Le collegium est l’un des corps intermédiaires les plus caractéristiques et les mieux représentés dans les villes romaines de l’époque républicaine et impériale. Il suscite ainsi l’intérêt de la communauté scientifique depuis près de deux siècles, au cours desquels les spécialistes ont principalement examiné son rapport privilégié avec le monde du travail. Après avoir donné un aperçu rapide de la structure et de l’évolution des collèges dits professionnels, cet article se propose de passer brièvement en revue les principales thèses défendues par la critique moderne à partir du XIXe siècle. En effet, plus encore que pour d’autres institutions du monde romain, l’image que nous avons des collegia dépend largement de l’interprétation qu’en font les Modernes.
Pour une définition contemporaine du collegium
Les collegia sont considérés comme l’une des structures les mieux organisées et les plus influentes au sein de la plebs media. Bien que leur formation soit, du moins à l’origine, spontanée et réponde à un besoin de sociabilité émanant de la base, ils sont progressivement perçus comme faisant partie intégrante de la communauté urbaine, capables de véhiculer d’importantes relations sociales, économiques et politiques. L’espace collégial est exclusivement masculin ; il accueille indistinctement les ingénus et les affranchis, et même, dans de très rares cas, les esclaves, avec le consentement de leurs maîtres : c’est tout au moins l’interprétation suggérée par un passage du Digeste (Dig., 47.22.3.2 (Marcianus)). Les collegia se sont constitués, à l’image et à la ressemblance de la communauté la plus proche : la cité, comme l’affirme un passage du juriste Gaius dans le Digeste (Dig., 3.4.1.1). De ce fait, parmi les associations professionnelles, on trouve une hiérarchie rigide qui reflète celle de la communauté civique : la plebs, les magistrats élus, les magistrats honoraires et les protecteurs1.
Dans un contexte associatif, les termes plebs, collegiati, ordo, populus ou numerus désignent les membres ordinaires. Ils constituaient la majorité et se situaient au niveau le plus bas. Cependant, le simple fait d’appartenir à une association représentait déjà un signe de distinction au sein de la société urbaine, signe dont on se souvenait souvent avec fierté, comme en témoignent les inscriptions funéraires des membres des collegia2. Au-dessus, on trouvait le groupe le plus sélectif : les magistrats. Au sommet du cursus honorum collégial se plaçait toujours la figure du président (quinquennalis), la plus haute autorité exécutive de l’association, dont les tâches s’inspiraient de celles des magistrats de la cité : il convoquait et présidait l’assemblée de l’association, contrôlait le respect des statuts et l’exécution des décrets, supervisait les fonds de l’association, accomplissait des actes de culte au nom de celle-ci, enfin organisait et présidait les banquets. Cette fonction suprême était parfois secondée par des magistrats mineurs, on trouve parfois des magistrats mineurs, tels que les curatores, qui avaient une fonction plutôt exécutive, ou les quaestores, chargés de gérer le trésor de l’association.
Parfois, les magistrats suprêmes pouvaient être honorés par l’assemblée collégiale du titre de quinquennalis perpetuus, c’est-à-dire de président honoraire, une fois leurs fonctions terminées. Il s’agissait d’une fonction honorifique qui élevait l’individu, ainsi que sa famille, à une position prééminente, même par rapport au président en fonction. Enfin, au-dessus et en dehors de l’association, on trouve les patroni, selon une coutume également en vigueur dans les cités. Ces personnalités étaient généralement des membres éminents de la communauté urbaine ou de l’association, qui agissaient en tant que défenseurs et bienfaiteurs du collège lui-même3.
L’origine des collegia est fort ancienne, à tel point qu’au moment où les Romains ont commencé à systématiser leur tradition historique, ils étaient perçus comme l’une des composantes originelles de la société romaine. Pour Plutarque, par exemple, leur institution remonterait même à Numa Pompilius qui, pour aplanir les différences ethniques entre Romains et Sabins, aurait décidé de répartir la population en fonction des métiers (τεχναί) : flûtistes, orfèvres, charpentiers, teinturiers, tanneurs, maroquiniers, forgerons et potiers, auxquels il ajouta une dernière corporation qui regroupait tous les autres travailleurs (Plut., Num., 17.1-3.). On peut vraisemblablement penser, en réalité, que les premières associations se soient formées entre la fin de la monarchie et le début de l’époque républicaine, certainement avant le milieu du Ve s. a.C., car une norme concernant le droit d’association figurait déjà dans les XII Tables (Dig., 47.4.1 (Gaius)).
C’est à la fin de la République que les collegia de la capitale apparaissent avec plus d’insistance dans la narration historique, lorsqu’ils commencèrent à jouer un rôle important dans les affrontements entre factions. Ainsi, en 64 a.C., grâce notamment au témoignage du grammairien Asconius, nous apprenons l’existence d’un sénatus-consulte qui dissout et interdit les associations quae aduersus rem publicam uidebantur esse constituta (Asc., Pis., 7 (Clark)). Cette intervention du Sénat s’est révélée nécessaire à la suite d’une période de grande instabilité, durant laquelle les collegia avaient été utilisés à des fins de pression politique, phénomène qui a atteint son apogée avec la conjuration de Catilina. Six ans plus tard, en 58 a.C., le problème se posa à nouveau avec le tribun de la plèbe Publius Clodius Pulcher, qui réussit à faire adopter la lex Clodia de collegiis restituendis nouisque instituendis, réhabilitant ainsi les collegia dissous et autorisant la création de nouvelles associations (Asc., Pis., 7 (Clark)). L’objectif de Clodius, soutenu par le consul Lucius Calpurnius Piso, était d’utiliser les collegia comme des milices mobilisées au service de la faction populaire la plus radicale.
Cependant, peu après, le changement de climat politique et le regain d’entente entre les “triumvirs” entraînèrent un premier recul de la liberté d’association. Le 10 février 56 a.C., un sénatus-consulte ordonnant la dissolution de toutes les associations à influence électorale fut approuvé (Cic., Q. fr., 2.3.5). Cette sanction ne concernait très probablement que les formations des populares, sans toucher pour l’instant aux groupements des optimates rassemblés par Titus Annius Milo. La légalité de ces derniers allait toutefois être remise en cause par la lex Licinia de sodaliciis, approuvée l’année suivante (55 a.C.) sur proposition du consul Crassus en personne (Cic., Plan., 36-37). Il fallut attendre l’intervention providentielle de César, puis d’Auguste, pour que les collegia anciens et licites soient définitivement établis et que leur statut soit fixé (Suet., Caes., 42.4 ; Suet., Aug., 32). À partir de ce moment, nos informations sur les collegia s’enrichissent principalement grâce à l’abondance de documents épigraphiques qui aident à mieux comprendre la polyphonie du phénomène associatif.
Aujourd’hui, en accord avec une tendance plus générale des sciences humaines et sociales, on préfère considérer les collèges comme des collectivités multifonctionnelles plutôt que de les classer de façon rigide, selon leur fonction, religieuse, funéraire ou professionnelle. Ces différents aspects qui ressortent de nos sources ne sont en effet pas contradictoires, mais contribuent tous à définir les différentes facettes du même phénomène.
