Chapitre 10. Les travailleurs de la pourpre

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Après avoir procédé à la reconstitution d’un atelier producteur de pourpre côtier, nous allons maintenant passer à l’étude des hommes qui y travaillaient. Pour ce faire, nous allons suivre la chaîne de production de la teinture et étudier un par un les métiers qui ont été exercés au sein des ateliers côtiers.

La première partie de ce chapitre sera consacrée aux pêcheurs et à ceux qui pèsent et lavent les coquillages, la deuxième aux ouvriers occupés au traitement des coquillages, la troisième aux teinturiers et aux ouvriers chargés de l’élaboration de la teinture.

Des pêcheurs aux laveurs de murex

L’exploitation de la pourpre commence par la pêche des coquillages à pourpre1. Les tonnes de coquillages nécessaires à l’élaboration de la teinture nécessitaient une main-d’œuvre nombreuse.

Les pêcheurs

Différentes dénominations montrent l’existence de pêcheurs spécialisés dans le ramassage des coquillages.

En grec, le pêcheur de coquillage à pourpre est désigné par trois mots :

  • κονχυλευτής ou κογχυλεύς : C’est le terme le plus courant. Il est formé sur le mot κογχύλιον qui signifie le coquillage en tant qu’espèce, ainsi que le coquillage à pourpre chez Aristote2. Ce mot a été essentiellement retrouvé sur les inscriptions funéraires de la nécropole de Tyr où sont répertoriés 17 pêcheurs de coquillages à pourpre ainsi nommés3.
  • κυρτεύς : Ce terme dérive du mot κυρτίς qui signifie la nasse qui était l’instrument le mieux adapté à la pêche aux coquillages à pourpre.
  • πορφυρεύς : Ce terme est construit sur le mot πορφύρα qui désigne, entre autres, le coquillage à pourpre4. Le mot πορφυρεύς est essentiellement employé dans la littérature (voir tableau ci-dessous).

En latin, aucune source littéraire ou épigraphique ne mentionne le métier de pêcheur de coquillages à pourpre. C’est seulement dans le Code Théodosien et le Code Justinien qu’apparaissent les termes de conchylegulus5, conchyliolegulus6 et murilegulus7. Ces trois mots sont composés à partir du verbe legere qui signifie “cueillir, ramasser” et à partir des mots conchylium8 ou murex.

 Conchylegulus
Conchyliolegulus
Murilegulus
κονχυλευτής9Κονχυλεύςπορφυρεύςκυρτεύς κυρτευτής
IIe s. p.C.   – Luc., Tox.,
18.14.18
 
IIIe s. p.C.   – Ael., NA, 7.34 ;
15.1
Opp., H., 3.347-380 Anth., 6.230
IVe-Ve s. p.C.Conchylegulus
CT, 10.20.5
Conchyliolegulus
CJ, 11.8.15 (427 p.C.) ;
CT, 10.20.17 (427 p.C.) ;
CT, 13.1.9 (372 p.C.)
murilegulus CT, 9.45.3
(398 p.C.) ; CJ, 11.8.12 (425 p.C.) ; CJ, 11.8.13 (426 p.C.)
– κονχυλευτής :
3 inscriptions10 (Rey-Coquais, ins. 7, 78, 197)
– κογχυλέωϲ Λιμένο(ϲ)
Ἀστονόηϲ :
7 inscriptions11 (Rey-Coquais, ins. 8, 8bis, 24,
25, 68, 182, 182bis)
– κονχυλεύς :
4 inscriptions12
(Rey-Coquais, ins. 26, 107,
118A, 141)
– ἀνδροκογχυλευτής
Hesychius, Lexicon, alpha, 4771
– κοχυλευτου̂ λιμὲνοϲ Ἐγυπτίων : 2 inscriptions13 (Rey-Coquais, ins. 77B
et 103)
– κονχυλευτής ou
κονχυλεύς : 2 inscriptions14 (Rey-Coquais, ins. 125
et 141)
Άνδροπορφυρεύς Hesychius, Lexicon,
alpha, 4771
 

Les types de pêche

La préparation des appâts, réalisés à partir de poissons pourris, devait être assez longue compte tenu de la quantité importante de coquillages nécessaire au fonctionnement des ateliers15. En effet, si l’on considère que les nasses antiques étaient similaires aux nasses employées sur le lac de Bizerte, il fallait au minimum 150 g d’appâts par nasse. Dans des conditions météorologiques optimales, le nombre de coquillages collectés par nasse est d’environ 50. Le nombre de nasses étant au minimum de 200 pour pouvoir collecter environ 10 000 coquillages dans les mêmes conditions, il fallait donc environ 30 kg d’appâts par jour.

Cette activité se faisait bien évidemment en dehors des sorties en mer et ne nécessitait pas d’horaires fixes.

Une fois cette tâche accomplie, les pêcheurs sortaient en mer. Mais ce n’était pas la seule manière de récolter des coquillages.

