Le synœcisme de Cos en 366 a créé à la fois une nouvelle cité-État et une nouvelle ville où sont concentrées les institutions de la cité centrale, une agora, qui se monumentalise petit à petit, et une muraille qui distingue cet espace de la chôra. Cet article a pour objectif de faire apparaître, derrière la dualité de polis et chôra constitutive d’une conception centralisée de la cité de Cos, une organisation territoriale plurielle au sein de laquelle les dèmes revendiquent une place particulière. Il se concentre sur l’analyse du langage institutionnel en recensant les usages relationnels des termes de polis, chôra et damos. Il montre que la polis est conçue comme une entité institutionnelle agissante disposant de droits et d’une capacité d’action. La polis utilise le couple habituel polis au sens de centre urbain et de chôra au sens de territoire de la cité, sur lequel sont importants installés d’importants centres urbains, les dèmes, rejetés ainsi dans une situation inférieure. En se concentrant ensuite sur l’utilisation du langage par les damoi, on voit que ceux-ci reprennent le langage de la cité en se situant eux-mêmes dans la chôra, mais en opérant toujours des légers déplacements permettant de valoriser leur situation. En leur sein, les damoi adoptent eux-mêmes un langage opposant entre leur certain urbain et leur chôra.
Dans un calendrier rituel daté du milieu du IVe s. a.C., soit peu après que les cités de l’île de Cos se sont entendues pour fusionner en une nouvelle polis, une fête est instituée en l’honneur de Zeus Polieus, le 18 et le 19 Batromios – en mars1. Le cœur de cette fête est la sélection d’un bœuf, sur l’agora, qui sera sacrifié à Zeus. Chaque tribu de Cos doit présenter trois bœufs au prêtre, jusqu’à ce que dernier en choisisse un digne d’être sacrifié. Ces tribus qui jouent le premier rôle dans la fête sont les trois tribus doriennes, les Pamphyloi, les Hylleis, les Dymanes ; elles sont nées du synœcisme et ne sont liées qu’à la cité2. Mais dans le même temps, le rituel implique bien d’autres communautés infra-civiques. Ainsi, la procession qui emmène les bœufs sur l’agora est conduite par le prêtre de Zeus, puis par les hiéropes et les hérauts disposés par chiliastys ; après eux, le texte précise qu’il y aura “un bœuf de chaque neuvième (enata), des [nom illisible], des Pasthemidai protoi, des Nostidai3”. On n’a eu de cesse d’essayer de comprendre ce qu’étaient toutes ces communautés à Cos, peu voire pas attestées dans d’autres inscriptions ; d’essayer de comprendre la relation entre tribus, neuvièmes (enata) et chiliastys, sans arriver à une proposition satisfaisante4. Ce qu’il importe ici de remarquer, c’est la complexité des communautés issues du synœcisme que la fête veut mettre en ordre, sur l’agora de la nouvelle capitale, afin de donner un sens à la nouvelle unité civique. Mais si l’agora est chargée d’incarner le centre de la polis et son unité, qu’advient-il du reste du territoire de Cos ?
L’organisation politique de Cos après le synœcisme de 366 est ainsi fondée sur la double nécessité de l’unité de la polis et de la pluralité de son territoire. L’unité de la cité est fondée sur les trois tribus doriennes qui garantissent aux citoyens de Cos l’accès aux institutions de la cité. L’appartenance à la tribu est définie non sur une base géographique, mais à partir de son ascendance5. Cette fonction unitaire s’aperçoit, en plus de la fête de Zeus Polieus, lors du renouvellement de l’homopolitie avec Calymna – l’association entre les deux îles voisines, ou, plus crûment, l’absorption de Calymna par Cos – à la fin du IIIe siècle a.C., quand la cité organise la prestation de serment à Cos et à Calymna sur la base de ces trois tribus6.
La pluralité du territoire, elle, est fondée sur les dèmes (damoi), des collectivités locales constituées à partir des anciennes cités qui avaient pris part au synœcisme et qui continuent leur existence à la fois institutionnelle et sociale. Chaque dème comprend des citoyens appartenant aux trois tribus. Ces dèmes n’apparaissent pas dans la fête de Zeus Polieus : n’ont-ils aucune part à l’unité de la cité, à la participation des citoyens aux institutions de la polis ou au fonctionnement de cette dernière ? Ils ont cependant la tâche fondamentale de contrôler l’accès à la citoyenneté de Cos7. Comment les citoyens de Cos ont-ils représenté les rapports entre la cité et ses dèmes, par le biais de la dénomination utilisée ? Comment la tension entre unité et pluralité s’actualise-t-elle dans ces dénominations ?
Les études de M.H. Hansen ont mis en valeur le paradigme central de la distinction entre polis et chôra dans les cités grecques8. Je confronterai ce paradigme global au cas de Cos, et l’on verra qu’il est opérationnel mais non suffisant dans une cité issue d’un synœcisme. Cela permettra de contribuer à réfléchir à la notion d’État en Grèce ancienne, à son applicabilité et à son sens, à partir des questions avancées par M.H. Hansen : la souveraineté, le territoire, les institutions. Cet article entend ainsi participer au débat, rouvert notamment par P. Ismard, sur les “problèmes de l’État en Grèce ancienne”, c’est-à-dire sur le problème à qualifier la polis comme un État, à partir d’une définition moderne de l’État9. Pour l’historien, la cité n’est qu’un État que dans un sens “dérisoire” parce que son administration est confiée à des esclaves publics, hors du corps politiques, et parce qu’il n’y a pas d’“institution civile de la société”, c’est-à-dire une personnalité juridique de la polis, “pourvue de droits et de devoirs et capable de contracter des obligations10”. Aborder la question du point de vue des communautés infra-civiques et du langage épigraphique permettra de mieux comprendre le degré d’étaticité de la polis, de la voir fonctionner comme personne juridique, et de définir cet État comme pluriel.