Les aspects religieux et funéraires sont ceux qui sont attestés le plus régulièrement. Chaque collège avait en effet sa propre divinité protectrice, son génie, ses rituels et ses cérémonies. Diverses inscriptions témoignent en effet de la forte dimension religieuse d’associations qui semblent exclusivement professionnelles, au premier abord. Le cas des mensores frumentarii d’Ostie, mentionnés dans une inscription du début du IIe s. p.C. en rapport avec Cérès Auguste, divinité étroitement liée à l’activité du corpus, en est un exemple4. En outre, les collegia s’occupaient souvent des funérailles de leurs membres ou participaient aux cérémonies à leur mémoire : le rôle funéraire était certainement un élément important de la vie collégiale. Il apparaît à plusieurs reprises dans la lex collegii des cultores Dianae Antinoi de Lanuvium5, immortalisée sur pierre en 136 p.C., à tel point que ce document a été utilisé par Theodor Mommsen comme preuve de l’existence des collegia funeraticia (voir infra).
Les textes épigraphiques témoignent également des manifestations conviviales, telles que les banquets, les fêtes, les distributions, les cérémonies, etc., qui nourrissent la sociabilité des individus autour de l’idée de groupe. Ainsi, à Narbonne, au milieu du IIe s. p.C., l’anniversaire du patron des fabri subaediani (sorte de charpentiers) locaux devient l’occasion d’un grand banquet collégial6. Le patron Sextus Fadius Secundus Musa avait versé 16 000 sesterces dans les caisses de l’association afin que les intérêts de cette somme soient répartis à perpétuité entre les membres de la corporation qui se réuniraient chaque année pour honorer son dies natalis, son anniversaire. Le même document révèle également la capacité économique des associations, qui étaient non seulement en mesure de gérer une caisse commune, mais aussi d’épargner et de faire fructifier des sommes d’argent.
Bref, au début de l’Empire, les associations romaines répondent aux quatre critères techniques énumérés par Francesco Maria De Robertis, sur lesquels nous reviendrons : un objectif commun, une organisation, le caractère volontaire et la permanence de l’objectif dans le temps. En outre, elles peuvent se manifester à travers des aspects funéraires, religieux, économiques, conviviaux, etc. Même si aujourd’hui cette complexité et cette polyvalence sont considérées comme acquises pour les associations dites professionnelles, on ne saurait oublier que ce résultat découle d’un long processus historiographique qui, comme je l’ai écrit en introduction, a profondément influencé la vision du phénomène associatif au fil du temps. Il est donc à mon sens nécessaire, voire fondamental, de présenter dans ses grandes lignes l’évolution des études modernes sur ce phénomène.
Prémices des études sur les collegia (vers 1820-1900)
La critique contemporaine retient généralement que Theodor Mommsen a inauguré les études scientifiques proprement dites sur les collegia en 1843, avec la publication de sa thèse intitulée : De collegiis et sodaliciis Romanorum7. En réalité, son enquête avait été précédée d’une vingtaine d’années par le traité de Heinrich Eduard Dirksen Über den Zustand der juristischen Personen nach römischem Recht8, dans lequel le juriste allemand a étudié le statut juridique des collegia à travers les sources juridiques romaines. Bien que cet essai ait fait autorité en son temps, c’est l’ouvrage de Mommsen qui est à l’origine de l’intérêt de la communauté scientifique pour ce sujet ; il a ensuite été suivi par plusieurs études dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont celles de Paul Kayser9, Alfred Pernice10, Max Cohn11, Augusto Gaudenzi12 et Hermann Maué13. Un premier regard plus proprement historique a été lancé sur le phénomène associatif romain par Wilhelm Liebenam dans le volume intitulé Zur Geschichte und Organisation des römischen Vereinswesens, publié en 189014. Bien qu’elle reste attachée aux analyses juridiques qui l’avaient précédée, cette étude a mis en évidence l’importance des inscriptions pour reconstruire la diffusion et l’organisation de ces associations. Les sources épigraphiques occupent pour la première fois une place centrale dans la recherche sur les collegia : l’ajout d’un corpus de 84 inscriptions en annexe est particulièrement significatif à cet égard. L’accession des inscriptions au rang de source à part entière a été rendue possible grâce à la parution du Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL), un outil fondamental, dont Mommsen lui-même avait regretté l’absence lors de la rédaction de son premier traité sur les collegia15.
L’ouvrage publié par l’historien belge Jean-Pierre Waltzing, intitulé Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains16, constitue un jalon fondamental dans l’étude des collegia : ce travail monumental, composé de quatre volumes qui comportent près de 2 500 pages, a profondément marqué non seulement cette première phase, mais aussi toute l’histoire des études collégiales. Parue entre 1895 et 1900, cette somme avait l’ambition de dépasser les recherches développées jusque-là. Comme l’écrivait Waltzing lui-même, ces études antérieures péchaient par une connaissance approximative de la législation impériale relative aux collegia, des services qu’ils offraient à l’administration publique ou encore de leur organisation interne, et présentaient des déficiences évidentes dans la recherche des origines du phénomène associatif, dans la compréhension de son évolution depuis le règne de Numa jusqu’à la chute de l’Empire, ainsi que dans l’identification des raisons d’être de ces collectivités17. Bien que l’auteur ait été pleinement conscient de l’impossibilité de combler toutes ces lacunes, il est parvenu, grâce à sa sensibilité d’historien, ainsi qu’à l’attention portée à l’ensemble des sources disponibles, à proposer plusieurs observations d’ordre social qui, à certains égards, constituent encore aujourd’hui les fondements des raisonnements développés par les spécialistes. Son analyse, à l’instar de l’étude pionnière de Liebenam18, se fonde principalement sur les sources épigraphiques. Toutefois, contrairement à l’historien allemand, Waltzing n’a pas seulement sélectionné quelques textes significatifs, mais il a rassemblé, en s’appuyant sur les volumes du CIL, l’ensemble des inscriptions connues relatives aux aspects les plus divers des collegia : leur nombre s’élevait alors à 2 432.
Cet ouvrage clôt la première phase de l’historiographie sur les collegia, qui s’était focalisée jusque-là sur les sources juridiques. Le travail de Waltzing dépasse cette approche en proposant pour la première fois une étude approfondie des sources épigraphiques, selon une méthode de classification héritée très largement de l’esprit positiviste dominant à cette époque. L’auteur a notamment tenté de classer les associations en fonction de leur objectif principal. Cette approche l’a conduit à les diviser en trois grandes catégories : les collèges professionnels, religieux et funeraticia19. Cette dernière catégorie avait déjà été définie en 1843 par Mommsen20, quand ce dernier avait cherché à déterminer la nature des collegia tenuiorum21. Comme déjà remarqué, l’hypothèse de Mommsen et, plus généralement, l’idée d’une subdivision rigide du phénomène associatif n’ont été remises en question que récemment par les historiens.
