3 – Épingles à tête enroulée “composées” simple
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 2.3)

Trois épingles en alliage cuivreux à tête enroulée simple se singularisent par la présence d’un appendice ou d’un fil spiralé enroulé rapporté sur la tige, sur la partie haute de l’objet, à proximité de la tête.

En raison du petit nombre d’individus recensés, il est difficile de mesurer si la présence d’un fil spiralé sur la tige est un réel marqueur chronologique. L’individu découvert à Palaminy (Haute-Garonne) (n° 151) semble daté du début du Premier âge du Fer, au VIIIe a.C. Ceux provenant des nécropoles du Causse (n° 305) ou de Gourjade (n° 298) se placent entre les phases II et IV (775-575 a.C.) des nécropoles du Castrais. Ainsi, les faibles indices dont on dispose situeraient ce type d’épingle entre 800 et 575 a.C., mais il est tout à fait possible que leur distribution chronologique soit calquée sur le type à tête enroulée simple, soit entre 900 et 450 a.C.

5. Type Ep.4 – Épingles à tête enroulée “composées” avec anneau
Nombre d’individus : 6
(Annexes 3 : Liste 2.4)

Très proches du type précédent, six épingles en alliage cuivreux à tête enroulée disposent d’un fil spiralé sur leur tige mais aussi d’éléments plus variés tels que des anneaux spiralés et des perles en ambre empilées par deux ou trois. Enfin, un ou plusieurs anneaux sont maintenus à l’enroulement de la tête de l’épingle. Cette succession d’anneaux formaient vraisemblablement un trousseau sur lequel était attaché des ustensiles de toilette comme des scalptoriums.

Exclusivement inventoriées dans les nécropoles du Castrais, ces épingles sont souvent associées à des coupes de formes Vb (selon la typologie de ces sites) et des céramiques décorées d’imprimés à la roulette ou à la cordelette, principalement caractéristiques des phases II et III, avec un possible prolongement lors de la phase IVa115. Dès lors, on peut proposer une chronologie pour ces modèles comprise entre 800 et 625 a.C.

6. Type Ep.5 – Épingles type “du Roc”
Nombre d’individus : 13
(Annexes 3 : Liste 2.5)

Ce type porte ce nom en raison du premier individu mis au jour à la fin du XIXe s. sur le site du Roc à Albi (Tarn) (n° 293). Il s’agit d’une épingle à tête enroulée avec anneau sur laquelle est enfilé un manchon globulaire caréné, décoré de bandes incisées et/ou moulurées. Qu’il soit enfilé sur une épingle en alliage cuivreux (A) ou sur l’unique exemplaire en fer (B), ce manchon globulaire enfermant le col est toujours en alliage cuivreux.

Ce type d’épingle à fait l’objet d’une étude complète par T. Janin et F. Pons publiée en 2004 au cours de laquelle les auteurs concluent à une production locale dans la région tarnaise, bien que partageant quelques caractéristiques, notamment leurs décors, avec les modèles de type “Franzine” d’Italie116. L’analyse des sépultures fiables dont ces épingles sont issues, aussi bien dans la nécropole du Moulin à Mailhac (Aude) que dans celles du Castrais, place ces pièces entre 775 et 600 a.C. L’unique exemplaire en fer (B) découvert dans la sépulture 576 du Causse (n° 305) appartient à la phase IVa des nécropoles du Castrais, dont la datation est comprise entre 675 et 625 a.C.117.

7. Type Ep.6 – Épingles à tête en crosse
Nombre d’individus : 42
(Annexes 3 : Liste 2.6)

Relativement nombreuses, les épingles de ce type se distinguent par leur tête formant une large boucle obtenue par la torsion de l’extrémité de la tige. Cette tête dite en crosse peut être de section quadrangulaire même lorsque celle de la tige est circulaire. Si l’on rencontre ces épingles en alliage cuivreux (A) ou en fer (B), quelques-uns des 14 individus en fer se singularisent par une tige parfois plus longue pouvant atteindre plus de 14 cm118. À noter que l’on retrouve une épingle de ce type en alliage cuivreux attachée à un même trousseau qu’une fibule de type “du Roc” dans la sépulture 33 de la nécropole du Martinet (Castres, Tarn) (n° 299) (pl.168 n° 1296).

Essentiellement représenté dans les nécropoles du Castrais pour la zone d’étude, ce modèle d’épingle apparaît dès la phase III (725-675 a.C.) de ces sites mais c’est principalement durant la phase suivante que l’on compte le plus grand nombre d’attestations (675-575 a.C.)119.

8. Type Ep.7 – Épingles à tête serpentiforme
Nombre d’individus : 37
(Annexes 3 : Liste 2.7)

Également bien représenté sur la zone d’étude, ce type d’épingle est très proche morphologiquement de celui à tête en crosse. Il s’en distingue par la présence d’une spire au départ de la tête, en amont de la large boucle. Qu’elles soient en alliage cuivreux (A) ou en fer (B), ces épingles disposent d’une section, de la tige à la tête, toujours circulaire. Les 6 individus en alliage cuivreux ou les 31 en fer semblent posséder une tige de longueur égale pouvant atteindre 9 cm.

Tout comme les épingles du type précédent, celles à tête serpentiforme sont quasi exclusivement distribuées dans les sépultures des nécropoles du Castrais et sont essentiellement connues dans les phases III et IV de ces sites, soit entre 725 et 575 a.C.120.

9. Type Ep.8 – Épingles à tête en anneau
Nombre d’individus : 28
(Annexes 3 : Liste 2.8)

Ces épingles exclusivement en alliage cuivreux sont identifiables par leur tête qui prend la forme d’un anneau faisant corps avec la tige. L’épaisseur de l’anneau peut parfois être plus faible au sommet de l’objet, ce qui explique pourquoi leur tête n’est pas toujours entièrement conservée. Dans de nombreux cas, la section de la tête se singularise de celle strictement circulaire de la tige en adoptant une section quadrangulaire ou losangique, formant alors une arête saillante sur l’anneau. Enfin, la longueur de la tige de ces épingles peut être importante, atteignant jusqu’à 20 cm.

Les épingles à tête en anneau sont connues en Europe centrale et nord-occidentale dès le Bronze ancien121. Cependant, ce n’est qu’au Bronze final III et au début du Premier âge du Fer, entre 900 et 725 a.C. qu’elles apparaissent dans le Midi de la France, comme dans la nécropole de Moulin à Mailhac (Aude)122. Dans les nécropoles du Castrais, desquelles proviennent la quasi-totalité des pièces référencées dans la zone d’étude, ces épingles sont représentatives de la phase II de ces sites (775-725 a.C.), à l’exception d’un exemplaire pouvant être rattaché à la phase suivante, ce qui permet de prolonger leur emploi vraisemblablement jusqu’au milieu du VIIe s. a.C.123.

10. Type Ep.9 – Épingles à tête en double anneau
Nombre d’individus : 4
(Annexes 3 : Liste 2.9)

Proches du type précédent, les quatre individus en alliage cuivreux présentent une tige de section circulaire qui se sépare en deux branches de section quadrangulaire ou losangique au bout desquelles se trouvent deux anneaux de même section et collés par un manchon. Avec leur tige et surmontée de ses deux anneaux, ces épingles évoquent la forme d’une paire de ciseaux.

La datation de ce modèle d’épingle, mal représenté, ne repose que sur l’individu découvert dans la sépulture 1 de Gourjade à Castres (n° 298) appartenant à la phase II de la nécropole, soit du tout début du Premier âge du Fer, entre 775 et 725 a.C.124. Toutefois, ces pièces apparaissent déjà au Bronze final, vers 900 a.C.125.

11. Type Ep.10 – Épingles à tête en rouelle
Nombre d’individus : 9
(Annexes 3 : Liste 2.10)

Les quelques épingles en alliage cuivreux de ce type possèdent une tête en forme de rouelle de section quadrangulaire ou losangique moulée avec la tige de section circulaire. Un individu se démarque par l’ajout d’une rouelle maintenue par une épingle à tête enroulée simple126. Les rouelles peuvent former un décor rayonnant autour d’un évidement circulaire central ou d’une croix, simple ou disposée autour d’un évidement circulaire. Enfin, l’une des rouelles forme une croix centrale à partir de la superposition d’évidements circulaires.

Bien que les premières attestations de ces modèles d’épingles puissent être datées du Bronze Moyen, voire du Bronze Ancien et qu’elles soient bien représentées dans une large zone comprenant l’Allemagne et le nord-est de la France, elles n’apparaissent que plus tardivement, au Bronze final, dans le Midi de la France et en Catalogne127. Pour la zone étudiée, l’exemplaire de la sépulture 368 de la nécropole du Causse témoigne d’une perduration de ce type au moins jusqu’à 725 a.C., puisque ce contexte funéraire appartient à la phase II du site128.

12. Type Ep.11 – Épingles à tête biconique ou bouletée
Nombre d’individus : 17
(Annexes 3 : Liste 2.11)

Ces épingles se caractérisent par une tige de 15 cm de long et de section circulaire surmontée d’une tête de forme conique à col évasé, biconique ou bouletée. Que les épingles soient en alliage cuivreux (A) ou en fer (B), la tige pouvait recevoir un décor strié incisé. Notons que les trois exemplaires en fer disposent d’une tête légèrement plus volumineuse que celle des individus en alliage cuivreux.

Ce modèle d’épingle à tête biconique ou bouletée ne constitue pas un bon marqueur chronologique dans la mesure où les premières attestations sont connues dès le Bronze final II en France129. Les exemplaires découverts dans la moitié sud de la France apparaissent vraisemblablement dès le IXs. a.C. puisque celles provenant de la nécropole de Moulin à Mailhac (Aude) sont datées entre 900 et 725 a.C.130. Dans les nécropoles du Castrais, on les retrouve notamment dès la phase II (775-725 a.C.) comme dans la sépulture 858 du Causse (n° 305)131 mais également lors de la phase III (725-675 a.C.) tels ceux de la sépulture 78 de Gourjade (n° 298)132. Enfin, dans le Midi de la France, on connait quelques individus décorés d’incisions sur le col au moins jusqu’au troisième quart du VIe s. a.C.133. Concernant les épingles en fer (B), leur chronologie pourrait être réduite et comprise entre la fin du VIIe et le début du VIe s. a.C. Toutefois, on restera prudent dans la mesure où cette proposition repose uniquement sur la pièce de la sépulture 49 de Gourjade rattachée à la phase IVb (625-575 a.C.) de la nécropole et de celle de la tombe 31 du Camp d’Alba (Tarn-et-Garonne) (n° 329) rattachée à l’horizon 4 (625-575 a.C.) d’A. Dumas134.

13. Type Ep.12 – Épingles à tête en “massue”
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.12)

L’unique épingle en alliage cuivreux concernée par ce type possède une tête cylindrique légèrement renflée évoquant une massue. Ne mesurant que 6 cm, sa tige est de section circulaire.

Ces épingles étaient surtout connues jusqu’à présent dans les sites lacustres du lac Léman en Haute-Savoie ou du lac du Bourget en Savoie, où elles sont caractéristiques du Bronze Moyen et final135. Celle inventoriée ici, correspondrait en partie à cette datation, bien qu’on puisse envisager un prolongement jusqu’à la fin du VIIIe s. a.C. En effet, le mobilier céramique qui accompagnait cette épingle, pourvu d’un décor à cannelures multiples (types G1d et H1d de la typologie du Castrais), appartient essentiellement aux deux premières phases de la nécropole du Causse136. La fourchette chronologique proposée pour cet individu se situe donc entre 900 et 725 a.C.

14. Type Ep.13 – Épingles à tête en haltère
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.13)

Seul un fragment en fer de ce type est attesté dans la zone étudiée. La tête de ces épingles est composée de deux sphères creuses constituées à partir de deux demi-sphères soudées à leur base par une brasure au cuivre. Ces appendices se situent de part et d’autre d’une pièce rectangulaire disposant d’une perforation par laquelle passe la tige de l’épingle.

Ce type d’épingle est principalement connu dans le Midi dans la France, au sein de certaines nécropoles du faciès “Grand Bassin I” comme au Peyrou à Agde (Hérault)137. Dans cette nécropole, elles sont datées entre le deuxième et troisième quart du VIIe s. a.C. Cette datation est en adéquation avec celle proposée pour la coupe de forme Vb, bien représentée durant la phase IVa du Castrais (675-625 a.C.), qui accompagne l’épingle du Causse inventoriée ici.

15. Type Ep.14 – Épingles à col en boucle et petite tête
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.14)

La tige en alliage cuivreux de section circulaire de cette épingle forme un enroulement peu avant le tête fine et ornée de fines incisions striées.

Les vases cinéraires (types G1 et H1d) qui accompagnaient le dépôt dont elle est issue sont attestés entre les phases I et III du Castrais, soit entre 900 et 675 a.C.138.

16. Type Ep.15 – Épingles à tête en spirale
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 2.15)

Ce type d’épingle est aisément identifiable par sa tête formant une spirale sur plusieurs tours et de section circulaire. L’unique exemplaire en alliage cuivreux (A) possède une spirale placée perpendiculairement à l’axe de la tige et s’enroule de l’intérieur vers l’extérieur. À l’inverse, les deux individus en fer (B) disposent d’une spirale dans le prolongement de la tige et s’enroulent de l’extérieur vers l’intérieur.

À Gourjade, les deux épingles en fer (B) proviennent de dépôts funéraires rattachés à la phase IVa du site par le mobilier qui les accompagnait, soit entre 675 et 625 a.C.139. En revanche, l’unique exemplaire connu en alliage cuivreux (A) pourrait être un peu plus tardif, puisque la sépulture dont il provient appartient à l’horizon 4 (625-575 a.C.) identifiée par A. Dumas140.

17. Type Ep.16 – Épingles à double tête en spirale
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.16)

Cette épingle en alliage cuivreux et à section circulaire est proche de celles à double anneau (Ep.9) si ce n’est que les deux embranchements de la tête donnent naissance à deux petites spirales enroulées vers le centre de l’objet. La tige de cet unique individu mesure 8 cm.

La sépulture 362 de la nécropole du Causse dont est issu cet unique exemplaire est rattachée à la phase III du site, soit entre 725 et 675 a.C.141.

18. Type Ep.17 – Épingles à col serpentiforme et tête bouletée
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 2.17)

Les deux épingles en fer de ce type se caractérisent par une morphologique identique à celle des épingles serpentiformes (Ep.7) par la boucle imprimée par la tige au niveau du col. Toutefois ces deux exemplaires s’en distinguent par une tête bouletée ou biconique creuse.

Ces deux épingles sont rattachées à la phase IV du Castrais, les plaçant entre 675 et 625 a.C.142. Les mêmes résultats chronologiques ont été obtenus pour les nombreux individus découverts dans la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault)143.

19. Type Ep.18 – Épingles à col rectiligne et petite tête bouletée
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.18)

L’unique épingle en alliage cuivreux inventoriée de ce type possède une tige de 10 cm de long et de section circulaire. Cette tige subit un étranglement prononcé au niveau du col avant de donner naissance à une petite tête bouletée plus large.

Cette épingle provient d’un lot d’objets découverts à Lavène à Puygouzon (Tarn) (n° 317), sans contexte chronologique fiable144. En l’absence d’éléments convaincants, on reportera pour cette pièce les remarques faites pour les épingles à tête biconique ou bouletée en alliage cuivreux (Ep.11.A) dont la datation s’étendrait entre 900 et 525 a.C.

20. Type Ep.19 – Épingles à tête rectiligne incisée
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.19)

Cette petite épingle en alliage cuivreux de 7 cm de long et de section circulaire est très proche de celle de type Ep.14 à la différence que le col ne forme pas de boucle et que tout son corps est rectiligne.

Le peu d’éléments de comparaison dont on dispose pousse à rapprocher cet individu de deux épingles à tête incisée découvertes dans la nécropole du Grand Bassin I de Mailhac (Aude) et datées entre 725 et 575 a.C.145.

21. Type Ep.20 – Épingles à tête à disque
Nombre d’individus : 4
(Annexes 3 : Liste 2.20)

Exclusivement en alliage cuivreux et de section circulaire, ces épingles se caractérisent par leur tête en forme de disque plat large pouvant recevoir un décor de cercles concentriques au sommet. La tige, qui peut atteindre au moins 12 cm, présente un renflement peu avant le col légèrement évasé et/ou mouluré.

Ce modèle d’épingle est connu dans les Alpes dès le Bronze final I, bien que les premières attestations dans le sud de la France n’apparaissent qu’au Bronze final III ou au début du Premier âge du Fer146. Les quelques éléments de comparaison venant du Midi de la France leur attribuent une fourchette chronologique large débutant vers 900 a.C. et s’étendant jusqu’à la première moitié du VIe a.C.147. Malheureusement, il demeure impossible de préciser ces datations pour la zone d’étude dans la mesure où aucun individu inventorié ne provient d’un ensemble clos.

22. Type Ep.21 – Épingles à col évasé et tête plate
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 2.21)

Ces deux épingles en alliage cuivreux mal conservées se singularisent par leur tige circulaire surmontée par un col évasé et une tête plate se trouvant dans la continuité du col ou débordant légèrement.

Ces types d’épingles apparaîtraient à la fin du Bronze Moyen en Allemagne et dans le nord-est de la France, de part et d’autre du Rhin, puis un peu plus tardivement, à la fin du Bronze final dans le sud-est de la France148. On connait deux exemplaires dans le Midi de la France datés entre 900-775 a.C.149, ce qui correspond avec la datation proposée récemment pour l’inhumation n° 1 fouillée à Blars (Lot) (n° 189) dont est issu l’unique individu découvert en contexte fiable de la zone d’étude150.

23. Type Ep.22 – Épingles à tête vasiforme
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 2.22)

Deux épingles en alliage cuivreux partiellement conservées possèdent une tige de section circulaire et une petite tête évoquant le profil d’un vase au sommet plat nettement marqué.

Aucune d’elles n’est issue d’ensembles chronologiquement fiables. Ce modèle d’épingles apparaît en France au cours du Bronze final et se rencontre principalement autour du lac du Bourget (Savoie)151. Cependant, il semble perdurer au moins jusqu’au milieu du VIIIe s. a.C. si l’on se fonde sur les quelques exemples connus dans le Midi de la France, en tout cas pour les épingles dépourvues de décors incisés152.

24. Type Ep.23 – Épingles à tête perforée
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 2.23)

L’unique épingle de ce type est fabriquée à partir d’un fragment d’os à la tige légèrement courbée. Sa tête, plus large est perforée en son centre.

Dans la mesure où elle provient de fouilles réalisées au XIXe s. pour lesquelles les informations précises font défaut, et puisqu’il semblerait qu’aucune épingle en os n’est attestée pour le Premier âge du Fer, on est tenté de lui attribuer une datation plus ancienne.

En effet, l’on compte dans le sud-est de la France plusieurs épingles en os à tête perforée dont la datation couvre plutôt la fin du Néolithique et l’âge du Bronze153.

Les agrafes et boucles de ceinture

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Les agrafes et boucles de ceinture sont employées pour attacher deux extrémités d’une ceinture en matière périssable portée au niveau des hanches154. Si l’on rencontre souvent dans la bibliographie le terme “d’agrafe de ceinture”, cet objet se compose en réalité de deux pièces de métal situées de part et d’autre de la ceinture : une première pièce dite mâle comprenant un crochet venant se fixer sur une seconde pièce dite femelle de forme variable. On réservera donc le vocable d’agrafe de ceinture uniquement pour la pièce mâle et l’on nommera boucle de ceinture la pièce femelle.

Formellement, le corps de l’agrafe de ceinture est constitué d’une plaque de métal en alliage cuivreux ou en fer surmontée d’un ou de plusieurs crochets de fixation (fig. 29). La fixation du corps de l’agrafe sur la ceinture se situe vers le talon de la pièce métallique, reconnaissable par une ou plusieurs perforations circulaires. C’est à travers ces perforations qu’étaient les systèmes de fixation, parfois fabriqués dans un métal différent et permettant l’attache de l’agrafe à son support155. On en dénombre au moins quatre :

  • Le premier est maintenu à l’aide d’une goupille dans laquelle est insérée une tige métallique.
  • Le second comprend de simples rivets traversant l’agrafe et la ceinture.
  • Le troisième connaît un renfort en dessous de la plaque afin de maintenir le rivet à ces deux extrémités.
  • Le quatrième ajoute au rivet une gouttière en tôle métallique repliée servant à pincer l’extrémité de la ceinture. Ce dernier système connaît une variante pour laquelle le rivet est remplacé par une goupille servant à maintenir un anneau articulé à encoche.
  • Le reste du corps peut adopter diverses formes ; rectangulaire, carré ou triangulaire, à la silhouette plus ou moins dessinée selon qu’elle arbore des échancrures à mi-parcours, des évidements, ou lorsqu’elle s’affine peu avant le crochet.

Concernant la pièce femelle, le spectre morphologique connu dans la zone d’étude est moins varié et fait appel essentiellement à des plaques ajourées à plusieurs niveaux permettant d’ajuster la taille de la ceinture. Ces pièces femelles peuvent aussi prendre la forme d’un fil dit serpentiforme, dont les méandres servaient à recevoir le crochet. Lorsqu’il est conservé, le système de fixation de cette pièce à la ceinture semble identique à celui des agrafes.

Qu’il s’agisse d’agrafes ou de boucles de ceinture, ces objets disposent régulièrement d’un décor obtenu à chaud ou à froid comme des ornementations moulées, incisées, estampées (poinçons matrices de grènetis ou points creux) accentuant leur aspect décoratif et autorisant leur rattachement à la catégorie des parures vestimentaires.

Vocabulaire des éléments descriptifs des agrafes et des boucles de ceinture.
Fig. 29. Vocabulaire des éléments descriptifs des agrafes et des boucles de ceinture.

1. Présentation de la typologie

Bien que nombreux, les outils typologiques utilisés actuellement ne suffisent pas à rendre compte de la totalité des morphologies rencontrées ce qui conduit à formuler une nouvelle méthode de classement156. Sans faire table rase des résultats antérieurs, de manière à rassembler le plus nombre d’individus, la première étape de tri fait tout d’abord intervenir des critères morphologiques dans la mesure où il s’agit des éléments les mieux conservés et donc les plus aisément identifiables.

Les agrafes de ceintures sont divisées en premier lieu par la forme de la plaque selon qu’elle est sans échancrure de forme sub-trapézoïdale (Ag.1) ou quadrangulaire (Ag.2), avec échancrures ouvertes (Ag.3), avec échancrures partiellement fermées (Ag.4), avec évidements (Ag.5), ajourée (Ag.6) ou munie d’un simple crochet (Ag.7) (fig. 30)157. Puis, chacun de ces regroupements est classé selon des critères pouvant varier d’un type à l’autre et renvoyant le plus souvent à des éléments morphologiques secondaires (nombre de crochets ou d’évidements, profil) et à des éléments décoratifs (sans décor, décor incisé, décor estampé et décor moulé), le tout notifié par une lettre.

Résumé des différents types d’agrafes et boucles de ceinture rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) et leur répartition quantitative des types identifiables (total agrafes 191 ; total boucles : 31).
Fig. 30. Résumé des différents types d’agrafes et boucles de ceinture rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) et leur répartition quantitative des types identifiables (total agrafes 191 ; total boucles : 31).

La place donnée au critère ornemental a été fortement réduite en comparaison des méthodes de classements précédentes. Cette donnée n’est pas toujours correctement identifiable à partir des planches publiées dans la bibliographie et l’appréhension du décor est tributaire de l’état de conservation des objets158. Dès lors, en l’absence d’une analyse plus poussée (à l’aide par exemple d’un microscope), on conservera les identifications de décors proposées dans les travaux antérieurs, ce qui permet également de rattacher ce classement aux précédents.

Enfin, il faut noter que le système de fixation de l’agrafe à la ceinture n’a pas été retenu parmi les critères de classement. Bien que son étude pourrait produire des résultats porteurs de sens, qu’ils soient chronologiques ou culturels, il faut se résigner à ne pas en faire usage en raison du peu d’individus ayant conservé leur système de fixation.

Le trop faible nombre de boucles de ceinture découvertes sans agrafes ne permet pas d’en proposer un classement détaillé. On a simplement retenu comme critère dominant leur forme générale définie par le nombre d’évidements pour les modèles carrés (ce qui peut impliquer la possibilité d’ajuster ou non la taille de la ceinture) ou leur morphologie générale pour distinguer celles fabriquées à partir d’une plaque quadrangulaire de celles serpentiformes. On ne tiendra pas compte de la présence de décors compte tenu du peu d’individus inventoriés.

Sur les 316 agrafes comptabilisées, 191 peuvent être typologiquement reconnues (fig. 30). La grande majorité des agrafes (79 %) sont rassemblées dans les types à échancrures ouvertes (Ag.3) et fermées (Ag.4) ou avec évidements (Ag.5), les autres types étant très nettement minoritaires. 125 agrafes n’ont pas pu être typologiquement identifiées, le plus souvent en raison de leur état de conservation les réduisant à un fragment de talon ou à un crochet159. Concernant les boucles de ceinture, on ne compte que 31 individus, dont une bonne partie (68  %) se répartit entre les boucles à multiples évidements (Bl.4) et serpentiformes (Bl.5).

2. Type Ag.1 – Agrafes sans échancrures et plaque subtrapézoïdale
Nombre d’individus : 1
(Annexes 2 : Carte n° 19) (Annexes 3 : Liste 3.1)

Ces agrafes sont identifiables par leur plaque quasi rectiligne. Si tous les exemplaires répertoriés ne comptent qu’un seul crochet, on peut toutefois opérer une séparation en sous-type selon la morphologie générale de la plaque (fig. 31).

Ainsi peut-on identifier les agrafes ayant une plaque de forme globalement triangulaire dont le talon et le crochet s’individualisent par un épaulement peu marqué (A). Le décor de ces agrafes connaît un renflement longitudinal parcourant la quasi-totalité de la longueur de l’objet suivant l’axe du crochet tandis que la face supérieure peut recevoir une ornementation incisée ou estampée. Viennent ensuite celles disposant d’une plaque trapézoïdale dont la largeur diminue à mesure qu’elle se rapproche du crochet (B). Leur plaque peut être nue ou décorée de motifs incisés ou estampés. Enfin, on peut identifier les exemplaires ayant un épaulement bien plus marqué que les sous-types précédents, permettant dès lors de distinguer le talon du crochet (C). Pour les deux agrafes les mieux conservées, le talon est court, de forme quadrangulaire ou légèrement arrondi, et qu’il est surmonté d’un long crochet. Qu’ils soient en alliage cuivreux ou en fer, ces modèles sont inornés.

On ne dispose que de peu d’éléments nouveaux sur ce type d’agrafes depuis les synthèses de M.-L. Cerdeño et A. Lorrio. Pour ces auteurs, ces pièces, tous sous-types confondus, doivent être datées entre la seconde moitié du VIIe et la première moitié du VIes. a.C.160. Cette proposition se trouve confirmée par l’exemplaire en fer (1.C). En effet, la sépulture 140 de Gourjade (n° 298) est datée de la phase IVb (625-575 a.C.)161. Pour l’heure donc, on conservera la chronologie connue jusqu’alors.

Agrafes de types Ag.1, Ag. 2, Ag. 3 et Ag. 4.
Fig. 31. Agrafes de types Ag.1, Ag. 2, Ag. 3 et Ag. 4.

3. Type Ag.2 – Agrafes sans échancrures et plaque quadrangulaire
Nombre d’individus : 14
(Annexes 3 : Liste 3.2)

Les agrafes de ce type ont une plaque sans échancrure, aux lignes droites formant un rectangle ou un carré plus ou moins marqué par rapport au crochet qu’elles supportent. Si tous les individus inventoriés sont en alliage cuivreux et possèdent un seul crochet, il est toutefois possible de les séparer selon la morphologie de la plaque et du type décor (fig. 31).

Le premier sous-type comprend les agrafes à plaque rectangulaire dont l’épaulement faisant la transition entre le talon et le crochet est perpendiculaire ou légèrement incurvé (A). Le crochet, large, est triangulaire. La plaque quant à elle peut recevoir un motif incisé, estampé ou ne pas posséder de décor. Le second sous-type concerne les individus à plaque carrée non décorée (B). Leur crochet est large et droit, de faible longueur. Les deux exemplaires rassemblés dans le sous-type suivant se distinguent des autres par leur grande plaque carrée décorée de motifs triangulaires estampés surmontée d’un court crochet (C). De plus, ces agrafes possèdent un long renflement sur la face supérieure suivant l’axe du crochet. Enfin, le dernier sous-type est très proche morphologiquement du précédent, à la différence qu’il concerne les agrafes possédant un riche programme décoratif moulé, sans renflement central (D).

Proposer une datation précise pour ces modèles d’agrafes est, pour l’heure, un exercice difficile, car les pièces connues sont issues de contextes peu fiables. Les études antérieures ont mis en lumière leur chronologie large comprise entre le VIIe et Ve a.C., voire au-delà, principalement en raison des exemplaires mis au jour dans plusieurs phases de l’habitat d’Alto de la Cruz à Cortes (Navarre) (n° 38)162. S’appuyant sur les rares éléments fiables, M.-L. Cerdeño propose une datation située dans le deuxième quart du VIIe pour les exemplaires rectangulaires et carrés sans décor ou à décor estampé (2.A, 2.B et 2.C, correspondant à son type B.II)163. En revanche, toujours selon cette auteure, les individus carrés à décor moulé (2.D) seraient plus récents, venant se caler dans les trois derniers quarts du VIe a.C.164. Cependant, ces résultats chronologiques se trouvent contredits par les rares pièces issues d’ensembles clos fouillés ou publiés ces dernières années. C’est en tout cas l’observation que l’on peut faire au regard de l’agrafe rectangulaire inornée (2.A) de la sépulture 1066 du Causse (n° 305) datée de la phase V (575-475 a.C.) de la nécropole165. Ce prolongement à cheval sur le VIe et le début du Ve s. a.C. est corrélé par une agrafe rectangulaire décorée de chevrons incisés de morphologie très proche, bien que pourvue d’un crochet plus fin, découverte dans le nord de l’Italie et datée selon la chronologie régionale du Golesecca IIB, soit entre 530 et 480 a.C.166. Ces rares éléments de comparaisons invitent donc plutôt à placer ces agrafes au VIs. a.C. On notera toutefois que le renflement central disposé sur les modèles carrés à décor moulé (2.C) est une caractéristique partagée avec les agrafes subtrapézoïdales du type précédent (1.A). On pourrait alors supposer que cette caractéristique morphologique est un indice orientant vers une datation située aux environs de 600 a.C. En l’absence d’agrafes issues d’ensembles clos, on conservera néanmoins par défaut la chronologie connue jusqu’alors qui date les premiers exemplaires aux alentours de 675 a.C., tout en tenant compte des éléments de comparaisons récents qui attestent leur utilisation au moins jusqu’à 475 a.C.

4. Type Ag.3 – Agrafes à échancrures ouvertes, type “Acebuchal”
Nombre d’individus : 36
(Annexes 2 : Carte n° 20) (Annexes 3 : Liste 3.3)

Plus nombreuses, ces agrafes disposent de deux échancrures symétriques suivant l’axe du crochet, dessinant des bras aux extrémités supérieures de la plaque. Ces échancrures sont dites ouvertes dans la mesure où les extrémités des bras et du talon ne pointent pas l’une vers l’autre. Le talon est de forme globalement rectangulaire, ne dépassant pas la longueur comprise entre les deux extrémités des bras. Ces bras peuvent être plus ou moins appointés. L’épaulement peu avant le crochet est curviligne et fortement marqué. Toujours à un seul crochet, ces agrafes ne sont connues qu’en alliage cuivreux (fig. 31). Leur morphologie renvoie au type Acebuchal abondement traité dans la bibliographie167. Plusieurs sous-types peuvent être identifiés à partir du mode d’ornementation de la plaque.

On peut séparer les agrafes ne disposant d’aucun décor sur la plaque (A) de celles à décor incisé (B), estampé (C) ou moulé (D). Bien que leur technique d’ornementation diffère, toutes les agrafes décorées semblent suivre un programme décoratif proche, comprenant au moins deux lignes épousant les contours de la plaque auxquelles s’ajoute un motif circulaire au croisement des axes des bras et du crochet.

La forme de ces agrafes les rapproche de modèles hallstattiens à corps losangique, dont elles dériveraient168. Si la répartition préférentielle de ces pièces concerne principalement la moitié nord de l’Espagne (Catalogne et Meseta), on connaît tout de même quelques individus dans la moitié sud de la France et même, plus étonnant, dans la tombe 65 du Magdalenenberg (Villingen, Bade-Wurtemberg)169. Ces contextes permettraient de dater leur apparition du dernier quart du VIIe s. a.C., comme l’attestent les agrafes découvertes dans le dépôt Rochelongue (Hérault) ou dans la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault)170. Ces modèles d’agrafes auraient été produites au moins jusqu’au troisième quart du VIe s. a.C. C’est tout cas ce que suggèrent la fibule à pied coudé (Fi.15) déposée conjointement dans le tumulus 16 de Flaujac-Poujol (n° 207)171, ou l’agrafe à évidements et trois crochets (Ag.5.E) associée à l’agrafe Acebuchal de sépulture 25 de nécropole basse de la nécropole de la Atalaya (Cortes, Navarre) (n° 39)172.

5. Type Ag.4 – Agrafes à échancrures avec tendance à se refermer
Nombre d’individus : 34
(Annexes 2 : Carte n° 21) (Annexes 3 : Liste 3.4)

Presque aussi nombreuses que celles du type précédent et toutes en alliage cuivreux, ces agrafes ont également une morphologie relativement proche de ces dernières. Toutefois elles se singularisent d’une part par leurs échancrures qui ont tendance à se refermer – c’est-à-dire que les extrémités supérieures du talon et, dans une moindre mesure, celles des bras, tendent à se rejoindre – et, d’autre part, par la possibilité de posséder jusqu’à trois crochets. On peut donc identifier plusieurs sous-types, principalement à partir du nombre de crochet, mais aussi en s’appuyant sur des éléments morphologiques ou ornementaux (fig. 31).

Parmi les agrafes à un seul crochet de ce type, il est possible de classer d’un côté celles ayant à l’extrémité du bras une excroissance légèrement biconique, un crochet large et un décor incisé ou estampé (A), et de l’autre celles dont l’appendice est absent (B). Au sein de ces dernières, aux extrémités de talon très appointées et au crochet plus fin, il est également possible de reconnaître des variantes selon que leur plaque est inornée (B.1) ou non (B.2).

Les quelques exemplaires à deux crochets, sans appendices latéraux (C) peuvent être décorées ou non mais ils ne sont, pour l’heure, pas suffisamment nombreux pour permettre une division typologique sur ce critère. Ce n’est pas le cas des agrafes à trois crochets (D) pour lesquelles des variantes peuvent être identifiées en fonction de la présence d’une plaque non décorée (D.1) ou ornée de motifs estampés (D.2).

Réunies dans un même type, les variantes identifiées renvoient à plusieurs types reconnus dans la bibliographie.

Les agrafes à un crochet et appendices latéraux (4.A) correspondent au type de Mailhac de H. Parzinger et R. Sanz173. Ce modèle est nommé ainsi en raison des pièces découvertes dans les tombes 1, 8, 13 et 17 de la nécropole de Grand Bassin II à Mailhac (Aude)174. Leur datation dans le Midi de la France est surtout centrée sur les trois premiers quarts du VIe s. a.C.175. Si cette chronologie convient plutôt bien à l’individu provenant du tumulus 1 de Flaujac-Poujols (n° 207) situé au deuxième quart du VIe s. a.C.176, elle doit être prolongée au moins jusqu’à la première moitié du Ve s. a.C. puisque l’on rencontre encore une attestation tardive dans le tumulus 22 de cette même nécropole, associée à deux fibules à ressort de schéma laténien (Fi.18)177. S’il ne porte pas de nom permettant de bien l’identifier, le sous-type suivant, sans appendices latéraux (4.B), correspond aux types C.IV.1 et C.V.1a de la typologie de M.-L. Cerdeño178. La datation qu’elle propose pour ce modèle, bien souvent établie à partir de contexte de fiabilité variable, se place entre 550 et 450 a.C. Le mobilier associé à l’exemplaire découvert dans la sépulture 2/3 du tumulus G de la nécropole de Pujaut (n° 167) et la fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.4) qui accompagne l’agrafe de la sépulture 20 de nécropole basse de la Atalya (n° 39) semblent confirmer ces datations179.

L’adoption de deux crochets par ces agrafes (4.C) correspond au type dit d’Ampurias selon la nomenclature proposée par H. Parzinger et R. Sanz180. Ce type d’agrafe trouve de nombreux points de comparaison, notamment dans plusieurs tombes de nécropole du Grand Bassin II à Mailhac (Aude), toutes datées de la seconde moitié du VIe et du premier quart du Ve s. a.C.181. Cette chronologie est en accord avec les quelques individus rencontrés dans des ensemble clos de la zone d’étude, comme l’agrafe de la sépulture de Saint-Pey-de-Castets (Gironde) (n° 171) qui est accompagnée d’une fibule de type navarro-aquitaine (Fi.14)182. Pour les agrafes très proches morphologiquement, mais disposant de trois crochets, les indices chronologiques demeurent pour l’heure peu nombreux. Seule la pièce provenant de la sépulture de Cablanc à Barbaste (Lot-et-Garonne) (n° 250) peut être située entre le dernier quart du VIe et le premier quart du Vs. a.C. par le mobilier qui l’accompagne183. Cependant, on fera remarquer que la présence de trois crochets sur les agrafes est une caractéristique qui apparait plutôt tardivement au Premier âge du Fer184. Dans la nécropole du Grand Bassin II à Mailhac, ils n’apparaissent pas avant le dernier quart du VIe s. a.C.185. Ces quelques remarques viennent appuyer une chronologique centrée sur la fin du VIe et le début du Ve s. a.C. Toutefois, on demeura prudent quant à cette proposition dans la mesure où l’on manque encore de contextes fiables pour bien caler ces modèles.

