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Présentation du Livre rouge

Description physique du manuscrit

Le manuscrit original a fait l’objet d’une opération de restauration dès l’année 2003 par les soins de la “Reliure du Limousin”, dont les différentes étapes ont été photographiées. Malheureusement, le cahier des charges ne prévoyait pas de travail d’analyse poussée sur la structure du manuscrit. Cette restauration a essentiellement consisté à remplacer les ais de bois fragilisés, à reprendre la reliure et la couverture ainsi qu’à démonter, remonter et restaurer les deux premiers cahiers et les trois derniers. Le repositionnement d’un feuillet déplacé en fin de volume a entraîné une nouvelle perturbation.

Reliure (pl. 1-2)

Le “Livre rouge” d’Aire est un manuscrit de type codex et présente une couverture de peau brune sur ais de bois. Il ne s’agit pas de celle d’origine ; elle serait plutôt des XVIe-XVIIe siècles, d’après le type de mors. Elle a aujourd’hui perdu la coloration rouge qui lui a certainement donné son nom. Les ais de bois originaux, vermoulus et déstructurés, ont été remplacés lors de l’opération de restauration de 2003, mais conservés à part.

Chaque plat actuel mesure 275 mm de haut et 180 mm de large. Le dos porte un titre manuscrit en majuscules : “LIVRE ROUGE” (pl. 1). La couverture conserve des traces d’écriture portant des mentions de classement ancien : “A”, “liasse”, “Livre rouge”. On observe un reste de fermoir en laiton, grossièrement gravé, clouté sur l’ais de la couverture supérieure. La reliure présente deux nerfs.

Les contre-gardes sont constituées :

  • pour la supérieure, d’un feuillet collé, avec notations manuscrites postérieures, constituant à l’origine le premier feuillet du premier cahier ;
  • pour l’inférieure, d’un feuillet collé, avec notations manuscrites postérieures et dessins de têtes, constituant à l’origine le dernier feuillet du dernier cahier.

Support

Le livre rouge comprend 130 feuillets de parchemin de bonne qualité générale. Seul le feuillet 64 présente sur le côté droit une importante déchirure antérieure à son utilisation par le copiste, qui a dû s’adapter à cette anomalie. Trois autres feuillets présentent de légères irrégularités d’origine hors cadre d’écriture : le f. 1 sur le côté droit, le f. 32 sur le côté droit, le f. 72 en partie basse et le f. 121 (ex-85) dans la partie basse.

Leurs dimensions sont relativement identiques, avec une hauteur de 260 mm et une largeur de 170 mm. Seul le folio 4 est plus court en largeur (160 mm).

Le nombre de lignes n’est pas fixe et les textes à pleine page (186) comptent de 27 à 31 lignes, la grande majorité (75 %) étant cependant composée de 29.

Nombre de lignesNombre de pages
275
289
29141
3020
3111

Il semble que dans son état originel, le recueil comportait 11 feuillets blancs :

  • les deux feuillets de liaison en 2e et 3e de couverture, collés sur les ais ;
  • les deux feuillets initiaux, non numérotés, sur lesquels a été noté le sommaire ;
  • le troisième feuillet, non numéroté, sur lequel a été transcrit un acte de 1359 ;
  • le folio 25 ;
  • l’ancien feuillet 85, renuméroté 121 et placé en fin de volume ;
  • l’ancien feuillet 86, renuméroté 122 et placé en fin de volume ;
  • l’ancien feuillet 123 ;
  • les feuillets 124 et 125 sur lesquels a été transcrit un acte de 1501.

En outre plusieurs recto ou verso de feuillets étaient également vierges à l’origine :

  • 4 verso, resté vierge ;
  • 24 verso, resté vierge ;
  • 58 verso, sur lequel Larcher a cousu un acte en papier de 1443 et l’a fait transcrire ;
  • 62 verso, resté vierge ;
  • 64 verso, resté vierge ;
  • 66 recto, resté vierge ;
  • 67 verso, resté vierge ;
  • 70 verso, sur lequel une analyse d’acte postérieure a été notée ;
  • 72 verso, resté vierge ;
  • 73 verso, resté vierge ;
  • 84 verso, resté vierge ;
  • 120 verso, sur lequel a été transcrit un acte postérieur.

Assemblage : foliotation et cahiers

Le manuscrit se compose de 130 feuillets, dont 125 numérotés en chiffres romains de I à CXXV. Les anciens feuillets numérotés LXXXV et LXXXVI, qui étaient blancs, ont été découpés et positionnés en fin de volume aux numéros CXXI (85) et CXXII (86). À la suite de cette opération, la foliotation a été corrigée à partir de l’ancien folio 87 qui devient le nouveau 85. La foliotation ancienne du reste du recueil a été alors systématiquement raturée et remplacée par une nouvelle, décalant ainsi l’originale de 2 numéros. L’acte (39) aurait dû se continuer sur le folio CXXIII, qui s’est trouvé rejeté en dernier feuillet après le CXXV avec le verso mis au recto (du moins avant restauration) et qui est resté blanc.

