Scène d'école au forum
Sous la colonnade du forum, un maître d’école a installé ses élèves. On les voit à gauche, sagement assis, tablettes sur les genoux ; mais à droite, un écolier est en train de se faire fouetter : il est immobilisé, saisi par un garçon devant lui, tandis qu’un autre lui tient les jambes. Le maître (dont la tête est effacée), derrière, s’apprête à le battre.
Restitution de la scène d'école au forum
Restitution d'un scène d'école à Pompéi.
Vendredi

Sur les chemins de l’école

dessin du petit garçon surnommé ici Leonis Nicolas : J’ai une question à te poser. Est-ce que les enfants de Pompéi allaient à l’école comme nous ?

Les enfants les plus riches avaient leur propre maître d’école, souvent un esclave grec cultivé, appelé le “pédagogue”. Il venait à la maison et s’occupait beaucoup d’eux. Il leur apprenait à lire et à écrire en grec (la langue des gens cultivés) et en latin (la langue commune). Ces enfants-là apprenaient aussi à compter. Ils connaissaient beaucoup de poèmes par cœur. Les mathématiques et la musique faisaient partie du programme.

Instruments pour écrire, monnaies, boîte pour les rouleaux, tablette.
Instruments pour écrire, monnaies, boîte pour les rouleaux, tablette.
Clémence : Avec quoi on écrivait ?

Le papier moderne que nous connaissons n’existait pas et le papyrus, fait avec les fibres de cette plante aquatique, coûtait très cher. En outre, il fallait être très habile pour écrire avec une plume en roseau et de l’encre sans faire de pâtés ! Alors, les enfants avaient des sortes d’ardoises : des tablettes en bois recouvertes de cire suffisamment molle pour qu’on puisse graver les mots avec une pointe en métal. On effaçait facilement avec la petite boule qui se trouvait à l’autre bout de ce drôle de crayon.

 Ysatis : Et les autres enfants ?

Pour les autres enfants, l’école avait lieu dans des endroits divers, par exemple sous les portiques du forum à Pompéi. On en a une image peinte qui nous montre un élève recevant des coups de fouet. Sans doute, avait-il été particulièrement chahuteur ou savait-il mal ses leçons ? Les maîtres étaient très sévères.

Portrait en bronze du banquier Lucius Caecilius Jucundus ou d’un de ses ancêtres
Le jeune enfant déroule de la main droite le rouleau, au fur et à mesure de sa lecture, et l’enroule à nouveau de la main gauche. Sa mère assiste à la leçon et la jeune femme, derrière lui, l’encourage, la main posée sur son épaule. Elle tient dans sa main gauche un papyrus roulé. La scène se passe dans une riche maison. L’enfant est nu, comme le sont généralement les dieux et les héros ; il ne s’agit peut-être pas d’un enfant ordinaire mais, par exemple, du petit Achille enfant.
Lui, tient un rouleau de papyrus blanc fermé avec une étiquette rouge ; elle, porte à sa bouche le stylet en bronze qui permet d’écrire en incisant la cire des tablettes qu’elle tient en main. Le cadre de bois jaune clair en est bien visible et la cire était étalée sur la partie brunâtre de la tablette. À noter que l’homme n’est pas entièrement rasé à la mode romaine mais porte une légère moustache et une barbe bouclée. Quant à sa femme, des frisures sont artistement disposées sur son front et retombent sur ses épaules selon la mode du moment.
Portrait d'un couple de pompéiens

Nicolas : J’aimerais bien savoir si les Romains avaient des montres pour lire l’heure.

Il n’y avait pas de montre comme aujourd’hui et les jours et les nuits n’avaient pas la même durée selon les saisons. En effet, on comptait douze “heures” de jour et douze “heures” de nuit en se repérant par rapport au lever et au coucher du soleil. Or, vous savez bien que l’été, le jour dure beaucoup plus longtemps et qu’on se couche plus tard. L’hiver, par contre, la journée est beaucoup plus courte et on doit se lever alors qu’il fait encore nuit pour aller à l’école. Donc, les heures n’avaient pas la même durée selon les saisons : 80 de nos minutes par “heure” l’été, 40 de nos minutes par “heure” l’hiver. Aux équinoxes de printemps et d’automne, l’heure correspondait à 60 de nos minutes.

Ysatis insistant : Comment faisait-on pour ne pas être en retard au rendez-vous qu’on avait pris avec quelqu’un ?

