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Le catalogue des hommes rassemble toutes les sources épigraphiques, juridiques et administratives qui nous renseignent sur les différents métiers ayant un rapport avec la production de la pourpre. Deux sources iconographiques viennent compléter ce catalogue et nous éclairer sur le métier de purpurarius.

Les sources épigraphiques sont classées de façon à suivre la chaîne d’exploitation de la pourpre : les premières inscriptions concernent donc les pêcheurs de murex et les dernières les commerçants, c’est-à-dire les negotiatores purpurarii et les πορφυροπόλαι.

En ce concerne les inscriptions grecques, notre principale source reste la nécropole de Tyr dont les épitaphes ont fait l’objet d’une publication importante : celle de J.-P. Rey-Coquais, Inscriptions grecques et latines découvertes dans les fouilles de Tyr, I : Inscriptions de la nécropole, Bulletin du Musée de Beyrouth, 29, 1977. Chaque inscription tirée de cet ouvrage porte donc le nom de J.-P. Rey-Coquais suivi du numéro sous lequel elle est répertoriée dans son ouvrage. Les commentaires accompagnant certaines de ces inscriptions sont ceux de J.-P. Rey-Coquais que nous reprenons à notre propre compte.

La majorité des inscriptions latines proviennent du CIL et certaines ont parfois été reprises dans les ILS. La datation d’une grande partie des épitaphes de purpurarii est tirée de l’ouvrage de F. Vicari, Produzione e commercio dei tessuti nell’Occidente romano, BAR International Series 916, 2001. En général le développement des inscriptions est de notre fait.

Les sources juridiques et administratives que nous avons exploitées sont extraites du Code Théodosien, du Code Justinien, du Digeste et de la Notitia Dignitatum.

Les sources épigraphiques

Les pêcheurs de murex

Toutes les inscriptions mentionnant les pêcheurs de murex sont issues de la nécropole de Tyr. Elles évoquent trois types de pêcheurs : les pêcheurs rattachés à l’un des deux ports de Tyr, le port d’Astranoé et le port des Égyptiens, et les pêcheurs qui ne sont rattachés à aucun des deux ports. Une datation précise de ces inscriptions est impossible : la plupart ont été faite à une époque tardive : au IVe et plus souvent Ve ou VIsiècle p.C.1.

Les pêcheurs de murex
du port d’Astranoé

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 8

Τόποc Καλοκαίρου ε̈γγονοc Μονίμο(υ) κογχυλέωc Διμένο(c) ̓Αστρονόη

Lieu de Kalokairos, petit-fils de Monimos, le pêcheur de murex du port d’Astranoé.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 8bis

Τόπος Καλοκαίρου ε̈γγονος Μονίμου κογχυλέως Διμένος ̓Αστρονόης

Lieu de Kalokairos, petit-fils de Monimos, le pêcheur de murex du port d’Astranoé.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 24, planche XXXVII, 1

Μαρεαc (ἀδ)ελφοc καί Φωτίνη ἀδελφ[ὴ] κονχυλέωc λιμέ(νοc) ̓Αστρονόηc

Maréas, frère, et Photinè, soeur, des pêcheurs de murex du port d’Astranoé.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 25

[κον]χ[υ]λέ[ων λιμ]έωοc ? [ ̓ Αστρο]νό[ηc ]?

Des pêcheurs de murex du port d’Astranoé.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 68

+ Τόπος Πιστῶν Μαρκέλλου καί Κωπαδινηc κονχυλέων λιμέ(νοc) ̓ Αστρονόης +

+ Emplacement des fidèles. De Marcellos et de Kôpadinè, pêcheurs de murex du port d’Astranoé. +

Il est possible qu’il faille comprendre κονχυλέων non comme une apposition, mais comme un partitif : “de la corporation des pécheurs de murex2.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 182, planche XXXI, 2

̔ Ηρακλίτου κον(χυλέωc) λυμένοc ̓ Α(σ)τρ(ονόηc)

D’Héraclitos, pêcheur de murex du port d’Astranoè.

Pour compléter le mot abrégé de la ligne 1, il n’y a pas d’hésitation possible. En effet, tous les pêcheurs de murex, dont une inscription précise le port d’attache, sont des κογχυλει̂c au port d’Astranoè ou des κογχυλευταί au port des Égyptiens3.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 182bis, planche LIII, 2

̔ Ηρακλίτου κον(χυλέωc) λυμένοc ̓ Α(σ)τρ(ονόηc)

D’Héraclitos, pêcheur de murex du port d’Astranoè.

Les pêcheurs de murex
du port des Égyptiens

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 77B, planche XXIV, 1

Κύριλε κονχυλλευτοῦ λυμήνος ̓ Εγυπτίον

De Cyrille, pêcheur de murex du port des Égyptiens.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 103, planche XXX, 1 et L, 7

+ Σόρια (τρία) Φωτίου Κούφου οἰνοπράτου κοχυλευτοῦ λιμὲνος ̓ Εγυπτίων +

+ Trois sarcophages, de Phôtios Kouphos, marchand de vin, pêcheur de murex du port des Égyptiens. +

Les pêcheurs de murex n’étant rattachés
à aucun des deux ports précédemment cités

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 7, planche XIX, 1

̓ Αντιπάτρου κονχυλευτο(ῦ)

D’Antipatros, pêcheur de murex.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 26, planche IV, 1

+ Σόριν Διοδώρου κονχυλαίοc πιστοῦ

+ Sarcophage de Diodôros, le pêcheur de murex, fidèle.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 78, planche XXXVIII, 2

Φωτίου Σαραφθηνοῦ Κονχυ(λευτου ου -λέωc ) Καθηχουμένων

De Phôtios de Sarepta, pêcheur de murex, des Catéchumènes.

À la ligne 2 il faut évidemment restituer un nom en rapport avec le coquillage à pourpre. J.-P. Rey-Coquais4 propose l’un ou l’autre des 2 noms les plus fréquemment attestés, mais d’autres noms sont possibles, tels que κογχυλοκόποc ou κογχυλοπλύτηc.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 107B, planche XXX, 2

Σόριν Αὐβείτου Δομιτίου κονχυλέοc

Sarcophage d’Avitus Domitius, pêcheur de murex.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 118A, planche XIX, 4

Διοδώρου Βερῳκα κονχυλέc

De Diodoros Bérôkas, pêcheur de murex.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 125, planche XXXVI, 1

On distingue seulement en haut : Ο κονχυλευ– et à l’extrémité de la dernière ligne, en bas à droite παρὰ τοῖc προγεγραμένοιc.

Commentaire : c’était le sarcophage d’un pêcheur de murex, soit qu’on le lise κογχυλεύc au nominatif, soit qu’il y ait eu κογχυλευτής à quelques cas que ce fût5.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 141, planche XXXIII, 3

+ Τόποω Πιστῶν Κασσιανοῦ κοχυλέωc

Emplacement des fidèles. De Cassianos, pêcheur de murex.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 197, planche XXXVII, 3

+ Ζηνωνικοῦ κωνχυλευτοῦ μνῆμα +

Monument de Zénônikos, pêcheur de murex.

Les métiers relatifs au traitement
du murex

Le traitement du murex englobe le lavage de la coquille du murex, son concassage et le prélèvement de la glande tinctoriale.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 188, planche V, 2

+ Τόποc Πιστῶν + ̓Ολυμπίου σιτομέτρου κονχυλέος καί Εἰστρατελατιανῶ

Emplacement des fidèles. D’Olympios, inspecteur sitomètre de murex, et de Stratélatianô.

Commentaire : le σιτομέτρηω a pour fonction de mesurer le blé, pour la vente, la distribution ou le transport ; il dut y en avoir dans tous les grands ports. L’auteur ne sait pas s’il s’agit d’un métier ou d’une magistrature. On retrouve le même Olympios dans une autre inscription où il est seulement mesureur du blé6.

Nous ne sommes pas d’accord avec la traduction de J.-P. Rey-Coquais qui fait d’Olympios un “inspecteur du blé du murex” et nous avons préféré traduire σιτομ́ετρου κονχυλέος par “inspecteur sitomètre du murex”. Olympios était, selon nous, chargé de compter le nombre de murex débarqués sur les plages, afin de limiter la fraude.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 198, planche VII, 2

Θεοκτ́ιστου κονχυλοπλ(υτοῦ) ̔ Ιέρακοc vac. Δῴου ι ́ τοῦ δζφ ́

De Théoctistos, laveur de murex. De Hiérax. Le 10 Lôos de l’an 594.

Commentaire : calculée selon l’ère et le calendrier de Tyr, la date indiquée correspond au 29 août 469 p.C. d’après J.-P. Rey-Coquais.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 28, planche XXXI, 3

[—-φῖσεμνῆμα μαρμάρινον Καθηκουμένων, διαφέρον Θεοκτίστου κογχυλοπλυτοῦ τοῦ εί εροτάτου βαφίου

(Seigneur prend pitié et) épargne. Monument de marbre, des Catéchumènes, réservé à Théoctistos, laveur de murex de la teinturerie impériale.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 95, planche XVIII, 3

+ Σόριν δ(ιαφ́ερον) ̓Ιωάννου γρυτο(πώλου) κονχυλοκ(όπου) (καί) Βαλλαντᾶ

+ Sarcophage réservé à Jean, brocanteur, broyeur de murex, et à Ballantas.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 72

Θεσίδι διαφέροτα τοῦ μακ(α)ρίου ̓ Ηλία κ(ογ)χ(υ)ροκό(που) κάτο τῶν τῶ διαφ(ε)ρώ(ντων)

Tombe réservée au bienheureux Elie, broyeur de pourpre ainsi qu’à ceux de sa maison.

