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Auteur : unaeditions
Repenser la politique : telle est donc la maxime qui a présidé à la rédaction du présent ouvrage. Repenser la politique comme une exigence de notre époque. La crise que nous avons traversée a permis de mettre en lumière des traits et des problèmes structurels dont nous avions depuis longtemps l’intuition : si nos manières d’envisager la politique manquaient à ce point d’efficacité, cela tenait bien sûr à une lecture erronée du réel, mais aussi et surtout aux carences inhérentes à un appareil conceptuel hérité de la tradition idéaliste que nous prétendions pourtant combattre.
La politique consiste fondamentalement en une stratégie visant la construction de subjectivité. Du succès de cette opération dépend aussi bien l’efficace de la maîtrise exercée par le pouvoir constitué, que celle des processus de construction d’antagonisme conduits par le pouvoir constituant. Depuis les stratégies homériques – dont nous avons brossé le tableau plus haut – jusqu’aux procédés sophistiqués mis en œuvre par les moyens de communication-formation de masse, il apparaît clairement que le jeu de la politique est indissociable des processus de subjectivation.
L’une des conséquences découlant nécessairement de l’indéniable hégémonie de l’idéalisme, est qu’une partie non négligeable des outils théoriques dont nous disposons ont été forgés dans ses “ateliers”. Deleuze nous rappelle ainsi que l’acte de penser ne renvoie pas à “l’exercice naturel d’une faculté”[, contrairement à ce que l’image dogmatique de la pensée s’emploie à nous faire croire, mais que tout exercice intellectuel est déterminé, par des conditions qui demeurent cachées.
Pour qui s’efforce de relire la réalité selon une optique matérialiste, la question du sujet doit faire l’objet d’une attention prioritaire, car la Modernité hégémonique, depuis Descartes, a développé avec succès une opération de naturalisation et d’universalisation de la subjectivité qui s’est avérée centrale dans le développement de la politique moderne. En effet, la fiction du contrat social, qui en est la pierre angulaire, et qui se prolonge jusqu’aux propositions actuelles de Rawls, n’a pu se construire que sur la base d’une conception essentialiste du sujet. Déconstruire cet essentialisme, allié incontournable du concept d’identité, et développer une anthropologie matérialiste, nous apparaissent ainsi comme les préalables indispensables au développement d’une politique antagoniste.
L’histoire de la philosophie occidentale, celle que l’on raconte dans les manuels scolaires, et qui fait l’objet d’exposés dans divers milieux académiques, porte en son cœur la marque profonde d’un héritage platonicien qui a fait de l’identité une vieille rengaine que l’on répète à satiété. On comprend mieux alors le dégoût justifié de Nietzsche face à l’extraordinaire pesanteur de siècles chargés de nihilisme et de transcendance ; ou la proposition de Deleuze visant à renverser le platonisme. De Platon à Hegel, ou, si l’on souhaite en prolonger le geste jusqu’à Habermas ou Rorty, Badiou ou Rawls, la philosophie dominante n’a eu de cesse de célébrer, de manière diverse, discrète et silencieuse, son triomphe originaire sur la différence.
Repenser la politique : telle est donc la maxime qui a présidé à la rédaction du présent ouvrage. Repenser la politique comme une exigence de notre époque. La crise que nous avons traversée a permis de mettre en lumière des traits et des problèmes structurels dont nous avions depuis longtemps l’intuition : si nos manières d’envisager la politique manquaient à ce point d’efficacité, cela tenait bien sûr à une lecture erronée du réel, mais aussi et surtout aux carences inhérentes à un appareil conceptuel hérité de la tradition idéaliste que nous prétendions pourtant combattre.
par Julien Canavera
Comment développer, dans une optique matérialiste, une politique de la différence à vocation antagoniste ? Telle est, à n’en pas douter, la grande question à laquelle le présent ouvrage entend apporter une réponse.
par Alix Barbet
“Conte-moi Pompéi”. Est-ce un conte, un roman, un documentaire, un livre d’art ? Non, mais un livre d’initiation sous forme de dialogues comme le faisaient les philosophes de l’Antiquité, une b@lade dans cette ville figée par une terrible éruption volcanique. Des enfants posent des questions sur Pompéi et les échanges sont vivants et directs. L’archéologue Alix Barbet, directrice de recherche honoraire au CNRS, qui parcourt Pompéi et sa région depuis cinquante ans, mène le débat. Ce livre a été édité aux éditions Ausonius ; le voici aujourd’hui sous un nouveau format ouvert, visible par le plus grand nombre, offrant ainsi une lecture renouvelée.
Les déplacements liés au recours aux soins sont de plus en plus complexes avec le développement des moyens de communication, les changements dans les modes de vie et sans doute la fonctionnalisation de l’espace sur fond de territorialisation de l’offre de soins impliquant une diversité d’itinéraires thérapeutiques.
Le programme @NUBIS (Annales NUmériques de la Bibliographie ISiaque) s’inscrit dans le prolongement actualisé et redimensionné de l’Inventaire bibliographique des Isiaca (IBIS) paru dans les années 1970-1990. Les utilisateurs disposeront alors d’un ensemble de plus de 6000 notices critiques rédigées en français ou en anglais par une équipe internationale de chercheurs, et couvrant l’intégralité des publications “isiaques”, depuis l’ouvrage fondateur de Georges Lafaye, “Histoire du culte des divinités d’Alexandrie : Sérapis, Isis, Harpocrate et Anubis, hors de l’Égypte depuis les origines jusqu’à la naissance de l’école néo-platonicienne”, paru à Paris chez E. Thorin en 1884.
Auteur de deux monographies sur la prise en charge des enfants abandonnés à Bordeaux parues à la MSHA, Bernard Allemandou, pédopsychiatre, s’intéresse ici au sort réservé aux enfants pauvres auteurs de délits. Le pénitencier de Saint-Jean créé en 1837 pour les garçons mineurs, et celui de Sainte-Philomène l’année suivante pour les filles, étaient nés du défaut du système d’incarcération pratiqué à l’époque où les enfants n’étaient pas séparés des détenus adultes.