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Des coming out et des séries • Lexique

L’asexualité ne parle pas d’un manque, mais d’une autre façon de ressentir. Elle désigne le fait de ne pas éprouver, ou très peu, de désir sexuel. Cela n’empêche ni l’attachement, ni l’amour, ni la tendresse. On peut aimer profondément sans vouloir de sexualité. Si l’absence de sexualité ou de désir peut être le symptôme de troubles, toutes les personnes n’ayant pas ou peu de désirs sexuels ne sont pas malades. Comme toute sexualité, l’assexualité peut être passagère ou devenir une identité durable.

La bisexualité brouille les catégories trop simples qui séparent nettement les « homos » et les « hétéros ». Elle désigne l’attirance pour plus d’un genre, pour plus d’un sexe. Cette attirance peut être stable ou évoluer dans le temps. Elle n’est ni une phase, ni une hésitation, ni un choix par défaut, ni le fait de n’avoir pas trouvé « la bonne personne » ou d’être « immature ». C’est une orientation sexuelle à part entière.

Le coming in se joue à l’intérieur de soi. C’est le moment où l’on met des mots sur ce que l’on ressent. Il peut être discret, lent ou confus. Il arrive avant toute parole aux autres. Dans tous les cas il peut rester intime.

Le coming out n’est pas une annonce obligatoire. C’est le fait de choisir de dire quelque chose de soi. Il peut se faire à une personne, à plusieurs, ou pas du tout. Il peut être joyeux, risqué ou compliqué. Il appartient toujours à la personne concernée.

Le cyberharcèlement passe par les écrans, mais fait de vrais dégâts. Il prend la forme de messages, d’images ou de rumeurs répétées. Il peut toucher partout et tout le temps. Il isole et fragilise. De plus, il est interdit par la loi. Lorsqu’il comprend des injures ou des motifs sexistes, homophobes ou racistes par exemple, le harcèlement peut être qualifié de « discriminatoire ».

Les discriminations commencent souvent par une mise à l’écart, un ostracisme. Elles reposent sur ce que l’on est ou ce que l’on représente. Elles peuvent viser le genre, la sexualité, l’origine ou la religion. Elles peuvent être visibles ou invisibles. Dans tous les cas elles sont interdites par la loi.

L’expression de genre correspond à ce que l’on montre au monde de son genre, de sa masculinité ou de sa féminité. Elle passe par les vêtements, la voix, les gestes ou l’attitude. Elle peut changer selon les lieux et les moments. Elle ne dit pas qui l’on aime, ce que l’on est vraiment à l’intérieur de soi et surtout elle ne résume jamais une personne.

Le féminisme part du constat que les inégalités existent. Il refuse qu’elles soient considérées comme normales. Le féminisme est un mouvement qui combat le sexisme et les violences contre les femmes (et les minorités de genre et de sexualité). En ce sens il concerne toute la société. Ne nous trompons pas : le féminisme vise plus de justice, pas une domination inversée.

La féminité n’est ni naturelle, ni universelle. Elle regroupe des attentes et des normes sociales. Elles varient selon les cultures et les époques. Elles peuvent être choisies ou refusées. Précisons une chose : les codes de la féminité ne concernent pas uniquement les femmes.

Le genre organise les rôles sociaux. Il dit ce que l’on attend des filles et des garçons, des femmes et des hommes. Il est appris et transmis (par la famille, les médias…). Cette « socialisation de genre » ne se réduit pas au corps : ce n’est pas parce qu’on a un sexe à la naissance qu’on va toujours endosser les codes du genre qui lui sont associés. C’est pourquoi le genre peut être questionné, discuté, individualisé. Comme tout ce qui est construit, il peut être déconstruit.

Le harcèlement s’installe dans la répétition. Il peut être verbal, physique ou psychologique. Il vise à isoler et à faire taire. Il abîme durablement la confiance et doit être signalé car il est interdit par la loi.

L’homophobie transforme une orientation sexuelle, ou une identité sexuelle, en problème. Elle se manifeste par des mots, des moqueries ou des violences. Elle repose sur des peurs et des stéréotypes. Elle peut être banalisée ou bien très visible (des coups, des menaces). Dans tous les cas elle reste punie par la loi.