Le corporatisme fasciste et les collegia (vers 1920-1940)
À la suite de la publication de Waltzing, qui semblait constituer un apport décisif, voire définitif par son exhaustivité, les recherches sur le monde collégial ont connu une diminution considérable, sans toutefois disparaître complètement. Je cite, par exemple, les études de Friedrich Karl Neubecker22 et Max Radin23, même si ces dernières sont plutôt marginales. L’étude des collegia connut un véritable renouveau, particulièrement en Italie, à la fin des années 1920 et tout au long des années 1930. Cette nouvelle phase de l’historiographie a bénéficié de la conception corporative du régime fasciste, qui a suscité, de façon plus ou moins directe, un regain d’intérêt pour l’histoire du droit des corporations. Dans ce contexte, les cours, voire les écoles consacrées à ce sujet se sont multipliées dans plusieurs universités italiennes. Mentionnons notamment, pour leur importance et leur impact sur la société, la Scuola di perfezionamento in legislazione corporativa fondée à l’automne 1928 à Pise et la Scuola di perfezionamento in studi corporativi fondée en 1934 à la faculté de droit de l’Université de Bari. Celle-ci se présentait comme le prolongement du Seminario giuridico-economico, dont la leçon inaugurale fut dispensée le 1er mai 1927 par Michele Barillari, directeur de la faculté de droit24.
L’émergence de cours et d’écoles corporatifs, que ce soit par la volonté des dirigeants fascistes ou à l’initiative des universités, a stimulé l’intérêt des milieux académiques italiens pour l’étude de l’histoire du phénomène corporatif. Le rapport présenté par Pier Silverio Leicht, directeur de la faculté de droit de l’Université de Bologne et député du Royaume d’Italie, lors du Primo convegno nazionale di studi corporativi qui s’est tenu à Rome les 2 et 3 mai 1930, est révélateur à cet égard. Dans son bref discours, Leicht soulignait l’importance de fournir une introduction historique aux étudiants, afin de “creare nello studente la forma mentis adatta per comprendere tutta l’importanza e la profondità delle riforme fasciste”25. La même année, un premier ouvrage d’introduction a été publié par Alfredo Pino Branca. Cette étude résume sous une forme abrégée les cours d’histoire économique donnés par l’auteur en tant que libero docente (libre enseignant) à la Scuola di Scienze Politiche e Sociali de l’Université de Padoue pour l’année académique 1927-2826.
Durant cette deuxième phase, les collegia romains ont été principalement observés à travers les textes jurisprudentiels, au détriment de l’approche développée par Waltzing. L’accent a été mis principalement sur la comparaison entre le système antique et le régime corporatif qui, du moins sur le papier, prenait forme en Italie. Parmi les chercheurs qui se sont consacrés à ce sujet dans les années 1930, citons Mariano D’Amelio, président de la Cour suprême et sénateur du Royaume d’Italie, avec un article sur la Lex Iulia de Collegiis27, le juriste Vincenzo Bandini, qui a publié en 1937 une synthèse de vulgarisation sur l’évolution des corporations romaines28 et Filippo Carli, professeur d’économie corporative à la Scuola di perfezionamento de Pise29. Deux autres personnages importants sont issus de la Scuola di perfezionamento de Bari : Gennaro Maria Monti30, directeur de la faculté de droit, et surtout son élève, Francesco Maria De Robertis31. Si l’importance de ce dernier, juriste insigne, spécialiste d’histoire économique et sociale, s’est encore accentuée après la Seconde Guerre mondiale, c’est bien au cours de ses études de jeunesse, sous le régime fasciste, qu’il a développé un vif intérêt pour les collegia. C’est alors qu’il a jeté les bases de ses propres théories, qui trouveront un plus large écho par la suite. Malgré les contraintes du contexte, il a su s’affranchir la plupart du temps des positions propagandistes du régime.
L’intérêt manifesté par les autres historiens pour les corporations demeure par ailleurs plutôt faible. À ma connaissance, il n’existe qu’un court exposé d’Aristide Calderini32, professeur d’Antiquités grecques et romaines à l’Université Catholique de Milan, et deux brèves monographies rédigées par Francesco Lo Bianco33, un jeune chercheur formé à l’Université La Sapienza de Rome, bien inséré dans les milieux culturels de la capitale italienne. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un travail scientifique, il convient également de mentionner un volume publié en 1939 par Giuseppe Bottai, hiérarque fasciste et ancien ministre des corporations. Ici, l’histoire des collegia romains se mêle à la vision propagandiste du régime, qui considérait les associations antiques comme un précédent incomplet du nouveau système corporatif élaboré par le fascisme34.
Cette deuxième phase de l’historiographie consacrée aux associations romaines, typiquement italienne, se caractérise elle aussi par une approche juridique du phénomène corporatif. L’objectif de cette analyse était de fournir une base historique au discours national (et nationaliste) sur les corporations. Bien qu’il y ait des exceptions, les études relevant de ce courant ont souffert de la comparaison avec le régime corporatif tel qu’il était développé alors en Italie. Ce comparatisme systématique a donc été à la fois le moteur initial et la plus grande limite de cette phase.
Les inscriptions au centre des enquêtes (années 1970-1980)
Avec la chute du fascisme, la production scientifique sur les collegia a diminué drastiquement en Italie et en Europe. Toutefois, c’est bien dans cette période de transition, que De Robertis a publié, en 1955, une seconde monographie sur le sujet, qui reprenait et résumait les thèses de son premier livre, paru en 193835. Dans l’après-guerre, cet auteur a exercé une influence considérable sur la scène académique italienne et internationale, aussi bien à propos du concept de travail dans le monde romain que du phénomène associatif. Durant cette phase, sa conception des différentes catégories est devenue plus mature, sous l’influence des doctrines sociales de l’aile gauche de la Démocratie chrétienne, qui avait alors formé un important noyau actif à la faculté de droit de l’Université de Bari36. C’est là, en effet, que De Robertis a noué une solide amitié avec Aldo Moro, le futur secrétaire du parti, et avec Pasquale Del Prete, le futur recteur de l’Université de Bari, qui appartenait au même courant politique. Il était professionnellement lié à eux, non seulement comme professeur d’université, mais aussi comme juriste. En effet, ils ont tous les trois dirigé un bureau d’avocats pendant plusieurs années37.
En 1971, De Robertis publie sa dernière monographie sur le sujet, composée de deux volumes. Alors que le premier n’est qu’un résumé de l’ouvrage publié en 1938, puis révisé en 1955, le second contient des développements et des réflexions nouvelles sur ses propres théories, qu’il a révisées au fil du temps38. Comme le soulignait déjà Élisabeth Deniaux en 1974, dans la recension de cet ouvrage, l’auteur tenait peu compte des sources épigraphiques et son travail sur les sources juridiques, bien que minutieux, était loin de répondre à toutes les interrogations historiques. Le compte rendu exprimait le souhait qu’en partant de l’œuvre de De Robertis, on pourrait parvenir “à rechercher quelles sont dans le domaine économique et social, les mutations qui ont permis cette évolution du droit d’association”39. En d’autres termes, É. Deniaux souligne alors la nécessité d’examiner le phénomène dans une perspective historique, qui permettrait d’étudier pleinement les aspects sociaux et économiques liés aux corporations. Cette perspective a pris forme dans ces mêmes années et a donné naissance à une phase nouvelle de l’étude du phénomène associatif, entre le début des années 1970 et la fin des années 1980.