  • La pêche côtière pédestre

La collecte à pied des Stramonita haemastoma collés aux rochers situés en bord de mer était certainement la tâche la plus aisée16. En revanche, dès que la plongée en apnée s’imposait, les risques augmentaient et même la recherche de Stramonita haemastoma à 3 ou 4 m de fond était parfois dangereuse. De nos jours, au Maroc, cette activité est encore pratiquée. Lorsque nous avons voulu acheter plusieurs kilos de ces mollusques dans la région comprise entre Agadir et Essaouira, le vent soufflait assez fort et les pêcheurs n’avaient pas voulu plonger, car les courants pouvaient les pousser sur les rochers.

  • La pêche en mer

Les sorties en mer devaient être quotidiennes lorsqu’il fallait fournir en coquillages de grands ateliers producteurs, tels que ceux de Tyr. Les pêcheurs partaient en mer avec les nasses qui devaient être mises à l’eau. Arrivés à la profondeur voulue, les bateaux étaient arrêtés et les nasses remplies d’appâts étaient jetées à la mer. Des flotteurs de liège, attachés à ces dernières, indiquaient aux pêcheurs l’endroit exact où ils devaient revenir. Les appâts devaient être changés tous les jours et les pêcheurs sortaient donc quotidiennement afin de remonter les nasses, collecter les coquillages prisonniers à l’intérieur, changer les appâts et remettre les nasses à l’eau.

  • La pêche sous-marine

Nous savons que la pêche à la nasse était complétée par la pratique de la plongée. Selon P. Bruneau17, les pêcheurs ne se contentaient pas de collecter les coquillages à la nasse. Ils plongeaient également pour aller en chercher davantage. Mais un texte de Pline semble aller en l’encontre de cette hypothèse. Comme nous l’avons vu, ce dernier écrit en effet que le travail des mines est si dangereux “qu’il paraît désormais moins téméraire d’aller chercher des perles et des pourpres au fond de la mer”18 (HN, 33.5.70). La plongée semble être ici le fait d’une catégorie particulière d’hommes habitués à cet exercice physique éprouvant, bien différente de celle des traditionnels pêcheurs de coquillages à la nasse. La tâche de ces plongeurs était d’aller chercher des espèces vivant en eaux plus profondes, puisque les Hexaplex trunculus et les Bolinus brandaris sont présents jusqu’à 20 m pour les premiers et 100 m pour les seconds19. Ce métier ne s’improvisait pas et il fallait avoir une réelle expérience de la plongée en apnée. Les plongeurs ne descendaient probablement pas à plus de 30 m de profondeur. La Loi Rhodienne (3.47) considérait une plongée de 90 pieds ou 15 brasses (c. 25 m) comme possible pour un professionnel. Isidore de Charax est un peu loin de la vérité lorsqu’il dit que les pêcheurs de perle du golfe persique descendaient à 120 pieds, soit 36 m (Athénée, 3.93E).

À côté de ces plongeurs professionnels, des plongeurs amateurs devaient sillonner les fonds peu profonds. Un témoignage de Lucien laisse penser que ces plongeurs formaient des équipes auxquelles venaient se joindre parfois des hommes sans ressource : “quand ils étaient dans le besoin, il (Agathocles) a rejoint les pêcheurs de pourpre, plongé avec eux, apporté à la maison ce qu’il a gagné avec ce travail et ainsi il a soutenu Deinias”20 (Luc., Tox., 18.14. 18).

Ainsi, nous pourrions résumer le travail des pêcheurs à la nasse de cette façon : des sorties quotidiennes en mer et des heures passées à remonter les fruits de la pêche et à renouveler les appâts. Pendant ce temps, des plongeurs professionnels et amateurs allaient collecter les coquillages à pourpre que les nasses n’avaient pas attirés.

Le statut professionnel des pêcheurs

  • Sous le Haut Empire

Nous ne savons pas quel était le statut des pêcheurs de coquillages à pourpre sous le Haut Empire, mais deux possibilités sont envisageables : soit ils étaient employés par les ateliers producteurs de pourpre qui les rémunéraient, soit ils travaillaient pour leur propre compte et vendaient leur marchandise à divers ateliers.

Au Ier siècle p.C., un passage de Pline montre que les prix des coquillages à pourpre21 étaient fluctuants :

les prix du medicamen* sont d’autant plus bas que les rivages sont plus féconds <en coquillages> ; cependant le quintal de pourpre pélagienne ne coûte nulle part plus de cinquante sesterces, ni le quintal de buccin plus de cent ; avis à ceux qui les paient des prix exorbitants22 (HN, 9.138).

Il y avait donc forcément des pêcheurs indépendants, vendant selon les prix du marché, même si on ne peut exclure que d’autres aient été employés par des ateliers voulant échapper à la spéculation.

