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Le travail des Anciens :
en guise d’introduction

par

Peu de sujets, autant que le travail, investissent tous les domaines de la vie collective et individuelle, sociale et économique, symbolique et matérielle. C’est sans doute l’une des raisons qui justifient le renouveau d’intérêt pour l’étude du travail dans les sociétés anciennes, auquel on assiste depuis une décennie environ. Certes, ce champ de recherche peut sembler contradictoire en soi, puisque l’Antiquité grecque et romaine n’a jamais élaboré une perception unitaire de ce qu’on appelle de nos jours “le travail” : un ensemble d’activités, de gestes, de techniques qui exploitent des ressources, transforment le milieu, produisent des biens et des services, créent et transmettent des savoirs et perçoivent une reconnaissance matérielle et symbolique. On ne trouve rien de tel dans les sociétés anciennes où la notion de “travail abstrait”, cette découverte majeure de la pensée économique classique1, demeure inconnue : la trajectoire qui amène à évaluer tout travail sous forme de temps et à le traduire en richesse (Smith) ou en marchandise (Marx), reste étrangère ou presque aux sociétés anciennes2. Presque, car le lien entre le travail et le temps affleure parfois chez Platon3 et le juristes romains témoigneront par la suite d’une réflexion sur l’activité (opera) et la personne. Comme l’a bien montré Yan Thomas4, une notion de travail abstrait et unifié surgit quand ces juristes analysent les contrats de location (locatio operarum) des esclaves, en établissant une distinction entre la location de l’œuvre et la propriété du corps de l’esclave, prérogative du maître. À l’interface entre possessio permanente et prestation temporaire, émerge ainsi l’évaluation économique d’un travail soumis au même régime de droit, quel que soit son domaine concret d’application. C’est donc, paradoxalement, par rapport aux prestations des esclaves que cette notion de travail, qui deviendra si fondamentale pour les sociétés modernes, apparaît une première fois. À peine entrevue, cependant, elle sera rapidement oubliée et restera marginale dans le monde romain et, plus en général, dans la pensée antique. L’“invention du travail” est au sens plein du terme le fruit de la révolution industrielle et de l’économie capitaliste5 : c’est même, comme il a été observé, “la tâche de loin la plus difficile que le capitalisme industriel a eu à accomplir”, impliquant la quantification du coût de travail, donc de son rendement selon des critères unifiants6. À l’inverse, dans les sociétés anciennes, les relations de travail restent fragmentées en une infinité de conditions particulières, d’activités et de statuts. Du fait de cette fragmentation, et en dépit de son impact permanent sur la société, l’unité et la complexité du travail resteront invisibles pour plusieurs siècles.

C’est probablement là l’une des raisons qui expliquent les vicissitudes successives que ce domaine de recherche a connues pour les sociétés antiques. Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut rappeler ici quelques travaux marquants, publiés notamment en Italie et en France tout au long du XXe siècle, comme l’ouvrage de Gustave Glotz (1920)7, l’essai d’André Aymard (1948)8 et ceux de Jean-Pierre Vernant (réunis dans un seul volume en 1965)9, enfin la synthèse de Claude Mossé (1966, traduite en anglais en 1969)10. En Italie, l’étude de Francesco M. De Robertis, parue à Bari en 1963 et en réimpression anastatique à New York en 197911, offrait une analyse à la fois sociale et juridique des conditions de travail dans le monde romain, avec un approfondissement particulier des contrats, des catégories professionnelles et de la considération sociale du travail. Dans ces mêmes années, la notion du travail comme exploitation est rapprochée de la condition servile12 ; en parallèle le travail libre fait l’objet d’analyses spécifiques13. En 1986, Raymond Descat remplace le mot “travail” par deux termes issus du bagage conceptuel de la Grèce ancienne : ergon (œuvre) et ponos (effort). Il souligne comment la pensée grecque met l’accent sur l’action au détriment de l’agent, avec un impact majeur pour les dynamiques de production. L’émergence de l’agent – notamment celle des figures marchandes – aux VIIe et VIe siècles a.C., ne parvient pas à apporter une nouvelle vision du travail14 dans la société grecque.