Lellia Cracco Ruggini, alors professeure d’histoire romaine à l’Université de Turin, est certainement l’une des personnalités qui a le plus marqué les débuts de cette troisième phase. Trois articles en particulier, parus entre 1971 et 1976, témoignent de son apport fondamental à la recherche sur les corporations : le premier se concentre sur l’évolution des associations jusqu’au “regime vincolistico” (régime contraignant) de l’Antiquité tardive40, le deuxième, sur les aspects et le comportement des associations à l’époque impériale41, le troisième, sur la vie associative dans l’Orient romain42. Ces études se fondent sur les inscriptions, qui deviennent dès lors les principales sources employées pour analyser le phénomène associatif, comme le préconisait É. Deniaux dans les mêmes années.
Donc, soixante-dix ans après les travaux de Waltzing, les sources épigraphiques reviennent au cœur des débats sur le phénomène associatif, afin d’étudier les collegia d’un point de vue historique et social et non plus exclusivement juridique. Les spécialistes ont dès lors cherché à approfondir, actualiser et élargir certaines intuitions ou pistes de réflexion déjà proposées par Waltzing. Une importante étude prosopographique de Guido Clemente sur les patrons des associations de l’Empire voit le jour en Italie43. En Allemagne, Frank Ausbüttel soutient une thèse de doctorat remarquable, qui a notamment le mérite d’approfondir les questions de terminologie concernant les collegia et, par conséquent, d’écarter la catégorie spécifique des collegia funeraticia, pure invention mommsénienne44. Malgré cette première remise en cause de la classification rigide des collegia, ce n’est que récemment que cette dernière sera définitivement abandonnée45.
Chez les Anglo-saxons, à la même époque, Ramsay MacMullen a intégré le phénomène associatif à une analyse des relations sociales dans le monde romain. À cette occasion, il est revenu sur la théorie de Waltzing, qui soutenait que les collegia imitaient les structures civiques. Les associations auraient ainsi pris la forme de cités en miniature. La plèbe pouvait avoir accès à certains postes au sein de la hiérarchie des collèges, ce qui lui aurait été interdit dans la communauté urbaine plus large46. Parmi les autres études notables de cette période, citons la monographie de Halsey Royden, qui utilise une approche prosopographique pour étudier les magistrats des collegia professionnels47.
L’approche multifacette du phénomène associatif (des années 1990 à aujourd’hui)
La phase la plus récente de l’historiographie des collegia s’est ouverte dans les années 1990 et ne s’est pas encore refermée aujourd’hui. Bien que certains travaux se rattachent encore à l’un ou à l’autre des courants d’interprétation antérieurs48, la plupart des études parues durant cette dernière phase fondent leurs conclusions sur les sources épigraphiques et privilégient désormais une analyse orientée vers les aspects sociaux et économiques. Par ailleurs, le phénomène associatif n’est plus abordé dans sa globalité : au contraire, les enquêtes portent désormais sur des thèmes précis ou des secteurs particuliers d’investigation. L’origine de ce modus operandi est multiple : d’une part, la prise de conscience que la masse documentaire est trop volumineuse et trop variée ; d’autre part, l’impossibilité d’aborder l’analyse globale totale du concept de collegium, étant donné sa polyvalence et sa complexité chez les Anciens.49.
De ce fait les contributions de cette dernière phase sont beaucoup plus nombreuses que les précédentes : je ne mentionnerai ici que celles qui sont aux fondements de la construction du cadre interprétatif actuel. Parmi les premiers travaux réalisés figure la monographie d’Onno Van Nijf sur les associations professionnelles dans le monde romain oriental à l’époque impériale. A posteriori, on peut affirmer que cette étude a ouvert la voie à l’une des principales tendances de la recherche actuelle, peut-être la plus significative : l’auteur a montré la nécessité de cesser d’étudier le phénomène associatif uniquement dans ses rapports à l’État, aux institutions et aux élites, pour se concentrer au contraire sur les couches subalternes et sur les plus humbles50. Une telle approche s’inspire du modèle établi quelques décennies auparavant par Edward Palmer Thompson pour d’autres champs d’étude51. La monographie de Nicolas Tran sur le rang social des collegiati en Italie et en Gaule, publiée en 2006, s’inscrit pleinement dans le sillon creusé par O. Van Nijf52. Cette étude, qui constitue désormais un jalon essentiel de la recherche sur les collegia, a donné un souffle nouveau aux études sur les collegiati au cours des deux dernières décennies. Outre sa monographie, N. Tran a publié de nombreux articles abordant divers aspects caractéristiques des associations, dans l’Occident romain. Je me contenterai de mentionner ici son étude sur les procédures d’exclusion des membres des associations53, celle portant sur le rapport des collegia avec l’espace civique54 et celle sur les corpora des bateliers dans les ports occidentaux de l’Empire55.
Cette phase a également vu le développement d’études entièrement consacrées à des associations particulières. La monographie publiée par Jinyu Liu y occupe une place de choix : elle est dédiée aux collegia centonariorum, travailleurs dans le textile, qui sont les plus représentés au sein de l’Empire après les fabri56. D’autres recherches se concentrent quant à elles sur des zones géographiques définies, comme les travaux de Stefan Sommer, qui s’intéressent aux associations de plusieurs villes du sud-ouest de l’Asie Mineure. Son étude porte davantage sur les aspects juridiques et culturels que socio-économiques57. À côté de ces travaux menés à l’échelle d’un territoire bien défini, on trouve des recherches qui combinent des aspects thématiques et des contextes urbains spécifiques. À cet égard, l’étude de Dorothea Rohde sur l’intégration des collegia dans les villes portuaires, en particulier à Périnthe, Ostie et Éphèse, est exemplaire58. Dans le prolongement de ces recherches menées notamment par N. Tran, J. Liu et D. Rohde, il convient de signaler la dernière monographie de Benedikt Eckhardt. S’appuyant sur la distinction entre le rôle semi-public de certaines associations et le caractère privé d’autres, l’auteur démontre de manière convaincante que ces dernières, bien que soumises à des restrictions juridiques, ont prospéré grâce à un mécanisme d’isomorphisme qui les a intégrées pleinement dans l’ordre impérial romain59.
Parmi les thématiques retenues, je mentionnerai aussi l’intérêt manifesté depuis peu à la participation féminine, longtemps perçue comme étrangère au monde des associations professionnelles. En réalité, plusieurs témoignages attestent la présence de femmes qui, bien que dans une position subordonnée, agissent a latere dans le domaine funéraire ou offrent protection et soutien financier60. Ces problématiques ont été abordées, par exemple, par Emily Hemelrijk dans un article consacré aux patronae et aux matres des collegia61.
Récemment, plusieurs archéologues se sont également intéressés au monde associatif, dans le cadre de leurs études sur les locaux qui accueillaient les activités des collèges, généralement appelés scholae. Ce champ d’étude a été inauguré par Beate Bollmann dont la monographie, Römische Vereinshäuser, parue en 1998, se concentre sur les lieux de rencontre des Augustales et des associations professionnelles et religieuses en Italie62. Ce thème a également été développé dans de nombreux articles rédigés par Bertrand Goffaux63, ainsi que dans un ouvrage collectif paru en 2016, édité en sa mémoire après son décès prématuré en 2013, par Olivia Rodríguez Gutiérrez, Nicolas Tran et Begoña Soler Huertas64.