Cela ne permet pas pour autant de savoir si ces pêcheurs gagnaient correctement leur vie. Un passage des Anthologies Grecques (6.230) suggère, peut-être, qu’elle était assez précaire :

À toi, Phébus Acritas, qui veilles sur ce coin de la terre de Bithynie, voisin du rivage, Damis le pêcheur à la nasse, qui toujours enfonce sa corne dans le sable, a consacré un murex muni par la nature de piquants qui le protègent. C’est l’hommage modeste, mais pieusement offert, de ce vieillard qui souhaite aller, sans maladies, voir Hadès23.

Si les témoignages manquent hélas pour cette période, les lois qui figurent dans les Codes Théodosien et Justinien nous en apprennent davantage sur le statut de ceux qui sont désormais désignés sous le nom de murileguli.

  • Au Bas Empire

Le premier renseignement que nous possédons sur les pêcheurs de pourpre date de 372. À cette époque, en Orient, les murilégules étaient astreints au paiement du chrysargyre24 :

Que tous les hommes maintenant occupés à la recherche d’affaires, qu’ils soient pêcheurs de coquillages à pourpre ou commerçants de n’importe quelle autre corporation soient contraints au paiement de l’impôt payable en or qui est prélevé sur les commerçants. La faveur accordée à certains est une injustice faite à la plèbe25.

Cet impôt ne concernait que les commerçants et les pêcheurs de coquillages à pourpre étaient donc, à cette époque, des ouvriers travaillant pour leur propre compte.

Environ six années plus tard, fut instauré le second monopole impérial sur certaines pourpres26 et, dès lors, la grande majorité des pêcheurs de coquillages à pourpre devinrent des travailleurs du fiscus réunis en un corpus unique. Ils étaient en fait liés héréditairement aux “Largesses Sacrées” auxquelles ils appartenaient de leur naissance à leur mort. Désormais, les pêcheurs étaient payés et nourris par le fiscus, en échange d’une certaine quantité de coquillages à pourpre appelée communément le “canon”27. Ce choix de vie semblait assez avantageux, mais il n’allait pas sans contraintes : trois lois rendirent le métier héréditaire. La première de ces lois stipula que la descendance du murilégule héritait obligatoirement de la fonction de son géniteur, qu’il s’agît de garçon ou de fille28 ; la deuxième précisa que si la fille d’un murilégule se mariait avec un homme d’une autre condition, leur descendance avait le statut de la mère ; la troisième rendit la charge de murilégule viagère : l’artisan ne pouvait en changer qu’après avoir trouvé un homme digne de reprendre sa charge et avoir eu l’accord exceptionnel de l’empereur29. Ce changement de statut n’était pas sans conséquence puisqu’il devait abandonner non seulement sa famille, mais aussi tous les biens qu’il avait pu acquérir jusqu’à ce jour30. De plus, en dépit de cette démission si chèrement payée, certaines dignités leur restaient tout de même interdites31. Ces lois étaient tellement coercitives qu’elles engendrèrent des “fuites” au sein du corps : certains murilégules se réfugiaient au sein de l’Église32, tandis que d’autres prenaient tout simplement la fuite. Mais une nouvelle fois, des mesures furent prises pour décourager d’éventuelles tierces personnes d’aider ou d’acheter les biens d’un murilégule fugitif33. Ce fut certainement déjà dans cette optique que fut promulguée la loi qui condamnait à une amende de deux livres d’or celui qui aurait eu “la témérité d’usurper un navire destiné à la pêche des murices et des conchilya34. Le matériel des pêcheurs de coquillages à pourpre était protégé par la loi, car, comme tous leurs biens, les bateaux appartenaient à l’État.

En ce qui concerne leur condition, il semblerait que les ouvriers dépendant du fiscus aient touché un salaire appelé la παραμυθία35 en échange de laquelle ils devaient le “canon”, c’est-à-dire à un impôt en nature, comme nous l’avons vu plus haut. S’agissait-il d’un canon annuel ou mensuel comme c’était l’usage pour les autres corps36 ? Nous ne le pensons pas, car les ateliers devaient être ravitaillés très régulièrement en coquillages frais. L’instauration d’un canon quotidien, voire hebdomadaire serait ici plus vraisemblable, malgré son caractère contraignant. Rien n’est dit sur la destination de ce canon, mais on peut penser que les coquillages étaient utilisés pour la production de pourpre des ateliers impériaux. Le seul moyen pour ces derniers de toucher plus que leur παραμυθία était de pêcher une plus grande quantité de coquillages que celle qui était exigée par le fiscus et de vendre ce surplus à des ateliers privés ou au fiscus lui-même37. Cependant, d’autres devaient s’en contenter, puisqu’à partir de la fin du Ve siècle p.C., seuls étaient intégrés dans le corps des murilégules les ouvriers qui avaient postulé et étaient distingués38. Selon R. Delmaire39, la mise en place du monopole impérial avait favorisé la profession et assuré un débouché sûr et constant. Au Ve siècle, il n’existait donc plus, d’après lui, que des murilégules appartenant au fiscus.