Dans les décennies suivantes, entre 1990-2010, à quelques exceptions près15 la question du travail n’est plus évoquée de façon globale. Les études semblent alors privilégier des aspects particuliers, d’ailleurs tout aussi importants. Le mot “artisanat” devient récurrent, même s’il n’échappe pas aux comparaisons anachroniques avec les époques postérieures. Pour l’Antiquité, il désigne une réalité plutôt urbaine (mais non exclusivement), une variété de domaines (poterie, alimentaire, textile et bien d’autres), les espaces et l’organisation de la production, ainsi que la diversité des métiers et des savoirs16. Fondées sur une documentation historique et archéologique, ces études ont permis des avancées essentielles pour la compréhension des dynamiques concrètes du processus productif et de son intégration dans le tissu social. Une donnée qui semble émerger pour les mondes grec et romain est l’absence de séparation entre les structures productives (ateliers, boutiques) et le tissu urbain ; ce constat souligne la visibilité sociale du travail, ainsi que la contiguïté fréquente entre espace domestique et de travail, qui ébranle certains clichés sur les divisions de genre. À côté de ces aspects, la mobilité des artisans et la création de “réseaux” (networks) liés à l’artisanat de la céramique dans les milieux grecs et romains ont été également mis en exergue17.

Mais alors, pourquoi revenir parler aujourd’hui de “travail” dans les sociétés anciennes, au prix d’un certain anachronisme ? Plusieurs raisons me semblent justifier ce “retour au travail”18, qui se manifeste aussi par une production scientifique accrue, y compris dans le monde anglo-saxon19. Tout d’abord, la notion de travail demeure un outil heuristique toujours stimulant et essentiel pour retracer, sur les temps longs, les lignes de force économiques, sociales et symboliques, agissant dans les mondes anciens. En dépit, ou peut-être à cause de son anachronisme, le mot permet de transpercer la couche d’opacité qui aux yeux des Anciens, voilait le travail et son pouvoir structurant sur les sociétés20. Il y a en outre une raison substantielle : cet intérêt répond aux mutations profondes de notre époque, comme le souligne Aldo Schiavone dans ce volume, et à l’exigence réflexive de l’historien qui ne saurait jamais faire abstraction du présent, même lorsque l’analyse porte sur des époques distantes. Face aux changements soudains et sans doute irréversibles du monde contemporain, la réflexion sur les sociétés anciennes, avec leur étrange familiarité, dévoile nos propres trajectoires et peut éclairer non seulement des aspects essentiels du passé, mais aussi de notre présent.

Dans ce volume

Les relations de travail et leurs interactions avec les statuts individuels, la négociation et sa réglementation juridique et contractuelle, les formes associatives et l’impact des techniques, les aspects symboliques et religieux qui accompagnent le travail en Grèce et à Rome, et, enfin, les mutations du travail, autant de sujets qui trouvent leur place dans les interventions réunies dans ce volume. Sans prétendre à une impossible exhaustivité, cet ouvrage se propose d’éclairer, à travers différentes approches et questionnements, quelques aspects significatifs d’un objet d’étude, le travail dans les sociétés anciennes, qui ne saurait se réduire à une vision compacte et globalisante, y compris chez les penseurs modernes21. En effet, si le travail est omniprésent dans les mondes anciens, multiples sont ses formes, ses moyens de reconnaissance et d’évaluation, ses savoirs et sa réputation sociale, en particulier dans un univers de valeurs si différents des nôtres. Dans cette pluralité d’aspects, parfois contradictoires, la tension dialectique est constante entre le mépris et la reconnaissance, la contrainte et la fierté de l’affirmation professionnelle, le besoin à la limite de la survie et le désir du gain. Car, comme l’écrivait Paul Veyne il y a quelques décennies, “seuls travaillent les gens de rien ; les gens de bien, eux, exercent en toutes choses une activité de direction, appelée cura ou epimeleia, ce que l’on pourrait traduire par ‘gouvernement’”22. Le même auteur est cependant attentif aux messages des stèles funéraires romaines où « ceux qui labouraient (…) qui formaient bel et bien les quatre cinquièmes de la société »23 se font représenter dans leurs boutiques et leurs échoppes, avec l’orgueil de la condition acquise grâce au travail. Cette contradiction, intrinsèque à nos sources et à nos documents, résume bien l’aporie – insoluble – du travail ancien, sur laquelle les essais de ce volume offrent des aperçus significatifs.