La pluralité des questions et des approches méthodologiques mises en œuvre au cours des deux dernières décennies a contribué à révéler le caractère multiforme et multifacette des collegia. Cette avancée majeure résulte principalement de la collaboration de différents savants au sein d’enquêtes collectives ad hoc, ce qui constitue une nouveauté par rapport aux phases précédentes65. Aujourd’hui, les historiens et les historiennes préfèrent envisager les associations comme des collectivités multifonctionnelles. Cette approche parachève en quelque sorte le processus de déconstruction de l’esprit classificatoire rigide formalisé au temps de Waltzing, dans le prolongement des critiques de F. Ausbüttel, puis de Jean-Marc Flambard dans les années 1980. Les différents aspects (religieux, funéraires, conviviaux et économiques) relevés dans nos sources ne doivent plus être considérés comme des composantes distinctes, incompatibles entre elles, mais comme les multiples facettes d’un même phénomène.
Les aspects religieux et funéraires apparaissent plus souvent que les autres dans la documentation disponible. Chaque collège avait sa propre divinité tutélaire, son propre génie, ses propres rituels et cérémonies car, comme l’écrit Koenraad Verboven, “l’idée d’une communauté non-religieuse était simplement inconcevable”66. En outre, les collegia s’occupaient régulièrement des funérailles de leurs membres ou participaient à des cérémonies en leur mémoire. L’aspect funéraire, récemment étudié par Nicolas Laubry67, constituait donc un pan important de la vie collégiale. Il apparaît, par exemple, à plusieurs reprises dans la lex collegii des cultores Dianae et Antinoi de Lanuvium gravée en 136 p.C. Cet aspect est tellement ancré dans la vie de ce collège que cette loi, comme nous l’avons vu précédemment, a été utilisée par Mommsen comme preuve de l’existence de prétendus collegia funeraticia68. Enfin, les manifestations de convivialité telles que les banquets, les festins, les distributions, les cérémonies, etc., réunissaient les membres du collège et contribuaient à forger l’idée d’un groupe social à part entière. Il n’est donc pas étonnant qu’elles soient continuellement présentes dans les sources épigraphiques. Comme l’écrivait O. Van Nijf : “sociability is a good example of what Huizinga described as the “play element in culture”: in many societies we find associations or clubs for which commensality and festivity, reinforced by rituals surrounding the consumption of food and drink, were at least as important as their original purpose”69. Nous revenons ainsi à nos considérations de départ : une association peut être définie selon les quatre caractères techniques et juridiques énumérés par De Robertis70, mais aussi à travers ses différentes manifestations (funéraires, religieuses, économiques, conviviales, etc.), qui révèlent la nature pluridimensionnelle du phénomène associatif.
Il était nécessaire de rompre avec la classification opérée par Waltzing, puis reprise par d’autres : cette rupture s’imposait au vu des informations fournies par la documentation. Toutefois, ce nouveau paradigme rend pratiquement impossible de procéder à une enquête globale. Voilà pourquoi les recherches développées actuellement tendent à se concentrer sur les aspects du phénomène associatif qu’on estime cruciaux pour aider à répondre aux problématiques posées. Il est encore possible aujourd’hui de parler d’associations professionnelles, si l’on veut étudier la propension au travail de certains collegia. Le caractère professionnel semble plus propre à certaines associations qu’à d’autres : si l’on considère la définition courante de profession ou de métier (“genre de travail déterminé, reconnu ou toléré par la société et dont on peut tirer des moyens d’existence”71), il est peu probable que l’on puisse trouver un quelconque caractère professionnel à un collegium comme celui des cultores Dianae et Antinoi. En revanche, le caractère professionnel des associations où les collegiati se définissent eux-mêmes en fonction de leur métier (fabri, centonarii, nauicularii, etc.) ne semble pas contestable. Enfin, bien que le silence de nos sources ne permette pas d’établir si les Romains percevaient la profession comme le signe distinctif d’un collège, la terminologie utilisée par Plutarque s’avère particulièrement suggestive à cet égard : l’auteur grec identifie précisément dans la τέχνη la raison d’être des groupes – σύστηματα en grec – originels créés par le roi Numa (Plut., Num., 17.1-3).
Bien entendu, le caractère professionnel de ces groupes vient s’ajouter aux autres aspects présentés ci-dessus et ne constitue qu’une des nombreuses facettes de la vie associative. En cela, les associations professionnelles romaines diffèrent nettement des guildes médiévales, dont la raison d’être était la défense des intérêts du métier. Elles se distinguent également des syndicats modernes, qui se sont constitués pour protéger les droits d’une catégorie spécifique de travailleurs contre les intérêts des détenteurs du capital72. Cette différence explique pourquoi il était possible chez les Romains, au moins jusqu’au IIIe s. p.C., de devenir membre d’une association professionnelle sans nécessairement exercer le métier qui qualifiait le collegium et même d’être membre de deux associations différentes73.
Étant donné le regain d’intérêt qu’a connu l’histoire du travail en Italie, depuis le début du XXIe siècle, il n’est pas étonnant que les milieux scientifiques italiens aient porté une attention particulière à l’aspect professionnel des associations romaines. À cet égard, la monographie d’Alessandro Cristofori sur les professions dans l’épigraphie du Picenum est exemplaire : dans cet ouvrage, les collegia professionnels occupent une place prépondérante74. Citons également le livre de Francesca Diosono, où l’autrice décrit synthétiquement l’évolution des associations professionnelles dans le monde romain, par une approche généraliste qui n’est pas exempte de certaines simplifications75. Les deux ouvrages collectifs édités récemment par Arnaldo Marcone, qui portent sur la question du travail chez les Romains, mettent l’accent sur le phénomène associatif, qui apparaît comme une forme d’organisation des travailleurs. Un tel point de vue est révélateur des préoccupations des recherches actuelles76. Bien qu’étrangère au contexte italien, la même approche se retrouve dans la toute récente monographie de Miriam Groen-Vallinga, consacrée au travail dans l’Italie romaine, où les collegia professionnels sont analysés comme un exemple de groupes capables de structurer des relations de travail horizontales77.
Enfin, dans ma récente monographie, j’ai voulu analyser la relation clientélaire qui lie les patroni aux associations à caractère explicitement professionnel78. S’appuyant sur l’article de Clemente, cité précédemment79, cette recherche a pu mettre en évidence les aspects sociaux et économiques des relations entre les collegia et leurs patroni, ainsi que leur ancrage dans l’espace urbain. À cet égard, l’érection de statues en l’honneur des patroni sur le sol public par les membres des collèges constitue un exemple particulièrement parlant. Cet événement, véritable moment de fête, réunissait non seulement l’association et son patron, mais pouvait également accueillir d’autres membres de la communauté urbaine. La date choisie coïncidait souvent avec des moments de référence du calendrier romain ou avec d’importantes célébrations locales. En de telles occasions, le lien même de patronage bénéficiait d’une publicité accrue, s’inscrivant d’abord dans la mémoire orale, puis dans la mémoire épigraphique de la communauté80.