À Tyr, aux Ve et VIe siècles p.C.40, le seul métier de pêcheur de coquillages à pourpre devait être assez lucratif, car il permettait l’achat de sépultures tout à fait décentes, si l’on en juge d’après la qualité de ces dernières : sur un total de dix-sept sarcophages appartenant à des pêcheurs de murex, dix sont en calcaire et sept sont en marbre. Ces derniers appartiennent à cinq pêcheurs de murex41 : deux pêcheurs possèdent quatre sarcophages en marbre et un pêcheur possède l’un des plus beaux sarcophages de la nécropole42. Il s’agit là d’un indice de fortune qu’il ne faut pas négliger : certains pêcheurs avaient une situation suffisamment prospère pour faire partie de ce que J.-P. Rey-Coquais appelle la moyenne bourgeoisie de Tyr43.

Toujours parmi les inscriptions de la nécropole de Tyr, on note l’existence d’un pêcheur de coquillages à pourpre qui était également marchand de vin44. Comment expliquer ces deux métiers si différents ? Deux hypothèses sont possibles :

  • Phôtios Kouphos exerçait le métier de marchand de vin et décida, ensuite, de devenir pêcheur de murex, car le salaire était fixe et les métiers de la pourpre jouissaient d’une certaine considération45.
  • Phôtios Kouphos était un ancien pêcheur de murex qui fut libéré de sa charge46 et qui exerça ensuite le métier de marchand de vin. Si tel est le cas, il n’est pas étonnant que cet homme ait fait apparaître son premier métier, car, d’une part, une telle émancipation devait être très rare et, d’autre part, l’appartenance à un tel corps de métier restait si valorisante qu’il n’était pas question de la taire sur son épitaphe47. C’est selon nous l’hypothèse la plus vraisemblable et c’est ainsi que ce dernier put s’offrir trois sarcophages à son nom dans la nécropole.

Le sitomètre

Les pêcheurs qui livraient des centaines de kilos de coquillages à pourpre à un atelier avaient certainement affaire à un ouvrier chargé de peser la marchandise. Cette charge évitait aux pêcheurs de peser eux-mêmes les coquillages et protégeait par la même occasion les ateliers d’une éventuelle fraude.

La première source datée des Ve ou VIe siècles p.C.48 provient de Tyr où une inscription nous apprend l’existence d’Olympios, inspecteur sitomètre du murex49. Une autre inscription nous apprend qu’il était inspecteur sitomètre du blé50. Ces deux activités ont été exercées probablement l’une après l’autre, ce que suggère d’ailleurs le fait que chaque fonction apparaisse sur deux sarcophages différents.

Les laveurs de murex

Une fois pêchés, les coquillages à pourpre étaient dirigés vers le lieu de travail des laveurs de murex ou κονχυλοπλυτου̂ qui sont connus grâce à deux inscriptions de la nécropole de Tyr51. Ces ouvriers devaient laver les coquilles des murex qui étaient recouvertes de sable, d’algues ou de parasites, rendant le concassage difficile et pouvant polluer les chairs. Ainsi, ce sont des coquillages lavés à l’eau de mer52 et sûrement même brossés qui étaient mis dans les piscines d’attente53 ou présentés aux ouvriers chargés du concassage. Précisons cependant qu’il était également possible de concasser les coquillages dès leur sortie de l’eau, s’ils étaient propres : nous avons pu observer lors de la pêche à la nasse en Tunisie que les murex sortis de l’eau étaient assez propres.

Les ouvriers chargés du traitement des murex :
casseurs de coquilles, préleveurs et broyeurs de glandes tinctoriales

Trois tâches précises devaient être affectées au traitement des murex : le concassage des coquilles, le prélèvement des glandes tinctoriales et leur broyage. La spécialisation des ouvriers dans chacune de ces fonctions est probable, car elle permet de gagner du temps, mais elle n’est pas attestée.

Les coquilles devaient être brisées ou cassées sur le côté où se trouve la glande tinctoriale54. Lors de nos expériences, nous avons concassé plusieurs kilos de coquillages et nous avons constaté qu’il s’agissait d’un travail très éprouvant : le haut du corps est toujours penché vers l’avant et la peau des mains est fragilisée par l’humidité contenue dans les murex. Les mains elles-mêmes finissent par être blessées à de nombreux endroits par les excroissances des coquilles, mais aussi par les coups de marteaux qui peuvent parfois dévier de leur trajectoire. L’ouvrier chargé de ce travail était sans doute le κονχυλοκόπος55. Ce terme grec est en effet formé sur le verbe κόπτω qui signifie en général “frapper à coups répétés ou frapper avec un marteau”56. Un κονχυλοκόπος était donc un casseur de coquilles. C’est la seule spécialisation connue, mais on ne peut tout à fait exclure qu’il ait su aussi prélever et broyer les glandes tinctoriales et que les ouvriers passaient d’une tâche à l’autre.