En outre, une autre perturbation est due à l’interversion de deux feuillets (40 et 41), signalée par des indications postérieures : une mention en bas du folio 39v renvoie en haut du folio 41, ainsi qu’une autre au bas du feuillet 41v, renvoie en haut du feuillet 40. Cette erreur a été commise par le copiste dès la transcription originelle, la foliotation ne la prenant pas en compte.

Au verso du feuillet 58, l’érudit Jean-Baptiste Larcher a transcrit le 30 mai 1733 un acte de 1443 dont l’original sur papier est cousu sur le feuillet de parchemin. Au folio 125v, se trouve un seing manuel ainsi que deux sceaux en placard à la fin d’un acte de 1501 transcrit postérieurement à l’original.

L’organisation interne du Livre rouge n’est pas simple à saisir en raison d’une part de l’absence de plusieurs réclames et, d’autre part, de l’opération de restauration de 2003 qui n’a pas fourni de données précises en la matière, sauf à déterminer, mais sans donner de détails, que le manuscrit se composait de 18 cahiers.

Si l’on suit cette observation, voici le tableau des cahiers tel qu’on peut l’établir à partir, d’une part des réclames existantes et, d’autre part, de la présence ou de l’absence d’éléments décoratifs (initiales filigranées : if ; initiales nues : in) propres à chaque ensemble.

FeuilletsFoliotationNb de bifeuillets cahier irrégulier en italiqueRéclamesDécoration
11-4plat + 3sn42vin
25-61-222vin
37-83-42 in
49-165-12412vif
517-2413-20420vif
625-3221-28428vin
733-4029-36436vin
841-4837-44444vin
949-5645-52452vif
1057-6453-604 if
1165-7261-68468vin
1273-8069-764 in
1381-8877-844 in
1489-98121 [85], 122 [86], déplacés au cahier 18 85 (87)-92 (94)592v [94v]in
1599-10693 (95)-100 (102)4100v [102v]if
16107-114101 (103)-108 (110)4108v [110v]if
17115-122109 (111)-116 (118)4116v [118v]in
18123-130117 (119)-125 + platirrégulier de  10 feuillets in

Le Livre rouge est donc constitué de 18 cahiers : – 2 de deux feuillets (binion) ; – 14 de 4 bifeuillets (quaternions), – 1 de originellement 5 bifeuillets (quinion) et un dernier qui est irrégulier et de structure indéterminée.

Il s’agit d’un cahier de 10 folios dont on ne peut déterminer le montage et encore moins la chronologie de ce dernier, en l’absence de talons visibles et d’indications précises lors de la restauration :

  • les six premiers avec une foliotation corrigée et assemblés en respectant la règle de Grégory. Quatre font suite directement au cahier 17, les cinquième et sixième montés après ont été détachés du cahier 14.
  • Les trois suivants avec seulement la seconde foliotation. Les 7e et 8e sont peut-être d’un parchemin différent, plus fin. Le 9e numéroté 123 et porteur d’une linéation semblable à celle des folios 124-125 a été monté ici, le recto mis au verso, avant la restauration qui l’a placé après le folio 122. Il était peut-être destiné à la copie de la fin de (39).
  • Dernier feuillet non folioté.

12 réclames sont présentes aux feuillets 2v, 12v, 20v, 28v, 36v, 44v, 52v, 68v, 92v, 100v, 108v, 116v. Il est à noter que la réclame en bas du folio 2v renvoie au début du texte de l’acte et non au titre rubriqué.

En outre des signes apparaissent en bas de certains feuillets (2, 3, 6, 6v, 7, 10, 11, 12, 13, 15, 17, 19, 20, 21, 22, 31), sans qu’il soit possible d’en déterminer le sens.

Description paléographique

Le Livre rouge de première main

Écriture

L’ensemble originel du Livre rouge est écrit en libraria textualis gothique très régulière. L’analyse paléographique fait apparaître qu’un seul copiste est intervenu dans ce manuscrit. Comme dans la plupart des documents religieux médiévaux, les textes comportent de très nombreuses abréviations. Le scribe du Livre rouge se caractérise par l’usage fréquent d’un tilde en forme d’un “a” ouvert qui recouvre différentes significations (pl. 6).

Il y a très peu de traces de réglure à la pointe sèche (folios 24, 25v, 26, 40, 40v, 81, 99, 123, 126). En revanche, la très grande majorité des feuillets comportent des piqûres marginales pour le tracé de la linéation, sauf les feuillets concernant le pouillé du diocèse (59 à 84), dans lesquels, sur les folios 74 à 84, de nombreux sauts de ligne séparent les articles.

Ajout d’un sommaire

Le sommaire qui occupe les 2 premiers feuillets, réalisé en écriture cursive du XIVe siècle, semble avoir été établi très tôt après la confection du Livre rouge (pl. 3). Il ne prend notamment pas en compte l’acte de 1359 copié sur un feuillet non folioté au début du manuscrit (pl. 4). Le scribe de ce sommaire a également réalisé la foliotation originelle du manuscrit, une autre main postérieure ayant porté la nouvelle foliotation après le déplacement des folios 85 et 86 en fin de volume.

