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Un cartulaire épiscopal vers 1335 : plan, intertextualités, autorités

Depuis la table ronde de 1991 sur les cartulaires1, ces derniers et la “cartularisation” occupent une place de choix dans l’historiographie en France, mais en allant rarement au-delà de la fin du XIIIe siècle2. Notons aussi que les cartulaires épiscopaux sont un peu les parents pauvres d’un type d’édition qui se concentre surtout sur les très nombreux monuments laissés par des institutions monastiques. Le premier bilan dressé par Pierre Chastang sur ce nouveau champ de recherche, il y a une vingtaine d’années, attire l’attention sur “la part d’écriture irréductible à la copie” comme l’organisation du recueil, ou la logique institutionnelle qui le structure3.

Un cartulaire épiscopal tardif

Le Liber rubeus d’Aire a une structure thématique assez claire, du moins pour les parties écrites de première main :

  • excommunications dont celle des meurtriers de l’évêque Anissans de Toujouse ;
  • siège du diocèse : union à l’évêché d’Aire de l’abbaye Sainte-Quitterie du Mas qui était affiliée à l’église métropolitaine d’Auch ;
  • statuts synodaux, légatins et provinciaux ;
  • pouillé ;
  • droits divers de l’évêque dans le diocèse et sa cité, et punition des agresseurs de l’évêque dans son manoir du Plan.

À supposer que l’évêque d’Aire, son chapitre et le monastère Sainte-Quitterie aient conservé beaucoup de pièces rescapées des troubles de 1288, le Liber rubeus n’a rien transmis sur les origines de l’évêché, il ne retient du passé que des points saillants : union de l’évêché et de Sainte-Quitterie opérée par l’archevêque d’Auch mandé par le pape (4), lien de “filiation” entre ce monastère et Sainte-Marie d’Auch (5) qui redouble celui entre suffragant et archevêque ; différend avec l’abbaye de Saint-Sever consécutif à la création d’une nouvelle paroisse à Mont-de-Marsan (34). L’évêque d’Aire avait sûrement bien conservé quelques lettres apostoliques récentes, à commencer par les indulgences concernant la reconstruction de Sainte-Quitterie. Or elles n’ont pas été copiées dans le Liber rubeus, comme si elles étaient étrangères à son sujet : l’évêché, les normes s’appliquant aux fidèles comme au clergé diocésain pour cadrer ce dernier dans son comportement et son action pastorale et confortant les exemptions ecclésiastiques et le for d’Église ; le répertoire des églises du diocèse ; une série d’accords visant surtout les droits décimaux dont la plupart sont très récents même s’ils mettent fin à des litiges de longue date.

Le dessein général du recueil diffère profondément de ce que l’on trouve le plus souvent dans les cartulaires plus anciens : bulles pontificales, privilèges et dons accordés par des princes suivis de pièces concernant les possessions de l’institution ecclésiastique selon un ordre chronologique et/ou géographico-chronologique ; les aspects commémoratifs et mémoriels s’y combinent à la défense des droits ecclésiastiques et à celle des droits seigneuriaux de l’église concernée4. Or notre Liber rubeus dit peu de choses de la seigneurie épiscopale, en dehors du paréage de 1289 (32) et d’un autre acte (33), là où le Livre rouge de la cathédrale de Dax (XIe-XIIe siècles) nous renseigne davantage sur les possessions et sur les relations complexes entre les chanoines et la société gasconne et basque5. Pourtant ce cartulaire, compilé à la fin du XIIe siècle, précise déjà l’espace du diocèse à travers ses archidiaconés et ses limites, cela retrouve plus encore dans le cartulaire du chapitre de Bayonne qui date du milieu du XIVe siècle. Florian Mazel a remarqué que ces compilations témoignent “d’une nouvelle perception du diocèse” comme un “espace juridictionnel” découpé en circonscriptions selon une logique purement ecclésiastique6 ; avec le Livre rouge d’Aire, nous trouvons une véritable description du diocèse. Mais alors que les recueils dacquois et bayonnais concernent l’évêque et le chapitre ou le chapitre seul, le Livre rouge d’Aire est strictement épiscopal et véhicule des textes de nature disciplinaire et pastorale totalement absents des précédents.

Le Liber rubeus n’a rien non plus à voir avec la compilation monumentale de tous les titres, en suivant l’ordre des archives, conçue sous Pierre de Mornay pour son siège d’Auxerre une cinquantaine d’années plus tôt7. Les bribes du cartulaire épiscopal d’Agen vers 1300 copiées par Argenton8, suggèrent une vive préoccupation pour les dîmes mais rien de plus. Le seul document conservé d’un type assez voisin vient précisément de la même province ecclésiastique ; il s’agit du Livre rouge d’Auch postérieur d’un siècle mais reprenant des recueils antérieurs9 et présentant un plan plutôt confus après la première séquence de statuts synodaux suivie d’un pouillé10.