Les teinturiers en pourpre

Les sources mentionnant les teinturiers en pourpre sont rares. Seules quatre sont attestées à Cos, à Tyr, à Salone et à Philippes et un collège à Thessalonique.

A. Maiuri, Nuova silloge epigrafica di Rodi e Cos, n° 571

Cos

Inscription funéraire

Autel rectangulaire dont le côté gauche en partie brisé. Guirlande et bucrane de chaque côté. Les inscriptions sont au-dessous de la moulure supérieure sur les deux longs côtés.

a ̓ Επικτήτου τοῦ Δημητρίου κονχυλιαβάφου.
b [Μ]άρκου Πομπηίου ̓ Εφηβικο[ο͂] ξῆ͂.

a (autel) d’Epictètos, fils de Démétrios, teinturier en pourpre de
murex.

b (autel) de Marcus Pompeius Ephébicos, de son vivant.

Datation : ce type d’autel, selon D. Berges, Rundaltäre aus Kos und Rhodos (1996), date au plus tard du début de l’époque impériale.

L. Robert, Bulletin Épigraphique, 1938, 211

(L. Duchesne, Mission au Mont Athos, p. 52, Archives des Miss. Sc., 3e série, t. III, 1876, p. 248 ; Waltzing, J.-P. (1895-1900) : Étude historique sur les corporations professionnelles chez les Romains, Louvain, 74)

Thessalonique

̔ Η συνήθεια τῶν πορφυροβάφων Μένιππον ̓ Αμ[μ]ίου τὸν καί Σεβῆρον Θυατειρηνὸν, μνήμης χάριν.

Le collège des teinturiers en pourpre en mémoire de Ménippe, fils d’Ammius, surnommé Severus, de Thyatire.

Datation : Ier s. p.C.7.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 137, planche XVIII, 4

Tyr

Nécropole

+ Σωρός διαφέρο(υσα) ̓ Ιωάννου άληθεινοβάφου (καί) τραπεξ(ίτου)

Sarcophage réservé à Jean, teinturier en pourpre et banquier.

Commentaire : le premier nom de métier est d’une composition claire ; on le comparera à πορφυροβάφος8  ̓Αληθινός suffit à désigner la pourpre. Du Cange en fournit de nombreux exemples. L’Expositio totius mundi et gentium (XXXI) signale que Sarepta, Césarée et Naplouse produisent de la “pourpre bon teint (purpuram alithinam)”. Un papyrus donne une recette pour réussir la meilleure pourpre : πορφυραc άλειθινῆc στῦψιc καί βαφή9. Dans la vie ancienne de S. Syméon Stylite le Jeune10, le stylite voit le ciel ouvert et le Fils de Dieu dans une auréole de lumière et de feu, la masse des nuages, sous ses pieds, aussi éclatante que la pourpre véritable, άληθινή πορφύρα. Le choix de cette appellation dans une telle comparaison semble impliquer qu’elle désignait la meilleure qualité, la plus belle teinte de pourpre qui fût11.

Revue Philologique, XIII, 1939, p. 142

Philippes, Macédoine

Dédicace

Τὸν πρῶτον έκ τῶν πορφυροβάφ[ων ̓Αν]τίοχον Λύκου Θυατειρ[ην]ὸν εύεργέτ[ην] καί — ἡ πόλις έτ̅[ίμησε].

Le premier des teinturiers en pourpre, Antiochos fils de Lycos, de Thyatire, la cité l’honore comme évergète…

Datation : Ier s. p.C.12.

CIL, III, 2115

Salone, Dalmatie

Inscription funéraire

Aur(elius) Peculiaris magister conquiliarius et Aur(elia) Urbica vivi sibi posuerunt si quis / autem post obitum nostrum ali / ut corpus ponere volverit infe / rat [summam] argenti pondo quin / quaginte

Aurelius Peculiaris, magister conquiliarius et Aurelia Urbica ont érigé (ce monument) de leur vivant. Si cependant quelqu’un après notre mort voulait y déposer un corps, il paiera une somme d’argent de 50 livres.

Datation : deuxième moitié du IIIe s. – début du IVe s. p.C.13.

Les purpurarii

Les inscriptions mentionnant le métier de purpurarius, c’est-à-dire le métier de fabricant-commerçant en pourpre, sont les plus nombreuses : nous en avons répertorié vingt-sept au total14.

CIL I2, 1413 = D., 9428

(Degrassi, ILLRP, 809 ; Gregori, G .L. (1994) : “Purpurarii”, in : École Française de Rome 1994, 741 [en ligne] https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1994_act_193_1_3123 [consulté le 24/08/2022] ; Fabre, G. (1981) : Libertus : recherches sur les rapports patron-affranchis à la fin de la République romaine, EFR 50, Rome, 340)

Rome

Inscription funéraire

V(ivus) D(ecimus) Veturius D(ecimi) l(ibertus) Diog(enes) / (obitus) D(ecimus) [Veturius] D(ecimi) l(ibertus) Nicepor / v(iva) Veturia D(ecimi) l(iberta) Fedra de sua pecunia faciund(um) coir(avit) / sibi et patrono et conlibert(o) / et liberto / Nicepor conlibertus v(ixit) mecum annos XX / purpurari(i) a Marianeis / viv(us) D(ecimus) Veturius D(ecimi) (mulieris) l(ibertus) Philarcur(us)

Du vivant de Decimus Veturius Diogène, affranchi de Decimus, à la mort de Decimus [Veturius] Nicépor, affranchi de Decimus. De son vivant, Veturia Fedra, affranchie de Decimus, a pris soin de faire cela à ses frais, pour elle, son patron, son compagnon d’affranchissement et son affranchi. Nicépor, mon compagnon d’affranchissement, a vécu 20 ans avec moi. Les purpurarii [du quartier des Monumenta] Mariana. Du vivant de Decimus Veturius Philarcurus, affranchi de Decimus et d’une femme.

Datation : Ier s. a.C.15.

Commentaire : cette inscription a été traduite à plusieurs reprises. La première lecture faite par Dessau ne tenait pas compte de l’espace entre le mot purpurari et le a qui le suit, ce qui faisait de Veturia Fedra une purpuraria marianeis. Le mot marianeis fut alors associé à une colonie fondée par Marius en Corse. C’est maintenant l’interprétation de Degrassi, ILLRP, 809 qui est prise en compte et que nous retenons, comme G. L. Gregori16.

Les Marianae étaient en fait un quartier où ont été élevés des monuments à la gloire de Marius lors de sa victoire contre les Cimbres et les Teutons. Ce quartier se situerait près du Forum ou sur l’Esquilin.

CIL, I, 2, 3123 = AE 1967, 88

Capoue

Inscription funéraire

A(ulo) Oppei A(uli) l(iberto) Glauciae / purpuraraei(!) ossa heic(!) sita / sunt

À Aulus Oppius Glaucia, affranchi de Aulus, purpurarius. Ses ossements reposent ici.

Datation : vers 50 a.C.17.

CIL, II, 2235

Cordoue, Bétique

Inscription funéraire

[…] Diocles purpurarius pius / […] mater pia / [Phi]ema ex test(amento) fratris f(aciendum) c(uravit) / [Di]otimus purpur(arius) h(ic) m(onumentum) h(eredes) n(on) s(equetur)

[…] Diocles, purpurarius pieux. […] sa mère pieuse. [Phi]ema a pris soin de faire (ce monument) conformément au testament de son frère. [Di]otimus purpurarius. Ce monument n’ira pas aux héritiers.

CIL, III, 664

Philippes, Macédoine

Inscription funéraire

[…] [pu]rpurari[(us) ou (a) ou (i)] / [qui] v[ixit an]n[is…] / […] e(r ou b)[…]a te[…]

[…] purpurari(us) ou purpurari(a) ou purpurari(i) […] a vécu […]

CIL, III, 6685

Der-el-qual’a, Liban

Inscription votive

[…] / purpurarius / pro salut(e) sua / et suorum / v(otum) l(ibens) a(nimo) s(olvit)

[…] purpurarius, pour son salut et le leur. Il s’est acquitté de son vœu de bon cœur.

CIL, VIII, 2523

(Papier, A. (1879) : “Des coquillages à pourpre et des anciennes usines de teintures en Afrique”, Bulletin de l’Académie d’Hippone, 14, 8-11)

Henchir-Fegousia, Numidie

Tombeau en forme de caisson. Hauteur : 0,60 m ; largeur : 0,44 m.

Pur / pur(ar)i / orum

(Monument) des purpurarii.

Le mot purpuriorum pourrait aussi désigner un nomen. Nous n’avons pas choisi cette interprétation en raison des deux Stramonita haemastoma qui ornaient le haut de l’inscription18 et qui ont peut-être été sculptés afin de montrer que les hommes enterrés étaient versés dans l’industrie de la pourpre.

