Une stèle découverte à Bordeaux témoigne de la vie et de la mort d’une jeune femme. Elle vécut et mourut entre 161 et 170 apr. J.-C. à Burdigala, capitale de la cité des Bituriges Vivisques, en Aquitaine romaine. Elle portait le nom d’Axula, anthroponyme gaulois particulièrement rare. Sa famille, endeuillée, perpétua sa mémoire par l’érection d’une stèle architectonique. L’image d’Axula devait ainsi demeurer à jamais, grâce à sa représentation en pied sculptée dans une niche centrale, encadrée par deux pilastres.
Elle y est figurée vêtue selon la mode locale : une tunique à manches longues s’arrêtant aux mollets. Sa coiffure, formée de deux rouleaux frontaux ramenés vers l’arrière et noués en chignon, évoque celle de l’impératrice Faustine la Jeune, référence stylistique permettant de dater le monument. Axula tient dans ses mains un miroir et un petit panier de fruits, attributs féminins fréquemment attestés sur ce type de monuments.
Comme il est d’usage pour les personnes n’ayant pas acquis la citoyenneté romaine, la désignation de la jeune femme comporte sa filiation : nous connaissons ainsi le nom de son père, Cintugenos, anthroponyme gaulois signifiant « premier-né ». L’élément le plus remarquable réside toutefois dans le terme employé pour qualifier la défunte : fifilia, une dittographie volontaire créant un diminutif affectueux, que l’on peut traduire par « la petite fille chérie ».
Axula, « la fillette de Cintugenos », décédée à Burdigala, fut une jeune femme chérie des siens, issue d’un milieu artisanal et commerçant d’origine locale.
✦ Sur les traces d’Axula
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Épigraphe funéraire dédiée à Axula ↗
IIe siècle, Bordeaux.
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