D’un Livre rouge l’autre : convergences des manuscrits et des textes dans la province d’Auch

L’épais Livre rouge d’Auch

Les différences matérielles entre les deux manuscrits sautent aux yeux ; elles tiennent tout à la fois à la différence de taille, de statut et de richesse entre les deux diocèses, et aussi à l’époque de réalisation. Le Livre d’Auch est de dimensions comparables à celui d’Aire (28 x 21 cm) mais nettement plus épais (6 cm)11. Il offre une abondante rubrique et une mise en page aérée de conception très différente de celle du Livre rouge d’Aire, surtout pour la partie des statuts synodaux, qui par conséquent n’a pratiquement pas nécessité l’ajout de titres en marge, sauf pour les passages les plus longs12. Ses lettrines sont encore plus abondantes et spectaculaires, à la mesure des moyens de l’archevêque.

Arch. dép. du Gers, G 19 f. 21v.
Arch. dép. du Gers, G 19 f. 21v.

Ce registre n’a pas reçu de table avant le XVIIIe siècle, et pourtant malgré la clarté de sa présentation, sa longueur (plus de 240 folios) en aurait nécessité une s’il avait été, au moins un temps, un outil d’administration diocésaine comme le Liber rubeus d’Aire : on devait plutôt le considérer comme un trésor de référence à ne pas altérer, à l’égal des volumes plus anciens qu’il avait remplacés : un liber catenatus de la curie métropolitaine et un livre conservé dans le trésor de la cathédrale13. On n’y a guère ajouté que quelques manicules plutôt discrètes. Ses listes de paroisses du XVe siècle n’ont pas, de même, fait l’objet de réajustements, alors que celles du Liber rubeus d’Aire ont été surchargées de marques comptables et d’ajouts parfois griffonnés. Nulle trace non plus dans le recueil auxitain d’annotations érudites du XVIIIe siècle, alors que ce registre était connu, entre autres, des auteurs de la Gallia et de Larcher14.

Les usages précautionneux qui avaient cours au siège métropolitain d’Auch étaient fort éloignés de ceux du petit siège d’Aire. Le Liber rubeus d’Aire nous renvoie en permanence à l’ignorance où nous sommes des archives de ce petit évêché dont il est l’unique monument médiéval.

Les Livres rouges d’Aire et d’Auch inviteraient à entreprendre une étude des cartulaires épiscopaux vers 1280-1500, notamment comme outils administratifs. La parenté structurelle de ces deux recueils soulève la question des échanges dans le cadre de la province. Vu la perte des manuscrits auxitains ayant précédé le Livre rouge du XVe siècle, et l’absence de documents comparables pour les autres diocèses, il s’agit d’une impasse si l’on aborde la question sous l’angle de l’analyse des cartulaires.

Les constitutions provinciales au prisme du Livre rouge d’Aire

Une autre approche est toutefois possible car les deux Livres rouges entretiennent des rapports étroits quant aux textes qu’ils transmettent. Cette intertextualité dans le cadre de la province englobe aussi le manuscrit dit de Dax conservé à la Bibliothèque nationale sous la cote Ms latin 154215, dont les 8 premiers folios contiennent des constitutions de la province d’Auch (1300-1315)16, et les folios 8 à 29, celles des synodes de Dax de 1283 à 134517. Ces textes ont été englobés dans le Corpus synodalium18, à la différence du synodal d’Aire, dont l’existence était connue mais le texte perdu19. Comme les évêques d’Aire et de Dax étaient des suffragants de l’archevêque d’Auch, ils devaient en principe publier les décrets provinciaux dans leurs synodes20, et ces textes de référence figurent donc très logiquement dans des recueils des deux diocèses, les seuls de la province d’Auch pour lesquels on conserve ce type de sources.

Si les synodes dacquois s’échelonnent sur plus de soixante ans, un seul est conservé pour Aire, qui devait paraître encore très suffisant au bout de presque quarante ans vers 1335 ; il était alors fréquent de s’appuyer sur les amples recueils synodaux du XIIIe siècle21. Le synodal d’Auch présente une configuration différente car il semble constitué par agrégation de canons s’échelonnant entre la parution du Sexte (1298) et le concile de Lavaur (1368)22.

L’ensemble des constitutions provinciales dans les trois manuscrits considérés soulève de nombreuses questions de chronologie, d’abord parce que les auteurs de ces compilations ne s’en souciaient pas en priorité mais se préoccupaient surtout de défense de l’Église et de discipline ecclésiastique. L’abbé Duffour constatait que “ces constitutions furent de bonne heure mêlées et confondues”23. Le Liber rubeus d’Aire n’échappe pas à cette tendance : à la suite des canons provinciaux habituellement datés de 1300 (10), il enchaîne avec ceux de 1303 mêlés à ceux de 1326 (11) et, plus loin, donne des extraits de canons de 1303, 1315 et 1316 sans indiquer leur date ni marquer la transition par une rubrique (14), puis termine la séquence par une approbation globale de statuts synodaux ou provinciaux antérieurs. Pas plus que les recueils d’Auch ou de Dax, il ne range les textes par ordre chronologique.

