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Hinc othonem posteritas aestimet :
Tacite et l’exemplarité de la mort d’Othon

Notre propos concerne un des épisodes les plus marquants des guerres civiles qui ébranlèrent l’Empire durant l’année 69, lorsque, après la chute de Néron, quatre empereurs se succédèrent à la tête de l’État romain. C’est au suicide d’Othon, le deuxième d’entre eux, que nous nous intéresserons, plus précisément au récit qu’en fait Tacite dans le livre II des Histoires1. Le tableau édifiant de cette mort volontaire teintée de stoïcisme crée a priori un contraste frappant avec la vision généralement négative que l’historiographe nous livre du personnage2. Nous souhaitons, en les mettant en perspective, réexaminer certains aspects de ce récit, ce qui nous permettra de reconsidérer la position qu’a pu adopter Tacite vis-à-vis de ce qui était déjà considéré, de son temps, comme un trépas exemplaire.

L’épisode de la mort d’Othon

La scène se déroule au milieu du mois d’avril, dans la plaine du Pô, à Brixellum. Détenteur du pouvoir depuis seulement trois mois, Othon ne le doit qu’au coup d’État qui lui a permis de se débarrasser de Galba, son prédécesseur. Ce dernier avait lui-même provoqué la chute de Néron au printemps 68. Othon voit cependant sa suprématie sur l’Empire contestée par Vitellius, chef des légions de Germanie, dont les troupes viennent de pénétrer en Italie du Nord. Il attend donc les nouvelles de la bataille qui doit être livrée contre les Vitelliens de l’autre côté du fleuve, à Bédriac. Des rescapés lui apprennent la défaite de son armée. Il annonce alors son intention de se suicider pour mettre un terme définitif à la guerre civile. Après avoir consolé ses proches et pris ses ultimes dispositions, l’empereur se retire pour sa dernière nuit. À l’aube, il se jette sur un poignard et meurt quelques instants plus tard. L’épisode était célèbre et, outre le récit de Tacite, sont également parvenus jusqu’à nous les comptes rendus qu’en ont fait Suétone, Plutarque et Cassius Dion. Nous noterons d’ailleurs d’emblée qu’à quelques détails près, sur certains desquels nous reviendrons, leurs versions concordent3.

Il a souvent été souligné que l’attitude montrée par Othon au moment de mourir l’avait placé dans la lignée des grands personnages qui avaient su faire de leur trépas une illustration de leur stoïcisme. On a cité les noms de Thraséa Paetus et de Sénèque, mais celui qui est apparu comme le premier modèle de l’éphémère souverain, c’est bien évidemment Caton d’Utique4. Nous rappellerons rapidement les points de rapprochement les plus connus. 

Comme on le sait, les deux cas se situent dans le cadre d’une défaite liée à une guerre civile. L’anxiété de chacun des personnages se porte non sur son propre sort mais sur celui de ses proches et de ses partisans dont il cherche à assurer la sauvegarde. Chez Plutarque, Caton s’inquiète à plusieurs reprises de leur départ et de l’itinéraire qu’ils empruntent5. Quant à Othon, il fait donner des barques et des voitures à ceux qui s’en vont et détruit les lettres et les billets qui pourraient compromettre son entourage aux yeux du vainqueur6. Chez les deux hommes, l’alternance entre états de repos et de veille est soumise aux aléas du processus d’évacuation des alliés et des proches7. Leur passage à l’acte apparaît conditionné par le départ effectif des membres de leur entourage8. À cet égard, il est intéressant de noter que, dans les deux cas également, un dialogue s’instaure entre celui qui va se donner la mort et des jeunes gens inconsolables. Caton s’adresse ainsi à son fils, puis à Démétrius et Apollonidès9. Dans le récit de Tacite, Othon a un long entretien avec son neveu Salvius Cocceianus, qu’il découvre “tremblant et désolé10” et qu’il cherche à réconforter. Le lien familial induit une analogie supplémentaire : Caton interdit à son fils de se mêler de politique ; Othon conseille à son neveu de ne pas mettre en avant son lien de parenté avec lui11. Mais Marcus Porcius Cato tombera quelques années plus tard à la seconde bataille de Philippes, tandis que Cocceianus sera tué par Domitien pour avoir trop honoré la mémoire de son oncle. 

Si Othon ne se livre pas à des discussions philosophiques comme son illustre modèle, s’il ne relit pas comme lui le Phédon de Platon, il montre cependant une force d’âme et un détachement face aux biens de la vie qui paraissent dignes de l’enseignement des sages stoïciens. Tous les détails du récit de Tacite sont agencés de manière à rendre l’image d’un homme parvenu à une certaine sérénité. L’expression nequaquam trepidus et consilii certus12, au début du chapitre 46, montre qu’Othon n’offre plus de prise ni à la crainte ni au doute, et souligne la fermeté dont il va désormais faire preuve. À cet égard, trois traits comportementaux appellent une analyse spécifique. 

