“À l’Ouest rien de nouveau ?” 
Dynamique de recherche sur les agglomérations laténiennes dans le nord-ouest de la France

par

avec la collaboration de Pierre Fernandez

Le nord-ouest de la France est longtemps resté à l’écart de la recherche sur les agglomérations laténiennes, fortifiées ou non, en raison d’un faible nombre de références et de sites explorés. Cette zone semblait ainsi être peu marquée par les phénomènes d’urbanisation reconnus dans le reste de l’Europe. De nombreuses découvertes réalisées depuis une trentaine d’années, par le biais de fouilles ou de prospections aériennes, sont venues alimenter un corpus de sites assez conséquent – plus ou moins bien documentés – même si les cartographies générales continuent souvent à véhiculer l’image d’un désert occidental.
Les régions Bretagne et Pays de la Loire, principalement centrées sur le Massif armoricain, sont même aujourd’hui en passe de constituer l’un des secteurs européens les plus dynamiques en matière de renouvellement de l’information avec pas moins d’une douzaine de nouvelles occurrences. Concernant les seules agglomérations non fortifiées, c’est également une à deux nouvelles occupations qui sont identifiées chaque année depuis 2018. Ce renouvellement important des données régionales a motivé, en parallèle de la réalisation de plusieurs synthèses universitaires, la mise en place du Programme Collectif de Recherche AGGLO (AGGlomérations Laténiennes du nord-Ouest de la France). Celui-ci vise sur le long terme à mieux caractériser les habitats agglomérés du second âge du Fer sur la zone d’étude concernée, afin de mieux appréhender la densité de leur réseau et tenter de comprendre les facteurs qui ont conduit à leur émergence. Il s’appuiera sur une analyse critique des données actuelles permettant d’identifier et de caractériser les sites en tant que tel, à partir de leur morphologie, des vestiges et des mobiliers qu’ils livrent, des activités et aménagements reconnus. 

Due to a low number of references and sites explored, the north-west of France has long been left out of research on Late settlements (fortified or not). Thus, this area seemed to be little marked by the phenomena of urbanization recognized in the rest of Europe. Many discoveries made over the past thirty years, through excavations or aerial surveys, have contributed to a fairly large corpus of sites (more or less well documented), even if general maps often continue to convey the image of a western desert.
Today, the Bretagne and Pays de la Loire regions, mainly centered on the Armorican Massif, are even emerging as one of the most dynamic European sectors in terms of information renewal, with no less than a dozen new urban areas. For the only unfortified settlements, it is also one to two new occupations that have been identified each year since 2018. In parallel with the production of several university synthesis, this significant renewal of regional data motivated the establishment of the Collective Research Program named AGGLO (AGGlomérations Laténiennes du nord-Ouest de la France). With a long term perspective, this aims to better characterize the Late Iron Age urban settlements in the study area concerned, in order to better understand the density of their network and try to understand the factors that led to their emergence. It will build on a critical analysis of current data which makes it possible to identify and characterize the sites based on their morphology, on the remains and the archaeological material they deliver, and on the activities and developments identified.

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the north-west France, Celtic Europe, settlements, Late Iron Age, collective research program, territories, networks, emergence, status, urban morphology, multivariate archaeological surveys, test cutting, excavations, data renewal.

Introduction

Les études européennes menées depuis les années 1970 mettent en avant un processus d’urbanisation durant le second âge du Fer qui s’illustre par l’émergence précoce d’agglomérations non fortifiées dans le courant des IIIe et IIe s. a.C., suivie du développement des oppida entre la fin du IIe et début du Ier s. a.C.. Ces éléments traduisent la complexification de la société laténienne qui s’accompagne d’une importante structuration des territoires économiques et politiques. Avec la multiplication des études, l’évolution de la recherche témoigne de la complexité du phénomène avec des situations parfois diverses et nuancées suivant les secteurs géographiques et les données acquises.

Pour le simple exemple des agglomérations celtiques non fortifiées, le nombre exponentiel de découvertes de nouvelles occupations révèle, sans aucun doute, la réalité d’un maillage dense de sites économiques répartis régulièrement au sein de certains territoires politiques. En 2013, un premier article de synthèse dénombrait près de quatre-vingts occurrences connues à l’échelle européenne1, précisant à juste titre que ce chiffre était très largement sous-évalué et que de nombreux sites n’étaient pas encore découverts. La récente table-ronde de Bibracte sur les agglomérations laténiennes non fortifiées des IIIe-Ier s. a.C. permet aujourd’hui d’en dénombrer un minimum de 1802.

Si l’ouest de la France est longtemps resté à l’écart de cette thématique, les découvertes réalisées depuis le début du XIXe siècle – et surtout celles du début des années 2000 – par le biais de fouilles ou de prospections aériennes, forment dorénavant un corpus de sites (fortifiés ou non) assez conséquent et plus ou moins bien documentés, permettant de hisser notre zone géographique à hauteur des autres régions de la Gaule et de l’Europe celtique où la recherche y était développée depuis longtemps. On mentionnera, à l’occasion de la dernière décennie, l’identification de l’agglomération qui se développe au pied de l’oppidum d’Entrammes (Mayenne), les redécouvertes des oppida de Moulay (Mayenne) et de Vue (Loire-Atlantique), de l’occupation laténienne de Jublains (Mayenne), ainsi que la mise en évidence du phénomène des résidences aristocratiques générant à leur pied des agglomérations, avec les sites de Paule et de Trégueux (Côtes d’Armor), et probablement aussi celui des Natteries à Cholet (Maine-et-Loire)3. À cela, s’ajoute également l’identification de nouveaux sites par le biais de la prospection (Péaule dans le Morbihan, Oisseau-le-Petit et Vaas dans la Sarthe). Enfin, les découvertes en 2019 de deux nouvelles agglomérations, à Allonnes (Maine-et-Loire) et au Poiré-sur-Velluire (Vendée), suggèrent finalement un réseau d’agglomérations fortifiées et non fortifiées beaucoup plus important que ce que nous pouvions envisager il y a une quinzaine d’années et qui reste encore largement méconnu.

C’est ce constat qui a motivé la mise en place d’une dynamique de recherche collective, bénéficiant aux territoires des deux régions administratives de Bretagne et des Pays de la Loire, en s’appuyant sur les différents acteurs de l’archéologie régionale. Bien qu’une partie de ces éléments ait récemment alimenté deux thèses de doctorat4, il s’agit aujourd’hui d’aller au-delà de ces travaux et d’un premier inventaire de site qui a déjà fait l’objet d’un renouvellement significatif entre 2021 et 20225 (fig. 1). 