6. Type Ag.5 – Agrafes à évidements
Nombre d’individus : 80
(Annexes 2 : Carte n° 22) (Annexes 3 : Liste 3.5)

Ce type d’agrafes est de loin celui qui est le plus représenté dans la zone étudiée. Contrairement au précédent, les bras et les extrémités montantes du talon, ménagés par les échancrures, sont reliés, créant alors des évidements. Dans certains cas, ces extrémités de bras et de talon demeurent encore perceptibles par la présence d’excroissances circulaires. Il est possible de reconnaitre des sous-types dans ce groupe d’agrafes à partir du nombre d’évidements (lié en partie au nombre de crochets) et du type de décor (fig. 32).

Parmi les exemplaires disposant de deux évidements et d’un seul crochet large, l’on peut séparer ceux à plaque non décorée (A) de ceux à plaque incisée (B), moulée (C) ou mixte (D)186. Ensuite, les agrafes pourvues de trois crochets plus fins, en distinguant celles dont la plaque n’est pas décorée (E) de celles présentant une ornementation mixte (F). Lorsque les agrafes possèdent quatre évidements, elles ressemblent à deux individus identiques collés l’un à l’autre. Il est donc possible de les différencier par le nombre de crochets, venant toujours par paire : deux crochets (G), quatre crochets (H) et six crochets (I). Les rares d’exemplaires datés dans la bibliographie du Premier âge du Fer n’autorisent pas une subdivision plus détaillée. Qu’elles soient à deux ou quatre évidements, les agrafes décorées possèdent un motif perlé suivant les contours de la plaque auquel peut venir s’ajouter un second motif circulaire ou rayonnant à l’intersection des axes des bras et du ou des crochets.

Agrafes de types Ag.5, Ag. 6, Ag. 3 et boucles de ceinture.
Fig. 32. Agrafes de types Ag.5, Ag. 6, Ag. 3 et boucles de ceinture.

Ces agrafes constituent, avec le type précèdent, la famille que l’on nomme usuellement “ibéro-languedociennes”. En réalité, tous les sous-types identifiés ne se distribuent pas sur l’ensemble de la zone comprise entre l’axe Aude-Garonne et la vallée de l’Èbre.

Ainsi, on remarquera que parmi les modèles à évidements, seuls ceux à trois crochets (5.F) sont connus en Languedoc alors que ceux à un crochet (5.A à 5.D) semblent en être absents. Dans les ensembles espagnols et du quart sud-ouest de la France, ces pièces à évidements et un seul crochet sont souvent considérées comme antérieures à celles à trois crochets. Pour les exemplaires inornés (5.A), M.-L. Cerdeño propose une production courant sur la totalité du VIe s. a.C.187. Si l’individu mis au jour dans la sépulture 19 du niveau C de la nécropole du Castejón à Arguedas (Navarre) (n° 34) permet en effet de placer leur apparition dès le deuxième quart du VIe s. a.C. en raison de la fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A) qui l’accompagnait188, on doit en revanche prolonger leur fabrication au moins jusqu’au troisième quart du Ve s. a.C. dans la mesure où l’on recense un exemplaire dans le tumulus 26 de Flaujac-Poujol (n° 207), en association avec une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18)189. Parmi les deux agrafes à décor incisé (5.B), seule celle provenant de la sépulture 1068 du Causse (n° 305) provient d’un contexte fiable190. Cette tombe appartient à la phase V du site, soit une datation comprise entre 575 et 475 a.C., sans plus de précision191. Ne disposant d’aucun élément nouveau à propos de l’agrafe à décor moulé (5.C), on conservera la proposition de M.-L. Cerdeño qui date ce modèle du dernier quart du VIe jusqu’au début du IVe s. a.C.192. Enfin, les agrafes à décor dit mixte (5.D) semblent également être produites pendant plus d’un siècle puisque celle provenant de la sépulture 15 d’Ibos (n° 283) appartiendrait à la phase Ibos Ia du site, la situant dans le deuxième quart du VIe s. a.C.193, alors que l’agrafe découverte dans la sépulture 5 de Sigüenza (Guadalajara) (n° 25), associée à une fibule annulaire (Fi.19.B)194, ou encore celle de la sépulture 155 de Loustalet (Landes) (n° 184), accompagnée d’une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18)195, sont clairement datables de la première moitié du Ve s. a.C. au moins.

La production d’agrafes à évidements disposant de trois crochets (5.E et 5.F) est, comme on a déjà eu l’occasion de le mentionner, un marqueur de la fin du VIe s. a.C. Cette proposition se fonde notamment sur les deux pièces mises au jour dans les tombes 14 et 15 de la nécropole du Grand Bassin II à Mailhac (Aude) datées entre 525 et 475 a.C.196. On fera remarquer que de manière plus générale, les quelques exemplaires recensés dans le Midi de la France se situent tous dans ce même intervalle chronologique197. Leur production durant tout le Ve s. a.C. comme avait pu le proposer M.‑L. Cerdeño ne doit pas être retenue dans la mesure où cette proposition ne s’appuie, pour le moment, sur aucun ensemble chronologiquement fiable198. En revanche, on peut émettre l’hypothèse que les premiers modèles inornés (5.E) ont pu être produits un peu plus tôt, peut-être dès le milieu du VIe s. a.C., puisque la sépulture 25 de La Atalaya basse à Cortes (Navarre) (n° 39) a livré une agrafe de ce type associée à une seconde agrafe de type Acebuchal (Ag.3.A) et dont la chronologie couvre principalement les trois premiers quarts du VIe a.C.199. La production des modèles ornés (5.F) ne doit pas s’étendre au-delà du milieu du Ve s. a.C.

Enfin, pour les agrafes à quatre évidements et à deux, quatre ou six crochets (5.G à 5.I), aucune donnée récente ne permet de préciser les chronologies déjà établies jusqu’à présent. Si celles à deux crochets (5.G) sont datées de la fin du VIe et du début du Ve s. a.C. par M.-L. Cerdeño200, celles à quatre ou six crochets (5.H et 5.I) prennent place dans le courant du Ve s. a.C. selon cette même auteure201. Toutefois, leur production doit être prolongée jusqu’au siècle suivant puisque ces modèles sont attestés en Aquitaine méridionale et marquent le début de la phase V (400-200 a.C.) de J.-P. Mohen ou de la phase Ibos III (400-350 a.C.) de J.-M. Escudé-Quillet202.

7. Type Ag.6 – Agrafes ajourées
Nombre d’individus : 5
(Annexes 2 : Carte n° 23) (Annexes 3 : Liste 3.6)

On ne compte que cinq individus de ce type, dont l’un est incertain. La morphologie de ces agrafes est différente de celle de types précédents. La plaque, qui n’est plus schématiquement subtrapézoïdale ou quadrangulaire, prend la forme d’un triangle aux côtés dessinant des courbes sinusoïdales et concaves, et compte un ou plusieurs ajours. De plus, le talon où se situent les perforations nécessaires à la mise en place du système de fixation adopte l’apparence d’une languette de largeur réduite par rapport à celle de la plaque. Toujours à un seul crochet, ces agrafes peuvent être séparées en deux sous-types par l’aspect de leur profil (fig. 32), conformément aux travaux sur ce type d’agrafes réalisés par S. Leconte203. Qu’ils soient en alliage cuivreux ou en fer, aucun des exemplaires connus ne possède de décor.

Le premier groupe comprend deux agrafes en alliage cuivreux au profil curviligne (A). Si elles ne disposent pas du même nombre d’ajours, elles ont toutefois été rassemblées en un seul et même type204. Le second groupe comprend deux agrafes en fer plus volumineuses dont le profil dessine trois arcs de cercle (B). Les ajours sont identiques pour les deux individus et comprennent deux demi-cercles surmontés d’un losange puis de trois petits cercles. De plus, ces deux agrafes ajourées en fer sont les uniques exemplaires à posséder un système d’attache par rivet et gouttière.

Les agrafes à profil curviligne (6.A) se rapprochent de modèles principalement distribués dans l’est de la France et sont considérées comme des marqueurs de l’émergence de la culture laténienne, raison pour laquelle elles sont datées précisément du deuxième quart du Ve a.C.205. Quant aux agrafes à profil dessinant plusieurs demi-cercles (6.B), elles peuvent être comparées aux pièces laténiennes d’Allemagne ou de l’est de la France datées des trois derniers quarts du Ve a.C.207. La pièce déposée dans la sépulture 18-19 de la nécropole du Truc du Bourdiou (Mios) (n° 168) est également accompagnée d’une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.7), type produit au moins jusqu’à 450 a.C., confirmant donc un port de ces agrafes à crochet simple au cours du Ve s. a.C. Leur usage semble se poursuivre jusqu’au début du IVe s. a.C. au moins. En effet, une pièce de ce type a été déposée conjointement avec une fibule à ressort bilatéral long et pied recourbé (du type 3241 de J.-P. Mohen) et caractéristique des productions de la phase V (400-300 a.C.) de J.-P. Mohen dans la sépulture 3 du tumulus P2 de Barzun (n° 261)208.

9. Type Bl.1 – Boucles quadrangulaires à un seul évidement
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 3.10)

Les trois boucles de ceinture en alliage cuivreux de ce type ont la forme d’une plaque carrée ou rectangulaire disposant d’un large évidement au centre afin de recevoir le crochet de l’agrafe (fig. 32). L’un des exemplaires a conservé un décor estampé sur sa face supérieure.

Ces trois individus proviennent de la nécropole de Carratiermes (Montejo de Tiermes, Soria) (n° 51) et servaient à recevoir le crochet d’agrafes à évidements de type Ag.5.D209.

10. Type Bl.2 – Boucles quadrangulaires à deux évidements
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 3.10)

Seuls deux individus de ce type sont connus. Il s’agit de plaques rectangulaires dont l’une présente des extrémités repliées, formant un crochet (fig. 32). Ces deux boucles, irnornées, possèdent deux évidements identiques de forme rectangulaire.

Aucune des pièces recensées dans la zone d’étude ne provient d’un ensemble clos. Il semblerait que, comme les boucles du type précédent, elles aient été employées avec des agrafes de type Ag.5.D210.

11. Type Bl.3 – Boucles quadrangulaires à quatre évidements
Nombre d’individus : 5211
(Annexes 3 : Liste 3.10)

Ces boucles sont identiques aux précédentes à la différence que la plaque est percée de quatre évidements (fig. 32). De plus, deux individus de ce groupe disposent d’un décor, estampé pour l’un et incisé pour l’autre.

La présence de ces quatre évidements suggère que ces boucles devaient être employées avec des agrafes à quatre évidements et à deux ou quatre crochets (Ag.5.G et Ag.5.H).

12. Type Bl.4 – Boucles quadrangulaires à multiple évidements
Nombre d’individus : 11212
(Annexes 3 : Liste 3.10)

Plus nombreuses, ces boucles se composent d’une plaque rectangulaire pouvant comprendre deux séries de quatre ou six évidements évoquant l’aspect d’une fenêtre voûtée (fig. 32). Contrairement aux deux types précédents, la plaque de ces boucles est concave et ne forme pas de crochet à l’une de ses extrémités. Un décor estampé peut venir encadrer les évidements.

La disposition des ouvertures est liée au nombre de crochets qu’elles recevaient. Ces contre-plaques étaient donc employées pour les agrafes avec ou sans évidements à trois, quatre ou six crochets.

13. Type Bl.5 – Boucles serpentiformes
Nombre d’individus : 10213
(Annexes 3 : Liste 3.10)

Ces boucles de ceinture prennent la forme d’une simple tige en alliage cuivreux de section circulaire dessinant des circonvolutions imitant l’apparence d’un serpent (fig. 32)214. Leur système de fixation à la ceinture peut poser question puisqu’on ne les retrouve jamais complètes. L’appointement constaté sur deux exemplaires mieux conservés pourrait suggérer qu’elles étaient directement crochetées à la ceinture en la traversant à la manière d’une broche. Cependant, cette proposition n’est qu’hypothétique.

Dans les quelques ensembles clos dont on dispose, ces boucles de ceinture pouvaient être couplées à des agrafes à un crochet de type Acebuchal (Ag.3) comme dans la sépulture 24 du niveau de nécropole d’El Castejón à Arguedas (n° 34)215, ou à des agrafes à trois crochets (à échancrures ou à évidements) à l’image de l’individu de la sépulture 58 de la Atalaya basse (n° 39)216.

Les boutons (ou appliques)

Les boutons sont de petits objets venant agrémenter un vêtement ou tout autre accessoire vestimentaire en matière périssable. Malgré de nombreuses attestations, leur fonction exacte demeure parfois difficile à identifier. Le terme de bouton pourrait laisser penser qu’ils jouent un rôle similaire à des boutons modernes, c’est-à-dire qu’ils servent à la fermeture d’un vêtement. Si cet usage a déjà été évoqué pour certains exemplaires protohistoriques, il n’est pas le seul217. En effet, on peut considérer qu’une majorité de ces boutons venaient en réalité décorer un support, notamment en cuir, à la manière d’appliques. Cette fonction ornementale est attestée sur un fragment de cuir “clouté” de boutons en alliage cuivreux mis au jour dans le dépôt de Jonchère à Blanot (Côte-d’Or) daté du Bronze final, ou encore sur une ceinture découverte à Guillestre (Hautes-Alpes) comprenant plusieurs rangées de ces boutons/appliques fixés sur le cuir218. Le terme de bouton pour qualifier cette catégorie de mobilier est donc impropre dans la mesure où il ne rend pas compte de cette multiplicité des usages. Néanmoins il faut bien reconnaître que leur usage précis ne peut pas être déterminé lorsque le tissu ou le cuir qu’ils venaient agrémenter ne sont pas conservés. Par ailleurs, si on doit lui préférer le nom d’applique, celui de bouton est le plus communément usité dans la bibliographie. C’est pour ces raisons que l’on conservera, par commodité, le terme de boutons pour désigner cette catégorie d’objet hétérogène.

Les boutons sont des pièces de morphologie relativement simple et pour lesquelles le vocabulaire descriptif est réduit (fig. 33). On reconnaît l’avers et le revers des deux faces du bouton, auxquels s’ajoute un système de fixation. Les boutons que l’on rencontre dans la zone d’étude se démarquent par la variété de leur profil qui peut être plat, hémisphérique, conique, en corolle ou spiralé. Ces formes peuvent être obtenues à partir d’une tôle de métal martelée ou par la coulée dans le moule.

Au-delà de leur profil, ces objets se distinguent par leurs systèmes de fixation qui sont au nombre de cinq. Le premier est un système à bélière qui imite la forme d’un demi-anneau ou d’une tige en U laissant apparaître un espace évidé dans lequel peut venir s’enfiler un fil de couture ou des anneaux plus petits219. Cette bélière était obtenue lors de la coulée sous la forme d’une tige rectiligne qui était rabattue par la suite. Elle peut être positionnée à l’extérieur du bouton, exclusivement pour les modèles à profil plat, ou à l’intérieur pour ceux au profil conique. La seconde solution d’attache, appelée à barrette, emploie une petite tige de métal placée transversalement à la base du bouton, soudée à celle-ci par une brasure220. Cette fixation, qui pouvait être doublée et croisée, est quasi similaire au système de bélière classique, à la différence qu’elle nécessite l’ajout d’une tige. Comme pour l’attache précédente, cette solution permettait de coudre aisément les boutons à son support. Le troisième système de fixation est à griffes. Aux deux extrémités d’une tôle circulaire étaient ménagées par martelage deux excroissances plus ou moins appointées qui venaient perforer le support à la manière de griffes. Le quatrième type d’attache est une pointe qui est clouée sur le vêtement et maintenue au bouton par perforation de son sommet. Enfin, le dernier système de fixation se fait par un simple enroulement d’une tige sur lequel pouvait se greffer un anneau ou un fil de couture.

Il arrive que ces boutons disposent d’un avers décoré. Plutôt rares, ces ornementations étaient obtenues soit à même le modèle en cire, soit à froid par enlèvement de matière.

Vocabulaire des éléments descriptifs des boutons/appliques.
Fig. 33. Vocabulaire des éléments descriptifs des boutons/appliques.

1. Présentation de la typologie

L’outil de classement typologique mis en place distingue en premier lieu les boutons à partir de leur profil : plat, hémisphérique, conique, en corolle et spiralé. Chacun de ces types est ensuite subdivisé en sous-types selon le système de fixation : à bélière externe, à bélière interne, à barrettes, à griffes ou à perforation (fig. 34). Dans la mesure où seuls quelques individus sont en fer alors que la grande majorité des boutons sont en alliage cuivreux, aucune distinction n’est opérée à partir du matériau de fabrication. De même, la présence de décor, très rare, n’a pas été retenue comme élément discriminant afin de ne pas multiplier les types trop peu représentés.

Il est possible d’attribuer un type pour 170 lots de boutons (qui correspond à moins 833 individus)221. De ce classement, se détachent très nettement les types à profil plat, hémisphérique et conique, représentant 93 % des boutons inventoriés (fig. 34). À ces 170 lots de boutons viennent s’ajouter 28 autres lots (157 individus) non identifiables typologiquement.

Les différents types de boutons/appliques rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) et leur répartition quantitative.
Fig. 34. Les différents types de boutons/appliques rencontrés (numéro) et leurs sous-types (lettre) et leur répartition quantitative.

2. Type Bt.1 – Boutons à profil plat
Nombre d’individus : 61 (71)
(Annexes 2 : Carte n° 24) (Annexes 3 : Liste 4.1)

Ces boutons sont ceux que l’on retrouve le plus fréquemment dans les sites régionaux. Ils se composent d’une face circulaire plate de 2 à 3 cm de diamètre dont les extrémités peuvent être légèrement rentrantes. La bélière, située au revers de l’objet, est toujours externe. Elle peut être petite et de section circulaire, ou large avec une section triangulaire ou trapézoïdale. En raison de cette morphologie, on peut supposer que ces boutons pouvaient réellement être utilisés comme système de fermeture d’un vêtement. Enfin, si l’on ne peut clairement identifier de sous-types, on peut noter que trois individus de taille plus importante (comprise entre 4 et 10 cm de diamètre), disposent de décors estampés sur l’avers, ménagés sur le pourtour de l’objet et/ou dessinant un motif étoilé.

Ce type de bouton est très commun durant l’âge du Fer dans la zone d’étude, puisqu’il est attesté dès la phase I (900-775 a.C.) des nécropoles du Castrais, comme dans la tombe 286 du Causse (n° 305)222, et que son usage s’est poursuivi jusqu’au Ve s. a.C. comme le confirme l’exemplaire déposé dans le tumulus 22 du Camp de l’Église nord (n° 207), associé à des fibules à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1)223.

3. Type Bt.2 – Boutons à profil hémisphérique
Nombre d’individus : 58 (620)
(Annexes 2 : Carte n° 25) (Annexes 3 : Liste 4.2)

Ces objets se singularisent par leur profil hémisphérique dessinant une demi-sphère creuse. On peut reconnaître trois sous-types en fonction du mode de fixation employée. Le premier, d’un diamètre compris entre 0,6 et 1,8 cm, concerne les pièces usant d’une barrette située à la base de l’objet (A) ; ce sont les plus nombreux avec 40 lots (499). Le second comprend les boutons à griffes (B). Bien moins représenté dans la zone d’étude, ce type ne compte que 9 lots (112). Dans la majorité des cas, le diamètre des boutons est à peu près égal à celui des boutons du type précédent ; toutefois, la tombe T.318 de la nécropole du Causse à Labruguière (n° 305) aurait livré un petit lot d’exemplaires d’à peine 0,2 cm de diamètre224. Enfin, le dernier sous-type rassemble les 9 individus à perforation (C). Au-delà de leur système d’attache, ces pièces se distinguent par leur taille plus imposante comprise entre 0,8 et 5,4 cm de diamètre ; ce sont aussi les seules entièrement en fer ou disposant d’une tige en fer perforant une tôle en alliage cuivreux.

Du fait de leur système d’attache situé à la base de l’objet ou de leur dispositif de pointage ou de perforation, ces pièces devaient probablement être employées comme applique pour garnir un élément en cuir ou en tissu plutôt que comme bouton.

Parmi ces pièces, celles à barrette (A) ne constituent pas de bons marqueurs chronologiques car elles sont attestées tout au long du Premier âge du Fer. Ainsi, l’exemplaire mis au jour dans la sépulture 318 du Causse (n° 305) peut être daté par les vases à décor de cannelures multiples de la phase II (775-725 a.C.) de la nécropole225, tandis que ceux de la sépulture 1 du tumulus de Pau (n° 271) se situent plutôt entre la toute fin du VIe et la première moitié du Ve s. a.C. par le mobilier qui les accompagnait226. Cette proposition chronologique, large, peut également s’appliquer aux individus à griffes (B). Présents également dans la sépulture 318 du Causse (n° 305), ils se rencontrent à la fin du VIe ou dans la première moitié du Ve s. a.C. dans l’inhumation du tumulus du Camp de Monseigne (n° 235), associés notamment à une fibule à fausse corde à bouclettes (Fi.17)227. Enfin, si les boutons à perforation connaissent également une longue période de production comme le suggèrent les nombres parallèles découverts en France méridionale228, leur apparition ne semble se faire qu’au début du VIIe s. a.C. En effet, les pièces plus anciennes découvertes jusqu’à présent dans la zone d’étude proviennent de la sépulture 2 du tumulus J d’Ibos (n° 282), datée de la phase I (750-650 a.C.) de J.-P. Mohen, mais que l’on peut réduire au deuxième quart du VIIe par la présence d’un bracelet en fer fermé (Br.20)229.

4. Type Bt.3 – Boutons à profil conique
Nombre d’individus : 40 (112)
(Annexes 2 : Carte n° 25) (Annexes 3 : Liste 4.3)

Ces objets sont identifiables par leur forme proche d’un cône creux. Parmi ces exemplaires, on peut distinguer 17 lots (24) dont la morphologie adopte celle d’un disque surmonté d’un large cône renfermant une bélière interne (A). Leur diamètre à la base est constant, mesuré autour de 4 cm, tandis que leur hauteur est de 1,5 cm en moyenne. La bélière est une simple tige large placée en force à l’intérieur du cône et dans lequel pouvaient être ménagées deux dépressions afin d’en assurer le maintien. Enfin, quelques exemplaires disposent sur l’avers d’une ornementation de stries concentriques. Plus nombreux avec 22 lots (87), le sous-type suivant rassemble des pièces quasi identiques à celles à profil hémisphérique de type Bt.2.A, tant par leur taille que par leur système d’attache, la seule différence étant que leur profil adopte la forme d’un petite cône ou capuchon (B). Enfin, un unique individu en alliage cuivreux remplace le système à barrette du sous-type précédent par une fixation par perforation à l’aide d’une tige en fer (C).

Si la morphologie des sous-types B et C, très proche de ceux à profil hémisphérique, suggère qu’ils étaient aussi employés comme applique, cet usage pourrait être différent pour les pièces à profil conique et à bélière interne (Bt.3.A). Les boutons identiques découverts dans la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault) étaient pourvus d’une tige, partiellement conservée, attachée à la bélière230. La présence de cet élément, et le fait que ces objets se trouvaient par paire pour ce site, ont fait dire à l’inventeur du site que ces pièces devaient être des têtes d’épingle à cheveux, destinées à maintenir une composition capillaire. Toutefois, en l’absence de découverte en contexte d’inhumation, il faut considérer cette utilisation comme hypothétique. La datation des boutons coniques à bélière interne (A) s’appuie sur les sépultures de la nécropole du Peyrou qui sont toutes datées entre 675 et 625 a.C. Ces parallèles concernant uniquement des individus décorés, il faut vraisemblablement étendre la datation à la première moitié du VIe s. a.C. pour ceux inornés puisque quelques-unes de ces pièces sont connues dans le dépôt de Rochelongue à Agde (Hérault)231.

La chronologie des boutons coniques de plus petite taille, à barrettes (B) ou à perforation (C) est en revanche moins précise. Les premiers sont attestés tout au long du Premier âge du Fer en Languedoc comme dans la zone d’étude. Au Moulin à Mailhac (Aude), ils sont attestés dans des sépultures datés de la transition Bronze-Fer232, mais perdurent au moins jusqu’au milieu du Ve s. a.C. dans la tombe 21 de Grand-Bassin II233. Les résultats similaires pour le quart sud-ouest de la France, notamment pour les exemplaires de la tombe 286 du Causse (n° 305), rattachés à la phase I (900-775 a.C.) du site234, et du tumulus 13 du Camp de l’Église nord (n° 207) qui se situent dans le courant du Ve s. a.C. par la fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1) qui l’accompagne235. Enfin, aucun contexte archéologique ne permet de proposer une chronologie précise pour les boutons à perforation (C). Dans l’attente de nouvelles découvertes, on supposera que leur datation devait être similaire à celles des boutons à profil hémisphérique (Bt.2.C), soit entre 675 et 400 a.C.

5. Type Bt.4 – Boutons à corolle
Nombre d’individus : 6 (6)
(Annexes 2 : Carte n° 26) (Annexes 3 : Liste 4.4)

Ces boutons, très peu nombreux, se démarquent par leur morphologie constituée d’un disque plat ou légèrement bombé dont le centre comporte un renflement peu élevé ou un tronc de cône creux. D’un diamètre compris entre 1,4 et 4,4 cm, le disque peut recevoir un riche programme décoratif estampé ou incisé. Selon leur système de fixation, on peut séparer en sous-type les quatre individus à bélière (A) des deux à barrettes (B).

Il demeure difficile de proposer une hypothèse d’utilisation de ces pièces souvent mal conservées.

Les quelques contextes fiables sur lesquels peut s’appuyer leur chronologie suffit à illustrer leur usage sur le long terme. En effet, l’attestation la plus ancienne est à signaler dans la sépulture 70 du Causse (n° 305) qui est liée à la phase I (900-775 a.C.) du site236, tandis que l’individu provenant de la nécropole d’Avezac-Prat-Lahitte (n° 277) suggère un possible emploi jusqu’ à la fin du Ve s. a.C.237. La documentation ne permet pas, pour l’heure, de proposer une distinction chronologique pour les deux sous-types identifiés.

6. Type Bt.5 – Boutons spiralés
Nombre d’individus : 5 (24)
(Annexes 2 : Carte n° 26) (Annexes 3 : Liste 4.5)

Ce type de bouton est composé d’une tige de section circulaire de 0,3 cm d’épaisseur enroulée en spirale en formant un cône. Le diamètre à la base de ce cône est de 3,4 cm en moyenne alors que la hauteur peut varier entre 0,8 et 3,4 cm. Le système d’attache n’est conservé que sur un seul individu. L’extrémité inférieure du fil spiralé, au niveau de la base du cône, se terminer par une volute latérale.

La morphologie de ces objets suggère qu’ils étaient employés plutôt comme applique, en ornementation d’une pièce de tissu ou de cuir.

Bien que l’on ne dispose que de peu d’indices chronologiques, les quelques éléments connus les situent plutôt au début du Premier âge du Fer. Ceux du Causse (n° 305) doivent être datés de la phase I (900-775 a.C.) de la nécropole, notamment par leur association, dans la sépulture 413, avec des céramiques à décors aux doubles traits incisés, décors par ailleurs marqueurs de la phase Mailhac I de la nécropole du Moulin (Aude)238. L’individu de la sépulture 133 d’Arihouat (n° 148) peut lui être calé dans la seconde moitié du VIIe ou le début du VIe par le torque à tige torsadée et terminaisons en crochets (To.14) qui l’accompagnait239.

La parure ornementale

La parure ornementale recouvre la catégorie des parures annulaires (torques, bracelets, brassards, anneaux de jambe, anneaux, boucles d’oreilles, bagues, et perles) et celle des parures dites de suspension (pendentifs). Ces deux catégories réunies se singularisent des parures dites fonctionnelles par leur emploi qui ne revêt pas un caractère directement utilitaire. Les différentes parures qui composent la catégorie des parures annulaires ont une morphologie très proche dessinant un anneau ouvert ou fermé. Leur différenciation est liée à la place de chaque objet sur le corps d’un individu. De fait, l’identification de chacun de ces objets ne pose pas de difficulté lorsqu’ils sont mis au jour dans des conditions idéales, c’est-à-dire portés par un défunt déposé en inhumation. Malheureusement, le nombre de sépultures remplissant ces conditions est très peu élevé dans la zone étudiée240. Dès lors, il est possible de rencontrer des difficultés pour bien caractériser les parures annulaires.

Pour tenter de pallier cette difficulté, un référentiel des diamètres internes des parures annulaires a été établi à partir des mesures prises sur des objets découverts en position fonctionnelle sur un défunt inhumé et en tenant compte de l’âge des individus (fig. 35 A)241. Chez les enfants (Infans I et II), on constate que pour les trois types de parures pouvant être identifiés, le diamètre varie de 4,8 cm maximum pour un bracelet à seulement 0,04 cm pour une perle. Si les bracelets se trouvent relativement bien isolés (entre 3 et 5 cm de diamètre environ), les anneaux couvrent un spectre plus large compris entre 3 et 1 cm de diamètre interne, empiétant notamment sur les perles. Chez les adolescents et les adultes, de nouveaux types d’objets sont reconnaissables. Les quelques torques trouvés en position fonctionnelle dominent largement le classement avec un diamètre interne compris entre 12 et 20 cm. À l’opposé, on retrouve les anneaux et une boucle d’oreille situés entre 0,8 et 2,5 cm de diamètre. Ces deux catégories ne sont donc pas discernables l’une de l’autre à partir de cette mesure. On doit faire le même constat pour les bracelets et les anneaux de jambe dont les mesures se chevauchent, bien que les bracelets puissent être de moins grande taille, avec un minimum mesuré à 4,7 cm, alors qu’un anneau de jambe atteint les 10 cm de diamètre interne.

Si le nombre de parures utilisé comme référentiel est faible, seulement 18 objets pour les enfants et 25 pour les adolescents ou adultes, les quelques résultats obtenus suffisent à mettre en évidence des problèmes de chevauchement de mesures entre certaines catégories. Si l’on élargit le champ d’étude en intégrant le mobilier découvert en position fonctionnelle sans tenir compte de l’âge du défunt, c’est-à-dire en ajoutant les ensembles non étudiés par l’anthropologie, ce qui porte à 50 le nombre d’objets rassemblés, on constate que ces chevauchements se renforcent (fig. 35 B). Les bracelets et les anneaux de jambe se recouvrent entre 6 et 7.6 cm. De même, la plus grande des perles pourrait être confondue avec un petit anneau. On peut comparer ces résultats avec ceux obtenus dans des régions proches pour la même période. Les intervalles de diamètres internes pour les parures annulaires de l’aire géographique s’insèrent tout à fait dans ceux mesurés par P-Y. Milcent dans les mêmes conditions et à partir d’un contingent bien plus important pour le centre de la France. Les torques se détachent très nettement des autres parures annulaires par leur large diamètre, tandis qu’il est plus délicat d’observer une distinction entre les bracelets et les anneaux de jambe. Une boucle d’oreille, mesurée à 6,3 cm de diamètre, recouvre, par sa taille, une grande majorité des autres catégories d’objets.

Mesure des diamètres internes des parures annulaires issues d’inhumations (A) et avec les valeurs mesurées dans le centre de la France au Premier âge du Fer (B).
Fig. 35. Mesure des diamètres internes des parures annulaires issues d’inhumations (A) et avec les valeurs mesurées dans le centre de la France au Premier âge du Fer (B).

De ces quelques observations, on retiendra qu’en l’absence de données taphonomiques fiables, le diamètre interne n’est pas un indice suffisant pour distinguer les parures annulaires entre elles. Ce constat se trouve renforcé lorsque les informations sur l’âge des défunts sont manquantes. Malheureusement, la grande majorité de cette catégorie de parure provient de sépultures à incinération pour lesquelles les études anthropologiques sont rares. Il faut donc admettre que dans le cas d’un corpus dominé par les sépultures à incinération, il n’est pas possible de mettre en place une méthode sûre d’identification de ces catégories de parures aux morphologies proches. Le diamètre interne, lorsqu’il est mesurable, peut tout au plus aiguiller la reconnaissance d’un objet. Pour classer le grand nombre d’individus, souvent partiellement conservés, découverts en position non-fonctionnelle, on choisira donc d’étudier certains types de parures ensemble. C’est notamment le cas des bracelets, brassards et anneaux de jambe qui ne sont pas aisément différentiables. Pour les objets généralement plus petits comme les anneaux, les bagues, les boucles d’oreilles ou les perles, on s’appuiera essentiellement sur la forme et/ou leur mode de fixation pour les identifier. En revanche, sauf exceptions pour les cas les plus fragmentaires, l’identification des torques pose moins de difficulté dans la mesure où ces derniers disposent de mensurations plus imposantes, quel que soit l’âge du porteur.

Les bracelets (et assimilés)

Le terme de bracelets est employé ici comme nom générique et englobe tout aussi bien les véritables bracelets que les brassards et les anneaux de jambe pour les raisons précitées. Ces parures se composent d’une simple tige (ou d’un jonc) dont la torsion dessine un cercle ou un ovale plus ou moins aplati. On parle des faces internes et externes de la tige pour désigner celles se trouvant sur un axe perpendiculaire aux membres qu’elles enserrent (fig. 36). Les deux autres faces, suivant l’axe du membre, sont nommées inférieure et supérieure et peuvent être confondues lorsqu’on ne connait pas le sens du port de l’objet. L’épaisseur d’un bracelet se mesure entre les faces internes et externes, tandis que sa largeur est comprise entre les faces inférieures et supérieures. La tige des bracelets peut être fermée ou ouverte, ménageant deux terminaisons. Ces terminaisons peuvent adopter plusieurs morphologies : être simples, c’est-à-dire plus ou moins épaissies ou amincies, en forme de tampons ou encore associées à un système de fermeture permettant d’attacher les deux extrémités. La tige adopte une section aux faces plus ou moins rectilignes. Dans de rares cas, elle peut être coulée sur une âme en matière périssable créant un évidement en son centre, ou être plane puis rabattue par martelage. La tige est considérée comme lisse et continue quand la présence de décors ne modifie pas significativement sa section. Dans le cas contraire, on parle alors de tige à nodosités. Ces nodosités, de volume variable, prennent la forme de bossettes, de dents ou de créneaux, réparties régulièrement le long de la tige.

Vocabulaire des éléments descriptifs des bracelets (et assimilés).
Fig. 36. Vocabulaire des éléments descriptifs des bracelets (et assimilés).

Ces parures annulaires sont confectionnées en plusieurs matériaux, impliquant des modes de fabrication variés. Dans la grande majorité des cas, elles sont en alliage cuivreux et la forme générale est obtenue dans un moule. Les décors sont réalisés soit directement sur le moule, soit lors d’une seconde étape par martelage ou enlèvement de matière. Les individus en fer sont réalisés par martelage répété de la tige, chauffée jusqu’à obtention de la torsion et de la section désirée. La fabrication des bracelets en lignite est bien documentée par le site de Saint-Jean-de-Ligoure à Chalucet (Haute-Vienne) (n° 337) qui a livré des restes d’ébauche de ces parures élaborées in situ242. Leur étude permet de déterminer que la tige était délimitée au compas dans un bloc de lignite brut puis progressivement épannelée afin de former un anneau. Plus rares, les exemplaires en terre cuite devaient être simplement modelés à partir d’un colombin d’argile puis, après une étape de séchage, cuits au feu. Enfin, les bracelets, brassards ou anneaux de jambes, pouvaient être portés à l’unité ou alors en série sur un même membre. Dans ce dernier cas, on parle de port en armilles.

1. Présentation de la typologie

Le nombre important de bracelets dans le corpus laisse entrevoir une grande variété de formes, pour laquelle il peut paraître “[…] difficile d’établir une typologie ordonnée” comme le signalait J.-P. Mohen243. Afin de contourner au mieux cette contrainte, ce nouvel outil de classement s’articule en plusieurs étapes.

La première étape permet de dégager de grandes familles morphologiques à partir de critères larges et aisément identifiables (fig. 37).

Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grand types de bracelets, brassards ou anneaux de jambes ainsi que la répartition quantitatives des types.
Fig. 37. Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grand types de bracelets, brassards ou anneaux de jambes ainsi que la répartition quantitatives des types.