À la tombée du jour, Othon boit une “gorgée d’eau glacée”13. Dans son commentaire pour l’édition de la Pléiade, P. Grimal rattache ce geste à la pratique de la decoctio Neronis, qui consistait à faire bouillir de l’eau avant de la faire refroidir dans de la neige14. Cela signifierait qu’Othon aurait voulu, dans ses derniers moments, profiter encore une fois d’une boisson que son mode de préparation rattachait au luxus prôné par le dernier Julio-Claudien. Il resterait donc jusqu’au bout un néronien. Le fait que l’eau soit qualifiée de “glacée” ne doit pourtant pas empêcher de voir qu’une telle notation vise au contraire à montrer qu’Othon a renoncé, au moment de quitter la vie, au plaisir du vin, ce que Caton d’Utique lui-même n’avait pas fait15. Il n’est sans doute pas insignifiant qu’un détail similaire apparaisse dans le récit qu’Ammien Marcellin, grand admirateur de Tacite, livre sur les derniers instants de Julien l’Apostat. Celui-ci, grièvement blessé à la bataille de Ctésiphon, est alors décrit dans l’attitude du sage stoïcien se préparant à mourir. Affichant une profonde sérénité, il réconforte ses proches et discute longuement avec deux philosophes sur la nature céleste de l’âme. C’est à ce moment que son état se détériore. L’ultime action qui lui est prêtée avant de s’éteindre paisiblement est d’avoir “bu de l’eau glacée16”. Une telle notation ne peut se justifier par la seule volonté de rapporter un geste lié aux affres de l’agonie. Elle n’a d’intérêt que dans la mesure où elle connote une forme de simplicité vertueuse, ce qui l’inscrit parfaitement dans l’ensemble des traits permettant de transfigurer l’empereur mourant en sage stoïcien17

Deuxième point : Othon se fait apporter deux poignards dont il essaie la pointe, avant d’en placer un sous son oreiller. Le choix du couteau, sans doute soumis à une forme de ritualisation, est décrit de manière concise, traduisant l’absence d’atermoiements. Selon Plutarque, Caton s’était fait apporter son épée, en avait examiné le fil et le tranchant avant de la ranger et de se remettre à lire. Cassius Dion signale qu’il l’avait cachée sous son oreiller18. Ce qui peut être souligné ici, outre la similitude entre les deux gestes, c’est la tranquillité et l’application avec lesquelles les deux hommes effectuent la vérification de leur arme. 

Enfin, la tranquillité d’esprit qu’affichent les deux hommes trouve peut-être son expression la plus aboutie dans le fait qu’ils s’endorment dans les instants qui suivent. Noctem quietam, utque adfirmatur, non insomnem egit, écrit Tacite à propos d’Othon19. L’expression utque adfirmatur fait probablement référence au fait que des témoins avaient pu vérifier qu’il dormait. Il s’agit peut-être de ces valets de chambre qui, d’après Plutarque, avaient constaté qu’il était plongé dans un profond sommeil. L’auteur grec peut faire implicitement référence à des ronflements. Lorsqu’il évoque la dernière nuit de Caton, il indique de manière similaire qu’on pouvait, de l’extérieur, percevoir qu’il était profondément endormi20. La respiration sonore est manifestement pour Plutarque l’indice d’un sommeil paisible, marque de la sérénité la plus absolue. Suétone ne manque pas, pour sa part, de signaler le “très profond sommeil21” d’Othon. Il convient, à ce propos, de rappeler qu’on trouve, dans la célèbre lettre où Pline le Jeune relate la mort de son oncle, une série d’indications sur la respiration bruyante que faisait entendre ce dernier lors de sa dernière nuit. Le but est là aussi d’en faire la manifestation de sa tranquillitas22. Dans le cas d’Othon, Tacite évite sciemment toute allusion trop concrète et recourt à une litote qu’il faut mettre en rapport avec le début du chapitre, où l’empereur est surpris en train de méditer sur sa fin toute proche : illum supremas iam curas animo uolutantem23. Il semble que l’historien ait souhaité ramener le sommeil du personnage aux limites que lui imposaient ses questionnements intérieurs.

La formule qu’il emploie ensuite pour rendre compte du suicide lui-même, très ramassée, exprime l’absence d’hésitation et d’atermoiements : luce prima in ferrum pectore incubuit24. Elle suggère que l’acte même fut accompli sans trembler, avec fermeté et résolution. Tacite signale d’ailleurs qu’une seule blessure fut trouvée25. Comme Caton encore une fois, Othon choisit de se suicider à l’aube. Mais il fait mieux que son prédécesseur, dont on sait que sa première tentative avait abouti à un échec et qu’il fut contraint de rouvrir sa blessure pour assurer son trépas26

Othon suit donc l’exemple de Caton et, à certains égards, comme nous l’avons vu, il le dépasse même. Son attitude a souvent été opposée à la lâcheté qu’aurait montrée Néron dans ses derniers instants. Dans le récit détaillé de Suétone, le dernier Julio-Claudien est montré en train de gâcher le geste symbolique du choix du poignard. Il les sort tous deux de leur gaine, mais ne peut se résoudre à en choisir un. Il aura ensuite besoin de l’aide de son secrétaire épaphroditus pour s’enfoncer maladroitement une des lames dans la gorge27. Sur un autre plan, un second personnage offrait, par ses choix, un contre-exemple au renoncement d’Othon. Nous songeons ici à Pompée, protagoniste d’un conflit civil qui l’avait placé, malgré lui, au cœur d’une problématique que ni l’empereur, ni Tacite ne pouvaient ignorer.