Localisation de l’ensemble des agglomérations (fortifiées et non fortifiées) et indices d’agglomérations laténiennes du nord-ouest de la Gaule sur fond topographique (réal. J. Remy et E. Le Goff, SIG J. Remy, 03/2022).
Fig. 1. Localisation de l’ensemble des agglomérations (fortifiées et non fortifiées) et indices d’agglomérations laténiennes du nord-ouest de la Gaule sur fond topographique (réal. J. Remy et E. Le Goff, SIG J. Remy, 03/2022).

Les agglomérations laténiennes : quels enjeux au nord-ouest de l’Europe celtique ?

Il a fallu attendre les années 1980 pour constater la publication d’ouvrages qui évoquent délibérément le caractère urbain des oppida, alors reconnus comme les premières villes au nord des Alpes6. Vingt ans de plus ont été nécessaires pour que les protohistoriens s’accordent sur l’importance de se démarquer des modèles antiques et médiévaux pour évoquer la question de l’urbanisation à la fin de l’âge du Fer. Ce basculement idéologique s’est sans doute nourri de la mise en évidence, dès les années 1970 et 1980, d’un autre type d’habitat groupé établi en plaine. L’important renouvellement des données de terrain qui s’opère au cours des quinze dernières années, principalement à la faveur du centre et de l’est de la France, permet de repenser progressivement les formes qu’empruntent les modèles d’urbanisation à l’âge du Fer, avec d’une part les agglomérations “ouvertes” (ou non fortifiée) et d’autre part les oppida(agglomérations fortifiées). 

Aujourd’hui, alors qu’on envisage l’idée d’un modèle urbanistique gaulois issu d’un long processus interne au monde celtique, il reste à mesurer la diversité des formes de cet urbanisme et particulièrement celle des agglomérations non fortifiées, qui émergent au IIIe voire dès la fin du IVe s. a.C. Et parce que l’on constate encore aujourd’hui un fort déséquilibre dans la répartition spatiale des agglomérations (fortifiées ou non) à l’échelle européenne, avec une frange occidentale qui apparaît en marge de ce phénomène d’urbanisation (fig. 2), le projet AGGLO (AGGlomérations Laténiennes du nord-Ouest de la France) ambitionne de conduire à un rééquilibrage des données. Ce travail s’inscrit dans la continuité de la dynamique déjà engagée ailleurs en France ou en Europe, à l’image du Programme Collectif de Recherche portant sur les agglomérations antiques du centre-est de la Gaule – dirigé par Stéphane Venault (RO, Inrap, UMR 6249) et Pierre Nouvel (Professeur, Université de Franche-Comté) – ou plus récemment du projet RAPSODIE (Reconnaissance des Agglomérations Protohistoriques du Sud-Ouest : Dynamiques, Imagerie, Environnement) développé, depuis 2019, en Nouvelle-Aquitaine – sous la direction d’Heneko Hiriart (CR, CNRS, UMR5 5060) et de Vivien Mathé (MCF, HDR, Université de La Rochelle). 

Localisation de la zone d’étude du programme AGGLO dans son contexte européen. La carte de répartition des agglomérations a été dressée d’après une figure éditée par S. Fichtl en 2013 (Fichtl 2013) et mise à jour d’après une illustration publiée en 2019 (Fichtl & Barral 2019, fig. 3.). En gris les sites authentifiés de la zone d’étude ajoutés à la cartographie européenne entre 2019 et 2022 (réal. J. Remy).
Fig. 2. Localisation de la zone d’étude du programme AGGLO dans son contexte européen. La carte de répartition des agglomérations a été dressée d’après une figure éditée par S. Fichtl en 2013 (Fichtl 2013) et mise à jour d’après une illustration publiée en 2019 (Fichtl & Barral 2019, fig. 3.). En gris les sites authentifiés de la zone d’étude ajoutés à la cartographie européenne entre 2019 et 2022 (réal. J. Remy).

L’objectif du Programme Collectif de Recherche AGGLO, débuté en 2022, vise sur le long terme à mieux caractériser l’habitat aggloméré du second âge du Fer dans nos régions occidentales, afin de mieux appréhender la densité de leurs réseaux et tenter de comprendre les facteurs qui ont conduit à leur émergence. Il s’appuie sur une analyse critique des données actuelles permettant d’identifier, de caractériser les sites en tant que tel, à partir de leur morphologie, des vestiges et des mobiliers qu’ils ont livrés, des activités et aménagements reconnus et des fonctions ou statuts auxquels ils peuvent éventuellement prétendre. Si pour un certain nombre d’entre eux le statut d’“habitat aggloméré avéré” ne fait aucun doute, la reprise de données anciennes pour certains contextes, que l’on peut qualifier de “potentiels” ou “d’hypothétiques”, est nécessaire et doit servir à la mise en place d’une stratégie pour acquérir de nouvelles données de terrain. Le recours aux différentes méthodes d’exploration sur des sites soigneusement sélectionnés – prospections pédestres, aériennes et géophysiques, sondages et fouilles ciblés – doit ainsi permettre de renseigner les agglomérations dont l’existence n’est pas encore clairement avérée. L’objectif est également de compléter les plans de sites mieux renseignés, afin de préciser leurs morphologies et de faciliter ainsi leurs comparaisons. 

Il est enfin indispensable d’aborder cette étude par le biais cartographique, en confrontant la localisation des sites reconnus ou supposés avec les données physiques et géographiques de certaines fenêtres des territoires concernés (topographie, hydrographie), et par une approche diachronique des réseaux de cheminements anciens reconnus (voies, franchissements) et des bassins d’anthropisation ou pôles d’urbanisation.

Ce programme s’articule ainsi autour de deux principaux axes de recherche :

Axe 1 : La morphologie des agglomérations, correspondant à l’échelle de lecture de l’intra-urbain ; Il s’agit alors d’identifier les agglomérations laténiennes fortifiées et non fortifiées des régions Bretagne et Pays de la Loire, mais également de caractériser leurs formes et leurs fonctions.

Axe 2 : Les territoires et les réseaux, suivant une échelle de lecture inter-urbaine – qui a pour vocation d’appréhender les agglomérations au sein de leur territoire et de comprendre le fonctionnement de leur(s) réseau(x) de communication terrestre et fluvial.