Le prélèvement des glandes tinctoriales était une tâche qui demandait de la minutie. L’ouvrier à l’aide d’un outil coupant devait découper la glande contenant le suc tinctorial sans la crever. Nous mettons environ 15 secondes pour casser une coquille et 20 secondes pour prélever une glande. Comme les casseurs de coquillages et les préleveurs de glandes avaient des gestes rapides et exercés, on peut évaluer à environ 20 secondes le temps nécessaire au concassage et au prélèvement de la glande. Le nombre de glandes prélevées en une heure était donc à peu près de 180, ce qui faisait environ 2 200 glandes pour une journée de travail de douze heures.

C’étaient à d’autres mains que devait être confié le broyage des glandes tinctoriales. Les glandes contenant le suc tinctorial étaient broyées dans des mortiers, puis mélangées à du miel57 avant d’être mises dans les cuves ou d’être mises en bouteille afin que le colorant soit préservé58.

Les ouvriers chargés de la fabrication de la teinture
et de la surveillance des cuves

La surveillance des foyers et le maintien de la substance tinctoriale à une température constante d’environ 50 °C demandaient une présence constante. Elle pouvait incomber au teinturier, mais des sources textuelles montrent que, dans certains ateliers, celle-ci était confiée à des ouvriers spécialisés.

Les surveillants de cuves (moderatores)

Les cuves devaient être chauffées jour et nuit sans interruption à une température d’environ 50 °C. Le foyer devait donc être surveillé régulièrement et être alimenté ou étouffé selon la température de la substance tinctoriale59. Cette surveillance continue était exercée, dans certains ateliers, par un ouvrier spécialisé appelé moderator, c’est-à-dire celui qui modère le feu (Stat., Silv., 1.2.148-151 : Tyrii moderator liuet aeni ; Cassiod., Var., 1.1.2).

Les teinturiers

Ce métier portait en grec le nom de βάφεύς qui signifie teinturier et qui était associé aux mots désignant ou évoquant la pourpre. Ainsi les sources textuelles ont révélé un πορφυροβάφος60, un αλουργος61, un κονχυλιοβάφος62 ou son équivalent latin – le magister conquiliarius63 – et un αληθεινοβάφος64, c’est-à-dire “un teinturier spécialisé dans la plus belle couleur qui soit”.

Leur activité professionnelle

Aucun témoignage ne décrit véritablement le métier de teinturier en pourpre et c’est notre expérience qui nous a aidée à reconstituer cette activité.

Nous avons affaire ici à une catégorie supérieure d’ouvriers, car les teinturiers avaient un métier à responsabilité : une seule petite erreur pouvait mettre en péril le bon fonctionnement d’une cuve à pourpre. L’obtention d’une couleur précise nécessitait, d’une part, le dosage des différentes proportions de glandes tinctoriales entrant dans les différentes recettes et, d’autre part, la surveillance de la substance tinctoriale jusqu’à la fermentation. Une fois le résultat obtenu, les teinturiers devaient décider de la concentration de la substance tinctoriale, du nombre de bains que devait subir l’étoffe et de la durée d’immersion65. Ces ouvriers possédaient les secrets qui faisaient la beauté des différentes couleurs pourpres, ils connaissaient les réactions des cuves, ils savaient quand le pH était trop élevé ou trop bas : c’étaient de véritables professionnels qui avaient appris, à force d’expérience, à maîtriser l’ars purpuraria et toutes les difficultés qui en découlaient66. Leur présence au sein de l’atelier était donc nécessaire et, de la création de la cuve à l’obtention de l’étoffe teinte, les teinturiers avaient assurément de quoi s’occuper toute la journée.

Situation professionnelle

Il est difficile d’établir la situation professionnelle des teinturiers ayant exercé leur profession dans un atelier côtier avec le peu de sources dont nous disposons.

L’inscription retrouvée à Salone montre qu’il existait une certaine hiérarchie au sein des teinturiers qui travaillaient dans les ateliers côtiers. C’est ainsi qu’au IIIe siècle p.C., un certain Aurelius Peculiaris possédait le titre de magister conquiliarius, c’est-à-dire de chef des teinturiers. Il est impossible de savoir si ce dernier exerçait son métier dans un atelier impérial ou dans un atelier privé, mais son titre suggère qu’il pouvait superviser d’autres teinturiers en pourpre.

Au Ve ou VIe siècle p.C., une inscription provenant de la nécropole de Tyr concerne un certain Jean qui était teinturier en pourpre (αληθεινοβάφος) et banquier67. Nous sommes ici de nouveau en présence d’une inscription qui mentionne un double métier et il est impossible de savoir laquelle de ces deux charges fut exercée en dernier. Quel que fût son parcours, cet homme finit sa vie assez aisée puisqu’il eut les moyens de s’offrir un sarcophage de marbre.

