Hélène Siard, “Le style égyptien et les échanges d’art dans les Sarapieia de Délos”, RAMAGE, XIV, 2001, 133-148.

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Les trois sanctuaires isiaques de Délos sont des ouvrages déliens par les procédés de construction qui y furent employés et par la présence en leur sein d’édifices entièrement grecs. Plusieurs ouvrages constitutifs de ces ensembles peuvent cependant être considérés comme égyptisants, tels le dromos du Sarapieion C, les sphinx qui l’ornèrent à partir de la fin du IIe siècle ou du début du Ier siècle, les “autels à cornes” ou la “crypte” du Sarapieion A. Les sphinx, de création locale, ne sont pas égyptiens, même si le thème et la manière sont typiques de la vallée du Nil, de même que leur position le long d’un dromos. Mais le matériau, un calcaire granuleux, n’est pas égyptien et il ne s’agit donc pas d’œuvres d’importation, ce qui pourrait s’expliquer par la relative pauvreté de ces sanctuaires. Pour l’auteur, la finalité du dromos, comme des sphinx, est en revanche toute égyptienne.

Hélène Siard s’interroge ensuite sur le sens à donner non seulement à ces aménagements, mais aussi à la présence d’assez nombreux objets importés d’Égypte, qu’ils soient d’époque pharaonique ou ptolémaïque, indices d’une possible “égyptianisation” du décor du sanctuaire, comme P. Bruneau l’avait envisagée à propos de celui d’Érétrie1. Selon elle, ceci ne peut s’expliquer que par le goût des fidèles pour les objets exotiques et anachroniques.



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  1. P. Bruneau, Le sanctuaire et le culte des divinités égyptiennes à Érétrie, Leyde, 1975, 135-141.
Bricault, Laurent (2008) : “Hélène Siard, ‘Le style égyptien et les échanges d’art dans les Sarapieia de Délos’, RAMAGE, XIV, 2001, 133-148”, Ausonius éditions BIS I, [En ligne] https://una-editions.fr/siard-2001/ [consulté le 15 août 2021].

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