Sur le long terme, ces objectifs seront atteints à travers :

  • La reprise et la révision de données anciennes qui impliquent la constitution d’une base de données sur les agglomérations du nord-ouest de la Gaule, renseignant des notices de sites, accessibles dans un premier temps aux chercheurs impliqués dans le programme – et dans un second temps à l’ensemble du réseau de spécialistes de l’âge du Fer à l’issue du programme via la TGIR (Très Grande Infrastructure de Recherche) Huma-Num ;
  • La mise en place, en parallèle de cette base de données, d’un travail de cartographie qui suppose la compilation et l’homogénéisation des données de fouille (plans de sites) et celles du réseau viaire ancien (protohistorique et antique) ;

Mais également, l’acquisition de nouvelles données de terrain. Comme cela a déjà été précisé, il s’agit d’enrichir la documentation sur des sites avérés et déjà renseignés, notamment ceux ayant fait l’objet d’une opération préventive ; de documenter les agglomérations dont on présume actuellement l’existence et enfin de prospecter des secteurs propices à l’implantation de ces sites.

À l’issue de ce programme de recherche, les résultats scientifiques donneront lieu à une publication de synthèse, n›excluant pas en parallèle et tout au long du projet d’étude, la publication régulière de données inédites pour certains sites, sous la forme d’articles thématiques ou monographiques.

Pour une analyse morphologique et planimétrique des agglomérations gauloises

La base de données AGGLO pour une meilleure caractérisation des agglomérations

Les réflexions préalables au lancement du projet ont très rapidement souligné la nécessité de se doter d’outils à même d’assurer un enregistrement uniforme et rationnel des données disponibles, afin d’exploiter au mieux leur potentiel informatif. Si une base de données avait déjà été conçue dans le cadre d’un travail de doctorat (Julie Remy)7, sur la base d’une problématique plus générale regroupant une diversité de catégories de sites, il s’agissait d’en concevoir une nouvelle plus spécifique à la thématique des agglomérations laténiennes. Trois exigences techniques ont guidé la création de cet outil, qui se devait de dépasser les difficultés et les limites de la précédente version : sa facilité d’utilisation, son accessibilité, mais également sa pérennité. Pour répondre à cela, mais également pour faciliter l’alimentation par les membres de l’équipe et l’interrogation de la base de données par les membres de l’équipe, elle a été déposée sur un serveur d’Huma-Num. Sur le long terme, cette solution permet aussi d’élargir la diffusion de ces données et d’ouvrir l’accès à la base de données à une communauté de chercheurs élargie.

Afin d’anticiper et d’encourager le lancement de ce projet collectif, il a été décidé, dès l’été 2021, de recruter un ingénieur d’études, Pierre Fernandez, au sein du Laboratoire de recherche Archéologie et Architectures de l’Université de Nantes (LARA – CReAAH Nantes) pour travailler durant un mois et demi sur la création d’une base de données relationnelle. Cette dernière a été élaborée sur le logiciel FileMaker Pro. 

Durant les trois premières années du programme, celle-ci sera principalement alimentée sur la base des précédents travaux de recherche, puis plus ponctuellement en fonction des nouvelles découvertes et notamment des opérations préventives. Il s’agira d’enregistrer les agglomérations qualifiées d’“avérées” et de “supposées” et parfois de réviser et de mettre à jour certains dossiers dans le cadre d’études universitaires notamment. À ce titre, le site du “Camp des Romains” à Chênehutte-Trêves-Cunault (Maine-et-Loire)8, fait l’objet d’un mémoire de master par L. Schneider (dir. Martial Monteil et Julie Remy, Nantes Université, 2021-2022). Un plateau surplombant la vallée de la Loire, établi en rive sud à 45 km à l’est d’Angers, accueille une agglomération à l’époque romaine dont on suppose, depuis les années 1980, qu’il est déjà fortifié à La Tène finale, voire peut-être plus tôt. Ces précaires éléments de chronologie reposent sur les résultats d’un sondage réalisé à l’intérieur du “Camp” et sur l’observation d’une coupe dans le rempart qui n’apportent que très peu de renseignements sur la nature de l’occupation gauloise et encore moins sur son étendue. L’assainissement de ce dossier doit se traduire par une synthèse historique, bibliographique et cartographique des données archéologiques accumulées depuis le début du XXe siècle.

Les principes de construction et l’architecture de la base de données AGGLO (Pierre Fernandez et Julie Remy)

La construction de l’architecture de cet outil s’est appuyée sur trois bases de données ayant vu le jour ces dernières années et qui portent sur des thématiques proches de celle étudiée dans le cadre du programme AGGLO. Il s’agit de la plateforme datAFer29, mise en œuvre par l’Inrap, de la base FER10 portée par le laboratoire AOROC et de l’atlas numérique des villes de la fin de l’âge du Fer disponible sur le site oppida.org issu d’un projet coordonné par sept partenaires institutionnels (musées, universités et région) et soutenu par le programme Culture de la Commission européenne. Ces différents modèles ont été adaptés pour répondre aux spécificités du programme et aux exigences de ces objectifs, à savoir permettre une analyse des données archéologiques de chaque site – caractérisation du site, état et qualité de la documentation, données architecturales, planimétrie, mobiliers, environnement archéologique, etc. – et celles liées à leur environnement naturel – géographiques, topographiques, hydrographiques. La base de données doit permettre de réaliser des requêtes attributaires et une approche statistique des enregistrements pour parvenir à une analyse morphologique et planimétrique des occupations. Autrement dit, son but est de faciliter l’analyse des agglomérations pensées comme des “entités socio-spatiales”, pour reprendre l’expression de Pierre Garmy11.

Cette démarche a mis en exergue une limite inhérente à l’enregistrement exhaustif d’une importante masse de données. L’une des principales difficultés étant de trouver un équilibre suffisant, entre qualité et quantité d’information enregistrée, pour pouvoir réaliser à la fois des requêtes attributaires, à la fois une approche statistique des enregistrements, tout en ne lissant pas trop l’information archéologique.

Finalement, l’architecture de cette base de données s’articule autour d’une table “site” présentant des aspects généraux et des tables annexes documentant spécifiquement certaines composantes des gisements (vestiges immobiliers et mobiliers, analyses, environnement archéologique, historique des interventions, etc.). Ces dernières sont reliées par des liens facilitant la navigation entre les enregistrements (fig. 3 et 4). Il a également été prévu de pouvoir enregistrer la documentation relative aux agglomérations (archives, figures, références bibliographiques), avec pour mot d’ordre de faciliter le retour aux documents d’origine. Enfin, la base de données a été pensée pour pouvoir fonctionner de concert avec un futur système d’information géographique (SIG) et donc adaptée à des logiciels de géomatique. 