De surcroît, plane depuis longtemps une grande incertitude sur les jalons de cette chronologie embrouillée ; les abbés Degert24 et Duffour25 et plus récemment Philippe-Joseph Jacquin26 se sont efforcés de la mettre au clair sans conclusions tranchées. Notre Liber rubeus peut-il apporter un début de clarification ? La compilation des statuts provinciaux dans le manuscrit de Dax pourrait être de la fin du XIVe siècle et certainement postérieure à 134527 ; celle du Livre rouge d’Auch a été achevée entre 1446 et 1453 sur la base de deux recensions officielles plus anciennes dont un Liber catenatus accessible au siège de la curie métropolitaine28. Le Liber rubeus d’Aire, antérieur, apporte un élément nouveau sur le concile provincial soulevant le plus d’interrogations, celui de 130029 : il n’en fait tout simplement pas état mais rapporte celui de 1303 (11/70). Cela mettrait un point final à un long débat : somme toute il n’y aurait jamais eu de concile de la province d’Auch en 1300. Des remarques de Philippe-Joseph Jacquin appellent toutefois des vues plus nuancées. Les canons de ce synode provincial fantôme figurent en tête des recueils d’Auch et de Dax, sous la date de 1300, en titre pour le premier, tandis que le titre du second ne comporte pas de millésime mais que les articles se terminent par sub anno Domini M CCC III. Enfin, la table placée en tête du Livre rouge d’Auch à l’époque moderne indique :

“Autre concile assemblé par le même en 1300 et publié à Nogaro en 1303”.

Et l’auteur de conclure :

“Si en 1300 est repris le travail de 1290 et qu’en 1303, ce sont les actes de 1300 qui sont publiés, nous comprendrons mieux la logique de la disposition de cet ensemble textuel30.”

Sans doute faudrait-il reprendre sur le plan de la tradition textuelle le dossier de ces statuts provinciaux en incluant l’apport du Liber rubeus d’Aire.

Le concile tenu à Marciac en 1330 qui avait excommunié les meurtriers d’Anissans de Toujouse (3) ne prend pas place parmi les conciles provinciaux. La récente étude des conciles de la province ecclésiastique d’Auch déboucherait sur l’idée que l’assemblée de 1330 aurait repris aussi les constitutions de 131531.

Quoi qu’il en soit, Garsie du Fau a fait placer ce qui concerne la mort de son prédécesseur, assassiné en 132732, dans la pièce liminaire du recueil de première main. Le texte se réfère au concile mais sans reprendre la liste des participants ni la date, en le faisant suivre de l’excommunication des agresseurs d’un archidiacre et en enchâssant le tout dans une série d’excommunications : ainsi les dix premiers alinéas et les quatre derniers donnent-ils une portée générale à l’excommunication pour des attentats particuliers (3/11-14) et font-ils de ce premier ensemble une sorte de manifeste pour la défense de l’Église. Cela présente aussi l’avantage d’extraire des conciles provinciaux une affaire dramatique étrangère à la routine très homogène de statuts traitant de pastorale sacramentelle, d’empêchements canoniques divers et de discipline ecclésiastique en termes généraux sans connotation événementielle. Par ce subtil aménagement de plan, Garsie du Fau ou celui de ses clercs qui a conçu le Liber rubeus ont distingué deux registres dans l’affirmation des normes ecclésiales : une monition solennelle, et un exposé méthodique des détails.

Le synodal d’Aire du temps de l’évêque Martin (6)

Avant les constitutions provinciales, le Livre rouge transmet des statuts synodaux diocésains, les seuls connus pour Aire au Moyen Âge ; avant la redécouverte du Livre rouge, ils étaient perdus car dom Estiennot s’était contenté essentiellement de les signaler, ce qui illustre le peu de cas dont les érudits de son temps faisaient de ce genre de textes33. D’autres synodes se sont certainement tenus 34mais leurs statuts, s’il y en a eu, n’ont pas laissé de traces. Comme nous l’avons vu, il date bel et bien de l’épiscopat de Martin et doit se situer en 1299.

Le synode se déroule dans l’église Saint-Hippolyte de Villeneuve (pl. 36-37) en 1299 alors qu’il aurait normalement dû se tenir dans la cathédrale d’Aire. En raison de l’incendie de 1288, l’édifice ne pouvait accueillir l’assemblée des clercs (entre 200 et 250 au plus). L’évêque a donc cherché un autre lieu qui ne pouvait être ni une église abbatiale (celle de Saint-Sever aurait largement convenu mais il n’était pas question d’utiliser l’église d’une abbaye avec laquelle l’évêque avait eu des démêlés), ni l’église de la Madeleine à Mont-de-Marsan, siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Sever. L’église Saint-Hippolyte de Villeneuve, assez vaste et très proche de la résidence épiscopale du Plan, représentait la meilleure solution.