Ainsi, les individus sont tout d’abord divisés en fonction de leurs matériaux puis de la morphologie de la tige et enfin du type de terminaison. La tige peut être filiforme, simple ou massive, à nodosités, plate et creuse ou rabattue. Pour les exemplaires en alliage cuivreux, la différenciation entre une tige filiforme et une tige simple ou massive a été établie à une épaisseur inférieure à 0,3 cm, suivant les propositions faites par P.-Y. Milcent244. Toujours à la suite de P.-Y. Milcent, on considérera que pour les individus en fer, la séparation s’opère à 0,4 cm, en raison des observations effectuées sur des grandes séries de mobilier qui témoignent d’une tige légèrement plus volumineuse lorsque les bracelets sont fabriqués dans ce matériau245. Les bracelets confectionnés en métal précieux (or, argent, électrum) ou en matériaux non métalliques (lignite, terre cuite, pierre) reconnaissent qu’un seul type de tige, pleine et continue.

Lors de cette même première étape, les terminaisons sont également classées selon des critères généraux rassemblant tous les individus à ouverture simple (comprenant les ouvertures arrondies, équarries, épaissies et amincies), à tampons, à système de fermeture (à spirales ou à crochets) et fermés. Deux exceptions cependant ont dû être ajoutées. La première concerne certaines formes qui à ce stade du classement ne présentaient déjà plus suffisamment d’exemplaires pour rendre pertinente une séparation sur ce critère. Les exemplaires concernés ne tiennent pas compte de l’ouverture ou de la fermeture des terminaisons afin de conserver une série d’objet significative. La seconde touche les bracelets à nodosités qui semblent se différencier selon la forme de leurs nodosités (à bossettes, à dents ou à créneaux), plutôt que par leurs terminaisons. Cette première étape permet effectivement d’individualiser rapidement dans de grandes familles un nombre important de bracelets, même fragmentés.

Parmi les ensembles d’objets les mieux représentés, il est possible d’identifier des sous-types et parfois des variantes lors d’une seconde étape. Cette étape complémentaire apporte des précisions sur la morphologie de la tige, comme sa section, sur les différents types de tampons ou de système de fermeture rencontrés et, enfin, le type de décor. L’arborescence typologique est similaire, dans sa conception, à celle mise en place pour les fibules : chaque type peut être subdivisé en sous-types et ses variantes selon des caractéristiques qui lui sont propres.

À l’issue de la première étape, il est donc possible de classer les bracelets, brassards ou anneaux de jambe identifiables dans 26 grandes familles typologiques. Les exemplaires en alliage cuivreux à tige filiforme et ouverture simple (Br.1), fermés (Br.4), à tige simple et ouverture simple (Br.5) et ceux en lignite (Br.24) représentent 63 % des 796 individus recensés (fig. 37). Viennent s’ajouter 178 individus dont le type n’est pas déterminable en raison d’une fragmentation trop importante, ou, le plus souvent, en raison d’une documentation incomplète.

2. Type Br.1 – Bracelets en alliage cuivreux à tige filiforme et ouverture simple
Nombre d’individus : 230
(Annexes 2 : Carte n° 27 et 28) (Annexes 3 : Liste 5.1)

Ces bracelets sont de loin les plus représentés dans la zone d’étude. Composés d’une fine tige, ils sont susceptibles d’être portés en armille. La torsion de la tige peut dessiner un cercle ou une ellipse, tandis que le diamètre interne est compris, pour les mieux conservés, entre 3,3 et 8,6 cm. Bien qu’il s’agisse de parures ouvertes, leurs terminaisons arrondies ou légèrement amincies peuvent être amenées à se chevaucher (fig. 38).

Bracelets de types Br.1, Br.2, Br.3 et Br.4.
Fig. 38. Bracelets de types Br.1, Br.2, Br.3 et Br.4.

Il est possible de dégager des sous-types plus précis à partir de la section de leur tige.

Parmi les exemplaires à section hémisphérique (Br.1.A), on peut distinguer ceux sans décor (A.1) de ceux avec un décor d’incisions en chevrons ou obliques couvrant une partie ou la totalité de la tige, suivant un programme symétrique au départ du sommet de l’objet (A.2). On compte deux anneaux de jambe avérés parmi ces derniers. Cette distinction peut être également effectuée pour les pièces possédant une tige quadrangulaire (Br.1.B) avec d’un côté les individus à tige inornée (B.1) et ceux décorés d’incisions (B.2). Se singularisent aussi les tiges filiformes à section circulaire ou ovale (Br.1.C), dont un seul exemplaire dispose d’un décor ce qui a rendu inutile la création d’une variante à partir de ce critère. Enfin, le dernier sous-type rassemble tous les bracelets dit à “armilles soudées” (Br.1.D). Ils se caractérisent par l’association de plusieurs armilles très fines, de l’ordre de 0,1cm d’épaisseur, de section quadrangulaire. Ces armilles sont serrées et maintenues entre elles de façon à constituer un seul et même bracelet. Ces bracelets sont considérés comme ouverts, bien que les terminaisons puissent se toucher. La tige est le plus souvent lisse et sans décor, mais un unique fragment possède quelques petites incisions continues entre les armilles.

Les bracelets filiformes, à tige de section hémisphérique ou en D (A), avec ou sans décors, semblent connaître une longue période de fabrication. Dans les nécropoles du Castrais, les premières attestations sont connues dès la première phase d’occupation (900-775 a.C.)246, tandis que l’exemplaire provenant de la sépulture 2 de Lauzeré à Fourques-sur-Garonne (Lot-et-Garonne) (n° 255), associé à une fibule navarro-aquitaine, peut attester leur usage au moins jusqu’au début du Ve s. a.C.247. Les éléments de comparaison en région languedocienne situent les modèles à section rectangulaire (B) entre la fin du Bronze final et le milieu du VIe s. a.C., comme dans le dépôt fluvial de La Motte à Agde (Hérault) daté entre le VIIIe et le VIIe s. a.C.248. Cette proposition est corroborée par l’individu de la sépulture 786 du Causse (n° 305) qui est rattaché par le mobilier céramique qui l’accompagne à la phase III (725-675 a.C.) de la nécropole249. Toutefois, quelques pièces inventoriées dans la zone d’étude, bien que parfois très fragmentées, laissent penser que ces bracelets sont toujours présents au VIe, voire même au début du Ve s. a.C. On pense notamment aux fragments de la sépulture 1081 du Causse (n° 305) datée de la phase V de la nécropole250, ou aux fragments du tumulus 23 du Camp-de l’Église à Flaujac-Poujols (n° 207) associé une fibule à timbale (Fi.20.B)251. Cette chronologie étendue au-delà de la seconde moitié du VIe s. a.C. ne concerne que les exemplaires inornés (B.1), tandis que ceux à décors (B.2) incisés ne paraissent plus être en circulation après 550 a.C.

Les bracelets filiformes à tige de section circulaire (C), à la morphologie simple, se rencontrent, de la fin de l’âge du Bronze à la fin du Second âge du Fer252. Cette distribution chronologique large s’illustre notamment par les individus connus aussi bien dans la phase III (725-675 a.C.) de la nécropole du Causse (n° 305)253, qu’au milieu du Ve a.C., accompagnant une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.B.2) dans la sépulture 37 du Truc du Bourdiou à Mios (n° 168). Une chronologie large s’observe également pour les bracelets en “armilles soudées” (D), bien que concentrée sur le Premier âge du Fer. En effet, les attestations les plus anciennes et fiables les font apparaître au moins au milieu du VIIIe s. a.C., comme dans la sépulture 1 du tumulus J d’Ibos datée de la phase Ibos 0 de J.-M. Escudé-Quillet254, mais ils sont toujours en circulation au milieu du Ve s. a.C., associés, là encore, à des fibules à ressort de schéma laténien, comme dans la sépulture 2 du tumulus 1 au Pech de Cramazou à Calès (Lot) (n° 197) ou dans la sépulture de La Motte de Jouveaux à Champsac (Haute-Vienne) (n° 330)255.

3. Type Br.2 – Bracelets en alliage cuivreux à tige filiforme à tampons
Nombre d’individus : 7
(Annexes 2 : Carte n° 29) (Annexes 3 : Liste 5.2)

Peu nombreux, ces individus se singularisent par leurs terminaisons à tampons. La tige est circulaire, inornée et le diamètre interne est compris entre 4,8 et 6 cm. Les tampons sont grêles et bouletés, plus ou moins carénés (fig. 38). Le faible nombre d’individus recensé ne permet pas l’identification de sous-types.

Sur les quelques exemplaires recensés, seul celui de la sépulture 58 de la nécropole d’Herrería provient d’un ensemble clos256. Le mobilier qui l’accompagne – parure pectorale (Pec.2.C) et des bracelets filiformes fermés (Br.4.B) ou ouverts à tige plate (Br.12) – suggèrent une datation comprise entre la fin du VIe et le Ve s. a.C. Dans la mesure où l’on ne dispose que de peu d’éléments de comparaison, on restera prudent quant à cette proposition chronologique.

4. Type Br.3 – Bracelets en alliage cuivreux à tige filiforme à système de fermeture
Nombre d’individus : 10
(Annexes 2 : Carte n° 30) (Annexes 3 : Liste 5.3)

Très proches du type précédent, ces bracelets de forme circulaire ont une tige inornée de section variable et un diamètre plus faible, entre 3 et 4,7 cm (fig. 38). On identifie d’un côté ceux à terminaisons en petite spirales (Br.3.A) et ceux à extrémités rabattue en crochet (Br.3.B). Ces deux types de terminaisons pouvaient jouer le rôle d’un système de fermeture du bracelet.

Ce type de bracelet se retrouve tout au long du Premier âge du Fer. Ceux à terminaisons spiralées (A) proviennent tous, en contexte fiable, de la nécropole du Camp d’Église nord à Flaujac-Poujols (n° 207), associés dans le tumulus 18 à un torque lisse à crochet (To.4.A) et dans la sépulture S.1 du tumulus 25, à une fibule à pied coudé (Fi.15.A.2)257. Ce mobilier d’accompagnement les situe sur une longue période couvrant le VIe et le Ve s. a.C., sans qu’il ne soit possible d’apporter plus de précision.

Les quelques attestations bien calées chronologiquement dans la zone d’étude permettent de situer les bracelets à terminaisons en crochets (B) entre le début du IXe s. a.C., comme la sépulture 518 du Causse (n° 305) rattachée à la phase I du Castrais (900-775 a.C.), et le début du VIIe s. a.C., pour la tombe 521 de cette même nécropole mais datée de la phase III (725-675 a.C.)258.

5. Type Br.4 –Bracelets en alliage cuivreux à tige filiforme fermée
Nombre d’individus : 61
(Annexes 2 : Carte n° 31) (Annexes 3 : Liste 5.4)

Plus nombreux, ces exemplaires reconnaissables par leur absence de terminaisons sont formés d’un anneau fermé dont le diamètre interne est compris entre 3,6 et 6,8 cm (fig. 38). À l’intérieur de ce type, il est possible de distinguer les individus constitués d’un anneau simple, de section variée, à tige non décorée (Br.4.A)259, de ceux dont la tige est ornée d’incisions (Br.4.B), et de ceux composés d’une seule et même tige de section circulaire enroulée en spirale (Br.4.C).

Les exemplaires inornés (A) ont une morphologie simple et sont attestés entre le Bronze final et la fin du Second âge du Fer, sans discontinuité260. Celui de la tombe 777 du Causse (n° 305) est daté de la phase III (725-675 a.C.) de la nécropole, tandis que l’individu de la sépulture 2 du tumulus 1 de la nécropole du Pech de Cramazou (n° 197) est accompagné d’objets datables du milieu du Ve s. a.C., comme une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.2)261. On peut appliquer une même fourchette chronologique pour les individus décorés d’incisions (B). En revanche, il est possible d’être plus précis à propos des bracelets à tige spiralée (C). Surtout présents lors de la phase I (900-775 a.C.) du Castrais, comme pour ceux qui accompagnent l’inhumé de la tombe 518 du Causse (n° 305)262, ils ont été vraisemblablement portés jusque dans le courant du VIIe s. a.C. comme en témoigne celui déposé dans la sépulture 58 du Martinet (n° 299) qui est accompagné d’un bracelet fermé à tige massive en fer (Br.20)263. La perduration de ce sous-type jusqu’au milieu du VIIe s. a.C. se fonde également sur les pièces morphologiquement très proches, bien que pourvues d’extrémités coniques (caractéristique absente de ceux référencés ici), découvertes dans le dépôt fluvial de La Motte à Agde (Hérault) daté entre le VIIIe et le milieu du VIIe s. a.C.264.

6. Type Br.5 – Bracelets en alliage cuivreux à tige simple ou massive et ouverture simple
Nombre d’individus : 143
(Annexes 2 : Carte n° 32) (Annexes 3 : Liste 5.5)

Ce type de bracelet partage les mêmes caractéristiques que ceux à tige filiforme (Br.1). Ils s’en détachent seulement par leur épaisseur qui est égale ou supérieur à 0,3 cm. Leur diamètre interne mesure entre 3,2 et 9,6 cm (fig. 39). Comme pour le type Br.1, il est possible d’opérer une séparation en sous-types et variantes selon la section de la tige et la présence de décor.

Le sous-type Br.5.A rassemble les individus à section hémisphérique ou en D, de forme plus ou moins elliptique. On peut identifier les variantes sans décor (A.1) et celle avec décor d’incisions en chevrons ou obliques sur la totalité de la tige (A.2). Une même division s’opère pour les bracelets à section quadrangulaire (Br.5.B), selon l’absence (B.1) ou la présence de décor (B.2). Moins nombreux, les exemplaires à section circulaire (Br.5.C) ne sont pas divisés selon ce critère. Il en va de même pour les bracelets à section triangulaire (Br.5.D). Enfin, le dernier sous-type (Br.5.E) regroupe quelques individus ayant une tige “massive” dépassant 0,6 cm d’épaisseur.

Bracelets de types Br.5, Br.6, Br.7 et Br.8.
Fig. 39. Bracelets de types Br.5, Br.6, Br.7 et Br.8.

À la manière des bracelets à tige filiforme et terminaisons simples (Br.1), ceux à tige simple ou massive sont produits presque tout au long du Premier âge du Fer. C’est le cas des exemplaires à section hémisphérique ou en D (A). Ceux dépourvus d’ornementations (A.1) sont attestés dès la phase I du Castrais (900-775 a.C.) dans la sépulture 552 du Causse (n° 305)265, et perdurent au moins jusqu’au troisième quart du Ve s. a.C., comme les fragments mis au jour dans le tumulus 36 du Camp de l’Église nord (n° 207), associés à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A)266. Les individus à tige décorée (A.2) semblent avoir une chronologie plus restreinte. Si les pièces découvertes dans la grotte de Fontaguillières à Rouffignac-de-Sigoules (Dordogne) (n° 143) sont datables du début du Premier âge du Fer267, ceux déposés dans la sépulture de Cablanc (n° 250) et associés notamment à une agrafe de ceinture sans échancrure avec tendance à se refermer et à trois crochets (Ag.4.D.2) se situent à la fin du VIe ou au tout début du IVe s. a.C.268. On signalera tout de même que dans le Languedoc, ces bracelets décorés sont principalement présents aux VIIe et VIe s. a.C.269.

Concernant les bracelets à tige de section rectangulaire (B), l’épaisseur de la tige ne semble pas être discriminante sur le plan chronologique dans la mesure où leur datation paraît équivalente à celle des bracelets à tige filiforme (Br.1.B). En effet, les pièces à tige simple inornée (5.B.1) sont présents au moins dès 750 a.C., comme ceux de la sépulture 1 du tumulus L.3 d’Ossun (n° 287) que J.-P. Mohen rattache à sa phase I du plateau de Ger (750-650 a.C.)270, mais on les retrouve encore dans le courant du Ve s. a.C. dans le tumulus 25 du Camp de l’Église nord (n° 207)271. Pour les modèles décorés d’incisions (5.B.2), on conservera la proposition chronologique faite pour ceux à tige filiforme (Br.1.B.2) qui ne circulent pas au-delà du milieu du VIe s. a.C., comme c’est le cas aussi en Languedoc272.

Les bracelets à tige de section circulaire (C) connaissent également une distribution chronologique plutôt large. Dans les nécropoles du Castrais, ils sont présents dans des sépultures datées des phases II et IVa (775-625 a.C.)273, tandis que l’exemplaire du tumulus A2 de la pierre levée à Chenon (Charente) (n° 102) appartient au courant du Ve s. a.C. comme en témoigne la fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1) qui l’accompagne274. Les bracelets à tige de section triangulaire (D) se rencontrent dans la sépulture 1 du tumulus J d’Ibos, datée du deuxième quart du VIIe s. a.C.275. Cependant, ils sont toujours en usage au Ve s. a.C. puisque l’exemplaire de la sépulture 1 du tumulus IX de la nécropole de Moissac à Glandon (Haute-Vienne) (n° 331) est accompagné d’une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.B.2)276. Enfin, le cas des bracelets à tige “massive” (E) est plus délicat. Les deux individus provenant de la nécropole d’Arihouat (n° 148) sont pourvus de rainures de part et d’autre de leur face externe277. Par la datation de cette nécropole mais aussi par le mobilier qui accompagne celui de la sépulture 18, il est possible de les situer au VIIe s. a.C. Cependant, le bracelet de même type découvert dans la sépulture 155 de la nécropole de Loustalet (n° 184) et pourvu d’une section plus bombée, doit plutôt être placé au milieu du Ve s. a.C. puisqu’il est associé, notamment, à une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1)278.

7. Type Br.6 – Bracelets en alliage cuivreux à tige simple ou massive à tampons
Nombre d’individus : 26
(Annexes 2 : Carte n° 29 et 33) (Annexes 3 : Liste 5.6)

Ces bracelets, de forme circulaire et au diamètre compris entre 4,3 et 8 cm, se singularisent par leurs terminaisons dotées d’un tampon. Leur tige est de section variable pouvant s’élargir vers les extrémités (fig. 39). Il possible de proposer une subdivision en sous-type selon la forme des tampons. Ces derniers peuvent être massifs et perpendiculaires à l’axe de la tige (Br.6.A). Les tiges de ces individus peuvent être non décorées (A.1) ou ornées d’incisions situées le plus souvent à proximité des tampons (A.2). Enfin, quelques bracelets présentent des tampons perpendiculaires moins développés (Br.6.B) ou alors tangents, c’est-à-dire placés dans la continuité de l’axe de la tige (Br.6.C). Pour ce dernier sous-type, un décor de cercles concentriques est ménagé uniquement sur la face externe des tampons.

La datation des bracelets à tampons massifs (A) ne pose pas de problème. En effet, les nombreux exemplaires provenant des nécropoles du Castrais se situent presque tous dans une fourchette chronologique relativement courte, entre 625 et 575 a.C., correspondant à la phase IVb de ces sites279. On peut cependant supposer que leur utilisation s’est prolongée jusqu’au milieu du VIe s. a.C. dans la mesure où les vases qui accompagnaient l’individu de la tombe 21 de Gourjade (n° 298) sont rattachés à la phase V (575-525 a.C.)280. Cette datation correspond à celles proposées en Languedoc, comme dans la sépulture 129 de la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault)281, ou en France Centrale282. La présence ou l’absence de décor sur la tige ne semble pas avoir de signification chronologique puisque le bracelet orné de la sépulture 49 de Gourjade (n° 298) appartient également à la phase IV de la nécropole283.

La présence de tampons grêles (B) est datée du Ha D1-2 (650-510 a.C.) par P.-Y. Milcent284. Cette datation est en accord avec celle des exemplaires connus principalement en Espagne puisque celui provenant la nécropole d’El Cabo à Andorra (Teruel) (n° 62) se situerait entre la fin du VIIe et le début du VIe s. a.C.285, tandis que l’individu provenant de la tombe 80 de Herrería (n° 19) se situe plutôt à la toute fin du VIe s. a.C., notamment par la boucle de ceinture (Bl.4) qui l’accompagne286.

Enfin, parmi les quelques bracelets à tampons tangents (C), seul celui déposé dans le tumulus T de la nécropole des Gaillards à Biganos (Gironde) (n° 158) permet de proposer une datation entre la fin du VIe et la première moitié du Ve s. a.C. dans la mesure où ce dernier est associé à une épée à antennes de type LD-F-P3 de la classification de C. Farnié Lobensteiner, ainsi que des fibules navarro-aquitaine (Fi.14.A) et à ressort de schéma laténien (Fi.18.B.2)287.

8. Type Br.7 – Bracelets en alliage cuivreux à tige simple et à système de fermeture
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 5.7)

On compte un unique individu à section circulaire disposant d’un système de fermeture à œillet. La seule terminaison conservée est de section quadrangulaire aplatie et élargie et présente au centre un ajour (fig. 39). On peut supposer que l’extrémité opposée était similaire, permettant de maintenir le tout fermé à l’aide d’une lanière ou d’une pièce enfilée à travers les deux ouvertures. Il est également possible que la terminaison manquante ait pris la forme d’un crochet, permettant l’attachement à l’œillet.

Il est difficile de proposer une datation pour ce bracelet qui provient d’une couche d’occupation du secteur 2 de l’habitat de La Hoya à Laguardía (Alava) (n° 2) tant on manque, pour l’heure, d’éléments de comparaison probants. On pourrait évoquer les quelques bracelets à œillets connus en France centrale, comme la paire de bracelets de la sépulture 1 du tumulus 2 de la nécropole de Saint-Denis-de-Palin (Cher) datés de LT A ancienne288. Toutefois, ces bracelets se distinguent de l’individu inventorié ici par leur tige filiforme de section circulaire régulière et par la présence, sur l’un des deux bracelets, d’incrustation de corail dans les œillets.

9. Type Br.8 – Bracelets en alliage cuivreux à tige simple ou massive fermée
Nombre d’individus : 8
(Annexes 2 : Carte n° 34) (Annexes 3 : Liste 5.8)

Ce type, que l’on rencontre en petit nombre, est composé d’une tige fermée formant un anneau strictement circulaire d’un diamètre interne de 6 à 7 cm (fig. 39). Malgré les rares d’exemplaires référencés, il est possible d’opérer une distinction entre ceux de section hémisphérique, en D ou ovalaire (Br.8.A) et de ceux de section quadrangulaire (Br.8.B).

Pour le premier sous-type (A), les attestations connues en Languedoc couvrent la fin du Bronze final et le Second âge du Fer289. Cette datation large se confirme dans la zone d’étude puisque les individus à tige non décorée et à section ovalaire de la sépulture 308 de Gourjade (n° 298) et de la sépulture 2 de la nécropole des Planes à Saint-Yreix-sur-Charente (Charente) (n° 108) peuvent être datés respectivement du milieu du VIIIe et du milieu du Ve s. a.C. par le mobilier qui les accompagnait290. Cependant, les exemplaires lotois à tige de section en D et décorés de la grotte des Palabres à Boussace (n° 190) et du tumulus 4 sur la route de Figéac à Gramat (n° 209) ont une chronologie resserrée, comprise entre de la fin du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C. En effet, on dispose de nombreux points de comparaison, comme ceux du dépôt de la Mouleyre à Saint-Pierre-Eynac (Haute-Loire)291.

Enfin, les individus à tige de section quadrangulaire (B) découverts en contextes fiables proviennent de sépultures du Causse rattachées à la phase IVb (625-575 a.C.) de la nécropole292.

10. Type Br.9 – Bracelets en alliage cuivreux à tige à nodosités à bossettes
Nombre d’individus : 50
(Annexes 2 : Carte n° 35) (Annexes 3 : Liste 5.9)

Ces bracelets ont la particularité d’avoir une tige non lisse, rythmée par la présence d’un décor de bossettes tout le long de l’objet. Leur diamètre interne mesure entre 3 et 10 cm. Les individus mis au jour en position fonctionnelle indiquent que ces objets étaient portés tout aussi bien en tant que bracelet qu’anneaux de jambe (fig. 40).

Bracelets de types Br.9, Br.10 et Br.11.
Fig. 40. Bracelets de types Br.9, Br.10 et Br.11.

La taille des bossettes permet de dégager deux sous-types.

Le premier rassemble des individus dont les nodosités sont peu marquées, n’affectant que modérément l’épaisseur de la tige (Br.9A). Tous ces bracelets sont ouverts. On peut reconnaitre des variantes selon le type de terminaison. La première dispose de terminaisons simples, quasiment en contact l’une de l’autre, et présente une forme générale plus ou moins elliptique et un décor d’incisions sur la face externe, entre les bossettes (A.1). On compte au moins trois anneaux de jambe parmi cette variante. La seconde comprend deux anneaux de jambe de forme circulaire et à la tige ornée d’incision, dont les extrémités comportent un système de fermeture en tenon ; l’une des terminaisons appointées vient s’encastrer dans l’extrémité opposée (A.2).

Le second sous-type regroupe des individus de forme circulaire aux bossettes plus volumineuses (Br.9.B). Ces bossettes peuvent être accolées les unes aux autres ou être séparées par une zone lisse, portant un décor d’incisions, ou par un petit manchon. La majorité des exemplaires bien conservés présentent une tige fermée. L’unique individu aux terminaisons ouvertes se compose en réalité d’un système de fermeture par l’ajout d’une barrette qui joue le rôle de glissière dans laquelle venaient se loger les terminaisons de plusieurs bracelets portés en armille.

Tous ces bracelets à bossettes connaissent de nombreux parallèles, principalement dans le centre de la France.

Parmi les exemplaires à bossettes peu marquées (A), ceux ouverts (A.1) inventoriés dans la zone étudiée proviennent tous de gisements lotois, souvent fouillés anciennement et peu fiables. Toutefois, la tige avec terminaisons rapprochées et une forme générale elliptique renvoient à des anneaux de jambe de France centrale qui contribuent à définir le Ha D1-2 ancien (650-580 a.C.) de P.-Y. Milcent293. Ce type de tige ne disparaît pas au-delà de cette période puisqu’on le rencontre encore sur un bracelet du tumulus 36 du Camp de l’Église nord (n° 207) calé dans le courant du Ve s. a.C. par la fibule bimétallique qu’il renfermait294. La paire d’anneaux de jambe avec système de fermeture (A.2) de la sépulture 2 des Planes à Saint-Yrieix-sur-Charente (n° 108) peut être placée au Ha D3 et à LT A ancienne, vers le milieu du Ve s. a.C., d’après les exemplaires bien documentés dans le centre de la France295.

Les individus à bossettes marquées (B) proviennent de contextes peu fiables. On connaît un jambart à glissière quasiment identique à celui de Monfumat à Saint-Ybard (Corrèze) (n° 135) à Persac (Vienne)296. Découvert anciennement et dans des circonstances inconnues, il est daté par S. Verger entre la fin du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C. Dans le centre de la France, P.-Y. Milcent propose une chronologie du Ha D1-2 (650-510 a.C.) pour les anneaux de jambe ou bracelets à nodosités297. En Languedoc, les parallèles mis au jour vont également dans ce sens, comme les quatre exemplaires du dépôt de Carcassonne (Aude) situés autour de 600 a.C.298. Tous ces éléments de comparaisons conduisent donc à caler ce type de parure entre la fin du VIIe et la fin du VIe s. a.C.

11. Type Br.10 – Bracelets en alliage cuivreux à tige à nodosités à dents
Nombre d’individus : 20
(Annexes 2 : Carte n° 35) (Annexes 3 : Liste 5.10)

Ce type de bracelet comprend des individus de forme circulaire dont les nodosités ont la forme de dents. Les exemplaires découverts en contexte d’inhumation suggèrent qu’ils étaient surtout employés comme brassards ou anneaux de jambe, ce qui correspond bien à leur diamètre interne mesuré entre 5 et 10,3 cm (fig. 40).

Sur les vingt individus, il est possible d’identifier deux sous-types.

Le premier comprend des bracelets composés d’une fine tige rehaussée de nodosités dentelées grêles (Br.10.A). Ouvertes ou fermées, ces parures se portaient en armilles comme en témoigne la présence, sur au moins deux zones diamétralement opposées, d’œillets par lesquels pouvait être introduite une lanière en matière périssable ou une tige métallique. Dans le cas des probables brassards de ce type découverts dans la grotte de Roucadour à Thémines (Lot) (n° 243) (objets n° 415 et 416, pl.122), les tiges ouvertes étaient maintenues à l’aide d’une barrette à glissière et des tiges de fer enfilées dans les œillets.

Le second sous-type rassemble des exemplaires à tige et dents massives (Br.10.B). Ceux conservés entièrement sont tous fermés, sans décor. L’un d’eux dispose également de deux œillets, suggérant qu’ils pouvaient être portés aussi en armille.

Les éléments de datation dont on dispose sont les mêmes que pour les bracelets ou anneaux de jambe du type précédent. Qu’ils soient à dents grêles et munis d’œillets (A) ou à dents massives (B), leur chronologie est centrée sur la fin du VIIe et le VIe s. a.C., comme en témoigne le dépôt de Carcassonne qui renfermait plusieurs pièces rattachées aux deux sous-types identifiés ici299.

12. Type Br.11 – Bracelets en alliage cuivreux à tige à nodosités à créneaux
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 35) (Annexes 3 : Liste 5.11)

Bien moins nombreux que les autres bracelets à nodosités, ces exemplaires se démarquent des précédents par leur tige fermée massive et marquée par des créneaux (c’est-à-dire de forme quadrangulaire) plus ou moins rapprochés (fig. 40).

Malgré cette distinction stylistique, on proposera pour ces individus les mêmes éléments de comparaisons que pour les bracelets à nodosités de types précédents, ce qui conduit à les situer entre la fin du VIIe et le VIe s. a.C.

13. Type Br.12 – Bracelets en alliage cuivreux à tige plate
Nombre d’individus : 32
(Annexes 2 : Carte n° 36) (Annexes 3 : Liste 5.12)

Ces bracelets possèdent une tige plate, c’est-à-dire que dont la largeur est supérieure à l’épaisseur. De forme majoritairement elliptique, plus rarement circulaire, ils ont un diamètre interne qui varie entre 3,3 et 7,8 cm (fig. 41). Il est possible de distinguer à l’intérieur de ce type ceux ne possédant pas de décor (Br.11.A) de ceux à décor moulé et affectant la section de la tige (Br.11.B) et de ceux à décor incisé (Br.12.C). Tous ces bracelets à tige plate sont ouverts, avec un possible chevauchement des extrémités.

Bracelets de types Br.12, Br.13, Br.14, Br.15, Br.16, Br.17 et Br.18.
Fig. 41. Bracelets de types Br.12, Br.13, Br.14, Br.15, Br.16, Br.17 et Br.18.

La tige ne constitue plate se rencontre sur les pièces issues de contexte d’horizons chronologiques divers. En effet, parmi les bracelets inornés (A), l’exemplaire de la tombe 263 de Gourjade (n° 298) appartient à la première phase de la nécropole (900-775 a.C.)300, alors que le fragment déposé dans le tumulus 21 du Camp de l’Église nord (n° 207) daterait plutôt du deuxième quart du Ve s. a.C. par l’agrafe de ceinture ajourée (Ag.6.B) et l’épée qui l’accompagnaient301. Pour les bracelets dont la tige est pourvue d’un décor moulé (B), le mobilier qui est associé dans les sépultures aux quelques pièces recensées permet de proposer une datation entre le VIIIe et VIIe s. a.C. – sépulture 46 d’Arihouat (n° 148)302 – et la première moitié du VIe s. a.C. – tumulus E de Pujaut (n° 167) ou l’incinération 8 de Grand Jean à Aiguillon (Lot-et-Garonne) (n° 247)303. Enfin, les bracelets à tige plate ornée d’incisions (C) sont ceux dont la durée d’utilisation est la plus longue puisqu’en Languedoc, de nombreux exemplaires appartiennent à la fois à des contextes de la fin de l’âge Bronze et du milieu du Second âge du Fer, vers 150 a.C.304. Le peu d’individus découverts dans les ensembles clos de la zone d’étude ne permet pas de préciser cette large chronologie.

14. Type Br.13 – Bracelets en alliage cuivreux à tige creuse ou rabattue
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 36) (Annexes 3 : Liste 5.13)

Très rares, puisque que ne comptant que quatre individus, les bracelets de ce type se caractérisent par leur tige plate rabattue sur la face interne de l’objet. Cette tige peut recevoir un décor d’incisions (fig. 41). Aucun des exemplaires connus n’est conservé entièrement.

Ces fragments proviennent de contextes peu fiables. Seul l’individu issu de la sépulture 14020 de la nécropole de la ZAC Niel à Toulouse (Haute-Garonne) (n° 152) appartiendrait à la phase III du site, soit entre la 725 et 675 a.C.305. Cependant, les parallèles connus en Languedoc, dans le dépôt de Launac à Fabrègues (Hérault) ou dans le dépôt de Roque-Courbe à Saint-Saturnin-de-Lucian (Hérault) suggèrent une chronologie comprise entre le VIIe et le deuxième tiers du VIe s. a.C.306.

15. Type Br.14 – Bracelets en fer à tige filiforme et ouverture simple
Nombre d’individus : 22
(Annexes 2 : Carte n° 37) (Annexes 3 : Liste 5.14)

De section variable, ces bracelets se singularisent par une fine tige inférieure à 0,4 cm d’épaisseur et par leur ouverture simple. De forme circulaire, et plus rarement elliptique, ils présentent un diamètre interne compris entre 4 et 6,7 cm (fig. 41). Il est possible de distinguer ceux ne présentant pas de décors (Br.14.A) de ceux dont la tige est ornée d’incisions (Br.14.B).

Ces bracelets ne sont pas de bons marqueurs chronologiques en raison de leur morphologie très simple. Ceux à tige inornée (A) couvrent un large intervalle chronologique allant, au moins, du deuxième quart ou du milieu du VIIe s. a.C., comme l’atteste l’exemplaire déposé dans la sépulture 648 du Causse (n° 305) et associé à une épingle en fer à tête enroulée (Ep.1.B), jusque dans le courant du Ve s. a.C. d’après le fragment provenant de la sépulture 1 de Fourques-sur-Garonne (n° 255) qui était associé à une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1)307. La présence d’un décor incisé (B) ne semble pas influer sur leur datation puisque leur apparition au cours du VIIe est assurée par un exemplaire découvert dans le tumulus du Freyssinel XXII à Saint-Bauzille (Lozère)308, comme par l’exemplaire de la sépulture 26 de Gourjade (n° 298) qui a livré également un possible fragment d’épingle en fer à tête en crosse (Ep.6.B)309. Leur prolongement jusqu’au milieu du Ve s. a.C. est validé par l’individu de la sépulture 2 du tumulus 1 du Pech de Cramazou (n° 197) qui est accompagné, entre autres, d’une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.2)310.

16. Type Br.15 – Bracelets en fer à tige filiforme à tampons
Nombre d’individus : 3
(Annexes 2 : Carte n° 33) (Annexes 3 : Liste 5.15)

Parmi les bracelets en fer à tige filiforme, on compte seulement trois exemplaires disposant de tampons aux extrémités. De faible volume, ces tampons bouletés peuvent être amenés à se chevaucher (fig. 41).

Ce type de bracelet à tampons apparait dès le Ha C récent (730-650 a.C.) dans des tombes à épées de l’est de la France, comme dans la nécropole de Combe Barre 2 à Darcey (Côte-d’Or)311. Cette proposition correspond avec la datation attribuée par les fouilleurs à l’exemplaire du tumulus LP.24 de Lamarque-Pontact (Hautes-Pyrénées) (n° 258), qui serait contemporain de l’érection du tertre, autour de 720-650 a.C.312. On peut cependant supposer que leur chronologie s’étend au moins jusqu’à la seconde moitié du VIIe s. a.C., se calquant alors sur celle des exemplaires similaires mais pourvus d’une tige simple (Br.19), comme en témoignerait le bracelet à tige filiforme du tumulus du Freyssinel XVI à Saint-Bauzille (Lozère) daté entre 650 et 500 a.C.313.

17. Type Br.16 – Bracelets en fer à tige filiforme à système de fermeture
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 30) (Annexes 3 : Liste 5.16)

Sur les quatre bracelets en fer de ce type, aucun n’est conservé entièrement. Leur fine tige, vraisemblablement inornée, se termine par des petites spirales (fig. 41).

Ces bracelets peuvent être rapprochés de leur homologues en alliage cuivreux (Br.3.A) dont ils partagent leur morphologie générale mais aussi, vraisemblablement, la chronologie comprise entre le début du VIe et la fin du Ve s. a.C. En effet, deux d’entre eux sont déposés avec un individu en alliage cuivreux dans la tombe S.1 du tumulus 25 du Camp de l’Église nord (n° 207), tandis que l’exemplaire de la sépulture 1045 du Causse (n° 305) appartient à la phase V (575-475 a.C.) de la nécropole.

18. Type Br.17 – Bracelets en fer à tige filiforme fermée
Nombre d’individus : 7
(Annexes 2 : Carte n° 38) (Annexes 3 : Liste 5.17)


Ces bracelets à section généralement circulaire, possèdent une tige fermée de forme circulaire pour un diamètre interne variant entre 6 et 7,6 cm (fig. 41). Ils peuvent présenter un décor d’incisions sur la tige. Du fait de leur finesse, on peut envisager que ces bracelets pouvaient être portés en armille.

De facture très simple, ces bracelets connaissent une longue existence. Ceux provenant de la tombe 1 de la nécropole d’Orsière à Puylaurens (Tarn) (n° 319) doivent être situés dans le troisième quart du VIIe s. a.C., notamment par les fragments de fibules serpentiformes en fer qu’elle renfermait314, tandis que la paire de bracelets de la sépulture 2 de Fourques-sur-Garonne (n° 255) est datable autour de 500 a.C.315.