L’essai de Raymond Descat part du constat de l’importance centrale du travail dans l’histoire de la cité grecque et de l’impératif de situer cette enquête au sein de ses évolutions historiques. Entre Hésiode (VIIe siècle a.C.) et Solon (début du VIe siècle a.C.) se met en place une véritable conception grecque de l’action productive. D’une part, elle permet de cumuler des richesses ; d’autre part, elle agit comme intermédiaire avec les dieux. Cette approche n’est pas exclusivement grecque : on la retrouve dans d’autres sociétés – en Mélanésie par exemple – où le travail est également une activité au cœur de la vie sociale, inscrite dans le système relationnel de la “dette partagée”. Mais en Grèce, plus spécifiquement, cette configuration est complétée, aux VIIe et VIe siècle a.C., par la définition du système de l’esclavage et par l’institution d’un marché désormais contrôlé par la cité ; c’est bien entre ces deux pôles, à la fois politiques, économiques et institutionnels, que le travail évolue au sein de la cité grecque. À partir d’une analyse centrée sur la période hellénistique, Stéphanie Maillot et Julien Zurbach reviennent sur la centralité des statuts personnels dans la définition de la main-d’œuvre dans le monde grec et sur la centralité des aspects économiques et sociaux pour la définition même du statut personnel et collectif24. Ils soulignent ainsi l’importance de ce concept que M. I. Finley avait placé au centre de son interprétation historique25. Cette notion, qu’on ne saurait entendre de façon schématique et historiquement figée, demeure pertinente à une double condition : celle “d’en garder la dimension collective et contraignante, c’est-à-dire juridique” et celle de considérer le corps social dans une complexité qui ne saurait se réduire à la tripartition entre citoyens, non-citoyens et étrangers. Dès lors, la question du travail se greffe sur ces caractères structurants de la société grecque, où des relations très complexes se développent sur la base de statuts intermédiaires, comme par exemple celui de l’affranchi – qui peut être bien sûr aussi un étranger – et le poids de ses obligations vis-à-vis de l’ancien maître.

La pluralité des statuts juridiques marque aussi l’évolution de la société agraire entre l’Empire romain et la fin de l’Antiquité. L’essai d’Emanuele Stolfi explore la variété des cas qui définissent le rapport à la terre, de la propriété à la dépendance. Le cas des esclaves, que le droit romain admet dans la double fonction d’outils de travail passif (instrumentum) assimilés à une chose, et de personnel actif (conductores) exerçant l’activité fondamentale de contrôle ou d’administration, est en particulier très significatif. La complexité de ces statuts empêche de tracer une ligne continue d’évolution entre les fermages de l’époque impériale et le colonat de l’antiquité tardive. Elle interagit profondément avec le facteur temporel, qui a un impact à la fois sur la durée pluriannuelle (répondant à l’exigence de lier le personnel à la terre) et sur l’alternance saisonnière, et comporte forme de mobilité temporelle due aux rythmes de la gestion de la propriété, qui ont à leur tour un impact important sur la configuration du paysage.