Les sources du synodal d’Aire : la province d’Auch et au-delà

Dès les premiers siècles de la chrétienté, le synode diocésain trouve ses racines dans l’assemblée des prêtres autour de l’évêque. La multiplication des paroisses a augmenté leur nombre et la réforme grégorienne et ses suites ont donné ou redonné une importance nouvelle à cette assemblée appelée à se réunir régulièrement. Le IVe Concile de Latran met en ordre les voies de la transmission des dispositions disciplinaires et pastorales : conciles œcuméniques, conciles provinciaux, puis synodes diocésains. Ces derniers constituaient la “pierre angulaire” de la formation des prêtres qui devaient, par leur exemplarité, assurer un meilleur encadrement de la société sur le plan moral et religieux. Le canon 6 de ce concile demande aux évêques de réunir cette assemblée chaque année, afin de faire connaître et exécuter les mesures de réforme35. C’est désormais au synode, échelon diocésain de contact entre le clergé local et les conciles, que revient la tâche de diffusion des décisions prises aux niveaux supérieurs dans les domaines de la correction des abus, de la réforme des mœurs du clergé. Ce qui explique le foisonnement des statuts synodaux dans les diocèses d’Europe occidentale au cours du XIIIe siècle. Depuis le Concile de Nicée de 325, les évêques devaient tenir deux synodes par an, obligation renouvelée par le 6e canon de Latran IV, pratique qui ne fut pas suivie uniformément dans tous les diocèses36. À Auch, l’archevêque réunissait deux synodes annuellement pour la province ecclésiastique. Peu donnaient lieu à une constitution nouvelle ou à des statuts.

L’évêque d’Aire a peut-être reformulé une compilation antérieure mais il a surtout emprunté à des statuts synodaux, principalement d’autres diocèses méridionaux, tels ceux de Bordeaux en 1234 (dont il reprend la préface), de Nîmes (1252)37, et de Dax (1283) ; en revanche, on ne saurait dire s’il s’est servi ponctuellement de statuts synodaux d’Auch ou si l’influence a été en sens inverse, car le recueil synodal de ce diocèse n’est pas précisément daté et comporte des éléments d’ancienneté diverse. Le parallélisme avec les constitutions de Nicosie en 1298 est cohérent avec la date de 1299 mais suppose une diffusion rapide de ces textes par des clercs méridionaux ou une source commune. Il s’agit là du processus ordinaire d’intertextualité qui a fait circuler pendant des décennies au cours du XIIIe siècle les apports des différents grands recueils synodaux entre diocèses et provinces38. L’édition signale systématiquement ces emprunts à divers modèles textuels. Les cas épiscopaux donnent un bon exemple de ce processus d’emprunts et d’ajouts, la première liste (6/14) ajoute les cas pontificaux à un article provenant du synode bordelais de 1234 par l’intermédiaire de celui de Dax ; ce dernier fournit une seconde liste plus détaillée (6/22) qui a été interpolée sans réajuster le plan. Apparemment, l’ensemble de ce recueil paraissait toujours satisfaisant et suffisant au fil des ans et les successeurs de Martin n’ont jugé utile ni de le remplacer ni de l’actualiser et dans bien d’autres diocèses on s’est aussi contenté de faire fond sur une ample compilation du XIIIe siècle39.

Les principales sources du synodal d’Aire.
Les principales sources du synodal d’Aire.

Organisation et caractère du recueil

Le synodal de 1299 suit globalement l’organisation des textes dont il s’inspire avec un premier volet sur les sacrements et les modalités pratiques de leur administration (baptême, confirmation, pénitence, eucharistie) – (canons 1 à 8) –. À la différence des statuts de Dax, le mariage ne suit pas les quatre premiers sacrements mais figure plus loin aux canons (6/68-73, 95) dans un second volet, consacré à l’institution ecclésiale et à ses ministres qui commence à (6/42) De alienatione rerum ecclesiasticorum.

L’Église n’a déterminé que tardivement le nombre de sacrements qui est fixé à sept en 1274 (soit à peine vingt-cinq ans avant le synode de Villeneuve) lors du second concile général de Lyon : baptême, eucharistie, confirmation, pénitence, ordination, mariage, extrême-onction. Les statuts synodaux postérieurs à cette date ont pour objet de définir les conditions de l’administration de ces sacrements par les prêtres, l’ordination étant donc laissée de côté. Ceci explique sans doute le souci pédagogique qui transparaît dans les canons qui leur sont consacrés vis-à-vis des prêtres chargés de leur administration (6/2-4).

La deuxième partie (6/42-95) fait une large place à la bonne tenue des clercs, à la défense du privilège de for et de la non-taxation des ecclésiastiques, au respect de l’obligation décimale, à l’interdit, à l’excommunication, etc. Le seul aspect relativement original tient à la série de canons disciplinaires concernant les réguliers, placés à la fin (6/96-103), juste avant deux articles sur le parjure.