Remettre ou non la Fortune à l’épreuve

Il faut revenir ici à la raison que donne Othon pour justifier sa décision de mettre fin à ses jours. Tacite, comme Plutarque ou Cassius Dion, développe en un long discours les paroles que le personnage historique aurait publiquement prononcées et que Suétone, de son côté, rapporte brièvement28. Dans l’allocution que lui prêtent trois de nos quatre auteurs, l’empereur souligne la dimension sacrificielle de l’acte qu’il s’apprête à accomplir29. Chez Plutarque, Othon met rapidement l’accent sur l’idée que sa mort permettrait d’épargner non seulement ses hommes, mais l’ensemble des Romains impliqués dans un conflit qui nuit à la Patrie tout entière30. Dans les Histoires, c’est d’abord le souci de sauvegarder ses propres soldats que l’empereur invoque pour légitimer son suicide : 

An ego tantum Romanae pubis, tot egregios exercitus sterni rursus et rei publicae eripi patiar ? Eat hic mecum animus, tamquam perituri pro me fueritis, sed este superstites. Nec diu moremur, ego incolumitatem uestram, uos constantiam meam. 

“Pourrais-je souffrir, moi, que tant de jeunes Romains, tant d’armées d’élite jonchent de nouveau le sol et soient arrachés à la République ? Laissez-moi emporter la pensée que vous seriez morts pour moi, mais survivez-moi. Et ne retardons pas davantage, moi, votre salut, vous ma détermination31”.

Le recours aux termes pubis et superstites suggère un rapport paternel entre l’empereur et ses troupes. Othon se présente en quelque sorte comme le parens qui doit veiller au respect de l’ordre naturel, selon lequel les parents sont censés précéder leurs enfants dans la mort et non l’inverse32. À l’évidence, comme le confirme la question rhétorique An ego… patiar ?, Othon joue sur le registre pathétique afin de convaincre ses hommes d’accepter une décision qu’ils réprouvent. Mais en s’exprimant de la sorte, il donne à la mesure radicale qu’il entend adopter une portée qui dépasse le cadre de ses seuls partisans. Cette jeunesse romaine à laquelle il s’adresse en premier lieu n’est pas seulement celle qui garnit les rangs de ses prétoriens33, elle est perçue comme le cœur battant de la respublica et le ferment de son avenir. Elle doit lui survivre parce qu’elle représente les forces futures de la nation. C’est en ce sens que le message d’Othon concerne, au-delà de la survie de ses hommes, l’intérêt de la communauté romaine dans son ensemble. Cela étant dit, Tacite profite des propos que l’empereur est censé avoir tenus à Cocceianus pour lui faire exprimer explicitement l’idée que son suicide vise le salut de l’État en tant que tel : non enim ultima desperatione, sed poscente proelium exercitu remisisse rei publicae nouissimum casum34. Cette affirmation est intéressante à plusieurs égards. En premier lieu, elle souligne la différence entre la position où se trouvait Caton, modèle implicite d’Othon, et ce dernier, au moment où chacun d’eux a décidé de mourir. Cette différence joue en faveur du Prince, qui pouvait compter sur ses hommes pour continuer la guerre tandis que le héros d’Utique se retrouvait sans soutien. La formule poscente proelium exercitu invite même à aller plus loin. Othon sait pertinemment que sa résolution est d’autant plus digne d’éloges qu’elle va à l’encontre de ce que souhaitait la troupe. Tacite montre ailleurs que l’empereur avait effectivement la possibilité de reprendre les opérations militaires. Au chapitre 46, lorsqu’il relate la réaction des othoniens après la défaite, l’historien souligne leur détermination et rappelle par leur bouche le fait que des renforts étaient disponibles35. Il ajoute enfin : “aussi personne ne doute aujourd’hui que la guerre aurait pu reprendre, acharnée, affreuse, aléatoire pour les vaincus comme pour les vainqueurs36”. On comprend donc que, selon Tacite, si Othon avait repris le conflit, celui-ci aurait été d’autant plus destructeur que les capacités et la résolution des deux camps étant à peu près égales, aucun n’aurait pu prendre définitivement l’avantage sur l’autre. L’historien envisage ainsi l’idée que la guerre civile aurait pu se poursuivre jusqu’au point où les forces vives de Rome se seraient trouvées en péril.