19. Type Br.18 – Bracelets en fer à tige simple ou massive et ouverture simple
Nombre d’individus : 47
(Annexes 3 : Liste 5.18) (Annexes 2 : Carte n° 37)

Relativement nombreux, les bracelets de ce type ont pour caractéristique une tige de section variable supérieure à 0,4 cm, une forme pouvant être circulaire ou elliptique et des extrémités ouvertes simples pouvant, dans de rares cas, être amenées à se chevaucher. Leur diamètre interne est compris entre 3 et 7,4 cm (fig. 41). En raison de l’état de conservation de ces pièces en fer, il est seulement possible de classer d’un côté les exemplaires non ornés (Br.18.A) et de l’autre ceux décorés d’incisions situées principalement à proximité des extrémités (Br.18.B).

À la manière des bracelets en fer du type précédent, ces exemplaires ouverts sont fabriqués durant une longue période, couvrant la quasi-totalité du Premier âge du Fer. Dans les nécropoles du Castrais, on note deux attestations précoces dès la phase III (725-675 a.C.) du Causse ou au Martinet mais ce n’est vraiment qu’au cours de la phase suivant (675-575 a.C.) que le nombre d’occurrence augmente, comme dans les sépultures 53 du Martinet (n° 299) ou 528 du Causse (n° 305)316. Cette distribution majoritaire au début du VIIe s. a.C. est conforme à celle des nombreux individus similaires découverts dans plusieurs sépultures de la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault) datées entre 675 et 625 a.C.317. Cependant leur usage s’est prolongé au siècle suivant, comme l’atteste le bracelet déposé dans la tombe 22 du Camp d’Alba à Réalville (Tarn-et-Garonne) (n° 329) datée de l’Horizon 4 (625-575 a.C.) d’A. Dumas318, et s’est même poursuivi au moins jusqu’au milieu du Ve s. a.C. puisqu’on connaît un exemplaire dans le tumulus A2 de la pierre levée à Chenon (n° 102), associé à une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1)319. Cette extension au-delà du premier quart du VIIe s. a.C. ne semble concerner que les bracelets à tige inornée (A), tandis que ceux pourvus d’incisions sur les extrémités de la tige (B) ne sont attestés, pour l’heure, qu’au VIIe et au début du VIe s. a.C.

20. Type Br.19 – Bracelets en fer à tige simple ou massive à tampons
Nombre d’individus : 21
(Annexes 2 : Carte n° 33) (Annexes 3 : Liste 5.19)

Quasi identiques à leurs homologues en alliage cuivreux (Br.6), ces bracelets s’en distinguent par leur matériau de confection et leurs tampons exclusivement bouletés, plus ou moins carénés et placés perpendiculairement à l’axe de la tige (fig. 42). Il est possible de séparer les exemplaires inornés (Br.19.A) de ceux dont la tige est incisée peu avant les tampons (Br.19.B). Le diamètre interne des bracelets de ce type varie de 5 à 8 cm.

Ces bracelets sont bien attestés dès le deuxième quart du VIIe s. a.C. puisqu’ils constituent des marqueurs de la phase IVa (675-625 a.C.) des nécropoles du Castrais, bien qu’on les retrouve toujours à la phase IVb (625-575 a.C.)320. C’est également de cette période que date la fréquentation de la nécropole d’El Cabo à Andorra (Teruel) (n° 62) et dont le tumulus 3 renfermait une paire de bracelets321. Si la chronologie de ces bracelets semble se placer principalement entre le VIIe et le début du VIe s. a.C., quelques exemplaires provenant de contextes plus récents sont attestés hors de la zone d’étude, notamment celui mis au jour dans le tumulus d’Airolles à Alzon (Gard), daté de la seconde moitié du VIe s. a.C.322. Ce prolongement dans le courant du VIe s. a.C. est conforté par l’exemplaire déposé dans la sépulture 142 de Herrería (n° 19) qui est associé à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.6)323.

La présence ou l’absence de décor sur la tige ne semble pas influer sur la chronologie de ces objets.

21. Type Br.20 – Bracelets en fer à tige simple ou massive fermée
Nombre d’individus : 17
(Annexes 2 : Carte n° 38) (Annexes 3 : Liste 5.20)

De forme exclusivement circulaire, ces bracelets fermés ont un diamètre interne compris entre 4,5 et 8 cm et pouvaient être portés en armilles. La tige, dont la section peut varier, ne présente pas de décor (fig. 42).

Comme les bracelets fermés à tige filiforme en fer (Br.17), ceux à tige plus épaisse se rencontrent dans des contextes archéologiques du début du VIIe comme du milieu du Ve s. a.C. On citera comme exemple le bracelet provenant de la tombe 407 de Gourjade (n° 298), associé à un couteau en fer à languette et pointe incurvée daté de la phase IVa (675-625 a.C.) de la nécropole324, ainsi que les quatre individus du tumulus 32 du Camp de l’Église nord (n° 207) qui sont accompagnés d’une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1), assurant leur datation autour du milieu du Ve s. a.C.325.

Bracelets de types Br.19, Br. 20, Br.21, Br.22, Br.23, Br.24 et Br.25.
Fig. 42. Bracelets de types Br.19, Br. 20, Br.21, Br.22, Br.23, Br.24 et Br.25.

22. Type Br.21 – Bracelets en fer à tige plate
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 5.21)

On ne compte que deux individus en fer à tige plate. Dans les deux cas, il n’est pas possible de savoir s’il s’agissait de bracelets ouverts ou fermés en raison de l’état de conservation. Malgré leur très faible représentativité, leurs différences morphologiques invitent à individualiser deux sous-types (fig. 42). Le premier est un bracelet de 5 cm de diamètre interne à section quadrangulaire (Br.21.A), tandis que le second, bien plus imposant, possède un diamètre de 6,8 cm et une section triangulaire ménageant sur la face externe une arête bien marquée (Br.21.B).

L’individu à tige quadrangulaire (A) provient d’une couche d’occupation de l’habitat de Las Peñas de Oro à Valle de Zuia (Alava) (n° 5). Le reste du mobilier provenant de ce même contexte stratigraphique suggère une datation entre la seconde moitié du VIe et le Ve s. a.C.326. Cette proposition est en complet décalage avec le bracelet similaire connu découvert sur l’oppidum des Castels à Nages-et-Solorgues (Gard) qui est daté du Ier s. a.C.327. Dès lors, la série d’exemplaires similaires étant trop faible pour évaluer convenablement la chronologie de ce type de bracelet, on conservera pour comme datation de l’individu inventorié celle du contexte archéologique dont il est issu.

En revanche, le bracelet à tige de section triangulaire (B) de la sépulture 200 de Gourjade (n° 298) peut être attribué entre 675 et 625 a.C. dans la mesure où la nécropole du Peyrou à Agde (Hérault) a livré des exemplaires similaires, notamment une paire dans la tombe 21, associés à deux fibules serpentiforme (Fi.4)328.

23. Type Br.22 – Bracelets en fer à tige creuse ou rabattue
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 5.22)

Le seul individu en fer possédant une tige creuse, provient d’un tumulus de Tugayé à Ger (Pyrénées-Atlantiques) (n° 265). De 5 cm de diamètre interne, il présente une tige de forme quadrangulaire (fig. 42). Il faut noter cependant que l’identification de cette tige creuse peut porter à caution dans la mesure où elle provient d’une information publiée par R. Coquerel en 1966 à partir des données de fouille de 1931 et que ce mobilier n’a jamais été revu depuis329. De plus, la fusion du fer n’est pas connue durant la protohistoire, ce qui rend impossible la coulée autour d’une âme en terre cuite330. De fait, le vide à l’intérieur de la tige de ce bracelet résulte soit de la corrosion, soit du mode de fabrication (tige rabattue dont le pliage demeure invisible du fait de l’état de conservation).

Ce particularisme morphologique ne trouve aucun parallèle pour le Premier âge du Fer en dehors de la zone d’étude, ce qui complique son attribution chronologique. En outre, ce bracelet a été découvert hors de tout contexte fiable. On fera simplement remarquer que le reste du mobilier provenant de ce même tumulus comprend une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.B.1) et un torque à cannelures et tampons (To.14.B), orientant, au moins, vers une datation entre 550 et 400 a.C. pour l’utilisation du tertre.

24. Type Br.23 – Bracelets en métaux précieux (or ou argent)
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 5.23)

Le site de Sainte-Foy à Castres (Tarn) (n° 300) a livré un possible brassard en argent. Il est composé d’une tige tordue en spirale et terminée par de petits tampons coniques à ses extrémités (fig. 42). L’unique représentation connue de cet objet ne permet malheureusement pas d’estimer son diamètre, empêchant ainsi d’assurer son identification331.

La nécropole de la Mercadera à Rioseco de Soria (Soria) (n° 54) a livré plusieurs parures annulaires en argent332. Dans cette nécropole, la sépulture 66 renferme ce qui interprété comme un torque en argent en tout point similaire à celui du Castrais333. Il est intéressant de signaler que ce torque d’argent est également enroulé sur lui-même334. Cet objet est accompagné d’une fibule annulaire complète (Fi.19.B), de deux pointes de lances en fer, de boucles d’oreilles en argent et d’un bouton en alliage cuivreux et argent, ce qui permet de rattacher cette tombe au IVe s. a.C. On conservera cette proposition chronologique pour l’individu du Castrais puisqu’il ne peut être rattaché à aucun contexte archéologique fiable.

25. Type Br.24 – Bracelets en lignite
Nombre d’individus : 65
(Annexes 2 : Carte n° 39) (Annexes 3 : Liste 5.24)

Relativement nombreux, les bracelets en lignite se distinguent notamment par leur épaisse tige de 1,2 cm en moyenne. Tous les exemplaires conservés entièrement sont fermés et dessinent un anneau circulaire quasi parfait. Leur diamètre interne varie entre 4,5 et 8,4 cm (fig. 42). Il a déjà été mentionné par A. Baron que la section, extrêmement variable d’un individu à l’autre, était peu significative pour identifier des sous-types335. En suivant donc les recommandations de cette auteure, on choisira de les classer par leur ornementation.

Le premier sous-type rassemble les bracelets ne disposant d’aucun décor (Br.24.A). Leur section peut être lisse et circulaire ou biseautée, dessinant dans ce cas une ou plusieurs arêtes fortement marquées. Le second sous-type regroupe les individus disposant d’un décor incisé couvrant toute la longueur de la face externe de la tige (Br.24.B). Aussi connus sous le nom de bracelets de “type Chalucet” en raison de l’atelier découvert sur le site du même nom à Saint-Jean-de-Ligoure336, ils possèdent un renflement central, bordé de part et d’autre d’un décor répété et symétrique selon l’axe du renflement. Enfin, le dernier sous-type, moins représenté, rassemble les quelques exemplaires qui disposent sur leur face externe d’un décor de cannelures impactant la section de la tige (Br.24.C).

Les bracelets en lignite sans décors (A) se retrouvent, pour la période concernée, sur des sites datés de la transition Bronze-Fer, comme dans la tombe 301 du Moulin à Mailhac (Aude)337, comme de LT A récente dans la sépulture 1C du tumulus 2 de la nécropole des Jiraudonnes à Augères (Creuse)338. La longue existence de ces bracelets s’illustre dans la zone d’étude notamment par les deux exemplaires en contexte bien stratifié de la zone 6 de l’habitat de l’Isle-Saint-Georges (Gironde) (n° 164) ; datés du courant du VIIe s. a.C.339, et par l’individu de la sépulture 4 de Lesparre (n° 252), daté autour de 500 a.C. par la fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A) qui l’accompagnait340.

Il est en revanche plus aisé de dater les bracelets à décor incisé (B) issus du probable atelier de Chalucet puisque l’on dispose de plusieurs contextes archéologiques stratifiés comme ceux du niveaux 6 du Camp Allaric à Aslonnes (Viennes) datés de la fin du VIe et du début du Ve s. a.C.341, ou celui de l’habitat de Cayla à Mailhac (Aude) attribué au Ve s. et début du début du Ve s. a.C.342.

Enfin, si les deux exemplaires à décor de cannelures (C) ne sont pas issus d’ensembles clos, l’individu similaire mis au jour dans la sépulture 3 de la nécropole du Colombier à Saint-Just (Cher) constitue un bon parallèle qui assure leur datation dans le courant du Ve s. a.C.343.

26. Type Br.25 – Bracelets en terre cuite
Nombre d’individus : 11
(Annexes 3 : Liste 5.25)

En dehors des bracelets métalliques, on compte quelques individus fragmentés en terre cuite. D’une épaisseur moyenne égale à celle des bracelets en lignite, ceux en terre cuite ont une section variable et difficilement identifiable. Les tiges de ces quelques fragments ne présentent aucun décor (fig. 42).

Les bracelets en terre cuite sont généralement attribués au Bronze final ou à un horizon ancien du Premier âge du Fer, que ce soit dans la zone d’étude, comme dans la grotte de la Martine à Domme (Dordogne)344, ou en Languedoc345. Si cette datation peut être effectivement retenue pour le bracelet de l’Horizon C0 du site de Villazette à Creysse (Dordogne) (n° 137)346, les quelques fragments découverts, entres autres, dans la concentration charbonneuse C.9 du site de Chalucet (n° 337), liés à des bracelets en lignite décorés (Br.24.B), suggèrent que leur production a pu se poursuivre jusqu’au milieu du Ve s. a.C.347.

27. Type Br.26 – Bracelets en pierre
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 5.26)

La tombe 3 de la nécropole d’Un Jamou à Magrin (Tarn) (n° 311) a livré un fragment de bracelet en pierre. L’absence d’information ne permet pas d’en proposer une description.

Dans la mesure où le mobilier qui accompagne cet objet n’autorise pas de précision quant à sa datation, on retiendra celle attribuée pour la nécropole qui se situe entre 625 et 550 a.C.348.

Les torques

Les torques sont des colliers rigides qui enserrent le cou du porteur et dont, lorsqu’ils sont ouverts, les extrémités s’appuient sur les clavicules. Ils partagent les mêmes caractéristiques générales que celles des bracelets (tige circulaire pouvant être ouverte ou fermée) mais s’en détachent par leur mensurations plus imposantes (fig. 35).

Apparus en Europe à l’âge du Bronze, au début du premier millénaire avant notre ère, les torques sont souvent associés, de manière abusive aux Celtes349. En dehors de leur fonction ornementale, diverses valeurs pourraient leur être attribuées. Ils semblent chargés d’une sémantique tout à la fois sacrée et politique dans la représentation du guerrier celte, ce que pourrait valider les quelques statues de guerriers portant un torque autour du cou350. Au cours du Second âge du Fer, les torques, notamment en or, sont également usités comme valeur d’échange ou cadeaux diplomatiques préfigurant puis évoluant en parallèle du monnayage351. Si ces attributs sont difficilement détectables pour la période et le cadre régional choisis, ils témoignent cependant de la charge symbolique que pouvaient revêtir les torques, les différenciant nettement des autres parures annulaires.

D’un point de vue technologique, les méthodes de confection de ces parures ne diffèrent aucunement de celles déjà mentionnées pour les bracelets.

1. Présentation de la typologie

En raison de leur morphologie relativement simple, les torques n’offrent que peu de possibilités de classement malgré leur variété stylistique. Bien qu’il soit possible d’employer une typologie capable de trier à la fois les torques et les bracelets, on préférera cependant proposer un outil spécifique à cette catégorie, et ce pour plusieurs raisons. La première est que contrairement aux bracelets, les torques en fer sont plutôt rares et sont identiques à des formes déjà connues en alliage cuivreux. Une distinction à partir des matériaux n’aurait donc guère de sens. La seconde est que les riches décors incisés tels que ceux portés par les bracelets sont quasi inexistants pour les torques régionaux. Enfin, la troisième porte sur la section de la tige qui ne peut soutenir un classement aussi détaillé que pour les bracelets. Cette dernière rassemble à la fois l’information sur la section et/ou le décor, lorsque celui-ci affecte grandement la forme de la tige. C’est pourquoi il est préférable de créer un outil de classement spécifique à cette catégorie de parure en proposant une typologie plus allégée que celle des bracelets.

À la lumière de ces remarques, on décidera donc de trier les torques selon deux éléments descriptifs lors d’une première étape : la morphologie générale de la tige, puis les terminaisons (fig. 43 et 44). Lors d’une seconde étape, des distinctions plus détaillées, prenant en compte le matériau de fabrication, les décors et/ou les formes de tampons connus, servent à l’identification de sous-types et variantes éventuels.

Sur les 170 torques ou fragments bien conservés et documentés, il est possible d’identifier 25 types différents. Leur fréquence respective présente de fortes disparités. Si un certain nombre des types ne sont représentés que par un très petit nombre d’individus, ceux à tige lisse circulaire et tampons (To.3), à tige entaillée transversalement et tampons (To.12), à tige à cannelures et tampons (To.14) et à tige torsadée et terminaisons recourbées (To.18) forment un contingent comptant pour 64 % du total des individus identifiables (fig. 44). À ces 170 torques, viennent s’ajouter 44 exemplaires que la fragmentation ou une documentation lacunaire ne permettent pas de rattacher à un type connu. Enfin, on dénombre 15 fragments pouvant appartenir à des torques mais qui ont été rangés parmi les objets indéterminés.

Terminologie des éléments descriptifs des torques.
Fig. 43. Terminologie des éléments descriptifs des torques.
Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grand types de torques ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 44. Première étape de l’arborescence typologique permettant l’identification des grand types de torques ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type To.1 – Torques à tige lisse (circulaire) et à terminaisons simples
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 6.1)

Ce type à tige lisse et terminaisons simples ne compte qu’un seul individu incomplet en alliage cuivreux (fig. 45). Son diamètre interne reconstitué s’établit à 14 cm pour une épaisseur de tige maximale de 0,52 m. Il ne dispose d’aucun décor.

Quelques torques similaires sont connus dans le Midi de la France352. Leur chronologie semble couvrir la fin de l’âge du Bronze et le Premier âge du Fer comment en témoigneraient le torque de la tombe 115 du Moulin à Mailhac (Aude) daté entre 900 et 700 a.C. et ceux mis au jour sur le site de Ruscino à Perpignan (Pyrénées-Orientales) datés du VIe s. a.C.353. L’individu inventorié ici provient de la sépulture 24 d’Arihouat (n° 148) et est accompagné d’un fragment d’un second torque à tige torsadée et terminaison recourbé (To.18.A), ce qui le situerait plutôt entre le IXe et le VIIIe s. a.C.354.

Torques de types To.1, To.2 et To.3.
Fig. 45. Torques de types To.1, To.2 et To.3.

3. Type To.2 – Torques à tige lisse (circulaire) et à terminaisons épaissies ou à butées
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 6.2)

Les deux exemplaires connus de ce type sont en alliage cuivreux et inornés. L’un présente de véritables butées aux extrémités de la tige. Le second dispose en revanche de terminaisons épaissies et légèrement aplaties. Le torque à butées possède un diamètre interne de 11 cm tandis que l’échelle du second n’est pas connue (fig. 45).

Malheureusement, ces deux torques proviennent de deux assemblages artificiels, à Avezac-Prat-Lahitte (n° 277) et à Clares (n° 16), découverts anciennement, ce qui rend difficile leur attribution chronologique. On fera toutefois remarquer qu’il existe quelques pièces comparables dans le centre de la France que P.-Y. Milcent rattache à son groupe 2b, représentatif du Ha D1-2 récent, soit un entre 580 et 510 a.C.355. Cette datation est en accord avec la chronologie du mobilier de parure rassemblé dans ces deux lots d’objets.

4. Type To.3 – Torques à tige lisse (circulaire) et à tampons
Nombre d’individus : 37
(Annexes 2 : Carte n° 40) (Annexes 3 : Liste 6.3)

Les torques à tige lisse et à tampons sont de loin des types les mieux représentés dans le corpus. Leur diamètre interne est compris entre 10 et 20 cm. Il est possible de reconnaître des sous-types selon qu’ils sont fabriqués en alliage cuivreux ou en fer, puis à l’intérieur de ces regroupements, des variantes selon la forme des tampons (fig. 45).

Parmi les torques en alliage cuivreux (To.3.A), on distingue ceux dont les tampons massifs forment deux cônes joints par leur base (A.1). La tige, plus fine à mesure qu’elle s’éloigne des extrémités, ne semble pas dépasser les 0,50 cm d’épaisseur en milieu de course. On identifie ensuite ceux à tampons moins larges de forme torique, c’est-à-dire avec deux faces aplaties (A.2) ; la tige peut être plus épaisse, atteignant 1,29 cm pour le plus imposants. Un autre sous-type rassemble les quelques torques terminés par des petit tampons filiformes biconiques ou bouletés (A.3). Ces extrémités peu dessinées se singularisent fortement de celles des torques à tampons moulurés et dont la tige peut recevoir un décor d’incisions à proximité des terminaisons (A.4). Enfin, si tous ces sous-types ont des tampons rapportés sur la tige, c’est-à-dire encastrés et maintenus sur la tige par brasure, on compte deux torques dont les tampons toriques ou bouletés ont été moulés avec la tige (A.5). Ces exemplaires peuvent être inornés ou offrir un riche décor d’incisions en chevrons sur la face externe du sommet de la tige et également des incisions à proximités des extrémités.

On connait quelques torques à tampons en fer (B), bien qu’ils soient moins nombreux que leurs homologues en alliage cuivreux. En raison de leur mode de fabrication, les tampons ne sont pas rapportés mais font corps avec le reste de l’objet, qui n’est ainsi formé que d’une seule pièce de métal martelée. Parmi ces torques, il est possible de distinguer ceux à tampons bouletés (B.1) de l’unique individu à tampons moulurés (B.2).

Bien qu’appartenant à une même famille typologique, l’identification de sous-types et variantes à partir du matériau de fabrication et la forme des tampons permet de préciser la chronologie de ces modèles.

Parmi les torques à tampons en alliage cuivreux, ceux à tampons biconiques massifs (A.1) peuvent être datés entre la fin du VIIe et la première moitié du VIe dans la mesure où ils sont accompagnés dans les ensembles clos répertoriés à des bracelets en alliage cuivreux à tampons (Br.6.A.1), comme dans le tumulus 4 du Frau356, ou encore à des fibules Golfe du Lion à arc coudé et spiralé (Fi.13.A.7) comme dans la sépulture B du tumulus 47 de cette même nécropole357. Enfin, la sépulture 38 du Truc du Bourdiou, dont provient un torque de ce type, est rattachée à l’horizon 4 (625-575 a.C.) d’A. Dumas358.

Il est revanche plus difficile de dater convenablement les torques à tampons toriques (A.2) de ceux à tampons bouletés (A.3). En effet, on ne dispose pour l’heure d’aucun ensemble clos pour assurer leur chronologie. De manière générale, les torques à tige inornée et à tampons sont rattachés au faciès Ibos IIb (530-400 a.C.) de la chronologie de J.-M. Escudé-Quillet359. En revanche, P.-Y. Milcent propose une apparition au début du Ha D1 et souligne leur forte représentation au cours de la seconde moitié du Ha D1 jusqu’à la fin du Ha D2 (correspondant au bloc 2b de cet auteur), à l’image de l’exemplaire découvert sur les sites des Chênes Montors à Saint-Denis-de-Palin (Cher) ou celui du Pâtural à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), soit entre 580 et 510 a.C.360. En définitive, en l’absence de contexte archéologique connu, il est possible de seulement proposer une fourchette chronologique comprise entre 580 et 400 a.C.

Concernant l’unique torque à tampons moulurés (A.4) provenant d’un lot mélangé de nécropole de Monfumat à Saint-Ybard (Corrèze) (n° 135)361, P-.Y. Milcent propose une datation du Ha D1-2 (650-510 a.C.) par comparaison avec des torques découverts dans le Midi de la France362.

Il est tout aussi délicat d’avancer une chronologie pour les deux torques à tampons non rapportés (A.5). Le premier a été découvert lors d’un ramassage de surface à Bélis (Landes) (n° 178)363, tandis que le second provient du lot d’objets des collections du Musée de Mont-de-Marsan (Landes) (n° 185)364, soit deux contextes non fiables et diachroniques. Malgré tout, plusieurs indices laissent penser que ces deux individus n’appartiennent pas au Premier âge du Fer mais plutôt au Second. En premier lieu, ces torques sont les seuls en alliage cuivreux dont les tampons sont moulés directement avec le reste de l’objet. Tous les autres torques à tampons inventoriés pour cette étude et rattachés au Premier âge du Fer ont des tampons rapportés et enfilés sur la tige et sont donc fabriqués à partir de plusieurs pièces de métal. Ensuite, ces deux torques se détachent sensiblement des autres pièces en alliage cuivreux par l’épaisseur de leur tige lisse : 1 cm, alors que celle des autres est entre 0,5 et 0,8 cm. Enfin, bien que cela ne constitue pas un argument décisif, il importe de signaler que dans les collections du Musée de Mont-de-Marsan le mobilier d’une sépulture découverte à Mazerolles (Landes), qui comprenait une longue chaîne et un torque365. Cette chaîne, qui se trouve mélangée dans les collections, est datée de La Tène II par G. Fabre366. Dans ces conditions, on peut se demander si le torque n° 185 n’est pas celui du site de Mazerolles tant il dénote typologiquement par rapport aux autres torques déposés dans les collections du Musée367. À lumière de ces maigres indices, on situera prudemment les deux torques du sous-type A.5 entre le IVe et IIIe s. a.C.

Les torques en fer (3.B), moins nombreux, sont aussi plus aisément datables dans la mesure où ils proviennent de contextes funéraires bien cernés. Pour les modèles à tampons bouletés (B.1), tous les exemplaires connus semblent se situer entre le deuxième quart du VIIe et le premier quart du VIe s. a.C. Les individus de la sépulture 21 de Lesparre (Barbaste, Lot-et-Garonne) (n° 252) et de la tombe 5 de la nécropole de Sainte-Eulalie (Péchaudier, Tarn) (n° 314) sont associés respectivement à une fibule à pied droit (Fi.10.B.4) et une épingle à tête en crosse (Ep.6.A), éléments dont la chronologie ne s’étend pas au-delà de 575 a.C.368. Cette chronologie se confirme aussi pour celui mis au jour dans la sépulture 3 du tumulus N de la nécropole des Gaillards (Biganos, Gironde) (n° 158) qui est rattachée à l’horizon 4 (625-575 a.C.) d’A. Dumas par les formes céramiques associées369. Bien que centrés sur un intervalle à cheval sur le VIIe et VIe s. a.C., ces torques en fer à tampons ont pu apparaître dès 675 a.C. puisque celui du tumulus M.5 du Turon à Azereix (Hautes-Pyrénées) (n° 278) a été découvert avec une épingle à tête en anneau (Ep.8), type appartenant plutôt à la première moitié du VIIe a.C.370. Enfin, l’unique torque en fer à tampons moulurés (B.2), provient d’une sépulture qui appartient à la période Ibos IIb (530-400 a.C.) d’Escudé-Quillet371. En raison de la fibule navarro-aquitaine (Fi.14) qui l’accompagnait, sa chronologie ne peut s’étendre au-delà du troisième quart du Ve a.C.

5. Type To.4 – Torques à tige lisse (circulaire) et à crochets
Nombre d’individus : 7
(Annexes 2 : Carte n° 41) (Annexes 3 : Liste 6.4)

Moins nombreux que ceux du type précédent, ces torques se singularisent par leurs extrémités terminées par de petits crochets appointés ou bouletés offrant un système de fermeture (fig. 46). D’un diamètre interne compris entre 11,4 et 16 cm, leur tige inornée est également fine, dépassant rarement les 0,4 cm d’épaisseur. Si la section de cette dernière est toujours circulaire à proximité des crochets, il arrive qu’elle varie au-delà, formant des arêtes caractéristiques des sections quadrangulaires. Toutefois, il n’en sera pas tenu compte par souci de cohérence typologique. On peut séparer en sous-types ceux en alliage cuivreux (A) de ceux en fer (B).

Le Midi de la France connaît un grand nombre de torques identiques en alliage cuivreux (A)372. Dans cette région, les exemplaires mis au jour en contexte funéraire apparaissent dès la période de transition Bronze-Fer dans la nécropole du Moulin (Moulin I, 900-725 a.C.), et sont attestés au moins jusqu’au premier quart du VIe s. a.C. à Grand Bassin (Mailhac, Aude)373. Dans le Centre de la France, ces modèles de torques sont caractéristiques du Ha D1-2 récent et appartiennent surtout au groupe 2b défini par P.-Y. Milcent, soit entre 580 et 510 a.C.374. Dans la zone d’étude, les quelques individus recensés semblent surtout trouver leur place entre la fin du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C. comme en témoignent le torque du tumulus 18 de la nécropole de Flaujac-Poujols (n° 207), associé notamment à un bracelet à terminaisons spiralées (Br.3.A), ou celui de la sépulture 1053 du Causse, accompagné d’une fibule de type Golfe du Lion (Fi.13.A.6)375.

Les objets déposés avec l’unique exemplaire en fer (B) de la tombe BB de Saint-Sulpice à Gabor (n° 322), comme un bracelet à tampons en fer (Br.19) et une boucle d’oreilles à tige rubanée et crochet (Bo.5), incitent à le situer dans la seconde moitié du VIIes. a.C.

Torques de types To.4, To.5, To.6, To.7, To.8, To.9, To.10, To.11, To.12 et To.13.
Fig. 46. Torques de types To.4, To.5, To.6, To.7, To.8, To.9, To.10, To.11, To.12 et To.13.

6. Type To.5 – Torques à tige lisse (circulaire) et à terminaisons recourbées
Nombre d’individus : 6
(Annexes 2 : Carte n° 42) (Annexes 3 : Liste 6.5)

Ces torques sont reconnaissables par leurs terminaisons dont l’épaisseur, dans la continuité de la tige, s’affine et qui recourbent vers la tige, ménageant un ajour (fig. 46). De morphologie proche des terminaisons à crochets, elles s’en distinguent par leur longueur et la possibilité de recevoir un petit tampon et un décor d’incisions. L’ajour créé par le repli de la tige permet d’y attacher des anneaux ou encore servir de fermeture. En effet, un exemplaire mis au jour dans la sépulture 46 de la nécropole d’Arihouat à Garin (Haute-Garonne) est pourvu d’une seconde pièce rapportée, dont la tige est similaire à celle du torque ; cette pièce est maintenue au torque par enroulement autour de ses terminaisons et permet de fermer véritablement l’objet376. La même sépulture a également livré un torque de même type mais dont la tige dispose d’un appendice ajouré à proximité des terminaisons et dont la fonction demeure inconnue377.

Parmi ces exemplaires, d’un diamètre compris entre 13 et 16 cm, il est possible d’isoler d’un côté les torques en alliage cuivreux (A) et de l’autre l’unique exemplaire en fer (B). Les terminaisons de ce dernier diffèrent des autres par la présence de tampons aux extrémités, conférant à l’objet une silhouette en oméga “Ω”.

Les terminaisons recourbées des quelques torques en alliage cuivreux de ce type (A) rappellent fortement celles connues sur des pièces en or datées du Bronze final dans plusieurs dépôts languedociens, en Espagne ou encore au Royaume-Uni378. Celles en alliage cuivreux sont plutôt attestées sur des torques à tige torsadée (To.18), comme dans la nécropole de Moulin à Mailhac (Aude) et sont représentatives de l’intervalle 900-600 a.C.379. Cette datation précoce semble se confirmer pour les individus à tige lisse découverts dans la sépulture 46 de la nécropole d’Arihouat (n° 148) qui étaient notamment accompagnés d’une épingle à tête à double anneaux (Ep.9)380.

L’unique torque en fer de la sépulture 146 de Gourjade (n° 298) qui appartient à la phase IVa de la nécropole, datée entre 675 et 625 a.C.381.

7. Typ To.6 – Torques à tige lisse (circulaire) et à terminaisons trilobées
Nombre d’individus : 4
(Annexes 3 : Liste 6.6)

Ces quatre torques ou fragments de torque en alliage cuivreux, provenant tous de la nécropole du Frau à Cazal (Tarn-et-Garonne) (n° 326), sont uniques par la morphologie de leurs terminaisons (fig. 46). Leur tige lisse circulaire inornée est élargie et aplatie aux extrémités, probablement par martelage, jusqu’à former un triangle. Aux angles de ce triangle sont ensuite rapportés trois boutons à cupules de près de 3 cm de diamètre, maintenus à la tige plate à l’aide de rivets. Les mensurations de l’unique torque conservé entièrement révèlent un diamètre interne de 14,8 cm et une tige de 0,66 cm d’épaisseur.

Dans les diverses sépultures dont ils sont issus, ces torques peuvent être accompagnés de bracelets filiformes ouverts à tige décorée (Br.1.A.2), de boucles d’oreilles à tige rubanée à crochet (Bo.5) ou d’une agrafe à crochet simple (Ag.7). Ces quelques éléments suggèrent un emploi de ces parures au moins dès le deuxième quart du VIe et jusqu’à la fin de ce siècle, voire même au tout début du Ve s. a.C.

8. Type To.7 – Torques à tige lisse (circulaire) fermée
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 6.7)

On ne connait qu’un seul torque en fer dont la tige n’est pas ouverte, formant un anneau circulaire de 11,4 cm de diamètre interne. Sur sa tige lisse non décorée était enfilés une fibule et deux anneaux ouverts en alliage cuivreux (fig. 46).

Dans la mesure où la fibule à pied coudé (Fi.15.A.2) associée à cet individu découvert dans la nécropole du Causse (n° 305) est caractéristique du Ve s. a.C., et que le site semble être abandonné lors du deuxième quart de ce même siècle, on peut raisonnablement penser que la sépulture qui contenait ce torque date du premier quart du Ve a.C.

9. Type To.8 – Torques à tige lisse (quadrangulaire) et à terminaisons simples
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 6.8)

Parmi les torques à tige lisse quadrangulaire, on ne recense qu’un seul exemplaire dont des extrémités sont simples et appointées (fig. 46). Son diamètre interne est de 13 cm.

Cette morphologie le rapproche des torques à tiges lisse et section circulaire (To.1) que les éléments de comparaisons, notamment dans le Midi de la France, datent entre 900 et 500 a.C. Toutefois, le torque à terminaisons recourbées (To.5.A) qui accompagnait cet exemplaire dans la sépulture K4 de la nécropole d’Arihouat (n° 148) laisse entrevoir une chronologie plus resserrée, ne s’étendant pas au-delà du VIIe a.C.

10. Type To.9 – Torques à tige lisse (quadrangulaire) et à tampons
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 6.9)

On compte deux torques, l’un en alliage cuivreux et l’autre en fer, à tige quadrangulaire et à tampons. Seul l’exemplaire en fer peut être décrit précisément. Son unique tampon conservé est bouleté tandis que la tige, d’épaisseur constante de 0,6 cm, présente des d’incisions à proximité des tampons et reparties sur la face externe (fig. 46). Son diamètre interne s’établit à 12,5 cm.

L’exemplaire en fer est aussi le seul qui provient d’un ensemble clos fiable382. Il est associé à une épingle en fer à tête serpentiforme (Ep.7.B). Bien que ce type d’épingle puisse être daté entre 725 et 575 a.C., il est possible de proposer une chronologie plus serrée pour le torque dans la mesure où son matériau de confection et la présence de tampons rappellent fortement les torques à tige lisse (To.3.B.1) datés entre 675 et 575 a.C. On peut donc poser l’hypothèse que le type To.9 se situe dans ce même intervalle chronologique d’un siècle.

11. Type To.10 – Torques à tige lisse (quadrangulaire) et à terminaisons recourbées
Nombre d’individus : 3
(Annexes 2 : Carte n° ) (Annexes 3 : Liste 6.10)

Ces trois torques en alliage cuivreux à extrémités recourbées sont très proches de ceux à tige circulaire. Ils s’en distinguent exclusivement par leur section quadrangulaire, marquant la section de leur tige par des arêtes nettement marquées (fig. 46).

La morphologie de ces torques rappelle celle de ceux disposant de terminaisons recourbées (To.5, To.18 et To.20) et avec lesquels ils sont parfois associés dans les contextes funéraires383. On a donc déjà eu l’occasion de mentionner les nombreux parallèles connus dans les régions proches et permettant d’attribuer ces modèles à une période comprise entre 900 et 600 a.C.

12. Type To.11 – Torques à tige lisse (polygonale) et à tampons
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 43) (Annexes 3 : Liste 6.11)

Ce type rassemble quatre torques en alliage cuivreux qui ne sont pas exactement identiques mais qui partagent tous une tige polygonale dessinant plus de quatre arêtes (fig. 46). D’un diamètre interne compris entre 11,5 et 12 cm, la tige peut être non décorée, ou présenter des incisions en groupe de chevrons ou simplement transversales sur les deux tiers de l’objet. Les trois exemplaires les mieux conservés sont terminés par des tampons toriques ou biconiques filiformes.

S’il sont très proches des torques à tampons à tige lisse (To.3.A.2 et To.3.A.3) datés du VIe et Ve s. a.C., la chronologie des individus à tige polygonale paraît moins étendue. En effet, les deux torques provenant de deux sépultures de la nécropole de Loustalet à Pouydesseaux (Landes) (n° 184) sont associés à des fibules navarro-aquitaines (Fi.14.A.6), situant ces ensembles funéraires entre la fin du VIe et le troisième quart du Ve a.C.384.