Interface de la base de données AGGLO (réal. P. Fernandez, 08/2021).
Fig. 3. Interface de la base de données AGGLO (réal. P. Fernandez, 08/2021).
Présentation synthétique de l’architecture de la base de données AGGLO (conception J. Remy, 
E. Le Goff et P. Fernandez, réal. P. Fernandez, 08/2022).
Fig. 4. Présentation synthétique de l’architecture de la base de données AGGLO (conception J. Remy, E. Le Goff et P. Fernandez, réal. P. Fernandez, 08/2022).

Quelle méthodologie pour aborder les agglomérations laténiennes du nord-ouest de la France ?

La connaissance de ces agglomérations qui se développent sur plusieurs hectares, voire sur plusieurs dizaines d’hectares, ne peut se limiter à la fouille, qui est destructrice et longue à mettre en œuvre particulièrement dans un contexte programmé. C’est pourquoi, il est nécessaire de multiplier et de croiser les méthodes d’approche si l’on veut parvenir à mieux appréhender leurs plans et donc à mieux les caractériser. Par ailleurs, l’évolution des agglomérations de plaine et des agglomérations fortifiées en Gaule diffère suivant les régions, mais également au sein même des régions. Certaines sont encore occupées à l’époque romaine – telle que Jublains (Mayenne) –, d’autres sont abandonnées à la fin de La Tène finale ou déplacées à quelques centaines de mètres ou kilomètres de distance. C’est le cas par exemple de Quimper (Finistère) où l’occupation se déplace de “Kergolvez” le long du Steïr à “Locmaria”, à moins de 3 km au sud, sur l’Odet. Par conséquent, les contextes gaulois peuvent être plus ou moins difficiles à appréhender, voire même à détecter. C’est pourquoi il est indispensable de croiser les méthodes d’explorations.

À l’échelle de l’Europe celtique, ces différentes méthodes ont fait leurs preuves dans des contextes parfois particulièrement avantageux. En effet, au changement d’ère, certaines régions – en Bohême par exemple – n’ont pas étéconquises par Rome et par conséquent la trame urbaine n’a pas subi les profondes mutations qu’elle va connaître en Gaule. Les agglomérations de plaine ont été abandonnées sans être recouvertes par les villes romaines. De fait, l’accèsaux vestiges est facilité et offre la possibilité de réaliser des campagnes de prospection pédestre efficaces avec l’emploi de détecteurs à métaux pour repérer les concentrations de mobilier métallique et notamment les monnaies (en plaine après la période de labours) – méthode mise en place par l’Université de Vienne en Autriche12. Aussi, ces conditions se prêtent idéalement à la mise en place de vastes campagnes de prospection aérienne et géophysique en contexte de plaine, qui renseignent le plan des agglomérations sur d’importantes superficies et informent sur l’organisation des vestiges et de la trame urbaine. Ainsi, en Basse-Autriche, ce sont les prospections géophysiques qui ont le plus contribué à apporter un éclairage sur les habitats groupés, davantage que les fouilles préventives, grâce aux programmes de recherche de Peter Trebsche – prospections et fouilles sur les principaux centres de peuplement dans l’est de l’Autriche13.

En Gaule, le développement de l’urbanisme romain a parfois en grande partie oblitéré les occupations précédentes, qui sont d’autant plus difficiles à percevoir lorsqu’on constate une stricte superposition des habitats et/ou une (relative) continuité du maillage urbain jusqu’à aujourd’hui. On pourrait citer l’exemple d’Angers (Maine-et-Loire) où la stratigraphie gauloise est atteinte près de 4 m sous le niveau de circulation actuel dans le cœur de la ville actuelle. Ou bien le cas de Tours, où l’occupation de La Tène finale n’a été que tardivement appréhendée sur le site de “Clocheville”, alors que son extension, en partie masquée par des alluvions de la Loire, a longtemps fait croire à une création ex-nihilode la capitale de cité de Caesarodunum14.

Dans cette optique, le cas du Fief-Sauvin (Montrevault-sur-Èvre, Maine-et-Loire) fait figure de “site laboratoire” dans le cadre du programme AGGLO. Implanté dans un secteur préservé et peu urbanisé, il se prête particulièrement bien à la prospection multivariée. En effet, installée à un important carrefour de voies terrestres et fluviale, cette agglomération romaine est renseignée depuis les années 1970 par des ramassages de surface et par la prospection aérienne, qui livre une partie de son plan, mais également les traces d’une complexe occupation de l’âge du Fer qui se développe sur plus de 25 ha (fig. 5). Ainsi, une campagne de prospection géophysique vient d’être réalisée sur une superficie de près de 12 ha, dans un secteur actuellement assez peu documenté. Les résultats – en cours de traitement – livrent une cartographie du sous-sol qui viendra compléter le plan des vestiges dressés à partir des photographies aériennes et participera ainsi à mieux orienter des stratégies ciblées de sondages et de fouille envisagés sur le site. 

Outre les recherches approfondies engagées sur le Fief-Sauvin, les premières années du programme seront consacrées à des campagnes de prospection aérienne et géophysique visant essentiellement des sites localisés dans le Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique, partiellement documentés à l’occasion d’opérations préventives (Prinquiau et Vieillevigne en Loire-Atlantique, Allonnes et Beaufort-en-Vallée dans le Maine-et-Loire). Précisons que si, dans un premier temps, les activités de terrain se limitent à une zone géographique restreinte, à long terme, le PCR vise à offrir à cadre scientifique à l’ensemble des opérations portant sur un habitat groupé (fortifié ou non) et programmées sur l’une ou l’autre des deux régions administratives.

Positionnement des opérations archéologiques de 2022 sur le plan des vestiges protohistoriques et romains identifiés sur le plateau de “La Ségourie” au Fief-Sauvin (Maine-et-Loire), d’après l’interprétation des photographies aériennes (réal. J. Remy d’après Leroux & Le Goff 2021, fig. 5, 03/2022).
Fig. 5. Positionnement des opérations archéologiques de 2022 sur le plan des vestiges protohistoriques et romains identifiés sur le plateau de “La Ségourie” au Fief-Sauvin (Maine-et-Loire), d’après l’interprétation des photographies aériennes (réal. J. Remy d’après Leroux & Le Goff 2021, fig. 5, 03/2022).