Fondation de la cité, fondation de la ville
Diodore et Strabon sont nos deux sources historiques qui évoquent la fondation de la nouvelle cité de Cos en 36611. Les deux auteurs parlent avant tout de la fondation d’une nouvelle ville, au nord-est de l’île, en utilisant le terme de polis au sens géographique, mais le sens politique affleure tout de même. Diodore (15.76.2) est le plus concis : Κῷοι μετῴκησαν εἰς τὴν νῦν οἰκουμένην πόλιν καὶ κατεσκεύασαν αὐτὴν ἀξιόλογον, “Les Coéens se transportèrent dans la cité où ils vivent actuellement, et en firent une ville considérable”. Il ne semble être question ici que de la fondation d’un nouveau centre urbain. Diodore opère une simplification, puisque tous les habitants de l’île ne se déplacèrent pas pour fonder la nouvelle ville, et l’appellation de Κῷοι suggère une unité préalable. Strabon (14.2.19) ajoute plus de détails, dans l’idée de décrire une ville qu’il considère comme petite (οὐ μεγάλη) contrairement à Diodore qui la considérait comme ἀξιόλογον : Ἡ δὲ τῶν Κῴων πόλις ἐκαλεῖτο τὸ παλαιὸν Ἀστυπάλαια, καὶ ᾠκεῖτο ἐν ἄλλῳ τόπῳ ὁμοίως ἐπὶ θαλάττῃ· ἔπειτα διὰ στάσιν μετῴκησαν εἰς τὴν νῦν πόλιν περὶ τὸ Σκανδάριον, μετωνόμασαν Κῶν ὁμωνύμως τῇ νήσῳ. Ἡ μὲν οὖν πόλις οὐ μεγάλη, “La cité de Cos s’appelait auparavant Astypalée, et ils habitaient à un autre endroit, toujours sur le littoral. À la suite d’une guerre civile, ils se transportèrent dans la cité actuelle à côté du Scandarion, et ils ont changé son nom pour le nom même de l’île, Cos. La ville de Cos n’est pas grande”. L’approche géographique de la ville (transformation du nom de la ville, d’Astypalaia (la “Vieille-Ville”) en Cos, la présentation de sa situation littorale et de sa situation près du Scandarion, la caractérisation de sa taille) est doublée d’éléments politiques, en parlant de la “cité des Coéens” (Ἡ δὲ τῶν Κῴων πόλις) et d’un épisode politique fondateur (διὰ στάσιν). La mention de la fondation de la nouvelle ville, chez les deux auteurs, est destinée à marquer également la fondation d’une nouvelle cité : à Cos, la polis-ville, la polis-cité et l’île sont les plis d’une même réalité. Cependant, il faut bien noter que Diodore et Strabon écrivent plus de trois siècles après le synœcisme, et avec des objectifs différents : le premier mentionne un fait remarquable qui vient s’inscrire dans son récit historique, le second décrit la ville qui existe à son époque. Les deux proposent un point de vue externe à Cos, à la différence des inscriptions trouvées dans l’île qui seront désormais le cœur de notre documentation.
La polis comme personnalité juridique
Dans les inscriptions, la dénomination de la cité comme polis implique l’existence d’une personnalité juridique, à la fois objet de l’action d’autres États et de ses propres citoyens, et sujet d’actions dans des champs divers, contrairement à certains historiens qui, réagissant aux thèses hanséniennes, contestent la possibilité de parler d’État pour la polis.
Pour commencer, la cité est composée de citoyens rassemblés autour d’elle, conformément à l’une des définitions de la polis proposées par Aristote12. Elle dispose de magistrats qui se rattachent à la polis (trésoriers, gymnasiarque de la cité13) et d’esclaves publics14, et établit des listes de personnages qui détiennent une position qui, même si elle est honorifique, est surtout institutionnelle : les proxènes, les évergètes sont dits “de la cité15”. À partir de la deuxième moitié du Ier s. a.C., au sein d’un mouvement d’ensemble bien analysé quantitativement par A. Heller16, les titres octroyés à des citoyens les rattachant à la cité se multiplient, et les personnages aussi importants, à Cos, que Nikias, tyran de la cité lors de la domination de Marc Antoine en Orient, C. Stertinius Xénophon, le médecin personnel de Claude, ou M. Aelius Sabinianus sont non seulement des évergètes de la cité, mais aussi des “fils de la cité” (υἱός πόλεως)17. Dans le cas particulier de Sabinianus, ce dernier est même υἱός πόλεως καὶ γερουσίας, “fils de la cité et de la gérousie” : à cette époque, la gérousie était une institution formalisée, centrée autour du gymnase de l’île et rassemblant les notables de la cité, et qui, par son influence, avait réussi à se faire reconnaître un rôle institutionnel important18 ; Vlamos 2026, 361-363..
La reconnaissance du statut de polis passe également par les relations internationales, selon la peer-polity interaction définie par J. Ma19. La cité agit comme une entité juridique envers les autres cités, les souverains hellénistiques, et envers Rome, et elle est reconnue comme polis dans les décrets retrouvés à Cos pour l’envoi de dikastagogues20, de juges étrangers21, ou de médecins, puisque Cos dispose, avec l’Asklépieion, d’une école de médecine réputée22. Le dossier de la reconnaissance de l’asylie de ce sanctuaire, construit dans les années 250-240, est constitué de plusieurs lettres de cités23 et affirme bien la place de Cos dans une inter-reconnaissance étatique. Ainsi, Séleucos II explique que les ambassadeurs de Cos qui sont venus le trouver pour lui demander de reconnaître l’asylie de ceux qui viennent participer aux Asklèpieia et du temple lui-même, lui ont tenu des discours ὑπέρ τε τοῦ ἱεροῦ καὶ τῆς πόλεως “au sujet du sanctuaire et de la cité24”. La cité est un objet aussi bien identifié qu’un sanctuaire, et l’Asklépieion est un élément de l’identité de la cité à partir de sa construction25.
Les individus, citoyens ou étrangers, peuvent agir au profit de la cité : cette dernière est l’objet de leurs actions. Très souvent, les individus honorés sont remerciés pour leur eunoia envers la cité. C’est le discours classique remerciant les évergètes étrangers comme ceux qui sont citoyens de Cos. Mentionnons à ce titre une inscription intéressante puisqu’il s’agit d’une inscription privée : Euelthôn, fils de Moschiôn, honore Kallidamos fils de Pyrrhos d’Étolie, en raison de sa valeur et de son eunoia envers lui, Euelthôn, mais aussi envers sa cité (Cos)26. On peut également fournir des repas à la polis27, on peut faire des processions en l’honneur de la cité28 et faire des sacrifices en son honneur29, la cité reçoit même des parts de la viande issue du sacrifice30, mais on peut aussi commettre des injustices contre la cité, que cette dernière réprimera31. Derrière la polis, il est évident que ce sont les citoyens et citoyennes, en chair et en os, qui sont les ultimes bénéficiaires, notamment lorsqu’il s’agit de parts de sacrifice ; mais il est intéressant de remarquer que justement, ces textes emploient un concept, celui de polis, et pas celui de πολίτες.
La cité dispose de ses propres affaires (τά τᾶς πόλιος πράγματα32) sur lesquelles elle agit. La polis est le sujet de verbes d’action qui font envisager ses domaines de compétences : la cité crée un trésor dans l’Asklépieion33, elle achète du bois34, elle achète une génisse pour un sacrifice35, elle organise des concours36, elle installe la prêtresse de Dionysos Thyllophoros, tandis que ce sont ses trésoriers qui prendront en charge la dépense37, elle établit la culpabilité des gens38, la cité sacrifie, assume les dépenses pour un sacrifice, rembourse le prêtre de ce qu’il a dépensé pour un sacrifice39. La plupart de ces documents sont des normes rituelles, et la cité y figure comme actrice dans les domaines religieux et financier. Dire que la polis n’apparaît jamais comme entité agissante est le résultat d’un biais, souvent athénien, qui ne tient compte que des décrets honorifiques où c’est en effet le damos et/ou le Conseil qui agissent. Le damos et la Boula sont des communautés de la polis, au sens de koinon, ce sont elles qui peuvent adopter des décrets adoptés lors d’une réunion, c’est-à-dire dans la configuration où le peuple est assemblé sous sa forme de législateur, afin d’adopter des résolutions contraignantes qui s’appliquent au territoire de la cité, aux citoyens, et à tous ceux qui résident sur son territoire : ce sont des communautés qui détiennent la souveraineté de la polis mais qui n’en constituent pas la totalité.