13. Type To.12 – Torques à tige à entailles transversales et à tampons
Nombre d’individus : 13
(Annexes 2 : Carte n° 43) (Annexes 3 : Liste 6.12)

Exclusivement en alliage cuivreux, ces torques se singularisent par leur tige pourvue de larges entailles transversales obtenues par incision ou au repoussé, couvrant seulement la face externe de la tige sur plus des deux tiers de l’objet (fig. 46). Lorsqu’elles sont conservées, les terminaisons prennent la forme de tampons bouletés filiformes ou toriques rapportés. Leur diamètre interne mesure entre 12 et 18 cm pour les individus les moins fragmentés.

Sur les nombreux exemplaires identifiés, seuls ceux du tumulus G de Pujaut (n° 167) et de la sépulture 1 de Pau (n° 271) ont été découverts dans un contexte funéraire fiable. Dans les deux cas, ils sont accompagnés d’une agrafe de ceinture à échancrures ayant tendance à se refermer et un crochet (Ag.4.B.1), d’une fibule discoïde (Fi.8.A.2) et de fibules navarro-aquitaines (Fi.14.A.4) qui se situent entre la fin du VIe et la première moitié du Ve s. a.C. Cet intervalle chronologique se voit confirmé par la présence d’une épée à antenne du type LD-F-P3 de la classification de C. Farnié Lobensteiner dans la sépulture de Pujaut que l’auteure date entre 525 et 475 a.C.385.

14. Type To.13 – Torques à tige à cannelures et à terminaisons épaissies ou à butées
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 6.13)

Un torque en alliage cuivreux est rattaché à ce type. Il possède une tige de section schématiquement polygonale, modifiée par un décor de cannelures présent principalement sur sa face externe et courant sur les deux tiers de l’objet. Ce décor s’interrompt peu avant les extrémités qui sont terminées par des butées (fig. 46). Son diamètre interne est de 13 cm.

En l’absence de contexte fiable, il est bien difficile d’attribuer une datation à cet objet. On peut toutefois faire un certain nombre de remarques à partir de la morphologie générale. La tige cannelurée est similaire à celles des torques de même tige mais pourvus de tampons (To.14). Par ailleurs, les terminaisons en butées sont une caractéristique que l’on connait sur certains torques du Centre de la France et que P.-Y. Milcent rattache à son groupe 2b du Ha D1-2 récent (580-510 a.C.)386. Pour ces raisons, on proposera pour ce torque, une fabrication durant le VIe a.C. Cette proposition, bien qu’elle doive être reçue avec prudence, a le mérite d’être plus convaincantes que les datations antérieures qui rattachaient cet individu au Second âge du Fer387.

15. Type To.14 – Torques à tige à cannelures et à tampons
Nombre d’individus : 28
(Annexes 2 : Carte n° 14) (Annexes 3 : Liste 6.14)

Plus nombreux que ceux du type précédent, ces torques exclusivement en alliage cuivreux disposent d’une tige identique mais terminée par des tampons filiformes rapportés (fig. 47). Ils possèdent un diamètre interne compris entre 9 et 15 cm et une tige épaisse pouvant atteindre 1,44 cm. Il est cependant possible de reconnaître des sous-types selon qu’ils présentent une tige uniquement à cannelures (A) ou que viennent s’ajouter des incisions transversales par groupes (B) ou sur les deux tiers de l’objet (C).

Si ces torques sont nombreux, il demeure bien difficile actuellement de les rattacher à une chronologie précise dans la mesure où la majorité des individus inventoriés proviennent de collections anciennes et mélangées, comme celles du Musée de Mont-de-Marsan (n° 158) ou d’Avezac-Prat-Lahitte (n° 277). En outre, la tige à cannelures est un critère stylistique qui semble se distribuer exclusivement dans une zone géographique allant des Landes à la Navarre et qui ne trouve par conséquent aucun parallèle en dehors de la zone d’étude, limitant de fait les points de comparaisons. On peut toutefois remarquer que la sépulture 3 du tumulus L.7 d’Ossun (n° 287) dont provient un individu appartient à la phase Ibos IIa (550-525 a.C.) de J.-M. Escudé-Quillet388, tandis que les deux exemplaires ramassés en surface du tumulus de Mant à Basté (Landes) (n° 180) sont associés à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.7) datée de la fin du VIe et de la première moitié du Ve s. a.C.389. L’ajout d’incisions transversales sur une partie ou la totalité des cannelures rappelle également le décor des torques de type To.12, dont on peut légitiment supposer que la chronologie est équivalente. Cette assertion se trouve confirmée par le torque de la sépulture 155 de la nécropole de Loustalet (n° 184) qui est accompagné d’une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.6) et d’une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1), situant cet ensemble funéraire entre 475 et 425 a.C.

À partir de ces minces indices, on proposera donc une datation comprise entre 550 et 425 a.C. pour ces torques à cannelures, bien que ceux mêlant cannelures et incisions transversales puissent être légèrement plus tardifs, du dernier quart du VIe et des trois premiers quarts du Ve s. a.C.

Torques de types To.14, To.15, To.16, To.17, To.18, To.19, To.20 et To.21.
Fig. 47. Torques de types To.14, To.15, To.16, To.17, To.18, To.19, To.20 et To.21.

16. Type To.15 – Torques à tige torsadée et à terminaisons simples
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 6.15)

On compte seulement deux torques dont la tige de section circulaire est torsadée sur les deux tiers de l’objet avant de devenir lisse et s’affiner en amont des terminaisons simples (fig. 47). Relativement fins, avec une épaisseur de 0,4 cm, ces deux exemplaires ont un diamètre interne de 11 et 14 cm.

Les quelques pièces identiques connues en Languedoc, comme dans la tombe 202 de la nécropole de Négabous à Perpignan (Pyrénées-Orientales), permettent de proposer une chronologie comprise entre 900 et 600 a.C. pour ces deux exemplaires inventoriés qui ne sont rattachés à aucun contexte fiable390.

17. Type To.16 – Torques à tige torsadée et à tampons
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 6.16)

Identiques au type précédent, ces deux torques se distinguent par leurs tampons bouletés rapportés aux extrémités de la tige (fig. 47).

Ce type est principalement représenté par un fragment provenant de la tombe 73 de la nécropole d’El Castejón (n° 34), tandis que le second est mal conservé et marqué par son passage sur le bûcher lors de l’incinération391. Les caractéristiques stylistiques de ces deux individus semblent uniques et ne connaissent pas de parallèles dans les régions voisines. Il demeure donc difficile de proposer une datation précise pour ce type, d’autant que la fibule à double ressort (Fi.5) qui accompagne le torque navarrais connait une chronologie large s’étendant sur l’intégralité du Premier âge du Fer et le début du Second. À défaut, on peut rappeler que la tige torsadée est un critère morphologique très répandu pour les torques du Bronze final jusqu’à la fin du VIIe s. a.C. du Midi de la France392, tandis que la présence de tampons toriques ou bouletés rapportés renvoie plutôt aux torques de types To.3, To.11, To.12 et To.14 qui apparaissent au début du VIe s. a.C. À partir de ces quelques remarques, on peut poser l’hypothèse que ces deux exemplaires constituent une forme de transition entre les torques torsadés et les torques à tampons, transition que l’on pourrait situer avec prudence, et, il est vrai, de manière un peu large, entre la seconde moitié du VIIe et le VIes. a.C. On restera toutefois prudent en raison du peu d’indices disponibles.

18. Type To.17 – Torques à tige torsadée et à crochets
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 41) (Annexes 3 : Liste 6.17)

Toujours à fine tige torsadée sur les deux tiers de l’objet, au moins trois torques, et possiblement un quatrième, disposent de terminaisons à petits crochets servant de système de fermeture (fig. 47). L’unique individu bien conservé présente un diamètre interne de 13 cm.

Comme déjà mentionner, le système de fermeture à crochets (To.4) est caractéristique de la seconde moitié du VIIe et de la première moitié du VIe s. a.C. Cet intervalle est également cohérent avec la présence d’une tige torsadée sur ces modèles. L’exemplaire provenant de la sépulture 2 de la nécropole de la Gayé à Frejeville (Tarn) (n° 303) semble confirmer cette proposition puisque cette petite nécropole est datée entre 650 et 600 a.C. par J.-P. Mohen et constitutive de sa deuxième période de son groupe tarnais, en raison notamment des formes céramiques mais aussi par les fibules serpentiformes (Fi.4) qu’elle renfermait393. La perduration de ces torques dans la première moitié du siècle suivant se trouve aussi validée par la pièce mise au jour dans la sépulture 1075 de la nécropole du Causse (n° 305) qui appartient à la cinquième et dernière phase du site qui débute dès 575 a.C.394.

19. Type To.18 – Torques à tige torsadée et à terminaisons recourbées
Nombre d’individus : 29
(Annexes 2 : Carte n° 42) (Annexes 3 : Liste 6.18)

Bien mieux représentés que les autres torques à tiges torsadée, ceux aux extrémités recourbées sont également reconnaissables par leur épaisseur plus importante pouvant atteindre 0,6 cm (fig. 47). De plus, la section d’origine peut être circulaire ou quadrangulaire. Comme pour les exemplaires à tige lisse (To.5 et To.10), les terminaisons pouvaient servir à recevoir divers anneaux ou une tige rapportée servant à fermer l’objet, comme le suggère un tampon conique coincé dans la terminaison recourbée du torque de la sépulture 43 de la nécropole d’Arihouat (Garin, Haute-Garonne)395. On séparera en deux sous-types ceux en alliage cuivreux (A) de celui en fer (B).

Concernant les exemplaires en alliage cuivreux (A), on connaît un nombre important de torques identiques dans le Midi de la France, comme dans la tombe 138 du Moulin à Mailhac (Aude) ou sur le site des Granges à Barrias et Casteljau (Ardèche)396. Tous ces points de comparaisons évoquent une fourchette chronologique entre le IXe et le tout début du VIe s. a.C. Ces éléments de datations sont en adéquation avec les résultats observés dans la zone d’étude puisque ces torques apparaissent à la phase 1 (900-775 a.C.) des nécropoles du Castrais, comme pour la sépulture 552 du Causse (n° 305), et sont encore présents lors de la phase IVb (625-575 a.C.), comme dans la sépulture 175 du Martinet (n° 299)397.

L’individu en fer (B) provient de la tombe 31 de la nécropole du Camp d’Alba à Réalville (Tarn-et-Garonne) (n° 329) que A. Dumas associe à son Horizon 4 (625-575 a.C.), ce qui est en accord, entre autres, avec l’épingle à tête en crosse (Ep.6.B) qui l’accompagnait398.

20. Type To.19 – Torques à tige plate et à crochets
Nombre d’individus : 2
(Annexes 2 : Carte n° 41) (Annexes 3 : Liste 6.19)

Au nombre de deux, dont un seul est entièrement conservé, ces torques possèdent une tige aplatie inornée de 0,1 d’épaisseur courant sur les deux tiers de la tige puis adoptant une section circulaire peu avant les extrémités qui sont pourvues de petits crochets à tampons coniques (fig. 47). Les deux exemplaires inventoriés sont en fer et ont un diamètre interne compris entre 12,6 et 14 cm.

Dans la mesure où ces deux individus proviennent d’une seule et même sépulture dont le mobilier d’accompagnement ne comprend qu’une perle de type indéterminé399, il demeure difficile de proposer une datation précise pour ces torques. En l’absence d’éléments de comparaisons probants, on leur attribuera la même chronologie que celle proposée pour les torques disposant également de terminaisons en crochets à tampons coniques et à tige circulaire lisse (To.4), soit une datation comprise entre 650 et 550 a.C.

21. Type To.20 – Torques à tige plate et à terminaisons recourbées
Nombre d’individus : 1
(Annexes 2 : Carte n° 42) (Annexes 3 : Liste 6.20)

On compte un unique individu dont la tige plate non décorée d’une épaisseur de 0,2 cm est terminée par une tige recourbée de section circulaire (fig. 47).

Cette pièce provenant de la sépulture K1 de la nécropole d’Arihouat (n° 148) est associée à d’autres torques à terminaisons recourbées mais à tige lisse (To.10) et à tige torsadée (To.18.A). De fait, on proposera une datation similaire pour cet individu à tige plate, dans le IXe et le tout début du VIe s. a.C.

22. Type To.21 – Torques à tige plate et à tampons (ou encoches)
Nombre d’individus : 6
(Annexes 2 : Carte n° 44) (Annexes 3 : Liste 6.21)

Ces torques à tige plate terminée par des tampons toriques ou bouletés filiformes, ou encore par de simples encoches, se démarquent très nettement des autres types à différents égards. Tout d’abord, ils sont réalisés à partir d’une large plaque de métal de moins de 0,3 cm d’épaisseur pouvant être lisse ou pourvue de gorges moulées couvrant les deux tiers de l’objet. Ensuite, cette tige est oblique suivant le plan de l’objet. Ces caractéristiques ont poussé les auteurs régionaux à leur attribuer le nom de “diadème”400.

Malgré le petit nombre d’occurrences, les morphologies divergentes conduisent à identifier au moins deux sous-types (fig. 47).

Le premier sous-type rassemble les individus dont la tige est une plaque simple, pleine, pouvant recevoir un décor moulé ou estampé de lignes incisées, de petits triangles et de cercles concentriques (A). C’est dans ce groupe que se trouve l’unique torque en or de ce catalogue401. Le second sous-type ne comprend qu’un seul individu en alliage cuivreux dont la tige circulaire présente à proximité du tampon un important renflement d’où partent sept armilles accolées, dont on suppose qu’elles constituaient la quasi-totalité de la tige (B). Cette morphologie rappelle les bracelets à armilles soudées (Br.1.D).

Tous ces torques à tige simple ou à armilles proviennent de contextes peu fiables, souvent découverts anciennement, comme la possible sépulture de Beliet à Belin-Beliet (Gironde) (n° 157) ou la nécropole d’Avezac-Prat-Lahitte (n° 277)402, ou lors de prospection, comme à Bélis (n° 178)403. Cette contrainte, à laquelle s’ajoute l’absence d’éléments de comparaisons dans les régions extérieures à la zone d’étude, complique leur attribution chronologique. Cependant, on peut tout de même noter que le mobilier métallique d’Avezac-Prat-Lahitte, bien que mélangé, ne parait pas antérieur à la seconde moitié du VIe et recouvre également les trois premiers quarts du Ve s. a.C.404. Le fragment de torque à tige à armilles a été découvert avec une fibule à pied coudé (Fi.15) datée du Ve s. a.C. et un torque à tampons moulés avec la tige (To.3.A.5) que l’on situe plutôt au IVe ou IIIe s. a.C.

23. Type To.22 – Torques à nodosités et à tampons
Nombre d’individus : 2
(Annexes 2 : Carte n° 44) (Annexes 3 : Liste 6.22)

Deux individus en alliage cuivreux présentent une tige de section irrégulière du fait de la présence de nodosités ou de renflement. Leur morphologie très différente conduit à les diviser en deux sous-types (fig. 48).

Le premier (A) est un torque à tige de section triangulaire dont la face supérieure est marquée par de faibles nodosités et des incisions, comme les bracelets de type Br.9.A.1. D’un diamètre interne de 12 cm, il est terminé par des tampons biconiques filiformes, probablement rapportés. Le second (B) n’est que partiellement conservé. Il possède une tige annelée comprenant une succession de renflements épais disposés régulièrement. Une des extrémités de fragment comprend un épaississement polygonal rapporté pouvant jouer le rôle de tampon.

Le torque à tige à nodosités simples (A) connaît quelques parallèles dans le Centre de la France que P.-Y. Milcent rattache à son groupe 2a du Ha D1-2 ancien, soit entre 650 et 580 a.C.405. La même datation est attribuée au bracelet simple et fermé (Br.8.A) qui accompagnait le torque dans la sépulture du sujet 17 de la grotte sépulcrale des Palabres à Boussac (Lot) (n° 190)406.

Le deuxième torque à tige annelée (B) est en revanche bien plus difficile à situer chronologiquement du fait d’un contexte de découverte mal connu et de sa fragmentation. De plus, la morphologie de la tige demeure pour l’heure singulière et ne connaît aucune parallèle. Ces quelques remarques amènent d’ailleurs à questionner l’attribution de cet objet au Premier âge du Fer.

Torques de types To.22, To.23, To.24 et To.25.
Fig. 48. Torques de types To.22, To.23, To.24 et To.25.

24. Type To.23 – Torques à tige creuse ou rabattue et à terminaisons diverses
Nombre d’individus : 4
(Annexes 3 : Liste 6.23)

Peu représentés, ces torques se singularisent par leur tige tubulaire entièrement creuse ou seulement rabattue (fig. 48). Aucun des exemplaires inventoriés n’est conservé entièrement. Les terminaisons peuvent être simples ou à tenon comme pour le torque découvert dans une inhumation à Saint-Jean-de-Laur (Lot) (n° 235), ou à tampon biconique filiforme comme le fragment décoré d’incisions de Cablanc (Barbaste, Lot-et-Garonne) (n° 250)407. Enfin, on peut supposer que celui mis au jour dans la sépulture des Planes à Saint-Yreix-sur-Charente (Charente) (n° 108) était fermé, formant un anneau circulaire408.

Ce type de torque à tige tubulaire connaît de nombreux points de comparaisons en France centrale ou en Champagne où ils sont des marqueurs du Ha D3 et LT A ancienne (520-420 a.C.)409. Cette proposition est en accord avec le mobilier qui accompagne ces exemplaires, comme la fibule à fausse corde à bouclette (Fi.17) de l’inhumation de Saint-Jean-de-Laur (n° 235). Elle est également valide pour le fragment à tige rabattue et tampons de la sépulture de Cablanc (n° 250) qui est associé à plusieurs fibules navarro-aquitaines (Fi.14.A.4) et à une agrafe de ceinture à échancrures avec tendance à se refermer et trois crochets (Ag.4.D.2)410.

25. Type To.24 – Torques à tige composite et à crochets
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 41) (Annexes 3 : Liste 6.24)

Peu nombreux, ces torques sont aisément identifiables par leur morphologie et leur décor. Constitué essentiellement d’une fine tige lisse circulaire ou quadrangulaire terminée par de petits crochets, ce type de torque présente un assemblage de boutons, perles et chaînettes rapportés sur la tige et maintenus à l’aide d’un fil de métal enroulé (fig. 48). Ces pièces ornementales peuvent mêler des éléments en alliage cuivreux et en fer.

On peut distinguer d’un côté les deux individus dont la base de l’objet est principalement en alliage cuivreux (A) et de l’autre ceux en fer (B).

La sépulture 175 de la nécropole du Martinet à Castres (Tarn) (n° 299) a livré à la fois un exemplaire en alliage cuivreux (A) et un autre en fer (B)411. Cette tombe est datée de la phase IVb (625-575 a.C.) des nécropoles du Castrais412. L’individu mis au jour dans la sépulture 10093 de la nécropole de la Caserne Niel à Toulouse (Haute-Garonne) (n° 152) semble conforte cette datation, notamment en raison du bracelet simple et ouvert en fer (Br.18.B) qu’elle renfermait.

26. Type To.25 – Torques à tige composite et terminaisons diverses
Nombre d’individus : 4
(Annexes 2 : Carte n° 41) (Annexes 3 : Liste 6.25)

Comme le type précédent, ces torques en alliage cuivreux se distinguent par la présence d’éléments ajoutés à leur fine tige. Pour ces individus, il s’agit de perles en ambre ou verre volumineuses et de perles spiralées en alliage cuivreux (fig. 48). Seul un individu a conservé ses terminaisons simples et appointées : on ne peut assurer qu’il en était de même pour les autres.

L’unique individu découvert en contexte fiable dans la zone d’étude est celui de la sépulture BB de la nécropole de Gabor (n° 322) dont on rappellera qu’elle date vraisemblablement de la seconde moitié du VIIe s. a.C. du fait de la présence de deux bracelets en fer à tampons (Br.19.A) et d’une boucle d’oreilles à tige rubanée et crochet (Bo.5)413. Les quelques éléments de comparaisons connus dans le Midi de la France, comme dans le dépôt fluvial de la Motte à Agde (Hérault) ou la sépulture de Campagnan (Hérault), invitent à situer ces torques composites à perles en ambre ou en verre au VIIe s. a.C.414.

Les anneaux

Les anneaux partagent les mêmes éléments descriptifs que toutes les autres parures annulaires. Leur identification s’effectue donc par rapport à leur taille, trop faible pour être confondue avec celle d’un bracelet. Ces parures sont majoritairement fabriquées en métal (alliage cuivreux ou fer) bien que l’on rencontre dans le corpus quelques exemplaires en os ou en verre.

Parmi tous les objets de parure, l’emploi des anneaux demeure le plus délicat à déterminer. Leur usage peut être ornemental lorsqu’ils agrémentent une autre parure (enfilés sur des bracelets, torques ou épingles), ou fonctionnel lorsqu’ils sont employés comme système de maintien des épingles, ou des boutons. Enfin, il arrive fréquemment que les anneaux soient découverts attachés les uns aux autres, formant une sorte de chaîne autorisant la suspension au vêtement d’un objet plus important qui n’appartient pas exclusivement au registre de la parure.

1. Présentation de la typologie

Plus encore que pour les catégories de parure précédemment étudiées, l’outil de classement doit rassembler un nombre important d’individus relativement proches, même lorsqu’ils ne sont pas tout à fait identiques. L’abaissement du seuil de précision typologique dans ce cas s’explique pour deux raisons. La première est que même lorsqu’ils sont découverts en grappe, attachés les uns aux autres, les anneaux peuvent présenter des morphologies divergentes415. La seconde raison tient au fait que, par leur facture simple, aucun type d’anneau n’est porteur d’une valeur chronologique. L’identification d’un grand nombre de types ne produirait de toute façon que peu de résultats chronologiquement probants.

Compte tenu de ces observations, l’outil de classement utilisé dégage des morphologies générales selon des critères aisément identifiables afin de rassembler le plus grand nombre d’individus. Pour ce faire, le tri des anneaux se fait selon au moins trois éléments descriptifs principaux, suivant une arborescence inspirée de celle employée pour les bracelets mais simplifiée. Elle reconnaît : le matériau de fabrication, le système de fermeture et la morphologie de la tige (fig. 49). Le système de fermeture permet de distinguer les anneaux ouverts de ceux fermés. La distinction à partir de la morphologie de la tige recouvre en revanche deux attributs différents selon le métal de l’anneau. Pour les exemplaires en alliage cuivreux, ce critère renvoie à la section de la tige. On peut regrouper d’un côté les anneaux à section circulaire ou ovalaire formant une tige lisse, et de l’autre ceux à section hémisphérique, triangulaire ou quadrangulaire qui dessinent au moins une arête sur la tige, et enfin ceux à section plate. Pour les anneaux en fer, dont les produits de corrosion empêchent bien souvent de reconnaître convenablement la section, il est seulement possible d’opérer une division à partir de l’épaisseur de la tige, selon qu’elle est filiforme ou massive. La distinction entre ces deux critères se situe à 0,4 cm, suivant la même logique décrite pour les bracelets.

Les différents types d’anneaux rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 49. Les différents types d’anneaux rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

On peut reconnaître des sous-types pour les anneaux en alliage cuivreux uniquement. Il parait utile de mettre en place une scission selon la taille de leur diamètre interne dans la mesure où cette valeur implique une fonction divergente. Pour finir, on ne tiendra pas compte de la présence ou l’absence de décor sur cette catégorie d’objet puisque les exemplaires dont la tige est ornée sont trop peu nombreux pour autoriser un tri à partir de cet élément.

À l’aide de cet outil, il est possible de différencier 12 types pour les 386 lots d’anneaux que composent le corpus416. Plus de la moitié du contingent (52 %) est représenté par les exemplaires en alliage cuivreux fermés à tige lisse (An.4) et ou avec arête (An.5), avec 200 lots (344 individus) répertoriés. À ce total de 385 lots, s’ajoutent 169 lots (834) dont le type n’est pas identifiable en raison de leur état de conservation ou du manque d’information.

Contrairement aux autres catégories de parures, on ne procédera pas pour les anneaux à une étude chronologique pour chaque type ou sous-type en raison du peu d’intérêt d’un tel exercice. En effet, les anneaux, objets de nature et de fonction très communes, sont représentés tout au long du Premier âge du Fer et ne portent pas de valeur chronologique417. On peut toutefois apporter quelques précisions selon le matériau de confection.

Ceux en alliage cuivreux, tous sous-types confondus, sont attestés dans des contextes de la transition Bronze-Fer jusqu’au début du Second âge du Fer. Les premiers éléments en fer font leur apparition à partir du deuxième quart du VIIe s. a.C. et leur usage se poursuit tout au long de la protohistoire418. Les quelques pièces en os de morphologie atypique et décorées d’ocelles de la nécropole d’Arihouat (n° 148) peuvent être calées dans le courant du VIIe s. a.C. Enfin, l’unique individu en verre (bleu) de la nécropole de la ZAC Niel à Toulouse (n° 152) ne constitue pas un indice chronologique majeur puisque les anneaux ou perles en verre bleu, bien que rares, sont en circulation tout au long du Premier âge du Fer.

2. Type An.1 – Anneaux en alliage cuivreux ouverts à tige lisse
Nombre d’individus : 45 (76)
(Annexes 3 : Liste 7.1)

Relativement bien représentés dans le corpus, ces anneaux se singularisent par leur tige lisse ouverte dont les terminaisons simples peuvent se toucher ou se chevaucher. Il est possible de reconnaître deux sous-types en fonction de leur diamètre interne.

Le premier rassemble 20 exemplaires mesurant moins d’1 cm de diamètre (1.A) et qui, de fait, pouvaient jouer le rôle de perle. Il arrive qu’on les retrouve enfilés sur la tige des individus plus grands, dont le diamètre est supérieur à 1cm (1.B). De manière générale, les anneaux ouverts sont employés pour maintenir attachés plusieurs anneaux fermés. C’est probablement en raison de cette fonction (attache ou suspension) que leur forme n’est pas toujours circulaire mais légèrement étirée au niveau de l’ouverture.

3. Type An.2 – Anneaux en alliage cuivreux ouverts à tige avec arête
Nombre d’individus : 27 (58)
(Annexes 3 : Liste 7.2)

Moins nombreux que ceux du type précédent, ces anneaux ouverts sont similaires, à l’exception de leur tige quadrangulaire ou hémisphérique ménageant au moins une arête sur la tige.

Il est également possible de distinguer d’un côté 13 lots pouvant être confondus avec des perles (2.A) et de l’autre les individus plus grands (2.B).

4. Type An.3 – Anneaux en alliage cuivreux ouverts à tige plate
Nombre d’individus : 15 (21)
(Annexes 3 : Liste 7.3)

Plus rares, ces anneaux ouverts à tige plate partagent avec les types précédents des terminaisons ouvertes pouvant être rabattues l’une sur l’autre. Les 11 exemplaires de moins d’1 cm de diamètre interne (3.A) pouvaient également servir à attacher plusieurs anneaux plus grands (3.B) afin de former une chaîne, comme en témoigne le petit lot découvert dans le tumulus 27 de la nécropole de Flaujac-Poujols (Lot) (n° 207) (pl.113, n° 2682).

5. Type An.4 – Anneaux en alliage cuivreux fermés à tige lisse
Nombre d’individus : 82 (109)
(Annexes 3 : Liste 7.4)

Comptant pour une grande partie du contingent total, les anneaux fermés à tige lisse peuvent être également subdivisés entre les 27 possibles perles (4.A) et individus de plus grand diamètre (4.B). Les premiers sont régulièrement mis au jour en lot de plusieurs individus tandis que les seconds sont plutôt découverts à l’unité. Enfin, la forme des anneaux fermés dessine dans la plupart des cas un cercle quasi parfait.

6. Type An.5 – Anneaux en alliage cuivreux fermés à tige avec arête
Nombre d’individus : 118 (235)
(Annexes 3 : Liste 7.5)

Bien plus nombreux et très proches morphologiquement du type précédent, ces anneaux se caractérisent par leur section majoritairement losangique, ménageant des arêtes bien marquées sur les faces supérieures et inférieures de la tige. Encore une fois, il est possible de scinder en deux sous-types ce groupe en rassemblant d’un côté les 33 anneaux ou perles de moins d’1 cm de diamètre interne (5.A) et de l’autre ceux de plus grande taille (5.B).

7. Type An.6 – Anneaux en alliage cuivreux fermés à tige plate
Nombre d’individus : 10 (12)
(Annexes 3 : Liste 7.6)

Parmi les anneaux en alliage cuivreux fermés, ceux à tige plate sont très peu représentés, n’autorisant pas la reconnaissance de sous-types.

8. Type An.7 – Anneaux en fer ouverts à tige filiforme
Nombre d’individus : 7 (16)
(Annexes 3 : Liste 7.7)

Ces anneaux en fer disposent d’une tige ouverte filiforme inférieure à 0,4 cm d’épaisseur. La section est lisse et régulière d’après les observations faites sur le peu d’exemplaires connus. Comme pour ceux en alliage cuivreux, les anneaux en fer ouverts peuvent servir à attacher plusieurs anneaux fermés ensembles.

9. Type An.8 – Anneaux en fer ouverts à tige massive
Nombre d’individus : 4 (4)
(Annexes 3 : Liste 7.8)

Quasi identiques aux anneaux du type précédent, ces 4 individus s’en distinguent seulement par leur tige plus épaisse supérieure à 0,4 cm.

10. Type An.9 – Anneaux en fer fermés à tige filiforme
Nombre d’individus : 25 (32)
(Annexes 3 : Liste 7.9)

De forme circulaire, les anneaux en fer fermés à tige filiforme ont une section lisse.

11. Type An.10 – Anneaux en fer fermés à tige massive
Nombre d’individus : 42 (51)
(Annexes 3 : Liste 7.10)

Plus nombreux que les anneaux du type précédent, ces exemplaires sont identifiables par leur tige massive, vraisemblablement lisse. Deux individus se trouvent enfilés sur des ardillons de fibules419.

12. Type An.11 – Anneaux en os
Nombre d’individus : 10 (10)
(Annexes 3 : Liste 7.11)

La nécropole d’Arihouat à Garin (Haute-Garonne) (n° 148) a livré plusieurs parures annulaires réalisées “à partir d’une section dans un canon de bovidé”420. Ces objets semblent pour la plupart, ouverts, d’une section plate d’environ 0,3 cm d’épaisseur, et terminée par des perforations ou des encoches latérales. Leur large face externe porte un décor de pointillé ou de cercles concentriques incisés. Pour l’inventeur du site, il s’agit d’anneaux. La majorité des représentations graphiques de ces individus sont des déroulés ne permettant pas d’apprécier leur taille, à l’exception d’un individu dessiné de profil qui présente un diamètre interne de 4,2cm. Cette mesure permet de penser que ces pièces pouvaient être également employées comme bracelets. Malgré tout, on conservera la proposition de A.Müller comme fonction première.

13. Type An.12 – Anneaux en verre
Nombre d’individus : 1 (1)
(Annexes 3 : Liste 7.12)

La sépulture 100072 de la nécropole de la Caserne Niel à Toulouse (Haute-Garonne) (n° 152) aurait livré un anneau en verre. Son état de conservation ne permet pas de déterminer sa section avec précision.

Les perles (et colliers)

De toutes les parures annulaires, les perles sont les éléments les plus petits : leur taille, c’est-à-dire leur diamètre externe, est comprise entre 0,2 et 4 cm. Cette caractéristique morphologique les destine à diverses fonctions dont on peine à délimiter les contours, en particulier lorsqu’elles ne sont pas découvertes en position fonctionnelle.

Naturellement, l’emploi le plus souvent évoqué est leur enfilage sur un fil en matière périssable de manière à constituer un collier de perles porté autour du cou. Si cette attribution peut paraître la plus plausible, ce n’est pas la seule. Les perles peuvent agrémenter d’autres parures en étant enfilées sur des épingles ou des torques421. On compte également plusieurs contextes funéraires extra-régionaux dans lesquels des perles auraient constitué un élément d’ornementation de la chevelure, telle une résille, comme dans une inhumation datée du Bronze final à Sainte-Énimie (Lozère)422. Citons également la fouille récente de la fastueuse sépulture du “Prince” de Lavau (Aube) qui a livré un ensemble de perles d’ambre situées sous la nuque du défunt, suggérant qu’elles ornaient ses cheveux423. À ces problèmes d’identifications fonctionnelles s’ajoute la difficulté d’attribuer certains individus à la catégorie des perles ou de celle des anneaux, lorsque ceux-ci, simples et de petite taille, peuvent, de fait, jouer le même rôle que ces dernières424. On distinguera néanmoins les perles des anneaux principalement d’après leur forme et leur taille, tout en ayant pleinement conscience qu’une marge d’erreur peut exister. En l’absence d’informations contraire, on supposera a priori que ces perles étaient passées dans un fil, portées au cou comme collier.

Dans la zone d’étude concernée, les perles sont confectionnées en alliage cuivreux, en terre cuite, en verre, en ambre, en os et en roche425.

1. Présentation de la typologie

Avant de présenter l’outil de classement des perles, plusieurs remarques doivent être formulées afin de définir les limites d’un tel exercice.

Tout d’abord, les perles, comme les anneaux, sont marquées par la quasi-absence de décors “fins” comme des incisions ou les moulures. Leur variété ornementale s’exprime principalement par la profusion des morphologies rencontrées. Ainsi, les perles adoptent une quantité de formes différentes : anneau ou une rondelle de plus ou moins grande taille, un globe percé, un corps allongé fusiforme, un corps tubulaire à tige rabattue de longueur variable et, enfin, formes étoilées ou dessinant des cornes.

Ensuite, une perle peut être une parure, quand elle est utilisée seule, ou un élément de parure lorsque celle-ci rassemble plusieurs perles de formes et matières variées. Le collier restitué de la nécropole de Navafría à Clares (Guadalajara) (n° 16) illustre parfaitement ce cas de figure puisqu’il est composé d’un grand nombre de perles en terre cuite de multiples formes426. De cette remarque découlent deux réflexions. La première est que s’il est typologiquement juste de séparer les perles selon leur morphologie, ne serait-ce que pour avoir une vision globale du corpus, il serait cependant incorrect de comptabiliser un individu pour chaque forme de perles identifiées. En l’absence d’indices contraire, il faut donc considérer les lots de perles découvertes dans une même sépulture comme constituant un unique objet, malgré leur divergence typologique. La seconde conséquence est que ce constat amoindrit également les résultats chronologiques que l’on peut espérer d’un classement fin de cette catégorie d’objets puisqu’un ensemble clos peut rassembler une multitude de types différents.

En raison des résultats chronologiques limités auxquels on peut s’attendre, on emploiera donc un classement proche de celui utilisé pour les anneaux, en prenant en compte cependant un nombre moindre de critères (fig. 50 et 51).

La première étape de classification sépare les individus d’après leurs matériaux de fabrication auxquels sont attribués un numéro. Les perles sont ensuite divisées en sous-types selon leur morphologie générale, ce qui comprend tout aussi bien leur forme que leur taille. Le tri à partir de la taille suit les recommandations proposées par P.-Y. Milcent427[427]. Cette taille, qui est égale au diamètre externe des perles, permet d’identifier trois catégories (petite, moyenne et grande). Enfin, les perles en verre sont les seules pour lesquelles il était nécessaire d’identifier des variantes à partir de la couleur (monochrome ou bichrome).

Cet outil permet de classer les 446 lots de perles (5461 individus) dans 6 types différents selon leur matériau. On observe déjà que les perles en alliage cuivreux représentent plus de la moitié du total (56 %) alors que celles en os et en roche réunies comptabilisent moins de 10 % (fig. 51). À ces 446 lots identifiés s’ajoutent 42 autres (comptant 453 individus) auquel il n’est pas possible d’attribuer un type en raison du manque d’information.

Les différents types de perles en alliage cuivreux ou terre cuite rencontrées (numéro) et leurs sous-types (lettre).
Fig. 50. Les différents types de perles en alliage cuivreux ou terre cuite rencontrées (numéro) et leurs sous-types (lettre).
 Les différents types de perles en verre, ambre, os et roche rencontrées (numéro) et leurs sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 51. Les différents types de perles en verre, ambre, os et roche rencontrées (numéro) et leurs sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Pe.1 – Perles en alliage cuivreux
Nombre d’individus : 250 (4548)
(Annexes 3 : Liste 8.1)

De loin les plus nombreuses du corpus, les perles en alliage cuivreux adoptent une grande variété de formes à partir desquelles il est possible identifier plusieurs sous-types.

Le premier d’entre eux rassemble les individus dont la morphologie rappelle un petit anneau fermé ou une rondelle ne dépassant pas les 0,5 cm de diamètre externe (A). De nombreux exemplaires de ce sous-type ont été découverts accolés les uns aux autres. Le second comprend celles de forme identique mais de taille un peu plus importante (comprise entre 0,6 et 1,2 cm) ; elles sont également souvent mises au jour par grappe (B). Mentionnons que l’on trouve dans ce groupe des perles ouvertes comme fermées. Le troisième comprend les perles constituées d’une simple sphère de taille variable, parfois légèrement aplatie, et percée (C). Parmi les perles fabriquées à partir d’une petite tôle de métal rabattue, formant une section creuse, on peut différencier celles de petite taille et courtes (D), de celles de longueur moyenne (E) ou tubulaires et rectilignes (F). Viennent ensuite les perles fabriquées à partir d’une tige plate montée en spirale très proche d’un ressort de fibule (G). Enfin, le dernier sous-type regroupe des perles fabriquées à partir d’un fil de section circulaire enroulé en spires régulières ou d’une tôle de métal moulurée imitant des spirales (H). Dans un cas, les deux extrémités de l’objet sont pourvues de spirales latérales asymétriques. De manière générale, leur taille supérieure à 1,2 cm et leur largeur de diamètre interne pourraient les assimiler à la catégorie des anneaux. C’est d’ailleurs comme anneaux ou bagues qu’elles sont identifiées lors de l’étude du mobilier des nécropoles du Castrais428. Si leur morphologie ne s’oppose pas à cette attribution, on fera remarquer que des exemplaires identiques ont été retrouvés enfilés sur la tige d’une épingle de type Ep.4 comptant déjà d’autres perles d’alliage cuivreux et d’ambre429. C’est pour cette raison qu’on les classera dans la catégorie des perles430.

