Rhodopis est une femme du VIe siècle av. J.-C. qui a circulé de Thrace à l’Égypte (Naucratis) en passant peut-être par Samos ou Lesbos. D’abord esclave de Xanthos, libérée par Charaxos le frère de Sappho, elle s’installe à Naucratis pour faire des affaires.
Hérodote la qualifie d’hétaïre, mais ne décrit pas la nature de ses affaires, sinon qu’il parle de son grand charme, qui signifie aussi sa « fortune », c’est-à-dire sa chance (car elle est protégée d’Aphrodite). Probablement issue d’un travail sexuel, sa richesse justifie qu’elle en remercie l’Apollon de Delphes. Elle fait donc fabriquer des broches en fer qu’elle expédie à Delphes en présent (dîme prélevée sur ses gains) pour Apollon. Hérodote dit que, de son temps, au Ve siècle av. J.-C., les broches offertes par Rhodopis sont toujours entassées derrière l’autel du dieu, en face du temple même.
Rhodopis a acquis une notoriété dans le monde grec du fait de cette riche offrande exposée à la vue de tous les pèlerins. Ce qui frappe aussi est la capacité de Rhodopis, ancienne esclave affranchie, à agir seule. Hérodote ne signale jamais qu’elle se place sous l’autorité ou la protection d’un homme.
✦ Sur les traces de Rhodopis
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Lire le récit ancien
Hérodote, I, 135.