Il est à noter que ce sommaire ne mentionne pas les folios consacrés au pouillé du diocèse (folios 59 à 85), ni les actes (34) de 1141 (fondation de Mont-de-Marsan) et (38) (composition de 1331), ce qui laisserait à penser que ces deux actes ont été transcrits par le même copiste que le reste de l’ensemble du Livre rouge, mais très peu de temps après celui-ci, les feuillets portant la foliotation d’origine (respectivement 117 et 85) et sa correction (115 et 121).

Le folio 59, concernant les bénéfices payant la décime (16), a pu être transcrit sur ce feuillet précédant le pouillé de l’évêché, à l’origine blanc (pl. 9), en raison du manque de place à la fin de celui-ci, au folio 84. Le pouillé en lui-même devait originellement commencer par le feuillet 60, ce que confirme la rubrication importante de l’acte (17) et son initiale à l’origine réservée.

Mise en page

On peut relever plusieurs mises en page présentant des particularités. Ainsi, au folio 77 une grande réserve a été ménagée entre la fin de l’acte (19/3) en haut de page, et la rubrication et le début de l’acte (19/4) en partie basse. Les listes constitutives du pouillé sont également transcrites en laissant parfois des feuillets blancs sans logique apparente, comme aux f. 62v, 64v (peut-être ici en raison de la déchirure du parchemin), 67v, 70v (où un début de transcription postérieure a été inscrit), 72v, 73v, et surtout 66 (la liste suivante commençant au verso).

Plusieurs actes ont été particulièrement mis en valeur par un début de transcription avec rubrication en haut de page : 1, 3, 60, 68, 74, 75, 85, 115, 116v et 121.

Trois actes ont en outre vu leur importance renforcée par la décoration :

  • les statuts du synode d’Aire de 1299 (6) au f. 5 ;
  • les interdictions du légat Galon (8) au f. 26 ;
  • et les statuts du concile de Nogaro de 1303 (10) au f. 36 (pl. 6).

Les aléas de la copie

La fidélité du copiste de la main principale aux originaux est difficile à établir, ces derniers ayant tous disparu. On peut cependant dire qu’il a multiplié des erreurs dénotant un manque d’aisance en latin, allant jusqu’à des barbarismes comme honera (11/28) ou pire honora (36/4) pour onera ; l’embarras n’en est que plus grand avec les deux hapax figurant dans son texte : pharnascenses (34/1) et amnari (22). Ce dernier se comprend comme un dérivé du gascon amna (âme) et peut faire sens ; le premier reproduit par dom Du Buisson, dom Estiennot et Larcher sans la moindre explication jette en revanche dans l’embarras. Que le copiste du Liber rubeus ait été mis en difficulté par l’écriture très ancienne ou de la pancarte originale ou par celle d’un autre cartulaire, ou qu’il ait mal compris un passage dégradé, le mot ne correspond à rien de compréhensible et doit procéder d’une erreur de lecture et l’on reste ici sans réponse.

Deux erreurs importantes sont en outre à mentionner. Elles concernent la transcription de dates en chiffres romains et elles semblent relever d’une même logique. La première se situe au f. 23 (6/106) et concerne les statuts du synode d’Aire, datés de MoCCoXXoIXo. Dom Estiennot (1639-1699) a copié sur le Liber rubeus le seul paragraphe final des statuts synodaux d’Aire en développant le nom de l’évêque en Martinum sans s’interroger sur la date indiquée1. Elle a néanmoins suscité la perplexité des auteurs du premier volume de la Gallia christiana paru en 1715 ; ils ont établi une liste épiscopale sérieuse pour le diocèse d’Aire et savent bien qu’aucun Martin ne siège en 1229. Peut-être ont-ils vu directement le cartulaire épiscopal en plus de la note de dom Estiennot car ils l’appellent Liber Rubrus”, dénomination que ne donnait pas leur devancier ; ils relèvent que le nom de l’évêque n’était en fait indiqué que par une initiale. Ils pensent donc à une erreur de copie ayant transformé un “A” en “M” mais ne savent trop s’il faut penser à un Arnaud ou à un Auger (1224-1237)2. L’abbé Degert a repris la question dans son Histoire des évêques d’Aire sur la base et de la Gallia christiana et de la notice de dom Estiennot, à défaut du Liber rubeus alors disparu :

“L’évêque n’est pas d’ailleurs seulement désigné par la lettre initiale de son nom, comme ils semblent le croire, mais en toutes lettres par son nom de Martin ; et, comme nous le verrons, nous avons à la fin du XIIIe siècle un évêque de ce nom.”

Il remarque aussi non sans raison qu’en “général, nos constitutions synodales ne datent pas des premières années du XIIIe siècle, mais bien des dernières”3. La documentation disponible aujourd’hui montre un texte s’inspirant de nombreux autres livres synodaux des années 1234-1283 (6). Degert pense à une erreur de copiste et conclut que la date de 1229 (“M°CC°XX°IX°”) doit être corrigée en “M°CC°LXXXX°IX°”4.