Tacite dramatise l’enjeu auquel répond la résolution d’Othon37. Le sacrifice de l’empereur représente en effet la réponse la plus acceptable sur le plan éthique au problème fondamental que soulève l’échec en contexte de guerre civile : faut-il ou non remettre la Fortune à l’épreuve ? Plutarque s’y réfère explicitement lorsqu’il fait parler Marius Celsus sitôt après la défaite. Caton et Scipion, alors, sont cités comme des contre-exemples qu’Othon ne saurait suivre, car ils sont à blâmer pour avoir refusé d’accorder la victoire à César après Pharsale, sacrifiant ainsi en pure perte un grand nombre de braves en Afrique38. Incontestablement, la question était d’importance et Pharsale représentait probablement un cas d’école. Quelques décennies avant Tacite et Plutarque, Lucain avait traité le sujet à travers le personnage de Pompée, qu’il montrait dans deux postures opposées. Le poète représente, au livre VIII, celle qui correspond à la réalité historique. Le chef du parti sénatorial, vaincu à Pharsale, a fui le champ de bataille et rejoint la Cilicie, où on le voit rassembler son conseil, bien décidé à renverser le cours du destin :

           An Libycae Marium potuere ruinae
erigere in fasces et plenis reddere fastis :
me pulsum leuiore manu Fortuna tenebit ?

“Eh quoi ! Les ruines de Carthage ont pu relever Marius jusqu’aux faisceaux et l’inscrire à nouveau dans les Fastes qu’il remplit, et moi, frappé d’une main plus légère, la Fortune m’arrêtera ? 39”.

L’exemple de Marius est effectivement caractéristique. Chassé de Rome par les syllaniens, il était parvenu à reprendre le pouvoir après avoir investi la cité, en 87 avant notre ère40. Son refus de céder face à la Fortune l’avait donc mené à la victoire. Mais celle-ci n’avait pu être obtenue qu’en inscrivant l’action militaire dans un engrenage fondé sur l’alternance des tueries et de leurs représailles. Un tel cycle de violences apparaissait d’autant plus symptomatique des guerres civiles qu’il se nourrissait du refus des belligérants de céder la victoire à l’autre camp41. C’est à cette même logique qu’obéit Pompée lorsqu’il minimise le coup que la Fortune lui a porté, bien décidé à continuer – autrement dit, à recommencer – la guerre. Ce choix, on le sait, le conduira à chercher de l’aide en Égypte où il périra assassiné. De fait, il n’aura jamais la possibilité de reprendre le combat. Sa mort l’a donc empêché de participer au cycle de violences qui s’est perpétué après sa disparition42. Lucain exploite cette donnée purement objective, qu’il rappelle au moment où il montre le chef du parti sénatorial décidant de fuir le champ de bataille de Pharsale43. Cette décision est en effet assimilée par le poète à un retrait dont le but premier est de permettre à la plus grande part de la foule latine de lui survivre44. Pompée apparaît ainsi prêt à sacrifier sa propre cause pour la sauvegarde de Rome et de l’Univers, mis en péril par le conflit :

Parcite, ait superi, cunctas prosternere gentes. 
Stante potest mundo Romaque superstite Magnus 
esse miser
.

“Dieux, dit-il, cessez d’abattre toutes les nations. Si le monde est debout et que Rome survive, Magnus peut être malheureux45”.

Par cette injonction aux dieux, le héros montre une attitude qui correspond à celle qu’on aurait pu attendre de lui pour stopper l’engrenage mortifère de la guerre civile. De manière tout à fait significative, sa fuite est ensuite évoquée comme l’occasion d’un retour sur lui-même par lequel il peut se libérer de son ambition initiale afin de se préparer, serein, à la mort qui l’attend en Égypte. Les couleurs stoïciennes dont Lucain pare cette fuite vertueuse manifestent le système de valeurs qui relie le refus de reprendre le combat à l’acceptation de l’échec. 

En créant l’image d’un Pompée que la défaite rend soudain conscient de la nécessité de son propre sacrifice pour clore le conflit civil, Lucain rachetait en quelque sorte la figure historique qui était partie en Égypte non pour s’y faire tuer, mais pour y reconstituer ses troupes afin de reprendre le combat. Ce faisant, le poète mettait pleinement en lumière un problème éthique qui n’était pas aussi clairement exprimée par le suicide de Caton, davantage considéré comme un acte de résistance ultime face à la tyrannie de César. 