L’exemple du Fief-Sauvin : un “site laboratoire”

Une occupation gauloise et romaine complexe au carrefour de voies fluviale et terrestres

L’ancienne commune du Fief-Sauvin (Montrevault-sur-Èvre), située dans le pays historique des Mauges, est principalement connue pour son agglomération secondaire romaine, ainsi que pour une fortification de barrage, supposée gauloise et établie au sud du lieu-dit de “La Ségourie” – aussi appelée “le camp de César”. D’après les photographies aériennes et du mobilier recueilli en surface par les agriculteurs depuis plusieurs générations, la ville romaine connaît des antécédents au moins depuis l’âge du Fer qui se répartissent sur l’ensemble du plateau.

Le “camp de César”

“Le camp de César” au Fief-Sauvin est localisé à l’extrémité du plateau des Mauges, à 74 m d’altitude. Il constitue l’un des nombreux promontoires qui s’élèvent au-dessus de la vallée sinueuse de l’Èvre, affluent de la Loire. Le site est installé au niveau d’un coude formé par la rivière, près du lieu-dit de “La Ségourie”, à la confluence avec le ruisseau de la Planche. Celle-ci protège le flanc nord du promontoire qui s’incline assez brutalement vers le sud jusqu’au ruisseau. L’éperon est défendu à l’ouest par un profond ravin naturel et fermé sur son dernier côté par un important talus de 135 m de long, encore conservé sur 5,50 m au milieu du XXe siècle. La fortification couvre ainsi une superficie de 2,5 ha.

Les campagnes de survols réalisées depuis les années 1970 ne livrent que peu d’indices d’une occupation à l’intérieur de l’enceinte, mis à part des fosses, probables carrières d’extraction, qui bordent le plateau au sud15. Le mobilier de l’âge du Fer connu ne provient que des alentours du camp – trois fibules de type pseudo-La Tène II découvertes au sommet du rempart à l’occasion de fouilles réalisées au XIXe siècle sont datées du Haut-Empire. Actuellement, l’attribution de ce site à La Tène finale, repose uniquement sur la présence de fiches en fer associées à l’architecture durempart – et principalement recueillies lors de la fouille menée entre 1870 et 1871 par un certain Charles Leboeuf16. Effectivement, une partie des fiches ramassées au XIXe siècle semblent être parvenues au musée Dobrée de Nantes avant d’être mélangées à celles provenant de l’oppidum de Vue (Loire-Atlantique). Seize de ces fiches aujourd’hui conservées ont pu être examinées et comparées avec des exemplaires provenant d’autres oppida du nord de la Gaule17. Au vu de sa morphologie, il faut préciser que le rempart est susceptible d’avoir connu plusieurs états de construction. La présence des fiches en fer suppose une construction de type murus gallicus, tandis que l’imposante élévation rappelle davantage les talus massifs de la fin de La Tène, voire des aménagements défensifs beaucoup plus tardifs (Moyen Âge). Le fossé qui double vraisemblablement la ligne de défense à l’extérieur du rempart est sans doute comblé, ne laissant aucune trace perceptible dans le paysage – seule l’observation attentive de la microtopographie (d’après le RGE Alti de l’IGN) suggère sa présence (cf. infra § Quelle stratégie d’intervention ?). L’accès au site se fait actuellement par une interruption du talus en limite du plateau à l’est, correspondant sans doute à l’aménagement primitif d’une porte.

Au-delà de sa chronologie, c’est le statut et la fonction du site qui interrogent. Du fait de sa position géographique et topographique stratégique, elle pourrait aussi bien correspondre à une résidence aristocratique – on pense au site fortifi éde “Altburg” à Bundenbach (Allemagne) qui associe une zone d’habitat, interprétée comme la résidence d’un aristocrate et une zone de stockage18 –, qu’à un point de contrôle commercial et/ou militaire sur le territoire, voire à un lieu de refuge qui n’a pas nécessairement été occupé de manière permanente. Cette dernière hypothèse pourrait expliquer l’indigence des vestiges repérés par photographie aérienne ou même du mobilier recueilli au sol. Cependant, l’absence de preuve ne constituant pas une preuve d’absence, des explorations complémentaires s’avèrent nécessaires pour statuer sur la fonction de ce retranchement.

Le plateau de “La Ségourie”

Les recherches et les opérations de terrain menées dans le courant du XXe siècle au Fief-Sauvin concernent essentiellement les vestiges de l’époque romaine identifiés sur le plateau à l’extérieur du camp, notamment ceux liés à la voirie19 et au temple à cella et galerie périphérique de “La Vieille Vigne”, exploré entre 1977 et 1978 (sous la dir. de Gérard Aubin)20. En effet, l’agglomération romaine, qui se met en place au Ier siècle p.C., est supposée correspondre à l’antique station Segora figurant sur la Table de Peutinger et sur l’itinéraire Nantes-Poitiers. C’est du moins l’hypothèse formulée dès le XIXe siècle et repise par Albert Champigneulle qui explore, dans la seconde moitié du XXe siècle, la voirie autour du Fief-Sauvin21.

À sa suite et depuis les années 1970, les prospections aériennes (Claude Lambert et Jean Rioufreyt, puis Alain Braguier, Gilbert Boisbouvier et Gilles Leroux) et pédestres se succèdent et alimentent le plan de l’agglomération romaine. Celle-ci se développe sur une superficie de 15 à 20 ha, à un carrefour entre la voie Nantes-Angers, un itinéraire qui se dirige vers Poitiers et un autre vers Saintes au sud22. En parallèle, ces campagnes aériennes révèlent une dense occupation sous la ville antique identifiée par toute une série d’enclos quadrangulaires, circulaires et d’indices fossoyés, que l’on propose d’attribuer à l’âge du Fer, mais qui ne sont cependant pas strictement datés23 (fig. 5).

En parallèle de ces données spatiales, les ramassages de surface – que l’on doit aux agriculteurs locaux – ont livré une importante quantité de mobiliers de qualité, attribués à l’âge du Fer24, qui ont été recensés et localisés par Jean-Philippe Bouvet (Conservateur du patrimoine)25. Les éléments les plus remarquables proviennent des lieux-dits des “Gâts” et du “Champs des Chirons”, localisés au cœur de l’agglomération antique (armement, parure, statuette, monnaies). Ces derniers évoquent la présence d’un pôle d’occupation important et suggèrent le développement d’un centre urbain dès l’époque gauloise sur le plateau.