Magister conquiliariusκογχυλιοβάφοςπορφυροβάφοςαληθεινοβάφοςαλουργός
Ier s. p.C./IIe s. p.C.Cos68 (A. Maiuri 1925, n° 571)Philippes
(Revue Philologique, XIII, 1939, 142)
IIIe s. p.C.Salone (CIL, III, 2115)Philostr., VA, 1.24.2.
IVe/Ve s. p.C.Tyr
Rey-Coquais, 1977, ins. 137

L’ouvrier chargé de teindre les étoffes

Si l’on en croit Ammien Marcellin, il y avait dans l’atelier impérial de Tyr des ministri “chargés de teindre la pourpre” (14.7 : ministris fucandae purpurae). En d’autres termes, les teinturiers étaient secondés par des ouvriers dont le rôle devait consister certainement à immerger les étoffes dans la cuve et à attendre le nombre d’heures nécessaires avant de les retirer de la substance tinctoriale. Leur rôle ne s’arrêtait d’ailleurs probablement pas là et ils étaient peut-être également chargés de rincer et de mettre à sécher les étoffes teintes.

Les ouvriers qui travaillaient au sein des ateliers producteurs côtiers étaient en fait répartis en trois groupes distincts : celui des pêcheurs qui pratiquaient la pêche à la nasse et des plongeurs qui allaient collecter les coquillages aux fonds des mers ; celui des ouvriers qui étaient chargés du traitement des coquillages qui comprenait les casseurs de coquilles, les préleveurs et les broyeurs de glandes tinctoriales ; celui des teinturiers qui fabriquaient la précieuse teinture aidés dans leur tâche par les moderatores et les ministri.

Les inscriptions de la nécropole de Tyr nous ont beaucoup appris sur les divers métiers de la pourpre qui n’ont pas attiré l’attention des auteurs anciens. Le recoupement des renseignements contenus dans les inscriptions et de ceux que nous livrent les articles de lois des Codes Théodosien et Justinien nous a permis d’en savoir plus sur ces hommes. Ainsi, il apparaît clairement que le statut des pêcheurs de murex a beaucoup évolué entre le Haut et le Bas Empire. En revanche, nous déplorons le manque d’indication sur les teinturiers en pourpre : il est impossible de faire apparaitre la moindre évolution de leur statut juridique et de leur organisation.

Terminologie
française
Terminologie
grecqu
e
Terminologie latine
Pêcheur de pourpreκοχυλευτής69
κογχυλεύς70
πορφυρεύς71
κυρτεὺς72
κυρτευτής73
conchylegulus74
conchyliolegulus75
murilegulus76
Inspecteur sitomètre
du murex
σιτομέτρου κονχυλέος77 
Laveur de coquillages
à pourpre
κονχυλοπλυτής78 
Casseur de coquillages
à pourpre
κονχυλοκόπος79 
Surveillant de cuves moderator80
Teinturier (fabricant
de teinture)
αληθεινοβάφος81
κονχυλιοβάφος82
πορφυροβάφος83
αλουργός84
magister conquiliarius85
Ouvrier chargé de teindre les étoffes minister86
Tableau récapitulatif des différentes fonctions exercées dans les ateliers producteurs de pourpre côtiers.