À travers le cas de Pompée, Lucain a puissamment contribué à thématiser une problématique que la défaite d’Othon faisait resurgir. Il est fort probable qu’au moment où il relatait la réaction de l’empereur, Tacite ait songé à la Pharsale, dont il avait une profonde connaissance46. Plus généralement, on ne pouvait traiter des questions morales liées aux guerres civiles de 69 sans prendre en considération les conflits qui avaient jalonné le déclin de la République au premier siècle avant notre ère. Tacite fait précéder le récit de la bataille de Bédriac et du suicide d’Othon d’un excursus où il livre ses réflexions sur l’incapacité des Romains à mettre spontanément fin à leurs guerres intestines, dont il analyse par ailleurs les causes47. Il évoque alors Marius et Sylla, mais aussi Pompée, qu’il assimile aux deux premiers48. Les batailles de Pharsale et Philippes sont également citées, du fait qu’aucune des légions impliquées n’avait renoncé au combat. La décision d’Othon méritait donc d’être valorisée, parce que l’acceptation de la défaite et son propre effacement au profit de son adversaire rompaient avec la logique catastrophique du recommencement et de la répétition. C’est, entre autres, le sens d’un passage du discours que l’empereur adresse à ses hommes :

Ciuile bellum a Vitellio coepit, et ut de principatu certaremus armis initium illic fuit : ne plus quam semel certemus penes me exemplum erit. Hinc Othonem posteritas aestimet. Fruetur Vitellius fratre, coniuge, liberis : mihi non ultione neque solaciis opus est.

“C’est Vitellius qui a déclenché la guerre civile et si nous avons engagé la lutte armée pour le principat, l’initiative est venue de lui. Que nous n’ayons combattu qu’une seule fois, c’est un exemple qu’on me devra. Puisse la Postérité juger Othon à partir de cela ! Vitellius jouira de l’affection de sa femme, de son frère, de ses enfants ; moi, je n’ai besoin ni de vengeance ni de compensations49.”

Trois éléments doivent attirer notre attention. Tout d’abord, rappelons-le, Othon refuse que la jeunesse romaine jonche “à nouveau” (rursus) le sol. Il déclare également ne pas avoir besoin de vengeance – mihi non ultione opus est – manière de couper court à toute velléité de préparer des représailles qui réactiveraient le conflit. Enfin, il entend apparaître aux yeux de la Postérité comme celui qui n’a engagé la guerre qu’une seule et unique fois : Ne plus quam semel certemus penes me exemplum erit. On pourrait dire qu’à la logique du rursus, l’empereur substitue la règle du semel. Il constatait de fait un peu plus tôt : experti in uicem sumus ego ac Fortuna50. Contrairement à ce que préconisait le préfet du prétoire Plotius Firmus, qui avait plaidé pour une poursuite du combat, il n’est pas question pour Othon de s’ingénier à espérer contra fortunam, comme l’ont fait avant lui d’autres vaincus des guerres civiles51. Le prix à payer lui paraît trop grand52

La construction par Othon de son image sacrificielle

Certains commentateurs ont noté à juste titre que les propos d’Othon trahissent, chez Tacite, la pleine conscience de la grandeur de l’acte qu’il s’apprête à accomplir. L’empereur se perçoit comme un exemplum et montre, comme l’écrit G. O. Hutchinson, “an admirable absorption in himself and the glory of his deed” qui l’amène à magnifier son suicide53. Ce constat mérite d’être approfondi en prenant davantage en compte la part de mise en scène de soi qu’implique, dans le récit tacitéen, le regard que porte Othon sur ses derniers instants. Car ce que nous montre Tacite, ce n’est pas seulement un homme conscient que sa “belle mort” lui apportera la gloire, mais un homme qui construit sa gloire en valorisant le sens de sa mort54. C’est sous cet angle qu’il faut considérer l’expression hinc Othonem posteritas aestimet. Le subjonctif présent indique un souhait qui reflète la dimension performative du discours othonien. En effet, l’espoir qu’il exprime n’est pas l’objet d’un soliloque. L’empereur s’adresse à ses partisans, auxquels il vient tout juste d’exposer la portée sacrificielle de son acte – ce à quoi renvoie l’adverbe hinc. Il a ainsi défini devant eux l’image de lui-même qu’ils sont désormais appelés non seulement à conserver, mais aussi à transmettre, établissant de la sorte la fama dont sa propre parole constitue la source. Quand Othon exprime publiquement le sens de son geste et le vœu qui en découle, il crée par là même les conditions pour que son souhait se réalise. On notera également que l’éphémère empereur occulte ce qui serait indigne de demeurer dans la laudatio funebris qu’on pourrait lui consacrer55. Face à ses partisans, il affirme que celui qui a déclenché la guerre civile, c’est Vitellius56. Il peut certes se prévaloir de la chronologie des événements. Son adversaire fut proclamé empereur par les légions de Germanie dans les premiers jours de janvier, alors que le meurtre de Galba eut lieu le 15. Mais Othon avait déjà participé au renversement de Néron et il évite, de fait, toute allusion à l’assassinat de Galba57. Celui-ci est pourtant évoqué dans les paroles que lui prête Suétone, et Plutarque lui fait déclarer que tous les acteurs de la guerre civile sont coupables, y compris lui-même58. Or on ne trouve rien de tel dans les propos du personnage tacitéen, qui ignore volontairement sa responsabilité dans les violences civiles. De fait, il se projette déjà dans le regard que la postérité portera sur lui en se désignant de manière emphatique par son propre nom (Othonem59), comme si ce dernier devait dès à présent être associé à la grandeur du geste qu’il s’apprête à accomplir. Ce nom est d’ailleurs l’objet du propos qu’il tient à Cocceianus, lorsqu’il souligne combien il lui a fait honneur : satis sibi nominis, satis posteris suis nobilitatis quaesitum. Post Iulios, Claudios, Seruios, se primum in familiam nouam imperium intulisse60. Se révèlent ainsi les marques caractéristiques d’une quête de gloire dont on ne trouve pas l’équivalent chez les autres auteurs. Les deux discours d’Othon, celui qu’il adresse d’abord à ses hommes, puis celui qu’il tient à son neveu, laissent percevoir combien le personnage est centré sur lui-même. Le pronom personnel ego apparaît ainsi à trois reprises dans son allocution publique61. L’empereur n’accomplit pas seulement un acte digne d’éloge, il se montre préoccupé de construire, à partir de celui-ci, sa future image posthume, quitte à masquer un passé moins glorieux. 