La seconde erreur de date se trouve au f. 88v à la fin de l’acte transcrivant la renonciation à la dîme de Saint-Pierre de Lusson en faveur de l’évêque d’Aire (23). Le millésime de 1224 (“M°CC°XX°IIII°”) doit plutôt correspondre à celui de 1294 (“M°CC°LXXXX°IIII°”), l’absence dans les éléments de datation de la mention du roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, pouvant s’expliquer par la récupération française de ce territoire lors de la “guerre de Gascogne” entre 1294 et 1303.

Des ajouts en continu

Notes marginales et ajouts de textes

Outre une table ajoutée en même temps que la foliotation (pl. 3), des actes copiés intégralement vers 1350-1500 [(2), (37-40)] sont venus occuper les pages blanches du Liber rubeus (pl. 4) ; ils brouillent sa structure mais en respectent l’esprit car ils concernent l’évêché en tant que tel sans toucher aux droits seigneuriaux de l’évêque ; il n’est pas jusqu’au document cousu et transcrit par les soins d’un clerc de Larcher et Larcher lui-même (15) qui n’aille dans ce sens (pl. 8).

Le choix de modules plus petits

Pour faire tenir ces ajouts sur un espace limité, les copistes les ont écrits dans un module très réduit avec de petits jambages de 1,5 mm, soit moins de la moitié de la main principale. Le même parti a été adopté la plupart du temps pour les insertions marginales et interlinéaires, qu’il s’agisse de résumés d’actes ou de simples petites notes :

tei:head
f. 80r, (19/5)

La seule exception d’importance est l’acte final (40) : la fondation de la psallette s’étale solennellement des folios 124 à 126v dans une cursive calligraphiée dépassant 2 mm et surtout très aérée.

tei:head
f. 124r, (40)

On rencontre une cursive ronde aux tildes très fins dans la table, une seconde assez voisine dans (2) et dans la note résumée correspondante (19) mais de main probablement différente (cf. entre autres tracé du “d”), et une troisième dans (37).

tei:head
f. sn1v, (1/5)
tei:head
f. sn3r, (2)
tei:head
f. 80r, (19/5)

L’acte incomplet concernant les Bethléemites est écrit légèrement plus penché et dans une graphie un peu plus raide mais très voisine.

tei:head
f. 122r, (39)
Les types d’ajouts interlinéaires et marginaux

Une même main a annoté la marge, non pour préciser le contenu du Livre rouge mais pour noter des lacunes ou des reports concernant explicitement [(8/1), (38)] ou non [(14/1), (20 début), (36/1), (36/11)] un “autre livre”.

tei:head
f. 26r, (8/1)
tei:head
f. 56v, (14/1)

Il ne s’agit ni de la main qui a réajusté la foliotation à partir du folio 85 ni de celle (probablement des XVI-XVIIe siècles) qui a fait un renvoi là où des folios ont été intervertis.

tei:head
f. 41v, (11/14)
tei:head
f. 96
tei:head
f. 122

La main qui a décalé la foliotation à partir du folio 85 pourrait se situer dans une époque voisine mais elle a des tracés moins souples.

La plupart des autres ajouts interlinéaires ou marginaux faits de plusieurs dizaines de mains viennent compléter ou corriger les textes ; leurs auteurs et leurs contenus diffèrent nettement d’une partie à l’autre du Liber rubeus.

Les titres marginaux des statuts synodaux

Le volet liminaire (3) et la très longue section des statuts synodaux, légatins ou provinciaux (6-14) ont fait l’objet d’annotations marginales en latin. Il s’agit de titres permettant de se repérer dans un texte compact (pl. 5), ils peuvent être nettement postérieurs à la table et, à sa différence, ils ne procèdent pas de la rubrique du texte. Ils sont particulièrement nombreux en marge des statuts du diocèse (6). Jusqu’au folio 41v, il s’agit de phrases écrites soigneusement en pavé, souvent introduites par Nota (Noa ou noa), parfois par un crochet ; cette main ou ces mains ont pu intervenir aussi dans le pouillé où l’on repère des graphies de même type mais il est difficile d’identifier avec rigueur des interventions très courtes et souvent effacées.

tei:head
f. 5r, (6/1)
tei:head
f. 6r, (6/3)
tei:head
f. 10r, (6/22)
tei:head
f. 20v, (6/84)

À partir de 41v, les titres marginaux deviennent moins nombreux et de mains plus irrégulières.