L’accent mis sur le caractère professionnel de certaines associations a également conduit plusieurs spécialistes à s’interroger sur leur capacité économique réelle, trop souvent minimisée par le passé81. Ces dernières années, les collegia ont été de plus en plus interprétés comme des structures organisationnelles capables de réduire considérablement les coûts de transaction, c’est-à-dire tous les coûts, quantifiables ou non, liés à l’organisation de l’entreprise qui s’ajoutent aux coûts de production. Ainsi, même si les associations n’ont pas comme objectif principal la défense des intérêts d’une catégorie professionnelle spécifique, elles ont toutefois facilité l’émergence de relations économiques entre leurs membres et leur ont offert la possibilité de se présenter au monde extérieur en tant qu’individus, au sein d’un réseau de confiance bien structuré. Ces conclusions résultent de l’application du cadre interprétatif développé par la New Institutional Economics (NIE), dont l’impact sur l’étude de l’économie antique est sensible depuis plusieurs années. L’applicabilité de ce cadre interprétatif au phénomène associatif romain et le rôle économique qu’auraient revêtu les associations professionnelles alimente l’un des courants d’études les plus actifs au sein de la recherche actuelle82. Outre les approches d’ordre économique, l’historiographie consacrée aux collegia a bénéficié d’une hybridation avec la sociologie et l’anthropologie, dans le but d’analyser les comportements des groupes et les formes de sociabilité, y compris à travers d’intéressants parallèles comportementaux. Je mentionnerai ici, à titre purement exemplatif, les travaux déjà cités de O. Van Nijf, N. Tran et K. Verboven, qui s’inscrivent pleinement dans cette dynamique d’hybridation83.
En conclusion, nous pouvons affirmer que les collegia, en tant que communautés sociales qui se forment par le bas, sont principalement connus à travers la documentation épigraphique. Cette dernière ne se préoccupe pas de décrire les mécanismes à l’œuvre au sein de ces associations, mais tend au contraire à les replacer dans le contexte plus large de la vie civique, telle qu’elle apparaît sur les inscriptions lapidaires. Ainsi, ce bilan montre que l’histoire des recherches sur le phénomène associatif à Rome, et sur les collegia en particulier, a été largement influencée par les orientations issues des différents courants de pensée qui se sont succédé au cours des deux derniers siècles et par les problématiques formulées successivement par les représentants de ces courants. Le poids de cette tradition historiographique pèse sur notre appréhension des associations sans doute plus que sur celle des autres institutions du monde romain. Aujourd’hui, les recherches historiques prennent davantage en compte les différents aspects qui apparaissent dans les inscriptions et considèrent les collegia comme des communautés multifonctionnelles, capables de rassembler une partie de la plebs media, qui pourrait ainsi exercer une influence sociale, économique, voire politique, plus marquée.
Bibliographie
Ausbüttel, F. (1982) : Untersuchungen zu den Vereinen im Westen des römischen Reiches, Kallmünz.
Bandini, V. (1937) : Appunti sulle corporazioni romane, Milan.
Bendlin, A. (2011) : “Associations, funerals, sociality, and Roman law: the collegium of Diana and Antinous in Lanuvium (CIL 14.2112) reconsidered”, in : Öhler, M., éd., Aposteldekret und antikes Vereinswesen: Gemeinschaft und ihre Ordnung, Tübingen, 207-296.
Bollmann, B. (1998) : Römische Vereinshäuser: Untersuchungen zu den Scholae der römischen Breufs-, Kult- und Augustalen-Kollegien in Italien, Mayence.
Bottai, G. (1939) : Dalla corporazione romana alla corporazione fascista, Rome.
Broekaert, W. (2011) : “Partners in Business: Roman Merchants and the Potential Advantageof Being a Collegiatus”, Ancient Society, 41, 221-256.
Buongiorno P. (2022) : “Riflessioni sulle riforme in tema di diritto associativo da Augusto a Settimio Severo”, in : Iura, Rivista internazionale di diritto romano e antico, 71 (2023), 69-121.
Calderini, A. (s.d.) : Le associazioni professionali in Roma antica, Milan.
Carli, F. (1936) : “Nuovi studi sul problema della continuità storica delle corporazioni”, Archivio di studi corporativi, 7, 327-365.
Ciambelli S. (2022) : I collegia e le relazioni clientelari: studio sui legami di patronato delle associazioni professionali nell’Occidente romano tra I e III sec. d.C., Bologne, [URL] https://hdl.handle.net/11585/890766.
Ciambelli, S. & Morard, T. (2023) : “Dalla corporazione fascista alla corporazione romana: teoria e propaganda”, in : Oppedisano, F., Salvatori, P. et Santangelo, F., éd., Costruire la nuova Italia: miti di Roma e fascismo, Rome, 71-98, [URL] https://hdl.handle.net/11585/955171.
Clemente G. (1972) : “Il patronato nei collegia dell’Impero Romano”, Studi Classici ed Orientali, 21, 142-229.
Cohn, M. (1873) : Zum römischen Vereinsrecht, Berlin.
Cracco Ruggini, L. (1971) : “Le associazioni professionali nel mondo romano-bizantino”, in : Artigianato e Tecnica nella Società dell’Alto Medioevo occidentale (2-8 aprile 1970), vol. I, Spoleto, 59-194.
Cracco Ruggini, L. (1973) : “Stato e associazioni professionali nell’età imperiale romana”, in : Akten des VI. Internationalen Kongresses für Griechische und Lateinische Epigraphik, München, 271-311.
Cracco Ruggini, L. (1976) : “La vita associativa nelle città dell’Oriente greco: tradizioni locali e influenze romane”, in : Pippidi, D. M., éd., Assimilation et résistance à la culture gréco-romaine dans le monde ancien. Travaux du VIe Congrès International d’Études Classiques, Bucuresti-Paris, 463-491.
Cristofori, A. (20042) : Non arma virumque: le occupazioni nell’epigrafia del Piceno, IIe éd., Bologne.
D’Amelio, M. (1931) : “Sulla riforma corporativa augustea”, Archivio di Studi corporativi, 2,1, 3-15.
Deniaux, É. (1974) : “Compte rendu de F. De Robertis, Storia delle corporazioni e del regime associativo nel mondo romano”, Latomus, 33, 2, 961-964.
De Robertis, F. M. (1932a) : “Contributo alla storia delle corporazioni a Roma. La paternità della Lex Julia de collegiis”, Il diritto del lavoro, 1932, 8, 457-459.
De Robertis, F. M. (1932b) : “Contributi alla storia delle corporazioni a Roma I”, Annali del seminario giuridico-economico 1932, I, 55-140.
De Robertis, F. M. (1933a) : “Contributi alla storia delle corporazioni a Roma II”, Annali del seminario giuridico-economico, 1933, I, 101-183.
De Robertis, F. M. (1933b) : “Contributi alla storia delle corporazioni a Roma III”, Annali del seminario giuridico-economico, 1933, 7, 2, 3-51.
De Robertis, F. M. (1934) : “Corporativismo romano e corporativismo fascista”, Il diritto del lavoro, 1934, I, 226-237.
De Robertis, F. M. (1938) : Il diritto associativo romano. Dai collegi della Repubblica alle corporazioni del Basso Impero, Bari.
De Robertis, F. M. (1955) : Il fenomeno associativo nel mondo romano, dai collegi della Repubblica alle corporazioni del Basso Impero, Naples.
De Robertis, F. M. (1971) : Storia delle corporazioni e del regime associativo nel mondo romano, Bari.
De Salvo, L. (1992) : I corpora naviculariorum: economia privata e pubblici servizi nell’impero romano, Messine.
Diosono, F. (2007) : Collegia: le associazioni professionali nel mondo romano, Rome.