Jamais séparé du tissu social, relationnel par vocation, le travail donne lieu à des formes temporaires ou stables d’association et coopération. La contribution de Virginie Mathé explore les configurations qui se créent sur les chantiers de construction dans la Grèce classique. Ces creusets de la vita activa constituent tout à la fois une expression de dévotion religieuse et des lieux d’échange de savoirs professionnels et d’investissement économique, qui permettent d’afficher la renommée et la puissance de la cité. Les relations nouées sur les chantiers sont explorées à partir des inscriptions, des inventaires et des contrats. Ces derniers permettent de saisir le degré, souvent très poussé, de la définition des tâches, ainsi que les rapports des corps de métiers entre eux et de ces corps avec l’administration des temples, magistrats et personnel technique. Là aussi, la question des statuts personnels des acteurs (libres, esclaves, affranchis), par rapport aux mobilités saisonnières et aux modalités de la rémunération demeure centrale. Les silences de la documentation posent d’ailleurs un défi à l’analyse historique. En effet, l’omission dans les contrats de certains éléments pourtant essentiels (la durée, les montants et les objets de la rémunération, la fourniture éventuelle de matière première et d’appareillage) laissent supposer que la négociation orale et les relations personnelles devaient interagir avec le cadre contractuel formellement rédigé. En même temps, les variations et les clauses particulières sur les temps, les modalités et les rétributions de la prestation font apparaître, avec la volonté de garantir les parties, l’intention d’attirer la main-d’œuvre requise, notamment pour certaines tâches plus spécialisées.

Les relations associatives inspirées par les activités professionnelles dans la Rome républicaine et impériale sont étudiés dans la contribution de Simone Ciambelli, qui reprend des éléments essentiels du vaste débat sur les collegia, en suivant un double niveau d’investigation : d’un côté, la reconstruction historique de l’impact et de la fonction de telles associations sur la société romaine, de l’autre, leur interprétation dans l’historiographie contemporaine. Pour le premier aspect, l’auteur insiste sur le caractère diversifié de tels regroupements, qui dépasse largement la dimension professionnelle pour investir les domaines sociaux et religieux, aux échelles individuelle et collective. Le deuxième aspect, en quelque sorte lié au premier, décrit les déformations interprétatives d’une longue tradition d’études (particulièrement dans l’Italie des décennies 1920-1940) qui assimilaient souvent les collegia romains aux corporations médiévales pour établir des parallèles aussi audacieux que fallacieux avec les organisations de travailleurs sous le régime fasciste.

Ma propre contribution analyse quelques aspects du travail libre dans les sociétés grecque et romaine, en portant une attention particulière au vocabulaire, à la question de la spécialisation des métiers (voire à leur fragmentation) des métiers, aux temporalités (âges, temps et rythmes), domaine où les croyances religieuses s’entremêlent souvent, une fois encore, avec les comportements et les pratiques individuelles et collectives. Plus généralement, c’est la notion de précarité et de contrainte, mais aussi d’orgueil personnel qui émerge de cette enquête, avec la ambiguïté intrinsèque déjà soulignée. Dans la dernière partie, j’aborde la question du travail et de l’œuvre de création, où la différence entre conception et réalisation matérielle semble affleurer dans le terme grec de paradeigma, “modèle”, connu dans des contrats et inventaires grecs pour les époques classique et hellénistique, notamment dans le domaine du décor architectural. Le terme laisse entrevoir des modalités d’estimation et de reconnaissance de la création indépendamment de son exécution matérielle.

La place de la technique dans les évolutions productives antiques, particulièrement dans le monde romain, fait l’objet de l’article d’Arnaldo Marcone ; il s’agit là d’une thématique essentielle qui connaît un renouveau d’intérêt à l’heure actuelle26. Il est aujourd’hui difficile d’adhérer à l’idée d’un “blocage technologique” qui aurait produit une sorte de stagnation des sociétés anciennes, y compris dans le domaine du travail27. L’article d’A. Marcone retrace les avancées fondamentales existantes dans le domaine technologique, certaines acquises grâce aux pratiques militaires (ex. la construction des campements inspirant des projets urbains), d’autres dues aux changements propres à chaque domaine de production. C’est le cas des évolutions morphologiques d’outils essentiels, comme la charrue, qui sous-entendent des mutations dans la pratique du travail. Il n’en demeure pas moins, toutefois, que ces changements technologiques n’ont pas suffi à modifier en profondeur les conditions globales de la production antique et à bâtir le cercle vertueux entre production, gain et investissement qui caractérisera, des siècles plus tard, les économies modernes. D’ailleurs, la question s’est posée même pour le passage à l’économie industrielle moderne : la nouvelle exploitation à large échelle de la machine à vapeur n’est pas exclusivement due à un progrès technique mais répond aussi à des changements sociétaux et peut-être idéologiques, voire symboliques28.