Les perles en alliage cuivreux sont bien représentées tout au long du Premier âge du Fer, et même au-delà. On peut toutefois tenter de dégager quelques grands traits de la distribution des diverses formes rencontrées. Les perles de morphologie simple, en anneau ou globulaire, toutes tailles confondues (A, B, C et D) sont attestées entre le début du VIIIe et la fin du Ve s. a.C. dans plusieurs contextes archéologiquement fiables de la zone d’étude, comme dans la sépulture 138 de Gourjade (n° 298) datée de la phase II (775-725 a.C.) de la nécropole par les formes céramique431, ou celles du tumulus 38 du Camp de l’Église nord (n° 207) qui se situent dans le courant du Ve s. a.C. par la fibule à pied coudé (Fi.15.A.2) qui leur est associée432. Il est même possible d’étendre cette datation au Bronze final ou au tout début du Premier âge du Fer (900-775 a.C.) pour la perle à tige rabattue courte (D) de la tombe 70 du Causse (n° 305)433. Étrangement, on remarquera que les perles de forme proche mais de taille moyenne (E) ne sont pas représentées, pour l’heure, au-delà du VIIe s. a.C.

Cette large datation comprise entre 900 et 400 a.C. doit être également proposée pour les sous-types suivants à tige rabattue longue (F) et spiralées (G). Le premier est déjà connu dans quelques sépultures du Moulin à Mailhac lors de la première phase de fréquentation de la nécropole (900-770 a.C.)434, et est toujours en usage vers le milieu Ve s. a.C., comme en témoignent les perles déposées en association avec une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.6) dans la sépulture 55 de la nécropole de La Atalaya à Cortes (n° 39)435. Le second, à tige spiralée, est attesté aussi bien dans la tombe 318 du Causse (n° 305), datée de la phase I ou II (900-725 a.C.) du site par le mobilier céramique436, que dans la sépulture 1 du tumulus de Pau (n° 271) qui se situe entre la fin du VIe et la première moitié du Ve s. a.C.437.

En revanche, les perles formant un large anneau (H) semblent bien mieux calées chronologiquement. Tous les exemplaires issus des nécropoles du Castrais appartiennent à des sépultures rattachées à la phase II (775-725 a.C.) de ces sites438, tandis que ceux de la nécropole d’Arihouat (n° 148) se situent plutôt dans le courant du VIIe s. a.C.439.

3. Type Pe.2 – Perles en terre cuite
Nombre d’individus : 68 (384)
(Annexes 3 : Liste 8.2)

Les perles en terre cuite sont moins nombreuses que celles en alliage cuivreux. Il est malgré tout possible de reconnaître plusieurs sous-types à partir de leur forme générale.

Le premier rassemble les quelques perles formant un anneau ou une rondelle (A). Compte tenu du petit nombre d’individus, on évitera, pour l’heure de les classer à partir de leur taille. Le second regroupe les perles globulaires ou légèrement biconiques (B). Le troisième comprend quelques individus allongés, percés dans le sens de la longueur (C). Comportant un renflement au centre, elles présentent une morphologie plutôt fusiforme. Le sous-type suivant réunit des fragments de perles qui formaient à l’origine un grand anneau pouvant atteindre 5 cm de diamètre interne, percé selon deux axes perpendiculaires (D). On trouve dans le cinquième sous-type quelques perles étoilées (E). Elle se composent d’un carré dont les angles ont été plus ou moins étirés jusqu’à dessiner les branches d’une étoile. Elles peuvent être percées selon un ou deux axes perpendiculaires situés à la base des branches. Enfin le dernier sous-type regroupe quelques perles évoquant des cornes de taureau ou un U évasé, percées au niveau de l’axe de symétrie.

Parmi toutes ces perles en terre cuite, celles de morphologie très simple, en anneau (A) ou globulaire (B), sont représentées tout au long du Premier et du Second âge du Fer comme en témoignent des individus de France méridionale440. En revanche, tous les exemplaires de formes plus complexes (C, D, E et F) proviennent quasi-exclusivement de la péninsule Ibérique. Découverts principalement dans la nécropole d’Herrería III (n° 19) ou sur le probable collier reconstitué du site de Navafría à Clares (n° 16), ils peuvent être situés entre le milieu du VIe et le Ve s. a.C.

4. Type Pe.3 – Perles en verre
Nombre d’individus : 43 (136)
(Annexes 3 : Liste 8.3)

Les quelques lots de perles en verre que l’on rencontre dans le corpus ne comprennent que des individus en anneau ou en rondelle. À l’intérieur de ce type, il est seulement possible de différencier les perles dont la taille n’excède pas 0,5 cm (A) de celles plus volumineuses (B). Dans ce dernier sous-type, on peut diviser en variantes les perles constituées d’une seule couleur de verre (B.1) et celles de deux couleurs, dessinant un décor de bandes ou de cercles concentriques (B.2)441.

Les perles en verre de petite taille (A) sont connues dès le Bronze final et continuent de circuler jusqu’à l’époque romaine442. Toutes celles mises au jour dans la nécropole d’Herrería III (n° 19) sont datables entre le milieu du VIe et le Ve s. a.C.

Les perles de plus grande taille et monochromes (B.1) se situent dans la même fourchette chronologique puisqu’elles sont notamment attestées dans la tombe 70 du Causse (n° 305) datée de la première phase (900-775 a.C.) du site443, et dans la sépulture 47 d’Herrería III (n° 19) que l’on peut situer dans le courant du Ve s. a.C. par l’agrafe à quatre évidements et deux crochets (Ag.5.H) qui lui est associée444. En revanche, l’adoption de la bichromie sur les perles en verre (B.2) semble être un marqueur du Ve s. a.C. d’après les quelques contextes archéologiques fiables identifiés. À titre d’exemple, on citera celles du tumulus 4 du Camp de l’Église nord (n° 207) et de la sépulture 47 d’Herrería III (n° 19), toutes accompagnées d’agrafes de ceintures (Ag.7 et Ag.5.H) bien calées au Ve s. a.C.445.

5. Type Pe.4 – Perles en ambre
Nombre d’individus : 43 (300)
(Annexes 3 : Liste 8.4)

Il n’est possible de reconnaître que deux sous-types pour les perles confectionnées en ambre, souvent découvertes en lot. Le premier sous-type comprend des individus en anneau ou rondelle (A). Leur taille ou leur épaisseur ne semblent pas être un critère pertinent pour les classer dans la mesure où les nombreux lots de ce type se composent indifféremment de perles de tailles variables. Le second sous-type regroupe uniquement deux individus de forme fusiforme percés longitudinalement.

Le port de perles en ambre est attesté durant tout l’âge du Fer. Elles sont aussi bien connues dans les sépultures du Bronze final ou du début de l’âge du Fer, comme dans la tombe 70 du Causse (n° 305), qu’à la fin du Premier âge du Fer, comme dans la sépulture 1072 de cette même nécropole446. Si cette proposition est valide pour les perles en anneau ou rondelle (A), il est moins aisé d’avancer une datation pour les deux exemplaires fusiformes (B) dont le contexte de découverte est mal documenté. Les quelques éléments de comparaison attestés dans le Midi de la France les placeraient, sous-réserve d’un nombre de parallèles plus important, entre le Ve et IIIe s. a.C.447.

6. Type Pe.5 – Perles en os
Nombre d’individus : 20 (67)
(Annexes 3 : Liste 8.5)

Peu nombreuses, les perles fabriquées à partir de restes fauniques peuvent être classées en sous-type selon qu’elles forment des anneaux ou rondelles de petite ou moyenne taille (A), de taille supérieure pourvue d’un perçage central fin (B), ou encore fusiforme (C).

L’utilisation de l’os pour façonner des perles est attestée tout au long du Premier âge du Fer dans la zone d’étude : dans la tombe 45 du Martinet (n° 299) datée entre 725 et 675 a.C. par son mobilier d’accompagnement448, ou dans le tumulus 25 du Camp de l’Église nord (n° 207) qui se situe dans le courant du Ve s. a.C. par les fibules qui s’y rattachent449. Toutefois, les quelques grosses perles en anneau (B) ou fusiformes (C) semblent surtout être représentées entre le milieu du VIe et le Ve s. a.C., en accord avec les éléments de comparaisons attestés dans l’habitat du Cayla à Mailhac (Aude), datés entre 600 et 475 a.C.450.

7. Type Pe.6 – Perles en roche
Nombre d’individus : 22 (26)
(Annexes 3 : Liste 8.6)

Également peu représentées, les perles confectionnées en matières minérales semblent toujours prendre la forme d’un anneau ou d’une rondelle. Plus ou moins bien taillées, ces perles peuvent être triées selon qu’elles soient de petite taille (A) ou plus volumineuses (B).

Malgré leur morphologie variée, les perles en roche sont connues tout au long du Premier âge du Fer sans qu’il soit possible de dégager une logique typologique. L’individu de la tombe 70 du Causse (n° 305) rattaché à la phase I du site (900-775 a.C.) ou celui de la sépulture 2 du tumulus 1 de la nécropole du Pech de Cramazou (n° 197) qui accompagne une fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.2), illustrent cette longue distribution chronologique451.

Les bagues

Les bagues sont des parures annulaires qui enserrent les phalanges de la main, ce qui implique un diamètre interne restreint, compris entre 1 et 2 cm. En dehors de cet impératif, cette catégorie de mobilier partage les mêmes caractéristiques que les anneaux. Cette ressemblance est porteuse de confusion et il demeure délicat d’assurer l’identification des bagues lorsqu’elles ne sont pas découvertes en position fonctionnelle. Dans la zone d’étude, seul un individu mis au jour au doigt de la défunte du tumulus du Camp de Monseigne à Saint-Jean-de-Laur (Lot), (n° 235) peut être réellement reconnu avec certitude452. L’attribution à cette catégorie des autres bagues inventoriées doit être considérée comme hypothétique. Le diamètre interne de ces possible bagues est compris entre 1,2 et 2 cm. Ces résultats sont cohérents avec les mesures prises sur des bagues découvertes en position fonctionnelle dans d’autres régions, ce qui constitue un indice supplémentaire quant à leur probable identification453. On peut également appuyer cette attribution par les matériaux de fabrication qui, outre les alliages cuivreux ou le fer, comprennent des métaux dits “nobles” tels que l’or ou l’argent, ce qui les distingue des anneaux.

1. Présentation de la typologie

Du fait de leur faible nombre et en raison du degré d’incertitude qui entoure cette catégorie de parure, en utilisera pour les classer le même outil typologique que celui employé pour les anneaux. Les bagues sont triées par leur matériau de fabrication, puis leur système de fermeture et enfin par la morphologie de leur tige (fig. 52). Ce dernier critère est moins précis que celui des anneaux afin de rassembler efficacement les quelques exemplaires connus.

Sur 28 individus recensés, 27 peuvent être typologiquement identifiés, et majoritairement rattachés au type en alliage cuivreux (Ba.1). Une possible bague demeure de type indéterminé.

Les différents types de bagues rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 52. Les différents types de bagues rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Ba.1 – Bagues en alliage cuivreux
Nombre d’individus : 20
(Annexes 2 : Carte n° 45) (Annexes 3 : Liste 9.1)

Parmi les bagues fabriquées en alliage cuivreux, il est possible de distinguer au moins trois sous-types à partir de la morphologie de la tige.

Le premier regroupe 4 individus dont les terminaisons ouvertes peuvent se chevaucher (A). La section de leur tige est filiforme et variée (ovalaire, hémisphérique ou quadrangulaire). L’une d’elle présente un décor incisé sur sa face externe. Le second sous-type rassemble des bagues ouvertes dont la section en tôle de métal forme un ruban aux terminaisons quasiment accolées (B). Leur face externe peut être inornée et lisse ou disposer d’un décor de cercles estampés ou moulurés et incisés, courant sur toute la longueur de l’objet. Enfin, on compte quatre exemplaires fermés et filiformes dont la face externe possède un décor de dentelure grêle (C).

Parmi les bagues de ce type, celles ouvertes à tige filiforme (A) se rencontrent exclusivement dans des ensembles clos rattachables au milieu du VIe et au début du Ve s. a.C., comme l’inhumation du Camp de Monseigne (n° 235) ou le monument funéraire MF.21B du Camp de l’Église nord (n° 207). Celles à tige plate sont attestées dans plusieurs sites languedociens datés de l’ensemble de l’âge du Fer454. Les exemplaires inventoriés dans la zone d’étude confirment leur apparition dès le VIIIe, comme celui de la tombe 325 du Causse (n° 305) datée de la phase II (775-725 a.C.) de la nécropole par son vase d’accompagnement à décor de tirets455. Leur perduration jusqu’au milieu du VIe s. a.C. au moins, est assurée par la bague de la tombe 2 (niveau D) de la nécropole d’El Castejón (n° 34), associée à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A) et à un bracelet en alliage cuivreux simple à tampons (Br.6.A.1).

Il est en revanche peu aisé d’attribuer une fourchette chronologique pour les bagues fermées à tige dentelée (C) dans la mesure où ces dernières proviennent toutes d’un même sondage réalisé dans la grotte de Pigailh à Aigues-Juntes (Ariège) (n° 91) et qui n’a jamais été étudié. L’absence d’éléments de comparaison probants dans les régions voisines rend impossible, pour l’heure, la détermination d’une datation. Tout au plus, pourrait-on mettre en parallèle la morphologie de leur tige avec celle des bracelets à dents grêles (Br.10.A.1) qui sont daté de la fin du VIIe et du VIe s. a.C. Cette comparaison n’est que partiellement satisfaisante et ne permet pas de proposer une datation pour ce sous-type de bagues compte tenu du manque d’indices probants.

3. Type Ba.2 – Bagues en fer
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 9.2)

Ces supposées bagues en fer se présentent comme de simples anneaux ouverts de section ovalaire ou hémisphérique sans décor.

L’exemplaire déposé dans la sépulture BB de Gabor (n° 322) permet de dater leur apparition dès la seconde moitié du VIIe s. a.C.456, tandis que celui mis au jour dans le tumulus A des Places-Nexon à Saint-Hilare-les-Places (Haute-Vienne) (n° 336), accompagnant une agrafe en fer en simple crochet (Ag.7), atteste leur emploi durant le Ve s. a.C.457.

4. Type Ba.3 – Bagues en métaux précieux (or ou argent)
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 9.3)

Bien que l’on ne comptabilise que trois exemplaires fabriqués à partir d’un métal précieux (or ou argent), leurs morphologies bien distinctes obligent à les séparer en autant de sous-types.

Le premier concerne un anneau fermé en or dont la face externe est décorée d’une ligne continue de dents incisées (A). Le second est un individu en argent dont la tige se compose de 7 fines armilles soudées recouvertes par une plaque décorée de motifs géométriques obtenus par incisions (B). Son état de conservation ne permet pas de déterminer si cet objet était ouvert ou fermé. Enfin, le dernier objet est une bague en or ouverte à tige torsadée, dont les extrémités de la tige se chevauchent et se terminent par de petits tampons toriques (C).

Parmi ces bagues, les deux exemplaires en or (A et C) ne connaissent pas de parallèles satisfaisants. Le mobilier céramique qui accompagnait celle à tige lisse (A) dans le tumulus 1 d’Ibos (n° 284) est rattaché à la phase I (750-650 a.C.) de J.-P. Mohen458, tandis que celle à tige torsadée de l’habitat Las Peñas de Oro (Alava) (n° 5) provient d’une couche d’occupation que l’on peut situer entre le VIIe et la première moitié du VIe s. a.C.459.

Enfin, la sépulture 48 de la nécropole de Lagravière à Fauillet dont est issue la bague en argent à tige en armille (B) appartient au groupe 3 du site, bien daté entre 625 et 575 a.C. par A. Dumas460.

5. Type Ba.4 – Bagues en verre
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 9.4)

Ce type est représenté par une unique bague en verre. Partiellement conservé, cet individu qui devait être fermé, dispose à son sommet d’un renflement plat à la manière d’un chaton. De forme circulaire, il cerne de petites excroissances bouletées disposées en cercle.

Cette pièce provient du tumulus 26 de la nécropole du Camp de l’Eglise (n° 207) que l’on peut situer entre 475 et 425 a.C. par l’agrafe à évidements et un crochet (Ag.5.A) ainsi que la fibule à ressort de schéma laténien (Fi.18.A.1) qui l’accompagnaient461.

Les boucles d’oreilles

Les boucles d’oreilles sont des parures annulaires pourvues d’un système d’attache perçant le lobe de son porteur. Ce trait fait qu’elles sont aisément reconnaissables, même lorsqu’elles ne sont pas mises au jour en position fonctionnelle. Dans la mesure où les sépultures de la zone d’étude ont livré une ou deux boucles d’oreilles, on peut émettre l’hypothèse qu’elles pouvaient être portées à l’unité ou par paire. Dans ce dernier cas, les deux boucles sont identiques462. Leur diamètre interne, mesuré sur les individus les mieux conservés, est compris entre 1 et 6 cm. Les solutions techniques permettant l’attache de l’objet aux lobes d’oreilles sont peu nombreuses. Il peut s’agir d’un simple appointement d’une des extrémités de la tige ouverte, d’un petit anneau rapporté jouant le rôle de crochet auquel était suspendue la boucle proprement dite, ou encore d’extrémités asymétriques pourvues d’un côté d’un appointement venant se crocheter dans un œillet ménagé sur l’extrémité opposée. Elles sont quasi exclusivement fabriquées en alliage cuivreux ; on compte toutefois deux boucles d’oreilles en or et deux autres en électrum463.

1. Présentation de la typologie

Dans la mesure où l’on comptabilise peu de boucles d’oreilles dans l’inventaire, l’outil typologique s’attachera à classer ces objets selon deux critères simples et reconnaissables, à savoir le système d’attache et la morphologie générale de la tige (fig. 53). Dans un cas toutefois, il est possible de distinguer des sous-types à partir du matériau de fabrication des boucles.

Les 31 boucles d’oreilles identifiables avec certitude peuvent être classées en six types. On remarque que les boucles d’oreilles à fermeture à crochet et tige rubanée (Bo.5) représentent 61 % (19 exemplaires) du total, tandis que les autres ne sont connus que par moins de six individus.

Les différents types de pendeloques rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 53. Les différents types de pendeloques rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Bo.1 – Boucles d’oreilles à fermeture appointée et tige filiforme simple
Nombre d’individus : 3
(Annexes 3 : Liste 10.1)

Ces exemplaires en alliage cuivreux se composent d’une fine tige de section circulaire ouverte dont l’une des extrémités se termine par un petit tampon conique tandis que la seconde est appointée.

La paire de boucles d’oreilles de ce type découvertes au Martinet (n° 299) provient de la sépulture 182 qui appartient à la phase III (725-675 a.C.) de la nécropole464. En revanche celle déposée dans le tombe 1 du niveau C de la nécropole d’El Castejón (n° 34) pourrait plutôt se situer entre le VIe et le Ve s. a.C. si l’on tient compte d’un possible fragment de torque à tige lisse et à tampons (To.3.A.3) qui l’accompagnait. La perduration de ces boucles d’oreilles jusqu’au Ve s. a.C. peut-être envisagée dans la mesure où l’on connaît un exemplaire similaire sur l’oppidum de Vié-Cioutat de Mons (Gard) en association avec des fragments d’amphore massaliète datés entre 450 et 400 a.C.465.

3. Type Bo.2 – Boucles d’oreilles à fermeture appointée et tige filiforme à perle
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 10.2)

Cet unique individu à tige filiforme et terminaisons appointées se singularise par son diamètre interne de 6 cm et la présence d’une perle en verre enfilée.

Dans la mesure où cette pièce provient d’un lot d’objets découverts hors de tout contexte archéologiquement fiable, on la rapprochera de la morphologie des torques composites à perles (To.25) datés du courant du VIIe s. a.C.

4. Type Bo.3 – Boucles d’oreilles à fermeture appointée et tige renflée
Nombre d’individus : 5
(Annexes 3 : Liste 10.3)

Ces boucles d’oreilles se distinguent par l’épaisseur de leur tige irrégulière, diminuant à mesure qu’elle s’approche des extrémités appointées. On peut séparer celles en alliage cuivreux (A) de celles confectionnées en or (B). Signalons que les deux boucles d’oreilles en alliage cuivreux provenant de l’inhumation du Camp de Monseigne à Saint-Jean-de-Laur (n° 235) pourraient être de section creuse, sans certitude toutefois466.

La morphologie des boucles d’oreille en alliage cuivreux (A) du Camp de Monseigne renvoie à plusieurs pièces similaires de l’est de la France ou en Suisse où elles marquent la fin du Ha D1 ou le Ha D2-3, correspondant à la phase 7a (570/560-540/530 a.C.) de H. Parzinger467. Dans l’inhumation du Camp de Monseigne, le torque à tige rabattue (To.23) et la fibule à fausse corde à bouclettes (Fi.17) suggèrent une datation entre la fin du VIe et le début du Ve s. a.C.

Il est en revanche plus délicat de formuler une proposition chronologique pour celles en or (B) d’Espagne puisque les trois individus recensés ne proviennent pas de contextes fiables. Pour A. Lorrio, ces objets, en contexte celtibérique, seraient marqués par des influences orientalisantes ou méditerranéennes durant le VIe et Ve s. a.C.468. Cette fourchette large et aussi celle de la paire de boucles d’oreilles en or de la nécropole d’El Castillo à Castejón (Navarre) (n° 37), dont la fréquentation est datée du début du VIe et de la première moitié du Ve s. a.C.469.

5. Type Bo.4 – Boucles d’oreilles à fermeture à crochet rapporté et tige en tôle évasée
Nombre d’individus : 1
(Annexes 3 : Liste 10.4)

L’unique individu de ce type est proche des boucles d’oreilles du type précédent par sa forme en anneau excentré. Cependant, cette pièce est fermée et est composée d’une tôle de métal évasée. Cet anneau est un pendant, accroché au lobe à l’aide d’un plus petit anneau crocheté.

Cette boucle d’oreilles ne connaît pas de parallèle satisfaisant. Tout au plus est-il possible de rapprocher cet anneau en tôle de métal aux boucles du type précédent (Bo.3.A). Une datation dans le courant du VIe s. a.C. est cohérente avec celui du bracelet à dents grêles et œillets (Br.10.A) qui l’accompagnait dans la sépulture des Petits Sablons à Coutras (Gironde) (n° 160)470.

6. Type Bo.5 – Boucles d’oreilles à fermeture à crochet et tige rubanée
Nombre d’individus : 19
(Annexes 3 : Liste 10.5) (Annexes 2 : Carte n° 46)

De loin les plus nombreuses, les boucles d’oreilles de ce type sont composées d’un ruban en alliage cuivreux pouvant être lisse, incisé ou cannelé et mouluré. L’une des extrémités appointées vient se crocheter dans l’œillet de l’extrémité opposée.

Ce type de boucles d’oreilles est le plus représenté dans la panoplie du Premier âge du Fer occidental. On compte de nombreuses attestations dans la nécropole de Mailhac (Aude) lors des deux premières phases du site (900-725 a.C.), comme dans les tombes 56 ou 221471, tandis qu’en France centrale, elles fig. rent parmi les marqueurs du Ha D1-2 récent (580-510 a.C.), comme dans la sépulture 1 du tumulus 2 de Touzel à Coust (Cher)472. Dans la zone d’étude, ces boucles d’oreilles semblent apparaître dès le VIIIe s. a.C. dans la tombe 42 de Mondi à Algans (Tarn) (n° 242), associée à une épingle à tête en anneau (Ep.8)473, puis continuent d’être portées au cours du siècle suivant comme l’atteste l’exemplaire de la sépulture BB de Gabor (n° 322) daté de la seconde moitié du VIIe s. a.C. par la présence de bracelets à tampons en fer (Br.19.A) et un torque composite à perles (To.25). Enfin, l’individu du tumulus B de Pujaut (n° 167) constitue ce que l’on peut considérer comme un des indices les plus tardifs de leur usage puisque la fibule de type Golfe du Lion qui l’accompagne (Fi.13.A.3) situe l’ensemble dans le troisième quart, voire même, la seconde moitié du VIe s. a.C.474.

7. Type Bo.6 – Boucles d’oreilles à fermeture à crochet et tige en filigrane
Nombre d’individus : 2
(Annexes 3 : Liste 10.6)

Ce type rassemble un individu et probablement un second. Il s’agit de boucles en électrum d’un diamètre interne d’1 cm. La tige, de fabrication complexe, se compose d’un groupe de trois fils (deux fils lisses et un torsadé), repliés de façon à former un groupe de six fils. L’une des terminaisons, disposant d’un mince ruban maintenant pincés les fils de la tige, est appointée et constitue le système de fermeture à crochet. Enfin des petites sphères de 0,12 cm de diamètre décorent la tige sur toute la longueur. Ménagées par paire, ces sphères pourraient être attachées par brasure.

Si la complexité de cette pièce ne connaît pas de parallèles parfaitement identiques, on peut toutefois la rapprocher d’autres boucles d’oreilles à crochet du Midi de la France. On pense notamment à l’exemplaire de la tombe 17 de la nécropole de Las Peyros à Couffoulens (Aude)475, ou à la paire issue de la tombe 263 d’un jeune enfant dans la nécropole de Saint-Julien à Pézenas (Hérault)476, toutes deux datées du milieu ou de la seconde moitié du VIe s. a.C. Ces éléments de comparaisons méridionaux se distinguent par la présence de protubérances ou de sphères accolées à la tige et l’emploi d’un métal “noble”, ici l’argent. Cette proposition chronologique est en accord avec l’étude de l’ensemble céramique qui accompagnait la boucle d’oreilles de Lanouaille (Dordogne) (n° 141) qui est également datée de la seconde moitié du VIe s. a.C.477, et pourrait aussi être en accord avec le possible second exemplaire du tumulus de La Mouthe (Dordogne (n° 139) qui est associé à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A)478.

Les pendeloques

On décrit comme pendeloques des objets souvent allongés, suspendus à un fil ou lanière en métal ou en matière périssable. Cette suspension se fait le plus souvent par un œillet ménagé à l’une de ses extrémités, ou via une pièce rapportée comme de petits anneaux ou une chaînette. Cependant, cette catégorie de mobilier peut être rapprochée des perles par le fait que chaque individu ne constitue pas en soi une parure mais appartient à un ensemble. Ainsi, leur étude est soumise aux mêmes contraintes que les perles, c’est-à-dire que plusieurs pendeloques, de type identique ou non, peuvent appartenir à un même objet. En l’absence d’informations taphonomiques liées à leur port, les analyses qu’il est possible de réaliser sur les pendeloques demeurent relativement limitées.

Dans la zone d’étude, les pendeloques sont fabriquées en alliage cuivreux, en os ou en roche.

1. Présentation de la typologie

Dans la mesure où les pendeloques offrent une grande variété de forme malgré le nombre relativement faible d’individus recensés au regard des autres catégories de parure, le classement s’attardera simplement et principalement sur l’identification de formes générales capables de rassembler le plus grand nombre d’exemplaires inventoriés (fig. 54).

Il est possible d’identifier 11 types différents pour les 80 lots (105 individus) de pendeloques reconnaissables. Les exemplaires munis d’un petit anneau de suspension (Pen.3) et ceux en rouelle (Pen.6) sont les plus répandus dans la zone d’étude et représentent 54 % du corpus. À ce total viennent s’ajouter 7 lots (11 individus) ne pouvant être rattachés à un type précis en raison d’une documentation insuffisante.

Les différents types de pendeloques rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 54. Les différents types de pendeloques rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Pen.1 – Pendeloques à double anneau en “8”
Nombre d’individus : 8 (10)
(Annexes 2 : Carte n° 47) (Annexes 3 : Liste 11.1)

Ce type rassemble des pendeloques en alliage cuivreux formés de deux anneaux de tailles différentes et de section lenticulaire évoquant un “8”. La suspension se fait à l’aide d’une pièce rapportée (chaînette, anneau, crochet, etc.) passant à l’intérieur de l’anneau de plus petite taille. La nécropole de Navafría à Clarès (Guadalajara) (n° 16) a livré une pièce en alliage cuivreux, à la fonction encore hypothétique, composée d’un ruban métallique circulaire, perforée d’œillets à intervalle régulier auquels sont suspendues des pendeloques de ce type via des chaînettes ou des fils479.

Ce type de pendeloque est connu dans plusieurs ensembles clos de la zone d’étude datés du début et de la fin du Premier âge du Fer. Dans la sépulture 372 du Causse (n° 305) il est associé à une épingle à tête en anneau (Ep.8) situant l’assemblage funéraire entre les phases II et III (775-675 a.C.) de la nécropole480. En revanche, l’individu de la tombe 47 de Herrería (n° 19) qui accompagnait notamment une agrafe à quatre évidements et quatre crochets (Ag.5.H), doit être placé dans le courant du Ve s. a.C.481.

3. Type Pen.2 – Pendeloques à corps triangulaire et grand anneau de suspension
Nombre d’individus : 5 (5)
(Annexes 2 : Carte n° 47) (Annexes 3 : Liste 11.2)

Les pendeloques de ce type sont fabriquées à partir d’une tôle d’alliage cuivreux de forme triangulaire dont le grand sommet dessine un large anneau par lequel la pièce était suspendue. Aucun des exemplaires référencés ne présentent de décor estampé ou incisé et leur taille peut varier entre 6,6 cm et 2,2 cm de long. Enfin, la base du triangle peut être ajourée, ménageant une ouverture hémisphérique ou quadrangulaire.

Dans la nécropole de d’Arihouat (n° 148) ou dans celle de la caserne Niel (n° 152), ces pièces sont surtout associées à du mobilier caractéristique des trois derniers quarts du VIIe s. a.C., avec un torque à tige torsadée et crochets (To.17) dans la sépulture 133 d’Arihouat, ou un bracelet en fer tige simple décorée (Br.18.B) dans la tombe 8323 de la Caserne Niel482. Leur usage s’est poursuivi au siècle suivant puisque la sépulture 1069 du Causse daté de la phase V (575-475 a.C.) du site en a livré un exemplaire483. On peut cependant supposer que cette extension au VIe s. a.C. s’est limitée à la première moitié du siècle si l’on tient compte des quelques pièces similaires mises au jour en Languedoc, comme dans le dépôt de Rochelongue à Agde (Hérault) qui se situe entre 625 et 550 a.C.484.

4. Type Pen.3 – Pendeloques à petit anneau de suspension moulé
Nombre d’individus : 19 (37)
(Annexes 3 : Liste 11.3)

Ces pendeloques en alliage cuivreux se distinguent par la présence à leur sommet d’un petit anneau, moulé avec le reste de l’objet, par lequel elles étaient suspendues. De petite taille et souvent mises au jour par lots de deux ou trois individus, ces pendeloques sont de morphologie variée, ce qui permet de les diviser en sous-types.

Le premier comprend celles dites en crotales, formées de deux coques entrouvertes (A)485. On peut ensuite distinguer les exemplaires losangiques ou en pointe renflée et ajourée au centre (B) de ceux biconiques à base plate et évasée (C). Les sous-types suivants ne sont représentés chacun que par un seul individu. Ils comprennent respectivement un exemplaire constitué d’une tige lisse de section circulaire incisée (D), un autre à tige torsadée (E) et un individu, probablement mal conservé, en forme de botte (F). Enfin, le dernier sous-type regroupe un petit nombre de pendeloques composées d’une sphère de 0,5 cm d’épaisseur surmontée d’un anneau de suspension (G).

Parmi toutes ces pendeloques, celles en crotales (A) sont bien documentées grâce à de nombreuses découvertes sur un vaste territoire. Les parallèles connus dans l’est de la France, comme dans la tombe 7 du tumulus de Courtesoult (Haute-Saône), les rattachent au groupe 1 de la fréquentation du tertre, soit au Ha D1 (650-550 a.C.)486. En France méridionale, les individus répertoriés dans le dépôt de Rochelongue à Agde (Hérault) confirment cette attribution chronologique487. Enfin, l’unique exemplaire inventorié dans la zone d’étude, qui provient de la tombe 91 d’Herrería (n° 19) se place dans la même fourchette chronologique puisqu’il est associé à une agrafe à échancrures ouvertes inornée (Ag.3.A), ce qui cale l’ensemble entre la fin du VIIe et le milieu du VIe s. a.C.488.

Il est en revanche moins aisé de situer précisément les différentes pendeloques allongées (B, C, D, E et F) dans la mesure où les contextes archéologiques dont elles sont issues sont peu nombreux ou que le mobilier qui les accompagne dans les rares sépultures documentées ne sont pas de bons marqueurs chronologiques. On peut cependant proposer des parallèles avec quelques pièces méridionales très proches de celles de forme losangique (B) sur le site du Pech du Mus à Sainte-Eulalie-de-Cernon (Aveyron) que les fouilleurs situent dans la première moitié du Ve s. a.C.489, tandis que le dépôt de Rochelongue d’Agde (Hérault) a livré un pendentif biconique (C)490. Ces quelques éléments de comparaisons, bien que partiellement satisfaisants, permettent de situer l’usage de ces multiples pendeloques entre 650 et 450 a.C. Cette fourchette chronologique semble en accord avec l’individu à tige lisse (D) de la sépulture B du tumulus 14 du Frau (n° 326) qui peut être datée de la seconde moitié du VIe s. a.C. par les autres mobiliers de parure qu’elle renfermait491. À propos des pendeloques en botte (F), on ressence de nombreux parallèles sur une large aire de distribution allant de la transalpine, avec un exemplaire connu à la Heuneburg (Bade-Wurtemberg), au nord de l’Italie, où ils sont datés du Ha D3492.

Enfin, les pendeloques sphériques munies d’un anneau de suspension (G) sont attestées dès la fin du VIIe ou le VIe s. a.C. dans plusieurs nécropoles ibériques493 mais toujours employées à LT A ancienne et récente, comme celles de la région de Nîmes494, ou au nord-est, dans la tombe 48 de la nécropole suisse d’En Pétoleyres à Saint-Sulpice (Vaud)495, et plus largement dans le sud des Alpes comme dans l’Est de la France496.

5. Type Pen.4 – Pendeloques en anneau “en dent”
Nombre d’individus : 3 (5)
(Annexes 3 : Liste 11.4)

Très peu nombreuses et connues aussi bien en alliage cuivreux qu’en roche, ces pendeloques prennent la forme d’un simple anneau dont une partie de la tige est étirée et appointée leur conférant une forme rappelant celle d’une dent.

L’individu en pierre du tumulus 4 de la nécropole du Pech de Cramazou à Calès (Lot) (n° 197) est le seul qui provienne d’un contexte archéologique fiable497. Le bracelet en fer à tampons qui l’accompagnait et sa situation dans le tertre, postérieure à l’incinération centrale, permet de situer cette sépulture probablement dans la seconde moitié du VIe s. a.C. De manière générale, ce type de pendeloque est connu tout au long du Premier âge du Fer jusqu’au milieu du Second498.

6. Type Pen.5 – Pendeloques à double spirales
Nombre d’individus : 4 (5)
(Annexes 3 : Liste 11.5)

Ces pendeloques en alliage cuivreux se singularisent par leur morphologie. Elles sont constituées d’un fil métallique de section circulaire dont les deux extrémités sont enroulées sur elles-mêmes en sens contraire. La zone reliant ces deux spirales forme une “anse de panier” surélevée, plus ou moins pincée.

La tombe 28 de la nécropole de La Cerrada de los Santos à Aragoncillo (Guadalajara) (n° 10), qui a livré deux pièces de type, constitue l’unique contexte fiable connu499. Le reste du mobilier qui comprend notamment une fibule à pied coudé (Fi.15.A.1) rattache cet ensemble funéraire au début du Ve s. a.C.

7. Type Pen.6 – Pendeloques en rouelle
Nombre d’individus : 24 (24)
(Annexes 2 : Carte n° 48) (Annexes 3 : Liste 11.6)

Ce type rassemble des pendeloques en rouelle qui pouvaient être suspendues à l’aide d’une pièce rapportée ou par un ou deux anneaux de suspension moulés avec l’objet. Ces pendeloques circulaires présentent un décor central rayonnant identiques à celui que l’on retrouve sur les têtes d’épingles (Ep.10). Si on compte un exemplaire en plomb de section plate, tous les autres individus sont en alliage cuivreux et de section triangulaire.