La polis se conçoit en effet comme une entité distincte de ses institutions : le damos, qui est la communauté civique qui s’assemble en ekklesia, la boula, et mêmes les différents magistrats. C’est ce que l’on observe encore dans des inscriptions de l’époque impériale, montrant la continuité de la polis jusqu’à la fin de l’Antiquité tardive40. Une inscription, qui parle de l’eunoia envers le peuple (damos) et non envers la cité, sépare clairement la polis du damos : à la fin du IIe s. p.C., le peuple (damos) honore A. Didius Postumus, gouverneur de Chypre, qui s’est soucié des droits de “notre cité” (πρ[ο]νοαθέντα τῶν τᾶς πόλιος δικαίων) en raison de sa valeur et de son eunoia envers lui (texte) – le damos, et non la cité41. Le damos et la polis sont certes équivalents, mais ils sont distincts : ils représentent deux réalités institutionnelles différentes. Au début du IIIe s. p.C., P. Sallustius Sempronius Victor reçoit un décret honorifique adopté par ἁ βουλὰ καὶ ὁ δᾶμος τῆς λαμπροτάτης Κώιων πόλεως, “le Conseil et le peuple de la brillante cité de Cos42”, et l’on aura tort de juger cela uniquement comme un effet de style amphigourique d’une époque tardive : cela confirme la position de M.H. Hansen pour qui la cité est une entité supérieure, différente de ses institutions43, et en cela on peut dire qu’il s’agit d’une sphère séparée du pouvoir – ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les hommes qui exercent ce pouvoir étatique appartiennent à un groupe social ou politique différent des citoyens qui sont les sujets de ce pouvoir. La polis comme entité supérieure est bien constituée comme un sujet de droit, une personnalité juridique sujet ou objet de différentes actions religieuses ou économiques44.
La cité et son territoire (chôra)
La cité peut désigner l’ensemble de son territoire sous le nom de polis. Dans un règlement pour la vente de la prêtrise d’Heraklès Kallinikos (fin du IIe s. a.C.), on impose un sacrifice pour la santé des citoyens, des citoyennes et de tous ceux qui résident dans la polis45. Derrière ces habitants de la polis, il faut imaginer ce que les inscriptions de Cos appellent ailleurs les nothoi, les fils illégitimes, issus d’un couple où seul l’un des deux parents dispose de la citoyenneté, mais aussi les paroikoi, les étrangers résidents46. Ces personnes non-citoyennes n’habitent pas seulement dans la capitale, mais dans tout le territoire civique. Dans le règlement qui organise le sacrifice de Zeus Polieus, un des sacrifices fondamentaux pour l’identité de la polis47, on interdit à quiconque d’emporter les parts de la viande distribué en dehors de la polis48. Même s’il est possible d’envisager que le terme de polis ait ici un sens territorial, le caractère politique du sacrifice à Zeus Polieus laisse penser qu’il s’agit là du territoire entier de la polis et pas seulement de la capitale, ce qui peut être confirmé par un autre règlement sacrificiel, où le texte indique cette fois, plus précisément, que les parts ne doivent pas être emportée hors de Cos49.
À côté de ce territoire entier défini comme polis, la cité, dans son propre langage, se structure également à partir du couple polis/chôra, avec la polis ici non plus en son sens institutionnel mais territorial. La conception que la polis se fait de son territoire peut s’appréhender dans les documents relatifs à la défense de la cité et à son organisation cultuelle. Dans un règlement relatif à la prêtrise d’Aphrodite Pontia, la cité impose aux pêcheurs qui sortent de la ville (ἐκ τᾶς πόλιος) et aux nauklaroi qui naviguent autour du territoire (περὶ τὰν χώραν) de payer pour chaque navire 5 drachme par an comme aparchè50. Dans le règlement pour la vente de la prêtrise d’Aphrodite Pandamos, on demande d’accomplir des sacrifices aux emporoi et aux nauklaroi qui circulent hors de la cité (ἐκ τᾶς πόλιος)51. Dans les deux cas, la polis mentionnée semble correspondre à la ville de Cos, la capitale : le sanctuaire d’Aphrodite Pandamos et Pontia est double, accueille deux temples pour les deux puissances de la déesse, mais ne dispose que d’un seul autel et d’une seule prêtresse52. De plus, il est situé sur le passage entre l’intérieur de la ville, et notamment l’agora, et le port, en situation idéale pour connecter la ville et son territoire, qui inclut l’espace maritime. Le peri des armateurs qui circulent autour de la chôra rend l’idée englobante, circulaire, du territoire insulaire. Les dèmes, ici sont inclus dans l’appellation générale de chôra.
Les documents relatifs à la défense de l’île reprennent la distinction polis et chôra mais peuvent ajouter un troisième terme. Dans un décret adopté par la cité en 205/4 a.C., quand la cité doit faire face à des attaques de la part de cités crétoises, le peuple décide de construire deux navires de guerre, l’un portant la figure d’Asklépios, l’autre d’Héraklès, dans le but d’assurer la “sécurité des sanctuaires, de la ville et du territoire53”. À côté des deux espaces que sont la polis comme ville et la chôra, les sanctuaires sont mentionnés comme une troisième dimension du territoire, une dimension verticale qui relie la cité au monde des dieux. Plus prosaïquement, la cité a bien conscience que les sanctuaires peuvent être les premiers visés par les ennemis dans l’optique de les piller et de constituer du butin. Dans une souscription datant de c. 180 a.C., très fragmentaire puisque la pierre est cassée à droite et à gauche, les éditeurs D. Bosnakis et K. Hallof ont voulu restituer la phrase suivante : “voici ceux qui ont fait une promesse de donation parmi les citoyens (…) de la cité (?), le territoire et les forteresses54”. Le sens de peripolia est difficile à établir fermement : pour C. Schüler, qui a examiné le sens du mot dans les documents d’Asie Mineure, il ne s’agit pas seulement d’une forteresse située dans la chôra : il peut désigner aussi un dème urbain fortifié, comme Rhamnonte ou Sounion en Attique, peut-être comme certains dèmes de l’île de Cos55. La cité conçoit une opposition fondamentale entre le centre urbain, où sont regroupées les institutions de la polis et où se déroulent les principaux cultes de la cité, comme celui en l’honneur de Zeus Polieus, et son territoire ; mais dans la pratique, ils sont obligés de préciser un tiers, selon les circonstances, que ce soient les sanctuaires (et notamment l’Asklépieion, situé hors de la capitale) ou les dèmes conçus comme des points fortifiés. Les citoyens de Cos ont eu conscience que le couple polis et chôra ne pouvait pas suffire à décrire leur territoire politique, qui est fondamentalement pluriel et peut-être changeant en fonction de la manière de le concevoir.