L’ordonnance suit ici, dans ses grandes lignes, celle du synodal de Nîmes de 1252 (non-aliénation des biens d’Église, vie et honnêteté des clercs, testaments, sépultures, dîmes, mariages, excommunications et interdits)40 ; toutefois, entre les deux derniers thèmes s’intercale à Aire une longue séquence sur l’immunité ecclésiastique, la défense du privilège de for, les citations, le dimanche, l’usure (6/74-88). Après les articles sur l’excommunication (6/89-94), on revient au mariage (6/95), et suit un ensemble relativement original sur la discipline des réguliers (6/95-103) pour finir sur le parjure qui se trouvait aussi à la fin de la seconde partie du synodal de Nîmes avant les “chapitres sans titre spécial”41.

Les séquences (6/74-88) et (6/95-103) montrent qu’il fallait faire place aux soucis du temps. Le pape Boniface VIII peinait à défendre les libertés ecclésiastiques et l’exemption fiscale du clergé contre les assauts notamment de Philippe IV : la bulle Clericis laicos en 1296 s’était opposée à une importante taxation du clergé sans son aval, mais il dut faire machine arrière moins d’un an plus tard. L’insertion de ces canons répond à la situation difficile de l’épiscopat mais la clarté du dessin d’ensemble en a quelque peu pâti.

Le synodal d’Aire n’a pas l’ampleur de celui de Nîmes auquel il fait de larges emprunts, il ne raffine pas sur les détails juridiques pour en rester à des vues simples et accessibles au clergé paroissial. Comparé à des textes de la fin du XIIIe siècle, comme, par exemple le synodal de Rodez ou celui de Mende, qui ont la même organisation d’ensemble, celui d’Aire paraît tout aussi succinct et, dans la première partie consacrée aux sacrements (où le mariage a pris place), il ne contient pas de considérations théologiques liminaires pour chaque sacrement et rien qui dénote un penchant aux distinctiones scolaires. On garde l’impression d’un recueil qui se veut pratique et préfère dire qu’il faut laver régulièrement les linges liturgiques ou en quels métaux peuvent être les calices plutôt que de s’aventurer dans les subtilités de la parenté spirituelle42 ou à faire la classification des sacrements43. L’évêque aussi vise à la fois la réforme des mœurs des clercs, l’amélioration de leur formation et un meilleur encadrement des laïcs44. Nous ne saurions dire en quoi les archiprêtres étaient déjà un relais efficace de l’ordinaire dans cette mission. La présence, dans le Liber rubeus, des sanctions prononcées par le légat Galon vers 121545 contre les prêtres concubinaires, simoniaques ou arborant des vêtements voyants, ne signifie pas que le clergé aturin ait pu se montrer pire que les autres, mais surtout dénote le souci de l’évêque de moraliser la société dans le diocèse (8), en commençant par le clergé.

L’évêque législateur : de Martin à Garsie du Fau, ordre des références canoniques dans le Livre rouge

La convergence de ces dispositions tant pontificales que synodales va de pair avec un plan mettant le synodal du diocèse en tête de la partie canonique (6). Ce texte s’orne (f. 5) d’une belle lettrine qui était presque aussi spectaculaire que celle des constitutions provinciales (f. 36) avant que ses ornements de filets rouges ne pâlissent. Elle signale l’ensemble comme une référence essentielle. Suivent des dispositions spécifiques au diocèse (7), les canons dus à des légats pontificaux (8-9) et, enfin les canons provinciaux (10-14). Cette architecture diffère de celle du Livre Rouge d’Auch et du manuscrit de Dax qui placent en premier les statuts provinciaux. D’autre part, aucun de ces deux recueils ne comporte les canons du concile légatin de Bourges cité dans le Liber rubeus d’Aire comme transmis par un vidimus fait à Poitiers en 1277. Si cette copie était dès le départ destinée à l’évêque d’Aire, son petit diocèse aurait donc reçu très rapidement et assez directement les constitutions de Lyon via le concile de Bourges en 1276, et non par le biais de conciles de la province d’Auch vers 1290-132646. Les décisions de ce concile légatin ont été rapidement diffusées mais les livres synodaux ne les reprennent généralement qu’en partie, comme à Arras, ou sous la forme résumée d’une liste de cas d’excommunication comme à Saintes ou Poitiers47. Le Liber rubeus d’Aire fait clairement exception. Là encore, l’intention est claire, rapportée au contexte : affirmer et défendre les droits de l’institution ecclésiastique, tout en ayant au préalable énoncé les obligations inhérentes à la vie cléricale d’après les statuts du légat Galon. Le corpus synodal d’Aire est le produit de la collégialité provinciale mais aussi de la réflexion autonome de Garsie du Fau qui l’a fait organiser, tout comme le livre synodal propre à ce diocèse montre aussi que son prédécesseur Martin avait su s’inspirer de textes de référence extérieurs à la province, tout en accordant la plus grande importance aux synodes provinciaux.