Notes

  1. Supra, p. 21.
  2. Arist., Hist. an., 5.15.13.
  3. Catalogue, p. 232.
  4. Arist., Hist. an., 5.15.546b.
  5. CT, 10.20.5 ; catalogue, p. 242.
  6. CT, 13.1.9 ; catalogue, p. 242.
  7. CJ, 1.8.11 ; CT, 10.20.5 ; catalogue, p. 242.
  8. Le mot conchylium présente la même particularité que son équivalent grec κογχύλιον : ils désignent tous deux le coquillage en général, mais aussi le coquillage produisant de la pourpre en particulier.
  9. Toutes les inscriptions viennent de Rey-Coquais 1977.
  10. Catalogue, p. 233.
  11. Catalogue, p. 232.
  12. Catalogue, p. 233.
  13. Catalogue, p. 232.
  14. Catalogue, p. 233.
  15. Supra, p. 32.
  16. Supra p. 21.
  17. Supra, p. 23.
  18. ut iam minus temerarium videatur e profundo maris petere margaritas atque purpuras.
  19. Supra, p. 16.
  20. παραδοὺς ἑαυτὸν τοῖς πορφυρεῦσι συγκατεδύετο καὶ τὸ γινόμενον ἐκ τούτου ἀποφέρων ἔτρεφε τὸν Δεινίαν·.
  21. Plin., HN, 9.138.
  22. Pretia medicamento sunt quidem pro fertilitate litorum uiliora, non tamen usquam pelagii centenas libras quinquagenos nummos excedere et bucini centenos sciant qui ista mercantur inmenso.
  23. Ἀκρείτᾳ Φοίβῳ, Βιθυνίδος ὃς τόδε χώρηςκράσπεδον αἰγιαλοῖς γειτονέον συνέχεις,Δᾶμις ὁ κυρτευτής, ψάμμῳ κέρας αἰὲν ἐρείδων,φρουρητὸν κήρυκ᾿ αὐτοφυεῖ σκόλοπι5θῆκε γέρας, λιτὸν μέν, ἐπ᾿ εὐσεβίῃ δ᾿, ὁ γεραιός,εὐχόμενος νούσων ἐκτὸς ἰδεῖν Ἀΐδην.
  24. Delmaire 1989, 132 : le chrysargyre fut levé tous les quatre ans à partir de 314 ou 318 a.C.
  25. CT, 13.1.9 : omnes iam nunc studio negotiationis intenti, seu conchylioleguli seu ex aliquolibet corpore mercatores, ad pensitationem auri, quod negotiatoribus indicitur, compellantur. beneficium enim quibusdam datum plebis iniuria est. Le mot chrysargyre n’est pas mentionné dans le texte : il vient de Delmaire 1989, 461.
  26. CJ, 4.40.1 ; infra, p. 109. Le premier monopole a été mis en place sous Néron, infra p. 110.
  27. Delmaire 1989, 445.
  28. CT, 10.20.17 ; CJ, 11.8.12 ; CJ, 11.8.15 ; catalogue, p. 242 ; p. 244 ; p. 244.
  29. CJ, 11.8.13 : “Que dans le cas où quelqu’un attaché au corps des gynéciaires, des lintéaires, des lymphaires, des monétaires, des murilégules ou à d’autres corps semblables, et dépendants du comte des largesses impériales, désirerait désormais en être séparé et se faire remplacer, on n’accueille point sans discernement de pareilles demandes, et que tout remplaçant ne soit pas admis indistinctement ; mais que celui-là seul soit reçu comme remplaçant, qui étant capable sous tous les rapports, aura été approuvé par votre excellence. En outre, que dans tous les cas ceux qui, par un bienfait spécial de notre part, auront obtenu la faculté de se faire remplacer auprès du corps auquel ils appartiennent (…).” (Si quis ex corpore gynaeciariorum vel linteariorum vel linyphariorum monetariorumve aut murilegulorum vel aliorum similium ad divinas largitiones nexu sanguinis pertinentium voluerit posthac de suo collegio liberari, non quoscumque nec facile in locum proprium, freti dextrae triumphalis absolutione, substituant, sed eos, quos omnibus idoneos modis sub ipsis quodammodo amplissimae tuae sedis obtutibus approbaverint : ita tamen, ut is, qui ab huiusmodi condicione iuxta formam caelitus datam beneficio principali fuerit absolutus (…).
  30. CJ, 11.8.13 : “(qu’ils) sachent que leur postérité, ainsi que leurs biens, demeureront, comme pour le passé, engagés au corps qu’il leur a été permis d’abandonner” (universi generis sui prosapiam in functione memorati corporis permanentem cum omnibus eius qui absolvitur rebus obnoxiam largitionibus sacris futuram esse non dubitet).
  31. CJ, 11.8.11 : “Que les murilégules qui, après avoir cessé et abandonné les devoirs de leur condition, se sont permis d’accepter des dignités qui leur sont interdites, ou se sont immiscés dans des fonctions incompatibles avec leur condition, soient aussitôt ramenés à l’exercice de l’art auquel leur condition originelle les attache” (Murileguli, qui relicto atque despecto propriae condicionis officio vetitis se infulis dignitatum et cingulis penitus denegatis munisse dicuntur, ad propriae artis et originis vincula revocentur).