Le territoire de Cos vu par ses dèmes
Les dèmes de Cos reprennent le langage de la cité et donc la représentation d’une distinction entre la polis et la chôra, mais l’analyse du vocabulaire employé par les dèmes dans leurs décrets permet de montrer qu’ils l’ont fait avec des déplacements qui permettent d’octroyer aux dèmes une place dans la pluralité du territoire politique de Cos. Il faut commencer par noter qu’au couple πόλις / πολῖται, la cité et les membres de la cité, les citoyens, répond le couple δᾶμος / δαμόται, le dème et les membres du dème56. Face au damos conçu comme les citoyens assemblés, les dèmes existent comme structures locales autonomes. Si les décrets de la cité indiquent que ce sont la Boula et le damos qui ont pris la décision, dans les dèmes, c’est le damos des Halasarnitains57 ou des Phyxiotai58 qui prend les décisions59. Les dèmes sont institutionnalisés et sont des communautés qui appartiennent à la polis de Cos ; cependant, pour se distinguer du damos comme peuple assemblé, les dèmes doivent préciser leur nom (damos des Halasarnitains, damos des Isthmiotai…), conservant la priorité au damos par excellence, celui qui prend les décisions pour la cité.
Pour les dèmes, la polis est également la capitale, le centre urbain où sont situées les institutions de la cité. Ils acceptent de ne pas être situés dans la polis : ainsi, le dème d’Halasarna60, pour assurer la publicité de son décret qui lance la procédure de ré-enregistrement de ses membres, demande aux magistrats chargés de cette procédure, les napoiai (liés au sanctuaire d’Apollon à Halasarna) de faire installer “dans la ville (polis) des annonces, sur l’agora, là où cela leur semblera approprié, tandis que, dans le dème [ils installeront] un panneau d’affichage blanc61”. D’un côté, la polis et l’agora, de l’autre, le dème, et seulement le damos, manière de désigner à la fois le dème d’Halasarna au sens institutionnel et le centre urbain de celui-ci puisqu’il n’y a pas de précision quant au lieu où l’affichage sera réalisé dans le dème. Dans une inscription dont on ne possède que la fin de deux lignes successives, on trouve une distinction entre un individu qui a été monarchos dans la cité (κατὰ πόλιν, l. 1) et le damos des Isthmiotai (l. 2)62 : le magistrat principal du damos d’Isthmos était en effet le monarchos, homomyne du magistrat principal de l’île, d’où la nécessité d’opérer la distinction dans cette inscription, peut-être63. Un autre document d’Isthmos précise l’endroit où se situent les sanctuaires, dans un calendrier rituel du dème : le document parle de cultes à Hékate “dans la cité” (ἐμ πόλει, l. 5), et d’un culte à Asklapios “à Isthmos” (ἐν Ἰσθμῶ[ι], l. 7)64.
Plus encore, les dèmes reprennent l’opposition entre polis et chôra. Après une période périlleuse pour Cos entre 205 et 201, pendant laquelle l’île fut attaquée d’abord par les pirates crétois puis par les troupes de Philippe V, le dème d’Halasarna entreprend de remercier ceux qui ont participé à la défense de l’île et du dème en leur votant des décrets honorifiques65. Theuklès fils d’Aglaos, l’un d’entre eux, est remercié car il a fait voter des décrets à Cos “quand les ennemis ont attaqué en masse, avec des lemboi et d’autres navires, notre polis et notre chôra”. Theuklès a également décidé de relever les démotes d’Halasarna de leur charge d’assurer la surveillance de la polis afin qu’ils aillent occuper les forts (phrouria) situés “chez eux”, c’est-à-dire dans leur dème (ἐπὶ τῶν ἰδίων τόπων)66. Il a ensuite réorganisé l’infanterie et la cavalerie pour se défendre des incursions ennemies qui ont eu lieu contre le territoire (ἐς τὰν χώραν)67. Dans ces mêmes années, Halasarna a voté un décret similaire pour Dioklès, fils de Léodamas, qui est remercié parce qu’il a “défendu le peripolion et les habitants de la chôra”, et, à un autre endroit, parce qu’il a “défendu la chôra contre les dommages des ennemis68”. Dans ces passages, le sens de chôra peut poser problème. La chôra mise en parallèle avec la polis dans le décret pour Theuklès désigne le territoire de l’île, sur lequel Halasarna se trouve ; mais la chôra utilisée pour parler des incursions des ennemis “contre le peripolion et la chôra” du décret de Dioklès est plus ambigu : faut-il entendre que le dème est le peripolion ? La chôra mentionnée est-elle la chôra de la cité, ou celle du dème ? Autrement dit, le dème reproduit-il à son échelle la distinction entre la ville et le territoire, tout en évitant de parler de polis pour évoquer son centre urbain, afin de conserver la hiérarchie politique ? On ajoutera à ces textes un amendement à la vente de la prêtrise de Déméter à Antimachia, qui donne la permission aux garants (τοῖς κυρίοις) et, pour les femmes absentes (τᾶμ μὴ παρευσᾶν γυναικῶ[ν]), à celui qui le souhaite, de se présenter au tirage au sort, à condition “qu’elles soient présentes dans la chôra” (αἴ κα ἐν τᾶι χώραι ἔωντι)69. S. Paul refuse de trancher entre le sens de chôra pour désigner la campagne ou l’île. Il me semble qu’il faille comprendre un double sens, ici : Antimachia désigne son territoire comme chôra (ce serait l’équivalent de : “si elles sont présentes à Antimachia”) tout en impliquant que les femmes “absentes” sont dans la chôra d’Antimachia, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas présentes dans le centre d’Antimachia au moment du tirage au sort. Les dèmes ont accepté de faire partie de la chôra de leur cité, mais ils ont resémantisé le mot pour pouvoir concevoir leur propre dichotomie entre leur centre urbain et leur territoire, à leur échelle et sans mettre en péril la prééminence de la cité.
L’île de Calymna et le territoire de la cité
Enfin, la situation de l’île de Calymna a introduit encore plus de complexité dans le territoire politique de Cos lorsqu’elle a été intégrée à la polis à la fin du IIIe s. a.C., après un processus qu’une inscription appelle une “homopolitie70” et que l’on peut comparer aux sympolities connues ailleurs. Calymna, cité indépendante, devient un dème de Cos71, avec sa propre organisation interne, comme les autres dèmes de la cité. Le défi que l’intégration de Calymna pose est géographique : ce nouveau dème n’est pas situé sur le territoire insulaire de la cité. Comment celle-ci conçoit alors son territoire, et comment Calymna se conçoit elle-même à l’intérieur de la polis de Cos ?