Dirksen, H. E. (1820) : Civilistische Abhandlungen vol. II, Berlin.
Dondin-Payre, M. et Tran, N., éd. (2012) : Collegia : le phénomène associatif dans l’Occident romain, Bordeaux, [URL] https://books.openedition.org/ausonius/15899.
Eckhardt, B. (2021) : Romanisierung und Verbrüderung. Das Vereinswesen im römischen Reich, Berlin.
Finley, M. I. (1973) : The Ancient Economy, Londres.
Flambard, J.-M. (1987) : “Éléments pour une approche financière de la mort dans les classes populaires du Haut-Empire – Analyse du budget de quelques collèges funéraires de Rome et d’Italie”, in : Hinard, F., éd., La mort, les morts et l’au-delà dans le monde romain, Caen, 209-244.
Gabrielsen, V. et Paganini, M., éd. (2021) : Private Associations in the Ancient Greek World: Regulations and the Creation of Group Identity, Cambridge.
Gaudenzi, A. (1884) : “Sui collegi degli artigiani in Roma”, Archivio Giuridico, 32, 259-297.
Goffaux, B. (2016) : La vie publique des cités dans l’Occident romain, Rennes, [URL] https://doi.org/10.4000/books.pur.47843.
Groen-Vallinga, M. (2022) : Work and Labour in the Cities of Roman Italy, Liverpool, [URL] https://doi.org/10.2307/j.ctv32nxxd7.
Hawkins, A. (2016) : Roman Artisans and the Urban Economy, Cambridge.
Hemelrijk, E. A. (2008) : “Patronesses and ‘Mothers” of Roman Collegia’, Classical Antiquity, 27, 115-162.
Kayser, P. (1873) : Abhandlungen aus dem Process- und Strafrecht, vol. II, Berlin.
Kloppenborg, J (2019) : “New Institutional Economics, euergetism, and associations”, in : Hollander, D. B, Blanton IV, T. R. et Fitzgerald, J. T., éd., The Extramercantile Economies of Greek and Roman Cities. New Perspectives on the Economic History of Classical Antiquity, Londres – New York, 107-129.
Kloppenborg, J. et Wilson, S., éd. (1996) : Voluntary associations in the Graeco-Roman world, Londres.
Laubry, N. (2012) : “Ob sepulturam : associations et funérailles en Narbonnaise et dans les Trois Gaules sous le Haut-Empire”, in : Dondin-Payre & Tran, éd. 2012, 103-133.
Laubry, N. (2016) : “Les espaces funéraires des collèges dans l’Italie romaine”, in : Rodríguez et al., éd. 2016, 115-135.
Leicht, P. S. (1930) : Lineamenti della introduzione storica al diritto corporativo, Città di Castello.
Liebenam, W. (1890) : Zur Geschichte und Organisation des römischen Vereinswesens, Leipzig.
Liu, J. (2009) : Collegia Centonariorum, the gild of textile Dealers in Roman West, Leiden – Boston.
Lo Bianco, F. (1934) : Storia dei collegi artigiani dell’Impero, Bologne.
Lo Bianco, F. (1939) : L’organizzazione dei lavoratori, Rome.
MacMullen, R. (1974) : Roman Social Relations (50 B.C. to A.D. 284), New Haven – Londres.
Marcone, A., éd., (2016) : Storia del lavoro in Italia. Vol. 1: L’età romana: liberi, semiliberi e schiavi in una società premoderna, Rome.
Marcone, A., éd. (2018) : Lavoro, lavoratori e dinamiche sociali a Roma Antica: persistenze e trasformazioni, atti delle giornate di studio, Roma Tre 25-26 maggio 2017, Rome.
Maué, H. (1886) : Die Vereine der Fabri, Centonarii und Dendrophori im römischen Reich: I. Die Natur ihres Handwerks und ihre sacralen Beziehungen, Francfort.
Mommsen, T. (1843) : De collegiis et sodaliciis Romanorum, accedit inscriptio lanuvina, Kiel.
Monti, G. M. (1934) : Le corporazioni nell’evo antico e nell’alto medio evo, Bari.
Neubecker, F. (1908) : Vereine ohne Rechtsfähigkeit, Leipzig.
Pernice, A. (1873) : M. Antistius Labeo, Das römische Privatrecht, Halle.
Perry, J. (2006) : The Roman Collegia: the Modern Evolution of an Ancient Concept, Leiden – Boston.
Radin, M. (1910) : The Legislation of the Greeks and Romans on Corporations, New York.
Rodríguez, O., Tran, N. et Soler B. (2016) : Los Espacios de Reunión de las Asociaciones Romanas: Diálogos desde la arqueología y la historia, en homenaje a Bertrand Goffaux, Séville.
Rohde, D. (2012) : Zwischen Individuum und Stadtgemeinde: die Integration von Collegia in Hafenstädten, Berlin.
Royden, H. (1988) : The Magistrates of the Roman Professional Collegia in Italy from the First to the Third Century A.D., Pise.
Quadrato, E. (2004) : Francesco De Robertis: appunti di un incontro di studio”, Rivista di diritto romano, 4, [URL] https://www.ledonline.it/rivistadirittoromano.
Salvaterra, C. et Cristofori, A. (2016) : “Twentieth-Century Italian Scholarship on Roman Craftsmen, Traders, and their Professional Organizations”, in : Wilson, A. et Flohr, M., éd., Urban Craftsmen and Traders in the Roman World, Oxford, 55-76.
Sommer, S. (2006) : Rom und die Vereinigungen im südwestlichen Kleinasien (133 v. Chr. – 284 n. Chr.), Hennef.
Thompson, E. P. (1966) : The making of the English working class, New York.
Tran, N. (2006) : Les membres des associations romaines : le rang social des collegiati en Italie et en Gaules sous le Haut-Empire, Rome, [URL] https://doi.org/10.4000/books.efr.2048.
Tran, N. (2007) : “Les procédures d’exclusion des collèges professionnels et funéraires sous le Haut-Empire : pratiques épigraphiques, normes collectives et non-dits”, in : Wolff, C., éd., Les exclus dans l’Antiquité : actes du colloque organisé à Lyon les 23-24 septembre 2004, Paris, 119-138.
Tran, N. (2013) : “Les collèges dans les espaces civiques de l’Occident romain : diverses formes de dialogue entre sphère publique et sphère privée”, in : Dardenay, A., Rosso, E., éd., Dialogues entre sphère publique et sphère privée dans l’espace de la cité romaine. Vecteurs, acteurs, significations, Paris, 144-159.
Tran, N. (2019) : “The Economics of solidarity. Mutual aid and reciprocal services between workers in Roman cities”, in : Hollander, D. B, Blanton IV, T. R. et Fitzgerald, J. T., éd., The Extramercantile Economies of Greek and Roman Cities. New Perspectives on the Economic History of Classical Antiquity, Londres – New York, 130-145.
Tran, N. (2020) : “Boatmen and their Corpora in the Ports of the West”, in : Arnaud, P. et Keay, S., éd., Roman Port Societies: the Evidence of Inscriptions, Cambridge, 85-106, [URL] https://doi.org/10.1017/9781108665278.
Van Nijf, O. (1997) : The civic World of the Professional Associations in the Roman East, Amsterdam.