  32. CT, 9.45.3 : “Si dans le futur, tout esclave, servante, décurion, débiteur public, procurateur, pêcheur de pourpre ou n’importe qui, finalement qui est impliqué dans des comptes publics ou privés devait prendre refuge dans une église et s’il devait être soit ordonné ecclésiastique soit défendu de quelque manière par des ecclésiastiques et s’il ne pouvait pas être renvoyé à ces anciennes fonctions immédiatement par une injonction, du moins pour les décurions et tous ceux qui sont appelés par une fonction coutumière au devoir, qu’ils soient rappelés à leur ancien sort par l’énergie et la sagesse des juges par poursuite judiciaire” (si quis in posterum servus ancilla, curialis, debitor publicus, procurator, murilegulus, quilibet postremo publicis privatisve rationibus involutus ad ecclesiam confugiens vel clericus ordinatus vel quocumque modo a clericis fuerit defensatus nec statim conventione praemissa pristinae condicioni reddatur, decuriones quidem et omnes, quos solita ad debitum munus functio vocat, vigore et sollertia iudicantum ad pristinam sortem velut manu mox iniecta revocentur).
  33. CJ, 11.8.11 pr. = CT, 10.20.14 ; catalogue, p. 244.
  34. CJ, 11.8.9 : Si quis naviculam functioni muricis et legendis conchyliis deputatam ausus fuerit usurpare, duarum librarum auri illatione teneatur.
  35. CJ, 11.8.16 ; Delmaire 1989, 461.
  36. CJ, 11.8.16.
  37. Delmaire 1989, 461.
  38. CJ, 11.8.16 : “pour se faire, le magistrat de la province doit rédiger un acte, approuvé par l’association, attestant que le candidat a les qualités requises. Cet acte doit nous être transmis afin d’être ratifié une seconde fois par une lettre impériale recommandée”.
  39. Delmaire 1989, 461.
  40. Rey-Coquais 1977, 166-167.
  41. Catalogue, p. 232. Ins. 68, 125, 8, 8bis, 182, 182bis, 118A.
  42. Catalogue, p. 233. Ins. 118 : le sarcophage est en marbre et est décoré de sculptures représentant le combat des Amazones.
  43. Rey-Coquais 1977, 292.
  44. Catalogue, p. 232. Ins. 103 Planche XXX, 1 et L, 7. Σόρια (τρία) Φωτίου Κούφου οἰνοπράτου κοχυλευτοῦ λιμὲνος̓ Εγυπτίων (“Trois sarcophages, de Phôtios Kouphos, marchand de vin, pêcheur de murex du port des Égyptiens”).
  45. Rey-Coquais 1979, 285.
  46. D’après CJ, 11.8.13.
  47. Toute sa famille appartenait encore au corps des pêcheurs de murex (CJ, 11.8.13).
  48. Rey-Coquais 1977, 166-167.
  49. Catalogue, p. 233. Ins. 188. Τόποϲ Πιστῶν ; Ολυμπίου σιτομέτρου κονχυλέος καί Εἰστρατελατιανῶ.
  50. Rey-Coquais 1977, 105.
  51. Catalogue, p. 233. Ins. 198 et 28.
  52. Supra, p. 93 : les coquillages à pourpre ne supportent pas l’eau douce.
  53. Supra, p. 26.
  54. Supra, p. 93.
  55. Catalogue, p. 234. Ins. 95 et 72.
  56. Hom., Il., 18.379 ; Od., 8.274.
  57. Vitr., De arch., 7.13.
  58. Supra, p. 39 : cette technique était employée pour exporter le colorant dans l’intérieur des terres et permettre ainsi aux teinturiers de fabriquer de la teinture hors des ateliers côtiers.
  59. Supra, p. 36.
  60. Catalogue, p. 234. Le mot πορφύρα désigne la pourpre en général.
  61. Philostr.,VA, 1.24, 2. L’adjectif ἁλουργής, ής, ές signifie teint en pourpre marine.
  62. Catalogue, p. 234. Le κογχύλιον est un coquillage à pourpre.
  63. Catalogue, p. 235. Épitaphe de Salone : CIL, III, 2115.
  64. Catalogue, p. 234. Ins. 137.
  65. Supra, p. 58 : pour plus de détails.
  66. Supra, chapitre 6.
  67. Catalogue, p. 234. Ins. 137.
  68. Catalogue, p. 234.
  69. Catalogue, p. 232. Ins. 7, 77b, 78, 103, 197.
  70. Catalogue, p. 233. Ins. 8, 8bis, 25, 26, 68, 107b, 118a, 125, 141, 182, 182bis.
  71. Luc., Tox., 18 ; Ael., NA, 16.1.
  72. Opp., H., 5.598-611.
  73. Anth., 6.230.
  74. CT, 10.20.5.
  75. Catalogue, p. 242 ; CT, 10.20.17 ; CT, 13.1.9 ; CJ, 11.8. 15.
  76. Catalogue, p. 242 ; CJ, 11.8.11.
  77. Catalogue, p. 233. Ins. 188.
  78. Catalogue, p. 233. Ins. 95 et 28.
  79. Catalogue, p. 234. Ins. 72 et 95.
  80. Stat., Silv., 1.2.148-151 ; Cassiod., Var., 1.1.2.
  81. Catalogue, p. 234. Ins. 137.
  82. Catalogue, p. 234.
  83. Catalogue, p. 234.
  84. Philostr, VA., 1.24.2.
  85. Catalogue, p. 225 ; CIL, III, 2115.
  86. Amm. Marc. 14.7.
ISBN html : 978-2-38149-008-3
Posté le 16/12/2022
EAN html : 9782381490083
ISBN html : 978-2-38149-008-3
Publié le 16/12/2022
ISBN pdf : 978-2-38149-015-1
ISSN : 2741-1508
5 p.
Code CLIL : 4117 ; 3385
DOI : 10.46608/DANA4.9782381490083.13
licence CC by SA

Comment citer

Macheboeuf, Christine, “Les travailleurs de la pourpre”, in : Macheboeuf, Christine, Exploitation et commercialisation de la pourpre dans l’Empire romain, Pessac, Ausonius éditions, collection DAN@ 4, 2022, 101-108 [en ligne] https://una-editions.fr/les-travailleurs-de-la-pourpre/ [consulté le 13/12/2022].

Au téléchargement

Contenu(s) additionnel(s) :

Accès au livre Exploitation et commercialisation de la pourpre dans l'Empire romain
Illustration de couverture • Hexaplex trunculus
(cl. C. Macheboeuf).
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