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Conclusions et perspectives des études sur les amphores nord-adriatiques

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Ce fut une journée très riche où chacun a pu exposer ses données et les échanges entre chercheurs ont été fructueux. Cette table ronde, qui venait en conclusion du projet Labex, est l’expression d’une collaboration accrue entre laboratoires, soulignant la nécessité et l’intérêt d’une recherche interdisciplinaire.

Des acquis méthodologiques

La collaboration entre différentes disciplines dans l’étude des amphores n’est pas nouvelle. Si la discipline amphorologique s’est d’abord développée autour de l’épigraphie des conteneurs (timbres, graffiti, tituli picti), l’intérêt pour les objets eux-mêmes s’est accru progressivement au cours du XXe siècle et de nouvelles approches se sont succédé à mesure que celles-ci émergeaient parallèlement dans le champ de la recherche archéologique : typologie, métrologie, statistiques, analyses physico-chimiques, bases de données et systèmes experts.

Le dialogue entre ces différentes disciplines et la mise en œuvre d’une véritable interdisciplinarité entre des approches parfois concurrentes s’est cependant fait attendre. Ainsi, selon les problématiques particulières de chacun, les objets d’étude, voire les méthodes employées par tel ou tel spécialiste, on a pu observer le développement de champs de recherche bien distincts : à une extrémité du spectre, l’étude des réseaux commerciaux à l’échelle macro-régionale, à l’autre, l’étude des objets eux-mêmes (typo-chronologies et catalogues de timbres) ; entre les deux, la recherche sur le terrain : prospections régionales, identification des ateliers et éventuellement fouille de ceux-ci, consistant généralement en un dégagement des murs et des structures de fours, dont l’étude se retrouve souvent isolée et donc décontextualisée du reste des autres structures productives.

Dans ce panorama des approches, la place de l’archéométrie notamment s’est bien souvent limitée à celle d’une discipline au service de problématiques élaborées par d’autres. La lecture des actes de réunions scientifiques depuis les années 1980 au moins permet pourtant de constater que ce problème a été identifié depuis longtemps et dès lors des appels à une collaboration accrue se sont répétés1.

Depuis quelques années, toutefois, on assiste à la mise en place d’une véritable interdisciplinarité entre approches placées sur un pied d’égalité, comme le montrent la définition de nouvelles problématiques et la convergence de celles-ci dans des études intégrées.

Cette table ronde sur les amphores nord-adriatiques a ainsi permis de prendre la mesure des progrès effectués et d’envisager ceux encore réalisables dans l’accroissement des connaissances. Les trois laboratoires présents, ayant eu chacun une approche différente, ont fait sentir la nécessité d’harmoniser les pratiques et de partager les corpus de références. Cette collaboration est aujourd’hui arrivée à maturité. Archéologues et archéomètres reconnaissent en effet la nécessité d’une définition commune des problématiques et des corpus d’analyses ainsi que des questions auxquelles les analyses physico-chimiques peuvent apporter des réponses, particulièrement dans des domaines où d’autres méthodes ne peuvent produire des résultats comparables. Ainsi, l’enjeu actuel est celui du traitement des résultats, qui impose de mettre au point des cadres de comparaison entre données de natures très diverses, à la fois qualitatives et quantitatives, issues des textes, de la fouille ou encore de l’analyse des objets.

Les analyses archéométriques appliquées à la connaissance des amphores ont un potentiel informatif non négligeable, qui peut encore fournir des résultats inédits dans le contexte nord-adriatique. L’étude du contenu des amphores notamment, par l’analyse des résidus retrouvés dans des vases issus de contextes de consommation, est à réaliser afin de compléter ou remettre en perspective les connaissances extraites des textes et de l’épigraphie. Enfin, comme la possibilité d’effectuer des analyses repose sur un échantillonnage qui doit être important afin d’assurer la fiabilité du raisonnement, il faudrait pouvoir les effectuer directement sur le terrain, dans les réserves et dans les musées, grâce à des méthodes et des instruments par ailleurs moins invasifs, tels que la spectrométrie de fluorescence de rayons X portable (p-XRF).