Les enjeux de la recherche au Fief-Sauvin

L’organisation et la diversité apparente des vestiges immobiliers mis en évidence par photographies aériennes à “La Ségourie”, suggèrent la présence d’une occupation complexe se développant sur environ 25 ha de superficie, associant un retranchement le long de la rivière de l’Èvre (“Camp de César”) et une agglomération laténienne non fortifiée, située sous les vestiges romains entre les lieux-dits “Le Petit Nombault”, “La Croix” et le “Camp de César” (fig. 5). Si l’on s’accorde sur cette hypothèse, les systèmes fossoyés périphériques à ce noyau d’occupation pourraient correspondre à un réseau parcellaire lié à la gestion du terroir environnant l’agglomération. L’un des enclos se démarque très nettement par sa superficie, atteignant plus de 1,8 ha – 2,3 ha si l’on tient compte du fossé qui matérialise une extension le long de la façade nord –, et par la monumentalité des fossés qui le délimitent (entre les lieux-dits “La Croix” et “Le Grand Nombault”). La morphologie de ce dernier évoque les résidences aristocratiques de La Tène finale mises en évidence dans le nord-ouest de la France (Inguiniel, Morbihan ; Paule, Côtes-d’Armor ; “Les Natteries” à Cholet, Maine-et-Loire ; “Brantonnet” à Guérande, Loire-Atlantique ; etc.). L’association de ces occupations apparaît pour le moins atypique pour la région, mais également à l’échelle du monde celtique.

Pour le nord-ouest de la Gaule, sur l’ensemble du corpus des agglomérations (fortifiées et non fortifiées) actuellement reconnues, certains sites, comme celui du Fief-Sauvin, se démarquent du fait de leur configuration, associant un retranchement de faible superficie (moins de 5 ha) à des vestiges en plaine pouvant correspondre à un habitat groupé (àvocation artisanale et/ou commerciale). On peut citer l’exemple d’Oisseau-le-Petit chez les Aulerques Cénomans dominé par l’éperon barré de Saint-Evroult (Sarthe) – dont la fonction n’est pas non plus connue –, ou encore celui de Trégueux chez les Coriosolites (Côtes-d’Armor), où la fortification correspond vraisemblablement à une résidence aristocratique. À Moulay (Mayenne), l’occupation principale du promontoire sous la forme d’un oppidum s’ajoute à un petit retranchement de quelques hectares seulement qui pourrait être à l’origine de l’occupation du site. Ces exemples illustrent sans doute des situations diverses avec des fortifications aux fonctions variées. Néanmoins, ils posent tous la question de l’émergence de ces agglomérations, de leur gestion et de la classe sociale à l’origine de cette dynamique d’urbanisation26. L’étude menée sur le site de Saint-Symphorien à Paule (Côtes-d’Armor) met particulièrement en avant le lien entre le développement d’une vaste fortification accueillant un habitat aggloméré et l’histoire sur le temps long d’une famille de la haute aristocratie laténienne27. Actuellement, peu de configurations de ce type ont été mises en exergue en Europe celtique et le site du Fief-Sauvin, qui se caractérise par la présence de trois entités – l’une pouvant correspondre à une agglomération, l’autre à une résidence aristocratique et la dernière à un retranchement en bord de rivière – constitue une opportunité pour appréhender ces problématiques.

Par ailleurs, la situation géographique du site, au cœur d’un des rares secteurs du nord-ouest de la France riches en minerai aurifère, en fait un candidat idéal pour interroger le lien entre une possible activité métallurgique autour de l’or et le développement d’un centre urbain entre la fin de l’âge du Fer et l’époque romaine. Sur l’ensemble des gisements aurifères28 ayant fait l’objet d’une exploitation ancienne dans le nord-ouest de la France, deux mines ont actuellement fourni des datations dont une seule remonte à La Tène finale. Il s’agit de celle du “Bois Vert” d’Abbaretz (Ier siècle a.C. au IIe siècle p.C.), commune de Loire-Atlantique qui ne recense par ailleurs aucun autre indice d’occupation de l’âge du Fer. Du fait des lacunes quant à la datation de ces anciens travaux miniers, actuellement on peut difficilement établir un lien direct ou systématique entre, d’une part, la présence de gisements aurifères ayant potentiellement fait l’objet d’une exploitation ancienne et d’autre part, les agglomérations laténiennes fortifiées et non fortifiées de ces secteurs. Actuellement, seul le site du Fief-Sauvin pourrait avoir bénéficié de l’exploitation de ce précieux minerai. Et si actuellement aucune preuve archéologique ne permet de le confirmer, la question d’une activité métallurgique de l’or dans la zone de Saint-Pierre-Montlimart pour l’époque gauloise se pose depuis de nombreuses années. Outre la découverte d’une boucle en or de l’âge du Fer sur la commune du Fief-Sauvin, il faut évoquer la présence d’un monnayage ancien (IIIe ou début du IIe siècle a.C.), des quarts de statères très rares, constitués d’un or très pur, qui se répartissent de part et d’autre de la Loire, mais dont l’aire de diffusion est principalement centrée sur le pays des Mauges. Ces monnaies dites “au pontife forgeron”, qui se distinguent des imitations habituelles du statère de Philippe de Macédoine à l’origine des monnayages celtiques, pourraient constituer l’un des plus anciens monnayages du nord-ouest de la France29. Ces indices ont conduit certains chercheurs à émettre l’hypothèse de monnaies “issues et caractéristiques” de cette zone des Mauges30.

Pour finir, ce dernier point renvoi à la situation historique et géographique particulière du Fief-Sauvin, dernier argument qui a guidé le choix de ce “site laboratoire”. Si à l’époque romaine la région des Mauges est rattachée à la cité des Pictons, le cadre géopolitique est moins évident pour la période qui précède. À La Tène, elle pourrait constituer tout ou une partie du territoire des Ambiliates, qu’on peine encore aujourd’hui à situer précisément au sud de la Loire31.

Quelle stratégie d’intervention ?

