UN@ est une plateforme d'édition de livres numériques pour les presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine

Lorenza-Ilia Manfredi, “L’oriente in Occidente: Iside nelle monete puniche”, dans S. Russo (éd.), Atti del V Convegno di Egittologia e Papirologia, Firenze, 10-12 dicembre 1999, Florence, 2000, 151-167.

par

La divinité féminine figurée au droit des monnaies de Cossura est généralement identifiée comme Isis-Astarté. Dans le monnayage punique, la présence d’Isis est assez rare1. La série la plus ancienne à l’image de la déesse remonte à l’époque de la révolte libyenne (241 a.C.) et se caractérise par la présence au droit d’une tête féminine portant un couvre-chef constitué d’une calotte circulaire sur laquelle est posé le disque solaire entre les cornes hathoriques, avec ou sans uraei. Au revers sont représentés trois épis. Dans l’iconographie de la déesse, on retrouve des éléments qui renvoient à des traditions puniques influencées par des caractères libyens qui font supposer l’identification de la divinité représentée sur les monnaies avec une Astarté punique assimilée à Isis.

L’image d’une divinité aux caractéristiques identiques se retrouve sur certaines monnaies de Iol-Caesarea au revers desquelles figurent encore les trois épis. Ces monnaies, généralement datées des IIe-Ier siècles a.C., seraient plutôt à rapporter, selon L. I. M., à la période de la IIe guerre punique, pendant le règne de Syphax (220-203 a.C.), et reproduiraient une iconographie encore typiquement punique, quoique déjà influencée par des représentations hellénistiques. Cette iconographie serait commune aux monnaies de Cossura et pourrait faire référence à une tradition punique assez ancienne, distincte de celle de Carthage, dont se seraient également inspirées les séries de la révolte libyenne.

Le type d’Isis couronnée par Nikè se retrouve uniquement sur une émission d’Icosium où il est associé à la représentation d’une figure masculine avec couvre-chef à plumes, identifié comme Melkart. Dans ce cas, l’iconographie de la déesse adhère aux canons hellénistiques de tradition ptolémaïque. Nikè, rarement représentée dans l’acte de couronner une divinité et encore moins Isis, pourrait être mise en relation, selon l’auteur, avec un événement militaire, la présence de Nikè servant à souligner la qualité de “victorieuse” de la divinité figurée sur les monnaies. Les monnaies de cette série étant généralement datées des IIe-Ier siècles a.C., L. I. M. estime que le lien stylistique étroit qui les unit aux monnaies de Cossura, placées le plus souvent au cours de la première période romaine, c’est-à-dire entre la fin du IIIe et le début du IIe siècle a.C., pourrait conduire à remonter cette datation. En raison de ces liens iconographiques et stylistiques étroits, cet auteur propose donc de dater ces monnaies d’Iol-Caesarea, d’Icosium et de Cossura de la fin du IIIe ou du début du IIe siècle. Ce groupe d’émissions puniques ayant au droit la tête d’Isis se placerait ainsi de manière homogène entre la IIe et la IIIe guerre punique et serait à mettre en relation avec le domaine militaire et principalement avec les déplacements de troupes entre l’Afrique et la péninsule Ibérique, tels qu’ils nous sont rapportés par Polybe et Tite-Live.



noeud d'isis pour séparateur


  1. Cf. SNRIS Afrique du Nord et Malte-Cossura.
Bricault, Laurent (2008) : “Lorenza-Ilia Manfredi, ‘L’oriente in Occidente: Iside nelle monete puniche’, dans S. Russo (éd.), <i>Atti del V Convegno di Egittologia e Papirologia, Firenze, 10-12 dicembre 1999</i>, Florence, 2000, 151-167”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/manfredi-2000/ [consulté le 15 août 2021].

Menu @nubis 
(auteurs des ouvrages recensés)

Menu @nubis 
(auteurs des recensions)

Retour en haut
Aller au contenu principal