Actualisation du pouillé et comptabilité

La partie pouillé (16-19) a fait l’objet de très nombreux ajouts interlinéaires et marginaux en latin, probablement entre le milieu du XIVe siècle et celui du XVe siècle, et ce, de très nombreuses mains : pour insérer une église, préciser le patronage (pl. 10), etc. L’une d’elles, une cursive droite et très arrondie a ajouté, en bas de page, à la fin de chaque archiprêtré (18-19), une summa, parfois avec une rectification (summa …falsa ; summa… vera) aux folios 68v, 69v, 70, 71v, 72r, 73r, 74v, 77r, 79, 80v, 81v, 82r. Elle est intervenue aussi ponctuellement pour un ajout interlinéaire.

tei:head
f. 73, (18/7)
tei:head
f. 71r, (18/5)

Une autre main a parfois ajouté en dessous une autre somme, hélas d’une encre très pâle et presque illisible (f. 74v, 77, 79, 80v, 81v, 84) :

tei:head
f. 80v, (19/5)

Et encore une troisième, ici sous la première, f. 68v, (18/2:

tei:head
f. 68v

Au folio 59v, à la fin de l’article sur les bénéfices soumis à la décime (16), on ne rencontre aucune de ces mains mais une quatrième qui intervient après 1357 (pl. 9).

tei:head
f. 59v, (16/9)

Probablement au début du XVe siècle, une autre cursive gothique a listé les Hospitaliers soumis à la décime, mais sans indication de somme (16/8).

Annotations modernes

Dans les marges

Devenue désuète à l’époque moderne, cette taxation n’a pas fait l’objet d’annotations en français de diverses mains ; en revanche, les articles (17-19) restaient toujours une référence pour la liste des bénéfices comme le montrent les copies de ces parties du Liber rubeus faites alors à l’évêché d’Aire. Ces notes marginales ajoutent sporadiquement des informations sur le détenteur d’un bénéfice ou indiquent le nom francisé des localités. On remarquera surtout les pavés écrits en marge de trois mains. L’un documente des litiges sur le patronage des églises (17), f. 32r, 66v, on la retrouve probablement au folio 95v en marge de (26), à propos de novales :

tei:head
f. 66v, (17/12)

Deux autres donnent des indications sur les églises.

  • au folio 60v :
tei:head
f. 60v, (17/2)
  • au folio 65v :
tei:head
f. 65v, (17/10)

Alors qu’à la fin de l’époque moderne, les statuts synodaux médiévaux et les décimes n’intéressent plus que les érudits, les pouillés et les précisions sur dîmes gardent une utilité pratique, la partie qui suit (folios 85-121) n’a fait l’objet que de rares annotations marginales en français, surtout pour indiquer quelle paroisse est concernée.

Les traces du passage de Jean-Baptiste Larcher à Aire

Fait exception l’acte (25) où à la fin on reconnaît facilement la main de Jean-Baptiste Larcher qui a corrigé et annoté l’acte (15) en 1733, avec un soin dénotant ses qualités de paléographe et d’érudit (pl. 8).

tei:head
tei:head
f. 59v, (15)
tei:head
f. 90, (25)

Quoique moins nettement reconnaissable, en marge de (31) au folio 14v, la correction d’une annotation marginale plus ancienne selon la première main du Liber rubeus pourrait être de lui.

tei:head
f. 104v, (31)

Le doute est permis avec une autre annotation, et la suivante ne semble pas de lui :

tei:head
f. 116, (34)
tei:head
f. 120v, (37)

Quoi qu’il en soit, Larcher a copié peut-être dès 1733 mais surtout ultérieurement plusieurs actes du Liber rubeus. On ne saurait dire à quel moment il en a annoté diverses pages ; toutefois, alors que sa notoriété (amenée à rester purement régionale) n’avait pas encore atteint des sommets mais qu’il s’était déjà taillé une avantageuse réputation de bon paléographe5, il s’est permis une intervention directe sur ce petit registre où plus tard sans doute il puise des dizaines de pages de ses Glanages.

Décoration

Tous les titres des actes sont rubriqués en rouge. Dans les statuts provinciaux de 1303 (10) et de 1326 (11), ces rubriques portent des références aux décrétales de Boniface VIII (pl. 7) qui se trouvent souvent décalées par erreur en fin d’article, à considérer leur contenu. Les lettres initiales sont alternativement colorées en bleu et rouge, de même que les pieds-de-mouche. Les lettres capitales sont parfois teintées de rouge.

Comme nous l’avons vu plus haut, certains cahiers n’ont pas fait l’objet de décoration des lettres initiales et ne comportent que de simples lettrines. Les autres présentent des initiales filigranées à motif réservé, aux f. 5, 7, 7v, 8, 10, 10v, 11, 11v, 12v, 13, 13v, 15v, 16v, 17, 17v, 18v, 20v, 21, 36, 45, 46, 46v, 47, 48, 48v, 49, 49v, 50, 50v, 51, 51v, 52, 52v, 53, 53v, 54, 54v, 55, 55v, 56, 56v, 57, 57v, 98, 102, 103. Les filigranes de ces initiales sont réalisés alternativement en rouge et en brun.

Trois de ces lettres sont des initiales puzzle de couleur rouge et bleue, aux f. 5 (“Q”), 26 (“I”) et 36 (“P”), (pl. 6) signifiant ainsi l’importance encore plus grande des actes dont la transcription suit.

tei:head
tei:head
tei:head
f. 5 (6), 26 (8), 36 (10). Lettres initiales puzzle.