Le Fief-Sauvin apparaît donc comme un site densément occupé depuis l’âge du Fer et à l’organisation complexe, pour lequel nos connaissances se limitent principalement aux vues aériennes et aux ramassages de surface. Une première campagne de fouille, programmée à l’été 2022 (dir. Julie Remy), a donc pour objectif de renseigner un secteur ayant livré un ensemble de fosses qu’on suppose associé au développement d’une agglomération artisanale et/ou commerciale. Il s’agira d’évaluer la nature et la chronologie des vestiges repérés au nord-ouest de l’enceinte de “La Ségourie”, en périphérie immédiate de l’agglomération romaine, au moyen d’une ouverture de 500 m² (fig. 5). Cette première campagne sera bien sûr l’occasion de confronter les données stratigraphiques à la photo-interprétation et aux résultats de la cartographie électrique et magnétique réalisée sur le site au printemps 2022 dans le cadre d’un mémoire de master de géophysique appliqué à l’archéologie (Samuel Taillefait, dir. Vivien Mathé, La Rochelle Université). Il s’agit, en effet, de distinguer les anomalies (magnétiques et de résistivités) qui reflètent des formations naturelles et celles qui correspondent à des faits anthropiques. Des coupes électriques ont également été pratiquées à l’aplomb de la façade extérieur du rempart du “Camp de César”, afin de détecter la présence d’un éventuel fossé attenant à la fortification. Cinq autres coupes doivent renseigner sur l’aménagement des bords méridionaux de l’éperon barré. Effectivement, il n’est pas exclu qu’il soit également protégé par un système défensif de contour.

La fouille prévue en 2022 est envisagée comme une première approche dans le cadre d’une année test, avant d’engager un programme plus ambitieux et collaboratif, dont les objectifs seront multiples. Il s’agira de progresser quant à la datation et la caractérisation des principaux axes de communication par le biais de sondages, et sur la compréhension des différentes occupations gauloises, qui se développent depuis le “Camp de La Ségourie” jusqu’aux lieux-dits de “La Croix” et du “Petit Nombault”. À terme, il s’agit de mieux appréhender la nature et la fonction respective de chacun de ces secteurs (fortification de “La Ségourie”, résidence aristocratique de “La Croix”, etc.), mais également leur articulation chronologique.

Le réseau d’agglomérations : une nécessaire mise à jour des données sur les voies de circulation

Pour la période romaine, le lien étroit entre les agglomérations et le réseau de communication a été démontré à maintes reprises32. L’évolution de l’habitat, son émergence et son abandon, son déplacement engendrent une mobilité du réseau routier qui s’adapte au paysage urbain par un phénomène de “captage” ou de “capture”33. Le phénomène inverse est également observé lorsque l’itinéraire est à l’origine d’une implantation pérenne. Cela peut être le cas au croisement de plusieurs voies ou lorsque celui-ci longe une position géographique ou topographique avantageuse. Faute de données, la relation entre agglomérations et réseau routier est souvent plus difficile à percevoir pour l’âge du Fer. 

Dans nos régions occidentales, l’existence d’un important réseau viaire préromain a été démontré34 et le lien entre site d’agglomération et voies de long parcours s’observe à travers les résultats de prospection aérienne (Oisseau-Le-Petit, Le Fief-Sauvin) ou à l’occasion des fouilles réalisées de manière extensive. Les zones d’étude laissent apparaître les grandes voies majeures qui desservent les occupations et les relient entre elles (Moulay, Entrammes, Kergolvez à Quimper, Trégueux, Paule, Les Natteries à Cholet …). Les tronçons de voies peuvent se repérer sur plusieurs centaines de mètres (voire dans de plus rares cas sur plus d’un kilomètre). Au-delà, la poursuite du tracé des itinéraires est généralement plus compliquée.

Un travail de reconstitution du réseau routier ancien a été engagé en région Bretagne. Depuis plusieurs années, les prospections pédestres réalisées, notamment par Alain Provost, visent la reconnaissance de ces itinéraires et une attribution chronologique large (Protohistoire, Antiquité, Moyen Âge). Elles viennent en appui de campagnes de survols aériens effectuées depuis de nombreuses années par Gilles Leroux ou Maurice Gautier. Ces données recueillies par le Service régional de l’archéologie alimentent ainsi la plateforme en ligne GéoBretagne35, coordonnée par l’État et la région Bretagne. Ainsi, un réseau se dessine progressivement pour l’âge du Fer, bien que les attributions chronologiques soient rarement confirmées par du mobilier archéologique ou par la stratigraphie36.

La région des Pays de la Loire ne bénéficie d’aucun travail de reconstitution du réseau routier protohistorique, les données étant actuellement trop limitées. La recherche se réduit à quelques observations ponctuelles, notamment à l’occasion d’opérations préventives ou de prospections ariennes menées par G. Leroux et qui n’offrent cependant pas de datation précise pour les segments repérés. Pour l’Antiquité, si de grands itinéraires sont connus pour cette région, leur localisation reste le plus souvent approximative et les tracés n’ont été que ponctuellement repérés. Les données dont on dispose actuellement ont été harmonisées et cartographiées dans le cadre de réflexions menées sur le territoire antique de l’ouest de la Gaule et plus récemment dans le cadre d’une synthèse sur le réseau viaire en Gaule37. Les tracés ont été définis à la suite d’un travail de recension bibliographique et de révision des travaux anciens, notamment ceux d’érudits du XIXe et du XXe siècle, tels que Louis-Jacques-Marie Bizeul, mais également et dans une moindre mesure d’après les données disponibles dans la base Patriarche.

Il s’agirait donc ici, dans le cadre du PCR AGGLO, de progressivement préciser l’emplacement et la réalité des grands itinéraires antiques et protohistoriques de la région Pays de la Loire. Du fait de l’état de la documentation et des principes qui régissent l’analyse archéogéographique – discipline étudiant l’héritage des formes planimétriques du paysage –, cette enquête sera menée selon une approche résolument diachronique38.

En 2018, dans le cadre d’une exposition organisée à Angers et intitulée “Suivez la voie”, un travail de synthèse cartographique a été initié pour l’Anjou, avec le concours de Laure Déodat (Ingénieure, CNRS, Nantes Université, CReAAH, LARA, UMR 6566). À cette occasion, les rares données archéologiques disponibles au Service Régional de l’Archéologie des Pays de la Loire ont ainsi été compilées avec les découvertes plus anciennes apparaissant sur des cartes – telles que celles figurant sur la carte de Victor Godard-Faultrier, revue par Ferdinand Prévost et Jean-Baptiste Fourcault au XIXe siècle39. Les recherches plus récentes et plus ponctuelles visant certains itinéraires ont également été prises en compte, tout comme les campagnes de prospections aériennes autour du Fief-Sauvin et celles menées le long de la voie Rennes-Angers. Ces premiers tracés ont ensuite été confrontés à la présence et à l’emplacement de vestiges identifiés sur le terrain ou par prospection aérienne, afin d’ajuster leur parcours et de préciser leur géoréférencement. Leur prise en compte peut d’ailleurs constituer un indice chronologique pour la datation de sections de voies. 