Dix ans après le colloque de Padoue Olio e pesce in epoca romana, produzione e commercio nelle regioni dell’alto Adriatico2, en 2007, outre les réflexions méthodologiques, cette table ronde a mis en valeur l’acquisition de trois résultats principaux, fondée sur une enquête archéologique et archéométrique élargie.

Les principaux résultats

La composition des pâtes des Dr 6B : l’importance des observations minéralogiques et des analyses chimiques.

Malgré l’absence de repérage d’atelier à amphores sur la rive nord-occidentale de l’Adriatique, l’équipe de Padoue rappelle les différents groupes de production selon la zone d’approvisionnement des argiles, en combinant les données archéologiques, épigraphiques et prosopographiques et les analyses archéométriques. Un premier groupe de référence, que les analyses pétrographiques autant que chimiques isolent des autres, est constitué des Dr 6B signées VARI PACCI et PACCI : la pâte est caractérisée par la présence de nanofossiles calcaires excluant une origine istrienne ; l’argile proviendrait des collines du secteur de Trévise, au nord de la lagune de Venise. Le second groupe comprend des amphores assurément istriennes, provenant des ateliers de Loron et de Fažana. À partir de ces deux groupes bien définis, il apparaît qu’un troisième groupe se rattacherait à l’aire padane. Enfin, un dernier groupe, représenté par un seul timbre, celui de L. Iunius Paetinus, suggèrerait une argile originaire de l’Italie médio-adriatique3.

Les amphores à huile de Loron et de Fažana ont fait l’objet d’études archéométriques par les trois laboratoires. Ainsi, leurs pâtes sont composées de trois éléments en des proportions inégales : un peu de “terra rossa”, des sédiments d’origine marine et surtout du flysch. Les prospections de György Szakmány et Sándor Józsa leur ont permis d’identifier une zone éloignée de l’atelier de Fažana, où l’on retrouve à l’état naturel les trois éléments en question, tandis que l’équipe de Bordeaux n’écarte pas l’hypothèse pour Loron d’un mélange réalisé par les potiers à partir de différentes terres4.

Une carte enrichie des zones de production d’amphores adriatiques

Au-delà des productions vénètes et istriennes, une place particulière a été faite au Picenum, et plus largement à l’Italie médio-adriatique5. Traditionnellement connue pour ses amphores à vin (Lamboglia 2, Dr 6A et amphores à fond plat de type Forlimpopoli / Sant’Arcangelo)6, cette région accueille aussi une production probable de Dr 6B. Dans sa thèse sur les amphores adriatiques retrouvées dans les fouilles du Nuovo Mercato Testaccio, Lucilla D’Alessandro a mis en évidence cette double vocation, grâce en particulier à des analyses pétrographiques effectuées en collaboration avec Claudio Capelli7.

La constitution d’une base de données

Cette journée s’est terminée par la présentation par Nathalie Prévôt, responsable du pôle Humanités numériques d’Ausonius (AusoHNum), d’une base de données géoréférencée8 qu’elle a mise au point. Cette base rassemble toutes les informations sur le mobilier amphorique (typo-chronologie, géochimie, prosopographie, pétrographie, etc.) et est associée à un SIG. Pour la faire vivre, il nous reste à la tester avant de la rendre accessible librement en ligne aux laboratoires habilités. Continuellement enrichie par les nouvelles données archéométriques, la base sera un outil de recherche très utile pour aider à la caractérisation des amphores, souvent déclarées “non identifées”. Par ailleurs, de par la multiplicité des variables observées, elle constituera un corpus qualitativement plus important que la plupart des bases de données actuelles9, pour des études concernant l’évolution des techniques d’élaboration des pâtes, la gestion des matières premières, la typologie et la diffusion des amphores ainsi que la consommation des produits qu’elles transportent.