Van Nijf, O. (2002) : “‘Collegia’ and civic guards. Two chapters in the history of sociability”, in : Jongman, W. M. et Kleijwegt, M., éd., After the Past. Essays in Ancient History in Honour of H.W. Pleket, Leiden, 305-339.
Verboven, K., éd. (2011) : “Voluntary Associations and the Economy in the Roman World”, Ancient Society, 41, 185-315.
Verboven, K. (2012) : “Les collèges et la romanisation dans les provinces occidentales”, in : Dondin-Payre & Tran, éd. 2012, 13-46.
Waltzing, J.-P. (1891) : “Compte rendu de Liebenam Zur Geschichte und Organisation des römischen Vereinswesens”, Revue de l’instruction publique en Belgique, 34, 106-123, 161-176.
Waltzing, J.-P. (1895-1900) : Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains depuis les origines jusqu’à la chute de l’Empire d’Occident, vol. I-IV, Louvain.
Notes
* Cet article a bénéficié d’un financement du programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’Union européenne dans le cadre de la convention de subvention Marie Skłodowska-Curie Actions (MSCA) n° 101149291 (projet InBoRC). Les opinions exprimées ne sont toutefois que celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position de l’Union européenne. L’Union européenne ne saurait en être tenue responsable. Je tiens à remercier Grégory Mainet, Cecilia D’Ercole et Jean-Pierre Guilhembet pour leurs relectures. Les éventuelles erreurs dans le texte relèvent de la seule responsabilité de l’auteur.
- En ce qui concerne la structure interne, voir notamment Royden 1988, 12-17.
- Voir par exemple, dans un corpus très riche CIL, V, 4015.
- Sur les patrons voir notamment Ciambelli 2022.
- CIL, XIV, 409.
- CIL, XIV, 2112.
- CIL, XII, 4393.
- Mommsen 1843.
- Dirksen 1820, 1-143.
- Kayser 1873, 131-199.
- Pernice 1873, 289-309.
- Cohn 1873.
- Gaudenzi 1884.
- Maué 1886.
- Liebenam 1890.
- Mommsen 1843, 129.
- Waltzing 1895-1900.
- Waltzing 1895-1900, I, 14.
- Waltzing avait fait une recension (critique) de l’ouvrage de Liebenam en 1891 qu’il considérait comme l’étude la plus importante parue depuis le De collegiis et sodaliciis Romanorum de Mommsen (Waltzing 1891).
- Waltzing 1895-1900, I, 33-56.
- Les collegia funeraticia, dont l’appellation latine peut prêter à confusion, ne sont pas attestés dans l’Antiquité : ils sont une invention de Mommsen. Le savant allemand croyait qu’il existait des associations spéciales qui rassemblaient exclusivement des individus pauvres pour l’enterrement des collegiati : voir Mommsen 1843, 87-91. On consultera également Waltzing 1895-1900, I, 141-153.
- L’étude de Mommsen se fonde sur l’interprétation d’un décret sénatorial contenu dans les statuts des cultores de Diane et d’Antinoüs de Lanuvium (136 apr. J.-C.) et d’un passage de Marcianus dans le Digeste. Au sujet des cultes de Diane et d’Antinoüs à Lanuvium, voir CIL, XIV, 2112 = D. 7212 = EDR078891 (G. Di Giacomo) ; sur le passage de Marcianus voir Dig., 47.22.1.pr.
- Neubecker 1908.
- Radin 1910.
- Voir Ciambelli & Morard 2023.
- Leicht 1930, 16 : “afin de créer chez les étudiants la forma mentis apte à comprendre toute l’importance et la profondeur des réformes fascistes”
- Pino Branca 1930 : le texte s’attarde longuement sur le système corporatif romain.
- D’Amelio 1931.
- Bandini 1937.
- Carli 1936.
- Monti 1934.
- De Robertis 1932a ; De Robertis 1932b ; De Robertis 1933a ; De Robertis 1933b ; De Robertis 1934 ; De Robertis 1938. À propos des écrits de De Robertis pendant le Ventennio voir Perry 2006, 89-101 ; Ciambelli & Morard 2023.
- Calderini s.a. (l’année de publication est inconnue).
- Lo Bianco 1934 ; Lo Bianco 1939.
- Bottai 1939.
- De Robertis 1955.
- Perry 2006, 194-200 ; Salvaterra & Cristofori 2016, 58.
- Quadrato 2004, 2.
- De Robertis 1971.
- Deniaux 1974, 964.
- Cracco Ruggini 1971.
- Cracco Ruggini 1973.
- Cracco Ruggini 1976.
- Clemente 1972.
- Ausbüttel 1982, 16-33.
- À ce propos, voir en particulier Flambard 1987, 210-211. Pour des études plus récentes, on consultera par exemple Van Nijf 1997, 9-11.
- MacMullen 1974, 74-77.
- Royden 1988.
- Voir à titre d’exemple De Salvo 1992, qui est une étude entièrement consacrée aux seuls corpora naviculariorum et à leurs relations avec l’État romain.
- Tran 2006, 39.
- Van Nijf 1997, 3-5.
- Thompson 1966, 12-13.
- Tran 2006.
- Tran 2007.
- Tran 2013.
- Tran 2020.
- Liu 2009.
- Sommer 2006.
- Rohde 2012.
- Eckhardt 2022.
- Voir Ciambelli 2022, 180-185
- Hemelrijk 2008.
- Bollmann 1998.
- Ses articles sont désormais réunis en un seul volume, voir Goffaux 2016.
- Rodríguez et al. 2016.
- Kloppenborg & Wilson 1996, Verboven 2011 ; Dondin-Payre & Tran 2012 ; Gabrielsen & Paganini 2021.
- Verboven 2012, 19.
- Voir Laubry 2012 ; Laubry 2016. Voir également Flambard 1987.
- À titre d’exemple, voir CIL XIV, 2112, lignes 15-16 = EDR078891 (G. Di Giacomo) : ut [e]xitus d[efu]nctorum honeste prosequamur. À ce sujet, voir le commentaire récent de Bendlin 2011, avec une référence particulière à l’aspect funéraire aux p. 216-218.
- Van Nijf 2002, 305.
- De Robertis 1971, 5-6. Je signale à titre informatif l’article récent de Buongiorno 2022, pour une revue de la question du droit associatif.
- Voir à titre d’exemple la définition de “métier” dans le dictionnaire le Petit Robert en ligne https://dictionnaire.lerobert.com/definition/metier (consulté le 24.11.2022).
- Tran 2006, 8-9.
- À partir du principat de Marc-Aurèle et de Lucius Verus, la pratique de l’appartenance à plusieurs associations est interdite par le pouvoir central (Dig. 47.22.1.2 (Marcianus)). Dans les faits, cette règle a été régulièrement contournée.
- Cristofori 20042.
- Diosono 2007.
- Marcone 2016 ; Marcone 2018.
- Groen-Vallinga 2022, 219-268.
- Ciambelli 2022.
- Clemente 1972.
- Ciambelli 2022, 132.
- Voir notamment Finley 1973, 81 et 138.
- Voir, par exemple, Liu 2009, 21-22 ; Broekaert 2011 ; Kloppenborg 2019 ; Tran 2019 ; Groen-Vallinga 2022, 254-265 et en particulier Hawkins 2016, 68-79.
- Supra 140-141.