Au sein du calendrier de l’Avent initial, le jour du solstice d’hiver (21 décembre), la figure de Perséphone, ou Korê, s’imposait. Elle est la fille de Zeus et de Déméter, elle-même déesse de l’agriculture et des moissons.
L’histoire de Perséphone révèle, une fois encore, toute la brutalité du monde des dieux, si semblable à celui des hommes. Elle est enlevée, violée et mariée de force à Hadès, son oncle, roi des Enfers. Après maintes supplications et une longue errance qui marqua une terrible période de famine sur terre, Déméter retrouve la trace de sa fille dans le monde souterrain. Elle n’obtient de la part de Zeus qu’une libération partielle de la captive, ce dernier étant tiraillé par son accord avec Hadès d’un côté et la menace d’une extinction de la race des hommes de l’autre. Dans ce contexte, Perséphone est autorisée à retrouver sa mère et la surface huit mois dans l’année seulement.
Ainsi naît l’hiver, quatre mois par an, quand la jeune déesse part retrouver son flamboyant époux, et que Déméter flétrit la végétation en signe de colère et de chagrin. À son retour, le printemps marque le renouveau, quand éclate le bonheur des retrouvailles maternelles.
On notera l’absence de libre arbitre accordé à Perséphone, dont on n’entend pas ou peu la voix et qui se plie aux désirs de ses aînés, mais qui assume en même temps son rôle de reine des Enfers. Plusieurs récits mentionnent un fruit qu’elle aurait mangé et qui la lierait à cet autre monde. Inquiétante étrangeté ?
✦ Sur les traces de Perséphone
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Explorer ses métamorphoses
Fabien Bièvre-Perrin,
Perséphone et la culture populaire : Patriarcat et féminisme aux Enfers,
Nancy, Éditions de l’Université de Lorraine, coll. « Le Petit Alérion », 2025.
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Revenir aux mythes
Pierre Sauzeau,
Le Grand livre des mythes grecs,
Paris, Les Belles Lettres, 2024, illustré par Djohr.