Sydney H. Aufrère, “Taches lunaires, phases de la lune et fécondité des règnes. Lagomorphes, félins divins et hybridations en Égypte ancienne. Autour de la déesse hase Ounout du XVe nome de Haute-Égypte”, Res Antiquae, 1, Bruxelles, 2004, 3-5.

par

L’auteur s’interroge sur un certain nombre de représentations mythologiques, en particulier animales et sur leurs relations avec la lune, principalement à l’époque pharaonique. Un certain nombre de développements concernent aussi le témoignage des textes de la période gréco-romaine en prenant pour source principale Plutarque et posent le problème des contacts entre deux cultures. Ainsi, S. H. A. souligne (p. 12-14) que l’Isis gréco-romaine a absorbé le caractère ouranien d’Hathor, se fondant sur Apulée Métam. XI, 3-4 et sur le De Is. 41-44, qui insistent sur l’aspect nocturne de la divinité et les relations du cycle lunaire – obscurité/clarté – avec la nature – stérilité/fécondité ; il rappelle également les points de contact avec Hécate1.

Enfin, il reprend les théories de P. Derchain sur la lune, substitut nocturne du soleil2, et met en relief sa féminisation, alors que dans le domaine animalier, l’ancienne tradition osirienne permet à Plutarque de faire une analogie entre les taches lunaires et le pelage moucheté d’Apis. L’écrivain de Chéronée (p. 23-24) note également l’acuité visuelle et auditive du lièvre (Propos de table, IV-VI).

Quant à la hase (p. 27), S. H. A. rappelle qu’Ounout est la parèdre de Thot et suggère, ce qui est moins convaincant, une relation avec Isis qui garde de nombreux liens avec ce dieu, tantôt son éducateur (Diodore, I, 27, 4), tantôt son géniteur (De Is. 3) ; ainsi, Plutarque pourrait-il expliquer la fonction justicière de la déesse.

S. H. A. relève les textes classiques où l’Ogdoade (p. 38) et Thot (p. 43) ont une connotation lunaire. Le chat a gardé, également, un rôle cosmique dans le décor des sistres et le texte d’Horapollon (p. 43 et 55). Le point le plus important est l’analyse finale qui pose le problème de l’androgynie de la lune (p. 63, tableau p. 64) qui serait maintenue dans la tradition classique en liaison avec des formes animales (lièvre, félin). Il conviendrait alors de parler d’un “réseau de convergences” entre les deux cultures.



noeud d'isis pour séparateur


  1. Voir aussi S. Ensoli Vittozzi, “Indagini sul culto di Iside a Cirene”, dans L’Africa romana, Atti del IX convegno di studio Nuoro, 13-15 dicembre 1991, Sassari, 1992, 185-186, n. 63 ; L. Bricault, “Isis myrionyme”, dans Hommages à Jean Leclant 3, Le Caire, 1994, 84-85.
  2. P. Derchain, “Mythes et dieux lunaires en Égypte”, dans La Lune, mythes et rites, coll. Sources Orientales n° 5, Paris, 1962, 17-68.
Budischovsky, Marie-Christine (2008) : “Sydney H. Aufrère, ‘Taches lunaires, phases de la lune et fécondité des règnes. Lagomorphes, félins divins et hybridations en Égypte ancienne. Autour de la déesse hase Ounout du XVe nome de Haute-Égypte’, Res Antiquae, 1, Bruxelles, 2004, 3-5”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/aufrere-2004/ [consulté le 15 août 2021].

Menu @nubis 
(auteurs des ouvrages recensés)

Menu @nubis 
(auteurs des recensions)

Retour haut de page
Aller au contenu principal