Si Tacite adhère totalement au geste sacrificiel d’Othon, il n’en marque pas moins une certaine distance par rapport au personnage, auquel il donne une cohérence tout à fait spécifique. Dans la version relatée par Suétone, la décision d’Othon est provoquée par la mort d’un soldat qui se tue devant lui pour prouver sa loyauté62. Rien de tel chez Tacite, où c’est la défaite, en elle-même, qui provoque le basculement. Rappelons la formule qu’emploie Othon pour se justifier face à ses hommes : experti in uicem sumus ego ac fortuna63. On n’a peut-être pas suffisamment prêté attention au fait qu’avant la bataille de Bédriac, une expression très proche est employée par le narrateur : Othon tient un conseil de guerre pour savoir “s’il ferait traîner la guerre ou mettrait la Fortune à l’épreuve” : trahi bellum aut fortunam experiri64. Par ailleurs, l’historien insiste sur l’état d’angoisse dans lequel se trouve l’empereur avant la bataille : il envoie des missives pour presser ses généraux d’engager le combat, car “les délais le rendaient malade et l’attente lui était intolérable65”. Tout se passe comme si la défaite permettait à Othon de mettre un coup d’arrêt à l’incertitude qui le ronge, comme s’il avait voulu tout jouer sur un seul coup de dés, parce qu’au fond, il était incapable de supporter une nouvelle mise en jeu. Il faut rapprocher cette observation d’une remarque formulée par Tacite au cours de sa réflexion sur les guerres civiles : “si, chaque fois, il a suffi en quelque sorte d’un seul coup pour arrêter la guerre, c’est la lâcheté des princes qui en a été la cause66”. Othon, à ses yeux, n’échappe pas à la règle.

Lorsqu’il rédige les Histoires, Tacite est parfaitement conscient que, malgré ses crimes antérieurs, Othon est déjà parvenu par son trépas à glorifier son destin67. L’historien oppose ailleurs la fin de Vitellius, qui valut à ce dernier le comble de l’ignominie, à celle d’Othon, source pour lui d’une éclatante renommée68. L’exemplarité de cette mort volontaire mérite à ses yeux d’être magnifiée, parce qu’elle répond à un problème éthique dont la gravité implique la sauvegarde de Rome. Tacite accepte donc de servir, par son récit du suicide, l’image posthume qu’Othon est parvenu à dresser de lui-même. Mais il sous-entend qu’il le fait en toute connaissance de cause, ne pouvant s’empêcher de suggérer les failles que dissimule ce glorieux sacrifice. La position, somme toute mesurée69, de l’historien face à son personnage se cristallise peut-être dans la vision qu’il nous livre de la sépulture édifiée pour le jeune empereur : Othoni sepulchrum extructum est modicum et mansurum70.