CIL, V, 1044 = Insc. Aquileiae 724

Aquilée

Dédicace

M(arco) Pullio M(arci) l(iberto) Casto / M(arco) Pullio M(arci) l(iberto) Fusco / purpurario / Pullia M(arci) l(iberta) Prima / M(arcus) Flavius Ianuarius / M(arcus) Pullius (mulieris) l(ibertus) Hormus purpurar(ius)

À Marcus Pullius Castus, affranchi de Marcus, Marcus Pullius Fuscus, affranchi de Marcus, purpurarius. Pullia Prima, affranchie de Marcus, Marcus Flavius Ianuarius, Marcus Pullius Hormus, affranchi de Gaia, purpurarius.

Datation : Ier s. p.C.19.

Insc. Aquileiae 723

Inscription funéraire appartrant à un édicule

M. Luri[us] / purpura[ius]

M(arcus) Luri[us], purpura[rius]

CIL, V, 7620

Pollentia, Gaule Cisalpine

Inscription funéraire

Vivit / Q(uintus) Var[s]idius / Q(uinti) f(ilius) Pol(lia tribu) / Naso / purpura(rius) / p(edes) q(uadrati) XVI

De son vivant, Quintus Varsidius Naso, fils de Quintus, de la tribu Pollia, purpurarius. Aire funéraire de 16 pieds carrés.

CIL, VI, 2, 9843

Rome

Inscription funéraire

T(itus) Livius T(iti) l(ibertus) Philoxenus purp(urarius) / Livia T(iti) l(iberta) Nice l(iberti libertaeque) / T(itus) Livius T(iti) l(ibertus) Diocles l(ibertus) / Alexsander l(iberti libertaeque) arbitratu / L(ucii) Aponi(i) G(aiae) l(iberti) Ga[…] / T(iti) Livi(i) T(iti) l(iberti) Hermogenes l(ibertorum libertarumque)

Titus Livius Philoxenus, affranchi de Titus, purpurarius. Livia Nice, affranchie de Titus et ses affranchis et ses affranchies, Titus Livius Alexander, affranchi de Diocles lui-même affranchi de Titus, et ses affranchis et ses affranchies, selon la volonté de Lucius Aponius Ga[…] affranchi de Gaius, de Titus Livius Hermogenes, affranchi de Titus, et de ses affranchis et ses affranchies.

Datation : Ier s. a.C-Ier s. p.C.20.

CIL, VI, 9844

Rome

Inscription funéraire, faussement attribuée à Pouzzoles (CIL, X, 1, 1952)

D(iis) m(anibus) / L(ucio) Pl(utio) Her / mippo purp(urario)

Aux dieux Mânes de Lucius Plutius Hermippus, purpurarius.

Datation : deuxième moitié du Ier s. p.C.21.

CIL, VI, 9845

Rome

Inscription funéraire

L(ucius) Venonius / Hospes / purpurarius

Lucius Venonius Hospes, purpurarius.

Datation : Ier s. a.C-Ier s. p.C.22.

CIL, VI, 9846

Rome

Inscription funéraire

/ —— / NN(umeriorum) l(ibert-) A[—] /Viciria Au(li) l(iberta) [—] / Viciria N(umerii) l(iberta) Ta[—] / Viciria N(umerii) l(iberta) Nice / Viciria A(uli) l(iberta) Creste / purpurar(iae)

[—] À[—], affranchie des deux Numerii, Viciria [—] affranchie de Aulus. Viciria Ta[—] affranchie de Numerius. Viciria Nice, affranchie de Numerius. Viciria Creste, affranchie de Aulus. Purpurariae.

CIL, VI, 9847 = AE, 1991, 264

Rome

Inscription funéraire

Autel de marbre

[- -] p[urp]urar(io) / a [Tr]anstiberim et / Sontiae [R]estitutae / coniugi eius et / libertis libertabus / posterisque eius / fecit / Attia Delphis / coiunx

À [- – -], purpurarius du Trastevere, et à Sontia Restituta, son épouse, à ses affranchis et ses affranchies et à sa descendance. L’épouse Attia Delphis a fait cela.

Datation : Ier-IIe s. p.C.23.

CIL, VI, 9848

Rome

Inscription funéraire

[—]a P(ubli) Clodi Philonici Euraniae Mu[—] / purpurari(ae) de vico / 

[—]a, esclave de P(ublius) Clodius Philonicus, à Eurania Mu[—], purpuraria du quartier.

CIL, VI, 32454

Rome

Inscription funéraire probablement d’un collège

Ex pec(unia) dec(urionum et) mag(istrorum) fe(cerunt) / L(ucius) Modius L(ucii) l(ibertus) Philomusus purp(urarius) / Sex(tus) Herennius Sex(ti) f(ilius) Pal(atina tribu) Rufus / L(ucius) Bennius Q(uinti) l(ibertus) Mida / M(arcus) Aepicius M(arci) l(ibertus) Menopo / Q(uintus) Atonius Q(uinti) l(ibertus) Phi[l]emo.

Avec l’argent des décurions et des magistrats, Lucius Modius Philomusus, affranchi de Lucius, purpurarius. Sextus Herennius Rufus, fils de Sextus, de la tribu Palatina. Lucius Bennius Mida, affranchi de Quintus. Marcus Aepicius Menopo, affranchi de Marcus. Quintus Atonius Philemo, affranchi de Quintus, ont fait (cela).

AE, 1923, 59

Rome

Inscription funéraire

D(ecimus) Veturius D(ecimi) l(ibertus) Atticus / purpur(arius) de vico Iugar(io) / Veturia D(ecimi) l(iberta) Tryphera / arbitratu

Decimus Veturius Atticus, affranchi de Decimus, purpurarius du vicus Iugarius. Veturia Tryphera, affranchie de Decimus, selon leur volonté.

AE, 1994, 283

(Gregori, G .L. (1994) : “Purpurarii”, in : École Française de Rome 1994, 739-743, [en ligne] https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1994_act_193_1_3123 [consulté le 24/08/2022])

Rome

Bloc de marbre

L(ucius) Benniu[s—] / purpu[rar(ius)] / L(ucius) Ben[nius—] / L(ucius) Be[nnius—] / —-

Lucius Benniu[s—], purpurarius. Lucius Bennius [—]. Lucius Bennius [—].

Datation : fin du Ier s. a.C.-début du Ier s. p.C.24.

CIL, IX, 5276

(Delplace, C. (1993) : La romanisation du Picenum. L’exemple d’Urbs Salvia, EFR 177, Rome ; Cristofori, A. (2004) : Non arma virumque. Le occupazioni nell’epigrafia del Piceno, Bologne, 496-501)

Truentum

Inscription funéraire

Cippe en pierre

C(aius) Marcilius / Eros purpura(rius) / V vir Truenti

Caius Marcilius Eros, purpurarius, quinquevir de Truentum.

Datation : première moitié du Ier s. p.C.25.

CIL, X, 1, 540

Pouzzoles

Inscription funéraire

[C]n(aeo) Haio Doryp[h]oro / purpurario Augu[st(ali)] / dupliciario vixit / annis XXXXVIIII / m(ensibus) VI diebus XXIX

À Cnaeus Haius Doryphorus, purpurarius, Augustale et dupliciarius. Il a vécu 49 ans, 6 mois, 29 jours.

Datation : deuxième moitié du Ier p.C.-IIe s. p.C.26.

CIL, X, 1, 3973

Capoue

Inscription funéraire

C(aio) Minati(o) C(aii) l(iberto) Philodami(o) purpur(ario) / Minatia (Caii) l(iberta) Fausta fecit sibi et patro(no)/ o(ssa) s(ita) h(ic) s(unt)

À Caius Minatius Philodamius, affranchi de Caius, purpurarius. Minatia Fausta, affranchie de Caius, a fait cela pour elle et son patron. Les ossements reposent ici.

Datation : deuxième moitié du Ier s. p.C.27.

CIL, XI, 1069a

(Susini, G. (1965) : Le collezioni epigrafiche parmensi, Parma, Museo Nazionale di antichità, Parme, p. 30, tav. XC)

Parme

Inscription funéraire

C(aius) Pupius C(aii) l(ibertus) Amicus / purpurarius / vivos fecit / sibi et suis / in f(ronte) p(edes) XII in a(gro) p(edes) XX

Caius Pupius Amicus, affranchi de Caius, purpurarius. Il a fait ce monument de son vivant pour lui et les siens. De face 12 pieds, en profondeur 20 pieds.

Datation : Ier s. p.C.28.

Commentaire : la stèle funéraire est décrite infra, p. 248.

CIL, XI, 2136

Chiusi, Étrurie

Inscription funéraire

P(ublius) Vettius D(ecimi) l(ibertus) Antioc(hus) / purpurarius

Publius Vettius Antiochus, affranchi de Decimus, purpurarius.

Datation : Ier s. p.C.29.