Cette table ronde a été aussi une invitation à aller plus loin, d’autant que, depuis, données, études et réflexions récentes multiplient les problématiques. Mais, avant d’aborder les perspectives, il faut cependant regretter l’absence de Claudio Capelli, dont l’approche archéométrique est centrée sur l’analyse microscopique des éléments pétrographiques qui composent les pâtes. Un autre débat aurait été abordé sur l’apport effectif de chacune des méthodes d’analyses.

Des perspectives liées à de nouvelles problématiques

Contrairement à ce qui a été souvent affirmé, le commerce de l’huile istrienne après Hadrien continue bel et bien, comme en témoigne le mobilier issu des fouilles du Canale Anfora à Aquilée10. Par ailleurs, on constate l’existence d’un groupe d’amphores estampillées de type Dr 6B, dont les timbres ne sont connus que dans un espace danubien bien circonscrit : de Carnuntum à l’ouest, en Pannonie, à Pontes à l’est, en Mésie supérieure, d’Andautonia à Sirmium au sud, sur la Save, et jusqu’en Dacie et sa capitale Sarmizegetusa. Ceux qui ont pu être datés se placent à la fin du Ier s. p.C. et au IIe s., alors que les derniers timbres “privés” en Istrie sont datés du dernier quart du Ier s. p.C. La question est donc posée sur leur origine et, en fonction de la réponse, sur le(s) produit(s) transporté(s)11 : si les amphores ne sont pas produites dans les régions adriatiques, l’huile d’olive serait à exclure.

Une autre question est soulevée par l’usage de différentes typologies, en fonction des lieux d’études, pour désigner des amphores aux caractéristiques morphologiques similaires. Ainsi, dans l’aire balkanique, les archéologues hongrois, croates et serbes parlent traditionnellement des amphores Aquincum 78 et Bónis 31/5, qui seraient destinées au transport de sauces de poissons12, et des Bojović, amphores à fond plat pour le vin. Dans l’aire adriatique, il est question, d’une part, de Dr 6B pour l’huile et d’amphorettes adriatiques dites soit de Grado, soit de type Dr 6B, pour des sauces à base de poissons13 et, d’autre part, d’amphores à fond plat de profil proche des Dr 28, pour le vin. Se profilent ainsi des équivalences – Aquincum 78 et Dr 6B ; Bónis 31/5 et amphorettes adriatiques ; Bojović et amphores de type Dr 28. S’agit-il des mêmes amphores dont les zones de production seraient adriatiques ? Ou bien, comme peuvent le laisser supposer les observations macroscopiques menées par Anna Nagy sur quelques amphores Dr 6B et Aquincum 78 trouvées à Cibalae (Vinkovci, Croatie)14, nous avons des mobiliers différents. Si ce dernier point se confirme, nous retrouverions les interrogations concernant les amphores médio-danubiennes, mentionnées ci-dessus. Pourrait-on identifier d’éventuelles productions locales d’amphores et, alors, pour quel produit – usage primaire ou usage secondaire15 – et pour quel marché ?

Ainsi, tandis que le dossier archéologique grossit constamment par de nouvelles publications (fouilles, mobilier et études de timbres16), on attend de nouvelles analyses pétrographiques et chimiques17 ; de même, il devient impératif de mener d’autres analyses concernant le contenu, notamment sur les sites de consommation.

