En tant qu’artiste explorant la relation perma-nente que nous entretenons avec l’Antiquité, je suis très heureux de pouvoir introduire le livre issu de la thèse de doctorat de Tiphaine Annabelle Besnard.
Toute histoire est contemporaine. Nous entretenons dans l’art et la culture un lien intrinsèque avec le passé, car c’est de ce dernier que nous tirons notre existence commune. Il participe à faire de nous société.
J’ai eu la chance de rencontrer Tiphaine à l’occasion de plusieurs évènements artistiques dès les années 2017 et 2018 : je pense au colloque (The Classical Now) qui s’est tenu à Kings College de Londres, et surtout à la magnifique exposition Age Of Classics ! L’Antiquité dans la culture pop dont le commissariat lui revenait. La sélection d’œuvres pertinentes de nombreux artistes reconnus de la scène internationale, ainsi que la scénographie ouverte et novatrice invitant le public à faire dialoguer les temps ont fait de cette exposition une réussite complète qui lui revient en partie. C’est sa lecture contemporaine du sujet qui a donné naissance à une exposition unique en son genre.
La réception de l’Antiquité grecque et romaine dans l’art contemporain est un vaste sujet. Il existe dernièrement un véritable mouvement qui reprend les codes antiques, dans l’art contemporain en particulier. On pourrait presque y voir un mouvement « Néo Antique », une nouvelle « Renaissance », permettant de mieux imaginer le futur d’un monde en mouvement.
J’ai eu la chance de faire partie des artistes ayant initié ce mouvement en France dès les années 2005-2010, notamment autour de la série intitulée Hipsters in Stone dans lesquelles les statues antiques se retrouvent vêtues à la mode actuelle. Je reviens en quelque sorte sur l’habillage des statues et leur polychromie qui étaient habituels dans l’Antiquité.
Tiphaine a su rassembler un très grand nombre de références artistiques dans son travail avec pour objectif de trouver un sens commun à ces multiples démarches et de tirer une meilleure compréhension de toutes ces reprises de l’Antiquité.
C’est un honneur pour moi de voir mon travail ainsi étudié et je me réjouis de découvrir à mon tour l’ensemble des regards croisés sur une Antiquité partagée.
Nul doute que l’art contemporain retiendra le mouvement néo-néoclassique dont la portée symbolique dépasse grandement les frontières de l’Europe. Dans une époque pleine de questions sur notre devenir commun, penser notre lien au passé au travers d’une thèse comme celle-ci était une magnifique nécessité.