CIL, XI, 6604 = AE, 1993, 634

(Susini, G. (1959) : “Fonti Mevaniolensi, scrittori, itinerari, iscrizioni, toponimi”, StudRomagn, 10, 30-32)

Mevaniola (Santa Sofia)

Inscription funéraire

M(arcus) Satellius Q(uinti) [f(ilius)] / Stel(latina tribu) Marcellus [pu] / rpurarius VI vi[r] / sibei et Muronia[(e) …] / l(ibertae) Primae vivos fec(it)

Marcus Satellius Marcellus, fils de Quintus, de la tribu Stellatina, purpurarius, sevir, a fait cela de son vivant pour lui et pour Muronia Prima, affranchie de […].

Datation : première décennie du Ier s. p.C.30.

La stèle funéraire est détaillée infra, p. 247.

CIL, XII, 4507

Narbonne

Inscription funéraire

A(ulus) Sempronio / Callaeci l(iberto) Laeto / purpurario / et Semproniae Modestae / uxsori

À Aulus Sempronius Laetus, affranchi de Callaecus, purpurarius, et à Sempronia Modesta, sa femme.

Datation : Ier s. p.C.31.

CIL, XIV, 473

Ostie

Inscription funéraire

[.] Nonius / [Ste]phanus / [pur]purar(ius) / [- -]a LL(uciorum) Damalis l(iberta) / [- -]ius LL(uciorum) / [Philar]gyrus l(ibertus) / [libertis] libertabus / [poste]risq(ue) eorum

[ .] Nonius Stephanus purpurarius. [- – -]a Damalis affranchie des deux Lucii [- – -]ius Philargyrus, affranchi des deux Lucii, à ses affranchis et ses affranchies et à leur descendance.

CIL, XIV, 2433 = ILS, 7597

Bovillae/Marino

Inscription funéraire

Base en marbre

L(ucio) Plutio L(ucii) l(iberto) Eroti / purpurario de vico Tusco / Plutia L(ucii) l(iberta) Auge / fecit sibi et / Veturiae CC(aiorum duorum) l(ibertae) Atticae

À Lucius Plutius Eros affranchi de Lucius, purpurarius du vicus Tuscus. Plutia Auge, affranchie de Lucius, a fait (ce monument) pour eux et pour Veturia Attica, affranchie des deux Caii.

Datation : Ier-IIe s. p.C.32.

Les métiers relatifs au commerce
de la pourpre

Grâce aux témoignages épigraphiques, nous avons pu mettre en évidence trois métiers ayant un rapport avec le commerce de la pourpre : le mercator purpurarius, le negotiator purpurarius et le πορφυρόπωλης. Nous y ajoutons les épitaphes concernant les πορφυρᾶς dont la fonction n’est pas encore définie avec précision.

Les mercatores et les negotiatores purpurarii

AE, 1972, 74

Aquinum

Inscription funéraire

[P(ublius) M]urrius P(ubliorum duorum) l(ibertus) Zetus / [Plac]entinus mercator / [pur]purarius, hic situs est / [uiator] consiste et casus hominum cogita / annorum natu(s) XXXV arbitror fuissem / [quom] plurimi fui et florebam maxume, / [et ce]cidi longe ab domo et meis amantib[us] / P(ublius) Murrius PP(ubliorum duorum) li(bertus) Eros / [con]libertus et socius uiuus / hoc monumentum fecit ossaque [tran]stulit Placentiam

Ici se trouve Publius Murrius Zetus de Plaisance, affranchi des deux Publii, mercator purpurarius ; voyageur, arrête-toi et pense au sort malheureux des hommes : je devais avoir 35 ans quand j’étais dans la fleur de l’âge et que je prospérais au mieux, et je suis mort loin de chez moi et des miens qui m’aimaient. Publius Murrius Eros, affranchi des deux Publii, son compagnon d’affranchissement et associé survivant a fait construire ce monument de son vivant et a transféré ses ossements à Plaisance.

Datation : dernière moitié du Ier s. a.C.-première moitié du Ier s. p.C.

CIL, III, 5824 = ILS, 7598

Augusta Vindelicum (Raetia)

Inscription funéraire

[D(iis) M(anibus) et] / perpetuae securit(ati) / Tib(erius) Cl(audius) Euph[r]a[tes] / IIIIII vir Aug(ustalis) nego[t(iator)] artis purpurariae / qui vixit annos LXXVI / Seniliae Lascivae coniugi / et Clau[d(ii)] Fortunensi et Antigono / [et] Apro filiis vivos vivis fecit.

Aux Dieux Mânes et à la sécurité perpétuelle. Tiberius Claudius Euphrates, sévir Augustal, negotiator artis purpurariae âgé de 76 ans. À Senilia Lasciva, son épouse, et à ses fils Claudii Fortunatus, Antigonus et Aper. Il a fait (cela) de son vivant et pour eux de leur vivant.

Datation : deuxième moitié du IIe s. p.C. ou début du IIIe s. p.C.33.

CIL, VI, 33888

Rome

Fragment de table de marbre

—— / [—]eius, ci[vis ? —], / [- ne]gotias (!) pur[purarius, —] / [—] AV + [—] / ——?

Le nomen de Civis est suggéré par le CIL.

AE, 1982, 709

Lugdunum

Inscription funéraire

Cippe en forme d’autel funéraire

D(iis) M(anibus) / et memoriae / aeternae Vic/torio Regulo civi Nemeti et / neg(otiatori) Duro(cortoro) purpu/rario Vic(to)rius / Tetricus ve(teranus) leg(ionis) XX(II) / Pr(imigeniae) p(iae) f(idelis) fratri cariss(imo) / p(onendum) c(uravit) (et) s(ub) (ascia) ded(icavit)

Aux Dieux Mânes et à la mémoire éternelle et à Victorius Regulus, citoyen Némète et negotiator purpurarius de Durocortorum. Victorius Tetricus, vétéran de la 22e légion Primigenia, pieuse, fidèle, a pris soin d’ériger (ce monument) et l’a dédié sous l’ascia pour son très cher frère.

Datation : IIIe s. p.C.34.

Les πορφυροπόλαι

Bulletin Épigraphique, 1955, 305

Abaecaenum, Sicile

μανικου / μια [πορφ]υροπῶλα

…? marchande de pourpre

Bible, Actes des Apôtres, 16, 14-15

(École biblique de Jérusalem, 1975)

Philippes

14 Καί τις γυνὴ ὀνόματι Λυδια, πορφυρόπωλις πόλεως Ξυατίρων, σεβομένη τὸν θεόν, ἤκουεν, ῆς ό κύριος διήνοιξεν τὴν καρδίαν πρόσχειν τοῖς λαλουμένοις ύπο Παύλου

15 ώς δὲ έβαπτίοθη καί ό οἶκος αύτῆς, παρεκάλεσεν λέγουσα· εί κεκρίκατέ με πιοτήν τῷ κυριῳ εῖ́ναι, έισελθόντες εἰς τόν οἶκον μου μένετε· καί παρεβιάσατο ἡμᾶς.

L’une d’elle, nommée Lydia, nous écoutait ; c’était une négociante en pourpre, de la ville de de Thyatire ; elle adorait Dieu. Le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul.

Après avoir été baptisée avec les siens, elle nous fit cette prière : “si vous me tenez pour une fidèle du Seigneur venez demeurer dans ma maison”. Et elle nous y contraignit.

Datation : Ier s. p.C.

CIG, 2519

(Paton, W. R et Hicks, E. L. (1891) : Inscriptions of Cos, Oxford, n° 309, IV, 1071)

Cos

Inscription funéraire

Μάρκου Σπεδίου Νάσωνος πορφυροπώλου, ̓ Ελπίδος Σπεδίας Πορφυροπω[λίδος]

… de Marcus Spedius Naso, marchand de pourpre, d’Elpis Spedia, marchande de pourpre

Datation : au plus tard début de l’Empire35.

Bulletin Épigraphique, 1970, 625

Parion

Nécropole chrétienne

Λεοντία Θυγάτηρ Εὑγενίου πορφυροπόλου

Leontia, fille d’Eugène, vendeuse de pourpre.

Datation : IVe-Ve s. p.C.

F. W. Hasluck, JHS, 27, 1907, p. 61, n°2

(Mendel, G. (1909) : “Catalogue des monuments grecs, romains et byzantins du musée impérial Ottoman de Brousse”, BCH, 33, p. 338, n° 91-92)

Miletopolis

Dédicace d’un temple. Épistyle en trois fragments avec denticules, frise ornée de bucranes et architrave à deux faces sur laquelle se trouve l’inscription.

[ὑπὲρ τοῦ δήμου τῶν Μειλ]ητοπολειτῶν τὴν ἀγαθὴν τῆ[ς π]όλεως Τύχην καί τὸν ναόν αυ̂της κατεσκεύασε[ν] ἐκ τῶν ἰδίων Εὐσχήμων [π]οφρυροπώλης

Euschemôn, marchand de pourpre, a fait ériger (la statue) et le temple de la Bonne Fortune de la cité, à ses frais, pour le peuple de Miletopolis.

Datation : du Ier-IIe s. p.C.

Les πορφυρᾶς

M.A.M.A., VIII, 562

(Kubiteschek, W et Reichel, W. (1893) : “Reise in Karien”, Anz. Ak. Wien, p. 10, n° 6 ; Robert, L. (1944) : “Hellenica”, RPh, 18, p. 53 et n° 4 = OMS, 3, p. 1419)

Aphrodisias

Dédicace sur plaque de marbre trouvée dans le mur de la cité. Hauteur : 16 cm ; longueur : 40 cm ; épaisseur : 20 cm.