Bibliographie •••

  • Carre, M.-B., Monsieur, P. et Pesavento Mattioli, S. (2014) : “Transport amphorae Lamboglia 2 and Dressel 6A: Italy and/or Dalmatia? Some clarifications”, JRA, 27, 417-428.
  • D’Alessandro, L. et Sebastiani, R. (2015) : “Le vin de l’Adriatique à Rome : les témoignages du Nuovo Mercato Testaccio”, in : Marion & Tassaux, éd. 2015, 479-485.
  • Djaoui, D., Garnier, N. et Dodinet, E. (2015) : “L’huile de ben identifiée dans quatre amphores africaines de type Ostia LIX provenant d’Arles : difficultés d’interprétation”, AntAfr, 51, 179-187.
  • Gaddi, D. et Maggi, P. (2017) : “Anfore italiche”, in : Maggi et al., éd. 2017, 264-328.
    Maggi, P., Maselli Scotti, F., Pesavento Mattioli, S. et Zulini, E., éd. (2017) : Materiali per Aquileia. Lo scavo di Canale Anfora (2004-2005), Scavi di Aquileia 4, Trieste.
  • Marion, Y. et Tassaux, F., éd. (2015) : AdriAtlas et l’histoire de l’espace adriatique du VIe s. a.C. au VIIIe s. p.C.. Actes du colloque international de Rome (4-6 novembre 2013), Ausonius Éditions – Scripta Antiqua 79, Bordeaux.
  • Pesavento Mattioli, S. et Carre, M.-B., éd. (2009) : Olio e pesce in epoca romana. Produzione e commerce nelle regioni dell’alto Adriatico, Atti del convegno (Padova, 16 febbraio 2007), Antenor Quaderni 15, Rome.
  • Revilla Calvo, V., Aguilera Martín, A., Pons Pujol, L. et García Sánchez, M., eds. (2020) : Ex Baetica Romam. Homenaje a José Remesal Rodríguez, Col.lecció Homenatges 58, Barcelona.
  • Zaccaria, C. (2020) : “Le anfore con bolli di Vespasiano dalle fornaci di Fasana (Istria). Nota a margine di un’inedita coppia di bolli da Aquileia”, in : Revilla Calvo et al., éd. 2020, 533-562.