Dans ce dialogue entre passé et présent, l’essai d’Aldo Schiavone analyse les phénomènes anciens dans leur singularité et leur spécificité, sans détourner le regard des bouleversements de l’époque actuelle. Dès lors, le travail des Anciens, avec ses particularités et sa brutalité – l’esclavage en particulier –, offre un point d’observation idéal pour retracer ces processus sur les temps longs. Cette réflexion sur les transformations historiques permet ainsi de comprendre à quel point le concept classique de “travail” est désormais derrière nous. Né avec la révolution industrielle, objet d’analyses théoriques en philosophie, à partir de F. Hegel, et en économie avec des penseurs comme A. Smith et K. Marx, devenu souvent l’arène de théories antagonistes, le travail de masse, qui façonne la vie collective, a été soudainement renversé par les changements technologiques actuels. Dans cette nouvelle configuration contemporaine, le travail redevient un fait individuel, atomisé, potentiellement exposé à de nouvelles formes de dépendances, certes moins violentes que dans le passé mais plus subtiles et plus inattendues. La précarité et la fragilité du travail refont surface au fil d’accélérations et de convulsions dont les issues demeurent imprévisibles29. Cette instabilité crée ainsi un espace de non-droit qui suggère des résonances potentielles avec des conditions que l’on estimait désormais dépassées : le travail chez les Anciens, justement.

Au-delà des diversités de chaque contribution et de chaque approche, des thématiques communes se dégagent de l’ensemble du volume. Les écarts entre le le vocabulaire moderne et le vocabulaire ancien s’imposent. S. Maillot et J. Zurbach étudient les différents statuts des individus en Grèce au prisme de deux termes : meros, indiquant à la fois la partie d’un tout social et une catégorie statutaire, et genos, qui désigne le statut de naissance. Les définitions de l’action – ergon – et de l’effort – ponos – donnent les lignes de lecture d’une évolution à la fois idéologique et concrète au sein de la cité grecque (Descat). Les écarts entre reconnaissance de la compétence et mépris de la manualité ressortent non seulement des textes des philosophes grecs mais aussi du vocabulaire, dans la distance sémantique qui sépare les mots démiourgos et banausos (D’Ercole). Ce dernier terme, importé sans doute des langues sémitiques au Vsiècle a.C. et peut-être dès le siècle précédent, rassemble les activités où seule la force du corps est requise, où toute compétence et toute dignité sont niées. Dans un autre domaine, les expressions qui désignent le lien à la terre de l’Antiquité au Moyen Âge, comme la formule servus quasi colonus, sont très éloquentes pour comprendre les transitions et les stratifications du cadre juridique qui se mettent en place à ces époques dans le travail de la terre (Stolfi). Le plus grand défi, cependant, réside dans la façon de nommer le travail antique et d’en définir le périmètre. En effet, en l’absence du concept ancien, c’est le choix des Modernes qui fait sens. Dès lors, il est parfaitement légitime de considérer le travail des sociétés anciennes dans une acception large, recoupant le sens des deux mots anglais “labour” et “work” (comme il a été proposé dans un ouvrage récent)30 tout en gardant conscience que l’on applique inévitablement des catégories modernes aux réalités antiques.