L’enlumineur a laissé apparentes plusieurs des lettres d’identification que le copiste avait inscrites dans l’espace réservé pour l’initiale : “C” aux f. 23v, 30, 37v, 58 ; “D” et “L” au f. 34v ; “Q” aux f. 36, 37, 49v, 50v, 51, 52, 53v, 54, 54v ; “U” aux f. 38v, 42 ; “S” au f. 53v.

tei:head
tei:head
tei:head
f. 23v (7), 36 (10), 38v (11). Lettres d’identification pour l’enlumineur : C, Q et U.

On note également une originalité de composition à la dernière ligne du feuillet 98, où l’enlumineur a été contraint de tracer l’initiale “I” à l’horizontale.

tei:head
f. 98 (27)

Plusieurs manicules postérieures ont été dessinées en marge, aux f. 11, 14v, 15v, 19, 32, 43v, 51v, 55v, 89v, 113, 114v, 118v, 121v.

tei:head
f. 11
tei:head
f. 14v
tei:head
f. 43v

D’autres signes postérieurs, essentiellement des accolades, apparaissent également pour attirer l’attention sur des passages du texte, dont certains intègrent des représentations de têtes d’homme : f. 14 (figure humaine), 15, 16v (figure humaine tirant la langue), 18v (avec figure humaine), 19, 19v (dont 1 avec figure humaine), 23, 23v, 31, 33v, 39, 39v, 43v, 45, 47, 49 (avec graphisme), 50, 51v (avec figure humaine), 54, 55v ; plus récentes : 95v, 97, 101 (avec figure humaine), 112, 112v (avec figure humaine).

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f. 16v
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f. 18v
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f. 19v
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f. 51v
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f. f. 112v

Une moucheture en forme de trèfle est également dessinée aux f. 9v et 11.

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f. 9v
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f. 11v

Par-delà ce fourmillement d’annotations et l’ajout de plusieurs textes dont les dates s’échelonnent entre 1359 (2) et 1501 (40), reste très lisible un ensemble de première main, de facture soignée et, nous le verrons, d’une organisation fort claire, dont la datation (au moins approximative) ne soulève pas de difficultés

Datation du Livre rouge

Le corpus originel du Livre rouge recouvre une période allant de 1141 (34) au 13 juin 1335 (19/2).

Tableau chronologique des actes transcrits dans le Livre rouge

NB. Les actes qui ne sont pas de première main ont été portés en italique.

1141. – Transaction entre l’évêque d’Aire et l’abbé de Saint-Sever après la fondation de la ville de Mont-de-Marsan (34)f. 115-116
1149. – Sainte-Quitterie. P., abbé du monastère de Sainte-Quitterie d’Aire, s’engage à donner, à titre de cens annuel, à l’église Sainte-Marie d’Auch, dix livres de cire destinée à la confection du cierge pascal (5)f. 4
Vers 1215. – Interdictions prononcées par le légat Galon contre les prêtres entretenant des femmes de mauvaise vie ou ayant des pratiques simoniaques, et sur leurs vêtements (8)f. 26-26v
1228, 20 avril. – Union de l’abbaye du Mas d’Aire-sur-l’Adour à l’évêché d’Aire (4)f. 3-3v
1266. – Vente de la terre de Balazin à la commanderie de Saint-Antoine de Goloni (22)f. 87-87v
1275, 4 juillet. – Testament de Martin de la Loberie, archiprêtre de Mont-de-Marsan et official de la cour épiscopale d’Aire (35)f. 116v-117v
1276.Statuts du concile de Bourges (9)f. 26v-35v
1289, 10 juin. – Paréage entre Édouard Ier,roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine et l’évêque, le chapitre et le couvent de Sainte Quitterie d’Aire, pour Aire et le Mas-d’Aire (32)f. 111v-113v
1290. – Statuts du concile de la province d’Auch tenu à Nogaro (12)f. 53-55
1295, 4 mars. – Renonciation à la dîme de Saint-Pierre de Lusson en faveur de l’évêque d’Aire (23)f. 87v-88v
1299, 6 octobre. – Statuts du synode d’Aire-sur-l’Adour (6)f. 5-23
1300, 4 septembre. – Accord entre Martin, évêque d’Aire, et Seguin d’Estang, chevalier, sur la dîme de Saint-Hyppolyte de Badigos, dans le Marsan (20)f. 85-86
1300, 4 septembre. – Reconnaissance par Seguin, seigneur d’Estang, du quart de la dîme de Saint-Hippolyte de Badigos, dans le Marsan (21)f. 86-87
c. 1300-1330. – Excommunications diverses (7)f. 23v-24
1300. – Statuts du concile de la province d’Auch (10)f. 36-38v
1303, 2 décembre, 16 février 1305 n. s. et 8 décembre 1326. – Statuts des conciles provinciaux de Nogaro, Auch et Marciac (11)f. 38v-53
1303, 1315, 1326. – Extraits des constitutions des conciles de Nogaro et de Marciac de 1303, 1315 et 1326 (14)f. 56v-58
1304. – Statuts du concile de la province d’Auch (13)f. 55-56v
1306, mai. – Confirmation par Martin, évêque d’Aire, de l’élection d’un prieur de la commanderie du Sen, de l’ordre des Bethléemites (39)f. 122-122v
1310, 13 mai. – Accord entre l’évêque d’Aire et les religieux de l’ordre de Saint-Antoine de Vienne sur l’hôpital de Balazin et celui de Goloni (25)f. 90-95v
1329 n.s., 8 janvier. – Ordonnance de l’évêque d’Aire pour Pierre de Buros, feudataire, habitant de Renung (33)f. 114-114v
1330. Excommunications dont celle des meurtriers d’Anessans de Toujouse, prononcée par le concile provincial de Marciac (3)f. 1-2v
1330, 28 mars. – Accord entre l’évêque d’Aire et les religieux de Saint-Sever sur les dîmes et novales (26)f. 95v-98
1330, 23 septembre. Procès-verbal des exactions commises par Raymond Arnaud, dit le Bâtard de Béarn, et ses complices (30)f. 102v-104
1330, lundi 19 et mardi 20 novembre. – Accord entre l’évêque d’Aire et le chapitre de Saint-Girons sur les novales (27)f. 98-102
1331. Accensement des dîmes de Saint-Aubin au seigneur de Saint-Aubin (29)f. 102v
1331, 23 avril. – Concession par Garsie, évêque d’Aire, aux religieux de Pontaut, du patronage de l’église Saint-Pierre de Mant avec les dîmes ou revenus en provenant (38)f. 121-121v
1331, 15 juin. – Sentence de l’évêque d’Aire contre Raymond Arnaud de Béarn et ses complices (31)f. 104-111
1331, 10 septembre – Confirmation de l’évêque d’Aire sur les novales de la paroisse de Saint-Cricq (28)f. 102-102v
1332 n.s., 9 février. – Accord entre l’évêque d’Aire et les paroissiens d’Eyres-Moncube sur les novales de la paroisse (24)f. 89-90
s.d. [1332]. – Arbitrage de l’évêque de Condom sur le contentieux entre l’évêque d’Aire et les religieux de Saint-Jean de La Castelle (36)f. 118-120
[c. 1335] Pouillé du diocèse d’Aire et subsides dus à l’évêque d’Aire (16-19)f. 59-84
1359, 7 septembre. – Transaction entre les religieuses du couvent de Sainte-Claire de Mont-de-Marsan et l’évêque d’Aire-sur-l’Adour au sujet des terres et de la forêt de Lartigole (2)sn3
1443, 10 octobre. Hommage de Pierre Arnaud de Béarn, seigneur de Pujol et d’Estang, à l’évêque d’Aire [acte cousu dans le feuillet] (15)f. 58v
1501, 26 avril. – Création par Bernard, évêque d’Aire, d’un office de maître de psallette de l’église cathédrale (40)f. 124-125v