L’identité de genre correspond au genre que l’on ressent. Elle peut être féminine, masculine, multiple ou autre. Elle ne dépend pas du sexe assigné à la naissance. Cette identité de genre se construit avec le temps. Elle doit être respectée. Tout le monde a une identité de genre, pourtant les personnes trans ou non binaires voient plus souvent leur identité de genre réprimée ou niée.

L’identité sexuelle renvoie à la manière de se définir sexuellement. Elle inclut le rapport au corps et au désir. Elle est personnelle et peut évoluer au cours de la vie. Attention : elle ne se voit pas forcément.

Les injures sont des paroles qui blessent. Elles peuvent viser une personne ou un groupe. Elles peuvent être sexistes, racistes ou homophobes. Elles laissent des traces durables. Elles aussi sont sanctionnées par la loi, y compris lorsqu’elles sont privées.

L’intersexuation désigne des variations sexuées du corps à la naissance. Les corps ne correspondent pas toujours aux normes féminin/masculin. Il ne s’agit ni d’une maladie, ni d’un désordre, ni d’une chose à rectifier : les gens naissent comme ils sont. Il ne s’agit pas non plus d’une orientation sexuelle. Cependant l’intersexuation a souvent été médicalisée sans consentement, donnant lieu à des interventions chirurgicales sur les corps. Aujourd’hui, elle reste entourée de tabous.

LGBTQIA+ est un sigle / un acronyme inclusif (Lesbiennes, gays, bi, trans, queer, intersexes, asexuel.le.s, et plus !). Il regroupe différentes minorités de genre et de sexualité. Chaque lettre correspond à une réalité. Le « + » rappelle qu’il en existe d’autres et permet de rendre visible cette diversité.

La masculinité regroupe des normes associées aux hommes. Elle est construite socialement et varie selon les milieux et les époques. Il existe plusieurs façons d’être masculin et surtout : aucune n’est obligatoire.

Le masculinisme présente les hommes comme dominés. Il s’oppose souvent au féminisme. Il nie ou minimise les inégalités de genre voire les explique « en nature ». Il diffuse des discours sexistes et dans la plupart des cas peut encourager la violence.

L’orientation sexuelle désigne l’attirance affective ou sexuelle. Elle peut concerner un ou plusieurs genres et peut évoluer dans le temps. Elle ne relève pas d’une maladie (notamment lorsqu’elle est minoritaire) et fait partie de l’identité des personnes.

La pansexualité désigne l’attirance indépendamment du genre. Le genre n’est pas central dans le désir. Autrement dit : l’attirance porte sur la personne. Ce n’est pas une confusion ou une « mode », c’est une identité sexuelle pleine et entière.

La pratique sexuelle concerne les comportements intimes. Elle relève de la vie privée et varie évidemment selon les personnes et les moments de la vie. Elle ne définit ni l’orientation sexuelle, ni le genre. Les pratiques sexuelles définissent aussi les plaisirs et ne sont pas forcément liée à ce que l’on fait de nos parties intimes.

Queer désigne ce qui échappe aux normes de genre et de sexualité. Le terme remet en cause les catégories fixes. Il peut être une identité ou une position politique. Historiquement, le terme « queer » a été réapproprié par les personnes concernées. Originellement, le terme était utilisé comme une insulte signifiant « tapette » ou « pédé ». Il valorise désormais la liberté d’être soi.

La transphobie vise les personnes trans. Elle peut prendre la forme d’insultes, de refus ou de violences. La transphobie peut épouser des formes de haine ou de dégout, d’incompréhension ou de discrimination. Dans tous les cas, elle nie l’identité de genre de la personne ou l’infériorise. Elle repose sur des idées fausses, des préjugés. Depuis 2016, elle est interdite par la loi.

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Pessac
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EAN html : 9791030012873
ISBN html : 979-10-300-1287-3
ISBN pdf : 979-10-300-1288-0
Volume : 2
ISSN : en cours
9 p.
Code CLIL : 3160 ; 3157 ; 3158 ; 3098
licence CC by SA
Licence ouverte Etalab

Comment citer

Alessandrin, Arnaud, Bourdaa, Mélanie, “Lexique”, in : Alessandrin, Arnaud, Bourdaa, Mélanie, Des coming out et des séries, Presses universitaires de Bordeaux, echos l@ collection 2, Pessac, 2026, 83-92, [URL] https://una-editions.fr/des-coming-out-et-des-series-lexique
Illustration de couverture • Design de Carla Maldonado, Pôle production imprimée, Université Bordeaux Montaigne
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