Théodôra est une propriétaire d’esclaves qui agit avec toutes les prérogatives attendues d’un maître d’esclave. Elle est une femme libre, car sa filiation est indiquée : elle est fille d’Archias, mais agit avec le consentement de sa fille, Mégista, sans qu’aucun homme n’intervienne dans l’affaire.
L’esclave que Théodôra libère sous conditions, nommée Apollônia, lui appartient bien. Sa fille Mégista doit donner son accord, probablement car c’est une part de son héritage qui disparaît avec l’affranchissement de l’esclave décidé par sa mère.
La condition est qu’Apollônia reste au service de Théodôra jusqu’au décès de cette dernière. Pendant ce temps de service, elle doit rester obéissante, sinon elle sera châtiée avec toute la sévérité, voire la violence, requise dans la relation maître/esclave. On retrouve Théodôra un peu plus tard lorsque Apollônia réussit à rassembler l’argent qui lui permet de se libérer du service auprès de son ancienne maîtresse. Désormais, l’affranchie est totalement libre. Théodôra agit donc dans le respect du contrat.
Acte d’affranchissement
Théodôra fille d’Archias, avec le consentement de sa fille Mégista, a vendu à Apollon Pythien un individu de sexe féminin du nom d’Apollônia. Apollônia demeurera auprès de Théodôra aussi longtemps que celle-ci vivra, en accomplissant tout ce qui lui est ordonné, dans la mesure du possible ; si elle n’obéit pas, Théodôra aura toute licence de la châtier comme elle l’entend. Si Apollônia veut s’en aller avant le terme, elle versera à Théodôra trois mines d’argent et sera dégagée de son obligation de résidence. Garant : Damôn fils de Ménès. Si quelqu’un porte la main (sur Apollônia) pour la réduire en esclavage, que la vendeuse et le garant garantissent au dieu son achat ; de même toute personne présente aura tout pouvoir pour protéger Apollônia afin d’assurer sa liberté, sans encourir de poursuites pécuniaires ou pénales.
Théodôra a dégagé de son obligation de résidence Apollônia, de qui elle a reçu trois mines, cela en présence et avec le consentement de sa mère Sôpatra. Témoins : les mêmes [que dans l’acte d’affranchissement].
Ier siècle av. J.-C., Delphes. Trad. Mulliez.
✦ Sur les traces de Théodôra
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Lire l’inscription
A. Jacquemin, D. Mulliez, G. Rougemont,
Choix d’inscriptions de Delphes, traduites et commentées,
2012, n° 132.