Notes •••

  1. Comme, par exemple, AAVV (1977) : Méthodes classiques et méthodes formelles dans l’étude typologique des amphores, Actes du colloque de Rome, 27-29 mai 1974, Coll. EfR 32, Rome ; AAVV (1989) : Amphores romaines et histoire économique. Dix ans de recherches. Actes du colloque de Sienne (22-24 mai 1986), Coll. EfR 114, Rome ; ou bien encore, Langouet, L. (1994) : “L’archéologue devant les moyens offerts par l’archéométrie”, Histoire & Mesure, 9-3/4, 395-401.
  2. Carre & Pesavento Mattioli 2009.
  3. Voir supra (Ciprino et al., dans ce volume).
  4. Voir supra, pour un gisement naturel utilisé à Fažana et supra, pour un mélange à Loron.
  5. Dans la communication orale de Marie-Brigitte Carre.
  6. Cf. notamment la mise au point de Carre et al. 2014.
  7. La thèse de Lucilla D’Alessandro, soutenue à Aix-en-Provence en 2015 : Amphores adriatiques à Rome : les données du Nuovo Mercato Testaccio (non publiée) ; voir un certain nombre de conclusions sur le vin picénien dans sa communication la même année, D’alessandro & Sebastiani 2015.
  8. La base a été construite à l’aide du gestionnaire de bases de données relationnelles libre MySQL ; les interfaces de saisie, consultation et recherche ont été développées en PHP et Ajax, et la bibliothèque interactive javascript Leafletjs a été utilisée pour l’interface cartographique. Elle est hébergée sur les serveurs mutualisés de la TGIR (Très Grande Infrastructure de Recherche) Huma-Num, mis à disposition des équipes de recherche en SHS pour la diffusion de leurs corpus numériques.
  9. Ainsi, nous pouvons citer les exemples suivants : Terre d’amphores (http://www.mae.u-paris10.fr/terresdamphores/) est une base de données concernant les pâtes des amphores produites dans les ateliers des Gaules et de la Narbonnaise, du Ier au IIIe s. p.C., fondée sur l’observation optique et microscopique (photo de la pâte en coupe et en surface) ; les bases de données RTAR, CEIPAC sont, elles, centrées sur l’épigraphie tandis que Amphores vinaires de Narbonnaise. Production et grand commerce (https://www.mom.fr/ressources-numeriques/bases-de-donnees/amphores-vinaires-de-narbonnaise) est une base de données géochimiques des ateliers de Narbonnaise (en cours de développement), l’interrogation se faisant pour le moment par site de découverte.
  10. Stefania Pesavento Mattioli écrit “Va sottolineato che il contesto di Canale Anfora è uno dei primi in cui le Dressel 6B tarde sono così numerose, a testimoniare una forse inaspettata continuità della commercializzazione dell’olio istriano.”, in Maggi et al. 2017, 261. Voir dans le même ouvrage la contribution de Paola Maggi sur les amphores italiques et plus particulièrement p. 286-296 (cf. Gaddi & Maggi 2017).
  11. Communication orale de Yolande Marion à Baile Herculane (Roumanie) et Vienne (Autriche).
  12. Présence de tituli picti sur des Aquincum 78 (par ex., Magyar-Harshegy 2016, fig. 2.3 et 2.7, p. 622 – respectivement M(ur)IA/Fl et XXVII / MVRIA / KAPITONIS ( ?).
  13. Assurément dans le cas des amphorettes de Grado et seulement à titre d’hypothèse pour les amphorettes de type Dr 6B de Loron.
  14. Voir notamment la communication d’Anna Nagy à l’EMAC-Bordeaux 2017 qui sera prochainement publiée : la composition pétrographique des pâtes des quelques Aquincum 78, conservées au musée de Cibalae (Vinkovci, Croatie), ne correspond pas à celle des Dr 6B observées aussi à Cibalae.
  15. Terminologie employée à propos des amphores africaines Ostia LIX, trouvées dans le Rhône à Arles et contenant de l’huile de ben, alors que le contenu primaire pouvait être des olives conservées dans la saumure, selon des inscriptions peintes : Djaoui et al.
  16. Voir l’article de C. Zaccaria sur les timbres de Vespasien à Fazana qui vient de sortir : Zaccaria 2020.
  17. D’une part, dans les sites de production istriens, notamment sur les productions tardives de Loron et de Fažana non estampillées, mais aussi sur les autres productions d’amphores et amphorettes de ces deux grands ateliers, destinées au vin et, probablement, au garum ; d’autre part, dans les sites de consommation, sur les amphores non estampillées présentant une pâte dite “istrienne” pour une meilleure évaluation du commerce au-delà du règne d’Hadrien, mais aussi sur des amphores énigmatiques de type Dr 6B du Moyen Danube afin, notamment, de déterminer leur origine.
ISBN html : 978-2-38149-003-8
Posté le 18/05/2020
EAN html : 9782381490038
ISBN html : 978-2-38149-003-8
Publié le 18/05/2020
ISBN livre papier : 978-2-38149-005-2
ISBN pdf : 978-2-38149-004-5
5 p.
Code CLIL : 4117 ; 3385
http://dx.doi.org/10.46608/UNA2.9782381490038.8
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Comment citer

Machut, Pierre, Marion, Yolande (2020) : « Conclusions et perspectives des études sur les amphores nord-adriatiques », in : Machut, Pierre, Marion, Yolande, Ben Amara, Ayed, Tassaux, Francis, éd., Adriatlas 3. Recherches pluridisciplinaires récentes sur les amphores nord-adriatiques à l’époque romaine, Bordeaux, Ausonius éditions, collection PrimaLun@ 2, 2020, p. 121-128, [En ligne] https://una-editions.fr/conclusions-et-perspectives-des-etudes-sur-les-amphores-nord-adriatiques [consulté le 15 juin 2020].

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