Un recueil composé vers 1335

Il est évident que ce recueil a été constitué sous l’épiscopat et à la demande de l’évêque Garsie du Fau (1327-1349), soucieux d’une part de reprendre en main son diocèse après les événements tragiques qui avaient coûté la vie à son éphémère prédécesseur en août 1327 et, d’autre part de consolider et même augmenter son assise spirituelle comme économique.

On peut cependant s’étonner de l’absence dans ce recueil d’un texte important pour l’évêché d’Aire : l’ordonnance de 1335 concernant l’obligation pour les chefs de famille, les curés et les vicaires de la visite à l’église d’Aire pour y porter les redevances en nature6. On pourrait y ajouter l’ordonnance de 1333 sur le subside caritatif7, celle de 1334 sur l’absolution d’un clerc8 et celle de la même année “contre les fermiers des fabriques9”, que Larcher dit pourtant avoir tirées du Livre rouge. Peut-être s’agissait-il de “l’autre livre” mentionné dans la marge au feuillet 121, et que Larcher compulsa lors de son travail aux archives de l’évêché et du chapitre le 24 juillet 175110. Le cas du projet de paréage d’Aire de 1331-1332, lui aussi absent du Livre rouge, s’avère moins significatif et sera abordé dans l’introduction historique.

D’après Degert11, la partie correspondant au pouillé aurait été rédigée entre 1331 et 1335. Il reprenait en cela l’étude de l’abbé Cazauran qui écrivait :

“Nous avons dit dans la première partie de ce travail que le Pouillé latin extrait du Livre Rouge d’Aire fut probablement rédigé au quatorzième siècle. C’est certainement qu’il fallait écrire, car un nouvel examen du texte conservé dans Larcher nous a fait découvrir la date précise de la composition de ce relevé latin des paroisses du diocèse d’Aire. On l’a lue à la page 111 [= p. 261] de notre étude : ‘Livre Rouge d’Aire’ fait en 1335.12

Cette dernière allégation reste mystérieuse, car Larcher, dans ses Glanages, ne donne à aucun moment une datation du pouillé, et, en outre, ne transcrit pas, certainement de manière involontaire, le texte où se trouve cette date. En fait, elle apparaît au feuillet 75 (19/2), au début de la liste des droits en nature perçus par l’évêque d’Aire dans les archiprêtrés de son diocèse. La rubrication de cette mention et son positionnement en début de feuillet indiquent clairement l’importance qu’elle revêtait. Elle constitue à tout le moins le terme a quo de la rédaction du Livre rouge, celui ad quem pouvant correspondre logiquement à la date du décès de l’évêque Garsie du Fau, le 18 avril 1349.