En parallèle, on ne saurait renoncer à chercher des catégories pour ainsi dire « internes » à la perspective des Anciens. On continuera à creuser la signification des mots grecs, ponos, ergon, misthos, à s’interroger, sur la base du célèbre passage de Cicéron (Off., 1.151-152) sur les confins établis dans le monde romain entre merces et honorarium, entre travail rémunéré et responsabilités des gouvernants31. Dans le passage cité plus haut, Paul Veyne excluait les gouvernants du groupe de celles et ceux qui travaillent32 ; mais le débat est loin d’être clos, face à la multiplication des tâches administrative, dont plusieurs rémunérées, qui fleurissent à certaines périodes de l’histoire antique, comme la démocratie athénienne et l’Empire romain33. Ajoutons que la distance sémantique demeure parfois impossible à combler, car les écarts plongent leurs racines dans des conditions sociales et économiques et dans des valeurs symboliques très éloignées du présent. Plusieurs contributions du volume (Descat, Schiavone) mettent ainsi en garde d’une comparaison sans filtre avec la modernité, par exemple sur les niveaux de croissance des sociétés néerlandaises et anglaises à l’époque moderne. D’autres (Maillot & Zurbach) insistent sur la nécessité de rattacher les analyses à un contexte historique déterminé ; d’autres encore soulignent les mauvaises usages d’expressions modernes, comme “corporation” (Ciambelli) ou “lutte de classe” (Schiavone), appliquées à l’étude des sociétés anciennes. En positif, si on voulait rechercher des catégories internes susceptibles d’éclairer les spécificités antiques, on pourrait en saisir au moins deux, qui reviennent dans les différentes contributions. L’une réside dans le rapport avec les croyances religieuses. Sous-jacente dans l’idéologie grecque du travail depuis Hésiode (Descat), la sphère du sacré intervient dans les domaines les plus divers, que ce soit dans l’invocation des dieux pour les infortunes du travail (Mathé), dans la segmentation des rythmes productifs et dans la cessation de la vie active, en Grèce et à Rome (D’Ercole) ou dans les finalités et fonctionnement des phénomènes associatifs romains (Ciambelli). L’autre élément est bien sûr la proximité avec l’esclavage qui projette constamment son ombre sur le travail ancien, inconnue à l’Europe industrielle où, malgré les lourdes formes de contraintes et de pénibilité, la propriété de la personne est exclue. En revanche, dans les sociétés anciennes, (en Grèce, à Rome, et sans doute dans d’autres sociétés antiques), personnes libres et esclaves font souvent les mêmes métiers et se côtoient dans les mêmes lieux, comme les chantiers de construction (Mathé) ou les champs (Stolfi), au point que les travailleurs libres s’avèrent parfois plus rentables que les esclaves34. Le travail est donc d’emblée méprisé, puisqu’il est aussi l’apanage des esclaves : mais on pourrait, avec Hannah Arendt, renverser le raisonnement et affirmer “qu’il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie”35, dans une vision négative du travail chez les Anciens, qui précède même le recours au travail servile. Quoi qu’il en soit, ce champs de recherche n’a pas fini de poser de nouvelles questions et de nouveaux défis à la recherche contemporaine. Le volume fait partie de ce dialogue ouvert.

Remerciements

Cet ouvrage s’inscrit dans la prolongation de recherches et collaborations scientifiques nées lors de la journée d’étude que j’avais co-organisée avec A. Schiavone en 2014 à Paris, en coopération entre l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), l’Association Française d’Histoire Économique (AFHE), et avec le soutien du Laboratoire “Anthropologie et Histoire des mondes antiques” (ANHIMA-UMR 8210). Quelques interventions de cette rencontre ont paru dans la revue Quaderni di Storia36et sont aujourd’hui proposées dans une forme renouvelée, à côté d’autres contributions37. Le présent volume a bénéficié du soutien financier du Laboratoire ANHIMA, auquel je suis reconnaissante, ainsi qu’à la maison d’éditions Ausonius et à sa directrice, Claire Hasenohr, pour avoir accueilli l’ouvrage dans sa collection numérique PrimaLun@ et à Stéphanie Vincent Guionneau pour sa réalisation sur la plateforme UN@.