Nous pouvons partir du point de vue de la cité de Cos. Dans le document qui renouvelle l’homopolitie, les dispositions qui sont enregistrées concernent la prestation d’un serment par l’ensemble de la communauté civique de Cos. Entre autres clauses, le serment impose à celui qui le jure de rester “fidèle à la démocratie établie, à la restauration de l’homopolitie, aux lois ancestrales qui sont en vigueur à Cos (τοῖς νόμοις τοῖς ἐγ Κῶι πατρίοις), aux décrets de l’assemblée et aux décisions concernant l’homopoliteia72”. Dans une autre clause, que l’on retrouve souvent dans d’autres serments, les citoyens doivent jurer “de ne jamais tolérer que la terre de Cos soit diminuée, mais au contraire je mettrai toutes mes forces à l’augmenter73”. Dans ces phrases, la cité et le territoire de Cos englobent l’île de Cos et l’île de Calymna. L’homopolitie, dont le sens insiste pourtant sur une égalité entre les deux politeiai, est clairement en faveur de la “grande”, Cos, au détriment de la “petite”, Calymna – ce que l’on retrouve bien dans les autres processus de sympolitie ou de synœcisme74. La clause de ne pas diminuer le territoire de Cos (τὰγ Κώιαν, sous-entendu γᾶν ou χώραν) doit être directement adressée aux habitants de Calymna afin de les empêcher de faire sécession, en diminuant de ce fait le territoire “augmenté” de la cité de Cos. Le processus très détaillé, au début de l’inscription, décrit la manière dont le plus de citoyens possibles doivent prêter serment, et cette fois le territoire de Calymna est individualisé et distingué de l’île de Cos : en effet, tandis que deux commissaires à l’assermentation (ὁρκωτὰς δύο, l. 1) par tribu (les Hylleis, Pamphyloi, Dymanes) plus un secrétaire s’occuperont de faire prêter serment aux citoyens “sur l’agora” (ἐν τᾶι ἀγορᾶι, l. 2), trois autres hommes (un par tribu, toujours) et un secrétaire iront à Calymna (εἰς Κάλυμναν, l. 4) s’occuper de la prestation de serment, “là où le stratège envoyé par le peuple l’ordonnera” (εἷ κα ὁ στραταγὸς ὁ ἀποσταλεὶς ὑπὸ τοῦ δάμου ποτιτάσσηι, l. 6-7). La nécessité pratique de faire prêter le serment au plus grand nombre de citoyens, en un temps limité, commande de distinguer les deux espaces, Cos et Calymna ; mais ainsi, on reconnaît Calymna comme une exclave, propre à recevoir des dispositions particulières, alors qu’institutionnellement, elle relève de la même catégorie, celle du dème, que les territoires de l’île de Cos. La prééminence de Cos se lit encore dans le langage du décret, puisqu’il ne précise pas le lieu de l’agora : il ne peut s’agir que de celle de la capitale, puisqu’à l’échelle politique, il ne peut y avoir qu’une agora politique : l’ancienne agora de la cité de Calymna est ici ignorée, rabaissée dans l’échelle des institutions. Enfin, le stratège envoyé par le damos à Calymna révèle bien le statut presque colonial de l’île de Calymna, rappelant le statut de la Pérée rhodienne, où Rhodes envoie également un stratège εἰς τὸ περαν, dans les territoires situés hors du territoire insulaire originel, à côté du stratège ἐπὶ τὰν χώραν75. Ce texte affirme ainsi, dans les mots et dans les représentations, l’unité de la polis de Cos, dont le damos est l’une des émanations, en même temps qu’il reconnaît, pratiquement, un statut particulier à l’île de Calymna. Cette reconnaissance s’accompagne en même temps de l’affirmation de son statut inférieur.
Un document nous permet de voir le langage de Calymna. Un décret du dème de Calymna pour honorer Lysandros fils de Phoinix a été adopté dans la même situation que les décrets d’Halasarna pour Dioklès et Theuklès, peu après les guerres contre les Crétois et contre Philippe V76. Ce décret nous informe que des ennemis, des Hierapytniens, ont lancé une série d’attaques depuis la mer contre la cité, le territoire et l’île des Calymniens (ἐπὶ τὰν πόλιν καὶ τὰν χώραν καὶ τὰς νάσος τὰς Κα[λυμνίων, l. 8-10). On retrouve ici la terminologie de la cité, avec le couple polis et chôra, dans lequel peut être inclus Halasarna, victime aussi d’attaques maritimes, ce dont témoignent les décrets pour Dioklès et de Theuklès. Calymna revendique une place d’exception, justifiée à la fois par la géographie et par la tradition. Peut-on dire que Calymna revendique de ne pas faire partie de la chôra ? Il me semble qu’il faille revenir aux textes de la cité qui ajoutaient un troisième terme, venant compléter la description du territoire politique en ajoutant les sanctuaires et les peripolia. Il y a cependant deux nuances à apporter, qui rendent les choses plus ambiguës encore : ce texte a été adopté par les Calymniens eux-mêmes, et non par la cité ; ils utilisent le terme de nasos et non de damos pour se désigner, dans ce triptyque. La revendication d’un statut spécial s’accompagne toujours, cette fois comme dans les textes de dèmes, d’une attention à ne pas entrer dans le système conceptuel des institutions et à respecter la prééminence de la polis dans la description de son territoire politique77.
Conclusion
Le langage institutionnel est précis, il est le porteur d’une conceptualisation du territoire civique de Cos après le synœcisme. La cité est conçue comme une entité institutionnelle agissante : le sens institutionnel de polis est ici dans la continuité de ce que les travaux dirigés par M.H. Hansen et T. Nielsen ont montré pour l’époque archaïque et classique. L’épigraphie de Cos montre encore que l’opposition entre polis au sens territorial de centre urbain, et chôra, au sens de territoire de la cité, était actualisée dans la nouvelle cité du Dodécanèse, à ceci près que la chôra est habitée par des centres urbains qui s’appellent des damoi. Cette opposition a moins un sens géographique qu’un sens institutionnel, délimitant ce que l’on peut bien appeler une capitale, concentrant les institutions de la cité centrale comme l’Assemblée, le Conseil, ou les cultes de la cité comme celui de Zeus Polieus par lequel cet article s’ouvrait. Mais l’organisation de Cos est complexe, en vertu des compétences que les damoi ont su négocier et obtenir de la cité. Ces derniers reprennent le langage de la cité, appliquant l’opposition entre le centre urbain, la polis, et les damoi, mais parfois en déplaçant cette opposition, comme Calymnos, qui se conçoit également comme une île (nasos), rajoutant une tierce partie. À l’échelle locale, les damoi peuvent eux-mêmes se percevoir à partir d’une opposition entre leur propre centre urbain et leur chôra.
Avec cette opposition polis/chôra, on peut bien dire, en prolongeant l’une des définitions de l’État proposée par P. Bourdieu, que celui-ci n’a pas seulement le monopole de la violence physique légitime, mais aussi celui de la violence symbolique, mettant en ordre la réalité et organisant la perception du monde suivant son propre point de vue. La cité de Cos est celle à partir de laquelle on pense l’organisation du territoire de la cité : il y a la polis et le reste, la chôra ; les dèmes ont dû adopter ce point de vue, preuve de leur appartenance à polis, mais ils peuvent, par des jeux de résistance au pouvoir ou de contournement, voire de résilience, proposer de légères alternatives afin de laisser filtrer leur propre mise en mots de la cité. Ainsi, la polis peut être conçue un véritable État, même si ce n’est pas l’État unitaire que l’on peut connaître à partir de l’époque moderne mais un État pluriel. La polis est capable d’entreprendre, de recevoir, d’être redevable, elle est une personne agissante non seulement envers les citoyens mais aussi envers les koinôniai, les communautés, qui la composent, qui sont distinctes d’elle, à qui elle impose son autorité, notamment langagière, mais avec qui elle doit aussi négocier et qui façonnent l’expérience politique pluriel des citoyens et habitants de l’île.
