Thomas M. Dousa, “Imagining Isis: on Some Continuities and Discontinuities in the Image of Isis in Greek Hymns and Demotic Texts”, dans K. Ryholt (éd.), Acts of the Seventh International Conference of Demotic Studies. Copenhagen, 23-27 August 1999, CNI Publications, 27, Copenhague, 2002, 149-184.

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Quatre décennies après la publication de l’étude fondamentale de D. Müller1, T. D. reprend le dossier des influences égyptiennes dans les arétalogies d’Isis, s’appuyant cette fois sur la riche littérature démotique révélée par les travaux de ce dernier quart de siècle. De cette enquête très fouillée, pour laquelle l’auteur a fait usage de très nombreux documents écrits en démotique égyptien, et qu’il faut croiser avec le travail publié en 2003 par J. F. Quack2, se dégagent plusieurs idées-forces. L’image d’Isis qui se dessine à l’époque hellénistique au travers de son arétalogie en langue grecque est pour l’essentiel identique à celle, traditionnelle, véhiculée en Égypte à la même époque. Pour autant, certains aspects de sa personnalité ont été omis ou nuancés par les rédacteurs en fonction de la cible de ces textes, à savoir un public pour l’essentiel non-égyptien.

Ainsi, la protection exercée par Isis sur Pharaon disparaît-elle au profit d’une audience beaucoup plus large. Il a fallu également insister sur le caractère hénothéiste, “quasipanthéiste” d’Isis, qui allait de soi en Égypte où elle était, de longue date, à la fois elle-même mais aussi toutes les autres déesses – celle qu’Isidôros, dans le premier hymne de Narmouthis, nomme Thiouis, l’unique –, mais ne s’imposait pas nécessairement immédiatement hors de la vallée du Nil. Tout aussi remarquable est le peu de place accordé aux compétences funéraires de la déesse, minimisées pour mettre plutôt en lumière son pouvoir sur le destin, davantage susceptible d’attirer vers elle des esprits hellénisés. Mais ces variantes de détail ne peuvent masquer la grande unité qui se lit entre l’Isis des auteurs de l’arétalogie et celle vénérée sur sa terre d’origine par le peuple d’Égypte.



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  1. Ägypten und die griechischen Isis‑Aretalogien, Berlin, 1961.
  2. “‘Ich bin Isis, die Herrin der beiden Länder.’ Versuch zum demotischen Hintergrund der memphitischen Isisaretalogie”, dans S. Meyer (éd.), Egypt – Temple of the Whole World. Studies in Honour of Jan Assmann, Numen. Studies in the History of Religions, 97, Leyde-Boston, 2003, 319-365.
Bricault, Laurent (2008) : “Thomas M. Dousa, ‘Imagining Isis: on Some Continuities and Discontinuities in the Image of Isis in Greek Hymns and Demotic Texts’, dans K. Ryholt (éd.), Acts of the Seventh International Conference of Demotic Studies. Copenhagen, 23-27 August 1999, CNI Publications, 27, Copenhague, 2002, 149-184”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/dousa-2002/ [consulté le 15 août 2021].

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