̔ Ερμόλαος, πορφυρᾶς, τὸ στεγνὸν εποίει

Hermolaos, πορφυρᾶς a fait l’abri.

SEG, 36, 290

Aphrodisias

Liste de donneurs pour la soupe populaire de la communauté juive ; début IIIe s. p.C. (avant 212).

Εὐπίθιος πορφυρ

Ligne 39 : Εὑπίθιος πορφυρ(ᾶς)  ou πορφυρ(ὼλης) ou πορφυρ(οβαφος)

Eupitios, πορφυρᾶς ou vendeur de pourpre ou teinturier en pourpre.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 118B

Tyr

Nécropole

̔ Υπερεχίου πορφυρᾶς

D’Hypéréchios, πορφυρᾶς

Le nom de métier πορφυρᾶς indique un rapport avec la pourpre qu’il est difficile de préciser. Selon J. et L. Robert, c’est : “un fabriquant, un teinturier en pourpre ou un marchand”36.

J.-P. Rey-Coquais, inscription n° 119, planche XXVII, 3

Tyr

Nécropole

̔ Υπερεχίου πορφυρᾶς

D’Hypéréchios, πορφυρᾶς

J.-P. Rey-Coquais, inscription n°120

Tyr

Nécropole

̔ Υπερεχίου πορφυρᾶς

D’Hypéréchios, πορφυρᾶς

Les charges ayant un rapport avec la gestion des ateliers producteurs côtiers

Deux inscriptions nous apprennent que l’empereur employait des hommes afin de surveiller ou de gérer ses ateliers producteurs de pourpre37.

J. et L. Robert, BE, 1976, n° 612

(Herrman, P. (1975) : “Milesischer Purpur”, Istambuler Mitteilungen, 25, 141-147)

Inscription funéraire. Bloc de marbre blanc ; sur le devant, en haut et à droite, trou de fixation pour une couronne : hauteur : 36 cm ; largeur : 62 cm ; épaisseur : 36 cm. Il s’agit probablement d’un autel funéraire, non d’une base de statue.

Lieu de découverte inconnu.

[- – – – – – Τιβ]εͅρίου [Κ]λαυδίου Νέρω-[νος Καίσ]ᾳρος ἐπάνω τῶν πορφυρῶν

Un tel (esclave) de Tiberius Claudius Néron César, préposé aux teinturiers en pourpre.

Datation : d’après l’onomastique de Néron, entre 50 et 54 p.C. et très probablement après38.

CIL, III, 536, D., 1575

(Lassère, J.-M. (2005) : Manuel d’épigraphie romaine, Paris, 704-705)

Corinthe

Dédicace

Traduction de J.-M. Lassère

Theoprepen Aug(usti) lib(ertum) proc(uratorem) domini n(ostri) M(arci) Aur(elii) Severi Alexandri Pii Fel(icis) Aug(usti) provinciae Achaiae et Epiri et Thessaliae rat(ionum) purpurarum, proc(uratorem) ab ephemeride, proc(uratorem) a mandatis, proc(uratorem) at prandia Galliana, proc(uratorem) saltus Domitiani, trichlinarcham, praepositum a fib(u)lis, praeposit[um] a crystallinis hominem incomparabilem, [L]ysander, Aug(usti) lib(ertus) officialis. Φηφίσματι Β(ουλῆς)

En l’honneur de Theoprepes, affranchi de l’empereur, procurateur de notre seigneur Marc Aurèle Sévère Alexandre, pieux, heureux, Auguste, chargé des comptes des teintureries de pourpre de la province d’Achaïe, d’Épire et de Thessalie, procurateur du livre sacré, procurateur du mandata, procurateur des domaines de Gallus, procurateur du domaine de Domitius, maître d’hôtel, préposé aux fibules, préposé aux vases en crystal, homme incomparable, Lysander, affranchi de l’empereur et membre de l’officium. Par décret de la boulé.

Datation : sous le règne d’Alexandre Sévère.

Les sources juridiques
et administratives

Le Code Théodosien

Les textes du Code Théodosien cités ci-dessous sont extraits de C. Pharr, The Theodosian Code, New-York, 1969.

CT, 9, 45, 3 (extrait)

Si quis in posterum servus ancilla, curialis, debitor publicus, procurator, murilegulus, quilibet postremo publicis privatisve rationibus involutus ad ecclesiam confugiens vel clericus ordinatus vel quocumque modo a clericis fuerit defensatus nec statim conventione praemissa pristinae condicioni reddatur, decuriones quidem et omnes, quos solita ad debitum munus functio vocat, vigore et sollertia iudicantum ad pristinam sortem velut manu mox iniecta revocentur (…). (398 iun.).

Si dans le futur, tout esclave, servante, décurion, débiteur public, procurateur, pêcheur de murex ou n’importe qui, finalement qui est impliqué dans des comptes publics ou privés devait prendre refuge dans une église et s’il devait être soit ordonné ecclésiastique soit défendu de quelque manière par des ecclésiastiques et s’il ne pouvait pas être renvoyé à ces anciennes fonctions immédiatement par une injonction, du moins pour les décurions et tous ceux qui sont appelés par une fonction coutumière au devoir, qu’ils soient rappelés à leur ancien sort par l’énergie et la sagesse des juges par poursuite judiciaire (…). Juillet 398.

CT, X, 20, 17

Placet, si conchyliolegulorum filiae condicionis alienae nubserint viris, qui ex ipsis fuerint procreati ab eo tempore nexum maternae adscriptionis agnoscant, ex quo promulgatam super hoc cognoverint legem. De his vero, quos ante eam natos esse constiterit, huiusmodi forma servetur, ut, sive conchyliolegulorum seu adscriptorum progenies fuerit colonorum, paternam tantum condicionem sequantur. Si qui vero post legem aut patre conchyliolegulo geniti probabuntur aut matre, memoratae adscriptioni obnoxios se esse non ambigant. (427 mart.).

C’est notre plaisir que si la fille d’un pêcheur de coquillages à pourpre devait épouser un homme d’un autre statut, les enfants nés de cette union devront adopter l’engagement de la tâche de la mère au service de l’État. Qu’ils apprennent que cette loi a été promulguée. En ce qui concerne les enfants qui apparaissent être nés avant la promulgation de la dite loi, la règle suivante devra être observée, à savoir que les enfants nés de pêcheurs de murex ou inscrits sur la liste des citoyens de la colonie devront suivre seulement le statut de leur père. Mais si après la promulgation de la dite loi, des enfants sont prouvés être nés d’un père ou d’une mère de la corporation de pêcheurs de murex, ils ne pourront pas douter qu’ils seront obligés de la susdite tâche du service de l’État. Mars 427.

CT, X, 20, 18 (extrait)

Quoniam trecentas paene libras blattae sericae clandestina fucatione non sine laesae maiestatis crimine coloratas et adaeratum conchylii non minimum pondus patefactum est, quaestione prodente, quibus sollemniter artibus, quibus consciis ac ministris metaxa cum privata fiscalis aequaliter publico murice tinguebatur, purpurae nundinas, licet innumeris sint constitutionibus prohibitae, recenti quoque interminatione vetamus (…) (436 mart.).

Étant donné qu’il a été découvert que presque trois cents livres de soie pourpre ont été teintes clandestinement, non sans que cela soit passible du crime de lèse-majesté, et qu’un poids non négligeable de pourpre a été converti en argent et puisque des témoins sous la torture ont révélé par quels artifices de la soie du fiscus était habituellement teinte avec de la soie privée dans la pourpre publique, quelles personnes étaient complices dans ce crime et quelles personnes les ont aidées, et bien que le trafic de pourpre ait été prohibé par d’innombrables constitutions, nous l’interdisons aussi par une nouvelle menace (…). Mars 436.

Traduction revue.

CT, XIII, 1, 9

Omnes iam nunc studio negotiationis intenti, seu conchylioleguli seu ex aliquolibet corpore mercatores, ad pensitationem auri, quod negotiatoribus indicitur, compellantur. Beneficium. (372 iun.).

Que tous les hommes maintenant occupés à la recherche d’affaires, qu’ils soient pêcheurs de murex ou commerçants de n’importe quelle autre corporation, soient contraints au paiement de l’impôt payable en or qui est prélevé sur les commerçants. La faveur accordée à certains est une injustice faite à la plèbe. Juin 372.

CT, XV, 7, 11 (extrait)

[Nulla mima…] His quoque vestibus noverint abstinendum, quas Graeco nomine Alethinocrustae vocant, in quibus alio admixtus colori puri rubor muricis inardescit. (393 sept.)

Que les actrices de mime… sachent qu’elles doivent s’abstenir de ces vêtements qu’on appelle du nom grec de Alethinocrustae, dans lesquels brille le rouge de la pourpre pure mêlé à une autre couleur. Septembre 393.

Traduction revue.

Le Code Justinien

Les textes du Code Justinien cités ci-dessous sont extraits de : T. Mommsen et P. Krüger, Corpus Iuris Civilis, Berlin, 1922. Les traductions sont celles de H. Hulot et P. Tissot, Corps de droit civil romain, Metz, 1807, sauf mention contraire.