Conclusion : un long usage

Les nombreuses mentions marginales qui émaillent surtout les pouillés, taxes des procurations et subsides, indiquent le recours fréquent à ces outils par l’administration épiscopale quand elle met à jour ses listes. Si la plupart des mentions ne sont pas datées, trois exemples appuient la longévité de ces documents : au (19/5), le 30 septembre 1454, une division de l’arceut opérée entre Auger, Lubat et Johan de Bresquedieu ; au (17/4), une mention précisant que, par arrêt contradictoire au mois de mai 1668, le sieur de Casalis a perdu le patronat de la cure de cette paroisse (archiprêtré de Chalosse) ; enfin, dans le (19/5) “M. de Maniban” remplace Vital Amanieu de Bédeissan pour la dîme de Mauléon.

La très grande majorité des actes sont écrits en latin. Seuls deux sont en gascon : la vente de la terre de Balazin à la commanderie de Saint-Antoine de Goloni, daté de 1266 (22), et la renonciation à la dîme de Saint-Pierre de Lusson en faveur de l’évêque d’Aire de 1295 (23). Le copiste n’a pas trébuché sur les phrases en gascon, langue qui devait lui être plus familière que le latin. Les listes constitutives du pouillé de l’évêché et des différentes charges fiscales en dépendant comportent certains toponymes dans leur version gasconne (Sen Gor, Bahus Jusan, Baus Subiran, Pairos, Bordos, Mauries, Sorbedz, Lucsereinh, Lerm, Pimbo, etc.). Les annotations des XVII-XVIIIe siècles témoignent de la substitution du français au latin comme langue administrative, même en milieu ecclésiastique.

C’est donc pendant un siècle et demi que le Livre rouge a reçu compléments et annotations, ces dernières se concentrant sur les constitutions synodales (celles du diocèse, plus que celles de la province d’Auch) et sur le pouillé. Ces marques d’usage désignent le Livre rouge comme un document de référence mais d’accès restreint. D’un format modeste, il pouvait accompagner l’évêque et ses proches collaborateurs dans leurs déplacements. Sa reliure rouge le désignait aux regards si l’évêque le tenait en main dans un synode. À partir du début du XVIsiècle, il n’y avait plus de place pour y faire des ajouts ; devenu document d’archives plus qu’un outil administratif courant, il demeurait comme une mine de références soigneusement conservée, dont on tournait les pages avec précaution et ce jusqu’à la fin de l’Ancien régime, pour l’administration du diocèse du moins.

Notes

  1. BnF, ms. lat.12771, 417, passage correspondant à (6/106).
  2. Non minus nos torquet quod legimus in libro rubro, de synodalibus constitutionibus promulgatis in ecclesia S. Hippolyti (de Villeneuve de Marsan) die 6 Octobris anni 1229 per M. episcopum Adurensem ; utrum enim hic sit idem ac Augerius, vel Arnaldus, cujus nomen Amanuensis volens per priorem litteram A. significare, incaute scripserit M. aut alius prorsus sit ab illis episcopis, ignoramus, 2, 1155-1156. 
  3. Degert 1908, 65 n. 3.
  4. Degert 1908, 89. Dans la note 4, il mentionne la note d’Estiennot sur ces constitutions, qui reproduit la date de 1229, et déclare : “La date MCCXXIX est due sans doute à une erreur de copiste pour MCCLXXXXIX”.
  5. Il n’est encore en 1733 que secrétaire de la communauté de Vic-Bigorre, et ne devient archiviste des états de Béarn qu’en 1735, Samaran 1925, 242-244, Lafforgue 1960, 63-64, Friedrich 2013, 466, 469, 472, 476, 479-480, 482-483, 493, 495-498, 500-503.
  6. Degert 1908, 116.
  7. Larcher, 21, 235-236.
  8. Ibid., p. 21, 236.
  9. Ibid.
  10. Ibid., p. 21, 371.
  11. Degert 1908, 116 n. 1.
  12. Cazauran 1885, 277 n. 1
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Pessac
Chapitre de livre
EAN html : 9782356134615
ISBN html : 978-2-35613-461-5
ISBN pdf : 978-2-35613-462-2
Volume : 3
ISSN : 3040-309X
20 p.
Code CLIL : 3377; 3438;
licence CC by SA

Comment citer

Bordes, François, “Présentation du Livre rouge”, in : Bordes, François, Fritz, Jeanne-Marie, avec la collaboration de Lainé, Françoise, Liber rubeus de l’évêché d’Aire. La découverte d’un “trésor” médiéval disparu depuis la Révolution, Pessac, Ausonius éditions, collection Textes @quitains 3, 2026, 19-38 [URL] https://una-editions.fr/presentation-du-livre-rouge
Illustration de couverture • En quatrième, extrait du Livre rouge de l'évêché d'Aire, fol. 36 (cliché François Bordes, 2025).
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