Leur lien stylistique avec les épingles à tête à rouelle pourrait laisser penser que ces pendentifs datent également de la fin de l’âge du Bronze et du début du Premier âge du Fer. De fait, leur usage comme pendentif est attesté dès le milieu du VIIIe s. a.C. dans la sépulture 1 du tumulus L.3 d’Ossun (n° 287), daté de la phase I (750-650 a.C.) de J.-P. Mohen500. De plus, les nombreux parallèles connus dans le Languedoc orientent vers une chronologie ne dépassant pas le début du VIe s. a.C.501. Cependant, on doit prolonger leur emploi au moins jusqu’au milieu du Ve s. a.C. comme le suggèrent la rouelle déposée dans la sépulture 1 de Pau (n° 271) associée à une fibule navarro-aquitaine (Fi.14.A.4) et à des torques à tampons et entailles transversales (To.12)c502, ou encore le possible fragment de rouelle de la sépulture 1 du tumulus 25 du Camp de l’Église nord (n° 207)503. On notera toutefois qu’aucune logique chronologique concernant leur structure décorative rayonnante ne semble se dégager.

8. Type Pen.7 – Pendeloques à parure réemployé
Nombre d’individus : 2 (2)
(Annexes 3 : Liste 11.7)

Parmi les autres catégories de parures inventoriées dans la zone d’étude, il semblerait qu’au moins deux individus, et peut être un troisième, aient été détournés de leur fonction première afin d’être portés comme pendeloque. Il s’agit d’une fibule en alliage cuivreux dont l’arc, brisé à mi-parcours, est replié vers le pied de manière à former une boucle de suspension. On peut également identifier un même détournement d’usage pour deux fragments d’épingles à tête bouletée repliés et enserrés l’un dans l’autre.

Le monument funéraire dont est issue la fibule de type Golfe du Lion réemployée est daté des deux premiers tiers du VIe s. a.C.504. Il est moins aisé de proposer une datation pour les deux fragments d’épingles découverts en prospection sur l’habitat de Las Terraceras I à Mas de las Matas (Teruel) (n° 70).

9. Type Pen.8 – Pendeloques en tôle (de forme variée)
Nombre d’individus : 2 (2)
(Annexes 3 : Liste 11.8)

Ce type rassemble des individus constitués d’une tôle d’alliage cuivreux munie d’ajours dans lesquels venaient s’enserrer des pièces rapportées de suspension. Dans la mesure où l’on ne recense que deux individus, on ne proposera pas de division en sous-types malgré la morphologie différente de ces exemplaires.

À la faveur du mobilier qui les accompagnait, l’individu du dépôt des Arz à Uchentein (n° 97) peut être daté entre le dernier quart du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C.505, tandis que celui de la sépulture 46 d’Arihouat (n° 148) se situerait plutôt entre le VIIIe et le VIIe s. a.C.506.

10. Type Pen.9 – Pendeloques conique en tôle
Nombre d’individus : 2 (4)
(Annexes 3 : Liste 11.9)

Ces quelques pendeloques sont fabriquées à partir d’une tôle d’alliage cuivreux repliée en cône rappelant la forme d’une cloche dont le sommet est ajouré.

Dans une certaine mesure, ces pendeloques peuvent être rapprochées de celles découvertes au Cayla à Mailhac (Aude) et datées du VIe et du début Ve s. a.C.507. On peut cependant prolonger leur usage jusqu’au courant du Ve s. a.C. puisque les trois exemplaires déposés dans le tumulus 28 du Camp de l’Église nord (n° 207) accompagnent une agrafe en fer ajourée (Ag.6.B)508.

11. Type Pen.10 – Pendeloques en dent animale
Nombre d’individus : 7 (7)
(Annexes 3 : Liste 11.10)

Ce type regroupe des dents animales (sangliers, moutons, ours) utilisées en pendeloque comme en témoigne le trou ménagé à l’une des extrémités.

L’emploi de dents animales est attesté durant tout le Premier âge du Fer dans les zones extra-régionales509. Dans la zone d’étude, seules la tombe 718 du Causse (n° 305) et celle du tumulus de Route-Vielle à Noailles (Corrèze) (n° 128) peuvent être considérées comme des ensembles archéologiquement fiables. Le premier appartient la phase IVa (625-575 a.C.) de la nécropole510, tandis que le second est daté du Ha C récent (730-650 a.C.) par l’épée hallstattienne en alliage cuivreux qu’elle renfermait511.

12. Type Pen.11 – Pendeloques en plaque quadrangulaire taillée
Nombre d’individus : 4 (4)
(Annexes 3 : Liste 11.11)

On compte un petit nombre d’individus de forme quadrangulaire aux angles arrondis de 12 à 6,6 cm de long, taillés dans la roche ou dans un os d’origine animale. L’une des faces est percée, assurant leur suspension.

Le tumulus IV de la nécropole de Moissac à Glandon (Haute-Vienne) (n° 331) et le tumulus A de Saint-Hilaire-Les-Places (n° 336) ont tous deux livrés des pendeloques de ce type et peuvent être datées du Ve s. a.C. par les autres mobiliers de parure associés512.

Les possibles parures

On classera dans cette catégorie les catégories d’objets dont la fonction en tant que parure n’est pas clairement établie. Il est donc nécessaire de discuter de leur attribution au mobilier de parure.

Les parures pectorales

On désigne par le terme “parures pectorales” une catégorie d’objets de grande taille qui étaient portés sur le vêtement, probablement au niveau du thorax. Les parures pectorales reconnues comme telles dans la zone d’étude sont exclusivement en alliage cuivreux et peuvent atteindre jusqu’à 20 cm de long pour 10 cm de large (sans tenir compte des pendeloques éventuellement suspendues). De manière générale, deux grandes morphologies sont identifiables pour la région : les parures pectorales composées d’une ou deux plaques rectangulaires, et celles, plus complexes, constituées de grandes spirales attachées à une longue tige rectiligne et maintenues par un épais fil enroulé courant tout le long. D’après les individus les mieux conservés, ces parures pectorales étaient fixées au vêtement par une épingle, un crochet ou une fibule513. Les quelques individus spiralés découverts en France se distinguent des modèles espagnols par l’absence de système d’attache par appointement514.

Bien qu’aucun individu n’ait été découvert en position fonctionnelle, leur grande taille et leur système d’attache ne laissent que peu de doute quant à la partie du corps qu’ils couvraient. Toutefois, cette caractéristique pose également la question de leur fonction. Comme pour les grandes épingles, la surface qu’elles recouvrent entrave nécessairement les mouvements du porteur. Dès lors, on peut supposer qu’il s’agit d’objets employés dans un contexte particulier et occasionnel, éventuellement de nature politique, rituelle, ou religieuse.

Si leur fonction réelle demeure hypothétique, leur caractère ornemental est quant à lui indéniable. Ces parures pectorales peuvent recevoir un riche décor incisé ou de points estampés encadrant leur structure, rappelant les ornementations réalisées sur les agrafes de ceintures. Composés parfois d’un assemblage de plusieurs pièces de métal, les exemplaires les mieux conservés sont également pourvus de multiples pendeloques suspendues par des chaînettes ou des fils spiralés. Ces observations conduisent à reconnaître la qualité ornementale primordiale de cette catégorie de mobilier. À défaut de définir convenablement leur fonction, leur rattachement aux objets de parure paraît donc justifié.

1. Présentation de la typologie

Dans la mesure où le nombre de parures pectorales inventoriées est relativement faible, il n’est pas utile de proposer un classement trop segmentant. À ce titre, on suivra les choix d’A. Lorrio qui demeurent les plus efficaces, en séparant les individus à plaque décorée (Pec.1) de ceux à fils spiralés (Pec.2) (fig. 55)515. Concernant le dernier type, il est possible de reconnaître des sous-types principalement à partir de la taille. Cette distinction est possible en premier lieu parce que le nombre d’exemplaires de type à fils spiralés (Pec.2) est le plus important du corpus (75 % du contingent total). Deuxièmement, même si la fonction réelle de ces objets demeure floue, on peut émettre l’hypothèse que leur taille soit en lien avec leur utilisation. Ainsi, on peut penser qu’elle influe sur la valeur économique des objets en fonction de la quantité de métal engagée lors de la fabrication, ou, s’il s’agit d’objets à caractère rituel ou religieux, qu’elle modifie la signification symbolique qui pourrait leur être attachée. Enfin, on proposera de classer à part les individus issus des contextes français, tant ces derniers divergent des modèles espagnols, notamment sur la difficulté à les identifier de manière certaine comme parures pectorales (Pec.3).

À la différence des autres catégories de parures, il est peu aisé de proposer une datation précise de ces pièces selon leur type dans la mesure où elles proviennent quasi-exclusivement de nécropoles espagnoles non contextualisées. Il est cependant possible d’émettre quelques remarques qui prendront place à la fin de la présentation typologique.

Les différents types de parures pectorales rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.
Fig. 55. Les différents types de parures pectorales rencontrés (numéro) et leur sous-types (lettre), ainsi que leur répartition quantitative.

2. Type Pec.1 – Parures pectorales à plaque décorée
Nombre d’individus : 10
(Annexes 3 : Liste 12.1)

Peu nombreuses, ces parures pectorales sont composées d’une plaque rectangulaire pouvant atteindre 10 cm de long sur 9 cm de large, ce qui permet l’ajout d’un riche décor incisé ou estampé suivant les pourtours de la plaque et dessinant des lignes de points ou des dents. Une seconde plaque, de plus faibles dimensions, peut être rapportée et fixée à la première par un anneau ou un crochet traversant des ajours. C’est sur cette seconde pièce que le système d’attache au vêtement est installé, comme le laisse supposer l’exemplaire bien conservé de la nécropole de Navafría à Clares (n° 16)516. Deux individus provenant de la nécropole de Carratiermes à Montejo de Tiermes (Soria) (n° 51) sont de conception légèrement différente517. Ils sont constitués d’une seule plaque rectangulaire dont la zone centrale supporte un décor fig. rant des animaux stylisés, probablement des cerfs. La partie supérieure voit l’ajout d’une ou plusieurs pièces de forme circulaire, dont notamment une pendeloque spiralée de type Pen.5, d’où part le système de fixation en épingle. La partie inférieure de la plaque est percée de multiples trous auxquels sont suspendues plusieurs pendeloques triangulaires de type Pen.2.

3. Type Pec.2 – Parures pectorales à fils spiralés
Nombre d’individus : 51
(Annexes 3 : Liste 12.2)

Plus nombreux que les parures pectorales précédentes, celles pourvues de fils spiralés offrent également une plus grande variété morphologique à partir de laquelle il est possible d’identifier des sous-types plus ou moins bien représentés (fig. 55).

Le premier rassemble des individus de petite taille constitués de deux tiges maintenues l’une contre l’autre par un fil enroulé et décorées de deux spirales à chacune de leurs extrémités (A). Au centre, une épingle, attachée par un nœud en croix, sert de système de fixation. C’est ce sous-type qui a posé le plus de problèmes d’identification, les tiges et spirales étant reconnues comme des têtes d’épingles ou des ressorts de fibules lorsque les parures pectorales étaient incomplètes. Le second sous-type regroupe des exemplaires très similaires au précédent, à la différence majeure qu’il voit se multiplier le nombre de spirales et donc de tiges internes (B). Pour les exemplaires les mieux conservés, ce nombre peut atteindre 12 spirales placées symétriquement de part et d’autre de l’axe enroulé central. La longueur maximale observée pour ces parures pectorales est de 13 cm pour des spirales de 3,2 cm de diamètre. De plus, des pendeloques, de types Pen.1 ou Pen.5, peuvent être suspendues aux spirales inférieures. Les individus du sous-type suivant se distinguent essentiellement par leurs mensurations supérieures (C). Bien qu’on ne connaisse aucun exemplaire conservé entièrement, les seuls fragments mis au jour peuvent atteindre 20 cm de long pour des spirales de 4,3 cm. Ces parures pectorales peuvent également supporter des pendeloques de type Pen.5. Le dernier sous-type ne concerne que trois individus composés d’une seule grande spirale de plus 4 cm de diamètre autour de laquelle est enroulée une pendeloque de type Pen.5 et son fil de suspension (D). Il faut noter que l’identification de ce sous-type peut être sujet à caution dans la mesure où son aspect “ramassé” peut tout aussi bien renvoyer à des modèles de type 2.C qui auraient été ployés et symboliquement sacrifiés. Cette question n’étant pas résolue, on conserva une séparation typologique par prudence.

4. Type Pec.3 – Parures pectorales incertaines en fil spiralé
Nombre d’individus : 7
(Annexes 3 : Liste 12.3)

Les individus regroupés dans ce type proviennent tous de contextes archéologiques français : des dépôts ariégeois des Arz à Ucheintein (Ariège) (n° 97) ou du Peyré à Sabrat (n° 95), et des nécropoles girondines des Gaillards à Biganos (n° 158) et de Pujaut à Mios (n° 167) dans la vallée de la Leyre.

S’ils ont été distingués des parures pectorales à fils spiralés espagnols, c’est en raison de leur morphologie et de leur état de conservation qui ne permettent pas d’assurer leur appartenance à cette catégorie de mobilier. En effet, ces quelques individus se singularisent tout d’abord par le fait que seules les spirales, sans la monture sur tige, soit conservées. Cela suggère qu’elles étaient assemblées différemment, comme en témoigne leurs extrémités appointées et non brisées à l’extérieur de l’enroulement. De plus, les spirales françaises possèdent des dimensions bien plus importantes que celles des parures pectorales espagnoles puisqu’elles sont comprises entre 9,6 et 14 cm. Enfin, pour les exemplaires du dépôt des Arz, le centre de l’enroulement quitte le plan axial général de l’objet pour s’élever et former un cône spiralé. Cette dernière remarque permet d’identifier des sous-types qui séparent les grandes spirales ariégeoises (3.A) de celles de Gironde (3.B).

Tous ces éléments morphologiques les distinguent donc des parures pectorales à fil spiralé espagnoles. Leur conservation imparfaite et le manque d’informations taphonomiques liées à leur mode de déposition rendent, pour l’heure, leur caractérisation difficile.

Concernant les parures pectorales de types Pec.1 et Pec.2, les divers indices dont on dispose aiguillent vers une datation comprise entre le VIe et le Ve s. a.C. En effet, les sites funéraires dont elles sont issues sont fréquentés dès le Celtibère ancien (600-500 a.C.) de A. Lorrio, comme ceux de Navafría à Clares (n° 16) ou Alpensque (n° 46)518, tandis que leur continuité jusqu’au Ve s. a.C. est assurée par quelques ensembles clos fiables dont notamment la sépulture 5 de la nécropole de Prados Redondos à Sigüenza (n° 25) qui renfermait une fibule annulaire (Fi.19.B)519. En outre, cette datation est en accord avec les éléments qui composent ces parures pectorales, comme les diverses pendeloques rapportées.

Les possibles parures pectorales françaises (Pec.3) ont une distribution chronologique différente. Les deux pièces girondines des nécropoles des Gaillards (n° 158) ou du Pujaut (n° 167) doivent être situées, à l’image des exemplaires espagnols, entre 525 et 450 a.C. par le mobilier qui les accompagnait. En revanche, celles mises au jour dans les dépôts ariégeois du Peyré à Sabarat (n° 95) et des Arz à Uchentein (n° 97) sont antérieures et trouvent leur place plutôt entre la fin du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C.

Les “cônes launaciens”
Nombre d’individus : 13 (66)
(Annexes 3 : Liste 13) (Annexes 2 : Carte n° 49)

Le terme de “cône launacien” recouvre une catégorie d’objets dont la fonction demeure largement hypothétique. D’un point de vue formel, il s’agit de pièces en alliage cuivreux, coniques, de 6 à 7 cm de hauteur et dont la surface externe, légèrement concave, est localement décorée d’une vingtaine d’incisions parallèles, ménageant de fines rainures groupées tout autour de l’objet. Le sommet du cône est coiffé d’un bouton hémisphérique, plus ou moins débordant, moulé avec le reste du cône. À l’autre extrémité, la base est ouverte selon un diamètre d’environ 3 cm, et est munie d’un petit appendice latéral ajouré. Un peu au-dessus de sa base, dans sa partie inférieure, la surface est percée de deux ajours quadrangulaires aux bords arrondis se faisant face (fig. 56, A).

Ces cônes sont dits “launaciens” car la grande majorité des exemplaires connus ont été découverts en premier lieu dans des dépôts launaciens du Languedoc occidental520. On les retrouve notamment associés à des bracelets ou des anneaux de jambe à nodosités et à des haches en alliage cuivreux comme dans le dépôt de Vias (Hérault)521. Dans un premier temps, leur morphologie en douille a fait qu’ils ont été identifiés comme des talons de lances, raison pour laquelle on les retrouve également sous le nom de “talons launaciens” dans la bibliographie522. Toutefois, cet emploi explique mal la présence de l’appendice latéral et des perforations quadrangulaires. De nouvelles propositions interprétatives ont donc été formulées, faisant de ces cônes des poupées d’arc, embouties aux extrémités en bois de l’arme, dans le but d’en renforcer sa solidité et de maintenir la corde (fig. 56, B)523. Ces explications restent toutefois insatisfaisantes au regard des récentes critiques qui soulignent que la largeur de la base de ces cônes induit une section circulaire du bois de l’arc d’un diamètre trop important524. De plus, le moyen de fixation de ces supposées poupées d’arc fait appel à une tige épaisse traversant les deux ouvertures quadrangulaires, ce qui aurait pour conséquence de nettement fragiliser la structure en bois lors de la tension de la corde jusqu’à provoquer sa rupture. À la lumière de ces observations, l’utilisation de ces cônes comme poupée d’arc n’est pas d’avantage soutenable que celle comme talons de lance525.

Dès lors, le mobilier qui accompagne ces cônes dans les ensembles clos peut apporter un éclairage sur leur fonction. Si la majorité des individus connus proviennent de dépôts métalliques, la nécropole de Gourjade (n° 298) a livré les premiers cônes découverts en contexte funéraire526. Dans trois sépultures, dont on peut assurer la fiabilité taphonomique, ces cônes étaient déposés à l’unité, seulement accompagnés d’un vase cinéraire et parfois d’une ou deux épingles. Aucun objet appartenant au registre de l’armement n’est présent. On les trouve en revanche associés avec du mobilier de parure, en l’occurrence des épingles. Trois contextes funéraires ne constituant pas une série statistiquement viable, il faut recourir à d’autres points de comparaison. Par chance, on connait des “cônes launaciens” déposés dans l’héraïon de Pérachora, situé dans le golfe de Corinthe (Grèce)527. Ces individus sont accompagnés de plusieurs boutons coniques (type Bt.3.A), de pendeloques en rouelle (Pen.6) et de bracelets ou anneaux de jambe de types variés. Encore une fois, bien qu’en contexte de dépôt rituel, ces cônes se trouvent associés exclusivement à du mobilier de parure. D’autres éléments peuvent constituer un indice de leur fonction comme objet de parure. Citons notamment leur décor rainuré qui rappelle fortement celui des boutons coniques à bélière (type Bt.3.A), ou la morphologie générale en cône et bouton sommital qui évoquent grandement les boutons ou appliques coniques à bélière qui constituaient l’ornementation métallique d’une ceinture en matière organique découverte dans le dépôt fluvial de la Motte à Agde (Hérault), daté entre le VIIIe et le VIIe s. a.C. (fig. 56, C)528.

“Cônes launaciens” provenant de la zone d’étude et propositions de restitutions.
Fig. 56. “Cônes launaciens” provenant de la zone d’étude et propositions de restitutions.

Toutes ces comparaisons concourent à voir dans les “cônes launaciens” des objets appartenant au registre de la parure. La proximité stylistique et morphologique avec des boutons ou appliques connus par ailleurs et bien attestés laissent supposer qu’ils avaient une fonction similaire. Les ajours quadrangulaires, percés sur leur surface concave, pourraient servir à les maintenir sur un vêtement par l’enfilage d’une tige, possiblement en matière organique, jouant le rôle de bélière. Un exemplaire provenant d’un dépôt découvert à Carcassonne a effectivement conservé une tige traversant les ajours et formant une sorte de bélière529. L’appendice latéral peut également être employé comme moyen de suspension sur un fil ou une chaînette. De plus, en contexte funéraire, ils sont découverts associés à des épingles à tête enroulée simple (Ep.1.A) ou à tête en crosse (Ep.6.A), ce qui laisse penser qu’ils étaient liés mécaniquement avec ce type de mobilier, à la manière des boutons coniques (Bt.3.A). Il va sans dire qu’en l’absence d’indices plus précis, ces propositions n’ont valeur que d’hypothèses. Toutefois, en l’état de nos connaissances, les éléments de comparaison rapportés semblent suffisamment solides pour rattacher ces “cônes launaciens” à la catégorie du mobilier de parure.

Enfin, concernant leur chronologie, tous les parallèles évoqués en amont, comme pour le dépôt de Briatexte (Tarn) (n° 295)530, ou comme le dépôt l’héraïon de Pérachora, tendent à placer leur datation entre la fin du VIIe et la première moitié du VIe s. a.C. Toutefois, les exemplaires castrais proviennent de contextes plus anciens puisqu’ils appartiennent à la phase III de la nécropole, suggérant un usage dès la fin du VIIIe ou au début du VIIe s. a.C.

Notes

  1. On conservera dans le catalogue le mobilier fragmenté et mal défini que l’on rattachera à la catégorie des “indéterminés”. Malgré un taux de fragmentation important rendant son identification difficile, ce mobilier a été comptabilisé avec le mobilier de parure pour plusieurs raisons. La première est que la catégorie des “indéterminés” rassemble des objets dont l’attribution à un type de parure est incertaine, comme c’est le cas pour une tige appointée pouvant tout aussi bien appartenir à une épingle qu’à l’ardillon d’une fibule. Malgré tout, il s’agit ici essentiellement d’une hésitation dans le classement d’un objet entre deux catégories de parures. La seconde raison et que certains individus même très fragmentés sont par la taille, le matériau, et parfois la présence de décors, identifiables comme appartenant à la catégorie de la parure et non à celle de l’armement ou de l’outillage, par exemple. Dans tous les cas, ce mobilier a été enregistré et reproduit sur les planches afin de rendre disponible l’information et de permettre leur identification par le lecteur plutôt qu’à servir une argumentation dans les analyses.
  2. Ce comptage n’est que partiellement représentatif puisqu’il rassemble à la fois des objets individuels et des lots d’objets. Le nombre d’anneaux, de perles, de boutons, de “cônes launaciens” et de pendeloques est en réalité bien plus important. De même, les nombreux fragments de bracelets, de torques ou d’anneaux ne permettent pas de décompter avec exactitude l’ensemble de ces parures annulaires, dans la mesure où la fragmentation de certains types rend impossible tout comptage précis ; on pense par exemple aux bracelets multiples portés en armilles.
  3. En complément de cette présentation, plusieurs renvois aux annexes seront ajoutés : dans le volume 2 d’annexes se trouvent les cartes et les planches (pl.) et dans le volume 3 les listes d’objets par type. De plus, dès maintenant, chaque fois qu’un site du corpus est mentionné dans le texte, il est suivi de son numéro d’identification égal à celui figuré sur la carte de répartition (fig. 13).
  4. Si la fonction principale d’une fibule est d’attacher un vêtement, il peut s’ajouter le maintien d’autres éléments tels que des anneaux ou des chaînettes sur l’ardillon comme en témoignent des fibules venant de la nécropole de la Coustalade à d’Avezac-Prat-Lahitte (Hautes-Pyrénées). Voir pl.137 n° 742 ; pl.139 n° 757 et pl.140 n° 772.
  5. Duval et al. 1974, fig. 1, 3 ; Mohen 1980, fig. 26, 69.
  6. La discrimination entre un ressort bilatéral à un sens ou à deux sens de torsion bien mise en avant lors de la première division dans la typologie de J.-P. Mohen n’a pas été reproduite ici. Ce critère a toutefois été déplacé lors du quatrième niveau descriptif de cette étape dans la mesure où il n’avait d’incidence sur la distinction entre les fibules de type Golfe de Lion et toutes les autres à ressort bilatéral et pied coudé. De plus, la documentation disponible ou l’état de conservation de certains individus ne permettaient pas la pleine reconnaissance de ce critère, obligeant à réduire son importance dans l’arborescence typologique.
  7. La discrimination par la forme du pied des fibules à double ressort intervient lors de la seconde étape.
  8. Les questions relatives à l’attribution culturelle de types à des faciès ou à des lieux de distribution privilégiés seront discutées dans les chapitres suivants.
  9. Il serait vain de prétendre que la construction d’une typologie s’établit à partir d’observations absolument neutres et sans a priori, dénuée de connaissances, notamment chronologiques, déjà proposées par des études antérieures. Par exemple, plusieurs travaux ont déjà posé l’hypothèse que la longueur du ressort pour les fibules de types Golfe du Lion ou navarro-aquitaines était un marqueur chronologique (Mohen 1980, fig. 31, 76 ; Rivalan 2011, 332). La création de sous-types ou de variantes à partir de ce critère permet de tester la validité de cette hypothèse.
  10. Il serait tentant de rapprocher cet individu des fibules en “archet de violon” répandues en Italie, Grèce, Hongrie et Roumanie dès le Bronze récent : Von Eles Masi 1986, 1-13.
  11. Argente Oliver 1994, 45.
  12. Blinkenberg 1926, 43-44 et 231-241 ; Von Eles Masi 1986, 1-13.
  13. Cuadrado 1963, 11-14 ; Schüle 1969, Karte 3 ; Lo Schiavo 2010, 657-661.
  14. Duval et al. 1974, 35 ; Rivalan 2011,347-348 et fig. 193, 372 ; Graells i Frabegat 2014, 252-255.
  15. Blinkenberg 1926, 41-53. Duval et al. 1974, 4-5.
  16. Mohen 1980, 70.
  17. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  18. Giraud et al. 2003, 93.
  19. Nickels 1989, 332.
  20. Tendille 1978, 79-81.
  21. Cicolani 2017, 70-86 ; Dubreucq 2013, 47-49 ; Faudino et al. 2014, 127-128 ; Parzinger 1989, 232, taf.143 n° 2 ; Nakoinz 2004, 131 ; Stöllner 2004.
  22. Duval et al. 1974, 32, fig. 19 n° 1 à 6 ; Mohen 1980, 71, fig. 28, n° 1 à 4 ; Coffyn et al. 1981, 36.
  23. L’absence de boucle sur l’arc à l’avant du pied est une caractéristique discriminante des sous-types 1-B et D des fibules de Méditerranée nord-occidentales : Rivalan 2011, 327.
  24. Rivalan 2011, 328 ; Graells i Frabegat 2014, 257.
  25. Dans les sépultures 134 et 149A du Martinet et les sépultures 620, 654 et 701 du Causse.
  26. Gailledrat 1997, 253, fig. 144 n° 3 ; Milcent et al. 2014, 190, fig. 8.
  27. Les divers chercheurs espagnols ayant étudié ces fibules, comme W. Schüle, R. Navarro, E. Cabré-Morán ou J.-L. Argente Oliver ont tous retenu la forme de l’arc comme critère majeur de différenciation. Pour un résumé des multiples typologies créées par ces auteurs voir : Argente Oliver 1994, 51-52. Ainsi, les caractéristiques retenues pour la division en sous-types suivent dans les grandes lignes celles proposées par Argente Oliver. En revanche, des variantes à l’intérieur de ces groupes ont pu être reconnues grâce au grand nombre d’individus catalogués et aux critères secondaires rencontrés.
  28. Argente Oliver 1994, 58.
  29. Taffanel et al. 1998, 297.
  30. Giraud et al. 169, fig. 256.
  31. Argente Oliver 1994, 56-57.
  32. Argente Oliver 1994, 58.
  33. Arnal et al. 1970 ; Garcia, 2013a, 209-210.
  34. L’arc creux des fibules Fi.6.B.1 est réalisé à l’aide d’un noyau en argile maintenu par une tige dont le négatif est encore visible par la présence de deux trous à l’intérieur et à l’extérieur de l’arc. Pour plus de détail sur la fabrication de ces fibules, voir : Babbi 2003.
  35. Pour les cartes de répartition des fibules à arc renflé, voir : Rivalan 2011, 194, fig. 198 ; Graells i Fabregat 2014, 283, fig. 46.
  36. Milcent 2006b, 120-121.
  37. Melandri 2011, pl.2-XLVIII et 2-XLIX ; type 31 var. A dans : Nava & Priete 2003, 154, tav.III ; Marzatico 1997, 173, fig. 77 ; Von Eles Masi, 27-28.
  38. De Marinis 2009 ; Lorre & Cicolani 2009, dir, 164 ; Cicolani 2017, 46, fig. 16.
  39. Argente Oliver 1994, 92-95.
  40. Dumas 2016, vol. 2, 184.
  41. Mohen & Eluère 1970, 187 ; Escudé-Quillet 1998, 113.
  42. Argente Oliver 1994, 100.
  43. Argente Oliver 1994, 60 ; Rivalan 2011, 345.
  44. Arnal et al. 1970, 54, fig. 1.
  45. Sur fibules à double ressort (Fi.5), des fibule à arc à boucle (Fi.9.B) et des fibules à pied droit (Fi.10.A.2) : Rodrigues 2016, 453-455.
  46. La distinction faite à partir du profil de l’arc est motivée par l’hypothèse selon laquelle les profils coudés seraient antérieurs à ceux en demi-cercle. Ce trait morphologique est notamment qualifié d’archaïque par J.-P. Mohen : Mohen & Arambourou 1977, 92 ; Mohen 1980, 72.
  47. Dumas 2016, 312.
  48. On pense notamment à l’incinération 2 de nécropole de Grand Jean rattachée au bloc 5 et à la sépulture 2 du tumulus F de la nécropole de Pujaut associée à l’horizon 5 (575-550 a.C.) : Dumas 2016, 313 et 330.
  49. Solier et al. 1976, 32, fig. 44 n° 118 ; Rivalan 2011, 338.
  50. Argente Oliver 1994, 64-65.
  51. Cabré-Morán & Morán-Cabré 1975b ; Argente Oliver 1994, 98.
  52. Argente Oliver 1994, 100.
  53. C’est en raison de ce problème d’identification que J.-L. Argente Oliver nomme ces fibules des “Alfileres-fibulas” (“épingles-fibules” en français) : Argente Oliver 1994, 96 ; Ici, on a préféré séparer les deux objets. Seules les pièces possédant un arc et un pied ont été inventoriées comme des fibules. Toutes les autres ne comprenant que le ressort spiralé et une aiguille, sans trace manifeste de la présence antérieure d’éléments se rapprochant d’une fibule, ont été identifiées comme parures pectorales et seront étudiées lors de la présentation de cette catégorie de parure (infra).
  54. On pense notamment aux objets provenant de la nécropole d’Almaluez (Soria) (n° 44) et de la Olmeda (Guadalajara) (n° 22) représentatifs du début du Celtibérique plein : Lorrio 2005a, 274-283.
  55. Cuadrado 1963, 42.
  56. Cuadrado 1963, 30-35.
  57. Toutes les fibules reconnues comme Acebuchal ou Bancarróñ par E. Cuadrado ont été rassemblées sous le nom de “Acebuchal” seul dans la mesure où l’identification du type Bencarrón demeure difficile sans une excellente documentation qui fait actuellement défaut.
  58. Les disques biconiques sont fabriqués à partir de deux disques joints par leur base et scellé par brasure de cuivre. 
  59. Rivalan 2011, 332.
  60. Argente Oliver 1944, 82-83.
  61. Buffat et al. 2012, 96.
  62. Correspondant au sous-type D à ressort court d’A Rivalan : Rivalan 2011, 334.
  63. Girault et al. 2016, 40.
  64. L’exemplaire de la tombe 1086 est le seul provenant d’un ensemble fiable : pl.202 n° 2408.
  65. Dumas 2016, 357 ; Passelac et al. 1981, 21, fig. 24 n° 313.
  66. Pl.213 n° 2039 et 2040 ; Milcent et al. 2014, 189, fig. 7 n° 335 ; Girard 2010, 361-362.
  67. Girault et al. 2016, 40.
  68. Buffat et al. 2012, 96.
  69. Maluquer de Motes 1958, 141 ; Dans son étude, J.-P. Mohen ne tient pas compte de cette répartition et leur attribue le nom de fibules “aquitaines” ou “pyrénéennes” : Mohen 1980, 74.
  70. L’ajout d’ornementation en alliage cuivreux comme des disques ou des perles aux extrémités du ressort ou de bandes sur le sommet de l’arc n’ont pas été pris en compte comme impactant la détermination des matériaux de fabrication. Lorsqu’une fibule dispose d’un corps (pied et arc), d’un ressort et d’un axe en fer, on ne tient pas compte de la présence d’ornementation en alliage cuivreux. Elle est donc considérée comme étant en fer et non bimétallique.
  71. Si cette distinction par la forme du bouton ne parait pas optimale, en l’état, il s’agit de l’unique critère permettant d’éviter la création de variantes représentées par un nombre non significatif d’individus.
  72. Il s’agit des fibules de l’incinération 6 et de l’incinération 9 (n° 2744 et 2750 pl.124).
  73. Mohen 1980, 168.
  74. Ces variantes correspondent en partie aux fibules de type Fi.1a de J-M. Escudé-Quillet : Escudé-Quillet 1998, 109.
  75. Escudé-Quillet 2007, 101.
  76. Dumas 2016, 380 ; Girault et al. 2016, 43, fig. 21 n° 11.
  77. Pl. 88 et 89.
  78. Dumas 2016, 318.
  79. Le dépôt humide de la Douix à Châtillon-sur-Seine, a semble-t-il livré un fragment de fibule de type Fi.14.C. Le dépôt est daté du Ha D3/LT A1, ce qui constitue un indice supplémentaire de la chronologie proposée pour ces fibules : Cicolani et al. 2015, 726-728.
  80. Escudé-Quillet 1998, 116 et 118.
  81. L’emploi conjoint de l’alliage cuivreux et du fer pour cette variante n’est observable que pour une fibule découverte dans la sépulture 1052 de la nécropole du Causse à Labruguière (Tarn) (n° 305) et dont le corps est en fer alors que son ressort et son axe sont en alliage cuivreux (fibule n° 2367, pl.199).
  82. Girault et al. 2016, 41, fig. 21 n° 14 et 42, fig. 22 n° 24.
  83. Girault et al. 2016, 41, fig. 21 n° 17.
  84. Argente Oliver 1994, 384.
  85. Collet 2013, 16-17 ; Girault et al. 2016, 41, fig. 21 n° 10.
  86. Peyneau 1926, 78.
  87. Mohen & Coffyn 1970, 52.
  88. Les inventeurs ont identifié ces disques comme constituant les boutons situés en terminaison des trois branches du pied, sans doute en référence à la description de J.-P. Mohen et A. Coffyn. Toutefois, ces disques biconiques, dont deux sont ajourés au centre, rappellent plutôt ceux montés sur un axe et correspondant mieux à l’illustration de B. Peyneau : Dautant et al. 1984, 46 n° 20.
  89. Joffroy 1955.
  90. Joffroy 1955, fig. 1 ; Piningre et al. 2003, 240-246 ; Rolley, dir. 2003, 243-245 ; Dubreucq 2013, 271.
  91. Roth-Zehner 2012, 176, fig. 12 n° 015-004.
  92. Déchelette 1914c, 1245-1246.
  93. Dehn & Stöllner 1996, 24-34 ; Milcent 2006c, 96.
  94. L’apparition de ces fibules est un marqueur du Ve s. a.C. en France centrale comme dans les Pyrénées : Milcent 2004, 245 ; Escudé-Quillet 1998, 111.
  95. Parmi les nombreux travaux traitant des fibules annulaires, citons ceux de E. Cuadrado (Cuadrado 1959 ; 1961a ; 1963 et 1969), de M. Almagro Basch (Almagro Basch 1966), de R. Navarro (Navarro 1970) ou enfin de J.-L. Argente Oliver (Argente Oliver 1994).
  96. Argente Oliver 1994, 74-77.
  97. Dehn & Stöllner 1996, 2, fig. 1.
  98. Milcent 2004, 220 ; Rivalan 2011, 338-339.
  99. Milcent, dir. 2007b, 194, fig. 8.
  100. Déchelette 1914c, 1254-1246.
  101. Pour les généralités sur les fibules de Marzabotto, voir : Kaenel 1990, 220 et 223.
  102. Kruta 1979, 81 ; Dehn & Stöllner 1996, fig. 13a et b.
  103. Millet 2008, 210 ; Maitay et al. 2014.
  104. Rottier 2010, 130.
  105. Taffanel & Taffanel 1962, fig. 2 n° 2, p.2.
  106. Audouze & Gaucher 1981, 11.
  107. Ibid.
  108. Ce fait est attesté sur l’épingle de la tombe 137 de la nécropole de Gourjade (Castres, Tarn) (n° 298) et celle de la tombe 13 de la nécropole du Martinet (Castres, Tarn) (n° 299) : pl.159 n° 1123 et pl.168 n° 1288.
  109. Dedet 2001, Tabl.34, 289.
  110. Audouze & Courtois 1970 ; Audouze & Gaucher 1981.
  111. Audouze & Gaucher 1981, 28.
  112. Giraud et al. 2003, 175, fig. 262 n° 2.
  113. Rivalan, 2011, 307-310.
  114. Pl.216.
  115. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  116. Janin & Pons, 2004.
  117. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  118. Cette mesure est approximative puisqu’on ne connaît aucun exemplaire en fer conservé entièrement de la tête à la pointe.
  119. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  120. Ibid.
  121. Adouze & Courtois 1970, 40.
  122. Taffanel et al. 1998 ; Pour une synthèse des épingles à tête en anneau découvertes dans la nécropole de Moulin à Mailhac (Aude), voir : Rivalan 2011, 300.
  123. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256 ; Buffat et al. 2012, 93.
  124. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  125. Rivalan 2011, 301.
  126. Cette épingle n’a pas donné lieu à la création d’un sous-type en raison du faible nombre d’exemplaires d’épingles à tête en rouelle répertorié.
  127. Audouze & Gaucher 1981, 36 ; Taffanel et al. 1998, 294.
  128. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  129. Audouze & Courtois 1970, 24-28 ; Audouze & Gaucher 1981, 95-96.
  130. Taffanel et al. 1998, 313-315, fig. 39, fig. 103, fig. 144, fig. 296, fig. 307, fig. 317 ; Rivalan 2011, 305.
  131. Pl.197 n° 2296 ; Buffat et al. 2012, 93.
  132. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  133. Rivalan 2011, 306.
  134. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256 ; Dumas 2016, 349.
  135. Audouze & Courtois 1970, 55-56.
  136. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  137. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  138. Ibid.
  139. Sépulture 45 de la nécropole du Truc du Bourdiou à Mios (Gironde) (n° 168) : pl.94 n° 49 ; Dumas 2016, 329, fig. 108.
  140. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  141. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256 ; Buffat et al. 2012, 95.
  142. Nickels et al. 1989, 330 : Rivalan 2011, 304-305.
  143. Pl.206 n° 1827.
  144. Rivalan 2011, 311.
  145. Audouze & Courtois 1970, 29-30 ; Guilaine 1972, 288.
  146. Rivalan 2011, 306.
  147. Audouze & Gaucher 1981, 62-63.
  148. Rivalan 2011, 313-314.
  149. Pl.104 n° 329 ; Cette inhumation est associée à l’horizon “Bronze final III-horizon 1” d’A. Dumas, soit une datation comprise entre 900 et 775 a.C. : Dumas 2016, 208, vol.2.
  150. Audouze & Courtois 1970, 40-54.
  151. Rivalan 2011, 298.
  152. Roudil 1977.
  153. Cette disposition est notamment attestée par la ceinture et son agrafe à quatre crochets, sculptées sur la statue du guerrier de Grézan découverte à Nîmes, datée du Premier ou du tout début du Second âge du Fer : Garcia et al. 2016, 732, fig. 7 n° 1.
  154. Les agrafes étant majoritairement en alliage cuivreux, il arrive que certains individus possèdent un élément de fixation en fer.
  155. On pense notamment aux typologies régionales mises en place par Ma.-L. Cerdeño, J.-P. Mohen ou A. Lorrio : Cerdeño 1978 ; Mohen 1980, 78, fig. 32 ; Lorrio 2005a, 217, fig. 89.
  156. Ce classement préliminaire suit dans les grandes lignes le découpage proposé par A. Lorrio, à l’exception du dernier type inconnu des contextes étudiés par cet auteur.
  157. À de nombreuses reprises, on a pu constater en réétudiant des agrafes in situ qu’un petit nombre d’entre elles, considérées comme inornées dans les classements antérieurs, avaient en réalité conservé la trace d’un décor, souvent incisé, rendu quasiment imperceptible par la corrosion.
  158. Les grandes séries d’objets découverts dans les nécropoles espagnoles fouillées au début du XXe s. et pour lesquelles on manque d’informations précises (absence de description ou d’illustration) viennent gonfler le nombre d’agrafes non identifiables typologiquement. La nécropole d’Altillo à Aguilar de Anguita (Guadalajara) (n° 8) renferme à elle seule 25 de ces individus. En outre, on dénombre 14 agrafes indéterminées dans la nécropole de La Atalaya à Cortes (Navarre) (n° 39), 12 dans celle de Navafría à Clares (Guadalajara) (n° 16) et 8 dans celle d’Alpensque (Soria) (n° 46). Cette remarque illustre le fait que le grand nombre d’exemplaires non identifiables s’explique surtout par le manque de données et non par un outil de classement dysfonctionnel. En réalité, sur les 125 agrafes typologiquement indéterminées, seules 41 sont effectivement connues et demeurent non reconnaissables en raison de leur état de conservation. Les 84 autres individus proviennent donc de contextes insuffisamment documentés par la bibliographie.
  159. Type B.I et B.IV pour Cerdeño : Cerdeño 1978, 283 ; Type A.1 pour Lorrio : Lorrio 2005a, 221.
  160. Pl.160 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  161. Ces agrafes seraient associées à des contextes des phases PIIIa, PIIb et PIa de cet habitat : Lorrio 2005a, 221.
  162. Cerdeño 1978, 283.
  163. Type B.III de Cerdeño : Cerdeño 1978, 283.
  164. Pl.200 ; Buffat et al. 2012, 95-96.
  165. Lorre & Cicolani, dir. 2009, 90.
  166. Parzinger & Sanz 1987, 171, abb. 2 ; Lorrio 2005a, 216.
  167. Cerdeño 1978, 292, fig. 4.
  168. Parzinger & Sanz 1987, non paginé, abb. 1 n° 16.
  169. Nickels et al. 1989, 196, fig. 167 n° 130d ; Bouscaras 1965, pl. III, n° 408.
  170. Pl.111 n° 2587.
  171. Pl.41.
  172. Parzinger & Sanz 1987, non paginé, abb.1 n° 10.
  173. Janin et al. 2002, 74, fig. 11 n° 1.a, 81, fig. 22 n° 8a, 84, fig. 26 n° 13a et 92, fig. 32 n° 17a.
  174. Rivalan 2011, 272.
  175. Collet 2013, 13.
  176. Pl.112.
  177. Cerdeño 1978, 282-283.
  178. Pl.41 et 93.
  179. Parzinger & Sanz 1987, non paginé, abb.1 n° 13.
  180. Dans les tombes 4, 10, 12 et 30 de la nécropole : Janin et al. 2002, 77, fig. 18 n°  4h, 82, fig. 24 n°  10d, 84, fig. 26 n°  12a, 100, fig. 38 n°  30a ; Rivalan 2011, 272.
  181. Pl.95.
  182. Dumas et al. 2011.
  183. Période IV de J.-P. Mohen : Mohen 1980, 168 ; Rivalan 2011, 272 ; Lorrio 2005a, 222.
  184. Janin et al. 2002, fig. 47 ; Il importera toutefois de noter que la présence de trois crochets pour les agrafes de cette nécropole ne concerne que des modèles à évidements et non à échancrures.
  185. Le terme de décor mixte recouvre ici les agrafes ayant un décor soit uniquement estampé ou estampé et incisé. Ces deux types d’ornementation ont été rassemblés en raison du faible nombre d’exemplaire réunissant les techniques d’estampage et d’incision sur un même individu.
  186. Type D.II.1 de Cerdeño : Cerdeño 1978, 283.
  187. Pl.37.
  188. Pl.113.
  189. Pl.200.
  190. Buffat et al. 2012, 96 ; La fibule de type Fi.13.B.1 découverte dans le même sépulture couvre un intervalle chronologique identique.
  191. Correspond au type D.III.1a/b de cette auteure : Cerdeño 1978, 283.
  192. Pl.148 ; Escudé-Quillet 1998, 120-121.
  193. Pl.36.
  194. Pl.98.
  195. Janin et al. 2002, 86, fig. 27 n° 14b et 90, fig. 30 n° 15n.
  196. Rivalan 2011, 272.
  197. Les agrafes à évidements et trois crochets correspondent au type D.III.3 de Cerdeño : Cerdeño 1978, 283.
  198. Pl.41.
  199. Type D.III.2 de Cerdeño : Cerdeño 1978, 283.
  200. Types D.III.4 et D.III.5 de Cerdeño : Cerdeñó 1978, 283.
  201. Mohen 1980, 169 ; Escudé-Quillet 1998, 123-124.
  202. Leconte 1993, 53-54.
  203. Pour S. Leconte, ces agrafes appartiennent à deux types distincts (type Ia et Ib). On ne retiendra pas cette différenciation en raison du peu d’exemplaires connus dans la région. Cette distinction n’a aucune incidence pour la chronologie puisque l’auteure propose des datations pour son groupe I entier sans tenir compte des sous-types : Leconte 1993, 76.
  204. Leconte 1993,76 ; Stöllner 2014, 217-220 ; Baray 2016, 338, pl.151.
  205. Stöllner 2014, 219, fig. 7 ; Millet 2008, 185-186 ; Baray et al. 2013, 19-22 .[/efn_note