CJ, IV, 40, 1

Fucandae atque distrahendae purpurae, vel in serico, vel in lana, quae blatta, vel oxyblatta, atque hyacinthina dicitur, facultatem nullus possit habere privatus. Sin autem aliquis supra dicti muricis vellus vendiderit, fortunarum se suarum et capitis sciat subiturum esse discrimen.

Qu’aucun homme privé n’ait la faculté de teindre la soie ou la laine avec les sortes de pourpre nommées blatta ou oxyblatta et hyacinthina et de vendre ensuite les étoffes. Si quelqu’un s’avise de vendre la laine teinte avec la pourpre dont nous avons parlé ci-dessus, qu’il sache qu’il y va de sa fortune et de sa tête. (entre 379 et 383)

CJ, X, 48, 7

Negotiantes vestiarios, linteones, purpurarios, et parthicarios qui devotioni nostra deserviunt, visum est secundum veterem consuetudinem ab omni munere immunes esse.

Il nous a paru bon que les marchands de vêtements, les tisserands, les purpurarii et les parthicairesconsacrés à notre dévotion, soient selon la vieille coutume, exempts de toutes charges. (entre 337 et 361)

CJ, XI, 7 (8), 2 = CT, I, 32, 1

Procuratores rei privatae baphii et gynaecii, per quos et privata nostra substantia tenuatur et species in gynaeciis confectae corrumpuntur, in baphyiis etiam admixta temeratio naevum adducit inquinatae adluvionis, suffragiis abstineant, per quae memoratas administrationes adipiscuntur, vel, si contra hoc fecerint, gladio feriantur.

Que les procurateurs de la res privata de l’atelier de teinturerie de pourpre et de l’atelier de tissage par lesquels notre fortune privée est amenuisée, les étoffes confectionnées sont altérées et que la falsification, amène au sein même de l’atelier de teinture à souiller d’un liquide corrompu, s’abstiennent des suffrages par lesquels on atteint les hautes fonctions administratives. (entre 317 et 333).

Traduction revue.

CJ, XI, 8 (9), 3

Vellera adulterino colore fucata, in speciem sacri muricis intingere non sinimus nec tinctum cum rhodino prius serico, alio postea colore fucari, cum de albo omnium colorum tingendi copia non negetur. Nam capitalem poenam illicita tentantes suscipient.

Nous ne souffrirons point qu’on teigne la laine avec une couleur qui imite celle qui se fait avec le murex sacré. Nous ne voulons point non plus qu’on teigne la soie d’abord en couleur rose, pour ensuite la reteindre encore avec une autre couleur, puisqu’il n’est pas interdit de teindre le blanc de toutes les couleurs. Ceux qui contreviendront à cette disposition seront condamnés à la peine capitale. (entre 393 et 395).

Traduction revue.

CJ, XI, 8 (9), 9 = CT, 10, 20, 12

Si quis naviculam functioni muricis et legendis conchyliis deputatam ausus fuerit usurpare, duarum librarum auri illatione teneatur.a. 385.

Que celui qui aura la témérité d’usurper un navire destiné à la pêche des murex et des conchilia, soit condamné à l’amende de deux livres d’or. Année 385.

CJ, XI, 8 (9), 10

Latas in posterum sericoblattae et metaxae huiusmodi species inferri praecipimus : viginti librarum auri condemnatione proposita his, qui scrinium canonum tractant, prioribus etiam cuiuscumque officii, si statuta caelestia a quodam passi fuerint temerari. a. 406

Nous ordonnons qu’à l’avenir on réserve pour notre usage, et qu’on nous livre les vêtements de soie teints en pourpre ainsi que la soie brute et que les officiers préposés au bureau des canons, ainsi que les chefs d’un bureau quelconque, soient condamnés à l’amende de vingt livres d’or, au cas où ils toléreraient des contraventions à la présente loi. Année 406.

CJ, XI, 8 (9), 11pr. = CT, X, 20, 14

Murileguli, qui relicto atque despecto propriae condicionis officio vetitis se infulis dignitatum et cingulis penitus denegatis munisse dicuntur, ad propriae artis et originis vincula revocentur. Ab illis autem, qui rebus eorum videntur inhiasse, quos in sua origine permanere et sollemnibus ministeriis inservire manifestum est, omnia quaecumque constiterit ex quocumque titulo possessa antiquis possessoribus restituantur. Quod si alienigenae detentatores oneribus condicionis externae maluerint subiacere quam restituere facultates, et futura deinceps agnoscant munia sibi esse subeunda et de praeterito, si qua ipsis possidentibus reliqua colliguntur, a semet ipsis sciant sine aliqua excusatione solvenda. (424 nov.)

Que les murilégules qui, après avoir cessé et abandonné les devoirs de leur condition, se sont permis d’accepter des dignités qui leur sont interdites, ou se sont immiscés dans des fonctions incompatibles avec leur condition, soient aussitôt ramenés à l’exercice de l’art auquel leur condition originelle les attache ; que les possesseurs de biens provenant de personnes attachées exclusivement par leur origine à certaines professions publiques, soient contraints de les restituer à leurs anciens possesseurs, quel que soit le titre de leur possession ; faute de quoi, qu’ils sachent qu’ils seront attachés pour l’avenir à la condition de ceux dont ils ont acquis ces biens, et tenus à la rigueur pour le passé, des arrérages dus par ceux dont ils prennent la condition, par suite de leur refus de restituer ces biens acquis illégitimement. Novembre 424.

CJ, XI, 8 (9), 12 = CT, X, 20, 17

Ii, qui ex filiabus murilegulorum et alienae originis patribus sunt vel fuerint procreati, iura maternae condicionis agnoscant.a. 429.

Que ceux qui sont nés d’une fille d’un murilégule et d’un père d’une autre condition, sachent qu’ils appartiennent à la condition de leur mère. Année 429.

CJ, XI, 8 (9) 13 = CT, X, 20, 16

Si quis ex corpore gynaeciariorum vel linteariorum vel linyphariorum monetariorumve aut murilegulorum vel aliorum similium ad divinas largitiones nexu sanguinis pertinentium voluerit posthac de suo collegio liberari, non quoscumque nec facile in locum proprium, freti dextrae triumphalis absolutione, substituant, sed eos, quos omnibus idoneos modis sub ipsis quodammodo amplissimae tuae sedis obtutibus approbaverint : ita tamen, ut is, qui ab huiusmodi condicione iuxta formam caelitus datam beneficio principali fuerit absolutus, universi generis sui prosapiam in functione memorati corporis permanentem cum omnibus eius qui absolvitur rebus obnoxiam largitionibus sacris futuram esse non dubitet. Mart. 426.

Que dans le cas où quelqu’un attaché au corps des gynéciaires, des tisseurs de lin, des tisserands, des monnayeurs, des murilégules ou à d’autres corps semblables appartenant aux fonds des largesses impériales par le lien du sang et désirerait désormais en être séparé et se faire remplacer, on n’accueille point sans discernement de pareilles demandes, et que tout remplaçant ne soit pas admis indistinctement ; mais que celui-là seul soit reçu comme remplaçant, qui étant capable sous tous les rapports, aura été approuvé par votre excellence. En outre, que dans tous les cas ceux qui, par un bienfait spécial de notre part, auront obtenu la faculté de se faire remplacer auprès du corps auquel ils appartiennent, sachent que leur postérité, ainsi que leurs biens, demeureront, comme par le passé, engagés au corps qu’il leur a été permis d’abandonner. Mars 426.

CJ, XI, 8 (9), 14

Privatae vel linteae vestis magistri, thesaurorum praepositi vel baphiorum ac textrinorum procuratores ceterique, quibus huiusmodi sollicitudo committitur, non ante ad rem sacri aerarii procurandam permittantur accedere, quam satisdationibus dignis eorum administratio roboretur : scituri nec prosecutorias quidem sacras posthac sibimet postulandas. a. 426.

Que ceux qui ont été nommés à l’intendance de notre garde-robe ou de la trésorerie, ou élevés à la direction des ateliers de pourpre et des ateliers de tissage, ou à d’autres emplois semblables, ne soient admis à l’exercice de ces diverses fonctions du trésor sacré, qu’après avoir fourni un cautionnement convenable ; qu’ils sachent que c’est vainement qu’ils demanderaient d’être dispensés de fournir ce cautionnement. Année 426.

CJ, XI, 8 (9), 15 = CT, X, 20, 15

Qui aut patre conchyliolegulo geniti probabuntur aut matre, memoratae adscriptioni obnoxios se esse non ambigant. a. 427 April.

Les empereurs Theodose et Valentinien au Comte des largesses sacrées Valerius

Que ceux qui seront convaincus d’être nés d’un père ou d’une mère conchylégule, sachent que leur naissance les attache à cette même condition. Avril 427.

CJ, XI, 9, 4 = CT, X, 21, 3 (extrait)

[…] Nec pallia tunicasque domi quis sericas contexat aut faciat. Quae tincta conchylio nullius alterius permistione contexta sint, proferantur ex aedibus, tradanturque tunicae aut pallia ex omni parte texturae cruore infecta conchylii. Nulla stamina subtextantur tincta conchylio, nec eiusdem infectionis arguto pectine solidanda fila decurrant : reddenda aerario holovera vestimenta virilia protinus offerantur. a 424 Febr.