Il s’agit d’une véritable enquête d’archéogéographie qu’il convient de poursuivre et de préciser dans les années à venir. Dans un premier temps, c’est-à-dire durant la première année du programme AGGLO, les départements de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire seront prioritairement visés. 

En coordination avec le Service Régional de l’Archéologie de Bretagne, l’objectif est de mettre en place une méthodologie d’investigation rigoureuse depuis la recherche documentaire et le dépouillement bibliographique jusqu’à l’établissement d’un catalogue de couches d’informations utiles pour le traitement cartographique. Cette démarche doit aboutir à une analyse planimétrique de ces documents (cartographiques, photographiques, satellitaires, cadastraux et archéologiques) et à la vectorisation des tracés sur un logiciel SIG. Selon une méthode proche de celle mise en place pour la région Bretagne, les différentes voies seront segmentées en autant d’entités nécessaires (ou tronçons), auxquelles une liste de critères (ou de champs) sera appliquée, telle que la chronologie avérée ou supposée, la nature et la fiabilité de l’information (ex. : tronçon fouillé, tronçon observé par prospection aérienne, par prospection pédestre, tronçon issu d’une analyse documentaire, etc.), l’état de conservation, l’itinéraire concerné, etc. Les propositions de reconstitution de certains tracés du réseau viaire pourront faire l’objet de vérification via des prospections de reconnaissance. Une fois la grille d’analyse mise en place, elle pourra être appliquée à l’ensemble du réseau régional. 


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Notes

  1. Fichtl 2013.
  2. Fichtl et al. 2019.
  3. Le Goff 2018 ; Remy 2021.
  4. Celle d’Elven Le Goff qui porte un “Regard sur la ville de la fin de l’âge du Fer : L’organisation spatiale interne de l’agglomération artisanale de Kergolvez à Quimper (Finistère) et de l’oppidum de Moulay (Mayenne)” (dir. S. Fichtl, Université François-Rabelais de Tours ; Le Goff 2020) et celle de J. Remy sur “L’organisation des territoires dans le quart nord-ouest de la Gaule à la fin de l’âge du Fer (IIe-Ier siècles av. n. è.)” (dir. S. Fichtl, Université François-Rabelais de Tours ; Remy 2017).
  5. Remy 2021a, 195.
  6. Collis 1984 ; Audouze & Buchsenschutz 1989 ; Fichtl 2000.
  7.  Le catalogue tiré de cette base de données a été publiée chez Ausonius dans la collection Scripta antiqua (n°147) et est librement consultable en ligne depuis juillet 2021 : https://ausoniuseditions.u-bordeaux-montaigne.fr/aloha/OA/Annexes.pdf [consulté le 23/06/2022].
  8. Anciennement Chênehutte-les-Tuffeaux, elle a fusionné avec d’autres communes alentours pour donner naissance en 2018 à Gennes-Val-de-Loire.
  9. La plateforme est accessible en ligne : http://agedufer.inrap.fr/.
  10. Une présentation de cette base de données est accessible en ligne : http://www.chronocarto.eu/spip.php?article8&lang=fr
  11. Garmy 2012.
  12. Information orale de P. Trebsche et de S. Fichtl.
  13. Par exemple : Trebsche 2016 ; Fichtl & Trebsche 2018.
  14. De Filippo 2007 ; Lingier-Riquier à paraître.
  15. Leroux & Le Goff 2021 : 45.
  16. Leboeuf 1872.
  17. Bouvet et al. 2014.
  18. Fichtl 2000 : 168-169.
  19. Champigneulle 1963 ; Georcelin 1980.
  20. Aubin 1977.
  21. Champigneulle ibid.
  22. Monteil 2012 : 250.
  23. Leroux & Le Goff 2021.
  24. Le mobilier est actuellement dispersé chez des propriétaires privés. L’attribution chronologique repose sur des observations, mais n’ont pas fait l’objet d’une réelle étude. La présence de restes d’amphores de type Dressel 1A suppose une occupation dès La Tène D1, celle de statère en or et de potins au type du “taureau cornupète” suggère un état plus tardif dans le courant de La Tène finale.
  25. Remy 2021b.
  26. Remy 2021a : 188-193.
  27. Menez 2021.
  28. La région des Miaules aux confins de la Mayenne et du Maine-et-Loire, la région des Mauges sur le probable territoire ambiliate et l’axe aurifère d’Anjou et de Vay qui traverse la frontière entre le territoire namnète et le territoire andicave. Pour la région Bretagne, les prospections ont été moins nombreuses et aucun travail de synthèse n’a été réalisé (Dalmont 2013 ; Le Carlier de Veslud & Jouannet-Aldous 2015 : 124).
  29. Hiernard & Aubin 2002.
  30. Bouvet 2010.
  31. Remy 2021a : 305-306.
  32. Bouet & Tassaux 2005, 271 ; Ferdière 2011 ; Kasprzyk & Nouvel 2011.
  33. Robert 2006, 12.
  34. Leroux & Le Goff 2018.
  35. Les données sont librement accessibles via un visualiseur en ligne : https://geobretagne.fr/mapfishapp/.
  36. Ibid.
  37. Monteil 2012 ; Batardy et al. 2013, 151-160 ; Leroux et al. 2021.
  38. Watteaux 2013, 74.
  39. Comte et al. 2018.
ISBN html : 978-2-35613-528-5
EAN html : 9782356135285
ISBN html : 978-2-35613-528-5
ISBN pdf : 978-2-35613-530-8
ISSN : en cours
3 p.
Code CLIL : 4117
doi.org/10.46608/nemesis1.9782356135285.4
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Comment citer

Remy, Julie, Le Goff, Elven, avec la collaboration de Pierre Fernandez, “À l’ouest rien de nouveau ? Dynamique de recherche sur les agglomérations laténiennes dans le nord-ouest de la France”, in : Hiriart, Eneko, Krausz, Sophie, Alcantara, Aurélien, Filet, Clara, Goláňová, Petra, Hantrais, Juliette, Mathé, Vivien, éd., Les agglomérations dans le monde celtique et ses marges. Nouvelles approches et perspectives de recherche, Pessac, Ausonius Éditions, collection NEMESIS 1, 2023, 81-102, [en ligne] https://una-editions.fr/a-louest-rien-de-nouveau [consulté le 05/01/2023].
Illustration de couverture • orthophoto, géophysique, lidar
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