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Notes

  1. À ce sujet : Méda 2021, 65-78.
  2. Toujours éclairante, sur ces thématiques, est la synthèse de Godelier 1979, tout particulièrement 34-40.
  3. Ainsi dans la République, le temps de la production est pris en compte pour justifier la division des métiers dans la société (Pl., R., 369e-370a) ; cf. aussi le passage des Lois (Pl., Lg., 920e-921a), où l’œuvre des artisans (demiourgoi) doit être livrée dans le temps et au prix convenu.
  4. Thomas 2004, 201-225, notamment 203.
  5. Dans une très vaste bibliographie, on se bornera ici à quelques références : Gortz 1991, 25-37 ; Cusin & Benamouzig 2004, 255-266 ; Méda 2021. Comme le remarque Gortz 1991, 36 : “la rationalisation économique du travail (…) fut une révolution, une subversion des modes de vie, des valeurs, des rapports sociaux et à la nature, l’invention au plein sens du terme de quelque chose qui n’avait encore jamais existé”.
  6. Gortz 1991, 34.
  7. Glotz 1920.
  8. Aymard 1948, 29-45.
  9. Vernant 1965a, 197-217 ; Vernant 1965c, 302-322.
  10. Toujours utiles les pages sur l’idée de travail dans l’Antiquité (Mossé 1966, 44-50).
  11. De Robertis 1963 ; De Robertis 1979.
  12. Annequin et al. 1975 ; cf. en particulier les essais de M. I. Finley (78-95) et de H. Kreissig (99-109) ; à noter le mauvais usage de la notion de « lutte de classe » qui y est fait par E. Staerman (159-196) ; pour la critique ferme de ce concept pour l’Antiquité, voir l’intervention d’A. Schiavone dans le présent volume.
  13. Garnsey 1980.
  14. « La représentation grecque privilégie l’action au détriment de l’agent », du moins aux VIIIe et VIIe siècles a.C. (Descat 1986, 95-96) ; une action individuelle émerge avec les figures marchandes qui restent toutefois limitées à « une partie de la population et du champ économique » (Id., 310). Une analyse récente sur le ponos chez Aristote (Mulhern 2024) ignore les recherches bien antérieures de R. Descat.
  15. Par exemple Joshel 1992, emploie le mot « Work » en rapport aux catégories romaines du travail et à l’identité sociale des acteurs, à partir d’une étude essentiellement épigraphique.
  16. Cette liste, aucunement exhaustive, indique des ouvrages significatifs dans le domaine : pour le monde grec, Sanidas 2013, avec des considérations finales sur la place de l’artisan dans l’ordre civique (ibid., 241-243) ; Esposito & Sanidas 2013 ; Blondel 2016 ; pour le monde romain, Brun 2009 ; Monteix & Tran 2011 ; Wilson & Flohr 2016 ; Schoevaert 2018. Pour le travail lié aux lieux de culte, dans le monde grec et romain : de Cazanove et al. 2023.
  17. Dans un ouvrage très récent : Elia et al. (éd.) 2024.
  18. Comme j’avais intitulé mon précédent article sur ces sujets (D’Ercole 2018).
  19. Citons au moins les volumes collectifs : Marcone (éd.) 2016 ; Marcone (éd.) 2018 ; Stewart et al. (éd.), 2020 ; Flow & Bowes (éd.), 2024, avec les précédentes bibliographies.
  20. Ce pouvoir structurant est explicitement souligné pour le monde grec dans la contribution de R. Descat dans ce volume.
  21. Les contradictions d’un penseur comme K. Marx, qui a pourtant mis le travail au cœur de son analyse, ont été bien soulignées par H. Arendt : d’un côté, le travail est « la plus humaine et la plus productive des activités », d’autre côté, la révolution a le but ultime « d’émanciper l’homme, de le délivrer du travail » (Arendt [1958] 2012, 142).
  22. Veyne 1985, 143.
  23. Veyne 1985, 136-137.
  24. Thématique abordée pour l’époque hellénistique, dans un colloque qui a eu lieu à Clermont Ferrand en 2016 : Maillot & Zurbach 2021.