La diffusion des canons provinciaux d’Auch, dans les diocèses suffragants au moins d’Aire, de Bayonne et de Dax, fût-ce par un processus de réappropriation plus que d’une simple copie comme on l’aurait fait avec des décrétales, fait envisager la province d’Auch du temps d’Amanieu II d’Armagnac et de Guillaume de Flavacourt comme un cadre de collégialité48 active, qu’il s’agisse pour les prélats de mettre la main sur une partie de l’héritage des bénéficiers de leur diocèse (37), ou de façon moins terre à terre d’orchestrer la réception des éléments nouveaux du droit canonique (conciles de Lyon II et de Vienne, décrétales de Boniface VIII)49.

Là où, bien sûr, le synode provincial de 1290 (12) ne comporte pas de références aux décrétales de ce pape publiées en 1298, pas même à titre d’ajouts ultérieurs dans les compilations de l’église d’Auch, les statuts provinciaux de 1303 à 1326 (10-11), et (13-14) en fourmillent. On n’en trouve aucune dans les statuts synodaux de 1299 (6) et ce n’est pas seulement parce que le temps a manqué à Martin qui ne cite pas non plus les décrétales de Grégoire IX : dans sa récente étude remettant en perspective l’évêque législateur, Rowan Dorin relève que tel est le cas des deux-tiers des statuts synodaux du XIIIe siècle et du début du XIVe siècle. Faut-il y voir une forme d’occultation de l’autorité supérieure dont émanent ces normes plutôt que, comme on le pensait généralement, une adaptation législative à l’usage d’un clergé paroissial n’ayant pas couramment accès aux grands recueils canoniques (de gros ouvrages coûteux d’un maniement difficile)50 ?

Dans ce synodal, l’évêque d’Aire, s’adresse à son clergé en législateur qui publie des constitutiones où tantôt il prescrit (precipimus, statuimus, inhibemus) et tantôt il rappelle de façon impersonnelle (precipitur, observentur, etc.) des normes communes51. Mais replacé dans le contexte d’un recueil comportant un texte émanant d’un légat d’Innocent III (8) et les canons du concile légatin de Bourges de 1276 (9) ainsi que des constitutions provinciales se référant abondamment aux décrétales de Grégoire IX et de Boniface VIII (11), le synodal d’Aire témoignerait plus de la cohérence entre l’autorité pontificale et celle de l’ordinaire que d’une conflictualité latente entre elles, dont témoigneraient les omissions et amendements des normes générales par les statuts diocésains52.

Le débat sur “l’évêque législateur” est ouvert et appelle des vues nuancées, en prenant en compte non les seuls textes mais aussi leur contexte manuscrit car il ne s’agit pas forcément de monuments isolés mais de pièces de collections cohérentes leur donnant sens. Le Livre rouge d’Aire accessible aux collaborateurs du prélat et transmis à ses successeurs le montre compilateur d’un héritage juridique et médiateur de l’autorité pontificale, lors même que la préface de ces constitutions – reprise directement ou non des statuts de Bordeaux de 1234 (6/1) – si elle ne dit rien du travail préparatoire, pose l’évêque comme la source des normes à suivre dans le diocèse et comme le pasteur qui en instruit verbalement les prêtres paroissiaux53.

Conclusion

La pièce liminaire de l’ensemble de première main, bien qu’elle ne soit pas mise en vedette par une belle lettrine, mérite qu’on s’y arrête. Il s’agit d’une longue monition épiscopale que les curés doivent lire les dimanches et jours de fête. Chaque paragraphe commence par denunciamus et denuntiari mandamus excommunicatos/interdictos… (Nous dénonçons et ordonnons de dénoncer comme excommuniés/interdits…), la liste commence par ce qui correspond au rôle majeur de l’évêque, la défense de la foi car elle vise tout à la fois les hérétiques et les sorciers, désormais peu ou prou assimilés [(3/1), voire aussi (11/55)], parmi des dispositions très traditionnelles latae sententiae sur les usuriers, les concubinaires, les laïcs détenteurs de dîmes, ceux qui ne respectent pas les interdits de consanguinité, etc., on remarquera quelques paragraphes plus longs et détaillés que les autres :

  • (3/2) et (3/10) contre la violation de la juridiction et des libertés ecclésiastiques, les violences contre les clercs et les atteintes à leur exemption fiscale ont quelque saveur d’actualité car ils renvoient à un contexte où l’Église bataille pour maintenir sa juridiction et conserver ses privilèges fiscaux face à l’État royal ou princier naissant, souci déjà présent dans le synodal de 1299.
  • Il en va de même de façon encore plus évidente dans les articles (3/11-14) rapportant des sentences d’excommunication contre divers personnages auteurs de crimes récents contre des ecclésiastiques à commencer par l’évêque Anissans assassiné en 1326.

Ces jugements revêtent une gravité particulière, d’autant qu’ils émanent d’un concile provincial (3/11) ou que leur texte fait allusion au rituel de l’anathème (3/12-14) pouvant solenniser l’excommunication majeure, véritable sentence de mort sociale relevant de la juridiction épiscopale.

Cette introduction solennelle donne le ton et le sens de la compilation faite par Garsie du Fau : défendre la foi et l’ordre chrétien chez les clercs et les laïcs ; protéger le clergé, défendre l’institution ecclésiastique dans ses privilèges et ses revenus face aux seigneurs petits et grands comme aux établissements réguliers, combat où volens nolens il s’est trouvé impliqué personnellement.

