Cette femme est connue par une inscription de Ténos (île des Cyclades) de la fin du IVe siècle ou du IIIe siècle avant J.-C. Elle est citée dans un contrat d’achat de terres inscrit sur pierre. Philothéa apparaît comme une propriétaire de terrains de culture et comme quelqu’un qui, bien que disposant d’un « tuteur », a dû défendre son bien lors d’un procès, qu’elle perd au profit d’Anaxiklès, qui acquiert ainsi ses terres.
D’autres inscriptions, produites entre le IVe siècle et le IIe siècle avant J.-C., mentionnent des femmes qui vendent ou achètent des terrains ou des maisons – dans les Cyclades, en Chalcidique, en Asie Mineure – et d’autres qui louent des terres auprès des magistrats de la cité – ainsi en Grèce centrale. Autrement dit, le fait d’avoir un « tuteur », souvent l’époux de la femme sinon un autre homme de sa famille, ne paraît pas constituer un frein à la capacité de ces femmes d’agir dans la sphère économique, en tant que propriétaires et en tant que gestionnaires de leurs biens. À l’aune de ces informations, il est devenu plus difficile de considérer que les femmes de l’Antiquité étaient des « éternelles mineures » placées, comme des enfants, sous une tutelle masculine. Il n’en reste pas moins que pour parler devant une assemblée de citoyens – assemblée politique ou tribunal – les femmes semblent avoir toujours eu besoin d’un intercesseur masculin. Nous aurions souhaité disposer de davantage d’information sur les conditions du procès qui opposa Philothéa et Anaxiklès. Nous pouvons certes supposer que le tuteur de Philothéa, Proxénos, a été entendu à sa place. Néanmoins, la formulation de l’inscription qui indique que le procès a été gagné par Anaxiklès contre Philothéa ne laisse aucun doute sur le fait que c’est bien elle et elle seule qui a endossé la responsabilité juridique de l’action qu’Anaxiklès a contestée.
Source écrite
Anaxiklès fils d’Anaximénès, Thryésios, a acheté à Philothéa fille de Proxénos, Thryéside, et à son tuteur Proxénos fils de Soklès, Thryésios, les quatre terrasses de culture situées à Sapéthos, au-dessus du terrain qui est en bas à côté du jardin, limitées par le chemin qui monte et en bas par le ruisseau, ayant pour voisins Aischrôn, fils de Dém…, et ayant fait l’objet du procès gagné par Anaxiklès contre Philothéa. Garant : Aristoklès fils de Polyxénos.
IG XII 5.2, 872.
✦ Sur les traces de Philothéa
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IG XII 5.2, 872.