Notes

  1. Tac., H., 2.46-50. Les passages cités des auteurs anciens sont tirés des éditions de la Collection des Universités de France avec des traductions modifiées.
  2. Ce contraste a été notamment analysé par Hutchinson 1993, 261 et Ash 1999, 83 et sq. Sur la caractérisation négative d’Othon chez Tacite, nous renvoyons en particulier à Shochat 1980 et à Perkins 1993.
  3. Suet., Otho, 9.3-12.4 ; Plut., Otho, 15-17 ; C.D. 64.11-15.
  4. Plusieurs commentateurs ont signalé que la comparaison entre les morts des deux hommes apparaissait déjà chez Martial, 6.32.5-6 : Sit Cato, dum uiuit, sane uel Caesare maior ; / dum moritur, numquid maior Othone fuit ? (“Que Caton, durant sa vie, ait été plus grand que César, soit ; / mais, durant sa mort, fut-il plus grand qu’ Othon ?”). Sur ce rapprochement, lire, par exemple, Harris 1962, 73 et sq. ; Schunck 1964, 73-74 ; Ash 1999, 85.
  5. Plut., Cato Mi., 65 ; 66.3-8 ; 70.4-7.
  6. Tac., H., 2.48.1. 
  7. Plut., Cato Mi., 70.3-4 et 6 ; Tac., H., 2.49.1-2.
  8. Plut., Cato Mi., 70.8 ; Tac., H., 2.49.2.
  9. Plut., Cato Mi., 68.5-69.
  10. Trepidum et maerentem (Tac., H., 2.48.2).
  11. Plut., Cato Mi., 66.4-5 ; Tac., H., 2.48.2.
  12. “Sans aucun trouble et déterminé dans son dessein”.
  13. Haustu gelidae aquae (Tac., H., 2..49.2).
  14. Lire Grimal 1990, 877. Suet., Otho, 11.2, rapporte la même précision sur la température de l’eau bue par Othon : sedata siti gelidae potione (“ayant apaisé sa soif par une gorgée d’eau glacée”). Elle est omise par Plut., Otho, 17.1, qui rapporte cependant le même geste. En fait, le recours à la neige pour refroidir l’eau et le vin sans qu’elle y soit mêlée était connu des Grecs et des Romains bien avant Néron. Sur ce point, lire Woods 2009, 40, n. 1.
  15. Plut., Cato Mi., 67.2. Lire Ash 2007, 211. Ajoutons cependant que dans l’épisode de la mort de Caton tel que le raconte Plutarque, l’acte de boire s’inscrit dans le cadre de la conversation philosophique qui suit le dîner.
  16. Epota gelida aqua (Amm., 25.23).
  17. On notera que d’après Tac., Ann., 15.45.3, Sénèque, une fois retiré des affaires de l’État, se contentait d’un régime très simple, composé de fruits crus et d’eau vive. Il aurait ainsi mis en pratique ses propres préconisations, telles qu’on les trouve, par exemple dans Sen., Tranq., 9.
  18. Tac., H., 2.49.2 ; Plut., Cato Mi., 70.1-2 ; C.D. 43.11.
  19. “Il passa une nuit calme et qui, à ce qu’on affirme, ne fut pas sans sommeil” (Tac., H., 2.49.2).
  20. Plut., Otho, 17.3 ; Cato Mi., 70.3.
  21. Artissimo somno (Suet, Otho, 11.2).
  22. Plin., Ep., 6.16.13. Sur ce point, lire notamment Ripoll 2003, 72-73.
  23. “Roulant dans son esprit des pensées sur ses derniers moments” (Tac., H., 2.49.1).
  24. “Au point du jour, il se jeta la poitrine contre le fer” (Tac., H., 2.49.2). Lire Hutchinson 1993, 258.
  25. Tac., H., 2.49.3.
  26. Plut., Cato Mi., 70.8-10.
  27. Suet., Nero, 49.2-3. 
  28. Suet., Otho, 10.3. Le biographe cite comme source de son récit son propre père, tribun angusticlave de la XIIIe légion qui combattait pour Othon. Il n’est pas certain pour autant qu’il ait effectivement pu se trouver auprès de l’empereur lors de sa dernière soirée. Sur ce point, lire Gascou 1984, 295 et sq.
  29. Tac., H., 2.47 ; Plut., Otho, 15.4-8 ; C.D. 64.13.
  30. Dans la version rapportée par l’épitomateur de Cassius Dion, Othon insiste sur l’idée qu’il meurt pour sauver les soldats des deux bords.
  31. Tac., H., 2..47.3.
  32. Lire Ash 2007, 206.
  33. Pour Hellegouarc’h, in Le Bonniec & Hellegouarc’h 1989, 195, n. 8, l’expression Romanae pubis désigne les prétoriens.
  34. “En effet, ce n’était pas réduit aux abois mais au moment où son armée demandait une bataille qu’il épargnait à l’État une dernière catastrophe” (Tac., H., 2.48.2).
  35. Ces renforts sont également évoqués par Plut., Otho, 15.6.
  36.  Vt nemo dubitet potuisse renouari bellum atrox, lugubre, incertum uictis et uictoribus (Tac., H., 2.46.3). Syme 1958, 164, met en doute une telle affirmation.
  37. Dans le passage, il refuse sciemment de tenir compte du fait que la guerre reprendra ensuite entre Vitellius et Vespasien.
  38. Plut., Otho, 13.4. Chez C.D. 64.13, Othon déclare qu’il ne veut pas imiter Marius, Cinna ou Sylla.
  39. Luc. 8.269-271.
  40. Par ailleurs, Sylla avait lui aussi marché une première fois sur Rome en 88, avant de reprendre la ville par la force en 82.