Mine de normes canoniques pour cadrer le clergé diocésain, le Liber rubeus a aussi servi aux successeurs de Garsie du Fau à défendre bec et ongles leurs dîmes. Ainsi à l’occasion d’une enquête de 1400, destinée à déterminer si les dîmes de Gontaud et Garbay (Saint-Justin) sont bien détenues par les clarisses, le Liber rubeus est invoqué comme preuve : “item qui es en lo libe roge de l’abesque en lo quoau fey mension a qui s’apertien las dites desmes”54. Outre qu’il a été manifestement un outil administratif puis une référence juridique de long usage, le Liber rubeus témoigne ainsi d’un dessein pastoral et d’une vision du rôle épiscopal dans le diocèse, la province et la chrétienté pontificale.

Michel Parisse invitait à considérer les cartulaires selon deux perspectives : “le recueil de copies d’actes qu’il a voulu être, et l’ouvrage d’un homme ou d’une institution que l’historien y voit”55. Assurément le Livre rouge d’Aire est plus qu’un vecteur de textes, dont une grande partie serait autrement perdue, à commencer par des constitutions synodales témoignant de l’œuvre d’un évêque de la fin du XIIIe siècle. Il illustre parfaitement aussi l’idée de Laurent Morelle du cartulaire comme “l’incorporation livresque d’une institution” et “l’expression d’un pouvoir”56. Le pouillé lui-même à travers ses différents volets manifeste le “pouvoir des listes”57 : nulle paroisse, nul petit hôpital n’échappe au regard de l’évêque qui dispose d’une recension de toutes les composantes de son diocèse (exempts mis à part) bien classée par archiprêtré.

Le cartulaire de l’évêché d’Aire a heureusement quitté la théorie des fantômes connus seulement par des copies modernes partielles que signale la Bibliographie générale des cartulaires français58. Sa partie “pouillé” est unique en son genre dans la province d’Auch : en dehors de la liste de la taxe des bénéfices du diocèse d’Auch au XVe siècle, précisément issue du cartulaire du siège d’Auch, les pouillés édités sont le sous-produit de la fiscalité pontificale plus que de l’administration diocésaine et de copies modernes. Il livre en détail le portrait d’un petit diocèse gascon et les efforts de son évêque pour garder le cap après le meurtre de son prédécesseur aux portes de sa cité et sa propre agression par des chanoines et, enfin, son attaque par des affidés du comte de Foix dans son château du Plan, quelques années auparavant. Nous reviendrons, après la présentation du diocèse, sur cette œuvre administrative de Garsie du Fau, dont le cartulaire est au service de l’Église et de l’immunité ecclésiastique mais aussi des biens et revenus de l’église d’Aire.

