Zsolt Kiss, “Sarapis de Canope”, dans P. C. Bol, G. Kaminski & C. Maderna (éds), Fremdheit – Eigenheit. Ägypten, Griechenland und Rom. Austauch und Verständnis, Städel-Jahrbuch N.F. 19, Stuttgart, 2004, 387-392.

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Nous savons, grâce à Strabon (XVII, 1, 17) qu’un temple de Sarapis, célèbre pour ses guérisons, se dressait à Canope. Ce Sarapis de Canope possédait aussi un temple à Corinthe (Pausanias II, 4, 6), tandis qu’à Rome une dédicace (RICIS 501/0145) d’un néocore de Sarapis offre au dieu une petite statue le figurant tel qu’il était honoré dans son temple de Canope. Mais Sarapis bénéficiait-il d’une iconographie particulière en cet endroit ? Deux sculptures, en albâtre et de médiocre qualité, nous ont gardé la tête du dieu, l’une coiffée de l’anastolè, l’autre des boucles enroulées.

Les fouilles sous-marines de 2001 ont ramené une troisième tête, en marbre, de Sarapis, avec boucles enroulées. Mais la trouvaille la plus spectaculaire fut réalisée, la même année, sur le site englouti de Ménouthis (ville située entre Canope et Héracleion). Il s’agit d’une tête imposante de 83 cm de haut (avec le calathos), taillée en marbre blanc, d’une grande qualité artistique. La tête, avec chevelure en anastolè, aux yeux autrefois incrustés, était coiffée d’un calathos, retrouvé un peu plus loin ; elle faisait partie d’une statue, comme l’indique le départ de l’épaule droite encore visible. L’auteur incline à y voir une œuvre hellénistique de la seconde moitié du IIe siècle. On est frappé par le côté colossal de l’œuvre (4 à 4,50 m, suivant que le dieu était trônant ou debout) qui a dû servir de statue cultuelle dans un temple.

Comme Ménouthis était célèbre pour son temple d’Isis, on peut s’interroger sur la présence de ce Sarapis en pareil lieu. Z. K. pense que lors de la destruction du Sarapieion de Canope en 391 de notre ère, certaines reliques furent conduites à Ménouthis, dont le sanctuaire succomba sous les coups des chrétiens seulement en 490.

Malaise, Michel (2008) : “Zsolt Kiss, ‘Sarapis de Canope’, dans P. C. Bol, G. Kaminski & C. Maderna (éds), Fremdheit – Eigenheit. Ägypten, Griechenland und Rom. Austauch und Verständnis, Städel-Jahrbuch N.F. 19, Stuttgart, 2004, 387-392”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/kiss-2004/ [consulté le 15 août 2021].

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