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Notes
- IG XII 4, 278 (= CGRN 86). Sur ce texte et cette fête, voir notamment les commentaires de Sherwin-White 1978, 158-162 et Paul 2013, 30-40 et 266-273.
- Sherwin-White 1978, 154-170 ; Jones 1987, §41. Le nom des trois tribus doriennes n’est pas attesté dans les rares mentions de l’île précédant le synœcisme, et les tribus locales qui composent les dèmes de Cos comme Isthmos ou Halasarna, ne portaient pas ce nom de ces tribus doriennes.
- IG XII 4, 278, l. 1-4 : ἱερεὺς καὶ ἱεροφύλακες καὶ ἀρχεύο[ντε]ς [κα]τὰ φυ[λ]ὰς ἰόντω, ἱεροποιοὶ δὲ καὶ τοὶ κάρυκες ἰόντω κ[α]τ]ὰ χιλ[ι]α[σ]τύας· βοῦς δ ἐννῆ ἐλᾶντι, βοῦν ἐξ ἐνάτας ἑκάστ[ας], [.]ΞΛ[..]Λ[.]Ιέων καὶ Πασθεμιδᾶν πράτων καὶ Νο[σ]τιδᾶν, (trad. J.-M. Carbon et S. Peels, CGRN 86, à partir de S. Paul).
- Voir les tentatives de Paton & Hicks 1891, 35 ; Herzog 1928, 43 ; Sherwin-White 1978, 154-175, et surtout 158-162 pour les enata et chiliastys ; Jones 1987, 238-239.
- Sherwin-White 1978, 161.
- IG XII 4, 152, l.1-5 : ἑλέσθαι ὁρκωτὰς δύο ἐξ ἑκάστας φυλᾶς, οἵτινες ὁρκιξεῦντι τοὺς πολίτας ἐν τᾶι ἀγορᾶι πρὸ τῶν ἀρχείων, καὶ γραμματῆ ἐς ἑκάσταμ φυλὰν καὶ τὸν ὑπαγορεύοντα τὸν ὅρκον, ἑλέσθαι δὲ καὶ εἰς Κάλυμναν ἕνα ἐξ ἑκάστας φυλᾶς καὶ γραμματῆ τούτοις, “Que l’on choisisse deux commissaires au serment par tribu qui feront prêter serment aux citoyens sur l’agora devant le bâtiment des archives, ainsi qu’un secrétaire pour chaque tribu et un héraut qui dictera le serment. Que l’on choisisse également un commissaire par tribu pour aller à Calymna, et un secrétaire pour eux”. Voir également infra.
- Sherwin-White 1978, 154 affirme que le dème n’avait pas de place institutionnelle pertinente (“In fact the deme seems not to have been of much significance in relation to Coan citizenship and the organization of the citizen body”), mais on doit considérer leur rôle dans le contrôle de la citoyenneté à partir des documents montrant l’organisation contemporaine d’un recensement des membres des dèmes à Halasarna (IG XII 4, 103-104, à Isthmos (IG XII 4, 461 et 462) et à Calymna (IG XII 4, 4047-4054) et donc des citoyens de Cos, à partir d’une initiative de la cité : il y a ainsi centralisation des décisions concernant la politeia et décentralisation de son contrôle. Voir Vlamos 2026, 104-124.
- Hansen et al. 2004, 74-79 ; Hansen 2006, 26-27 et 53-56.
- Ismard 2015, 169.
- Ibid., 170-171.
- Pour un commentaire historique sur la situation qui précède le synœcisme, voir Sherwin-White 1978, 44-54. Elle rejette notamment l’idée d’une unité politique préalable à partir de la mention de Cos dans la Pentapole par Hérodote (Hdt.1.144.3) : Hérodote parle également d’Halicarnasse comme d’une cité, alors qu’elle n’était pas encore un État unique à cette époque, et, dans un autre passage, sur l’Hellenion de Naucratis, il évoque également Rhodes comme une cité unifiée (Hdt. 2.178.2), contrairement à l’énumération des trois cités rhodiennes de Lindos, Ialysos, Camiros pour la Pentapolis.
- Cf. l’une des définitions de la polis proposée par Aristote, Politique, 1276 b 1-2, “la cité est la communauté des citoyens autour de leur constitution” (κοινωνία πολιτών πολιτείας) : l’accent est mis sur la communauté des citoyens. Dans les décrets d’octroi de la citoyenneté, adoptés par le damos de Cos, le nouveau citoyen sera fait “citoyen de la cité de Cos” (IG XII 4, 41 : l. 13-14 : ἦμεν πολίταν τᾶς πόλιος τᾶς Κώιων).
- IG XII 4, 830 (IIe p.C.), Xantippos est gymnasiarque des neoi, des éphèbes et de la cité et trésorier de la cité. IG XII 4, 832 (IIe / IIIe s. p.C.), P. Rupillius Rufus est gymnasiarque de la cité et des éphèbes.
- IG XII 4, 2078 (borne funéraire, IIe / IIIe s. p.C.) : oikonomos de la cité et gardien des archives des débiteurs publics, ο[ἰκον]όμου [τῆς] πόλεως [καὶ ἐ]πὶ τοῦ χρε[οφυλακ]ίου. Dionysios est aussi πόλεως Κῴων οἰκονόμου (IG XII 4, 2930, borne funéraire, IIe p.C.). Sur la question des esclaves publics et leur rapport à la cité (et à l’État), voir Ismard 2014 et Ismard 2015, qui considère qu’il s’agit d’un des moyens des cités grecques pour empêcher la naissance d’un véritable État, en déplaçant hors du corps civique les fonctions coercitives qui pourraient briser l’horizontalité du rapport entre les citoyens.
- Parmi les nombreux évergètes de la cité, e.g. IG XII 4, 50 (IIIe / IIe s. a.C.), décret adopté par la Boula et le damos sur proposition des prostates, pour honorer Kalliklès fils d’Athènodôros d’Halicarnasse : ἐπαινέσαι τε αὐτὸν καὶ ἦμεν πρόξενον καὶ εὐεργέταν τᾶς πόλιος τᾶς Κώιων (l.8-11).
- Heller 2020.
- Voir Buraselis 2000, 25-65 sur Nikias, 66-110 pour C. Stertinius Xénophon, 111-121 pour M. Aelius Sabinianus.
- IG XII 4, 543 : la gérousie fait une action de grâce avec les citoyens (poleiteiai) pour la sôtèria de la cité. Sur la gérousie à l’époque impériale, voir Bauer 2014 ; Eckhardt 2021, 158-167 ; Giannakopoulos 2024
- Ma 2003 ; Ma 2024.
- Par exemple IG XII 4, 59, l. 13-14 : décret de la 2e moitié du IIe s. a.C. pour Theugenès fils d’Hermogenès, envoyé comme dikastagogue à Smyrne, est remercié, entre autres, pour “le séjour qu’il a réalisé qui a été digne des deux cités”, τάν τε παρεπιδαμίαν ἐποιήσα{ν}το ἀξίαν ἀμφοτερᾶν τᾶν πολίων.
- IG XII 4, 143 par exemple, décret honorifique de Sinope, pour Dionnos fils de Polytiôn de Cos (c. 220 a.C.), “envoyé ambassadeur par la cité de Cos pendant la guerre”, πρεσβευτὴς ἐν τῶι πολέμωι ὑπὸ τῆς Κώιων πόλεως (l. 3-4).