  41. Sur le schéma répétitif de la violence chez Tacite, lire Galtier 2011, 207 et sq. et 231 et sq. ; Joseph 2012, 57 et sq. et 153 et sq.
  42. D’où la mention, chez Plutarque, des seuls Caton et Scipion.
  43. Luc. 7.647-711.
  44. Luc. 7.656.
  45. Luc. 7.659-661.
  46. Robbert 1917, a étudié les nombreuses correspondances textuelles possibles entre Lucain et Tacite. Concernant l’influence du poète épique sur Tacite, lire en dernière analyse Joseph 2012.
  47. Tac., H., 2.37-38.
  48. Tac., H., 2.38.1.
  49. Tac., H., 2.47.2.
  50. “Nous nous sommes mis mutuellement à l’épreuve, la Fortune et moi” (Tac., H., 2.47.1).
  51. Tac., H., 2.46.2. Voir la remarque de Keitel 1987, 77.
  52. Voir Tac., H., 2.47.1.
  53. Lire, en particulier, Schunck 1964, 76 ; Hutchison 1993, 259-260 ; Ash 2007, 205.
  54. Selon Ash 2007, 200, Othon a réellement pu souhaiter façonner sa renommée posthume par un trépas qui rappellerait celui de Caton.
  55. Nous renvoyons, à ce propos, à la remarque de Hutchinson 1993, 260, qui assimile la formule alii diutius imperium tenuerint ; nemo tam fortiter reliquerit (“d’autres auront conservé le pouvoir plus longtemps ; personne ne l’aura quitté avec tant de courage”, Tac., H., 2.47.2”) à une sorte d’épitaphe qu’Othon aurait composée à l’avance pour lui-même. On voit en outre comment la comparaison avec ses prédécesseurs permet à Othon de mettre en valeur son propre courage.
  56. Tac., H., 2.47.2. Il ajoute que l’initiative du combat qui les a opposés est venue de son adversaire.
  57. De manière sans doute concertée, Tacite fait implicitement référence au sort subi par Galba lorsqu’il signale, en Tac., H., 2.49.3, qu’Othon avait demandé à être inhumé rapidement, de peur que sa tête ne soit coupée pour être livrée aux outrages. On comprend qu’il redoute que ses ennemis ne lui infligent à son tour le traitement que ses hommes avaient infligé au cadavre du vieil empereur.
  58. Suet., Otho, 10.1-2 ; Plut., Otho, 15.7.
  59. Ash 2007, 205, associe le procédé à l’épopée, mais il apparaît également dans la tragédie. Lire Galtier 2011, 132, à propos de Tac., H., 1.21.1 où Othon se désigne déjà par son nom.
  60. “Il avait acquis assez de renom pour lui-même, assez de noblesse pour ses descendants : après les Jules, les Claudes, les Servius, il avait le premier porté l’Empire dans une nouvelle famille” (Tac., H., 2.48.2).
  61. On peut ajouter à ces trois occurrences l’expression penes me, dans la formule déjà citée : ne plus quam semel certemus penes me exemplum erit.
  62. Suet., Otho, 10.2-3. Plutarque rapporte un épisode similaire, mais n’en fait pas un élément déclencheur de la décision d’Othon. Chez Tacite, c’est un soldat de Vitellius qui se suicide pour prouver sa loyauté et sa bonne foi, alors qu’il est accusé de mentir (Tac., H., 3.54.3).
  63. Voir, supra, n. 50.
  64. Tac., H., 2.31.2. 
  65. Aeger mora et spei impatiens (Tac., H., 2.40).
  66. Quod singulis uelut ictibus trancta sunt bella, ignauia principum factum est (Tac., H., 2.38.2).
  67. Sur les différents courants de propagande qui ont pu valoriser la figure d’Othon, lire notamment Ash 1999, 86 et sq. ; Duchêne 2014.
  68. Tac., H., 2.31.1. Voir également la remarque de l’historien dans la notice nécrologique qu’il consacre à Othon, en Tac., H., 2.50.1 : Duobus facinoribus, altero flagitiosissimo, altero egregio, tantundem apud posteros meruit bonae famae quantum malae (“deux actions, l’une particulièrement infâme, l’autre remarquable, lui ont valu auprès de la postérité bonne autant que mauvaise réputation”).
  69. Lire Hutchinson 1993, 260-261.
  70. “On éleva à Othon un tombeau modeste et durable” (Tac., H., 2.49.4).
ISBN html : 978-2-35613-379-3
Posté le 22/02/2021
EAN html : 9782356133793
ISBN html : 978-2-35613-379-3
Publié le 22/02/2021
ISBN livre papier : 978-2-35613-381-6
ISBN pdf : 978-2-35613-380-9
ISSN : 2741-1818
9 p.
Code CLIL : 3385
http://dx.doi.org/10.46608/primaluna7.9782356133793.4
licence CC by SA

Comment citer

Galtier, Fabrice (2021) : “Hinc othonem posteritas aestimet : Tacite et l’exemplarité de la mort d’Othon”, in : Duchêne, Pauline, Bellissime, Marion, dir., Veni, vidi, scripsi : écrire l’histoire dans l’Antiquité, Actes du séminaire Historiographies antiques 2014-2019, Pessac, Ausonius éditions, collection PrimaLun@ 7, 2021, p. 63-72, [En ligne] https://una-editions.fr/tacite-et-exemplarite-de-la-mort-othon [consulté le 20 février 2021].

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