Que personne non plus ne tisse ni ne fabrique dans sa maison des tuniques ou des manteaux de soie. Que ceux qui sont teints avec le conchylium et tissés sans ajout d’autre chose soient emmenés hors des maisons et que soient remis les tuniques et les manteaux qui sont teints dans toutes les parties de leur tissu avec le sang du conchylium. Qu’aucun fil de chaîne teint avec du conchylium ne soit tissé, ni que des fils de trame teints avec cette même teinture ne courent au moyen de la navette. Que les vêtements holobères pour hommes devant être rendus soient directement apportés à notre trésor.Février 424.

Traduction revue.

CJ, XI, 9, 5

Purpurae nundinas, licet innumeris sint constitutionibus prohibitae, recenti quoque interminatione vetamus ; et dispositione illustris memoriae Synesii revocata, quae perperam infirmata est ab illustris memoriae Anysio, a quo surreptum nobis est veritate celata, septimum de scrinio canonum, quintum de scrinio tabulariorum ad baphia Phoenices per certum tempus mitti praecipimus, ut fraus omnis eorum prohibeatur solertia, timentium, ne quaesitis multo sudore stipendiis careant : etiam viginti librarum auri condemnatione proposita. Mart. 436.

Nous prohibons de nouveau le marché de la pourpre quoique cette prohibition ait déjà été prononcée par une multitude de constitutions. Et nous ordonnons que pour cette raison, soient envoyés à une certaine période aux manufactures de pourpre de la Phénicie, le 7e au bureau des greffiers, le 6e au bureau des canons, le 5e au bureau des comptables, le 4e au bureau des vestiaires, pour que soit évitée toute fraude par l’intelligence de ceux-ci qui craindront d’être privés d’émoluments recherchés à grand peine. Ils seront condamnés à une amende de 20 livres d’or. Mars 436.

Traduction revue.

CJ, XI, 8 (9), 16

Μηδείς, ὼς ε͂τυχεν, τοῖς δημοσἰοις σωματειοις ἐγγπαφἐσθω, εἰ μὴ κατὰ τὸ ἀναγκαῖον καἰ ἐκ γένους ὠν τοιούτου καί ἡλικίας καί τέχνηω ἐστἰν. τῷ ἀρχοντι τῆς ἐπαρχίας καἰ κατατιθἐμενου τοῦ σωματείου, ὄτι ἐπιτἠδειος ἐστι καἰ τὰ πραττόμενα εἰς ἡμᾶς ἀναφερέσθω, ὤστε ἡμᾶς πάλιν ἐπιχυρῶσαι διὰ θείων συλλαβῶν τάξιν προβατορίας λαμβανουσθῶν. Εἰ δἑ παραβαίν ταῦτα τις, ὀυτε τὰς παραμυθίας λήφεται τὰς ἐντεῦθεν οὕτεκοινωνἠσει τῷ συματέῳ, ἀλλὰ βασανισθεἱις εξορισθήσεται διηϝεκῶς ἑκ τῆν ἐπαρχίας, καἱ πᾶς δέ συνεργήσας τοῖς αὐτοῖς ἐπιτιμίοις ὑποκεἰσε ται, καἰ μάλιθτα ὁ πραιπόθιτος.

Personne n’a le droit de s’inscrire dans les corporations publiques inconditionnellement, sauf si nécessaire ou s’il est membre d’une famille qui appartient à cette profession et qu’il a l’âge requis ou qu’il est habile dans ce métier. Pour se faire (s’inscrire), le magistrat de la province doit rédiger un acte, approuvé par l’association, attestant qu’il (le candidat) a les qualités requises. Cet acte doit nous être transmis afin d’être ratifié une seconde fois par une lettre impériale recommandée. L’infracteur n’aura pas le droit au salaire, mais il sera torturé, avant d’être exilé à vie de la province, tandis que ses complices seront punis de la même manière et plus que tout le responsable.

Traduction D. Gondikas.

L’authenticité de ce texte a été contestée, car il a été rajouté ultérieurement. Mais ce seul argument ne nous parait pas suffisant pour l’exclure de ce catalogue.

Digeste

Les textes latins du Digeste et leur traduction sont extraits de : Corps de droits civil romain en latin et en français, les cinquante livres du Digeste ou des Pandectes de l’Empereur Justinien, traduction H. Hulot, Aalen, 1979, réimpression de l’édition de 1803-1805.

Digeste, XXXII, 70, 12-13 (extrait Ulpianus)

Purpurae autem appellatione omnis generis purpuram contineri puto : sed coccum non continebitur, fucinum et ianthinum continebitur. Purpurae appellatione etiam subtemen factum contineri nemo dubitat : lana tinguendae purpurae causa destinata non continebitur.

Je pense que sous le nom de pourpre on doit comprendre toute espèce de pourpre. Cependant l’écarlate n’y sera pas comprise. On comprendra aussi sous ce nom l’orseille et le ianthinum.

Personne ne doute que sous le nom de pourpre, on ne comprenne aussi le tissage. On ne comprendra pas sous le nom de pourpre la laine qui était destinée à être teinte en pourpre.

Traduction revue.

Digeste, XXXII, 78, 5 (Paulus)

Coccum quod proprio nomine appellatur quin versicoloribus cederet, nemo dubitavit. Quin minus porro coracinum aut hysginum aut melinum suo nomine quam coccum purpurave designatur ?

Il n’y a pas de doute que l’écarlate, qui a un nom propre, ne fasse partie des laines pourpres ; Est-ce que le noir de corbeau, l’hysgine ou le melinum ne sont que des différentes espèces de teinture d’écarlate ou de pourpre ?

Traduction revue.

Digeste, XXXII, 91, 2 (Papinianus)

Pater filio tabernam purpurariam cum servis institoribus et purpuris, quae in diem mortis eius ibi fuerunt, legavit. Neque pretia purpurae condita neque debita neque reliqua legato contineri placuit.

Le père légua à son fils la boutique de pourpre avec les gérants esclaves et les pourpres qui s’y trouvaient le jour de sa mort. Et on décida que ni l‘argent monnayé de la pourpre, ni les dettes, ni les arrérages ne soient compris dans ce legs.

Traduction revue.

Digeste, XXXII, 58 (Ulpianus)

Cum uxori suae quis ea, quae eius causa parata sunt, legasset, dehinc vivus purpuras comparasset in provincia necdum tamen advexisset, rescriptum est ad mulierem purpuras pertinere.

Un mari a légué à sa femme les effets destinés à son usage ; ensuite il a acheté dans une province de la pourpre pour sa femme, et est mort sans les lui avoir apportées. Il a été décidé que ces étoffes appartenaient à la femme.

Traduction revue.

Digeste, XXXIV, 2, 19, 5 (Marcianus, extrait)

Quod ad speciem argenti iunctum est, quemadmodum clavi aurei et purpurae pars sunt vestimentorum. Idem pomponius libris epistularum, etsi non sunt clavi vestimentis consuti, tamen veste legata contineri.

Mais dans l’autre cas, ce qui a été associé à l’argent pour embellir l’objet fait partie du legs, puisqu’il reste essentiellement constitué d’argent, de même que les bandes d’or et de pourpre font partie des vêtements. Pomponius selon les recueils de lettres, considère que même si les bandes ne sont pas cousues, elles font partie du legs de l’habillement.

Digeste, XXXIV, 2, 4 (Paulus)

Cum quidam libertum suum in asiam misisset ad purpuras emendas et testamento uxori suae lanam purpuream legasset, pertinere ad eam, si quam purpuram vivo eo libertus emisset, servius respondit.

Un testateur qui avait envoyé son affranchi en Asie pour acheter des étoffes de pourpre, a légué à sa femme de la laine pourpre. Servius a répondu que les étoffes achetées appartenaient à la femme, si l’affranchi les avait achetées avant la mort du testateur.

Digeste, XXXIX, 4, 16, 7 (Marcianus)

Species pertinentes ad vectigal : cinnamomum : (…) pelles babylonicae (…) purpura, item (…), fucus, capilli indici.

Voici les marchandises sujettes à l’impôt : la cannelle, (suit toute une liste de plantes aromatiques et de parfums) les fourrures de Babylone, (suit toute une liste de tissus et de pierres précieuses) la pourpre, (…), le fucus, les cheveux des Indes.

Notitia Dignitatum

Le passage ci-dessous est extrait de Notitia Digninatum, éd. O. Seek, Frankfort, 1962.

La Notitia Dignitatum est datée, selon A. Chastagnol, Évolution politique sociale et économique du monde romain, Paris 1994, p. 34, de la première décennie du Ve s. p.C.

In Partibus Occidentis
Dans la partie occidentale

XI. Insignia viri illustris comitis sacrarum largitionum.

Procuratores bafiorum :
Les procurateurs des ateliers producteurs de pourpre :

Notitia Dignitatum, XI, 65-73 :
65 Procurator bafii Tarentini, Calabriae.
65 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre Tarentin, de Calabre.