- IG XII 4, 171.
- Voir les lettres IG XII 4, 208-214. Voir Buraselis 2004.
- IG XII 4, 210, l. 6.
- Sur l’Asklépieion, voir Paul 2013, 167-187 pour les cultes, et dernièrement Interdonato 2013 pour le sanctuaire dans son ensemble. La première publication extensive des fouilles est due à Herzog & Schazmann 1932.
- IG XII 4, 979, 1ère moitié du IIe s. a.C. : [Εὐέ]λθων Μο[σχί]ωνος Καλλίδαμον Πύρρου [Αἰτ]ωλὸν ἀρε[τ]ᾶς ἕνεκα καὶ εὐνοίας τᾶς [ἔ]ς τε αὑτὸ[ν] καὶ τὰν πόλιν.
- IG XII 4, 1000 (Ier s. p.C. )
- IG XII 4, 298 (250-200 a.C.).
- IG XII 4, 328 (Ier s. a.C. ).
- IG XII 4, 278, (calendrier rituel du mois Batromios, milieu du IVe s. a.C.) l. 23 après un sacrifice à Hestia, et 55 après un sacrifice à Zeus Polieus. Cf supra.
- IG XII 4, 304 (1ère moitié du IIe s. a.C.).
- IG XII 4, 84, l.5 (Ier s. a.C. ).
- IG XII 4, 71, l.2-3 (242 a.C. ou peu avant) : [ποιή]σασθαι θησα[υρὸν] τῶι Ἀσκλαπιῶι τὰμ πόλιν ἐν τῶι να[ῶι τοῦ Ἀσκλ]απιοῦ.
- Ibid, l.27-28 : καὶ ὅσσα κα ἁ πόλις ξύλα [ἀ]γο<ρ>άξηι τῶν το[ῦ θεοῦ ἄλσεων].
- IG XII 4, 274, l. 27 (calendrier rituel du mois Karneios, milieu du IVe s. a.C.) : οῖ[ς δὲ Καρνεί]οις τὰμ πόλιν ὠνεῖσθαι δάμ̣[αλιν κριτὰν μὴ ἐλάσσονος πεντήκοντα] δραχ̣μᾶν
- IG XII 4, 323, l. 10-11 (ca 100 a.C.).
- IG XII 4, 326, l. 20-21 (1ère moitié du Ier s. a.C.) : τὰν δὲ ἱέρειαν τ[ελεσάτ]ω ἁ πόλι[ς], τὸ δ’ἀνάλωμα τελεσάντωι το[ὶ τ]αμίαι.
- Ibid, l. 30-31 : ἇς δέ κ[α κ]αταγνῶι ἁ πό[λις] ἀδικεῖν τελεῦσαν ἢ ἱερ[ωμ]έναν.
- IG XII 4, 332 (loi sacrée, milieu du IVe s. a.C.), l. 7-8 : κα ἁ πόλις θύηι, 9-10 : [ἁ δὲ πόλις τὸ ἀναλισκόμεν]ον ἀργύριον ἐς τ[ὰν θυσίαν ἀποδίδωτι] ; l. 25-26 : [ἁ δὲ πόλις ἀποδίδωτι τῶι ἱαρῆι τὸ] ἀν[αλισκόμ]ενον ἀργύριον ἐς [τὰν θυσίαν], mais ces deux dernières phrases, la polis est dans des restitutions assez longues.
- Pont 2020 ; Ma 2024.
- IG XII 4, 866.
- IG XII 4, 877.
- Hansen 2006, 70.
- Comme l’a bien rappelé Fröhlich 2010, 670.
- IG XII 4, 320, l. 11-12 : ὑπὲρ ὑγιείας τῶν τε πολ[ιτᾶ]ν̣ κ̣αὶ πο<λ>ιτίδων καὶ τῶν κατοικεύντων ἐν τᾶι πόλει.
- Voir par exemple dans la Grande souscription de guerre (IG XII 4, 75) de la fin du IIIe s. a.C, l’appel aux “citoyens, citoyennes, fils illégitimes, étrangers résidents, étrangers de passage” à contribuer à la souscription (τῶν τε πολιτᾶν καὶ πολιτίδων καὶ νόθων καὶ παροίκων καὶ ξένων : (l.9-11), ou la souscription pour l’achèvement du péribole du sanctuaire d’Aphrodite (IG XII 4, 301) où les contributrices sont divisées en citoyennes (πολειτίδων), filles illégitimes (νὀθων) et étrangères résidentes (παροίκων). Pour ces catégories, voir Sherwin-White 1978, 171-173 ; Ogden 1996, 310-316.
- Paul 2013, 266-270.
- IG XII 4, 278, l. 56 : ταῦτα πάν[τα] [οὐκ]ἀποφέρεται ἐκτὸς τᾶς π[όλιος].
- IG XII 4, 332, l. 55-56 : οὐκ ἐξαγωγὰ ἐκ Κ[ῶ]. Il est intéressant de remarquer, d’ailleurs, que l’épithète de Polias/Polieus pouvait aussi désigner des Athéna et Zeus honorés sur l’acropole, là où sont situés la plupart de leurs temples, comme à Rhodes par exemple. Mais ici, les rites se déroulent sur l’agora, loin de toute colline, ce qui souligne bien le lien entre Athéna Polias et Zeus Polieus et la polis de Cos. Je remercie l’un·e des deux relecteurs anonymes pour cette remarque.
- IG XII 4, 319 (= CGRN 220), l. 27-29 : διδόντω δὲ ἐς ἀπαρχὰν καὶ τοὶ ἁλιεῖς τοὶ ὁρμ<ώ>μενοι ἐκ τᾶς πόλιος καὶ τοὶ ναύκλαροι τοὶ πλέοντες περὶ τὰν χώραν καθ’ ἕκαστον πλοῖον τοῦ ἐνιαυτοῦ δραχμὰς πέντε.
- IG XII 4, 302, l. 21-24 : ὁμοίως δὲ καὶ ἀκολούθως τοῖς προκεκυρωμένοις συντελῶντι τὰς θυσίας τοῖς τε ἐμπόροις καὶ τοῖς ναυκλάροις τοῖς ὁρμωμένοις ἐκ τᾶς πόλιος, “de la même façon, et conformément aux dispositions antérieures, pour tous ceux qui accomplissent des sacrifices, aux commerçant et aux armateurs qui circulent hors de la ville”.
- Sur Aphrodite Pandamos et Pontia, voir Parker 2002 et Paul 2013, 79-91 et 285-289.
- IG XII 4, 74, l. 7-10 : ἐπειδὴ τὰ ἄφρακτα συντετέλεσται, ἃ ἐψαφίξατο ὁ δᾶμος ποιήσασθαι ποτὶ τὰν φυλακὰν τῶν ἱερῶν καὶ τᾶς πόλιος καὶ τᾶς χώρα[ς].
- IG XII 4, 438, l. 48-49 : [τοίδε ἐπαγ]γείλαντο τῶν πολιτᾶν κα[ὶ… πόλιος καὶ τ]ᾶς χώρας καὶ περιπολίων.