Notes

  1. Guyotjeannin et al., dir. 1993.
  2. Tel est le cas de l’étude la plus nourrie sur la France méridionale : Chastang 2001.
  3. D’autres pistes de réflexion comme la relation entre chartrier et cartulaire sont hélas des impasses dans le cas du Livre rouge d’Aire, Chastang 2006.
  4. Geary 1993, 23, ex. du cartulaire de l’évêché de Freising (IXe siècle) et discussion, 25. Voir aussi : l’exemple des églises d’Arles (1093-1095) et Apt (1122-1124), Mazel 2006, 61-90 ; et celui de Nîmes (XIIe siècle) et Uzès (après 1276), Venturini 2006, 21-25.
  5. Cabanot & Pon 2004, 31-37. Son contenu, même s’il est constitué en majorité de chartes-notices, éclaire une période très mal documentée par ailleurs ce qui constitue un document essentiel pour comprendre la société de cette région. Ce cartulaire a donné lieu à une Journée d’études, le 1er mai 2003, dont les actes ont été publiés la même année.
  6. Mazel 2008, 386-394, 398.
  7. Bautier 1993, 375.
  8. Lainé et al. 2023, 134.
  9. Composé et achevé sous l’épiscopat de Philippe Ier de Lévis (1425-1453), LrAu, V. Un texte de 1446 est un ajout à la compilation de première main, Arch. dép. du Gers, G 19, f. 244.
  10. Arch. dép. du Gers, G 19.
  11. LrAu, VI.
  12. Arch. dép. du Gers, G 19, 38-41.
  13. LrAu, XII.
  14. Ibid., IV.
  15. Degert, éd. 1898 ; LrAu, XV (note très sommaire). Sur les parties de ce recueil factice voir Avril, éd. 2001, 144-145.
  16. Voir Degert, éd. 1898, 7-8 et surtout Jacquin 2010.
  17. Degert, éd. 1898 ; Avril, éd. 2001, 153-159.
  18. Base de données pour la chrétienté latine jusqu’en 1500, en cours de réalisation depuis 2021 (université de Stanford) : https://corpus-synodalium.com/.
  19. Avril, éd. 2001, 143 et n. 2.
  20. Barralis 2008, 353.
  21. Ibid., p. 356.
  22. LrAu, XXVIII-XXX.
  23. LrAu, XVIII.
  24. Degert 1914 ; id. 1931-2 ; id. 1929, 17 ; id. 1931-2, 283-284.
  25. LrAu, XVIII-XXVII.
  26. Jacquin 2010, 28-61.
  27. Degert 1898, 7-8 ; Jacquin 2010, 35.
  28. LrAu, XII, 5.
  29. Ibid., XVIII-XXX ; Jacquin 2010, 41-43.
  30. Jacquin 2010, 40-43.
  31. Ibid., 29, 53-59.
  32. Voir infra, “Introduction historique”.
  33. Dorin 2021, 53.
  34. Ainsi, après la fondation de Mont-de-Marsan, la grave querelle entre l’abbé de Saint-Sever et l’évêque d’Aire avait nécessité la tenue d’un synode à Perquie afin de régler ce problème. Les synodes n’étaient pas nécessairement suivis de la rédaction de statuts ou de textes règlementaires.
  35. Artonne et al. [1963] 1969, 56. Foreville 1965, 348.
  36. Foreville 1965, 348-349. Artonne et al. [1963] 1969, 4-5, 56.
  37. On voit ici que l’influence de ce recueil va bien au-delà des provinces d’Arles et de Narbonne où elle a été massive, Barralis & Dorin 2011, 13.
  38. Les statuts synodaux français du XIIIe siècle : – Pontal éd., 1, 1971 ; 2, 1983 ; – Avril éd., 3, 1988 ; 4, 1995 ; 5, 2001 ; 6, 2011. Voir aussi Avril 1987.
  39. Barralis 2008, 356.
  40. Pontal, éd. 1983, §100-216, 346-433. 
  41. Ibid., § 217-246, 433-451.
  42. Nîmes (1252), Pontal, éd. 1983, § 152-160, 384-387.
  43. Rodez (c. 1289), Avril, éd. 2011, tit. 4 § 1-6, 122-123.
  44. Foreville 1971.
  45. Rapp 2010, 4. Ce légat, arrivé en France vers 1208, était soucieux de réformes disciplinaires.
  46. Boisset 1983, 43-44.
  47. Avril, éd. 2011, 63-65.
  48. Sur cette collégialité et l’aspect hiérarchique de la province, voir Barralis 2008.
  49. Jacquin 2010, 29, 32, 37-38.
  50. Dorin 2021, 67-77. Le caractère significatif de cette absence nous paraît toutefois faire débat ; en effet, l’exemple des manuels des confesseurs et autres recueils destinés au clergé paroissial comportant des références canoniques ne nous paraît pas convaincant car ces textes ne concernent alors peut-être qu’une minorité relativement lettrée du clergé paroissial.
  51. Ibid., p. 55-58, on retrouve la même hésitation dans la rédaction des statuts synodaux à la source de ceux d’Aire.
  52. Tous les points concernant l’atténuation par de nombreux statuts synodaux des sanctions canoniques prévues par les conciles généraux (ibid., p. 55-61), mériteraient d’être repris en détail. Le synodal de 1299 n’adoucit nullement la sanction prévue par Latran IV pour la violation du secret de la confession (6/25) et, quant à l’usure, le Liber rubeus conserve ailleurs des sanctions prévues par les conciles de Latran III et de Bourges [(3/16), (9/31)] ; tout au plus ne trouve-t-on pas trace du refus des offrandes des usuriers, trait courant dans les statuts synodaux.
  53. Pontal 1970 ; id. 1972 ; Rubellin 2003.
  54. H 179-5.
  55. Parisse 1993, 510.
  56. Morelle 2006, 154.
  57. Voir les trois recueils sur cette notion parus entre 2019 et 2023, dir. Chastang et al. et, en particulier, Theis 2023.
  58. Stein 1907, 6. Sur la théorie des “fantômes” dans le domaine archivistique, consulter aussi : https://archivalcity.hypotheses.org/files/2022/11/AFFA_Programme_detaille.pdf.
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Pessac
Chapitre de livre
EAN html : 9782356134615
ISBN html : 978-2-35613-461-5
ISBN pdf : 978-2-35613-462-2
Volume : 3
ISSN : 3040-309X
13 p.
Code CLIL : 3377; 3438;
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Comment citer

Fritz, Jeanne-Marie, “Un cartulaire épiscopal vers 1335 : plan, intertextualités, autorités”, in : Bordes, François, Fritz, Jeanne-Marie, avec la collaboration de Lainé, Françoise, Liber rubeus de l’évêché d’Aire. La découverte d’un “trésor” médiéval disparu depuis la Révolution, Pessac, Ausonius éditions, collection Textes @quitains 3, 2026, 39-52 [URL] https://una-editions.fr/un-cartulaire-episcopal-vers-1335
Illustration de couverture • En quatrième, extrait du Livre rouge de l'évêché d'Aire, fol. 36 (cliché François Bordes, 2025).
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