UN@ est une plateforme d'édition de livres numériques pour les presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine

Phanostratè
Sage-femme et médecin, IVe siècle av. J.-C.

par

Illustrateur · Illustratrice : Laurine Régnier

Illustration de Phanostratè par Laurine Régnier

Vue par Laurine Régnier.

Phanostratè est une femme d’Athènes médecin décédée vers 400-350 av. J.-C. On ne la connaît qu’en raison de la conservation de sa stèle funéraire ornée d’un bas-relief (IG II/III² 6873), trouvée dans la région d’Athènes. Elle y est nommée par son nom avec indication de son métier, sage-femme et médecin (maia et iatros).

Les proches qui ont fait élever la stèle sculptée ont pris soin de mentionner que tous la regrettent, car à tous elle n’a apporté que du bien. Sur le bas-relief, on voit une femme et quatre enfants, qui saluent la défunte placée en position assise.

Les historiens ont longtemps pensé que les femmes ne pouvaient avoir de prérogatives, dans le domaine de la santé, que dans un secteur bien délimité, celui du soin des enfants en bas âge, des femmes en couches, et d’une pharmacopée réduite à des recettes de « bonnes femmes ». Certes, la plus célèbre sans doute des femmes actives en ce domaine est bien une maia, c’est la mère de Socrate, Phainarétè, une accoucheuse renommée pour sa force et son habileté. L’inscription de Phanostratè souligne cependant qu’à Athènes, une femme peut aussi être qualifiée de médecin (iatros), un titre au masculin qui est le plus souvent réservé aux hommes et qui indique la possession d’un savoir et d’une technique qui est l’aboutissement d’une longue formation. Nous disposons de quelques mentions de femmes médecins, beaucoup moins que d’hommes médecins, mais ces quelques mentions viennent confirmer que lorsque les conditions sociales le permettent – souvent l’absence de frère – une fille peut embrasser une profession technique et intellectuelle. Lorsque la médecin a fait ses preuves, le métier embrassé devient motif de fierté familiale puisque ce sont souvent des monuments funéraires qui portent le témoignage public du service rendu à la communauté. À Byzance au IIe ou Ier siècle av. J.-C., c’est ainsi Mousa qui est célébrée. Elle est représentée tenant un rouleau de papyrus à la main ; elle est une lettrée. Elle est désignée comme une médecin, au féminin (iatreinè) ; son domaine de compétence est donc plus large que celui d’une sage-femme. À l’instar des femmes-médecins, d’autres femmes apparaissent dotées d’une expertise technique, telles les fabricantes de filets, les orfèvres, les parfumeuses, les poétesses ou les musiciennes.

Épitaphe

Sage-femme (maia) et médecin (iatros), Phanostratè repose ici, à nul elle ne causa de chagrin et tous, à sa mort, la regrettent.

Trad. Véronique Dasen.

✦ Sur les traces de Phanostratè

✎ Lire son épitaphe
IG II/III² 6873.

Rechercher
Pessac
Chapitre de livre
EAN html : 9782356136961
ISBN html : 978-2-35613-696-1
ISBN pdf : 978-2-35613-697-8
Volume : 4
ISSN : 2827-1963
Posté le 06/10/2026
2 p.
Code CLIL : 3385; 3077;
licence CC by SA
Licence ouverte Etalab

Comment citer

Sebillotte Cuchet, Violaine, Régnier, Laurine (illustrateur · illustratrice), “Phanostratè”, in : Chaton, Solveig, coord., Hall of femmes. Galerie de figures antiques, Ausonius éditions / Revue des Études Anciennes, 2026, 47-49, [URL] https://una-editions.fr/hall-of-femmes-phanostrate
Illustration de couverture • Cléopâtre VII Reine d’Égypte, Ier siècle av. J.-C., vue par Florine Mathieu
Défiler vers le haut