Eh bien justement ! Il y avait un cadran solaire sur le forum, près du temple d’Apollon. L’ombre du soleil se projetait par une aiguille sur un cadran de pierre sur lequel les douze heures de jour étaient marquées. À midi, heure solaire, l’ombre était verticale. 

Cadran solaire à l’entrée du temple d’Apollon
Cadran solaire à l’entrée du temple d’Apollon. On voit bien les rayons gravés sur la pierre, la petite aiguille et son ombre portée vers la droite, au niveau de la 4e heure. Nous sommes donc en milieu de matinée.
Clémence ronchonnant : Tout cela n’était pas très commode s’il fallait faire des centaines de mètres pour aller regarder le cadran solaire qui était au marché alors qu’on habitait à l’autre bout de la ville !

dessin de la grand-mère qui souritTu as bien raison ; alors, des petits malins ont eu l’idée de faire des cadrans portatifs. C’était une petite boîte, un peu plus grande qu’une grosse boîte d’allumettes, qu’on ouvrait et qui donnait de la même façon l’heure du soleil.

Louise l’esprit pratique : Mais comment faisait-on quand il pleuvait, quand il y avait des nuages et la nuit ?

sablierLes Romains avaient inventé des horloges hydrauliques c’est-à-dire un système où l’eau coulait en un temps donné que l’on pouvait repérer. On plaçait un vase que l’eau remplissait complètement au bout d’une heure ou plus ; ou bien on inscrivait des repères sur un grand cylindre que l’eau atteignait progressivement. Le niveau atteint par l’eau indiquait le temps écoulé. 

Ysatis : Est-ce que les Romains avaient des mois comme nous ?

Non seulement ils avaient inventé les douze mois de l’année mais nous avons hérité de leurs noms, à peine déformés. Regardez ce tableau.

tableau des mois

On a même retrouvé un graffiti extraordinaire sur un mur, qui souhaite la bonne année un 1er janvier : “Heureux premier janvier à nous tous pendant de longues années”. 

Nicolas : Est-ce que les Romains comptaient comme nous ? Clémence d’un air suffisant : Hier, on nous a dit que les Romains avaient des pièces de monnaie donc ils savaient compter.

La façon de compter des Romains est très amusante : d’abord, on aligne des bâtons pour compter 1, 2, 3, 4, puis on utilise des lettres pour la suite : V pour le cinq, X pour le dix, L pour le cinquante, C pour le cent, D pour le cinq cents, M pour le mille. Et pour les autres chiffres, on ajoute, devant ou derrière, des bâtons et les différentes lettres pour faire un compte juste. C’est un peu compliqué mais c’est de la numération romaine que je vous résume dans ce tableau.

tableau des chiffres
Ysatis : Alors pour écrire 2021 on écrivait comment ?

C’est très facile : MMXXI. 

Ysatis reprend : Y avait-il des banquiers à l’époque de Pompéi ?

Absolument. Nous avons retrouvé les archives de l’un d’eux. On connaît même son nom : Lucius Caecilius Jucundus. 

Portrait en bronze du banquier Lucius Caecilius Jucundus ou d’un de ses ancêtres
Portrait en bronze du banquier Lucius Caecilius Jucundus ou d’un de ses ancêtres.
Clémence trouve très drôle que ce monsieur porte trois noms.

À ce moment-là, c’était la coutume pour les gens de la haute société. 

dessin du petit garçon surprisNicolas à sa sœur Clémence : Tu portes bien un prénom et le nom de famille de papa. Et nos cousins espagnols, ils portent bien un prénom et deux noms : celui de leur papa et celui de leur maman ! Ils en ont trois comme les Romains.

C’est un peu plus compliqué que cela. En fait, les citoyens romains portent trois noms : un prénom, le nom de leur père et celui de leur mère. Les affranchis, c’est-à-dire les anciens esclaves, prennent le nom et le prénom de leur ancien maître et leur nom d’esclave devient leur surnom.

Clémence : Et les esclaves alors ?

dessin de la grand-mère qui souritIls n’ont qu’un seul nom. Tiens, à propos, tu sais Clémence, ton prénom vient directement du latin clementia, ce qui veut dire clémence, bonté. Beaucoup de prénoms viennent de cette époque. On s’amuse alors à faire la liste des amis des enfants qui portent d’anciens noms grecs ou romains à peine transformés.

tableau des prénoms

C'est l'automne,
mais profitons encore pleinement de ce beau
week-end de septembre !

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maia émerveillée
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