    8. Type Ag.7 – Agrafes en crochet simple
    Nombre d’individus : 7
    (Annexes 2 : Carte n° 23) (Annexes 3 : Liste 3.7)

    Ces agrafes en fer sont de facture très simple. Elles se composent d’une tige plate inornée dont les deux extrémités appointées sont repliées (fig. 32). Cette configuration suggère que leur mode d’utilisation devait être différent de celui des autres agrafes. Soit l’une des terminaisons appointées, plus large, était fixée directement à la ceinture en passant par un ajour tandis que l’autre terminaison, plus fine, jouait véritablement le rôle crochet (ce système ne paraissant pas très solide), soit chaque extrémité de la ceinture était munie d’un anneau et maintenues fermées par l’agrafe dont chaque terminaison servait de crochet. Toutefois, si les agrafes de ce type découvertes dans la nécropole du Camp de l’Église Nord de Flaujac-Poujols (Lot) (n° 207) et de celle du Frau à Cazals (Tarn-et-Garonne) (n° 326) étaient bien accompagnées d’anneaux, ce n’est pas le cas pour les autres exemplaires. Le mode d’utilisation de ces agrafes demeure donc encore sujet à interrogations.

    Bien que l’on manque de points de comparaisons extra-régionaux pour dater ce modèle d’agrafes, on peut noter que les exemplaires référencés dans la zone d’étude accompagnent principalement du mobilier caractéristique du Ve a.C. C’est le cas par exemple des agrafes de la sépulture 2 du tumulus 1 de la nécropole du Pech de Cramazou à Cales (Lot) (n° 197) et de celle du tumulus 61 du Frau à Cazals (n° 326) qui sont toutes deux associées à des fibules à ressort de schéma laténien (FI.18)206Pl.107 et pl.214.

  206. Mohen 1980, fig. 24 n° 313.
  207. Lorrio 2005a 219, fig. 91, n°  8 et 9.
  208. Lorrio 2005a 219, fig. 91, n°  7.
  209. Un individu de plus n’est pas comptabilisé ici dans la mesure où ce dernier est toujours lié à l’agrafe : pl.28 n° 3306.
  210. Deux individus sont comptés avec les agrafes auxquelles elles se rattachent : pl.23 n° 3131 et pl.25 n° 3187.
  211. Une boucle de ceinture serpentiforme supplémentaire est associée à son agrafe : pl.7 n° 2947.
  212. La volonté première d’imiter la forme d’un serpent semble validée notamment par la boucle de ceinture de ce type découverte dans la tombe G d’Acebuchal (Carmona, Séville) dont les terminaisons zoomorphes symbolisent des têtes de serpents : Morán-Cabré 1977, 616, fig. 2 n° 2. 
  213. Pl.38.
  214. Pl.42.
  215. Taffanel et al. 1998, 287.
  216. Verger 2013c, 152-153 ; Déchelette 1914b, 860, fig. 358 n° 1.
  217. On retrouve des petits anneaux enfilés dans la bélière du bouton de la sépulture A du tumulus 9 de la nécropole du Frau à Cazals (Tarn-et-Garonne) (n° 326) : pl.210, n° 1953.
  218. Ce système de fixation est aussi habituellement nommé “à bélière”, ce qui est convenable dans la mesure où la méthode d’attache est identique à celle mentionnée précédemment. Toutefois, dans un souci pratique, on emploiera le terme de barrettes afin de distinguer plus aisément dans le texte les deux solutions techniques.
  219. Les comptages des boutons sont d’abord donnés par lot, c’est-à-dire par catégorie fonctionnelle. Le nombre unitaire d’individu est rapporté entre parenthèses. Ce total unitaire n’a qu’une valeur indicative et reste incertain dans la mesure où le nombre exact d’individus pour cette catégorie de parure n’est pas toujours bien documenté.
  220. Pl.179.
  221. Pl.112.
  222. Pl.180 n° 1507.
  223. Pl.180 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  224. Pl.135.
  225. Pl.120.
  226. Py 2016, 189.
  227. Pl.147.
  228. Nickels 1989, 333.
  229. Bouscaras 1965 ; Garcia 2013a.
  230. Parmi les nombreuses pièces de la nécropole du Moulin, on évoquera celles de la sépulture 213 datée entre 900 et 700 a.C. : Taffanel et al. 1998, 172, fig. 265 n° 15653.
  231. Janin et al. 2002, 94, fig. 34 n° 21a.
  232. Pl.179.
  233. Pl.111.
  234. Pl.176 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  235. Pl.144 n° 823 ; bien que non contextualisée, la nécropole d’Avezac-Prat-Lahitte est datée des phases III et IV (600-400 a.C.) de J.-P. Mohen par le mobilier qu’elle renfermait : Mohen 1980, 124-125.
  236. Pl.183 ; Giraud et al. 2003, 164 et 169, fig. 256.
  237. Pl.83.
  238. Dans la zone d’étude, d’après les sources les plus fiables, on compte 42 sépultures en inhumation pour au moins 1167 sépultures à incinération.
  239. Si le diamètre interne des parures annulaires est lié à sa fonction, il l’est tout autant à la morphologie du défunt.
  240. Chevillot 1976.
  241. Mohen 1980, 80-81.
  242. Milcent 2004, 148.
  243. Peu d’exemplaires en fer sont d’ailleurs concernés par une épaisseur inférieure à 0,3 cm, ce qui aurait rendu peu représentative une telle distinction.
  244. Dans la 263 de Gourjade ou la tombe 95 du Causse : pl.164 n° 1218 et pl.176 n° 1435. On relèvera que ces deux exemplaires castrais, les plus anciens référencés pour la zone, ont une forme circulaire. Les premières attestations de forme elliptique pourraient n’apparaître qu’au début du VIIe s. a.C.
  245. Dumas 2016, 313-314.
  246. Verger et al. 2007, 133-134 ; Py 2016, 84.
  247. Pl.196 ; Buffat et al. 2012, 94.
  248. Pl.202 ; Buffat et al. 2012, 95-96.
  249. Pl.112.
  250. Py 2016, 92.
  251. Sépulture 777 du Causse : pl.196 ; Buffat et al. 2012, 94 ; pl.94.
  252. Blanc et al. 1997, 53‐55.
  253. Pl.107 et 216.
  254. Pl.24.
  255. Pl.112 et 113.
  256. Pl.186 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  257. Ces bracelets sont souvent découverts en lot d’armilles. Deux ont été mis au jour comme brassards dans une inhumation : pl.74, n° 968 et 969.
  258. C’est le cas pour les très nombreux éléments de comparaison en Languedoc. Pour une liste non exhaustive voir dans : Py 2016, 81-82.
  259. Pl.107 et 196 ; Buffat et al. 2012, 94.
  260. Pl.186 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  261. Pl.169.
  262. Verger et al. 2007, 133.
  263. Pl.188.
  264. Pl.115 ; Girault et al. 2016, 41.
  265. Pour C. Maitay, le vase qui accompagnait ces bracelets est rattachable à des types connus au Bronze final IIIb, tandis que pour A. Dumas, l’ensemble de la découverte appartiendrait plutôt aux horizons 1 à 3, soit une date comprise entre 800 et 625 a.C. : Maitay 2010, 209 ; Dumas 2016, 88 vol.2.
  266. Pl.125.
  267. Py 2016, 99.
  268. Pl.149 n° 894 ; Mohen 1980, 112.
  269. Pl.113 n° 2592.
  270. Py 2016, 84.
  271. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  272. Pl.70.
  273. Pl.146 et 147.
  274. Pl.217.
  275. Pl.79 n° 630 et pl.80 n° 640.
  276. Pl.98.
  277. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  278. Pl.157.
  279. Nickels et al. 1989, 199, fig. 168 n° 129c.
  280. Pour P.-Y. Milcent, ces bracelets à tampons sont caractéristiques du Ha D1-2 ancien (650-580 a.C.) : Milcent 2004, 158, fig. 80 n° 16.
  281. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  282. Milcent 2004, 166, fig. 83 n° 8.
  283. Pl.58 ; Benavente Serrano et al. 2015, 111.
  284. Pl.26.
  285. Pl.88 et 89 ; Farnié Lobensteiner 2012, 248-254.
  286. Milcent 2004, pl.45 n° 3 et 4.
  287. Types AC-2111, AC-2121, AC-2211 et AC-2221 de M. Py : Py 2016, 85-86.
  288. La tombe de Gourjade appartient à la phase II (775-725 a.C.) du Castrais, tandis la sépulture des Planes est datée de l’Horizon 8 (475-425 a.C.) d’A. Dumas, notamment par la présence du torque à tige creuse (To.23), confirmant la datation proposée précédemment pour cet ensemble : Giraud et al. 2003, 169, fig. 256 ; Gomez de Soto 1986 ; Dumas 2016, 35, vol.2.
  289. Milcent 2004, 162 et pl.83.
  290. Sépultures 623, 649 et 664 : pl. 192 et 193 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256 ; Py 2016, 89.
  291. Milcent 2004, 172 et 158, fig. 80 n° 12
  292. Le bracelet de Flaujac-Poujols se démarque des autres individus par sa tige de section quadrangulaire et filiforme ; Girault et al. 2016, 41, fig. 21 n° 11.
  293. Milcent 2004, 222.
  294. Verger 2013d, 185.
  295. Milcent 2004, 169-170.
  296. Guilaine 1969, 27 et pl.8 n° 57-60 ; Py 2016, 108-109.
  297. Pl.164 n° 1219.
  298. Pl.65 n° 2108.
  299. Collet 2013, 45-46.
  300. Pl. 81-82.
  301. Le tumulus E de Pujaut est daté de la phase II de J.-P. Mohen (650-600 a.C.), notamment par la fibule à pied droit qui l’accompagnait, tandis que l’incinération 8 de Grand Jean se situerait dans le second quart du VIe s. a.C. d’après A. Dumas : pl. 92 et 124 ; Mohen 1980, 137 ; Dumas 2016, 325, vol.2.
  302. Py 2016, 90.
  303. Pl.86 ; Verrier dir. 2016, 461 fig. 4-48.
  304. Verger 2013b ; Garcia 1987, 20, fig. 11 n° 1-15.
  305. Pl.128 et 192.
  306. Dedet 2001, 83, fig. 80.
  307. Pl.157.
  308. Pl.107.
  309. Chaume 1987, 373, note 15 ; Milcent 2004, 170.
  310. Blanc et al. 1997, 53-55.
  311. Dedet 2001, 83, fig. 79.
  312. Pl.207 ; Séguier 2002, 27.
  313. La sépulture de Fourques-sur-Garonne appartient à l’horizon 7 d’A. Dumas : Dumas 2016, 354, vol.2.
  314. Pl. 168 et 187.
  315. Au Peyrou, ils sont mentionnés comme étant fermés dans la mesure où leurs terminaisons se touchent : Nickels1989, 325.
  316. Pl. 215 ; Dumas 2016, 388, vol.2.
  317. Pl. 70.
  318. Giraud et al. 2003, 168 et 169, fig. 256.
  319. Pl. 28 ; Benavente et al. 2015, 131.
  320. Gascò 1984, fig. 139 n° 4 ; Py 2016, 113.
  321. Pl. 30. On n’omettra pas de remarquer que le bracelet de la sépulture 142 d’Herrería est mal conservé, rendant difficile sont attribution typologique. Ainsi, ces terminaisons semblent toutes aussi proches de la forme d’un disque que de celle de véritables tampons.
  322. Pl. 167 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  323. Pl. 114.
  324. Escotilla II, niveau 2B : pl. 3.
  325. Tendille 1979, 71.
  326. Nickels 1989, 56, fig. 42 n°  21l et 21m.
  327. Coquerel 1966.
  328. Pernot 2010, 210.
  329. On hésitera à la qualifier de brassard enroulé ou de torque : Py 2016, 115.
  330. Barril & Rodero, dir. 2002, 122.
  331. Barril & Rodero, dir. 2002, 289, fig. 98 ; La faible taille de cet exemplaire espagnol peut aussi laisser penser qu’il s’agit d’un bracelet plutôt que d’un torque.
  332. Si les illustrations récentes montrent un torque tordu, les photographies plus anciennes de l’objet dont dispose le Museo Arqueológico Nacional (Madrid) suggèrent qu’il était bien enroulé sur lui-même à l’origine.
  333. Baron 2012, 39-44.
  334. Voir informations dans la présentation des bracelets et assimilés.
  335. Taffanel et al. 1998, 224, fig. 337 n° 15933.
  336. Milcent 2004, pl.59 n° 13.
  337. Pl. 91 ; Colin 2013, 9.
  338. Pl. 126.
  339. Maitay 2010, 215-216.
  340. Gailledrat et al. 2002, 184, fig. 161 n° 1.
  341. Milcent 2004, pl. 52 n° 4.
  342. Chevillot 1989, pl.332 n° 2 et 4.
  343. Py 2016, 117-118.
  344. Pl. 76 ; Dumas 2016, 243.
  345. Pl. 218.
  346. Kérébel 2006.
  347. Barril & Rodero, dir. 2002, 47.
  348. Parmi les statues de guerriers datées entre le VIIe s. a.C. et la fin du Premier âge du Fer, signalons celle d’Hirschlanden (Bade-Würtemberg, Allemagne) figurant un guerrier héroïsé, nu, ithyphallique, ou, plus proche de la zone pyrénéenne, de celle de Martel (Gard), de la stèle n° 14 de Touriès (Aveyron) et du buste A de Sainte-Anastasie “Camp-Guiraud” (Gard) : Dubreucq et al. 2013, 147-149.
  349. Pion 2012, 159-160.
  350. Py 2016, 158.
  351. Taffanel et al. 1998, 97, fig. 138 n° 15310 ; Marichal & Ribé, dir. 2003, 48.
  352. Ces torques correspondent au type Tb.3.XIII chez Milcent : Milcent 2004, 160, fig. 82 n° 3 et 165.
  353. Pl.209.
  354. Pl.213.
  355. Dumas 2016, 180, vol.2.
  356. Milcent 2004, pl.44 n° 22 et pl.106 n° 1.
  357. Pl.75 n° 976.
  358. Milcent 2004, 508, vol.2.
  359. Pl.96 n° 86.
  360. Pl.100 n° 100.
  361. Mohen 1980, 276.
  362. Fabre 1943, 70.
  363. Pl.99 à 101.
  364. Pl.127 et 205.
  365. Dumas 2016, 329, fig. 108.
  366. Pl.145 n° 733 ; Ce torque se distingue également des autres torques en fer à tampons par l’une de ses extrémités pourvue d’un système de fermeture à œillet. Cette distinction morphologique pourrait expliquer son antériorité sur ceux constitués simplement de deux tampons. On restera toutefois prudent sur cette hypothèse au regard des conditions rudimentaires de sa découverte.
  367. Pl.130 n° 208 ; Escudé-Quillet 1998, 125-128.
  368. Py 2016, 159.
  369. T.124 du Moulin et T.62 de Grand Bassin (Malhaic, Aude) : Taffanel et al. 1998, 106, fig. 156 n° 15328 ; Chardenon 1995, 47 n° 62a.
  370. Milcent 2004, 160.
  371. Pl.112 n° 2646 ; pl.199 n° 2369.
  372. Pl.81, n° 651.
  373. Pl.81, n° 649.
  374. Guilaine 1972, 301-308 ; Py 2016, 156 ; Delibes de Castro, in : Barril & Rodero, dir. 2002, 62, fig. 1.
  375. Py 2016, 158.
  376. Pl.81 et 82.
  377. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  378. Sépulture 10118 de la nécropole de la Caserne Niel à Toulouse (Haute-Garonne) (n° 152).
  379. On pensera notamment à la tombe 31 du Camp d’Alba à Réalville (Tarn) (n° 329) qui a livré également un torque en fer de type To.18.B, ou de la sépulture K1 d’Arihouat à Garin (Haute-Garonne) (n° 148) dans laquelle se trouve aussi un torque de type To.20 et un fragment de torque de type 18.A : pl. 215, 77 et 78.
  380. Sépulture 37 : Pl.97 ; sépulture 100 : pl.98.
  381. Farnié Lobensteiner 2012, 248-254.
  382. Milcent 2004, 160-161.
  383. Dans l’unique étude le concernant, ce torque est attribué au peuple gaulois des Sotiates en raison de sa position géographique et est daté du milieu du Second âge du Fer : Hébert 1988.
  384. Escudé-Quillet 1998, 125.
  385. Pl.151 et 97.
  386. Toledo i Mur et al. 2013, 242, fig. 1 n° 4 ; Py 2016, 158.
  387. Pl.38 et 99 n° 96.
  388. Py 2016, 158.
  389. Pl.174 n° 1034 ; Mohen 1980, 146 ; Séguier 1989, 106.
  390. Pl.201 ; Buffat et al. 2012, 96.
  391. Pl.80, n° 644.
  392. Taffanel et al. 1998, 118, fig. 179 n° 15359 ; Durand 2009, 187, fig. 5 n° 1 ; Rivalan 2011, 404 ; Py 2016, 158.
  393. Pl.188 et 171 n° 1380 et 1381 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  394. Pl.215 ; Dumas 2016, 349.
  395. Sépulture C du tumulus 13 de la nécropole du Frau à Cazals (Tarn-et-Garonne) (n° 326) : pl.211.
  396. Mohen 1980, 80.
  397. Pl.104, n° 156.
  398. Pl.88 et 143 n° 800 et 802.
  399. Pl.96.
  400. Pour J.-P. Mohen, le mobilier métallique et notamment les “diadèmes” d’Avezac-Prat-Lahitte appartiennent à sa phase IV de la région de Lannemezan, datée entre 550 et 400 a.C. : Mohen 1980, 126.
  401. Type Tb.3.XVI.k de P.-Y. Milcent : Milcent 2004, 158, fig. 80 n° 1.
  402. Pl.104.
  403. Pl.120, n° 2202 ; pl.125, n° 171.
  404. Pl.71, n° 305.
  405. Ces torques correspondent aux types Tb.26/27 chez P.-.Y. Milcent et au type J.1 de J.-P. Demoule : Milcent 2004, 222-225, fig. 97 n° 7, fig. 98 n° 9 ; Demoule 1999, 143, Tabl.9.1.
  406. Dumas et al. 2011.
  407. Pl.171 et 172 n° 1382 et 1383.
  408. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  409. Pl.208.
  410. Verger et al. 2007, 131-133 ; Garcia 2013b.
  411. Voir par exemple les quatre anneaux de la sépulture 539 de la nécropole du Causse à Labruguière (Tarn) : pl.188 n° 1652, ou ceux découverts sur l’inhumé 17 de la Grotte des Palabre à Boussac (Lot) : pl.104 n° 2128.
  412. Comme pour les boutons, l’inventaire compte en réalité 1458 individus, parfois regroupés en lots dans la bibliographie.
  413. L’absence de valeur chronologique rattachable aux anneaux est bien démontrée par la place qui leur est accordée dans la matrice de sériation de 63 ensembles clos du Premier âge du Fer en France centrale réalisée par P.-Y. Milcent : Milcent 2004, 154-155.
  414. Les plus anciennes pièces en fer apparaissent notamment dans la sépulture 2 du tumulus J d’Ibos que J.-P. Mohen date de sa phase I (750-650) mais que l’on peut réduire au deuxième quart du VIIe s. a.C. par le mobilier qu’elle renfermait : pl. 147 ; Mohen 1980, 112.
  415. Voir pl.139, n° 831 et pl.140, n° 832.
  416. Müller 1985, 160.
  417. Épingles de type Ep.4 ou torques de types To.24 et To.25.
  418. Rivalan 2011, 395 ; Roudil 1980, 466.
  419. Dubuis et al. 2015, 1194.
  420. On pense surtout aux petits anneaux fermés de types 1.A, 2.A, 4.A et 5.A.
  421. Le terme de roche renvoie ici à diverses matières minérales dont le grès, le calcaire, la serpentine et d’autres non identifiées.
  422. Pl.19, n° 3522.
  423. Milcent 2004, 152.
  424. Pour étude, il s’agit des bagues ou anneaux de types E8 et E9 : Giraud et al. 2003, 103.
  425. Voir épingle pl.185, n° 1620.
  426. Ces perles de grande taille sont en revanche identifiées comme des “perles ou des bagues” dans la base de données afin de ne pas condamner la seconde hypothèse.
  427. Pl.159 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  428. Pl.115.
  429. Pl.176.
  430. Parmi les nombreux exemples, on évoquera simplement la perle de la tombe 80 : Taffanel et al. 1998, 72, fig. 98 n° 15256.
  431. Pl.42.
  432. Pl.180.
  433. Pl.135.
  434. Par exemples : sépultures 203 et 966 du Causse : pl.177 et 197.
  435. Sépultures 17 et 70 : pl.79 et 83.
  436. Py 2016, 153.
  437. Contrairement aux propositions émises par P.-Y. Milcent pour ce type de perle, il n’a pas été possible de les classer selon la couleur de leur verre dans la mesure où cette information n’est pas toujours rapportée dans la bibliographie. On se bornera donc à réduire l’attribution typologique à la présence d’une ou de plusieurs couleurs : Milcent 2004, 152.
  438. Py 2016, 142.
  439. Pl.176.
  440. Pl.23.
  441. Pl.110 et 23.
  442. Pl.201 ; Buffat et al. 2012, 95-96.
  443. Py 2016, 152.
  444. Pl. 68 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  445. Pl.113.
  446. Gailledrat et al. 2002, 89, fig. 78 n° 12.
  447. Pl.23 et 107.
  448. Pl.120, n° 2211.
  449. On se référera par exemple aux bagues provenant d’inhumations de la région du Rhin moyen et supérieur datées du Vau IIIs. a.C. dont le diamètre interne varie entre 1,6 et 1,9 cm : Millet 2008, 60.
  450. Py 2016, 129.
  451. Pl.163 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  452. Pl.208.
  453. Pl. 217.
  454. Pl. 149 ; Mohen 112.
  455. Pl. 4.
  456. Dumas 2016, 304-305.
  457. Pl.113.
  458. Voir par exemple les boucles d’oreilles de la sépulture 1 du tumulus L.6 d’Ossun (pl.150, n° 908 et 909), celles de la tombe 182 de la nécropole du Martinet (pl.172, n° n° 1390 et 1391) ou encore de la sépulture B du tumulus B de la nécropole du Frau (pl.210, n° 1964 et 1965).
  459. L’électrum est un alliage naturel d’or et d’argent pouvant également s’obtenir en orfèvrerie : Arminjon & Bilimoff, dir. 1998, 17.
  460. Pl. 172 ; Giraud et al. 2003, 169, fig. .256.
  461. Tendille 1980b, 99, fig. 2 n° 14.
  462. Pl.120, n° 2203.
  463. Par exemples dans la sépulture 28 du tumulus de Courtesoult (Haute-Saône) : Piningre 1996, 52, fig. 62 n° 16 ; En Suisse : Parzinger 1989, 319, taf. 139 n° 39.
  464. Lorrio 2005a, 230.
  465. Faro Carballa et al. 2006.
  466. Pl. 90.
  467. Taffanel et al. 1998,54, fig. 63 n° 15193, 179, fig. 275 n° 15697.
  468. Milcent 2004, 160, fig. 81 n° 1, pl.37 n° 5 ; Dubreucq 2013, 51-52.
  469. Pl.156.
  470. Pl. 92.
  471. Solier et al. 1976, 21, fig. 24 n° 70.
  472. Dedet 2012, 164, fig. 164.
  473. Pacini & Chevillot 2002, 111.
  474. Pl. 76.
  475. Pl.19, n° 3525.
  476. Pl.182.
  477. Pl.23.
  478. Pl.83 et 85.
  479. Pl.201.
  480. Py 2016, 201-202 ; Garcia 2013ª ; Guilain et al. 2017, 213, fig. 24 n° 16 et 17.
  481. Mohen 1980, 78.
  482. Piningre, dir. 1996, 110, fig. 105 n° 4 ; Dubreucq 2013, 57-60.
  483. Guilaine et al. 2017, 213, fig. 24 n° 11.
  484. Pl. 26.
  485. Gruat 2003, 99, fig. 45 n° 6-7.
  486. Garcia 2013a.
  487. Pl.211.
  488. Dubreucq 2013, 166 ; Cicolani 2017, 143, fig. 114.
  489. On citera comme exemple les individus de la nécropole d’Anglès (Gérone) ou dans celle de Marti à Ampurias (Gérone) : Oliva Prat & Riuro Llapart 1968, 87, fig. 12 ; Almagro 1953, 57 n° 3.
  490. Tendille 1980, 122, fig. 17 n° 126-127.
  491. Kaenel 1990, 410, pl.44 n° 8.
  492. Cicolani 2017, 138-141 ; Dubreucq 2013, 58.
  493. Pl.107.
  494. Py 2016, 212-213.
  495. Pl.13.
  496. Mohen 1980, 112 ; pl.149.
  497. Py 2016, 204-205.
  498. Pl.135.
  499. Pl.113.
  500. Beausoleil & Collet 2013, 146.
  501. Pl.66.
  502. Pl.82.
  503. Gailledrat et al. 2002, 204, fig. 178 n° 7 et 10.
  504. Pl.113.
  505. Py 2016, 213.
  506. Giraud et al. 2003, 169, fig. 256.
  507. Milcent 2004, 506-507, vol.2.
  508. Pl.216-217.
  509. Ce système d’attache a introduit un certain nombre de confusions sur leur identification puisque ces objets ont tantôt été regroupés avec les fibules tantôt avec les épingles dans la bibliographie leur étant consacrée : Argente Oliver 1994, 96. A. Lorrio rappelle, lors de l’historiographie de ces objets toutes les erreurs d’attributions dont ont souffert les parures pectorales : Lorrio 2005a, 209-214.
  510. Ce trait rend leur fonction énigmatique mais n’exclue pas un rôle ornemental.
  511. Lorrio 2005a, 208-214.
  512. Pl.17, n° 3501.
  513. Pl.53, n° 4326 et 4327 ; Cette divergence morphologique ne donne pas lieu à la création de sous-types pour ces deux individus en raison du peu d’exemplaires inventoriés.
  514. Lorrio 2004a, 262.
  515. Pl.36.
  516. Le terme de “dépôt launacien” désigne des dépôts terrestres non funéraires richement pourvus en mobilier métallique (essentiellement des parures, des outils ou des lingots) qui ont été enfouis dans le dernier tiers du VIIe ou les deux premiers tiers du VIe s. a.C. L’aire géographique de ces gisements caractéristique recouvre Languedoc, l’Ariège et le Roussillon. Ce terme a été inventé par P. Cazalis de Fondouce à la suite de la découverte éponyme de Launac à Fabrègues (Hérault) en 1897. Parmi la riche bibliographie sur le sujet, voir la publication synthétique : Verger 2000, 189 ; Verger 2013a ; Verger 2013b, 111-112 ; Verger 2013e, 313 ; Guilaine et al. 2017.
  517. Olivier & Perrin 2013, 53.
  518. Guilaine 1972, 352-353 ; Verger 2000, 189 ; Giraud et al. 2003, 119.
  519. Gascó & Pueyo 2003.
  520. Lansac 2004 ; Beylier 2012, 89-90.
  521. Rappelons cependant que le débat autour de l’utilisation des “cônes launaciens” comme poupée d’arc n’est pas clos pour autant puisque J. Gascó a eu l’occasion d’étayer ses hypothèses dans un droit de réponse publié en 2004 : Gascó 2004b.
  522. Dans les sépultures 314, 322 et 332 de la nécropole de Gourjade à Castres (Tarn) (n° 298) : Giraud et al. 2003, 119.
  523. Verger 2000, 189 ; Verger 2013e, 312-313.
  524. Verger et al. 2007, 112-114.
  525. Guilaine 1969, pl.6 n° 38.
  526. Pl.157.
ISBN html : 978-2-35613-401-1
Chapitre de livre
EAN html : 9782356134011
ISBN html : 978-2-35613-401-1
ISBN pdf : 978-2-35613-402-8
ISSN : 2741-1508
131 p.
Code CLIL : 4117
doi.org/10.46608/dana7.9782356134011.4
licence CC by SA

Comment citer

Constantin, Thibaud, “Chapitre 2. Analyses typologiques et chronologiques”, in : Constantin, Thibaud, Cultures transpyrénéennes. Les parures du sud-ouest de la France et du nord-ouest de l’Espagne au Premier âge du Fer (VIIIe-Ve s. a.C.), Pessac, Ausonius Éditions, collection DAN@ 7, 2023, 54-185, [en ligne] https://una-editions.fr/chapitre-2-analyses-typologiques-et-chronologiques [consulté le 18/02/23]
Illustration de couverture • Photos et montage : T. Constantin. Provenance des objets : fibule (Biganos, Les Gaillards - Tumulus T) ; agrafe de ceinture (Barbaste, Cablanc – sépulture) ; torque (Mios, Pujaut - Tumulus G, entre sép. 2 et 3) ; rouelle et anneaux (Pau, Cami Salié - sép. 1).
Pasture Payolle Pyrénées (©Pixabay).
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