  25. Finley 1973, 35-61 : « An order or estate is a juridically defined group within a population, possessing formalized privileges and disabilities in one or more fields of activity (…) and standing in a hierarchical relation to other orders » (Id., 45 ; italique dans le texte original).
  26. Dans une vaste bibliographie récente : Irby 2016 et, pour les découvertes scientifiques d’époque hellénistique, Russo 2004.
  27. Cette idée est attribuée à M. I. Finley avec une quelque schématisation de ses propos. Relisons par exemple Finley 1973, 147, mentionnant le curieux épisode de l’inventeur du verre incassable que l’empereur Tibère aurait fait aussitôt justicier pour que la valeur du verre ne baisse pas ; Finley observe notamment qu’aucun auteur ancien ne s’est étonné du fait que l’inventeur se soit adressé à l’empereur et non pas à un entrepreneur privé. L’épisode est relaté avec différents accents par Petron. Sat. 51 ; Dio. Cass. 57.21.7 ; toutefois Plin., HN, 36.195, selon qui l’atelier de l’inventeur est démantelé, ce qui laisserait penser que la technique avait été mise en production.
  28. Voir à ce sujet les réflexions dans Touraine 2013, 25 ; 62-64 ; Méda 2021.
  29. Une possibilité, avancée par Gortz 1991, 82, serait la formation d’un noyau de travailleurs stables choisis par leur qualification, ce qui n’exclut un large éventail de possibles issues.
  30. C’est le choix de Flohr & Bowens 2024b, 3-4 : le terme “labour” indique toute forme de travail rémunéré, alors que “work includes all kind of efforts ‘that add value to goods and services (…). This volume will largely ignore (…) these modern distinctions, and start from the idea that the concepts encompassed by ‘work’ and ‘labour’ in practice are overlapping and circumscribe an important sphere of human activity”.
  31. Sur les catégories du salariat romain, toujours éclairant Berrendonner 2007.
  32. Cf. ci-dessus, note 21.
  33. Pour toutes ce raisons, on ne saurait partager l’affirmation de Freu 2018, 166 : “Il convient donc (…) de dépasser ce vieux débat sémantique”.
  34. Comme le souligne Epstein 2008, le recrutement d’un esclave (trop) spécialisé pour son maître comportait un risque économique pour son propriétaire, ce qui rend préférable l’emploi de libres sur les chantiers ; ce même argument a été avancé pour le monde romain, cf. infra, D’Ercole
  35. Arendt [1958] 2012, 125.
  36. Schiavone 2017 ; D’Ercole 2018 ; Descat 2018 ; Stolfi 2018. Je saisis l’occasion pour remercier Luciano Canfora, directeur de la revue Quaderni di Storia, pour avoir publié nos articles et pour avoir accepté qu’ils soient maintenant réédités dans cette nouvelle publication.
  37. Voir dans ce volume les contributions de V. Mathé, S. Maillot et J. Zurbach, S. Ciambelli, A. Marcone.
ISBN html : 978-2-35613-673-2
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Chapitre de livre
EAN html : 9782356136732
ISBN html : 978-2-35613-673-2
ISBN pdf : 978-2-35613-674-9
Volume : 37
ISSN : 2741-1818
Posté le 20/02/2026
11 p.
Code CLIL : 3377; 3385;
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Comment citer

D’Ercole, Maria Cecilia, ”Le travail des Anciens : en guise d’introduction”, in : D’Ercole, Maria Cecilia, dir., Travail et labeur dans l’Antiquité grecque et romaine, Pessac, Ausonius Éditions, collection PrimaLun@ 37, 2026, 7-18, [URL] https://una-editions.fr/le-travail-des-anciens-en-guise-d-introduction
Illustration de couverture • En couverture : L’esclave affranchi, l’artisan Titus Aelius Evangelius transforme la laine, IIe s. p.C.
Romain, Marbre. Musée méditerranéen, Suède.
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