Andromaque porte un nom qui signifie le « combat viril » (ou celle qui combat les hommes), c’est un nom d’Amazone, mais aussi celui de la princesse troyenne épouse d’Hector qui, après la défaite de Troie, devient la compagne de lit de Néoptolème, le fils d’Achille.
Euripide en fait un modèle de l’épouse sage et obéissante à son mari (Hector), mais également une victime des guerres : elle fait partie du butin, et devient bien malgré elle compagne de lit d’un des vainqueurs.
Comme Andromaque, beaucoup de femmes ont été victimes des guerres, déplacées comme butin vers les cités des vainqueurs. Chiomara, par exemple, est une femme captive connue des historiens – Polybe la mentionne dans ses Histoires et dit l’avoir rencontrée et admirée parce qu’elle a réussi un acte exceptionnel, celui de faire assassiner celui qui l’avait violée et transformée en esclave sexuelle. Une inscription du IIIe siècle conservée à Délos mentionne le cas de deux citoyennes qui ont été enlevées par des pirates et vendues sur le marché aux esclaves de Délos avant qu’un homme, Sémos, les achète pour leur rendre leur liberté. Andromaque, Chiomara ou les deux citoyennes nommées dans le décret de Délos illustrent la complexité du rapport à la violence sexuelle envers les femmes : celle-ci est à la fois systémique et dénoncée par les poètes quand de simples citoyens, tel Sémos, agissent pour restituer leur dignité à celles qui en ont été privées.
✦ Sur les traces d’Andromaque
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Lire les récits anciens
Iliade, VI, 369-502 ; XXIV, 710-746
Euripide, Les Troyennes