66 Procurator bafii Salonitani, Dalmatiae.
66 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre de Salone, de Dalmatie.

67 Procurator bafii Cissensis, Venetiae et Histriae.
67 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre de Cissa, de Vénétie et d’Histrie.

68 Procurator bafii Syracusani, Siciliae.
68 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre Syracusain, de Sicile.

69 Procurator bafiorum omnium per Africam.
69 Procurateur de tous les ateliers producteurs de pourpre pour l’Afrique.

70 Procurator bafii Girbitani, provinciae Tripolitanae.
70 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre de Girba, de la province de Tripolitaine.

71 Procurator bafii insularum Balearum, in Hispania.
71 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre des îles Baléares, en Espagne.

72 Procurator bafii Telonensis, Galliarum.
72 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre Toulonnais, des Gaules.

73 Procurator bafii Narbonensis.
73 Procurateur de l’atelier producteur de pourpre Narbonnais.

Les sources iconographiques

Stèle de C. Pupius Amicus

Localisation

Museo Nazionale di antichità à Parme.

Cette stèle se trouvait dans une église de Corlono jusqu’au XVIIIe siècle. Elle a été découpée en trois parties. Elle fut transférée au Museo Nazionale di antichità de Parme au XIXe siècle.

Description générale

Le buste d’un homme drapé d’une toge plissée se trouve dans une niche quadrangulaire ornée d’une décoration végétale à candélabres. Cette niche est surmontée d’un tympan orné d’une tête de gorgone et de feuilles de lierre. On note la présence de fractures dans l’acrotère.

Le nom du purpurarius et celui de son métier sont inscrits au-dessus de la niche ; le reste de l’épitaphe se trouve sur la partie inférieure de la stèle. Au-dessous du buste sont représentés les différents instruments symbolisant le métier de purpurarius.

Dimensions :

– Hauteur : 2,28 m
– Largeur : 0,80 m
– Épaisseur : 0,24 m

Inscription

CIL, XI, 1069a

(Susini, G. (1965) : Le collezioni epigrafiche parmensi, Parma, Museo Nazionale di antichità, Parme, p. 30, tav. XC)

C(aius) Pupius C(aii) l(ibertus) Amicus / purpurarius / vivos fecit / sibi et suis / in f(ronte) p(edes) XII in a(gro) p(edes) XX

Caius Pupius Amicus, affranchi de Caius, purpuraire. Il a fait cela de son vivant pour lui et les siens. (Aire funéraire) de face 12 pieds, en profondeur 20 pieds.

Datation : Cette inscription est antérieure aux années 70 p.C., vu le texte qui est sobre, au nominatif, sans allusion aux dieux Mânes, avec la mention in fr. in a et le type de stèle qui entre dans une série nord-adriatique.

Description des objets figurés sur la stèle

Le premier instrument à gauche pourrait représenter une regula, c’est-à-dire une règle pliante correspondant à l’unité de mesure linéaire romaine d’un pied (29,65 cm).Dans la réalité, cet instrument de mesure avait des graduations que le sculpteur n’a pas reproduites ici, sans doute par souci de simplification. La regula représentée sur la stèlecomportait, en outre, semble-t-il, un troisième bras ou plutôt la lame qui permettait de couper les fils. À droite de cette regula, se trouve une bouteille de forme globulaire avec un col long et évasé à l’ouverture. Au centre en haut, figure une balance romaine : celle-ci comporte deux plateaux dont celui de droite est mutilé et un poids visible sur la partie droite du bras. En dessous du plateau gauche de la balance, est reproduit un flacon à pied de forme étroite et fermé par un bouchon. À droite de ce flacon ainsi qu’en haut à droite du champ iconographique, on distingue deux lots d’écheveaux de laine munis d’anneaux de préhension. En bas à droite, figure une bouteille légèrement piriforme, à col étroit, plus petite que la bouteille globulaire.

Stèle funéraire
de M. Satellius Marcellus

Localisation

Dans la localité de Santa Sofia Mevaniola. La partie supérieure de la stèle est conservée dans un mur du pronaos de l’église paroissiale de San Martino, à droite de la porte.

Description générale

Stèle en calcaire blanc. La partie supérieure de la stèle est constituée d’une niche dans laquelle sont représentés deux personnages. Autourde cette dernière sont sculptés des objets symbolisant les activités de Marcus Satellius Marcellus. La partie inférieure de la stèle comporte l’inscription.

L’état de corrosion avancé des visages ne permet pas une étude stylistique. Le personnage de gauche, un homme, est en demi profil. Le personnage de droite, une femme, est représenté de face.

Dimensions

– Hauteur : 0,67 m
– Largeur : 0,62 m
– Hauteur de la niche : 0,33 m
– Profondeur de la niche : 0,125 m

Inscription

CIL, XI, 6604 = Suppl. It. 11, 100

(Susini, G. (1959) : “Fonti Mevaniolensi, scrittori, itinerari, iscrizioni, toponimi”, StudRomagn, 10, 30-32)

M(arcus) Satellius Q(uinti) [f(ilius)] / Stel(latina tribu) Marcellus [pu] / rpurarius sex

vi[r] / sibei et Muronia[e / …] / l(ibertae) Primae viv(o)s fec(it)

Marcus Satellius Marcellus, fils de Quintus, de la tribu Stellatina, purpuraire, sevir, a fait cela de son vivant pour lui et pour Muronia Prima, affranchie de […].

Datation : époque d’Auguste d’après la forme des lettres39. La coiffure de Muronia Prima peut être également datée de la fin de la République et du début de l’Empire. Elle ressemble à celle que porte par exemple l’impératrice Livie.

Description des outils figurés sur la stèle

Sur les côtés gauche et droit de la niche sont représentés les faisceaux, symboles du sévirat qu’a exercé Marcus Satellius Marcellus. Juste au-dessus des faisceaux de gauche sont visibles les instruments qui symbolisent son métier de purpurarius. Nous pouvons distinguer une balance avec deux petits plateaux dont celui de gauche est à peine visible. Le plateau de droite est relié au bras de la balance par trois cordes ou chaînettes. À gauche de ce plateau on peut distinguer un poids également attaché au bras de la balance ainsi qu’une bouteille de forme globulaire fermée par un bouchon. À gauche de cette bouteille a été sculpté un objet dont la forme, indéfinissable, ne peut donner lieu à une interprétation.

Notes

  1. Rey-Coquais 1977, 166-167.
  2. Ibid., p. 41.
  3. Ibid., p. 101.
  4. Ibid., p. 48.
  5. Ibid., p. 72.
  6. Rey-Coquais 1977, 105 ; Robert 1960, 236-237 ; Rougé 1966, 185-188.
  7. Robert 1938, 211.
  8. Robert 1937, 535, note 3 ; Robert 1939, 142 ; Robert 1970, 625 ; Robert 1971, 250.
  9. Papyrus grec Holmiensis, p. 16, lignes 23-25.
  10. Vie Ancienne de S. Syméon Stylite le Jeune, éd. P. Van Den Ven, Susidia hagiographica, n° 32, 1962, p. 39.
  11. Rey-Coquais 1977, 103.
  12. Robert 1939, 142.
  13. D’après M. Christol, renseignement oral.
  14. Synthèse, p. 131.
  15. Gregori 1994, 321.
  16. Ibid., p. 321.
  17. Vicari 2001, 100.
  18. Papier 1879, 10.
  19. Ibid., p. 103.
  20. Ibid., p. 95.
  21. Ibid., p. 96.
  22. Ibid., p. 96.
  23. D’après AE, 1991, 264.
  24. AE, 1994, 283.
  25. Vicari 2001, 102.
  26. Ibid., p. 100.
  27. Ibid., p. 100.
  28. Ibid., p. 102.
  29. Ibid., p. 103.
  30. Ibid., p. 102 ; AE, 1993, 634.
  31. Ibid., p. 107.
  32. Ibid., p. 96.
  33. Ibid., p. 111.
  34. AE, 1982, 709.
  35. Paton & Hicks 1891, n° 309, IV, 1071.
  36. Robert & Robert 1970, 625 ; Robert & Robert 1971, 650 ; IGLS, VII, p. 47, note 5.
  37. Synthèse, p. 110.
  38. Napoli 2004, 126.
  39. Susini 1959, 32.
ISBN html : 978-2-38149-008-3
Posté le 16/12/2022
EAN html : 9782381490083
ISBN html : 978-2-38149-008-3
Publié le 16/12/2022
ISBN pdf : 978-2-38149-015-1
ISSN : 2741-1508
16 p.
Code CLIL : 4117 ; 3385
DOI : 10.46608/DANA4.9782381490083.22
licence CC by SA

Comment citer

Macheboeuf, Christine, “Catalogue des hommes”, in : Macheboeuf, Christine, Exploitation et commercialisation de la pourpre dans l’Empire romain, Pessac, Ausonius éditions, collection DAN@ 4, 2022, 231-248 [en ligne] https://una-editions.fr/catalogue-des-hommes/ [consulté le 13/12/2022].

Au téléchargement

Contenu(s) additionnel(s) :

Accès au livre Exploitation et commercialisation de la pourpre dans l'Empire romain
Illustration de couverture • Hexaplex trunculus
(cl. C. Macheboeuf).
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