- Schuler 1998, 45-49.
- On retrouve l’opposition entre les membres d’un dème et les politai dans la dédicace à Homonoia de Zôpyros, fils d’Euphiletas, trouvée à Isthmos, accompli “pour les Isthmiotai et les autres citoyens” (IG XII 4, 586, 1ère moitié du Ier s. a.C., l. 2-4 : ὑπὲρ Ἰσθμιωτᾶν καὶ τῶν ἄλλων πολιτᾶν)
- IG XII 4, 98, (peu après 200 a.C.), l. 1 : ἔδοξε τῶι δάμωι ; IG XII 4, 99, (peu après 200 a.C.), l. 39 : ὅπως οὖν καὶ ὁ δᾶμος ὁ Ἁλασαρνιτᾶν.
- IG XII 4, 118 (2e moitié du Ier s. p.C), l. 3-4 : [ἔδο]ξε τῷ δάμῳ τῷ Φυξιω[τᾶ]ν.
- Il y a des fois où ce sont les membres des tribus locales (des dèmes) qui prennent des décisions, comme dans le décret lançant, le ré-enregistrement des membres du dème d’Halasarna (IG XII 4, 103) ou d’Isthmos (IG XII 4, 461-462) c. 180 a.C., ou qui octroie des honneurs à un magistrat (IG XII 4, 110, à Antimachia). Ce sont des configurations spécifiques où les phylètes équivalent aux membres du dèmes. Voir Vlamos 2026, 124-127.
- Le dème d’Halasarna a été intensément exploré par les archéologues de l’université capodistrienne d’Athènes avec l’éphorie du Dodécanèse ces dernières années. Voir un bilan dans Κοκκορού-Αλευρά, Καλοπίση-Βερτή, et Παναγιωτίδη-Κεσίσογλου 2020.
- IG XII 4, 103, l. 60-72 : έχόντω δὲ καὶ ἐμ πόλει ἐκχθέματα κατὰ τὰν ἀγορὰν ὅπει κα αὐτοῖς δοκῇ ἐπιτάδειον ἦμεν· vac. ἐν δὲ τῶι δάμωι τὸ ψάφισμα τόδε ἀναγράψαντες εἰς λεύκωμα ἐκτιθέντω …
- IG XII 4, 583.
- Sherwin-White 1978, 183-193. Le décret d’Isthmos IG XII 4, 1000 présente la double datation entre le monarchos de l’île et celui situé “à Isthmos”. Les listes IG XII 4, 461 et 462 recensent les membres du dème qui peuvent prétendre à être désignés monarchos d’Isthmos.
- IG XII 4, 280.
- Baker 1991.
- IG XII 4, 99, l. 19-23 : τῶν τε ὑπεναντίων ἐπιβαλομένων λ̣έμβοις τε καὶ ἄλλοις
πλοίοις καὶ πλήοσιν ἐπί τε τὰν πόλιν καὶ τὰν χώραν, ψαφιζόμενος περί τε τῶν
ἄλλων τῶν διατεινόντων ποτὶ τὰν κοινὰν ἀσ-
φάλειάν τε καὶ σωτηρίαν καὶ περὶ τᾶς κατὰ γράμμα πάλιν ἐσσευμένας φυλακᾶς ἀπέλυσε τὸς δαμότας τᾶς κατὰ πόλιν φυλακᾶς νομίζων δεῖν μένοντας ἐπὶ τῶν ἰδίων τόπων συνδιατηρῆσαι τὰ φρούρια. Le terme topos pourrait peut-être laisser indiquer qu’il y a une échelle encore plus fine ou une subdivision du territoire militaire, comme les toparchies égyptiennes. - Ibid, (l.26-28) : ἐμβολᾶν τε γινομενᾶν ἐς τὰν χώραν συνγράφων περὶ προφυλακᾶς ἱππέων τε καὶ πεζῶν προενοιήθη καὶ τᾶς Ἁλασαρνιτᾶν ἀσφαλείας.
- IG XII 4, 98, l. 6-8 ἔν τε τοῖς πολέμοις ποτὶ τὸ δια[φυ]λάσσ̣ε̣[ι]ν τὸ περιπόλιον καὶ τὸς κατοικεῦ<ν>τας τὰν χώραμ τὰ ἄρισ[τα] βουλευόμενος καὶ ἑαυτὸν ἐπιδιδοὺς ἐς πάντα <κ>ίνδυνον ὑπὲρ τούτ[ου] ; l.28-30 : οὗ παραγενομένου κατὰ τὰν πρόνοιαν φιλοτί[μως συνέβα τὸν] τόπον μὴ προκαταλαμφθῆμεν τός τε ἐνβαλόντας [ἀποχωρῆσαι μη]θὲν ἐπιτ[ε]λεσαμένους ἀδίκημα κατὰ χώρας.
- IG XII 4, 356, l. 3-4.
- IG XII 4, 152, l. 16. Le décret renouvelle l’homopolitie, après un premier échec. Le texte est daté de la fin du IIIe s. a.C. : sur la datation plus précise, voir Herzog 1942, 5-8 ; Sherwin-White 1978, 124-130 ; Baker 1991, 11-12 ; Habicht 2000, 312 ; Bosnakis-Hallof 2005, 242 ; Habicht 2007, 140-141.
- Jones 1987, 236.
- IG XII 4, 152.
- Ibid, l26-27 : οὐδὲ τὰγ Κώιαν ἐλάσσω γινομέναν περιοψεῦμαι, ἀλλ᾿ αὐξήσω κατὰ δύναμιν τὰν αὑτοῦ.
- Mack 2013.
- Voir Badoud 2011, 557-560 et 563-560. Un στραταγος ἐν τῶι πέραν : I. Pérée 3, de 200-176 a.C. ; SEG 41-661, Rhodes, c. 193-235 p.C. ; I.Pérée 133 = I.Peraia 161, Thyssanous, 210 p.C. Il y a la même distinction chez les hagemones, entre un ἁγεμόνα ἄμισθον ἐπὶ τᾶς χώρας τᾶς ἐν τᾶι νάσωι (Clara Rhodos II, 1932, 190, n° 19, l.14) et des hagemones pour la Pérée : ἁγεμὼν ἐπὶ Ἀπείρου καὶ Φύσκου καὶ Χερσονάσου καὶ Σύμας : I.Pérée 23 = I.Peraia 507 (Physkos, 101/100 a.C.).
- IG XII 4, 4022.
- Dans un document du IIe s. p.C. (IG XII 4, 544), des sakkophoroi de Calymna (οἱ σακκοφόροι οἱ ἀπὸ τῆς Καλυμνίας) font une dédicace à Zeus Hypstistos, Héra Ourania, Poséidon Asphaleios, Apollon et à tous les autres dieux pour la cité des Coéens (ὑπὲρ τῆς Κώιων πόλεως). Il est difficile de savoir si Calymna, à cette époque, appartenait toujours à la cité de Cos ou non, mais il est possible que cette inscription soit à interpréter comme la volonté d’une association religieuse provenant de Calymna de faire une dédicace en pour le salut de leur propre cité, Cos, indiquant par-là que Calymna est toujours un territoire de Cos.